Loire-Atlantique

Numérique

Nantes : Pourquoi ils ont créé leur start-up numérique en mode Scop

Par Amandine Dubiez, le 18 avril 2017

C’est la première entreprise de services numériques en Scop de l’Ouest. Trois anciens collègues d’une multinationale se sont lancés dans la création d’E-Cosi, une start-up créée sous le format d’une société coopérative et participative à Saint-Herblain (Loire-Atlantique). Un statut qui permet de fidéliser les nouvelles recrues.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Ils se sont lancés il y a neuf mois dans la création de leur entreprise mais cela faisait déjà plusieurs années que les trois associés pensaient à se lancer dans l’aventure, en mode Scop. Pour ces anciens collègues qui travaillent ensemble depuis 17 ans au sein d’une entreprise multinationale de services numériques de 40.000 salariés, choisir ce statut de société coopérative et participative était une évidence.
« On souhaitait que l’humain soit au coeur de notre entreprise, que l’on ait un management participatif, que ce soit même inscrit dans nos gènes dès le départ. Le statut de Scop permettait cela », explique Yann Motte, l’un des trois associés-fondateurs. Eux qui travaillaient avant tout avec des grands comptes avaient aussi envie de retrouver un contact plus rapproché avec leurs clients. E-Cosi s’adresse donc aux TPE et PME. « Nous apportons une offre de diagnostic numérique de l’entreprise et nous pilotons le système d’information. Pour les TPE, nous fournissons un système d’information clé en main », précise Yann Motte, élu gérant de la start-up par les salariés.

Un chiffre d’affaires d’un million d’euros fin 2017

Après quelques mois de fonctionnement, E-Cosi compte aujourd’hui huit clients et espère en convaincre une petite dizaine d’autres d’ici la fin de l’année.
« On table sur un chiffre d’affaires de 1 million d’euros, et on est bien parti », précise Yann Motte. De trois salariés au départ, ils sont désormais 8, bientôt 9, et ambitionnent d’être 25 salariés d’ici 3-4 ans.

Les Scop, entreprises libérées par essence

Des recrutements sur lesquels Yann Motte promet d’être très vigilant. « Toute personne recrutée doit, in fine, devenir associée, ce qui signifie que l’on n’a pas le droit à l’erreur », avertit le gérant. D'un autre côté, le statut de Scop semble naturellement attirer des profils assez matures.
« Moi qui avais l’habitude de recruter dans mon ancienne entreprise, je rencontre des profils que je ne voyais pas avant », s'étonne-t-il. Il vient d’embaucher un ingénieur sorti de l’école 42, la formation au numérique gratuite créée par Xavier Niel, le fondateur de Free.
« On retrouve des jeunes qui ont une maturité intéressante, qui ont une vision différente de l’entreprise, qui n’en attendent pas un modèle hiérarchique », observe le chef d’entreprise.
« En fait, les Scop sont, par essence, des entreprises libérées », poursuit le gérant. En faisant du salarié de facto un associé, le statut de Scop permet aussi de fidéliser les nouvelles recrues, un avantage non négligeable dans un domaine où le turn-over flirte d’habitude avec les 30%.

La contrepartie pour l’entreprise, c’est qu’elle doit s’appliquer à être transparente dans sa communication et sur les choix faits par la direction.
« On passe beaucoup plus de temps dans l’administratif que ce que l’on pensait », observe Yann Motte. Il passe aussi beaucoup de temps à communiquer avec ses associés. E-Cosi a choisi d’emménager dans le centre d’affaires et espace de coworking Euptouyou à Saint-Herblain.

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