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Interview French Tech Rennes - Saint-Malo : « Franchir un nouveau cap »

Entretien avec Pierre Berthou, président de la French Tech Rennes - Saint-Malo

Propos recueillis par G.B. - 08 septembre 2016

Après deux ans d’existence et une année de mise en place, l’heure est aux bilans pour la French Tech Rennes - Saint-Malo qui fait sa rentrée. Entretien avec Pierre Berthou, son président.

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le Journal des Entreprises : Quel bilan tirez-vous de la French Tech ?

Pierre Berthou : Nous en tirons beaucoup d’éléments positifs... Une réelle dynamique s’est créée, ainsi qu’un bon état d’esprit. Institutionnels et accélérateurs, nous nous sommes donné la capacité de bien travailler ensemble. Je ne dis pas que tout est parfait et qu’il n’y a pas encore quelques réglages à effectuer et des adaptations à faire sur l’écosystème. On ne peut pas parler non plus de réussite, sinon cela voudrait dire que nous avons fini notre travail. Ce n’est pas le cas. Des faits existaient avant la French Tech, qui a participé à accélérer les choses et à créer un état d’esprit nouveau.
Les entreprises nouvelles, très orientées sur les usages, ont trouvé de nouveaux interlocuteurs, un lieu,etc. La gouvernance aussi était un point nouveau, avec des entrepreneurs motivés et engagés, aux côtés d’institutionnels. Cette équipe fonctionne aujourd’hui. C’est une satisfaction.

Quels sont les axes de progrès ?

P.B. : J’en vois quelques-uns… En terme de lisibilité, nous avons encore des efforts à faire. Beaucoup d’entreprises innovantes et de startups ne nous connaissent pas encore. La French Tech a des efforts d’explication à fournir, sur ce qu’elle fait et doit être encore plus pertinente dans l’accompagnement des startups et dans une forme d’individualisation. Il faut être très à l’écoute. Directoire et équipe de la French Tech, nous allons rencontrer une cinquantaine d’entreprises du territoire pour mieux capter le besoin. Il faut être en permanence à l’écoute et faire attention à ne pas trop s’institutionnaliser, pour imaginer des programmes d’accompagnement peut-être plus ciblés, plus adaptés, à expérimenter d’ici à la fin de l’année, pour être opérationnels en 2017. C’est une ambition que nous nous sommes fixée, pour franchir un nouveau cap.

Des chefs d’entreprise du territoire réclament des moyens de mesurer les résultats concrets de la French Tech. Qu’allez-vous mettre en place ?

P.B. : Notre capacité d’évaluation sur des indicateurs précis fait partie de nos engagements. Il est important d’avoir des critères d’évaluation pour pouvoir corriger nos actions. Nous avons à les créer. Leur mise en place est l’un de nos chantiers de l’année.

En termes de budget, où en êtes-vous de votre dépendance aux recettes publiques ?

P.B. : Au début du projet, nous nous étions fixés comme objectif à 3-4 ans d’équilibrer nos ressources à 50/50 entre public et privé. Aujourd’hui, nous sommes sur un ratio de 67/33. En 2015, nous étions à plus de 74/26. Nous avons à tendre vers cet engagement important dans les équilibres. Nous y travaillons (Ndlr, Rennes Métropole a baissé sa subvention de 948 000 à 603 000 euros cette année).

Nous avons entendu quelques critiques, par exemple du monde bancaire, sur des manques d’accompagnement dans la normalisation de business plan des startups… Que répondez-vous à cela ?

P.B. : Je ne prends pas la critique comme négative. Travaillons avec les banquiers ! Nous sommes une structure jeune qui, bien entendu, n’est pas parfaite partout. Notre objectif est de donner le maximum d’armes à une entreprise pour qu’elle soit la mieux positionnée possible, pour parler à son banquier, aux investisseurs, à ses clients… Les entrepreneurs connaissent leur marché. Certains cherchent encore leur modèle économique. Il ne faut pas oublier que les startups sont encore considérées comme à part dans le monde de l’entrepreneuriat, trop isolées. Il y a des efforts de pédagogie et de communication à faire des deux côtés, pour faciliter la compréhension. Quand je vois la qualité des 44 pitchs présentés à une vingtaine de fonds d’investissement lors de l’événement « Start-up on the beach » organisé par la French Tech à Saint-Malo, début juillet, on voit bien qu’un premier niveau de travail a été effectué par les incubateurs et les accélérateurs partenaires. Nous jouons tous notre rôle.

Cet événement était une première. Satisfait ?

P.B. : Il s’agit d’un premier niveau de mise en relation entre startups et fonds. La période était bonne, en fin d’année scolaire, couronnant une année de travail, avant les vacances, sur la côte… Une vingtaine de fonds ont répondu présent, dont la moitié de Paris. La relation avec les investisseurs était un des points faibles de notre dossier French Tech. Nous avons fait cet effort.

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