Hauts-de-France

Innovation

Accro, Exotec, Innovafeed : les start-up à suivre en Hauts-de-France en 2023

Par Julie Dumez, le 29 novembre 2022

Levées de fonds record, ouvertures de marchés, technologies disruptives… Les start-up des Hauts-de-France, bien souvent tournées vers des marchés où l’écologie tient une place importante, ont connu une année 2022 charnière. Voici une sélection de celles qui devraient encore faire parler d’elles en 2023.

L’usine d’Accro va lui permettre de lancer la production à grande échelle de sa gamme d’alternatives à la viande.
L’usine d’Accro va lui permettre de lancer la production à grande échelle de sa gamme d’alternatives à la viande. — Photo : Alexis Delespierre Photographe

Accro, précurseur sur la viande végétale

Rebaptisée Accro, la start-up lilloise NxtFood (51 salariés, chiffre d'affaires non communiqué) entre en phase industrielle et s’apprête à commercialiser à grande échelle ses produits à base de pois et de blé, alternative à la viande au terme d’un investissement de 10 millions d’euros. Elle vise une production de 5 000 tonnes annuelles à moyen terme depuis sa toute nouvelle unité de production de 4 500 m2 de Vitry-en-Artois (Pas-de-Calais). Lancée en 2019, Accro a développé un procédé exclusif qui lui permet d’obtenir un "muscle végétal" à partir de protéines de blé et de pois. Cette matière première fibreuse est ensuite traitée comme de la viande, et transformée en différentes préparations prêtes à être cuisinées sous forme de hachis, steaks ou boulettes. Présent dans plus de 230 magasins à la faveur de partenariats avec Casino, Chronodrive ou Monoprix, Accro entend par ailleurs développer sa gamme de produits.

L’usine d’Accro va lui permettre de lancer la production à grande échelle de sa gamme d’alternatives à la viande.
L’usine d’Accro va lui permettre de lancer la production à grande échelle de sa gamme d’alternatives à la viande. - Photo : Alexis Delespierre Photographe

Exotec envoie ses robots dans le monde

À la faveur d’une levée de 335 millions de dollars en début d’année, l’entreprise lilloise de robotique logistique (105 M€ de chiffre d'affaires en 2021) est rentrée cette année dans le classement très sélect des licornes françaises. Avec de grosses ambitions : pour accélérer à l’international, elle prévoit de doubler son effectif pour atteindre 300 collaborateurs d’ici 2023. La société fondée en 2015 par deux ingénieurs en robotique, Romain Moulin et Renaud Heitz, pour cela, doit s’installer dans un tout nouveau siège à horizon 2024. Outre la production de ses robots intelligents destinés à la préparation de commandes dans les entrepôts logistiques, il abritera son centre de R & D. Exotec compte une trentaine de clients, dont de grands comptes comme Uniqlo, Decathlon, Carrefour, CDiscount, Gap ou Geodis.

Le futur siège d’Exotec sera situé en bordure du canal de Roubaix, à Wasquehal dans le Nord.
Le futur siège d’Exotec sera situé en bordure du canal de Roubaix, à Wasquehal dans le Nord. - Photo : BPM Architectes

Innovafeed fait mouche sur la protéine d’insectes

Innovafeed (350 salariés, chiffre d'affaires non communiqué), dont les sites de production français sont basés à Gouzeaucourt (Nord) et à Nesle (Somme), donne un nouveau coup d’accélérateur. À partir des mouches soldats noires qu’elle élève, elle élabore des protéines d’insectes destinées à l’alimentation animale. En levant 250 millions d’euros, notamment auprès de ses actionnaires historiques Creadev, le fonds de la Famille Mulliez, et le fonds singapourien Temasek, elle souhaite pousser les feux aux États-Unis et bientôt en Asie. La start-up, qui revendique un carnet de commandes à 1 milliard d’euros sur les dix prochaines années, s’arroge une place de leader dans le domaine de la culture d’insectes.

