Emploi

Vers une année record en matière de recrutement de cadres

Par Florent Godard, le 24 janvier 2022

2022 pourrait être une année record pour le recrutement de cadres, indique l’Apec. À condition toutefois pour les entreprises de relever certains défis… Notamment de  surmonter la difficulté à trouver des talents.

Gilles Gateau, DG de l’Apec, s’attend à une année 2022 record en matière de recrutement des cadres.
Gilles Gateau, DG de l’Apec, s’attend à une année 2022 record en matière de recrutement des cadres. — Photo : Studio Cabrelli

2022 devrait être une année record en matière de recrutement de cadres. "On ressent un effet de rattrapage, avec l’arrivée de projets de recrutement qui avaient été mis entre parenthèses jusqu’ici", observe Gilles Gateau, directeur général de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec). Le dernier record (qui devrait être battu) remonte à 2019 avec 280 000 embauches recensées… Juste avant un plongeon en 2020 (seulement 230 000 recrutements) avec la crise sanitaire. L’Apec se dit confiante, au vu de la dynamique positive de l’emploi depuis mi-2021. L’association s’appuie à la fois sur le volume d’offres d’emplois de cadres publiées sur son site (45 % des annonces françaises) et sur une série d’enquêtes.

Des entreprises en recherche malgré le Covid

Au premier trimestre 2022, "la confiance se maintient malgré la cinquième vague de Covid", note Gilles Gateau. Les intentions d’embauches sur trois mois ont bondi fin 2021 dans les grandes entreprises. Augmentation (très légère) également côté PME.

Dans le détail, tous les secteurs n’affichent pas les mêmes besoins. Entre 2019 et 2021, les offres d’emploi publiées sur le site Apec.fr ont ainsi fortement augmenté dans la catégorie santé-action sociale (+46 %), l’immobilier (+27 %) et l’industrie pharmaceutique (+21 %). Mais diminué dans l’automobile et l’aéronautique (-24 %), en conseil et gestion d’entreprise (-22 %) ou dans la com' et les médias (-18 %).

Des disparités territoriales existent aussi. Contrairement aux autres régions, Occitanie et l’Île-de-France n’ont pas encore retrouvé leur niveau de 2019 en nombre d’offres publiées.

Malgré des voyants au vert, l’Apec se garde de toute euphorie. Soulignant notamment les aléas de conjoncture possibles. "Notre pronostic suppose aussi de surmonter plusieurs défis", tempère encore son directeur général.

Des difficultés à recruter

À commencer par surmonter la difficulté croissante à recruter. " LE sujet numéro 1". Pour preuve, 78 % des employeurs anticipent des recrutements difficiles au cours des prochains mois. Souvent à cause d’un manque de profils disponibles sur le marché. En 2021, un quart des entreprises en recrutement ont même dû abandonner au moins une embauche "faute de candidat", dixit l’Apec.

Jeunes diplômés et séniors "sous-employés"

Une situation paradoxale alors que la situation "reste préoccupante" pour les jeunes diplômés et les plus de 55 ans. Au point que 9 % des séniors en recherche d’emploi cadre pointent au RSA… Des compétences sous-employées, souligne l’Apec, qui prône un marché du travail plus inclusif.

S’adapter aux nouvelles aspirations

La solution passera aussi par un alignement sur les attentes salariales. L’association a enquêté auprès des candidats pour lister les principaux motifs de refus d’un nouveau poste. Résultat, les cadres déclinent d’abord en raison du niveau de salaire (38 %), puis parce qu’ils ont reçu une meilleure proposition ailleurs (35 %)… Loin devant le manque d’intérêt du poste (17 %), les conditions de travail (16 %), le temps de trajet domicile-travail (15 %) ou les valeurs de l’entreprise (10 %).

Gare à ne pas négliger, non plus, les nouvelles aspirations des salariés. Un exemple ? "47 % des cadres" se disent désormais réticents à rejoindre une entreprise qui ne proposerait pas de télétravail…

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