France

Formation

L'Etat mise gros sur la formation des demandeurs d'emploi

Par Mallory Lalanne, le 07 février 2022

Le gouvernement mise sur une aide à l’embauche et encourage les formations en entreprise pour aider les dirigeants qui ne parviennent pas à recruter et les chômeurs qui ne parviennent pas à retrouver un emploi.

Carine Seiler, haut-commissaire aux compétences au ministère du Travail.
Carine Seiler, haut-commissaire aux compétences au ministère du Travail. — Photo : Ministères sociaux / DICOM / EMMA PROSDOCIMI / SIPA

Le gouvernement a annoncé le 27 septembre 2021, lors de la présentation du "Plan pour réduire les tensions de recrutement", sa volonté de former 1,4 million de chômeurs en 2022. Pour cela, il entend notamment ouvrir aux demandeurs d’emploi de longue durée l’aide à l’embauche en contrat de professionnalisation jusqu’alors réservé aux salariés de moins de 30 ans.

Depuis le 1er novembre 2021, les employeurs qui recrutent, en contrat de professionnalisation, un demandeur d’emploi de longue durée âgé de plus de 30 ans peuvent donc bénéficier de cette aide de 8 000 euros. "Il doit être aussi facile de recruter un demandeur d’emploi longue durée qu’un jeune en contrat de professionnalisation", commente Carine Seiler, haut-commissaire aux compétences. L’objectif, selon la ministre du Travail Élisabeth Borne, est d’augmenter "d’un tiers" le nombre de contrats de ce type signés avec les demandeurs d’emploi de longue durée pour passer de 30 000 en 2019 à 40 000 fin 2022. Le coût de cette mesure ciblée s’élève à 240 millions d’euros.

Préparer les candidats à leur prise de poste

Un autre volet du plan du gouvernement porte sur l’amplification de l’effort de formation pour les métiers en tension, dans l’hôtellerie-café-restauration, le BTP, l’industrie, les secteurs de la santé et du grand âge, le transport-logistique, l’informatique. "Nous souhaitons impliquer les dirigeants dans la définition des parcours en entreprise, car très souvent ils ont des besoins immédiats. Le demandeur d’emploi doit être présent et formé dans la société le plus tôt possible, même si une partie de la formation peut se dérouler à l’extérieur dans des organismes de formation", ajoute Carine Seiler. Pour inciter les demandeurs d’emploi à s’orienter vers ce dispositif, une prime de 1 000 euros leur est versée par Pôle emploi (pour moitié à l’entrée en formation et le solde à la fin).

Le gouvernement prévoit également de développer les formations dans le cadre des préparations opérationnelles à l’emploi (POE) et des Actions de formations préalables au recrutement (AFPR). Ces formations, proposées par Pôle emploi, permettent concrètement aux demandeurs d’emploi de se préparer à leur prise de poste.

"Le rôle de Pôle Emploi est d’organiser la rencontre entre le candidat et l’entreprise, ainsi que les modalités de formation, et de proposer, si nécessaire, des actions de remise en dynamique professionnelle", explique la haut-commissaire aux compétences. Dans ce cadre, une évaluation de la maîtrise des gestes professionnels techniques, du savoir être professionnel et une préparation de l’entrée en parcours de formation sont prévues. Le gouvernement vise 35 000 actions de remise en dynamique professionnelle pour les chômeurs de longue durée en 2022.

Encourager les formations en entreprise

Les pactes régionaux d’investissement dans les compétences (PRIC) sont par ailleurs renforcés et amplifiés pour répondre aux besoins locaux de recrutement dans les métiers en tension avec 50 000 nouvelles actions de formation prévues en 2022. Concrètement, en fonction des besoins de chaque région, des formations vont être déployées pour les métiers en très forte tension avec des périodes de formation directement dans l’entreprise.

Des formations pourront également être construites "sur mesure" avec les entreprises en difficulté de recrutement en raison d’un déficit de compétences sur leur territoire. "De nouveaux programmes de formation ont été lancés début 2022. Notre objectif est ici aussi d’avoir une approche sur-mesure qui réponde aux besoins des territoires", souligne Carine Seiler.

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