Hauts-de-France

Automobile

Coronavirus : dans les Hauts-de-France, l'industrie automobile met ses moteurs à l'arrêt

Par Elodie Soury-Lavergne, le 17 mars 2020

Dans les Hauts-de-France, première région automobile de l'Hexagone, les sites de constructeurs ferment les uns après les autres, touchés de plein fouet par la crise liée au coronavirus Covid-19. La situation est inédite pour cette filière structurante, qui compte près de 50 000 salariés.

Production de la Yaris dans l'usine Toyota de Valenciennes (Nord).
Le constructeur japonais Toyota, basé à Onnaing (Nord), près de Valenciennes, suspend sa production dès le 18 mars à 5h30, pour une durée indéterminée. — Photo : Toyota

Premier territoire automobile de France, la région Hauts-de-France voit ses usines fermer les unes après les autres. Une situation inédite pour cette filière régionale structurante, qui emploie 50 000 salariés dans 800 établissements et représente 31 % de la production nationale de véhicules. La région compte trois constructeurs mondiaux, sur sept sites de production qui affichent 15 400 salariés au compteur. Ces derniers ont déjà tous annoncé la mise en pause de leurs activités, pour une durée indéterminée.

Toyota suspend sa production dans le Nord

Le constructeur japonais Toyota, basé à Onnaing (Nord), près de Valenciennes, suspend ainsi sa production dès ce mercredi 18 mars à 5h30, pour une durée indéterminée. « Malgré un suivi très strict des recommandations du gouvernement depuis plusieurs semaines et la mise en place de nombreuses mesures préventives, il nous est aujourd’hui difficile de poursuivre notre activité dans des conditions optimales pour nos salariés. Ceux-ci sont inquiets par l’évolution de l’épidémie. Même si à ce jour, aucun cas de coronavirus n’a été confirmé pour les salariés de Toyota Onnaing (au nombre de 4 368 NDLR), l’heure est à la prudence et à la responsabilité sociale de notre entreprise », explique Luciano Biondo, président de Toyota Motor Manufacturing France. Une nouvelle qui intervient alors que le constructeur se réjouissait très récemment de la prochaine mise en production d’un deuxième modèle de véhicule sur son site valenciennois, aux côtés de la Yaris.

Renault met toutes ses usines françaises à l’arrêt

De son côté, le groupe Renault a décidé la suspension de « ses activités de production sur les sites industriels en France, jusqu’à nouvel ordre, en fonction de l’évolution de la crise sanitaire ». Cet arrêt concerne 18 000 salariés et 12 sites, dont ceux de Maubeuge (1 600 salariés) et Douai (environ 3 000 salariés) dans le Nord, et celui de Ruitz (417 salariés) dans le Pas-de-Calais. Une situation compliquée pour ces trois usines, dont la survie est déjà menacée par la perte de 141 millions d’euros réalisée par le constructeur en 2019.

PSA ferme ses trois sites régionaux

Les trois usines régionales du groupe PSA vont également cesser leurs activités dans le courant de la semaine. La première touchée par cette mesure est Sevelnord (2 500 salariés), à Hordain (Nord), un cas de coronavirus ayant été détecté chez un salarié, parmi le personnel d’encadrement. Une trentaine de salariés en contact avec cette personne ont été placés en quarantaine. Cette fermeture sera suivie par celles de la Française de Mécanique (2 000 salariés) à Douvrin (Pas-de-Calais), et celle de l’usine UMV (2 000 salariés) à Trith-Saint-Léger (Nord). Le groupe va d’ailleurs fermer tous ses sites en Europe, en raison de « l’accélération de cas graves près des sites de production, la rupture d’approvisionnement des fournisseurs et la chute brutale du marché », commente la direction.

Cette parenthèse prolongera sous doute le suspens autour de l'implantation ou non d'une grande usine de fabrication de batteries électriques à Douvrin, sur l'emprise foncière de la Française de Mécanique. Ce projet est porté par Total et PSA, ce dernier étant entré en négociations exclusives avec la Région Haut-de-France à ce sujet. Près de 2 500 emplois sont espérés.

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