Oise

Textile

Kindy fait le pari de la chaussette française

Par Lise Verbeke, le 12 juin 2019

Repris en 2018 par Salih Halassi et Thierry Carpentier, le fabricant de chaussettes Kindy, basé à Moliens, dans l'Oise, relève la tête. L'industriel veut redresser son chiffre d'affaires en s'appuyant sur le "made in France" et la mode de la chaussette apparente.

Dans l'atelier de fabrication des chaussettes Kindy dans l'Oise
10 % des chaussettes commercialisées par Kindy sont aujourd'hui fabriquées dans son usine de l'Oise. Un chiffre que les repreneurs de la PME souhaitent voir augmenter rapidement. — Photo : Lise Verbeke - Le JDE

Kindy, fleuron de la chaussette, a longtemps fait partie du patrimoine industriel français. Et le fabricant entend bien « reprendre sa place », si l’on en croit Salih Halassi, l’un des deux repreneurs de l’entreprise, basée à Moliens dans l’Oise. La PME, qui compte aujourd’hui 100 salariés, retrouve peu à peu des couleurs et un équilibre financier, après un placement en liquidation judiciaire il y a deux ans, qui avait suivi son redressement au printemps 2017.

Une reprise compliquée

Mais le chemin n’a pas été sans embûches. Quand les deux associés, Salih Halassi et Thierry Carpentier, déposent leur dossier de reprise au tribunal de commerce en février 2017, la partie est loin d’être gagnée. La dette de Kindy s’élève à environ 10 M€. Au meilleur de sa forme, l’usine comptait 800 salariés. Un nombre qui s’est réduit au fil des ans, pour arriver à 115. Les ventes ont, elles aussi, dégringolé : de 54 M€ en 2010-2011 à 13 M€ en 2017. « Nous étions quatre à déposer un dossier au tribunal, détaille le dirigeant, et nous étions les seuls Français. On souhaitait reprendre l’atelier de tricotage et réindustrialiser le site, et c’est pour cela que nous avons été choisis. » Ils rachètent alors Kindy pour un montant global de 2 M€.

Deux jours après le jugement, les deux associés se rendent dans l’entreprise, qu'ils renomment Kindy Project. « Il y avait des fuites partout, se rappelle l’entrepreneur, les locaux étaient vétustes et mal entretenus. » 100 000 euros de travaux sont nécessaires. Les six mois qui suivent ont été « très douloureux ». Il a fallu honorer les commandes en cours, avec une usine qui fonctionnait au ralenti. Et surtout, « il a fallu regagner la confiance des clients. Cela n’a pas été facile, mais on s’en est sorti », se remémore Salih Halassi.

Le pari du "made in France"

Kindy est aujourd’hui tout juste à l’équilibre, avec un chiffre d'affaires de 15 M€ en 2018. Les deux associés visent les 20 M€ de CA d’ici à trois ans. Avec deux défis : développer le "made in France" et rajeunir la marque, en surfant sur la mode de la chaussette apparente et ainsi toucher les moins de 40 ans.

« Il reste difficile de se positionner sur le marché du "made in France". C’est au client aussi de faire le choix de consommer français. »

Dès le départ, ils ont investi 300 000 euros en matériel de production. À cela s’ajoutent 800 000 euros d’investissement en cours, pour des machines qui permettent une gestion de logistique automatisée et un nouveau système informatique. Des machines performantes qui permettent à Kindy de reprendre sa place dans l’innovation de la chaussette, notamment les chaussettes de sport et les chaussettes à motifs, dessinées par des créateurs, pour la marque la plus haut de gamme du groupe, Achile.

Le pari du "made in France" risque cependant de prendre du temps. Le groupe produit 15 millions de paires de chaussettes par an, mais 90 % proviennent de partenaires fabriquant en Turquie, au Portugal et en Italie. Seuls 10 % sont produits dans l'Oise. Un chiffre qui a augmenté depuis la reprise, « passé de 400 000 paires à 1 million, détaille Salih Halassi, mais il est difficile de se positionner sur le marché du "made in France". C’est au client aussi d’en faire le choix, sachant qu’une paire produite à Moliens coûte quatre fois plus cher. »

Dans l'atelier de fabrication des chaussettes Kindy dans l'Oise
10 % des chaussettes commercialisées par Kindy sont aujourd'hui fabriquées dans son usine de l'Oise. Un chiffre que les repreneurs de la PME souhaitent voir augmenter rapidement. — Photo : Lise Verbeke - Le JDE

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