Commerce

Interview Hermione People & Brands : "Nous voulons doubler la taille de Gap en France en deux ans" 

Entretien avec Samuel Alimi, vice-président de Hermione People & Brands

Propos recueillis par Astrid Gouzik - 10 mai 2021

Rien ne semble étancher la soif de rachats d’Hermione People & Brands, département retail du groupe Financière Immobilière Bordelaise (FIB) détenu par l’homme d’affaires Michel Ohayon. Après avoir mis la main sur 22 magasins affiliés Galeries Lafayette, les enseignes La Grande Récré et Camaïeu, Hermione People & Brands s'est porté candidat à la reprise du groupe Go Sport et est entré en négociations exclusives pour l'acquisition de Gap France. Samuel Alimi révèle sa stratégie.

La branche retail du groupe bordelais FIB a mis la main sur les 512 magasins Camaïeu.
La branche retail du groupe bordelais FIB a mis la main sur les 512 magasins Camaïeu. — Photo : D.R.

Sous réserve de l’intégration de Go Sport et Gap et avec les rachats de magasins affiliés Galeries Lafayette, de La Grande Récré et Camaïeu, Hermione People & Brands représenterait 5 000 salariés et 1,3 milliard de chiffre d’affaires. Quelle est la stratégie derrière ces rachats en série ?

Samuel Alimi : Notre ambition est de créer une plateforme de belles marques, avec une notoriété forte sur le territoire, et qui parlent à la majorité des Français. C’est l’essence de notre projet et c’est la raison pour laquelle nous avons créé la division Hermione People & Brands, il y a quelques semaines.

Par ailleurs, nous pensons sincèrement que ces marques ont été trop contraintes, parfois par des LBO (Leveraged buy-out ou rachat avec effet de levier, NDLR) successives, parfois par des marchés difficiles. Nous voulons leur faire un électrochoc pour réveiller ces marques.

Justement, quel est votre projet pour réveiller Gap en France ?

Samuel Alimi : Notre projet consiste à doubler la taille de Gap en deux ans. On pense que 21 magasins, c’est trop peu pour une telle marque. Par exemple, elle est très présente en Île-de-France, il faudrait la développer en province, dans les grandes métropoles régionales. Nous allons dresser un état précis de notre parc actuel et aller chercher de nouveaux magasins. Nous avons une réflexion sur le "multiformat", pourquoi pas ouvrir des magasins "Gap kids" dans certaines villes. Nous étudions aussi d’autres opportunités potentielles sur certains marchés européens et sur d’autres marques du groupe Gap (Banana Republic et Atleta).

Avec un portefeuille de marques aussi variées, projetez-vous de créer des passerelles entre elles ?

Samuel Alimi : Évidemment, nous voulons faire tomber les cloisons entre elles. Les synergies se feront principalement sur les fonctions support : sur la supply chain, la logistique et sur la data, nous allons mettre les différents clients en commun.

Nous ne voulons nous priver de rien, nous ferons des essais quand cela aura du sens. Par exemple, nous allons tester des "corners" Camaïeu dans nos magasins Galeries Lafayette. Pour Gap aussi, on y pense.

Les magasins physiques occupent une place importante dans votre stratégie…

Samuel Alimi : Nous croyons à l’alliance entre le numérique et le physique. Le magasin doit devenir un lieu événementiel, d’expérience, il doit aussi devenir un hub logistique. Nous allons procéder à des investissements pour la rénovation des magasins et la mise en place de nouveaux concepts.

Nous voudrions donner à nos marques des étendards. Pour La Grande Récré, nous projetons d’ouvrir un magasin "événementiel" dans le sud de la France, à mi-chemin entre le magasin de jouets et le parc d’attractions. Et en même temps, nous envisageons de développer un concept de magasins plus petits, pour les centres-villes.

Ces différents rachats sont-ils accompagnés d’opérations immobilières ?

Samuel Alimi : Pas forcément. Nous avons acheté les murs des 22 magasins Galeries Lafayette mais pour les 512 magasins Camaïeu, nous n’avons aucun mur. L’immobilier doit aider à sécuriser l’exploitation. Cela fera aussi partie des synergies potentielles.

La branche retail du groupe bordelais FIB a mis la main sur les 512 magasins Camaïeu.
La branche retail du groupe bordelais FIB a mis la main sur les 512 magasins Camaïeu. — Photo : D.R.

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