L’usine Innovafeed de Nesle est entrée en fonctionnement le 19 novembre. Elle devrait produire 15 000 tonnes de protéines d’insectes par an.
L’usine Innovafeed de Nesle est entrée en fonctionnement le 19 novembre. Elle devrait produire 15 000 tonnes de protéines d’insectes par an. - Photo : Innovafeed

Jungle, pionnier de la ferme verticale

Basée à Epaux-Bezu dans l’Aisne, Jungle Corp entend devenir le leader européen de l’agriculture verticale. En levant 42 millions d’euros, elle veut doper ses capacités de production française d’herbes aromatiques, de salades et de fleurs, sans pesticides ni herbicides. Le tout, selon un principe de ferme dite verticale, c’est-à-dire en hors-sol. Les plantes poussent sur un substrat, dans un environnement clos et contrôlé, avec des plateaux de culture disposés sur plusieurs étages, pour atteindre 12 mètres de hauteur. Selon la jeune pousse, "pour une même surface au sol, l’agriculture verticale permet de produire dix à trente fois plus que sous serre ou en pleine terre". Outre la grande distribution - Monoprix et Intermarché sont déjà séduits, l’agritech vise les secteurs de la cosmétique et de la pharmacie.

Nicolas Seguy et Gilles Dreyfus, confondateurs et codirgeants de Jungle Corp, une agritech qui mise sur l’agriculture verticale.
Nicolas Seguy et Gilles Dreyfus, confondateurs et codirgeants de Jungle Corp, une agritech qui mise sur l’agriculture verticale. - Photo : Jungle Corp

Sencrop informe les agriculteurs de données météorologiques

Spécialiste des nouvelles technologies appliquées à l’agriculture, Sencrop propose aux agriculteurs des modèles prédictifs basés sur les relevés de stations météo connectées, installées dans leurs cultures. La start-up de 100 salariés créée en 2016 a réalisé cette année une quatrième levée de fonds d’un montant de 18 millions de dollars (17,1 millions d’euros) afin de se développer davantage à l’international et d’affiner encore ses modèles. Les agriculteurs sont informés des précipitations à venir, mais aussi, des risques de maladies induits par les conditions météo sur leurs parcelles. Des alertes leur indiquent où et quand traiter, ainsi que les doses de pesticides nécessaires.

Michael Bruniaux (à gauche) et Martin Ducroquet ont fondé Sencrop en 2016, à Euratechnologies.
Michael Bruniaux (à gauche) et Martin Ducroquet ont fondé Sencrop en 2016, à Euratechnologies. - Photo : Barbara Grossmann

Lattice Medical révolutionne la reconstruction mammaire

L’entreprise lilloise de dispositifs médicaux implantables, Lattice Medical avance sur le marché de la reconstruction mammaire. Entrée en phase d’essais cliniques à l’été, elle vient d’annoncer la réussite de sa première opération avec son implant Mattisse. L’innovation, brevetée par le CHU de Lille, réside dans la fabrication d’un implant totalement résorbable et imprimé en 3D qui permet de régénérer le tissu adipeux de façon naturelle. Pour Julien Payen, fondateur en 2017, il s’agit d’un succès prometteur dans le développement de sa technologie de rupture. Pour porter ses ambitions, en Europe puis aux États-Unis et au Brésil, il vient de boucler une levée de fonds de 8 millions d’euros, notamment menée par les fonds Captech Santé Nutrition, Finovam Gestion, Nord France Amorçage et Wiseed.

Julien Payen, dirigeant de la start-up Lattice Medical.
Julien Payen, dirigeant de la start-up Lattice Medical. - Photo : Lattice Medical

Dailyn veut devenir la “super app” du quotidien

Regrouper l’ensemble des services utiles au quotidien dans une “super app”, telle est l’ambition de Dailyn (ex-The Ring). La start-up fondée par Arnaud Przybylski a levé 11 millions d’euros auprès d’investisseurs régionaux menés par Ludovic Duprez (fondateur de Chronodrive) et l’Association Famille Mulliez. Capitalisant sur une première activité de marketplace à destination des commerçants de proximité en pleine digitalisation, Dailyn évolue sur le modèle du chinois We Chat, l’application qui agrège quasiment tous les usages du quotidien. Elle s’appuie sur cinq fonctionnalités pour d’abord séduire les Lillois avant de futurs déploiements géographiques.

