Pas-de-Calais

Environnement

Baudelet Environnement investit 84 millions d'euros dans la valorisation des déchets

Par Jeanne Magnien, le 18 décembre 2019

Le groupe familial Baudelet Environnement, acteur de la récupération, du tri et de la valorisation des déchets, lance un plan d'investissement de 84 millions d'euros, sur son site principal de Blaringhem. Cette modernisation doit lui permettre d'améliorer ses capacités de recyclage.

Sur son éco-site de Blaringhem, Baudelet Environnement développe une vingtaine de lignes pour retraiter tous types de déchets. Elles vont être modernisées et diversifiées, pour permettre la récupération de davantage de matières valorisables.
Sur son éco-site de Blaringhem, Baudelet Environnement développe une vingtaine de lignes pour retraiter tous types de déchets. Elles vont être modernisées et diversifiées, pour permettre la récupération de davantage de matières valorisables. — Photo : Sofie

Diminuer drastiquement la quantité de déchets qui finissent enfouis sur son éco-site de Blaringhem : telle est l’ambition du groupe familial Baudelet Environnement (145 M€ de CA, 450 salariés). L’entreprise de récupération et de valorisation de déchets s’apprête à investir 84 M€ entre 2020 et 2025 pour moderniser ses équipements et ainsi, tirer davantage de matière recyclable du million de tonnes de déchets qu’elle traite chaque année. « Il y a une prise de conscience généralisée que ce n’est pas nécessaire d’aller extraire de nouvelles matières premières alors qu’elles sont déjà disponibles en quantité, dans nos déchets, qui représentent un véritable gisement. C’est tout l’objet de notre programme « Baudelet Synergies + », qui va permettre de mieux exploiter les ressources que nous avons déjà à disposition », présente Olivier Ramackers, le DGA de Baudelet Environnement. « Depuis deux ans, nous mettons en œuvre une politique de réduction de la quantité de déchets ultimes, qui finissent enfouis sur notre site de Blaringhem. Il y a encore deux ans, nous enfouissions 600 000 tonnes par an, nous avons réussi à passer à 510 000 tonnes. Nous voulons aller plus loin, en visant les 400 000 à 350 000 tonnes de déchets ultimes, ce qui représente quand même une réduction d’un tiers ! »

De nouveaux équipements 

L’accélération de cette politique de réduction des déchets ultimes va d’une part, permettre à Baudelet Environnement de se mettre en conformité avec la future législation, qui devrait se durcir à partir de 2025. D'autre part, la PME veut saisir l’occasion d’innover, en modernisant la plupart de ses lignes de traitement. Sur son éco-site de 300 ha, qui centralise à Blaringhem la plupart des déchets collectés sur sa douzaine de points de collecte secondaires, Baudelet a mis en place une vingtaine de lignes à même de traiter une grande variété de déchets. « Nous prévoyons de nouvelles installations, qui vont nous permettre de traiter des déchets que pour le moment, nous ne valorisons pas. Ainsi, nous allons nous doter de bassins d’assèchement pour les sédiments pollués, issus du dragage des canaux. Et d’une ligne dédiée au tri des déchets du BTP, pour séparer les minéraux, le verre, le plâtre et le bois. D’autres vont être agrandies ou modernisées, comme notre ligne de traitement des plastiques, qui va désormais nous permettre de produire des granulés, directement commercialisables. Notre unité de méthanisation, qui traite 10 000 tonnes de déchets à l’année, va également être doublée, et nous allons investir dans un nouveau déchiqueteur de métaux, qui pourra broyer 25 tonnes à l’heure, et sera sans doute le plus gros de France », détaille Olivier Ramackers. En parallèle, Baudelet développe également une gamme de produits comme un lave-glace, des briquettes de bois, ou du béton vert, élaborés à partir des résidus de divers déchets. La PME travaille à mettre au point de nouveaux produits de ce type, et à développer des filières de commercialisation.

Des études préparatoires

Sans augmenter la quantité de déchets récupérés, mais en les retraitant mieux, Baudelet espère améliorer sa rentabilité tout en réduisant son impact environnemental. « L’intérêt est à la fois économique et écologique », souligne Olivier Ramackers, sans préciser le taux de retour sur investissement. Le risque est, en tout cas, lissé pour la PME, qui réalise 145 M€ de CA, et consacre déjà « 10 à 15 M€ par an » à des investissements divers. Elle a également pris son temps pour peaufiner son plan d’action, qui sera enclenché une fois toutes les autorisations obtenues, vers la mi-2020. Baudelet a notamment consacré 10 M€, sur l’enveloppe totale, à des études préparatoires. Les différentes lignes de traitement ont été imaginées avec des bureaux d’études spécialisés, à raison d'un par domaine. Et la PME a soigneusement préparé le terrain auprès des riverains, assez réticents à l’agrandissement du site. « L’acceptation de nos installations par le voisinage est très importante. Nous investissons toujours pour leur intégration paysagère, et pour réduire les nuisances. Nous avons ainsi rencontré des associations de défense de l’environnement, pour co-construire le projet, et tenu plusieurs réunions publiques d’information. Nous avons aussi créé un « observatoire des odeurs », avec des riverains formés par une entreprise spécialisée, qui nous a permis d’avoir des données fiables sur les nuisances générées par notre site, et de les réduire. Tout ce travail préparatoire représente un coût important, et du temps, mais il est indispensable pour que l’on puisse se développer sereinement, » assure le DGA. Qui garde dans sa manche un argument de poids : 90 postes en CDI vont être créés sur le site, où travaillent aujourd’hui 250 salariés.

Sur son éco-site de Blaringhem, Baudelet Environnement développe une vingtaine de lignes pour retraiter tous types de déchets. Elles vont être modernisées et diversifiées, pour permettre la récupération de davantage de matières valorisables.
Sur son éco-site de Blaringhem, Baudelet Environnement développe une vingtaine de lignes pour retraiter tous types de déchets. Elles vont être modernisées et diversifiées, pour permettre la récupération de davantage de matières valorisables. — Photo : Sofie

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