Rhône : Tous les voyants sont au rouge pour le BTP

Par Géraldine Bernard, le 11 mars 2015

Le secteur du BTP a déjà fait entendre sa voix fin 2014 à la préfecture du Rhône et auprès de Gérard Collomb (maire de Lyon). Mais les difficultés persistent et aucun signal n’a été émis pour donner de la visibilité aux acteurs de la fillière.
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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le secteur du BTP est à bout de souffle. C’est en substance le message d’urgence que souhaite diffuser - notamment aux élus locaux - la fédération BTP Rhône. Le quatrième trimestre 2014 a été particulièrement maussade et le début de 2015 ne se présente pas sous de meilleurs auspices. Sensibilisés sur ses sujets, Jean-François Carenco (préfet du Rhône sur le départ) et Gérard Collomb (maire de Lyon) n’ont pour l’instant pas annoncé d’éléments concrets en mesure de soulager les entreprises.
Pour faire face à ce contexte, les entreprises ont commencé par se séparer de leurs intérimaires (-31,2% sur un an de l’emploi en intérim pour le secteur en décembre 2014). Mais la conjoncture n’évoluant pas, nombre d’acteurs sont obligés d’opter pour des solutions plus radicales de chômage partiel. 862.000 heures de chômage partiel ont été accordées en décembre par la DIRRECTE. « Aujourd’hui, des emplois sont menacés », déplore Gilles Courteix, président de BTP Rhône. 1.500 postes seraient concernés : 600 dans les travaux publics et 900 dans le bâtiment. Ceci s’avère d’autant plus inquiétant que la visibilité est quasi nulle pour les mois à venir.

Une urgence : regénérer de l'activité
Pour François Guillon, président de la section Travaux publics de BTP Rhône, « le report de projets bloque la reprise ». Un report en partie dû aux baisses des dotations de l’Etat et aux différents changements institutionnels (création de la métropole, rapprochement de régions…). « Pour rappel, nos métiers dépendent à 70% de la commandes publiques, du coup, nos entreprises sont à la peine », précise François Guillon. Et de poursuivre : « Les décideurs doivent regénérer de l’activité, réalimenter la machine. Des dossiers n’attendent que le feu vert des élus et pourraient s’ils sont traités atténuer le creux de la vague ».
Sur le long terme, l’extension du tramway, de la ligne B du métro, l’A45, le contournement ferroviaire de l’agglomération lyonnaise… vont créer du dynamisme. Pour autant, les TP ont besoin d’une bouffée d’oxygène dans l’immédiat.
Dans le bâtiment aussi les chefs d’entreprises sont inquiets. Le volume de constructions neuves se contracte. Aussi le secteur du gros œuvre commence à souffrir. D’ici 3 mois, le 2nd œuvre sera touché.
Et puis, malgré les difficultés du moment, Gilles Courteix pense aussi à l’avenir. « Nous cassons une dynamique. Quand l’activité va repartir, nous aurons un outil dégradé ». Et la main d’œuvre disponible risque de manquer dans la mesure où « les effectifs des formations BTP diminuent », ajoute le Président.

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