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[FIL INFO] Les dernières actualités qui comptent pour les entreprises

Par la rédaction, le 06 février 2023

Annonces gouvernementales, nouvelles réglementations concernant les entreprises, mesures exceptionnelles, conjoncture économique, mais aussi principales actualités en provenance des territoires : retrouvez dans ce fil spécial toutes les informations importantes pour les entreprises et les employeurs.

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Retrouvez les informations pour gérer au mieux votre entreprise après la crise du Covid-19 et dans le contexte de la guerre en Ukraine. — Photo : JDE

6 février

📍 Crise énergétique : RTE partage son trésor de guerre

Bonne surprise en vue pour les plus gros consommateurs d’électricité. Les entreprises titulaires, au 8 janvier, d’un contrat auprès de RTE, vont bénéficier d’une réduction exceptionnelle sur leur facture. Cette ristourne, imposée par le régulateur, provient des surprofits, réalisés par le gestionnaire du réseau en 2022, en lien avec la flambée des cours de l'électricité. Et comme une bonne nouvelle n'arrive jamais seule, le Conseil d'Etat a, pour sa part, validé une mesure-phare du "bouclier tarifaire" de l'an dernier, à savoir le relèvement du quota d'Arenh (l'électricité nucléaire vendue à bas prix par EDF, qui contestait cette mesure très coûteuse pour lui). L'énergéticien a "pris acte" de ce revers, hier, mais rappelé qu'il cherchait toujours à "obtenir la réparation intégrale par l’Etat des préjudices subis". En revanche, pour 2023, l'Arenh est revenu à son niveau habituel, au grand dam, cette fois, des industriels.

Industrie : la production ne résiste pas si bien...

La production industrielle n'est pas totalement sortie indemne du quatrième trimestre 2022 - contrairement à ce que pouvaient laisser croire les dernières données macroéconomiques de l'Insee. Sur un an, elle s'est, certes, stabilisée dans l'ensemble du secteur (-0,2 %) et a même augmenté dans sa partie manufacturière (+2,6 %), selon l'Insee. Mais certaines activités ont vivement souffert, à l'image de l'énergie (-14,5 %), la chimie (-8,2 %), le bois-papier (-4,7 %) et la plasturgie (-2 %). En revanche, l'automobile relève la tête (+15,9 %), car elle est "moins affectée qu’il y a un an par les difficultés d’approvisionnement en composants électroniques". Une tendance confirmée en décembre, où les transports, au sens large, ont signé leur plus haut niveau de production depuis le début de la crise sanitaire (en février 2020), à la faveur d'un bond de 8,3 % en un mois. A l'inverse, l'agroalimentaire (-1,7 %) est à son plus bas en près de deux ans (février 2021).

... la cohabitation fait son apparition

Non, le "coworking" n'est pas réservé qu'aux entreprises du numérique ou des services. Les activités manufacturières aussi peuvent cohabiter sous un même toit. La preuve avec Urbanloop et les Ateliers Cini. Pour passer la phase critique de l’industrialisation, la première a noué un partenariat original avec les seconds, jusqu'à emménager dans leurs locaux à Tomblaine.
A lire : Les Ateliers Cini et Urbanloop inventent un "coworking d’usine" inédit

Réforme des retraites : le patronat se crispe à son tour

Il n'y a pas que les syndicats qui donnent de la voix contre le projet de réforme des retraites. Le patronat aussi se montre de plus en plus agacé par les tractations actuelles. Dans le viseur : le futur "index seniors". La CPME a fustigé le "revirement" du gouvernement sur la possible extension de cet instrument aux entreprises de plus de 50 salariés (au lieu de 300, dans le projet de départ). Et de "craindre que le dogmatisme l’emporte désormais sur le pragmatisme", dans le débat parlementaire qui s'est engagé il y a une semaine. Le président du Medef non plus ne pense rien de bon de cet outil d'autoévaluation. Il "ne fonctionne pas", a balayé Geoffroy Roux de Bézieux, vendredi, sur Twitter, exemple à l'appui : "Quand une entreprise embauchera des apprentis, elle sera sanctionnée, parce que son pourcentage de seniors baissera ?" De son côté, l'U2P concentre le tir sur une "mesure injuste" - l'année de cotisation supplémentaire, imposé à ceux qui ont commencé à travailler tôt. L'organisation des entreprises de proximité dit vouloir "combattre" en faveur d'une durée égale pour tous. Un point sur lequel la Première ministre Elisabeth Borne s'est dit prête à « bouger » : « Ceux qui ont commencé à travailler entre 20 et 21 ans (...) pourront ainsi partir à 63 ans », a-t-elle indiqué, hier, dans Le Journal du Dimanche. Reste à savoir si ce geste aura un quelconque impact sur la troisième journée de mobilisation intersyndicale, prévue demain, et sur les manifestations (sans grève à la SNCF) programmées samedi.

