Lille

Textile

Avec ses bagages upcyclés, La Virgule donne une seconde vie aux articles sportifs

Par Julie Dumez, le 20 janvier 2022

Avec sa bagagerie conçue à base de toiles recyclées, la jeune entreprise lilloise La Virgule s’engage, en donnant une seconde vie à des matériaux sportifs voués à la déchetterie.

Les trois associés fondateurs de La Virgule, Maxime Labat, Nathan Douillard et Benoît Gourlet, sont aujourd’hui épaulés par deux apprentis.
Les trois associés fondateurs de La Virgule, Maxime Labat, Nathan Douillard et Benoît Gourlet, sont aujourd’hui épaulés par deux apprentis. — Photo : La Virgule

Offrir des produits de haute technicité et upcyclés, tel est l’objectif de La Virgule. La jeune pousse, qui a installé son bureau-atelier dans les locaux de Garage, à Lille, conçoit des articles de bagagerie dans une philosophie d’économie circulaire et sociale. "Nous proposons une solution de fin de vie pour des matériaux sportifs, jusqu’à présent destinés à l’incinérateur", détaille Benoît Gourlet, président et cofondateur avec Nathan Douillard et Maxime Labat. Comme avec ce kayak gonflable transformé en sac à dos, lui-même rembourré de mousse d’anciens tapis de yoga.

Une fabrication en Europe

Voilà déjà trois ans que l’entrepreneur de 28 ans, diplômé de l’Iteem (Centrale + Skema) à Lille, s’est lancé dans l’aventure. Passé en production chez Decathlon en Inde, puis devenu ingénieur produit chaussures, toujours pour le géant du sport à Hendaye (Nouvelle-Aquitaine), il découvre les coulisses de la fabrication d’équipements sportifs. Puis décide de sauter le pas. Première étape : sourcer la matière première à recycler. "Nous nous approvisionnons auprès de Decathlon pour des toiles de kayaks gonflables et de tentes, ou encore auprès d’Indra pour des bretelles de voitures", explique Benoit Gourlet. Le démantèlement, le nettoyage et le découpage, parfois la confection, sont confiés à des entreprises d’insertion régionales.

Toutefois, pour tenir les coûts, il peut être nécessaire de repousser les frontières, mais uniquement européennes, afin de limiter l’impact environnemental. "Nous travaillons avec un atelier de fabrication au Portugal qui dispose d’un super savoir-faire pour certains sacs". Car upcycler oui, mais sans rogner sur la technicité. De quoi séduire des marques référentes sur leur marché, comme ZAG et ses skis de rando, et déclencher une collection en collaboration. Une alliance qui donne aussi de la visibilité à La Virgule, jusqu’à présent distribuée via son site e-commerce (lavirgule.eco) et bientôt sur des marketplaces. Designée par un partenaire indépendant, la bagagerie La Virgule séduit aussi en B to B. Lauréate d’un appel à projet lancé par le groupe nordiste Baudelet, la jeune entreprise a fabriqué des sacs de rangement pour ses salariés.

Des choix contraignants mais porteurs

À l’heure d’une consommation plus responsable, porter une telle entreprise s’avère souvent plus complexe. "Les choix que nous faisons nous ajoutent beaucoup de contraintes. Mais c’est cela qui nous rend différents et nous porte", reconnaît Benoît Gourlet. Et qui plaît aujourd’hui. Non contents d’avoir récolté 18 000 euros de précommandes lors d’une campagne de crowdfunding, les trois associés sont lauréats Hodéfi 2020 et de la Fabrique Aviva 2021.

Cette nouvelle année s’annonce déjà prometteuse : outre de nouveaux produits, la fabrication doit être démultipliée, passant de 1 000 à 3 500 unités. De quoi doper le chiffre d’affaires de 450 000 à 800 000 euros et conforter la rentabilité. "Nous réfléchissons également à une levée de fonds", dévoile le jeune dirigeant. 

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