Hauts-de-France

Énergie

La filière régionale de méthanisation vent debout contre la politique énergie du gouvernement

Par Jeanne Magnien, le 28 février 2019

Les acteurs de la filière régionale du biométhane injecté font entendre leur inquiétude quant aux termes de la PPE (Programmation Pluriannuelle de l’Energie), tels qu'annoncés par le gouvernement. Ils pourraient freiner considérablement le développement d'une filière encore émergente. 

La filière régionale de biométhanisation, agriculteurs en tête, s'inquiète de la direction donnée à la politique énergétique française.
La filière régionale de biométhanisation, agriculteurs en tête, s'inquiète de la direction donnée à la politique énergétique française. — Photo : Grégory Brandel - GRDF

Le gouvernement a-t-il choisi l'électricité plutôt que le gaz, pour être l'énergie de demain? C'est en tout cas le sentiment, et la crainte, de toute une filière, qui s'inquiète des termes choisis pour la nouvelle Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE). Censée être votée en juin, cette directive orientera la politique énergétique française pour les dix ans à venir. Et, selon les acteurs régionaux de la filière du biométhane injecté, les orientations qui se dessinent tendraient à favoriser le recours à l'électricité plutôt qu'au gaz, et notamment au biométhane, un secteur dans lequel la région se veut particulièrement en pointe.

Baisse du prix de rachat

« Nous apprenons d'abord que la part du biométhane injecté est revue à la baisse dans le mix énergétique français. On passe d'un objectif de 10 % à 7 %, alors que nous serions largement en mesure de viser les 30 % en 2030. Toujours sans explication, il est annoncé que le prix de rachat du biométhane va baisser de 30 % d'ici 2023. C'est une baisse envisageable à long terme, mais pas en quatre ans. L'impact sur la rentabilité des projets est beaucoup trop grand. C'est un revirement d'autant plus incompréhensible que la filière méthane est en plein développement, fournit une énergie propre dans les territoires et crée des emplois non délocalisables », démarre Philippe Vasseur, le président de Rev3, lors d'une conférence de presse organisée conjointement avec la Chambre régionale d'agriculture et l'Association française du gaz. 

Tombée tout début février, la nouvelle est « d'autant plus surprenante », selon les acteurs concernés, que le débat public mené au printemps 2018 autour de la biométhanisation aurait montré une forte adhésion à cette nouvelle filière.

Inquiétude chez les agriculteurs

« Le monde agricole est très en colère », embraye Christophe Buisset, le président de la Chambre régionale d'agriculture. « Les éleveurs se portent mal, les élevages disparaissent. Or, les unités de méthanisation représentent un complément de revenu non-négligeable pour les agriculteurs et permettent de recréer de la valeur et de l'emploi sur le territoire. La baisse des tarifs, c'est un coup d'arrêt à tout ce qui est en train de se créer et la démarche va à l'encontre de tous les discours pro-ruralité qu'on a pu entendre jusqu'à présent.. Nous allons profiter du Salon de l'agriculture à Paris pour faire entendre nos revendications auprès du maximum d'élus. »

Les Hauts-de-France devraient compter 20 unités de méthanisation fin 2019, et 40 fin 2020. Plus de 200 projets d'implantation seraient à l'étude dans la région. Selon l'Ademe, la filière devrait créer 11 000 emplois sur territoire d'ici 2030.

La filière régionale de biométhanisation, agriculteurs en tête, s'inquiète de la direction donnée à la politique énergétique française.
La filière régionale de biométhanisation, agriculteurs en tête, s'inquiète de la direction donnée à la politique énergétique française. — Photo : Grégory Brandel - GRDF

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