Hauts-de-France

Investissement

Ces investissements qui vont transformer les Hauts-de-France en 2019

Par Elodie Soury-Lavergne, le 03 janvier 2019

Loisirs, industrie, énergie, distribution, logistique… Les entreprises et collectivités affichent de beaux projets, dans des secteurs variés, pour cette nouvelle année. La rédaction a sélectionné les 20 investissements les plus emblématiques qui s'annoncent en 2019. Ils laissent deviner ce que sera l’économie régionale de demain.

L'équipementier parisien Rafaut va investir 20 M€ à Valenciennes, dans une usine 4.0.
L'équipementier parisien Rafaut va investir 20 M€ à Valenciennes, dans une usine 4.0. — Photo : Pixabay

Nausicaa vise 1 million de visiteurs par an

Lancée en 2016, l’extension du centre national de la mer Nausicaa, à Boulogne-sur-Mer, représente un investissement de 85 M€, sur trois ans. Baptisé Grand Nausicaa, ce projet comporte notamment un bassin supplémentaire de 9 500 m3, ouvert au public depuis l'été dernier. Une fois les différentes phases du chantier achevées, Nausicaa offrira également aux visiteurs un voyage en haute mer à 9 mètres de profondeur, un amphithéâtre et une baie de 20 mètres sur cinq pour admirer la vie océanique. L’objectif est de faire passer la fréquentation de 600 000 visiteurs à 1 million par an.

La première pierre de Lillenium enfin posée

Promis depuis 2011, Lillenium va bel et bien sortir de terre. Finalement, le promoteur Vicity a réussi à boucler le financement de ce futur centre commercial de 56 000 m², grâce au soutien du Crédit Agricole Nord de France, à la participation de l’Agence nationale de rénovation urbaine (Anru) et à la Caisse des dépôts. Pour ce prix, le projet prévoit 105 magasins, dont 12 restaurants, le tout autour d’un hypermarché Leclerc de 5 000 m². L’ensemble inclura également un hôtel Hilton de 140 chambres, des bureaux et une « cité des enfants », avec des animations autour des sciences. La première pierre de Lillenium a été posée en décembre 2017. La livraison est prévue fin 2019, et déjà plusieurs enseignes se sont annoncées, parmi lesquelles H&M, qui va quitter la rue de Béthune au profit de ce nouveau centre commercial.   

Toyota investit 300 M€ à Valenciennes

Toyota a annoncé début 2018 un investissement de 300 M€ sur son site de production de la Yaris, Toyota Motor Manufacturing France, situé près de Valenciennes. Cette annonce a été faite par le PDG du site, Luciano Biondo, en présence d'Emmanuel Macron. Cette somme doit permettre une modernisation de l'usine nordiste, avec l'ambition d'atteindre à terme 300 000 véhicules produits par an (contre 237 000 en 2016). 700 emplois sont annoncés : 300 emplois temporaires seront d'abord transformés en CDI, avant la création à terme de 400 CDI supplémentaires.

Maroquinerie Thomas installe une usine à Arras

Le groupe familial Maroquinerie Thomas (CA 2017 : 99,5 M€, 1 300 salariés) annonce l'implantation d'une nouvelle usine à Arras, sur la zone Actiparc. S'appuyant sur le succès du label "Made in France", ce fabricant français de maroquinerie, pour le compte de marques de luxe, avait besoin d'une usine supplémentaire dans l'Hexagone. D'une surface d'environ 3 000 m², cette future usine arrageoise représente un investissement de plus de 6 M€ et devrait générer près de 250 emplois d'ici quatre ans. 

Mondial Relay investit 20 M€ pour sa croissance

En 2017, le logisticien nordiste Mondial Relay a réalisé une croissance à deux chiffres. Ex-filiale du groupe 3SI, passée depuis aux mains du groupe allemand Otto, Mondial Relay distribue des colis du e-commerce en France et en Europe. Il a terminé son dernier exercice avec 650 salariés et un CA de 212 M€, soit une hausse de 11 % par rapport à 2016. Pour poursuivre sa croissance, le groupe annonce un investissement de 20 M€, mis en œuvre entre 2017 et 2019. Sur ce montant, 15 à 17 M€ sont consacrés aux infrastructures : « Nous avons besoin de louer de nouveaux bâtiments, plus grands, dans lesquels nous allons ajouter des machines de tri », explique Antoine Pottiez, son dirigeant. Le distributeur de colis investit aussi près de 2 M€ en informatique, et la même somme en machines.

