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Comment le nordiste Veternity compte devenir leader mondial des pompes funèbres animalières

Par Elodie Soury-Lavergne, le 09 novembre 2020

Possédant 80 % des parts de marché des pompes funèbres animalières en France, Veternity accélère en lançant une marque à destination du grand public et en poursuivant son internationalisation, avec les Etats-Unis en ligne de mire. Une prochaine levée de fonds, de 100 millions d'euros, doit venir soutenir ces développements. 

Philippe Thomas, PDG de Veternity
Philippe Thomas, PDG du groupe de services vétérinaires Veternity, dont le siège est à Villeneuve-d’Ascq, près de Lille. — Photo : Elodie Soury-Lavergne, le Journal des entreprises

Fondé il y a 25 ans à Cambrai (Nord), par un collectif de 200 vétérinaires, le groupe Veternity (ex-La Compagnie des Vétérinaires) a parcouru bien du chemin. Opérant dans un secteur atypique, celui des pompes funèbres animalières, le groupe renonce à cette discrétion qui le caractérise, en vue d’accélérer son développement. Comptant désormais 2 200 vétérinaires actionnaires et 380 collaborateurs, Veternity affichait en 2019 un chiffre d’affaires de 42 millions d’euros. « Nous étions au départ une petite coopérative vétérinaire, jamais nous n’aurions imaginé atteindre cette taille », admet Philippe Thomas, PDG de ce groupe, dont le siège est désormais à Villeneuve-d’Ascq.

Vers un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros

Malgré un rythme moyen de croissance qui s’établit à 15 % par an, l’aventure est encore loin d’être à son apogée. D’autant que le secteur vétérinaire « a bien résisté à la crise sanitaire. Notre objectif, c’est de devenir leader des pompes funèbres animalières en Europe et dans le monde », annonce le dirigeant. Jeune vétérinaire au moment de la création de ce groupe, Philippe Thomas en est devenu le directeur général en 2011. Il a initié la transformation de la coopérative en société de capitaux, pour asseoir sa crédibilité et disposer de davantage de leviers financiers. Pour soutenir ses ambitions, Veternity travaille d’ailleurs sur une levée de fonds de 100 millions d’euros, qui devrait être bouclée avant la fin de l’année. En 2026, le groupe compte atteindre un chiffre d’affaires de 300 millions d’euros.

Un déploiement accéléré en France

Première étape de l’accélération, Veternity vient de lancer en France la marque de pompes funèbres animalières Esthima. Celle-ci lui permet de proposer ses services funéraires directement au grand public, et non plus uniquement via les vétérinaires. Si Veternity possède déjà 80 % des parts du marché français, le potentiel de développement est réel, selon Philippe Thomas. Dans l’Hexagone, près de 730 000 familles ne passent pas par un vétérinaire lors du décès de leur animal de compagnie. Dans le même temps, selon une étude co-réalisée par Esthima et le site d’actualités animalières Wamiz, 55 % des Français se disent prêts à incinérer leur animal domestique. Parmi eux, 80 % souhaitent récupérer les cendres et 60 % veulent acheter une urne funéraire afin de les conserver. Enfin, un propriétaire sur deux souhaiterait organiser une cérémonie. C’est auprès de ce public qu’Esthima compte poursuivre son développement, pour devenir « la référence des pompes funèbres animalières auprès des 60 millions de propriétaires d’animaux », lance David Buisset, DG d’Esthima France.

Esthima va appuyer son développement sur son parc de quinze crématoriums. L’enseigne vient par ailleurs d’ouvrir sa première agence funéraire dans la métropole lyonnaise, à Décines-Charpieu. La prochaine étape sera l’ouverture, courant 2021, de cinq nouvelles agences de ce type, dont une à Seclin, dans les Hauts-de-France. Esthima propose aux particuliers ses services depuis la prise en charge des corps (à domicile, chez le vétérinaire ou directement dans un de ses crématoriums), jusqu’à la remise des cendres, en passant par l’organisation d’hommages. Selon la formule retenue, le tarif des crémations va de 61 à 290 €. Le défi, pour la marque, est à présent de le faire savoir. « Notre métier n’est pas connu du grand public », constate David Buisset. Esthima réalisait en 2019 un chiffre d’affaires de 33 millions d’euros, avec 260 collaborateurs.

Des ambitions internationales

Veternity affiche également de fortes ambitions à l’international, sur cette activité de pompes funèbres animalières. Le groupe compte deux autres métiers, la gestion des déchets issus des soins et diagnostics (CA : 1,5 M€), et les solutions digitales pour les structures vétérinaires (CA : 3 M€), qui ont aussi vocation à s’internationaliser. Présent aux États-Unis et au Canada depuis un an, Veternity veut consolider ses positions sur ces marchés. « Les États-Unis représentent le marché le plus mature : les Américains investissent beaucoup et depuis longtemps sur l’animal de compagnie. Avec une présence massive outre-Atlantique, Veternity présente un potentiel de chiffre d’affaires de l’ordre de 500 millions d’euros. Nous regardons aussi vers le Brésil, l’Asie et le Japon », indique Philippe Thomas.

Le groupe est déjà implanté en Europe (France, Allemagne, Belgique et Pologne) et souhaite poursuivre son expansion en se concentrant sur des pays comme le Portugal, la République tchèque, la Slovaquie ou encore l’Espagne. Des implantations opérées de différentes manières : via une création sur place, des acquisitions, ou encore un mix des deux, avec à chaque fois la création d’une marque ombrelle.

Philippe Thomas, PDG de Veternity
Philippe Thomas, PDG du groupe de services vétérinaires Veternity, dont le siège est à Villeneuve-d’Ascq, près de Lille. — Photo : Elodie Soury-Lavergne, le Journal des entreprises

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