Politique économique

REF 2022 - Élisabeth Borne et Geoffroy Roux de Bézieux appellent les entreprises à la sobriété

Par Charlotte de Saintignon, le 29 août 2022

Capitalisme décarboné et sobriété énergétique. L’ouverture de la REF, la Rencontre des entrepreneurs de France organisée par le Medef, le 29 août, a été pour le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux et la Première ministre Élisabeth Borne l’occasion de rappeler l’obligation pour le pays de "retrouver une souveraineté industrielle et énergétique" et, pour les entrepreneurs, de prendre en main leur transition écologique.

Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, et la Première ministre Élisabeth Borne à la REF 2022.
Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, et la Première ministre Élisabeth Borne à la REF 2022. — Photo : Le JDE

"J’ai rêvé d’un autre monde pour cette rentrée 2022", a clamé d’entrée de jeu Geoffroy Roux de Bézieux. Après une entrée en musique sur les notes d’Un autre monde du groupe Téléphone, le président du Medef a confié lors de son discours inaugural de l’université d’été du Medef le lundi 29 août qu' "avec l’inflation, avec les pénuries, avec la crise climatique et le retour de la guerre à nos portes, ce n’est pas vraiment le monde dont nous rêvions". Rappelant que la France ressent, comme le reste du monde, "un ralentissement de l’économie", le président du Medef relativise ce ralentissement, arguant que "notre pays a moins ralenti que les autres" grâce au choix de "la politique de l’offre".

Néanmoins, pour lui, les entrepreneurs doivent entrer "dans une nouvelle croissance, une croissance sobre". "Les entreprises feront leur part pour atteindre les objectifs de sobriété énergétique sur les bureaux, les ateliers, les entrepôts, sur les déplacements des collaborateurs et aussi et surtout sur l’efficacité de leurs process de production". Autre défi, "inventer un modèle de production de consommation qui nous permet d’atteindre les objectifs de baisse de production de CO2. C’est le capitalisme décarboné". Le "patron des patrons" a rappelé à cet effet le chemin parcouru par le Medef depuis quatre ans, soulignant notamment son soutien au projet d’une taxe carbone aux frontières de l’Europe. "Plus qu’un changement, c’est un basculement complet du système entrepreneurial français. Aujourd’hui, il n’y a plus d’entrepreneur climato-sceptique. La transition énergétique est devenue la première préoccupation de nos adhérents".

Risque de pénurie pour tous

"Responsabilité collective" et mobilisation générale pour la sobriété énergétique. Élisabeth Borne a, elle aussi, prôné la sobriété devant le parterre de patrons réunis par le Medef à l’hippodrome de Longchamp. Devant eux, la Première ministre a invité chaque entreprise à "se mobiliser et agir". Saluant les premiers engagements concrets qui ont été pris depuis juillet par certaines entreprises et notamment par la grande distribution, elle a indiqué qu’il était nécessaire d’aller plus loin et qu’il fallait "agir plus vite et plus fort" pour "surmonter le risque de pénurie de gaz cet hiver, atténuer le dérèglement climatique" et faire face à la flambée des prix de l’énergie.

Une "envolée des coûts de l’énergie qui met en grande difficulté un nombre grandissant de secteurs", a rappelé Geoffroy Roux de Bézieux. Pour certains, il s’agit même d’une "question de survie". Pour y échapper, la Première ministre a invité État, entreprises et citoyens à "préférer les économies choisies plutôt que les coupures subies" et a appelé "chaque entreprise à établir, en septembre, son propre plan de sobriété énergétique". À cet effet, la Première ministre leur a donné rendez-vous début octobre pour tirer un "premier bilan" de ces plans de sobriété engagés et des dernières prévisions. L’objectif ? Réduire les consommations de 10 % afin de surmonter le risque de pénurie et d’éviter que le gouvernement n’impose des "baisses de consommation".

Et de rationnement pour les entreprises

Élisabeth Borne a également indiqué que les entreprises "seraient les premières touchées" en cas de "rationnement", estimant que "nous devons malheureusement nous y préparer". Se voulant rassurante, elle a partagé le souhait du gouvernement de "limiter au maximum l’impact économique d’un éventuel rationnement", indiquant qu’il planchait sur l’idée d’un "marché d’échange de droits à consommer" et sur des "mesures de soutien adaptées" pour certaines entreprises "qui seraient trop fortement impactées".

Enfin, la Première ministre a également mis en exergue l’idée du Medef de nommer un ambassadeur de la sobriété dans chaque entreprise "sur le modèle des référents Covid qui avait bien fonctionné".

Une facture annuelle de 40 milliards d’euros

Pour réussir la transition vers ce "capitalisme décarboné", Geoffroy Roux de Bézieux a de son côté rappelé dans son discours d’ouverture que les entreprises devront "investir collectivement 40 milliards d’euros supplémentaires par an". L’occasion pour lui d’évoquer à nouveau les principales attentes des chefs d’entreprise qui touchent à la fiscalité, à savoir le plafonnement des charges sociales sur les hauts salaires pour "gagner la bataille de l’innovation et de la connaissance" et la "baisse des impôts de production" pour financer les 40 milliards d’euros d’investissements supplémentaires.

Autre cheval de bataille évoqué par le président du Medef, la simplification, estimant que les entreprises étaient "désavantagées par la bureaucratie" en France et que l’administration n’était "pas encore au service des entreprises".

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