France

Conjoncture

[Sondage exclusif] Plan de relance : deux entreprises sur trois ont besoin d’une aide publique pour investir

Par Stéphane Vandangeon, le 01 octobre 2020

Selon un sondage réalisé par Le Journal des Entreprises et ABF Décisions, le plan de relance du gouvernement doté de 100 milliards d'euros s'avère nécessaire pour soutenir les projets d'investissements de deux entreprises françaises sur trois. 

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Selon un sondage Le Journal des Entreprises / ABF Décisions, une entreprise sur deux projette d'investir pour gagner en compétitivité. Plus rares sont les projets portant sur la transition écologique ou la relocalisation, pourtant deux des grandes thématiques du plan de relance. — Photo : @Coriolis Composites - Coriolis C1 2018

Le plan de relance tombe à point nommé pour la plupart des entreprises. Deux entreprises sur trois estiment en effet que les 100 milliards d’euros d’aides que le gouvernement est en train de mettre sur la table pour éviter que l’économie tricolore ne s’effondre comme un château de cartes, sont nécessaires pour soutenir leurs projets d’investissement. C’est ce qui ressort d’un sondage réalisé cet été par Le Journal des Entreprises et la société ABF Décisions, auquel 243 dirigeants d’entreprise ont répondu.

Investir pour gagner en compétitivité

La bonne nouvelle, c’est que le confinement et la crise sanitaire n’ont en aucun cas refroidi leurs envies d’entreprendre. Des idées, des ambitions, ce n’est pas cela qui manque. 91 % des répondants affirment ainsi avoir des projets d’investissement dans les cartons. Pour une majorité d’entreprises, il s’agit avant tout de gagner en compétitivité, une entreprise sur deux envisageant de mener à bien sa transformation numérique. Derrière la compétitivité, la recherche de nouveaux marchés est la deuxième préoccupation des dirigeants interrogés (nouveaux produits, diversification, international). L’augmentation capacitaire est plus rare, mais concerne tout de même une entreprise sur trois.

À noter enfin que la transition écologique et la relocalisation industrielle, deux thématiques pourtant érigées en porte-étendards de la relance économique par le gouvernement, ne sont prises en considération que par une toute petite minorité de chefs d’entreprise. Notre sondage confirme ainsi les conclusions d'une étude de Bpifrance Le Lab menée avant l’irruption de l’épidémie de coronavirus en France, qui indiquait que les dirigeants de PME et d'ETI peinaient à convertir leur conscience écologique en actes durables. À voir si l’afflux d’argent public du plan de relance vers ces problématiques sera de nature à faire naître davantage de vocations.

Des projets à court terme

Principalement portés par des TPE et des PME (83 % des répondants), aux côtés d’ETI (15 %) et de grandes entreprises (2 %), la plupart des projets (66 %) n’excèdent pas le million d’euros d’investissement. Seule une entreprise sur dix envisage engager des enveloppes de plus de 5 millions d’euros. Des petits projets donc, mais à très court terme. La moitié pourrait s’enclencher dans les six mois, 92 % sous deux ans. Au niveau du timing, le plan de relance, qui se terminera en 2022, est donc tout à fait adapté aux besoins des chefs d’entreprise.

Sans plan de relance, seule une entreprise sur trois aurait les moyens d’investir

Pour les deux tiers d’entre eux, le coup de pouce financier des pouvoirs publics aura même un impact considérable sur la décision d’enclencher ou non leurs projets d’investissement. L’impact est jugé « important » dans 38 % des cas et même « décisif » ou « vital » pour 28 % des dirigeants. Sans argent public pour soulager les trésoreries ou freiner l’endettement, seule une entreprise sur trois est susceptible de mener à bien ses projets. Il faut dire que la crise sanitaire a modifié la stratégie d’investissement de près de six entreprises sur dix. La plupart du temps, le Covid n’a fait que décaler dans le temps les projets. Dans de rares cas (5 %), il les a stoppés.

Dans ces conditions, l’action publique semble être indispensable pour briser un attentisme qui, en économie, génère des cercles vicieux aux effets dévastateurs. L’avenir dira si les 100 milliards d’euros sont suffisants pour assurer le rebond économique et ce, sans plomber définitivement les finances du pays.

Les dirigeants d’entreprise préfèrent des baisses d’impôts aux subventions

Reste à savoir si les modalités de mise en œuvre de l’aide publique vont satisfaire des dirigeants, qui préfèrent un allègement des coûts de travail (66 %) et des baisses d’impôt (49 %) à des subventions distribuées par appels d’offres (36 %). En cause : leur complexité administrative, leurs délais d’instruction et la capacité des entreprises à identifier les bons dispositifs d’aide. Peu de chefs d’entreprise appellent de leurs vœux des aides à la consommation (9 %) et des mécanismes de renforcement de leurs fonds propres (8 %). Sur cet aspect encore, le plan de relance devrait difficilement décevoir, tant les modalités de distribution d’argent public sont variées.

Méthodologie : Sondage en ligne, réalisé par Le Journal des Entreprises et ABF Décisions, en juillet et septembre 2020. 243 dirigeants de TPE, PME, ETI et grandes entreprises ont répondu au questionnaire.

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