3 février

📍 Crise énergétique : tous à vos formulaires !

L’Etat peaufine encore ses aides aux entreprises frappées par la flambée des coûts de l’énergie. A l'issue d'une réunion avec les fournisseurs, il a obtenu de certains d'entre eux une application plus favorable du tarif garanti pour les TPE. Quant aux PME, elles devront se contenter d'un traitement "au cas par cas" de leurs difficultés les plus sévères. Dans tous les cas, le gouvernement presse les entreprises à remplir au plus vite le formulaire qui ouvre droit à plusieurs des dispositifs publics mis en place pour 2023. A peine un tiers aurait déjà accompli cette démarche.

Industrie : les prix de production à la fête

L'inflation ne lâche pas son emprise sur l'industrie. Les prix de production des usines ont terminé 2022 à leur plus haut niveau depuis 2015, selon l'Insee, juste au-dessus de leur précédent pic de septembre. En décembre, leur hausse s'est ainsi élevée à +1,1 % sur un mois (et +17,7 % sur un an). Une flambée largement alimentée par le coût de l'énergie - encore lui : une fois celui-ci soustrait, les prix de production s'affichent, en effet, en baisse de 0,1 % (mais toujours en progression de 9,4 % par rapport à décembre 2021).

Droit : Fidal se met au notariat

Avis de naissance dans le monde du droit. La société d’avocats Fidal s’est alliée à l’Office notarial de La Madeleine (ONM), basée dans le Nord, pour créer sa nouvelle filiale, Fidal Notaires.

Le raidissement de la politique monétaire s'accélère

Et de deux qui font six. La Banque centrale européenne a décidé de procéder à une double remontée de ses taux d'intérêt directeurs pour tenter de calmer l'inflation. La première aura lieu dès mercredi, la seconde le mois prochain. Dans les deux cas, la BCE a opté pour un relèvement de 0,5 point, comme en décembre. Autrement dit, en huit mois, les taux auront augmenté de 3,5 points au total. Et ce n'est pas fini : l'institution promet déjà de continuer à les "augmenter sensiblement" et de "les maintenir à des niveaux suffisamment restrictifs" pour ramener la hausse des prix vers sa cible habituelle de +2 % (au lieu des +8,5 % encore relevés en janvier, dans la zone euro). 

2 février

📍 La crise énergétique plombe les comptes des entreprises...

Les entreprises vont devoir remettre la main (profondément) à la poche pour payer leur électricité en 2023. La hausse des prix, envisagée par les fournisseurs pour cette année, s’annonce 4 fois plus forte qu'en 2022, montre une étude de l’Insee ! Une explosion des factures que les professionnels pourront contenir, à condition de solliciter les aides de l'Etat (et d'y être éligibles). Mais l'institut statistique se garde bien, pour l'instant, de mesurer la portée exacte de cette prise en charge publique et multiforme.
A lire : Pour les entreprises, la hausse des prix de l’électricité pourrait quadrupler en 2023

... et affaiblit le moral des patrons

La crise énergétique continue de produire ses effets délétères sur les entreprises. La majorité (52 %) redoutent un impact direct sur leur activité en 2023, selon le baromètre mensuel d'OpinionWay pour CCI France, réaisé du 11 au 18 janvier. Dans le commerce et l'industrie, ce sont même près de 7 dirigeants sur 10 qui craignent d'être affectés. Dans le détail, 35 % des 618 patrons interrogés déclarent des tensions, plus ou moins fortes, sur leur trésorerie du fait de la flambée de leurs factures, quand 22 % pensent prendre les devants et adapter leurs process de production pour faire baisser la note. En revanche, rares sont ceux qui envisagent d'arrêter tout bonnement le travail, que ce soit par une "fermeture définitive" (3 %) ou temporaire, via du chômage partiel (1 %). Pour autant, la situation commence à peser lourd sur le moral des chefs d'entreprise : si 57 % restent confiants pour leur entreprise dans les douze mois à venir, ce chiffre est en baisse de 7 points sur un an et au plus bas depuis décembre 2020, à la sortie du deuxième confinement. Or, là encore, ce sont dans le commerce et l'industrie que les perspectives s'assombrissent le plus vite (respectivement, -7 et -12 points en un seul mois).