Arnaud Przybylski, au centre, est le fondateur de Dailyn. Il est entouré de membres de son comité stratégique, dont Ludovic Duprez (à gauche).
Arnaud Przybylski, au centre, est le fondateur de Dailyn. Il est entouré de membres de son comité stratégique, dont Ludovic Duprez (à gauche). - Photo : Nam Trinh

Javelot surveille le stockage en silos des récoltes

Fondée en 2018, la start-up Javelot, basée à Wasquehal à côté de Lille, a réalisé en septembre une levée de fonds de 10 millions d’euros lui permettant d’accélérer le déploiement de sa solution de surveillance des silos à grains. L’entreprise de 25 salariés, créée par Félix Bonduelle et Vindicien Delcourt, a mis au point une solution alliant capteurs connectés et intelligence artificielle, permettant d’améliorer le stockage des grains dans les silos. Javelot souhaite ainsi monitorer 10 % des récoltes françaises cette année et ambitionne de surveiller 50 % du marché européen d’ici 2025.

Félix Bonduelle est le cofondateur, avec Vindicien Delcourt, de la start-up Javelot.
Félix Bonduelle est le cofondateur, avec Vindicien Delcourt, de la start-up Javelot. - Photo : Capture BFM Grand Lille

Depuis l’espace, Grasp scrute l’atmosphère pour mieux la caractériser

Basée à Lezennes, près de Lille, Grasp (30 salariés, 2 M€ de chiffre d'affaires), spécialiste de l’étude des données atmosphériques, lancera bientôt sur orbite son premier satellite à la faveur d’une levée de fonds de 2 millions d’euros. Nasa et Cnes ont trouvé chez Grasp un savoir-faire inédit. "Nous traitons et interprétons leurs données pour comprendre les aérosols et donc mieux caractériser l’atmosphère et la surface de la terre". Concrètement, les résultats de ces études nourrissent la compréhension des pollutions ou encore du changement climatique grâce à l’expertise de chercheurs, notamment de l’Université de Lille. Ses perspectives sont ambitieuses et devraient la conduire vers les 10 millions d’euros de chiffre d’affaires pour 50 salariés d’ici trois ans.

L’équipe lilloise de Grasp, avec au centre, le fondateur Oleg Dubovik et à gauche, Yana Karol, manager scientifique.
L’équipe lilloise de Grasp, avec au centre, le fondateur Oleg Dubovik et à gauche, Yana Karol, manager scientifique. - Photo : Julie Dumez

Datafolio adapte l’assurance à la mobilité réelle

Créée à Euratechnologies en février 2020 par Yuri Narozniak (ex Groupama) et Emmanuel Pierron (ex AXA), Datafolio propose une solution d’assurance adaptée aux nouveaux usages de la mobilité. Généralement, les assurances sont surpayées par une majorité d’automobilistes par rapport aux risques pris en conduisant. Doté de l’application Datafolio, l’assuré paie selon le moyen de transport utilisé, les distances parcourues et les risques encourus, qui sont fonction du mode de conduite, mais aussi de facteurs extérieurs comme le trafic, la météo et les données d’accidentologie de la route empruntée. En début d’année, Datafolio a levé 4,3 millions d’euros pour accélérer son développement en France et en Italie.

Le Fourgon livre à domicile des boissons en bouteilles consignées

La start-up lilloise Le Fourgon fondée en 2021 a remis au goût du jour la consigne livrée à domicile avec la livraison de produits liquides en bouteilles consignées. Implantée dans dix villes, l’entreprise livre par camionnette électrique 15 000 clients en eaux, jus de fruits, bières, sodas ou soupes. En un an d’existence, un million de bouteilles retournées ont été réemployées. Le Fourgon a levé en septembre 4,5 millions d’euros pour accélérer son déploiement en France et ambitionne d’ouvrir une nouvelle ville chaque mois. Les effectifs actuels de 100 collaborateurs pourraient atteindre 250 salariés fin 2023.

Le Fourgon livre eaux, bières et sodas en bouteilles consignées, pour aider les consommateurs à réduire leurs déchets, et leur consommation de plastique.
Le Fourgon livre eaux, bières et sodas en bouteilles consignées, pour aider les consommateurs à réduire leurs déchets, et leur consommation de plastique. - Photo :  Alexis Delespierre Photographe

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