Diagast s’étend sur le parc Eurasanté

Diagast a posé en mars 2018 la première pierre de son nouveau bâtiment industriel sur le campus Eurasanté. L'entreprise, spécialisée dans les réactifs sanguins, a investi 9 M€ pour se doter d'un deuxième bâtiment de 5 000 m², situé à proximité du premier, et qui sera livré début 2019. Un investissement qui s'inscrit dans le programme de montée en puissance de la PME, qui vise les 50 M€ de CA en 2020. Grâce à ce nouveau site, Diagast va doubler ses capacités de production, et se diversifier pour gagner de nouveaux clients.

Dunkerque convertit de l’électricité verte en gaz

Le tout premier démonstrateur Power-to-gas français a été inauguré en juin 2018, à Dunkerque. Celui-ci teste la possibilité de transformer de l’électricité verte en gaz hydrogène, avant de l’injecter dans le réseau de distribution de gaz naturel du territoire. Lancé en 2014 et coordonné par Engie, ce projet réunit un total de 11 partenaires et a nécessité un investissement de 15 M€. Il doit se dérouler en 6 ans : 2 années d’études, 2 années d’autorisation et enfin, 2 autres années de démonstration qui débutent donc avec cette inauguration. Dans un premier temps, le démonstrateur va injecter 6 % d’hydrogène (et jusqu’à 20 % au maximum) dans le réseau local de distribution de gaz naturel. Il va ainsi alimenter 100 logements et la chaufferie du centre de soins du quartier « Le Petit Village » de Cappelle-la-Grande (Nord). Ces deux années de démonstration doivent valider la pertinence technique et économique de la conversion d’électricité en un nouveau gaz, via une combinaison d’hydrogène et de gaz naturel.

Rafaut prend son envol à Valenciennes

L'équipementier parisien Rafaut (CA : 44 M€) va investir 20 M€ à Valenciennes, dans la construction d'une usine 4.0. La PME a posé en octobre la première pierre d'un site qui s'étendra sur 10 000 m². La production démarrera cette année, avec 20 collaborateurs. A terme, l'usine emploiera 60 salariés. Ce site permettra à Rafaut de fabriquer des pièces complexes, de grandes dimensions, destinées à l'aéronautique, et d'adresser d'autres secteurs comme le ferroviaire, le nucléaire, les énergies renouvelables, etc.

L'usine Aliphos de Dunkerque de l'industriel belge Ecophos.
L'usine Aliphos de Dunkerque de l'industriel belge Ecophos. - Photo : Elodie Soury-Lavergne - Le JDE

Le belge Ecophos mise sur Dunkerque

Fondé en 1996 par Mohammed Takhim, le groupe belge Ecophos (CA : 150 M€, 300 salariés) mise sur le Dunkerquois. Producteur de phosphates pour l'alimentation animale, le groupe vient d'inaugurer sur le port de Dunkerque l'usine Aliphos. Représentant un investissement de 85 M€, celle-ci va produire un phosphate nouvelle génération, le Dical +, qui présente une digestibilité de 82 %. L'usine emploie 49 collaborateurs et 50 de plus sont prévus à terme.

Le dirigeant annonce déjà la construction d'une deuxième usine sur le même site, d'ici trois ans, pour un montant de 35 M€. Celle-ci produira du phosphate à partir de cendres volantes, issues de l'incinération de boues de station d'épuration.

Minafin investit 14 M€ à Dunkerque

Le groupe de chimie fine Minafin (CA 2017 : 184 M€, 809 salariés), annonce un investissement de 14,5 M€ sur son site Minakem, à Dunkerque. Une somme qui servira à la mise en place d’une nouvelle ligne de production. Minakem sort chaque année près de 223 tonnes de principes actifs, destinés à l’industrie pharmaceutique. Il s’agit de la plus importante usine du groupe en termes d’effectif. La moitié de sa production est destinée à son client et voisin Astrazeneca. Arrivée à saturation, Minakem devrait ainsi voir ses capacités augmenter de 20 %.

