Hauts-de-France

Distribution

Blancheporte se recapitalise pour entamer la "phase deux" de son redressement

Par Jeanne Magnien, le 30 septembre 2022

L’e-commerçant Blancheporte, qui se spécialise dans la mode et la maison, réorganise son capital pour y faire rentrer des fonds régionaux. Un signal fort de la part des quatre repreneurs de l’enseigne, qui estiment que le travail de retournement mené depuis 2016 a porté ses fruits. Place à la "phase deux".

Quatre anciens cadres de Blancheporte ont repris l’entreprise en 2016. De gauche à droite, Franck Duriez, le président, et les directeurs associés, Corinne Devroux, Salvatore Spatafora et Caroline Lemaire.
Quatre anciens cadres de Blancheporte ont repris l’entreprise en 2016. De gauche à droite, Franck Duriez, le président, et les directeurs associés, Corinne Devroux, Salvatore Spatafora et Caroline Lemaire. — Photo : Jeanne Magnien

Six ans après la reprise de Blancheporte au Groupe 3SI, ses dirigeants mesurent le chemin parcouru. Les quatre anciens cadres de l’enseigne tourquennoise, qui l’ont reprise en 2016, estiment, aujourd’hui, que le retournement est effectif. "Nous avons mené un travail de fond pour remettre l’entreprise sur les rails, d’un point de vue économique, stratégique et managérial, en associant nos 215 salariés au projet. Notre chiffre d’affaires est à nouveau en croissance, à 204 millions d’euros en 2021, soit une hausse de 24 % par rapport à 2016. Et nous sommes rentables depuis 2017, avec une hausse de 36 % de notre résultat net en 2021 comparé à 2020", se félicite Franck Duriez, le président de Blancheporte. Forte de ces résultats, l’équipe dirigeante a décidé d’ouvrir son capital, pour se donner les moyens de passer à la deuxième phase de son retournement. Les fonds Turenne et Nord Capital Investissement, au travers du fond Nov Relance Impact, très orienté RSE, prennent donc 20 % du capital du distributeur nordiste, pour un montant non communiqué.

Numérique et international

Cette opération va permettre à Blancheporte de lancer ou d’accélérer plusieurs grands chantiers. Le distributeur, qui a fait basculer l’an dernier son site marchand vers une plateforme opérée par Salesforce pour plus d’agilité, veut investir massivement sur le numérique. "Aujourd’hui, nous réalisons 65 % de notre chiffre d’affaires sur le web. Et depuis peu, le smartphone est la première source de visite sur le site, ce qui change beaucoup pour nous, en termes de marketing. Grâce au smartphone, nous sommes en lien direct et quasi-permanent avec nos clientes, ce qui facilite l’hyperpersonnalisation de l’offre. En revanche, cela demande des ajustements. Nous avons d’ailleurs pensé notre nouvelle plateforme en "Mobile First", pour une navigation aisée et très visuelle sur petit écran", résume Salvatore Spatafora, directeur associé. Sur 2022, Blancheporte note déjà une augmentation de 6 % de son chiffre d’affaires sur le web et de 11 % du trafic.

Aisément traduisible, cette nouvelle plateforme web va faciliter l’accélération de Blancheporte à l’international, qui compte pour 15 % du chiffre d’affaires. L’enseigne va renforcer sa présence en Espagne et au Portugal, et ouvrir l’Italie.

Accélérer sur la RSE

Enfin, Blancheporte compte également accélérer sur un projet qui lui tient à cœur, sa politique RSE. Un engagement au cœur du projet de reprise, qui s’est étoffé depuis 2016. Engagée pour l’emploi, au travers d’une politique de rémunération et d’intéressement attractive pour ses 215 salariés, l’enseigne porte également un fort projet environnemental. "Nous visons le zéro plastique pour 2025, nous avons déjà bien avancé dans ce sens", détaille Caroline Lemaire, directrice associée RH & environnement de travail. "Nous travaillons également à la réduction des émissions liées au transport, avec l’utilisation de transport écologique sur les derniers kilomètres. D’ici 2030, nous aimerions parvenir à supprimer le transport aérien pour nos importations." Concernant les collections, conçues "à 95 %" en interne, Blancheporte se livre également à un gros travail d’écoconception, sous la houlette de Corinne Devroux, directrice associée. L’enseigne avance également sur des sujets innovants, comme l’upcycling de ses invendus, ou plus récemment, la confection à la demande, en partenariat avec l’Atelier Agile, à Roubaix.

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition