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Immobilier

Le bailleur social Sia Habitat lance un plan d'investissement de près de 2 milliards d'euros sur dix ans 

Par Jeanne Magnien, le 28 janvier 2022

Le bailleur social nordiste Sia Habitat détaille son plan stratégique Agir 2024, qui comporte d’importants investissements pour la construction et la rénovation de logements. Le premier jalon prévoit 1 880 nouveaux logements et 3 000 rénovations d’ici 2024, pour un total de 5 800 constructions d’ici 10 ans.

La résidence îlot 22 à Lille, l’une des réalisations récentes du bailleur nordiste Sia Habitat.
La résidence îlot 22 à Lille, l’une des réalisations récentes du bailleur nordiste Sia Habitat. — Photo : Maxime Dufour Photographies

En ces temps de crise, le bailleur social Sia Habitat, basé à Douai, entend s’impliquer davantage encore sur le territoire. L’organisme de 650 salariés, qui gère un parc de 46 500 logements dans le Nord et le Pas-de-Calais, lance un plan d’investissement de près de 2 milliards d’euros sur dix ans pour agrandir et réhabiliter son parc.

La première phase de ce plan, baptisé Agir 2024, prévoit la construction de 1 880 logements neufs dans les Hauts-de-France d’ici 2024, et la rénovation de 3 000 logements. À dix ans, ce sont 5 800 constructions qui sont prévues et 9 900 réhabilitations.

"L’accès au logement est un droit fondamental, qui influe sur tous les pans de la vie, la réussite des études, l’accès à l’emploi, la création d’une famille. Il y a 180 000 demandes de logements sociaux en souffrance dans la région. Notre premier rôle en tant que bailleur est de produire une offre nouvelle, de qualité, durable et confortable", pose Amélie Debrabandère, la directrice générale de Sia Habitat, qui a pris ses fonctions début 2021.

Innovation architecturale et sociale

Au travers des 500 logements neufs prévus par an, situés pour moitié sur le territoire de la métropole lilloise, Sia Habitat entend illustrer sa nouvelle posture "d’ensemblier". Travaillant avec d’autres acteurs, comme des promoteurs privés ou des opérateurs de services, le bailleur veut contribuer à recréer des écosystèmes urbains. Les îlots, mêlant des logements et des services comme des commerces, ou des espaces de coworking, sont pensés comme des outils de mixité sociale. Ils comportent programmes privés, logements en accession à la propriété (9 % du futur parc de Sia Habitat) et logements sociaux.

"Nous avons à cœur d’être à l’avant-garde de l’innovation architecturale, d’un point de vue environnemental, au travers des matériaux choisis, toujours plus durables. Mais aussi, du point de vue des usages, et de l’évolution des espaces dans les logements. La crise sanitaire a accéléré la porosité entre lieux de vie et espaces de travail, tout comme elle a accentué les dynamiques autour du développement durable et les questions environnementales."

Sia Habitat s’efforce de placer l’innovation sociale au cœur de sa démarche. À La Chapelle d’Armentières, la réhabilitation des anciens locaux de Pouchain prévoit ainsi un espace de coworking et un parc urbain, ouvert à tous. Le programme Little City, à Cappelle-la-Grande, comportera une résidence seniors de 40 logements, tandis qu’à Dunkerque, Sia Habitat coopère avec France Handicap pour créer un "ensemble inclusif" de 46 logements, dont 10 seront réservés à l’association. Toujours à Dunkerque, la résidence Saint-Charles, de 33 logements, prévoit cinq duos d’appartements "aidant-aidé", permettant de loger plusieurs générations à proximité, en respectant l’indépendance et l’intimité de chacun.

Le bassin minier, épicentre des rénovations

Sia Habitat concentre également ses efforts sur le bassin minier, où le bailleur compte 75 % de son parc. Engagé dans le mouvement de rénovation des logements miniers ERBM (Engagement pour le bassin minier), Sia Habitat aura investi 194 millions d’euros entre 2018 et 2024 pour rénover 3 100 logements miniers, sur les 7 200 de son parc. Plus largement, le bailleur compte rénover, d’ici 10 ans, 22 % de son parc, soit 9 900 logements. Un investissement d’un milliard d’euros.

Côté financement, Sia Habitat doit louvoyer entre une hausse inédite du coût des matières premières et le doublement du taux du livret A, qui vient grever les capacités d’investissements des bailleurs. Pour la première fois, la vente d’une partie du parc va permettre de financer en partie les constructions neuves. 450 logements individuels, principalement situés dans le bassin minier, sont appelés à être vendus à terme. 145 transactions ont déjà été conclues, pour un montant total de 14 millions d’euros.

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