Nord

Agroalimentaire

Bonduelle à la recherche d'investisseurs pour ses activités en Amérique du Nord

Par Elodie Soury-Lavergne, le 28 septembre 2021

Le groupe agroalimentaire Bonduelle se lance dans la recherche d’investisseurs, voire d’acquéreurs, pour ses activités de conserves et surgelés en Amérique du Nord. L’industriel nordiste profitera de cette opération pour financer des projets stratégiques, comme le développement de ses marques propres ou le verdissement de son activité.

Après deux exercices affectés par la crise sanitaire et les conditions météorologiques, Bonduelle mise sur une croissance de 3 % du chiffre d'affaires sur 2021/2022.
Après deux exercices affectés par la crise sanitaire et les conditions météorologiques, Bonduelle mise sur une croissance de 3 % du chiffre d'affaires sur 2021/2022. — Photo : © Bonduelle

Le groupe agroalimentaire Bonduelle démarre la recherche d’investisseurs, voire d’acquéreurs, pour ses activités de légumes en conserve et surgelés aux États-Unis et au Canada. Des activités regroupées dans une business unit baptisée Ball, qui compte près de 3 000 salariés et pèse 615 millions d’euros dans le chiffre d’affaires du groupe nordiste, qui s’établit à 2,7 milliards d’euros sur l’exercice 2020/2021 (+ 1,6 % par rapport à 2019/2020, hors taux de change).

À ce stade, rien n’est exclu : partenariats, nouvelle organisation actionnariale, cession totale, etc. "Divers scenarii sont à l’étude. Nous retiendrons la meilleure solution pour poursuivre la croissance de Ball et pour le groupe", annonce Guillaume Debrosse, directeur général de Bonduelle.

Un marché américain concurrentiel

L’activité de Ball est restée stable sur cet exercice 2020/2021 par rapport au précédent. Sur ce marché de la conserve et du surgelé, le groupe nordiste occupe une "position industrielle dominante au Canada, souligne Guillaume Debrosse. Les perspectives de développement se situent aux États-Unis, mais nos outils de production y sont saturés et d’autres acteurs sont présents. Pour continuer à faire de la croissance, il faut investir." Ces investissements, le groupe nordiste ne souhaite pas les assumer seul. "Il s’agit d’investissements avec un retour garanti, mais importants. Il faudrait par exemple acquérir des entrepôts frigorifiques, dont le prix avoisine les 20 millions de dollars", précise-t-il.

Cette future cession de Ball, qu’elle soit totale ou partielle, ne marque pas un désintérêt du groupe pour l’Amérique du Nord. Bonduelle y possède une autre business unit, dédiée aux activités de frais, qui représente 31 % de l’ensemble des activités outre-Atlantique. Elle affiche un chiffre d’affaires de 668 millions d’euros mais est en déficit, en raison du manque de main-d’œuvre, des invendus et maladies qui perturbent les approvisionnements, de l’inflation et de surcoûts logistiques liés à la crise. Elle fait donc l’objet "d’un plan musclé de redressement", indique Grégory Sanson, directeur financier du groupe Bonduelle.

Une source de financement

Cette opération va permettre au groupe de financer ses priorités stratégiques, comme de dynamiser ses marques propres, tombées à 47 % du chiffre d’affaires en 2020/2021 contre plus de la moitié sur les précédents exercices. Cela permettra aussi de financer la démarche RSE : Bonduelle a d’ailleurs souscrit un crédit revolving (ou renouvelable) de 400 millions d’euros pour soutenir les actions en vue d’obtenir la certification "B Corp" (octroyée aux entreprises répondant à des exigences sociétales et environnementales, de gouvernance et de transparence) d’ici 2025.

Cette décision autour de Ball intervient dans un contexte compliqué pour Bonduelle, marqué par la crise sanitaire et une campagne agricole 2021 délicate. Le groupe "reste en bonne santé financière, mais avec des ressources plus limitées, notamment pour faire des acquisitions", affirme Grégory Sanson. Les taux de change "privent (le groupe) de 123 millions d’euros de chiffre d’affaires et de 4 millions d’euros de rentabilité opérationnelle courante". Le résultat net, lui, progresse tout de même de 4,6 %, pour s’établir à 57,1 millions d’euros.

Après deux exercices affectés par la crise sanitaire et les conditions météorologiques, Bonduelle mise sur une croissance de 3 % du chiffre d'affaires sur 2021/2022.
Après deux exercices affectés par la crise sanitaire et les conditions météorologiques, Bonduelle mise sur une croissance de 3 % du chiffre d'affaires sur 2021/2022. — Photo : © Bonduelle

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