Hauts-de-France

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Cinq ans après son implantation à Lille, le start-up studio Alacrité France a trouvé sa place

Par Jeanne Magnien, le 08 décembre 2022

Lancé il y a cinq ans à Lille, le start-up studio Alacrité France tire un premier bilan de son activité, marqué par la création de douze start-up. Et réaffirme de solides ambitions européennes.

Lionel Hovsepian est le président d’Alacrité France.
Lionel Hovsepian est le président d’Alacrité France. — Photo : Jeremy Hourquin

Lancé en 2017 à Lille, la déclinaison française du start-up studio Alacrité s’est pendant cinq ans, développé en toute discrétion. Sixième implantation du programme mis au point par Sir Terry Matthews, "serial-entrepreneur" Gallo-Canadien et fondateur du fonds d’investissement Wesley Clover, ce générateur de jeunes pousses compte déjà des grands frères au Canada, au Pays-de-Galles, et à Istanbul. Si Lille a été choisie pour Alacrité France, c’est bien pour sa dimension européenne, renforcée encore ces dernières années, souligne Sir Terry Matthews. "Lille est un "hub" naturel pour la tech, entre Paris, Bruxelles, et Londres. Et avec le Brexit, elle peut être la porte d’entrée des investisseurs londoniens sur le sol européen. Il y a déjà un solide tissu d’entreprises et de start-up, ainsi que des écoles et universités de qualité, ce qui est de première importance pour Alacrité… À Ottawa, le Hub350, l’écosystème que j’ai créé en 1972, compte 500 entreprises et 30 000 emplois. C’est l’ambition que j’ai pour Lille." Alacrité France est notamment soutenu par Bpifrance, le Programme d’Investissements d’Avenir, la Région, la Mel, Euratech, et partenaire de Finovam Gestion.

Douze start-up créées

Pour l’instant, Alacrité France, ce sont douze entreprises créées, parmi lesquelles, Trust Eat, qui travaille sur la traçabilité alimentaire, Whispeak, sur l’authentification vocale, Privamap et sa solution de guidage sur sites privés, ou Rfence, un dispositif anti-intrusion via la surveillance radiofréquence. Elles emploient une centaine de personnes, et ont levé, au global, 14 millions d’euros. Le bilan est un peu en deçà des ambitions affichées à l’origine par le start-up studio, qui visait, pour 20 projets 1 accompagnés, 15 créations effectives. Mais le pari est néanmoins gagné pour cette première phase, qui aura permis à Alacrité de faire connaître en France son modèle un peu particulier. "Nous partons toujours d’un besoin identifié sur un marché, chez un de nos clients. C’est ça, l’approche d’Alacrité. À partir de cette intuition, nous recrutons des gens pour développer un produit. Les équipes, dirigeants compris, sont salariées chez nous pendant un an, pendant toute la phase d’incubation. Ce système permet de donner sa chance à ceux qui veulent entreprendre, sans forcément avoir d’idée très précise, ou de fonds," décrit Lionel Hovsepian, président d’Alacrité France.

Alacrité, majoritaire au capital

Si la période d’incubation est probante, l’entreprise est alors créée. Les sommes versées pendant l’incubation deviennent une avance en capital, complétés par une levée de fonds d’Alacrité, actionnaire majoritaire de ces structures, et de ses éventuels partenaires. L’équipe dirigeante détient en général entre 30 et 40 % du capital de la start-up, qui s’assure ainsi d’un départ solide, entre l’accompagnement dont elle a bénéficié, les preuves de concept (ou POC) qu’elle peut mettre en avant, et les garants dont elle peut se revendiquer. "Le fil rouge de cette première promotion française, ce serait l’intelligence artificielle bien entendu, la cybersécurité, mais aussi de manière plus surprenante, les Regtech. Nous ne pensions pas qu’il y avait un tel besoin de faciliter l’application des réglementations", s’amuse Lionel Hovsepian. Pour la suite, Alacrité compte continuer à accompagner et financer les start-up de son portefeuille. Mais aussi, en créer de nouvelles, pour renforcer son écosystème en France.

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