Lille

Industrie

Daurema investit pour lancer l'industrialisation de ses emballages en cellulose 

Par Jeanne Magnien, le 16 novembre 2021

La toute jeune entreprise Daurema mise sur la cellulose plutôt que le carton comme alternative au plastique. Ses emballages, destinés principalement aux produits alimentaires, seront bientôt produits par millions au sein d’une toute nouvelle usine, à Wattrelos.

Cyril Forestier et Frédéric Salomon dirigent Daurema, qui se lance dans la conception et la fabrication d’emballages, notamment alimentaires, en cellulose moulée.
Cyril Forestier et Frédéric Salomon dirigent Daurema, qui se lance dans la conception et la fabrication d’emballages, notamment alimentaires, en cellulose moulée. — Photo : Jeanne Magnien

Créée tout début 2021, Daurema s’apprête déjà à sauter un pas important en se dotant de sa propre usine. L’entreprise, qui met au point des emballages alimentaires en fibre de cellulose, va investir 4 millions d’euros dans cet équipement. Située à Wattrelos, l’usine de 2 500 m² permettra, dès l’été 2022, de produire quelque 45 millions d’unités par an, sur trois lignes de production. "C’est beaucoup et peu à la fois, quand on parle d’emballages à usage unique. Les besoins identifiés chez nos prospects devraient nous amener assez vite à ce rythme de production. Nous pensons pouvoir doubler la capacité du site d’ici quatre ou cinq ans, pour arriver à un chiffre d’affaires de 5 millions d’euros", assure Frédéric Salomon, qui dirige, avec Cyril Forestier, Daurema. L’entreprise a été également cofondée avec Florian Lefebvre, le dirigeant de Plastisem, qui a investi dans le projet à titre personnel.

Une législation favorable

D’autres bonnes fées se sont penchées sur Daurema : l’entreprise a bénéficié d’une subvention de 600 000 € dans le cadre du plan de relance, volet "industrie du futur". Elle est également en train de lever 400 000 € auprès d’un fonds régional pour son projet, qui devrait déboucher sur la création de cinq emplois dès le printemps, et d’une vingtaine à terme. Par ailleurs, Daurema a déjà un premier client, un producteur de champignons de la région, prêt à patienter jusqu’à l’été. Les autres devraient suivre rapidement, selon Frédéric Salomon. "Les producteurs de fruits et légumes constituent notre première cible puisque la législation leur impose le "zéro plastique" dès janvier 2022. Ils vont devoir trouver des alternatives, et la fibre de cellulose moulée en est une toute trouvée." Légère, peu coûteuse et surtout écologique, puisque recyclable et compostable, la cellulose pourrait s’imposer rapidement face à son principal concurrent, le carton. "Grâce à un additif, notre cellulose peut être rendue parfaitement hydrophobe, sans recours à un film plastique. Contrairement au carton, nos barquettes ne se déforment pas au contact de produits humides. Et on peut aussi y adjoindre un biofilm transparent, pour en rendre le contenu visible, pour les fruits rouge ou les salades préparées," énumère Frédéric Salomon. La production de Daurema pourrait donc tout à fait intéresser des restaurateurs ou des distributeurs, d’autant plus qu’à défaut d’être imprimables, les contenants en cellulose peuvent être personnalisés par des motifs en relief. "Pour le moment, le fournisseur allemand qui nous fournit nos machines fabrique les moules que nous concevons. Nous pourrions les produire nous-mêmes, au sein de notre usine," précise le dirigeant.

Demain, du lin

Coproduit de l’industrie du bois, la matière première, elle, provient en majorité des pays scandinaves. Elle pourrait à terme prendre une coloration plus locale, se projette Frédéric Salomon. "Au départ, notre projet était d’incorporer à notre pâte de cellulose des anas de lin, issus des teillages de la région. Le procédé est viable techniquement, mais d’un point de vue industriel cela demande la mise au point de machines spécifiques, forcément plus coûteuses. Nous avons donc décidé, dans un premier temps, de partir sur une cellulose classique, pour développer, dans un deuxième temps, des produits incorporant du lin."

Cyril Forestier et Frédéric Salomon dirigent Daurema, qui se lance dans la conception et la fabrication d’emballages, notamment alimentaires, en cellulose moulée.
Cyril Forestier et Frédéric Salomon dirigent Daurema, qui se lance dans la conception et la fabrication d’emballages, notamment alimentaires, en cellulose moulée. — Photo : Jeanne Magnien

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