Amiens

Numérique

Depuis Amiens, la start-up Hoja sécurise les trajets en taxi en Afrique

Par Lise Verbeke, le 16 avril 2021

La start-up Hoja Taxis, basée à Amiens, a créé une application pour sécuriser les trajets en taxi en République démocratique du Congo. Sa fondatrice envisage de l'étendre aux grandes métropoles africaines.

Ursula Ndombele, fondatrice de la start-up Hoja Taxis à Amiens.
Ursula Ndombele, fondatrice de la start-up Hoja Taxis à Amiens. — Photo : Hoja Taxis

Quand Ursula Ndombele, 29 ans, évoque son parcours, on sent poindre une grande fierté. L’Amiénoise a lancé il y a trois ans Hoja Taxis, une application qui permet de sécuriser les trajets en taxi. "Je suis une fille, une minorité visible, je suis jeune mais je ne me suis mis aucune barrière et j’ai réussi à monter mon business !"

Une idée née lors d’un VIE

L’idée a germé lors d’un séjour en République démocratique du Congo, pour un volontariat international en entreprise (VIE), en 2016. "La personne assurant la sécurité de l’entreprise dans laquelle je travaillais m’a conseillé de ne surtout pas prendre le taxi", se souvient-elle. En effet, à Kinshasa, les cas d’enlèvements par de faux taxis sont nombreux. Une situation qui, dès le départ, interpelle la jeune femme, d’autant plus que pour se déplacer dans la capitale congolaise, "la voiture est indispensable et il faut alors prendre un chauffeur." Elle se renseigne, en parle à son entourage, rencontre des victimes d’enlèvements et commence à réfléchir à un concept pour sécuriser les trajets en taxi. "Ma cousine a été enlevée, il était urgent de trouver une solution" confie-t-elle.

De retour en France en 2018, Ursula Ndombele participe à Amiens à un "start-up week-end", organisé par La Tech Amiénoise. Elle y rencontre Valentin Fontaine et Geoffrey Da Encarnacao, étudiants ingénieurs, chargés de concrétiser l’idée sur le plan technique. L’application Hoja est créée. Un système de QR code permet à l'usager de vérifier que le taxi dans lequel il monte est sécurisé, avec notamment un numéro d’identification et la photo du chauffeur. Le propriétaire du taxi, lui, paye un forfait de 10 dollars par mois pour qu'Hoja appose un traceur permettant de vérifier où se trouve son chauffeur. Enfin, le chauffeur peut activer un bouton relié au traceur GPS en cas de problème. Ainsi, toute la chaîne est sécurisée.

500 taxis déjà équipés

Reste à commercialiser son application. Et c’est là qu’Ursula Ndombele fait preuve de détermination, elle rencontre le gouverneur de Kinshasa, mais aussi le président de la République démocratique du Congo. "J’ai pitché mon appli devant lui à Paris ! Il y a été très sensible car il a mis en place un plan national du numérique, notamment pour lutter contre la corruption", décrit-elle.

Accompagnée par le programme Femmes Entrepreneuses d’Orange, elle décroche un partenariat public-privé avec la municipalité de Kinshasa fin 2020. Elle remporte également le prix Pépite du ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’innovation, en partenariat avec Bpifrance qui la soutient avec un prêt garanti. Aujourd’hui, 500 taxis sont équipés à Kinshasa. "Mon objectif d’ici mars est d’en équiper 5 000 par mois, sur 60 000 taxis que compte la capitale, et ainsi d’être à l’équilibre", annonce l'entrepreneuse. Elle voit encore plus loin :  "j’envisage de développer le système dans les grandes métropoles africaines, en commençant par le Sénégal".

Ursula Ndombele, fondatrice de la start-up Hoja Taxis à Amiens.
Ursula Ndombele, fondatrice de la start-up Hoja Taxis à Amiens. — Photo : Hoja Taxis

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