Transmission

Carte Les transmissions de fonds de commerce sont reparties de l'avant en 2021

Par Pierrick Lieben, le 10 juin 2022

Après des années de déclin, les cessions de fonds de commerce se sont subitement redressées en 2021. Mais la crise du coronavirus a quelque peu bouleversé les dynamiques habituelles du marché, au niveau sectoriel comme régional.

Dans les Pays de la Loire, les cessions de fonds de commerce sont à la fois très dynamiques (+22 % en un an)… et très chères (tarif moyen le plus élevé de France, en dehors de la région parisienne).
Dans les Pays de la Loire, les cessions de fonds de commerce sont à la fois très dynamiques (+22 % en un an)… et très chères (tarif moyen le plus élevé de France, en dehors de la région parisienne). — Photo : Didier San Martin - stock.adobe.com

Double paradoxe pour les cessions de fonds de commerce en 2021. La crise du Covid-19 a relancé le marché, sans pour autant refroidir les prix.

Les cessions en plein boom dans l’industrie

Le cabinet Altares a recensé 27 756 transactions en 2021. Cette croissance de 9,6 % en un an est, certes, insuffisante pour retrouver le niveau atteint avant la pandémie (-1,9 % par rapport à 2019). Mais elle met fin à une contraction continue des opérations depuis, au moins, 2017.

Le coronavirus a toutefois laissé des traces. L’hôtellerie-restauration est le seul domaine d’activité en déclin (-6,7 % en un an, -23,2 % par rapport à 2019). À tel point qu’il perd sa première place au classement des secteurs les plus dynamiques en volume. Destin inverse pour l’industrie : la crise n’a pas seulement redoré le blason des usines, elle a aussi relancé leur transmission (+18,4 %, comparée à l’avant-coronavirus).

Le Grand Est à la peine, les Pays de la Loire à la fête

La redistribution des cartes est aussi géographique. Sur ce plan, toutes les régions font mieux qu’en 2020. Mais toutes n’ont pas renoué avec leurs niveaux précédents. Les cessions de fonds de commerce sont ainsi à la peine en Île-de-France (-9,4 % sur deux ans) et dans le Grand Est (-8 %). Elles sont, au contraire, reparties très fort dans les Pays de la Loire (+9,3 %), "seule région à présenter un nombre d’échanges (1 785, NDLR) au plus haut sur les cinq dernières années".

Revers de la médaille, c’est aussi dans ce territoire que les opérations valent le plus cher (hors Île-de-France) : en moyenne, les transactions se concluent juste au-dessus de 212 000 euros, contre 200 713 euros au niveau national (+1,5 % en un an).

Un prix moyen en hausse continue

Altares signale, au passage, que ce montant moyen dépasse la barre symbolique des 200 000 euros pour la première fois, après cinq années de hausses consécutives. Et ce n’est pas là le moindre des paradoxes sur ce marché : "après deux années de difficultés avec la crise sanitaire", explique l’étude, le prix de vente, "calculé sur le chiffre d’affaires et le résultat d’exploitation […] peut être délicat à établir et à accepter pour le vendeur". Le redressement des cessions, constaté en 2021, est donc loin d’être gagné pour la suite.

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