Nantes

Loire-Atlantique : Un numéro d’écoute gratuit pour les dirigeants en détresse

Par Amandine Dubiez, le 14 mars 2017

Aujourd’hui, un chef d’entreprise se suicide tous les deux jours en moyenne. En Loire-Atlantique, les dirigeants en difficulté peuvent compter sur un numéro : le 06 73 52 47 84. A l'autre bout du fil, huit écoutants bénévoles, tous eux-mêmes entrepreneurs, membres de l’association Ecoute dirigeants en détresse. Ils sont à votre écoute de 8h à 20h.
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

L’association, qui s’est montée il y a un an et demi à Nantes, n’a reçu qu’une trentaine d’appels depuis l’ouverture de la ligne. Les membres d'Ecoute dirigeants en détresse, bénévoles et entrepreneurs dans la vie, veulent redire aux dirigeants qu’ils se tiennent à leur disposition. 

Entretien avec Nicolas de Montgolfier, fondateur de l’association, et Véronique Lepel Cointet, l'une des bénévoles.

30 appels en un an et demi. C’est peu. Comment l’expliquez vous ?
On aimerait y voir le signe que les dirigeants vont tous très bien mais on sait malheureusement que ce n’est pas le cas. On veut leur redire qu’ils peuvent nous appeler s’ils sont en souffrance. Nous sommes huit écoutants, psychologues, coachs, thérapeutes, nous sommes nous-mêmes des chefs d’entreprise. Nous nous sommes engagés car nous avons été confrontés à des situations de détresse chez nos proches eux-mêmes entrepreneurs.


Quel est le profil des personnes qui vous appellent ?
Souvent, c’est un proche qui leur a donné notre numéro. Ils nous appellent le soir ou entre midi et deux. Certaines fois, c’est leur épouse qui appelle en premier puis qui passe le téléphone à son conjoint. Souvent, ils sombrent à cause d’un événement déclencheur dans leur entreprise : des difficultés financières, une escroquerie d’un client, un coup de poignard, une créance douteuse. Certains nous appellent aussi parce qu’ils sont en crise de croissance, ils travaillent trop, sont submergés. Souvent cela commence par un burn-out. La spirale infernale c’est les 3D, le dépôt de bilan, la dépression et le divorce.


Quels signes doivent alerter ?
Nous remarquons qu’une personne est plus sensible à la dépression quand son entourage ne la comprend pas. Les dirigeants se sentent seuls. Ils ont sur leurs épaules, le poids des responsabilités. Souvent, ils se demandent s’ils sont assez compétents pour assumer cela. Nous remarquons aussi que la plupart des dirigeants en souffrance ont une addiction, à l’alcool ou aux anxiolytiques.

Comment les aidez-vous ?
Nous prêtons avant tout notre oreille, le temps nécessaire. Certains nous appellent avec de la colère dans la voix, d’autres sont en détresse. Nous les écoutons. Nous sommes tous formés pour prévenir une crise suicidaire. Cela nous est arrivé d‘appeler les pompiers. Pour ceux qui ont besoin d’un suivi, nous les orientons vers des professionnels. Nous connaissons très bien les cliniques, les associations, les intervenants nantais qui peuvent les aider. Nous tenons à dire qu’il n’y aucune démarche commerciale de notre part derrière cela. Aucun d’entre nous ne reçoit ensuite les dirigeants pour une consultation payante.


Il existe déjà l’association 60.000 rebonds à Nantes, qui aide les entrepreneurs à rebondir après un échec. Quelle est la différence ?
Oui, nous les connaissons très bien, nous travaillons avec eux. Eux aident les entrepreneurs à rebondir après un échec, nous, nous sommes là pour les aider avant, quand ca va très mal. En France, la structure d’écoute la plus connue pour les dirigeants, c’est le réseau Apesa, mais il n’est pas encore présent à Nantes.

Contact : 06 73 52 47 84 ( appel gratuit)  @email du lundi au vendredi de 8h à 20h.

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