A l'Université d'été du Medef, Pierre Gattaz rêve la France de 2030

Par Gaëlle Cloarec, à Jouy-en-Josas, le 29 août 2017

En inauguration de la 19e université d'été du Medef, qui s'est ouverte ce 29 août sur le campus HEC de Jouy-en-Josas (Yvelines), Pierre Gattaz, son président, a livré un discours volontariste sur une France rêvée, donc réformée, simplifiée et mondialisée, salué par un auditoire conquis.

Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Une vraie rock star, Pierre Gattaz. Une entrée sur scène soignée, à l'américaine, un discours volontariste où le patron des patrons évoque sa vision rêvée de la France de 2030 et ce qu'il faudrait changer pour y arriver, le tout salué par une standing ovation. Pour sa dernière université d'été en tant que président du Medef, le dirigeant du groupe Radiall a prouvé qu'il maîtrisait l'exercice.

"J'ai fait un rêve"

Il faut dire que le chef d'entreprise sait caresser ses pairs - "ces héros de la Nation" - dans le sens du poil. "Vous êtes ceux qui galérez tous les jours, qui tombez et qui vous relevez", a-t-il déclamé, avec un brin d'emphase, avant de décrire par le menu la France de 2030. Une France qu'il rêve "forte socialement et économiquement", "fière d'elle-même, de ses talents, de ses compétences". Une France "confiante" qui aura su profiter des mutations technologiques, démographiques, sociales et sociétales, "formidables sources d'opportunités de croissance pour notre pays". Une France, enfin, "influente", dont le rôle décisif en Europe et dans le monde sera d'autant plus facilité qu'elle aura retrouvé des résultats économiques forts.

Le discours de la méthode

Voilà pour le rêve. Encore faut-il pouvoir le transformer en réalité. Pour ce faire, Pierre Gattaz a quelques idées. En premier lieu, permettre l'émergence d'une "excellence économique, synonyme de montée en gamme, de digitalisation, de robotisation, de mondialisation consciente et respectueuse de son environnement et qui ne laisse personne sur la route". Un vœu pieux ? "Pas si l'on nous donne la liberté de décider, de partager, d'être agile. Pas si nous retrouvons la confiance. Pas si l'on nous permet le dialogue. Pas si nous réformons", insiste-t-il.

Une réforme du marché du travail applicable par les PME

Et le patron des patrons de revenir sur "les quatre blocs de réformes essentielles que nous attendons depuis des décennies". Parmi elles, évidemment, une fiscalité allégée, une formation professionnelle renforcée et un marché du travail déverrouillé, mais pas n'importe comment. "Les ordonnances sur le marché du travail (que le gouvernement officialisera le 31 août, ndlr) doivent être simples, lisibles et applicables par nos PME et TPE. Et surtout, sans contraintes ni exceptions aux règles édictées. Sinon, elles ne servent à rien", prévient-il.

Le modèle Apple

Pierre Gattaz appelle également au "courage" de la simplification. "Il faut de la détermination mais aussi un brin de génie". Avant de citer en exemple l'iPhone d'Apple, "un monument de complexité caché et de simplicité d'utilisation". "C'est cela que nous demandons à l'administration, un environnement simple d'utilisation même s'il y a derrière de la complexité". Et de conclure : "Nous sommes au pied du mur. Il est important que la main du gouvernement ne tremble pas" pour que ce rêve ne soit pas qu'un rêve. Premiers éléments de réponse le 31 août.

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