Nord

Industrie

Témoignage Coronavirus : chez Surgiris, « le téléphone ne sonne plus »

Par Jeanne Magnien, le 24 mars 2020

La PME nordiste Surgiris, qui fabrique des éclairages à LED pour les blocs opératoires, est frappée par la crise liée à l'épidémie de coronavirus. Entre les fournisseurs à l'arrêt et les chantiers qui s'annulent, elle se voit contrainte de ralentir le rythme.

Basée à Croix, Surgiris fabrique des éclairages à LED pour les hôpitaux et notamment, les blocs opératoires.
Basée à Croix, Surgiris fabrique des éclairages à LED pour les hôpitaux et notamment, les blocs opératoires. — Photo : Surgiris

Chez Surgiris, PME basée à Croix (Nord) qui fabrique des éclairages à LED pour les blocs opératoires, le désœuvrement commence à poindre. Confrontée à un fort ralentissement de son activité depuis la semaine dernière, l’entreprise d’une quarantaine de salariés risque de bientôt suspendre ses activités, alors qu’elle reste en capacité de travailler.

D’un côté, la PME est confrontée à des annulations de chantier en série et à une baisse de la demande concernant ses éclairages pour les hôpitaux. Et de l’autre, ce sont ses fournisseurs qui ont cessé de produire les pièces nécessaires à son activité. Une situation paradoxale, témoigne Daniel Micucci, le dirigeant de Surgiris, qui reste optimiste.

Les fonctions support au chômage

« Nous avons eu un moment de flottement la semaine dernière après les annonces du gouvernement, à se demander si on allait pouvoir continuer le travail ou pas. Nous fabriquons des équipements pour les blocs opératoires mais aussi pour les salles de réanimation, en France et à l’international, donc la demande s’annonçait forte. Mais dans les faits, il ne se passe plus rien. Donc on a juste gardé une partie des équipes en production pour terminer ce qui était en cours, et préparer la reprise tant bien que mal. Concrètement, on a mis toutes les fonctions support au chômage partiel, après quelques jours de télétravail. De toute façon il n’y a rien à faire, nous n'avons plus d’appels entrants. J’ai encore un commercial pour l’international qui travaille un peu mais, en France, tout s’est arrêté, et dans le monde tout ralentit. Nous avons des annulations de chantiers et de rendez-vous en cascade. Et de toute façon, mes salariés installateurs n’ont pas très envie d'intervenir dans des hôpitaux en ce moment, et je les comprends ! Leur santé est plus que jamais une priorité. »

Poursuivre la fabrication, jusqu’à épuisement du stock

« Vu notre secteur d’activité, nos ateliers sont depuis longtemps aménagés pour permettre de travailler dans le respect des normes sanitaires : il y a du gel désinfectant partout, des masques, et les postes sont très éloignés les uns des autres… j’ai donc conservé une petite équipe de quatre ou cinq personnes en production, pour continuer la fabrication des commandes en cours tant que c’est possible. Mais mes fournisseurs ont tous arrêté le travail pour le moment, donc quand je serai à cours de stock, d’ici un mois environ, je serai bien forcé de m’arrêter aussi.

On verra si l’activité a repris d’ici là, mais je crains que de grosses difficultés nous attendent à ce moment-là. Ça va être l’engorgement de commandes chez les fournisseurs, avec des délais d’attente à rallonge… et des chantiers perdus parce que, pendant ce temps, en Allemagne par exemple, ils continuent à travailler. Encore une fois, la santé de tous est une priorité, et je comprends parfaitement que les gens aient peur d’aller travailler, mais la communication actuelle n’arrange rien je trouve. Dans ce contexte, j’ai trouvé la proposition du versement d’une prime de 1 000 euros particulièrement déplacée par exemple ! Actuellement les gens s’inquiètent certes pour leur salaire, mais ce n’est pas une prime qu’ils veulent, c’est la garantie qu’ils vont travailler dans de bonnes conditions et qu’ils ne vont pas se mettre en danger, pas plus que leurs familles. De mon côté, dès demain nous mettons en place le contrôle de température à l’entrée dans l’atelier. L’idée, c’est de maintenir une activité réduite le plus longtemps possible, pour assurer les livraisons prévues en mai et juin. Il faut attendre et tenir. Au niveau de la trésorerie, nous avons de quoi voir venir, nous ne sommes pas à une semaine près… il faut se dire que c’est comme un mois d’août, tenir quelques semaines au ralenti, et la vie continuera ! »

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