Pas-de-Calais

Distribution

Témoignage Laurent Pecqueur (Sodiboissons) : « J’ai reçu beaucoup de CV après avoir versé une prime défiscalisée aux salariés »

Par Elodie Soury-Lavergne, le 21 mars 2019

Laurent Pecqueur dirige depuis six ans Sodiboissons, un distributeur indépendant de boissons auprès des cafés, hôtels et restaurants des Hauts-de-France. Il a choisi de répondre, en décembre dernier, à l'appel du président de la République, en versant une prime de 600 euros à ses salariés.

Laurent Pecqueur, dirigeant de Sodiboissons à Lens
Laurent Pecqueur a repris le distributeur de boissons aux professionnels Sodiboissons il y a six ans, aux côtés de son père. — Photo : Elodie Soury-Lavergne - Le JDE

Le Journal des Entreprises : Vous avez versé fin 2018 une prime défiscalisée de 600 euros à vos salariés. Quel est votre regard sur ce type de mesures ?

Laurent Pecqueur : J’espère que le gouvernement va renouveler ce type d’initiative. Selon moi, toutes les entreprises avec une trésorerie suffisante auraient dû verser cette prime. Cela montre au gouvernement que les chefs d’entreprise jouent le jeu, lorsqu’ils ne sont pas asphyxiés par les charges. En tant que dirigeant, je trouve que c’est une manière de récompenser les salariés, de les motiver.

Quand j’ai repris l’entreprise il y a six ans, avec mon père, elle était en difficulté. Depuis, Sodiboissons est en croissance. Nous sommes passés d’un chiffre d'affaires de 25 M€ à la reprise, avec 65 salariés, à un CA 2018 de 36 M€, avec 90 salariés. Comme nous bouclons notre exercice en septembre, nous avions de la visibilité sur nos ressources, et donc sur ce qu’il était possible de verser. Cela a représenté une prime de 600 € pour tous les salariés qui gagnent moins de 3 500 € net.

« Cette prime défiscalisée est très intéressante pour le salarié, qui la réinjecte dans l’économie, et pour les entreprises, à qui cela coûte moins cher qu’une prime classique. »

C'est une mesure très intéressante : pour le salarié qui en bénéficie et réinjecte l'argent dans l’économie, et pour les entreprises à qui cela coûte moins cher qu’une prime classique. Sans cette défiscalisation, nous n’aurions pas pu faire ce geste, car nous versons déjà un treizième mois et un intéressement qui, en 2018, a représenté près d’un mois et demi de salaire.

Comment avez-vous annoncé la nouvelle à vos salariés ?

L. P. : Chaque année, en décembre, nous organisons un repas avec l’ensemble des collaborateurs. Nous l’avons annoncé à cette occasion. C’était une très bonne surprise pour les salariés, qui ne s’y attendaient pas du tout. D’autant que cela arrivait juste avant les Fêtes.

Pour rendre cette prime concrète, nous l’avons matérialisée par un chèque : chaque salarié est reparti avec le sien à l’issue de ce repas. C’était plus symbolique qu’un simple virement. C’est important pour moi qu’il y ait une bonne ambiance et de la motivation en interne. Cela a un impact sur l’image de l’entreprise en externe, auprès des clients mais pas seulement. J’ai reçu beaucoup de CV après avoir versé cette prime !

Quels sont vos projets de développement ?

L. P. : Il y a deux ans, nous avons démarré une activité de distribution en Picardie, avec l’ouverture d’un entrepôt de 600 m² à Amiens. Partis de zéro, nous y avons réalisé en 2018 un CA de 2,3 M€. Notre bâtiment est devenu trop petit et nous allons investir près d’1 M€ pour acheter en mars un entrepôt de 4 000 m². Sodiboissons poursuit aussi son développement sur l’ensemble de la région et nous allons investir 6 à 7 M€, d’ici 2021, dans un entrepôt logistique de 9 000 à 12 000 m², dans l’Audomarois. L’objectif est d’y regrouper trois de nos entrepôts existants, pour améliorer le service clients. Il y aura par exemple un système de préparation de commandes dernier cri. Nous venons également d’investir 1,2 M€ dans l’achat de 12 camions moins polluants et ayant une plus grande contenance. Enfin, nous allons bientôt lancer auprès de nos clients un service de récupération du verre non-consigné, que nous irons déposer pour eux dans des collecteurs prévus à cet effet.

Laurent Pecqueur, dirigeant de Sodiboissons à Lens
Laurent Pecqueur a repris le distributeur de boissons aux professionnels Sodiboissons il y a six ans, aux côtés de son père. — Photo : Elodie Soury-Lavergne - Le JDE

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