Piloter son entreprise

Mentorat : « Pour un créateur, les meilleurs conseils viennent des entrepreneurs »

Par Valérie Dahm, le 12 avril 2018

Très répandu dans les pays anglo-saxons, le mentorat tente de plus en plus de dirigeants français, qu’ils évoluent dans des PME ou dans des grands groupes. Combien de dirigeants d’aujourd’hui, auraient aimé, à leur démarrage, bénéficier du savoir-faire d’un mentor bienveillant, de sa capacité d’analyse et de son expertise technique et économique ?

Jean-David Bar, dirigeant fondateur de We do good — Photo : We do good

Lorsque Jean-David Bar, 29 ans, a monté la plateforme de financement Wedogood, il est vite rentré dans une logique d’accompagnement. « Quand on créé une entreprise, le problème n’est pas d’avoir l’idée, mais de la réaliser et de se développer. Mon mentor, Arno Lebrunet, a su donner du corps au projet. Les meilleurs conseils pour nous faire accélérer viennent des entrepreneurs. On va plus vite, on est en confiance pour poser nos questions ». Pour un jeune entrepreneur, l’œil d’un mentor aide généralement à apprécier un marché et à repérer le business model bancal.

Quel bénéfice pour le mentor ?

Qu’est-ce qui pousse un dirigeant expérimenté à endosser le costume de mentor, à devenir bénévole pour une mission d’accompagnement et à sortir de son rôle habituel. C’est justement la fraîcheur de cette posture qui a plu à Arno Lebrunet, dirigeant et designer nantais.

« J’ai accepté avec plaisir de mentorer Jean-David. C’est avant tout une relation, une nouvelle aventure humaine. On apprécie une mission qui se réalise dans la confiance et la bienveillance ». Un horizon que l’entreprenariat ne dévoile pas toujours… Et finalement, un moment d’extraction : on sort du tourbillon professionnel quotidien pour prendre, soi-même, un certain recul.

« Les meilleurs conseils pour nous faire accélérer viennent des entrepreneurs ! »

Entre confidentialité et sincérité, il faut qu’une accointance se crée. Car le mentorat se vit au long cours. « Pour nous, il se traduit par une réunion mensuelle de trois heures, avec ordre du jour préalable », indique Arno Lebrunet, qui a découvert que le plus dur, n’était pas dans le don de temps et d’expertise, mais dans… la retenue.

Raviver la notion de business

« On ne doit pas donner de solutions toutes prêtes, qui pourtant se bousculent dans notre tête. C’est frustrant ! Au contraire, il faut faire parler le mentoré, l’écouter, éveiller sa conscience entrepreneuriale, raviver la notion de business, de marque, de résultat… pas toujours assez présente chez les jeunes entrepreneurs ».

Finalement, c’est ce flambeau là qu’Arno Lebrunet est heureux de transmettre. « On n’a jamais autant parlé d’entreprises qu’aujourd’hui. Avant, les patrons étaient mal vu ». Mentorer de jeunes entrepreneurs, c’est renforcer le sens de sa propre carrière de dirigeant. Et faire voler en éclat la mauvaise image qui colle encore en France aux termes business et chiffre d’affaires.

Le mentorat vous tente ? Un conseil : consolidez l’engagement réciproque dans un programme encadré et piloté par un coordinateur en mentorat, contrat et charte à l’appui. Parmi les structures qui peuvent vous accompagner : l’Institut du Mentorat Entrepreneurial, Moovjee Dealertrack, MentorCity ou encore Guilhem Bertolet.

Jean-David Bar, dirigeant fondateur de We do good — Photo : We do good