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Santé

Développant un moniteur pour optimiser les anesthésies générales, Braindex lève 3 millions d'euros

Par Elodie Soury-Lavergne, le 10 décembre 2021

Fondée en 2016 par Thierry Cussac, Braindex vient de finaliser une levée de fonds de 3 millions d’euros, en amorçage. Cette start-up installée à Eurasanté, près de Lille (Nord), va pouvoir accélérer les tests sur son dispositif de surveillance cérébrale, à l’usage des anesthésistes. La commercialisation doit démarrer en 2024, d’abord sur le marché américain.

Braindex développe une solution de monitorage, pour optimiser la prise en charge des anesthésies.
Braindex développe une solution de monitorage, pour optimiser la prise en charge des anesthésies. — Photo : CC0 - Pixabay

Installée à Eurasanté, près de Lille (Nord), la jeune société Braindex a été fondée en 2016 par Thierry Cussac. Ce dernier a réalisé l’essentiel de sa carrière dans l’industrie de la santé, en tant que directeur des ventes sur différentes solutions de monitorage, dont le monitorage cérébral. Cette expérience, qui lui a permis d’appréhender les besoins des cliniciens, l’a conduit à développer une solution de monitoring, à destination des anesthésistes, pour améliorer la prise en charge. "J’ai conçu cette solution au côté d’un ingénieur : nous nous sommes appuyés sur des recherches menées par le CNRS de Nancy et le CIC IT du CHU de Lille", détaille l’entrepreneur. Pour accélérer le développement de sa solution, Braindex vient de finaliser une levée de fonds de 3 millions d’euros, en amorçage.

Une commercialisation en 2024

Cette opération financière s’appuie sur une aide au développement deeptech (ADD) d’un montant de 2 millions d’euros, répartis à parts égales entre Bpifrance et la Région Hauts-de-France. "Le million d’euros restant a été levé auprès de trois business angels", indique Thierry Cussac, qui reste majoritaire au capital de Braindex, avec un peu plus de deux tiers des parts.

Concrètement, ce dispositif se compose de capteurs et d’un moniteur, qui permettent à l’anesthésiste de mesurer les données physiologiques normales du patient éveillé, "pour réaliser ensuite une prise en charge différenciée de l’anesthésie et prendre les bonnes décisions. Le coût moyen de chaque complication post-opératoire est de 50 000 euros…", souligne Thierry Cussac. Le dispositif vise les personnes fragiles, notamment celles de plus de 65 ans. Cette levée de fonds va permettre de financer les tests précliniques, en vue d’une mise sur le marché à la fin du premier trimestre 2024.

Des ambitions mondiales

Les potentiels acheteurs de cette solution seront donc les structures hospitalières publiques ou privées. Thierry Cussac compte d’abord déployer sa solution sur le marché américain, "dont le potentiel est 1,3 fois celui du marché européen. Il sera aussi plus simple d’y accéder en premier, au regard des processus réglementaires. Nous devrions obtenir le marquage CE 6 à 9 mois après l’entrée sur le marché américain".

Braindex emploie pour le moment 10 collaborateurs, un effectif qui devrait s’établir à 25 salariés, dès 2025. À l’étroit dans ses locaux actuels, la start-up vient de signer un nouveau bail, pour un déménagement à la fin du premier trimestre 2022, toujours sur le parc Eurasanté. Thierry Cussac vise un chiffre d’affaires de 2 millions de dollars pour sa première année pleine, tout en étant rentable. "Notre volonté, c’est d’abord de valider notre action commerciale, puis d’étudier des solutions de distribution avec une grosse société, qui a ses entrées."

Si ce produit "n’a pas d’équivalents" dans le monde, Braindex se lance sur un marché dominé par des leaders mondiaux. "Braindex sera mondiale ou ne sera pas. La société ne pourra pas exister seule dans un tel milieu. Après avoir atteint une taille critique, Braindex devra nouer des partenariats forts". En attendant, la start-up a déjà en projet le développement d’autres solutions de monitoring non invasives, toujours à destination des cliniciens.

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