Lille

Innovation

Coronavirus : Euratechnologies continue à accompagner ses start-up, à distance

Par Jeanne Magnien, le 31 mars 2020

Le pôle d'excellence lillois Euratechnologies a fermé l'ensemble de ses sites au début du confinement, mais continue à suivre de près les start-up de son écosystème, en expérimentant l'accompagnement à distance.

Vue de Le Blan - Laffont, le bâtiment emblématique d'Euratechnologies à Lille.
Si Euratechnologies a suspendu les accès à ses différents campus, l'accompagnement reste le même pour les 300 start-up de son écosystème, désormais suivies à distance. — Photo : CCO - Stefan83~frwiki

Du côté d’Euratechnologies, la fourmilière a laissé place au calme plat. Fermé depuis le 16 mars, Le Blan-Lafont, le bâtiment emblématique du pôle d’excellence lillois, n’est plus accessible qu’au compte-gouttes, sur autorisation, comme tous les autres campus. Les entrepreneurs sont en confinement, et leurs salariés, en télétravail. Une organisation à laquelle les start-up étaient peut-être davantage préparées que d’autres entreprises. Très peu d’entre elles ont cessé le travail, souligne Massimo Magnifico, le directeur des opérations d’Euratechnologies.

« La majorité des entreprises de notre écosystème a pu mettre en place le travail à distance, et quasiment toutes continuent leur activité. Seules sont en difficulté celles qui évoluent en lien étroit avec l’évènementiel, qui ne travaillent plus du tout. Nos sites ne restent accessibles que pour les start-up qui font du hardware et ont besoin de retirer des matières premières sur place, ou pour celles qui fabriquent des produits pour venir en aide aux soignants, comme Dagoma à Roubaix par exemple, qui a besoin de lancer des impressions 3D. Mais contrairement à ce qui a pu être dit ici ou là, nous n’avons pas fermé les sites sans préavis, et nous avons laissé le temps aux entreprises de s’organiser pour qu’elles partent avec tout ce dont elles pouvaient avoir besoin. »

Accompagnement à distance

Depuis, la vie d’Euratechnologies s’organise hors les murs, par visio-conférences, pour les quelque 300 start-up et 130 porteurs de projets qui gravitent autour des incubateurs et accélérateurs. L’ensemble des programmes d’accompagnement des entreprises, qu’il s’agisse de rendez-vous individuels ou d’ateliers collectifs, ont été maintenus à distance, une première pour le pôle. En cette période d’incertitude, sont venus s’ajouter aux rendez-vous prévus des points d’information avec des experts en droit des affaires, en financement, ou des conseils pour aider les entreprises à s’y retrouver dans les différentes aides d’urgence annoncées. Le tout, ponctué de témoignages d’entrepreneurs qui ont surmonté des crises par le passé, même si l’actuelle reste sans équivalent.

« Nous multiplions les temps de conseil et d’expertise pour que, même à distance, les entrepreneurs ne se retrouvent pas seuls. Nous favorisons aussi l’entraide entre les start-up, qui peuvent bénéficier mutuellement de leurs champs d’expertise - je pense notamment à certaines, spécialisées dans la supply chain ou la logistique, qui aident celles qui ont des produits à expédier à trouver des solutions. En ce moment, l’écosystème prend tout son sens et nous apparaît comme encore plus fondamental », décrit Massimo Magnifico.

Quels lendemains pour les start-up régionales ?

Restent, à moyen terme, des inquiétudes quant à l’avenir de nombreuses start-up, dans la région comme ailleurs en France. Comment ces entreprises, jeunes et parfois encore peu structurées, voire peu rentables, vont-elles survivre si la crise sanitaire débouche sur une crise économique d’ampleur, comme cela semble s’annoncer ? Pour le moment, il n’y a pas péril en la demeure, rassure Massimo Magnifico, qui reste pragmatique.

« Il y aura sans doute de la casse, comme dans tous les secteurs d’activité. Les entreprises qui n’allaient pas très bien, qui n’avaient pas un bon business model ou pas une bonne proposition de valeur vont sans doute pâtir de la crise. Je pense aussi à ceux qui viennent tout juste de créer, ou à ceux qui étaient en train de lever des fonds, qui vont se retrouver dans des situations complexes, avec des opérations gelées, ou des investisseurs qui se dédisent. La crise va demander de prendre de la hauteur, pour trouver de nouvelles opportunités et de nouvelles façons de travailler. En tout cas, entre les aides débloquées par l’État, par la Région, par la Métropole Européenne de Lille, nos start-up vont bénéficier d’un accompagnement particulièrement solide, et beaucoup devraient trouver une solution. Pour le moment, nous avons également de bons retours concernant les relations des entreprises avec les banques, qui semblent être au rendez-vous. »

En attendant de voir comment évolue la situation, Euratechnologies poursuit l’ensemble de ses activités : un appel à projets est toujours en cours pour recruter de nouveaux entrepreneurs, qui intégreront les différents incubateurs de l’écosystème à partir de mai. Et les candidats pourraient bien être plus nombreux qu’à l’accoutumée, le confinement donnant à certains des idées, ou l’occasion de peaufiner des projets longtemps caressés.

Vue de Le Blan - Laffont, le bâtiment emblématique d'Euratechnologies à Lille.
Si Euratechnologies a suspendu les accès à ses différents campus, l'accompagnement reste le même pour les 300 start-up de son écosystème, désormais suivies à distance. — Photo : CCO - Stefan83~frwiki

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