Transport : Alstom-Bombardier décroche le méga contrat du RER à 3,75 milliards

Par L.D. avec les rédactions, le 11 janvier 2017

L'offre du groupement Alstom-Bombardier a été retenue le 11 janvier par la SNCF pour le renouvellement de ses trains circulant sur les lignes D et E du RER francilien. 255 rames sont concernées pour un financement global de l'ordre de 3,75 milliards d'euros. Le nouveau matériel sera fabriqué sur huit sites Alstom en France ainsi que sur le site Bombardier dans le Nord.
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

C'est vraisemblablement le plus gros contrat jamais signé dans le ferroviaire en Europe : une commande de 255 nouvelles rames de trains pour les lignes D et E du RER francilien, d'un montant global estimé à 3,75 milliards d'euros. C'est en tout cas l'investissement le plus important jamais engagé par le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), dont le groupement Alstom-Bombardier vient d'être désigné l'heureux bénéficiaire.

Le marché se compose d'une première tranche ferme correspondant à la livraison, à l'horizon 2021, de 71 rames de nouvelle génération à deux niveaux. La commande de cette première tranche devrait être signée d'ici fin janvier pour un montant de 1,155 milliard d'euros (70 % pour Alstom et 30 % pour Bombardier). « Ce train représente un saut technologique majeur qui améliorera l’expérience de voyage de tous les Franciliens. Il présente également pour l’opérateur un coût de possession réduit sur le long terme », indique, dans un communiqué, Henri Poupart-Lafarge, PDG d’Alstom.

Pérenniser la filière ferroviaire française

Ce projet mobilisera 2.000 personnes au sein du consortium Alstom-Bombardier et permettra de pérenniser 8.000 emplois dans la filière ferroviaire française, indique un communiqué. Huit sites d'Alstom en France sont concernés par la conception et la fabrication des rames de nouvelle génération, à Valenciennes (Nord), Reichshoffen (Bas-Rhin), Ornans (Doubs), Le Creusot (Saône-et-Loire), Villeurbanne (Rhône), Tarbes (Hautes-Pyrénées), Petit-Quevilly (Seine-Maritime), Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), ainsi que dans le site Bombardier de Crespin (Nord).

Ce qu'implique ce marché pour les sites

Sur le site Alstom de Villeurbanne, qui emploie 700 salariés et qui est spécialisé dans les systèmes électroniques ferroviaires, le projet occupera les différents métiers du site (conception, développement, industrialisation, achats, essais/validation) pendant une durée de 5 à 6 ans. Seront fabriqués tous les systèmes électroniques embarqués qui pilotent les organes du RER : climatisation, ouvertures des portes, informations passagers (écran et messages sonores), freinage.

Le site de Reichshoffen en Alsace assurera quant à lui la conception de la cabine de conduite, du bout avant, d’une partie de la structure de caisse, et d’une partie des schémas électriques. Les équipes du site alsacien réaliseront également le Guide de Dépannage Informatisé (GDI).

Sur le site Alstom de Petit-Quevilly, en Normandie, qui produira les transformateurs des nouveaux trains, le contrat concernera directement 50 des 90 employés. Le début de la production est prévue pour le premier trimestre 2018 et la livraison des premiers trains en 2021.

Le site Bombardier de Crespin, plus gros site industriel ferroviaire français avec 2.000 salariés, produira les wagons du milieu de ces rames. « Le consortium Alstom-Bombardier doit livrer 4 trains par mois, ce qui représente entre 16 et 20 voitures par mois à produire sur le site de Crespin », explique Anne Froger, chez Bombardier Transport France (CA 2015 : 748,3 millions d'euros). Sur la tranche ferme, 299 véhicules sortiront donc du site valenciennois. A Crespin, c’est un soulagement pour les 2.000 salariés nordistes qui travaillaient en sous-charge. « Nous nous positionnons sur du maintien d’activité. Une cinquantaine d’ingénieurs est détachée à la conception des véhicules, s’en suivra la construction de la ligne de production dédiée avant un démarrage d’activité prévu vers 2020 et un pic de production attendu pour 2022 », ajoute la direction de Bombardier. En tout, 350 personnes doivent être mobilisées, à Crespin, sur toute la durée du contrat.

Le site d’Alstom Petite-Forêt (Valenciennes) se chargera, lui, des voitures de tête et de queue, soit 70% du contrat. Un marché qui assure aux 1.200 salariés du site un plan de charges pendant près de cinq ans. Le site valenciennois s’occupera plus précisément de la gestion du projet, la conception, la production des véhicules d’extrémité, la validation, les essais, la mise en service et la garantie. Près de 250 salariés devraient être détachés sur ce contrat. 

Alstom : 6,9 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2015-2016; 31.000 salariés.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

-30% sur l’offre premium

Abonnez-vous Recevez le magazine imprimé
tous les mois

Voir les offres d'abonnement

Newsletter

Recevez chaque vendredi le Débrief, l'essentiel de l'actualité économique de votre région.

Poursuivez votre lecture