Dunkerque met le cap sur 2020

Le port de dunkerque a lancé son opération « Cap 2020 », qui va voir l’agrandissement des capacités d’accueil du port de conteneurs. A terme, le port se dotera de deux kilomètres de quais supplémentaires et de quatre terminaux pour les conteneurs, dans le prolongement de l’actuel bassin de l’Atlantique. Un agrandissement qui étirera le port vers les infrastructures multimodales existantes et à construire, ainsi que vers la voie de chemin de fer et l’A16. Le projet, évalué à 689 M€, sera financé à hauteur de 405 M€ par des fonds publics. Le projet cap 2020 s’inscrit dans une volonté de montée en puissance du port de Dunkerque, qui vise les 2,5 M d’EVP transités par an en 2035, contre 400 000 aujourd’hui. A la même échéance, le port a pour objectif d’avoir créé 16 000 emplois sur l’ensemble de son hinterland, et 1,8 Md€ de valeur ajoutée.

Bic investit 13,5 M€ sur son site de Samer

Bic s’est lancé fin 2017 dans un plan de rénovation de son usine de Samer, « Samer 2020 ». Le groupe projette en effet d'avoir, d'ici cette date, rapatrié sur son site samérien les activités de son usine de Boulogne-sur-Mer, toute proche. 18.000 m² ont été d’ores et déjà livrés pour la première phase de ce programme, qui verra, en 2020, l'usine de Samer mesurer 29 500 mètres carré, et abriter 250 salariés, pour une production journalière de 4,5 millions crayons de couleurs, porte-mines et ardoises. En tout, Bic va investir 13,5 millions d'euros pour la modernisation et l'agrandissement du site, appelé peut-être à grandir encore à l'avenir. Bic a réalisé un chiffre d'affaires de plus de 2 milliards d'euros en 2016, avec un résultat net de 249,7 millions d'euros, et emploie près 17.400 personnes dans le monde.

Lancement des travaux du Centre Conservation du Louvre

La première pierre du futur centre de conservation des œuvres du Louvre a été posée fin 2017, à Liévin (Pas-de-Calais). Le bâtiment, qui sera livré durant l'été, est destiné à abriter 250 000 œuvres des réserves du musée parisien, dont une grande partie, située sous le niveau de la Seine, est inondable. Sur 18 500 m², 9 600 m² seront réservés au stockage, et 1 700 m² permettront l'étude et le traitement des œuvres. L'ensemble du projet devrait coûter 60 millions d'euros ; la Région s'est engagée à hauteur de 5 millions d’euros.

Bientôt le décollage pour E-Valley

E-valley est une immense plateforme logistique dédiée au e-commerce, posée en pleine campagne sur les 320 ha de l'ancienne base aérienne BA 103, près de Cambrai.
E-valley est une immense plateforme logistique dédiée au e-commerce, posée en pleine campagne sur les 320 ha de l'ancienne base aérienne BA 103, près de Cambrai. - Photo : Artefacto

Après quatre longues années d'attente, David Taieb, le promoteur qui au travers de sa société BT Immo porte le projet E-valley, a déposé en mairie, en février, la demande de permis de construire pour E-Valley. Cette immense plateforme logistique de 320 ha, dédiée au e-commerce, doit voir le jour sur l'ancienne base aérienne BA 103, près de Cambrai (Nord). Avec un investissement prévu de 400 M€, E-Valley devrait à terme accueillir une centaine d'entreprises, et des services dédiés. 

SNF Floerger investit 160 M€ à Dunkerque

Le groupe chimiste français SNF Floerger, basé dans la Loire (CA 2017 : 2,5 Md€, 6 000 salariés), va investir 160 millions d'euros sur le port de Dunkerque. L'objectif est d'implanter une nouvelle unité de production, dont la mise en service engendrera la création de 160 emplois directs. La position du port permettra au groupe une importante réduction des coûts de transport de ses produits finis, comme de ses matières premières. L’Etat, la Région Hauts-de-France et la Communauté urbaine de Dunkerque ont apporté une contribution financière de 7 M€.

Heineken investit 5,5 millions d'euros à Mons-en-Baroeul

En février 2018, Heineken avait annoncé investir 8,3 M€ dans sa brasserie de Mons-en-Baroeul (Nord) pour augmenter sa capacité de production ets améliorer la sécurité et la performance environnementale. Mi-mars, le brasseur a fait part de son intention d'investir, entre 2018 et 2019, 5,5 M€ supplémentaires sur le même site, pour la création d’une nouvelle ligne de conditionnement de fûts de 8 litres. Avec 22 ha, 300 salariés et 3,5 millions d'hectolitres produits à l'année, la brasserie de Mons-en-Baroeul est le plus grand site français du groupe néerlandais, qui a enregistré 21,9 Md€ de CA en 2017.

