Lille

Agroalimentaire

Accro débute l'industrialisation de sa "viande végétale"

Par Jeanne Magnien, le 06 octobre 2022

Rebaptisée Accro, la start-up lilloise NxtFood entre en phase industrielle et s’apprête à commercialiser à grande échelle ses produits à base de pois et de blé, alternatives à la viande. Avec son usine toute neuve dans le Pas-de-Calais, elle vise une production de 5 000 tonnes annuelles à moyen terme.

L’usine d’Accro va lui permettre de lancer la production à grande échelle de sa gamme d’alternatives à la viande.
L’usine d’Accro va lui permettre de lancer la production à grande échelle de sa gamme d’alternatives à la viande. — Photo : Alexis Delespierre Photographe

La start-up agroalimentaire NxtFood, rebaptisée Accro, franchit le cap de l'industrialisation de ses produits végétaux de substitution à la viande. Elle a inauguré début octobre son unité de production de 4 500 m² à Vitry-en-Artois (Pas-de-Calais). De quoi débuter la commercialisation à grande échelle.

Lancée à Villeneuve-d’Ascq (Nord) en 2019, Accro a développé un procédé exclusif qui lui permet d’obtenir un "muscle végétal" à partir de protéines de blé et de pois. Cette matière première fibreuse est ensuite traitée comme de la viande, et transformée en différentes préparations prêtes à être cuisinées sous forme de hachis, steaks ou boulettes. "Le projet repose sur l’idée de créer des produits qui imitent réellement la viande, en termes de texture, d’aspect et d’expérience de dégustation. Le plaisir de dégustation, c’est ce qui fait qu’il est difficile, pour tant de consommateurs, de se passer de viande. Or, il est plus que jamais urgent d’en limiter la consommation, pour lutter contre le réchauffement climatique", présente Renaud Saïssiet, le dirigeant d’Accro, qui a repris l’entreprise à son fondateur Thierry Maroye au printemps 2022.

Dix millions d’euros investis

La jeune entreprise ne communique ni chiffre d’affaires ni prévisionnel. Financée en partie par France Relance mais, surtout, par les deux principaux actionnaires de la start-up - Creadev (le fonds de l'Association Familiale Mulliez) et Roquette Venture -, cette usine flambant neuve représente un investissement de 10 millions d’euros. Abritant les 51 salariés d’Accro - dont 12 en production et 11 en R & D -, elle lui donne les moyens de ses ambitions. À savoir, produire à court terme 2 000 tonnes de produits par an pour atteindre, après doublement de la ligne actuelle, les 5 000 tonnes annuelles.

De quoi attaquer largement le marché, avec une gamme de dix références : cinq au rayon frais et cinq surgelées. Déjà présents chez Chronodrive et au sein de la chaîne de restauration les Trois Brasseurs, les produits d'Accro font l'objet d'un partenariat avec Casino. Ils seront présents, dès cet automne, dans 230 magasins de l’enseigne. Et des négociations sont en cours avec l’ensemble des distributeurs, comme les principaux acteurs de la restauration hors foyer.

Élargir rapidement la gamme

Pour tenir sa promesse d’une imitation des produits carnés, Accro affine en continu son procédé et sa gamme. Son laboratoire, en lien avec un panel de testeurs "experts", élabore de nouveaux arômes et textures, pour se rapprocher d’une large variété de types de viandes et de morceaux. Ayant d’abord travaillé sur le bœuf, puis le porc et le poulet, Accro vise la sortie de cinq nouveautés par an lors des prochaines années. À commencer, dès 2023, par des émincés et des saucisses. "Nous voulons proposer une très large gamme d’alternatives à la viande, qui puisse répondre à tous les usages et toutes les envies. Des hachis mais aussi, à terme, des aiguillettes, des morceaux à mijoter imitant le bœuf ou le poulet, et pourquoi pas le veau ou l’agneau", détaille Charlotte Ballarin-du Luart, directrice marketing d’Accro.

>> Retrouvez le témoignage de Renaud Saïsset, dirigeant d'Accro, à l'occasion de notre festival podcast "Dirigeant.e.s Demain" :

Poursuivez votre lecture

Plus de Newsletters

Déjà abonné à une newsletter gratuite ? Inscrivez-vous ici à une autre édition