Nantes : Un supermarché collaboratif et participatif ouvrira l’année prochaine

Par Amandine Dubiez, le 07 octobre 2016

Ils s’inspirent d’un modèle qui fait ses preuves depuis 40 ans à New York et qui essaime à Paris, Toulouse, Bordeaux et Lille. Huit bénévoles nantais sont en train de créer un supermarché collaboratif avec des produits bio et locaux 30% moins cher. Le principe : les clients travaillent et co-dirigent bénévolement le magasin.
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Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Ils sont pour le moment 8 bénévoles, tous chômeurs, n’ont pas encore de « siège social », ni de local, mais ils espèrent ouvrir leur supermarché collaboratif fin 2017. Si les fondateurs de Scopeli sont aussi sur d’eux, c’est qu’ils dupliquent une formule qui marche déjà très bien depuis 40 ans à New-York, qui va être lancée dans quelques joursà Paris et qui essaime aussi à Bordeaux, Toulouse et Lille. « On a récupéré leur business plan et on va faire pareil », explique Frederic Ratouit, l’un des cofondateurs de ce supermarché participatif. Le principe : les clients, ou plutôt les "coopérateurs", s’engagent à donner 50 euros pour devenir copropriétaires du supermarché, puis 3 heures de leur temps chaque mois pour donner un coup de main dans les rayons ou à la caisse.


40 bénévoles à plein temps
Une forme de bénévolat qui permet d’économiser sur la masse salariale et de proposer des tarifs 30% moins cher en rayons. « Si on réunit 2000 coopérateurs, cela fera l’équivalent de 40 personnes à temps plein ! », détaille Frederic Ratouit. « Avec ce système on peut résoudre tout un tas de problème, poursuit-il. Une vacation pourra servir à aller livrer une vieille dame qui ne peut pas se déplacer, ou à proposer un service de garderie dans le supermarché. En clair, on peut se permettre beaucoup plus de choses qu’un supermarché classique qui cherche toujours la rentabilité ». A tour de rôle, les coopérateurs mettront les produits en rayon, ou assureront la caisse, ou dirigeront même le magasin. « On prétend que l’on peut co-diriger. On veut démontrer que c’est possible. Les postes, même de direction seront tournants, précise Frédric Ratouit. L’idée c’est de refaire société au sens large, gérer ensemble quelque chose », explique le cofondateur du projet. 450 foyers soit environ 900 personnes ont déjà adhéré à ce supermarché collaboratif.

Du bio et du circuit court
On y retrouve des retraités, des étudiants, des familles, tous les âges, toutes les classes sociales. Tous ont un point commun : ils sont sensibles au bien manger et au circuit court. Des légumes au produits hygiéniques, le supermarché s’attachera à proposer des produits locaux, bio si possible, qui assurent une juste rémunération aux producteurs.


Chercher les clients avant de monter l’entreprise
Pour le financement, là aussi la logique habituelle est chamboulée. « On va chercher les clients avant de monter l’entreprise. Avec leurs dons, les 2000 adhérents assureront 100 000 euros d’amorçage », rapporte Frédéric Ratouit. Reste encore à trouver le local : 800 m2 de surface de vente, idéalement près du pont des 3 continents, pour être proche du MIN. La coopérative de consommateurs doit encore trouver 1,5 million d’euros. Des contacts ont d’ores et déjà été pris avec la Caisse des Dépôts et la NEF, la coopérative financière. Scopeli vise 3 à 4 millions de chiffre d’affaires d’ici 2 ans.

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