Industrie

Coronavirus : Réorganisée, la Fabrique des Pieds a repris le travail

Par Jeanne Magnien, le 09 avril 2020

Après une dizaine de jours d'interruption, la PME La Fabrique des Pieds, qui conçoit des pieds en métal pour des meubles sur-mesure, s'est organisée pour reprendre ses activités en assurant la sécurité de ses salariés.

Florent Demars, le dirigeant de la Fabrique des Pieds, a déménagé une partie de ses ateliers pour pouvoir espacer les postes de travail de sa dizaine de salariés.
Florent Demars, le dirigeant de la Fabrique des Pieds, a déménagé une partie de ses ateliers pour pouvoir espacer les postes de travail de sa dizaine de salariés. — Photo : La Fabrique des Pieds

C’est sans tergiverser que dès le 17 mars au soir, Florent Demars a renvoyé chez eux ses ouvriers et fermé les portes de La Fabrique des Pieds, sa PME industrielle située à Illies. Après tout, la veille à 20 heures, le président de la République lui-même invitait chacun à prendre ses responsabilités et à faire preuve de la plus grande prudence face à l’épidémie de Covid-19, « quoiqu’il en coûte ». « Pour moi, c’était une question de solidarité et de sécurité des salariés que de suspendre l’activité. Dès le mardi matin en arrivant, on s’est bien rendu compte que vu la disposition de nos locaux, nous n’allions pas avoir les moyens de mettre en place les mesures barrières. Et puis ce matin-là, j’ai eu mes fournisseurs, mes partenaires au téléphone, tout le monde allait s’arrêter, c’était donc logique de le faire aussi », retrace Florent Demars, le fondateur de la Fabrique des Pieds. La PME (CA non communiqué) conçoit et fabrique des pieds en métal pour des meubles sur-mesure.

Inversion du discours

Seulement voilà, au fil de cette première semaine, le ton change. Au niveau des discours officiels d’abord, puisqu’apparaît rapidement l’idée que trop d’entreprises se sont arrêtées, et que la situation ne serait pas viable. Peu à peu, l’angoisse monte chez le jeune entrepreneur, qui se sent finalement isolé. « J’ai été surpris de voir les discours changer si rapidement. En parallèle, j’ai commencé à stresser parce que je n’avais pas de retour concernant ma demande de chômage partiel, alors que j’avais vraiment besoin d’être rassuré là-dessus. Surtout, j’ai réalisé que beaucoup de marketplaces et d’enseignes continuaient à fonctionner sur le web, et que nous prenions le risque de nous pénaliser, alors que depuis notre lancement nous avons fait une croissance à deux chiffres tous les mois. »

Agrandir l’espace de travail

Finalement, c’est le désir de reprendre qui l’emporte. Florent Demars entreprend de déménager son atelier de métallerie dans un hangar attenant à ses locaux, pour donner davantage d’espace à ses ouvriers. 8 salariés sur 10 ont repris le chemin de l’entreprise, sans difficulté ; une salariée reste en télétravail, un autre, fragile, est en arrêt. Ils retrouvent une organisation modifiée. « Les postes de travail sont désormais bien espacés, et on ne travaille plus par équipes, alors qu’on avait tendance à le faire facilement. Maintenant, on a une personne par poste et par tâche et c’est tout. Tout le monde a des gants, mais concernant les masques, il n’y a pas pour le moment d’obligation à en porter, et de toute façon, les soignants et les personnes fragiles sont prioritaires, donc pour l’instant c’est compliqué d’en obtenir… on verra si ça devient obligatoire ! » détaille Flrorent Demars. Les pauses sont désormais réparties de façon à ce que les salariés se croisent le moins possible.

Clients professionnels aux abonnés absents

Du point de vue de l’activité, l’ensemble des clients professionnels de La Fabrique, agenceurs, décorateurs ou architectes, ont cessé leur activité, « plus de son, plus d’image », résume Florent Demars. Restent, « heureusement », les 70 % de clients particuliers, toujours présents et qui montrent un regain d’activité de bricolage depuis le début de la semaine, note Florent Demars. Côté fournisseurs, les principaux travaillent encore également, et pour le transport, Chronopost, maintient ses services, avec des délais légèrement rallongés. « On sent un redémarrage, mais rien à voir avec début mars, où on était en train de battre des records de vente. Pour 2020, désormais l’objectif c’est de faire le même chiffre qu’en 2019, tant pis pour la croissance prévue », conclut le dirigeant.

Florent Demars, le dirigeant de la Fabrique des Pieds, a déménagé une partie de ses ateliers pour pouvoir espacer les postes de travail de sa dizaine de salariés.
Florent Demars, le dirigeant de la Fabrique des Pieds, a déménagé une partie de ses ateliers pour pouvoir espacer les postes de travail de sa dizaine de salariés. — Photo : La Fabrique des Pieds

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