Tropicalia : une serre tropicale à 50 M€

Une serre tropicale de deux hectares doit voir le jour en 2021, à Rang-du-Fliers (Pas-de-Calais). Baptisée Tropicalia, cette serre abritera sous un dôme de 35 mètres des milliers de papillons et oiseaux dans une flore tropicale. L'investissement est de 50 M€, financé par des investisseurs privés. Les travaux doivent démarrer début 2019 et ce projet devrait créer une centaine d'emplois sur le territoire. Tropicalia est porté par un vétérinaire, le docteur Cédric Guérin, qui espère attirer près de 500 000 visiteurs par an.

La Poste investit 30 M€ à Douvrin

La Poste a donné en octobre le coup d’envoi de sa nouvelle plateforme Colissimo, qui ouvrira ses portes à la fin de l'année. L’opérateur investit plus de 30 M€ pour cet entrepôt de 25 000 m² qui comptera 130 portes à quai. Doté d’un trieur nouvelle génération de plus d’un kilomètre de long, cet équipement devrait offrir de meilleures conditions de travail aux opérateurs, tout en traitant 32 000 colis à l’heure. L’investissement s’inscrit dans une stratégie d’envergure de la Poste, qui investit 450 M€ sur le territoire pour être en capacité de traiter 400 millions de colis en 2020.

LME investit pour renouer avec la rentabilité

Après 5 années de pertes importantes, de l’ordre de 80 à 100 M€, l'aciériste valenciennois LME - Beltrame Group (CA : 260 M€, 526 salariés) est de nouveau rentable. Avec 20 M€ d'investissements pour se transformer en profondeur, l'entreprise est prête à profiter d'une reprise sur son marché. "Nous avons travaillé sur la maîtrise des coûts, l'optimisation de nos outils, le développement de nouveaux marchés, comme l'Allemagne, la formation des salariés, la sécurité ou les économies d'énergie…", explique David Iroz, le dirigeant. LME a investi 20 M€ en 2017-2018 pour mener à bien toutes ces opérations. L'entreprise s'est notamment dotée d'un nettoyeur de ferrailles, un outil présenté comme "unique au nord de l'Europe", qui lui permet d'améliorer sa productivité, tout en diminuant les consommations d'énergie et de ressources naturelles. Un plan d'investissements est d'ores et déjà prévu pour ces 5 prochaines années, mais David Iroz n'a pas souhaité en dévoiler le montant. Il concède en souriant : "D'ici 2 ou 3 ans, la physionomie de LME aura totalement changé".

Deux groupes japonais misent sur l’Oise

L’Oise séduit les investisseurs japonais. En 2018, deux groupes nippons ont annoncé d’importants investissements dans ce département : le fabricant de matériel agricole Kubota (CA : 13,7 milliards d’euros) et le groupe agroalimentaire Takara Foods.

Kubota investit ainsi 55 millions d'euros pour créer un centre européen de R&D. Installé sur 30 hectares, ce site comprendra près de 12 000 m² de bâtiments et une piste d'essais. Le centre devrait être opérationnel d'ici 2020. Une centaine d'emplois vont être générés, sur des postes de techniciens, ingénieurs et docteurs. Il s'agit du deuxième investissement en région pour le groupe, qui a ouvert en 2015 une usine d'assemblage de tracteurs à Dunkerque, pour 40 M€.

De son côté, Takara Foods a retenu un site de 3 472 m², pour ouvrir une usine de 500 m². Celle-ci devrait employer un minimum de 30 personnes et jusqu'à 50, en fonction du marché. Takara Foods produit, pour des restaurateurs, des ingrédients entrant dans la composition des Ramen (nouilles japonaises). Le groupe investit 1,6 M€ dans ce site, qui va lui permettre de conquérir le marché européen. Takara Foods ne communique pas son CA.

L'équipementier parisien Rafaut va investir 20 M€ à Valenciennes, dans une usine 4.0.
L'équipementier parisien Rafaut va investir 20 M€ à Valenciennes, dans une usine 4.0. — Photo : Pixabay

Poursuivez votre lecture

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Recevez chaque vendredi le Débrief, l'essentiel de l'actualité économique de votre région.