Hauts-de-France

Industrie

Haut la Consigne s’apprête à créer son premier centre de lavage industriel

Par Jeanne Magnien, le 25 janvier 2023

Lancé en 2020, Haut la Consigne, qui propose aux producteurs et embouteilleurs un service de collecte, lavage et réemploi des bouteilles et autres contenants alimentaires, vient de lever 2,5 millions d’euros. Cette somme va lui servir à lancer son premier centre de lavage industriel, près de Lille.

Florence Duriez et Catherine Thiebert ont lancé Haut la Consigne en 2020. Elles investissent dans une laveuse industrielle, opérationnelle en avril 2023.
Florence Duriez et Catherine Thiebert ont lancé Haut la Consigne en 2020. Elles investissent dans une laveuse industrielle, opérationnelle en avril 2023. — Photo : Haut la Consigne

Lancée en 2020, Haut la Consigne va passer en avril 2023 le cap de l’industrialisation. Basée à Roubaix, la jeune entreprise a mis sur pied un service de collecte et de lavage de bouteilles, qui permet aux brasseurs, producteurs de boissons diverses et aux embouteilleurs de réemployer leurs contenants. Hébergée jusqu’à présent chez un partenaire, le brasseur 3 Monts, qui dispose de sa propre laveuse, l’activité de lavage de Haut la Consigne va pouvoir prendre sa pleine dimension, dès le mois d’avril. L’entreprise, qui a réalisé fin 2022 une levée de 2,5 millions auprès de business angels, de France Active et de Bpifrance, complétée par des subventions, va investir dans sa première laveuse industrielle, à Neuville-en-Ferrain (59). "Nous avons trouvé un entrepôt de 1 300 m², refait à neuf et sain, adapté à une activité agroalimentaire. Nous allons y installer deux lignes de lavage, une pour les bouteilles, et l’autre multicontenants. Elles auront une capacité de lavage de 30 millions d’unités par an", détaille Florence Duriez, cofondatrice, avec Catherine Thiebert, de l’entreprise de 8 salariés.

300 000 bouteilles collectées

Un objectif largement atteignable pour la dirigeante, qui vise les 2 millions d’euros de chiffre d’affaires, pour 25 salariés, en 2025. Et aime à rappeler que, dans les Hauts-de-France, 500 millions de bouteilles en verre, de bière et de vin, sont utilisées chaque année. Une infime partie en est pour le moment récupérée, mais le réemploi est en nette accélération : Haut la Consigne en a collecté 300 000 en 2022, contre 60 000 en 2021 et 15 000 en 2020. Le contexte écologique comme économique joue en la faveur du réemploi, se félicite Florence Duriez. "L’économie circulaire, ce n’est plus l’économie de demain, c’est celle d’aujourd’hui. D’un point de vue environnemental, le réemploi d’une bouteille, c’est 75 % d’énergie et 80 % de CO2 économisés, et entre 33 % et 50 % d’eau en moins. C’est un argument qui parle à certains distributeurs engagés. Et avec la hausse des prix de l’énergie, et la pénurie de verre, de nombreux acteurs se tournent vers le réemploi pour assurer leurs approvisionnements et leurs prix", détaille Florence Duriez.

Active dans un premier temps exclusivement dans les Hauts-de-France, Haut la Consigne compte élargir peu à peu son périmètre de collecte vers la Normandie et le Grand Est. "Notre laveuse industrielle ne sera que la quatrième créée en France, alors que le besoin émerge partout. À terme, nous n’excluons pas d’ouvrir une par région."

Marchés divers

Remis au goût du jour par des acteurs comme le nordiste le Fourgon, qui mise sur la consigne pour récupérer les bouteilles, le réemploi peut passe par différents biais, y compris l’apport volontaire en point de collecte, par des consommateurs de plus en plus sensibilisés. "Les bouteilles mises dans les bacs de tri ne sont jamais réutilisées, elles sont broyées et partent en recyclage, souvent à l’étranger. Nous menons des opérations de sensibilisation chez des partenaires comme Biocoop ou O’tera, et ça marche très bien, les consommateurs ramènent volontiers leurs bouteilles. Nous avons pour le moment une soixantaine de points de collecte en région, nous travaillons à augmenter ce chiffre." S’appuyant sur une cinquantaine de clients, surtout producteurs ou embouteilleurs de bières, vins, jus ou soupes, Haut la Consigne voit également se diversifier ses marchés. Elle est ainsi approchée par des traiteurs, et même par des fabricants de cosmétiques, qui cherchent tous une alternative au jetable.

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