Juridique

Interview Réformes sociales, compte pénibilité : la CPME veut "rester vigilante" sur les dossiers de la rentrée

Entretien avec Jean-Lou Blachier

Propos recueillis par Amandine Dubiez - 30 juin 2017

Réforme du code du travail, modification du compte pénibilité... La CPME, comme les autres syndicats, va travailler cet été en concertation avec le gouvernement sur les réformes sociales et économiques à venir. « L’été sera très studieux », prévoit Jean-Lou Blachier, vice- président de la CPME. Interview.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le Journal des entreprises : La CPME a imaginé un nouveau dispositif pour le compte pénibilité, le dispositif qui permet aux salariés du privé ayant exercé des tâches pénibles de partir plus tôt à la retraite. Mis en place en 2015, financé par des taxes sur les entreprises, il est jugé par beaucoup inapplicable. Quelle solution avez-vous trouvé ? 

Jean-Lou Blachier : « On a rencontré le Premier ministre il y a deux semaines pour une séance de travail à ce propos. Il nous a confirmé qu’il ne souhaitait pas abandonner le compte pénibilité mais qu’il voulait le modifier pour le rendre plus lisible. François Asselin, président de la CPME, a travaillé sur sa simplification. Sur les points les plus complexes, on a proposé de travailler avec les branches professionnelles. Ce sont elles qui sont les plus habilitées à identifier la pénibilité des emplois dans leurs branches. On demanderait ensuite aux médecins du travail d’attribuer les points de pénibilité. Cette proposition de passer par un tiers pour attribuer les points nous semble la plus cohérente. Nous en avons parlé avec les syndicats FO et CFDT. Il y a un dialogue constructif qui est en train de se faire. »

Le projet de loi permettant de réformer le code du travail par ordonnances vient d’être présenté en conseil des ministres. Vous allez être concertés. Que pensez-vous des propositions faites par le gouvernement ?

J.L.B. : « L’été sera très studieux. On va avoir beaucoup de discussions à venir avec Muriel Pénicaud, la ministre du Travail. C’est une personne de grande qualité que j’ai déjà rencontré plusieurs fois. On sera vigilant sur la question du plafonnement des indemnités de licenciement prud’homales. Trop souvent, les entreprises se retrouvent avec des pénalités excessives. On soutient l’idée d’un plafond et d’un barème qui ne devrait pas être le même pour toutes les entreprises. Il faut pouvoir l’ajuster en fonction de la taille de l’entreprise. On sera aussi vigilant sur la gestion des compétences. Il y a des postes qui vont évoluer, il faut voir comment on peut accompagner cette évolution pour tous les salariés. »

Que pensez-vous des premiers pas du Président Macron ? 

J.L.B. : « C’est une chance extraordinaire qu’il y ait quelqu’un qui tente de proposer quelque chose de nouveau. Cela ne peut être que bien accueilli. Il faut donner sa chance au président Macron. On a, avec ce gouvernement, une attitude extrêmement ouverte. On n’a jamais vécu un changement aussi fort. Il ne faut pas que cet espoir soit déçu. » 

Beaucoup de nouveaux députés viennent de faire leur entrée à l’Assemblée nationale. Parmi eux, on retrouve davantage qu'avant de chefs d’entreprises et de cadres d’entreprises. Qu'en pensez-vous ?

J.L.B. : « On ne peut qu’en être satisfait. Il y a quelques années, il n’y avait quasiment que des technocrates, des gens qui ne connaissaient pas l’entreprise. Maintenant, il va falloir accompagner ces nouveaux députés. On ne s’interdira pas, dès septembre, de les interpeller. On est d’accord pour les aider à se former ! »

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