Tourisme

Relance : les entreprises du tourisme obtiennent un soutien renforcé à leurs fonds propres

Par Pierrick Lieben, le 10 décembre 2020

Le tourisme n’est pas encore sorti de la crise du Covid-19 qu’il doit déjà penser à préparer son rebond en 2021. Bpifrance en est convaincu et veut donner aux entreprises de la filière les moyens de sa relance. La banque publique promet 470 millions d’euros de financement d’ici à 2023. Avec un effort particulier et inédit sur les TPE-PME, à travers un tout nouveau Fonds d’avenir et de soutien au tourisme (Fast).

Le parc d'attractions Kingoland attire en moyenne 125 000 visiteurs chaque année.
Parmi les leviers actionnés par Bpifrance pour soutenir les entreprises touristiques, le fonds Fit2, doté de 240 millions d'euros, est déjà entré en action, avec notamment un investissement dans le parc d'attractions breton Kingoland. — Photo : Kingoland

Un ballon d'oxygène pour un secteur toujours sous perfusion. En première ligne de la crise du coronavirus, les entreprises du tourisme vont pouvoir bénéficier de nouveaux outils pour renforcer leurs fonds propres. Une nécessité, alors que la pandémie les aurait érodés de 20 %, selon Bpifrance. Une première aussi, puisque les prêts participatifs de l'État, eux, se font toujours attendre.

Un engagement pour le tourisme de 470 millions d'euros

Pas question toutefois de temporiser pour Bpifrance : si la reprise des voyages, des loisirs et de l'événementiel, devrait être étalée sur toute l'année prochaine, il est indispensable, pour les entreprises, de vite « se re-doter des ressources nécessaires pour rassurer ses partenaires et de se projeter au-delà de la crise », assure Pedro Novo, coordinateur du plan tourisme au sein de la banque publique.

Après avoir multiplié « les mesures défensives pour gérer l'urgence », l'heure est donc venue, pour l'institution, « de redonner aux entreprises des sucres lents et de la visibilité à moyen-long terme. Ce sera notre combat de 2021. » Avec un objectif : investir 470 millions d'euros dans le tourisme d'ici à 2023, et ce à travers plusieurs leviers.

Des obligations convertibles pour les petites entreprises

A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Bpifrance ajoute à sa boîte à outils habituelle un nouveau mécanisme original d'obligations convertibles, à destination des plus petites entreprises.

Ce Fonds d'avenir et de soutien au tourisme (Fast) propose d'injecter 50 000 à 400 000 euros dans des sociétés de plus de trois ans, « saines avant le Covid-19 », et réalisant un chiffre d'affaires d'au moins 500 000 euros. Cet investissement s'étend sur huit années, avec un taux d'intérêt de 3,5 % et un remboursement sur les trois dernières, à moins que le dirigeant n'opte pour un refinancement. L'idée n'est toutefois pas de rentrer au capital, insiste la banque publique. S'ajoute à ce dispositif de quasi-fonds propres une offre d'accompagnement, à base de diagnostics numérique et écologique.

Au total, Fast vise 300 entreprises soutenues en deux ans, à hauteur de 80 millions d'euros. Des ressources apportées à la fois par Bpifrance, la Banque des territoires, mais aussi trois Régions (Hauts-de-France, Pays de la Loire et Centre Val-de-Loire). Malgré ces engagements, il manque encore 10 millions d'euros pour atteindre le montant ciblé.

Des fonds rechargés pour les plus gros projets

Pour les opérations plus importantes, Bpifrance renforce, par ailleurs, des outils existants et plus classiques. A commencer par France investissement tourisme (Fit), deuxième du nom. Ce fonds devrait s'élever à 240 millions d'euros - un chiffre ambitieux, puisque sa version originale n'en a investi que 147 millions depuis 2015.

Ce Fit2 cherche à renforcer des "entreprises traditionnelles performantes", mais aussi à financer des structures plus jeunes et innovantes (CA supérieur à 1 M€ dans les deux cas). Les tickets sont compris entre 400 000 et 10 millions d'euros - une fourchette élargie par rapport au Fit d'avant-crise. Les projets soutenus doivent relever de l'hébergement, la restauration, les loisirs, les voyages ou les transports. Le parc d'attractions breton Kingoland est l'un des premiers à en avoir profité.

Dernier étage de la fusée, l'action Mid&Large de Bpifrance se concentre sur les ETI du tourisme. En la matière, l'institution assure avoir renforcé ses moyens d'action, avec 150 millions d'euros à disposition.

Contraint depuis neuf mois de panser ses plaies à coup (et à coût) de mesures d'urgence, le secteur dispose désormais de ressources supplémentaires pour penser son rebond. L'enjeu est de taille : en temps normal, et hors dépenses dans les résidences secondaires, l'investissement touristique, souligne Bpifrance, représente 10 milliards d'euros par an. Un dynamisme essentiel à soutenir pour éviter un décrochage durable et généralisé de la filière après 2020.

Le parc d'attractions Kingoland attire en moyenne 125 000 visiteurs chaque année.
Parmi les leviers actionnés par Bpifrance pour soutenir les entreprises touristiques, le fonds Fit2, doté de 240 millions d'euros, est déjà entré en action, avec notamment un investissement dans le parc d'attractions breton Kingoland. — Photo : Kingoland

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