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Coronavirus : comment la PME HDF Emballages s'est organisée pour maintenir son activité

Par Elodie Soury-Lavergne, le 24 mars 2020

Fondateur et dirigeant de la PME HDF Emballages (23 salariés, 7 M€ de CA), qui valorise et recycle des palettes en bois à Labourse (Pas-de-Calais), Grégory Leblan maintient son activité de manière partielle. Il revient sur l'organisation spécifique qu'il a dû mettre en place. 

Opérateur du recycleur de palettes, HDF Emballages dans le Pas de Calais.
La quasi totalité des 23 salariés du recycleur de palettes HDF Emballages travaillent encore. Pour cela, la PME a adapté son organisation. — Photo : HDF Emballages

La PME HDF Emballages, basée à Labourse (Pas-de-Calais), maintient partiellement son activité en cette période de crise liée au coronavirus covid-19. Cette entreprise collecte et fournit en palettes près de 200 sites régionaux, après les avoir triées et réparées si nécessaire. Si certains de ses clients industriels sont fermés, notamment dans l’automobile, d’autres tournent à plein régime, en particulier dans les domaines de la grande de distribution ou de la logistique pour l’e-commerce. « Nous nous tenons prêts à fournir et évacuer des palettes, pour ne pas briser la chaîne logistique », commente Grégory Leblan, le dirigeant.

Réunion de crise chaque matin

« Nos 23 salariés travaillent encore, à l’exception d’un chauffeur qui présentait des risques médicaux et d’un autre salarié, qui a pris peur et est en arrêt. Nous avons aussi conservé deux intérimaires dans nos rangs », explique-t-il. Pour maintenir cette activité en période de confinement, le dirigeant a dû bousculer son organisation habituelle. Cela commence par la tenue d’une réunion de crise, chaque matin : « Nous y rappelons systématiquement les gestes barrière et nous répondons aussi aux questions des salariés inquiets en raison de tout ce qu’ils peuvent voir passer dans les médias ou sur les réseaux sociaux… ».

"Les horaires de pause décalés pour éviter les rassemblements"

Des distances de sécurité ont été mises en place entre les salariés, notamment les trieurs, qui travaillent habituellement en équipe de deux et sont désormais seuls, séparés chacun par 2 000 m², sur le site de 35 000 m². « La distance a également été renforcée entre les postes de réparation, les horaires de pause décalés pour éviter les rassemblements et des panneaux en plexiglas ont été installés devant les postes de certains salariés administratifs. Désormais, chacun entre tour à tour dans les vestiaires, et nous évitons d’être à plus de deux personnes dans les locaux administratifs. C’est le prix à payer pour poursuivre l’activité », détaille Grégory Leblan. Un service d’hygiène est également maintenu dans les locaux, la priorité étant donnée à la désinfection régulière, en particulier des sanitaires, poignées de porte et claviers. Grâce à un client solidaire, HDF Emballages a pu récupérer quelques flacons de gel hydroalcoolique et des lingettes désinfectantes, mis à disposition des salariés.

Se tenir prêt pour la reprise

Si l’emploi est maintenu au sein de la PME, celle-ci ne réalise toutefois que la moitié de son activité habituelle. « Même si nous livrons de nouveaux clients en grande distribution, pharmacie ou chimie, les hausses ne compensent pas les pertes », commente le dirigeant. « Mon associé et moi avons décidé de maintenir le plus longtemps possible les salariés en poste, d’autant qu’ils montrent une forte motivation ». En revanche, il n’est pas convaincu par la prime de 1 000 euros aux salariés, encouragée par le gouvernement. « Cette idée est maladroite. Dans le contexte actuel, toutes les entreprises ne peuvent pas se le permettre. J’aurais préféré pour ma part une défiscalisation des heures travaillées pendant la crise ou un allègement des charges sociales… », explique-t-il.

Si les mesures de confinement sont renforcées ou prolongées, le dirigeant devra toutefois déployer le plan B, à savoir le recours aux congés payés, puis le plan C, avec un recours au chômage partiel, le tout pour assurer la pérennité de l’entreprise. En attendant, les deux partenaires bancaires d’HDF Emballages ont joué le jeu, en décalant certaines échéances. « Je ne veux pas trop ralentir l’activité, pour être prêt à la reprise, qui se fera sûrement de manière brutale. Nous avons donc besoin de gonfler notre stock de palettes », conclut Grégory Leblan. En 2019, l’entreprise réalisait un chiffre d’affaires de 7 millions d’euros : « Il y a quelques semaines, je misais sur 8 millions d’euros pour 2020 mais finalement, si on arrive au même chiffre qu’en 2019, ce sera déjà une belle performance ».

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