Automobile : bataille judiciaire en vue entre constructeurs et entreprises

Des dizaines d'entreprises françaises liguées contre Renault, Stellantis et Volkswagen. Les trois constructeurs vont être visés par une "action collective en indemnisation", menée par des PME et des grands groupes, révèle le journal Le Parisien. Point commun des plaignants : leur flotte automobile compte (ou a compté) des véhicules diesel de ces trois marques, immatriculés entre 2009 et 2015 - à une époque, où le trio est soupçonné d'avoir cherché à dissimuler les émissions polluantes de 3,5 millions de voitures en France. Or, « la moitié appartient à des sociétés », selon Brandeis Paris, le cabinet d’avocats à la manoeuvre derrière cette procédure. D'après ses calculs, les entreprises lésées pourraient toucher 2 000 à 3 000 euros d'indemnisation par véhicule, en cas de victoire. Une somme sur laquelle Brandeis Paris prélèvera 30 % de commission, précise le journal.

Spatial : The Exploration Company mise en orbite

Une levée de fonds pour s'envoler vers les étoiles - littéralement. Le concepteur et fabricant de capsules spatiales franco-allemand The Exploration Company, implanté en Gironde, vient de collecter plus de 40 millions d’euros. Cette somme doit lui permettre de finaliser le développement de sa capsule spatiale réutilisable pour le fret et, à terme, le transport de passagers.
A lire : The Exploration Company lève 40,5 millions d’euros pour finaliser le développement de sa capsule spatiale

1er février

📍 Réforme des retraites : l'"index seniors" comme monnaie d'échange

Les PME, victimes collatérales de la forte mobilisation contre la réforme des retraites ? A défaut de vouloir bouger sur les mesures d'âge de son projet, le gouvernement semble en tout cas prêt à faire des concessions sur son futur "index seniors". Le seuil d'application de cette obligation déclarative, sur la place réservée aux personnes les plus âgées dans l'entreprise, pourrait être élargie aux sociétés « de plus de 50 salariés, par exemple », au lieu d'être limitée à celles en comptant plus de 300, a indiqué Olivier Dussopt, ce matin, sur France 2. La question devra être tranchée lors des débats parlementaires. Le ministre du Travail y ajoute juste un bémol : la mesure adoptée ne devra pas ressembler à « un océan d’administration et de tracasseries administratives pour les chefs d’entreprise ». Autre piste de réflexion ouverte : si l'employeur « ne joue pas le jeu » de cet index et de l'emploi des seniors, « est-ce qu'on ne peut pas prévoir quelque chose qui l'oblige à le faire, dans un deuxième temps ? », s'est interrogé Olivier Dussopt. Voilà qui devrait hérisser la CPME, elle qui n'avait pas caché son soulagement d'avoir initialement échappé à ce dispositif.
Pendant ce temps-là, le front uni des syndicats, lui, ne faiblit pas : forts d'une deuxième journée de mobilisation réussie (1,27 million de manifestants hier, selon le ministère de l'Intérieur, en hausse de 13,4 % par rapport au 19 janvier), ils prévoient d'accélérer leur mouvement, avec deux nouvelles dates pour leurs actions nationales, mardi prochain et le samedi suivant, 11 février. Sans oublier les grèves sectorielles, notamment dans l'énergie et les transports, qui devraient également émaillées la semaine, et ce, dès lundi.

Réforme de l'immigration : un titre de séjour comme solution de recrutement

Le gouvernement veut manier le bâton et la carotte autour de l'emploi des travailleurs en situation irrégulière. Comme annoncé en novembre, son projet de loi sur l'immigration, présenté aujourd'hui en conseil des ministres, prévoit l'instauration d'un titre de séjour pour les métiers confrontés à des difficultés de recrutement. Concrètement, il pourrait être accordé à la demande d'étrangers « présents sur le territoire depuis plus de trois ans, exerçant une activité, considérée comme étant en tension, depuis au moins 8 mois sur les 24 derniers mois », a expliqué Olivier Dussopt. D'une durée d'un an renouvelable, il ouvrirait droit « à une carte de séjour pluriannuelle à deux conditions : bénéficider d'un CDI et satisfaire aux nouvelles exigences en matière de maîtrise du français ». En parallèle, le ministre du Travail promet toutefois de durcir les sanctions contre « les employeurs qui, délibérément, recrutent » des travailleurs clandestins. Au programme : facilitation des fermetures administratives et création d'une sanctionsfinancière rapide à prononcer, « à hauteur de 4 000 euros par emploi de personnes irrégulières constatées ».

Covid-19 : les mesures sanitaires en voie d'extinction

Une page se tourne dans la lutte contre le Covid-19. A partir d'aujourd'hui, plusieurs dispositifs emblématiques de la pandémie sont abandonnés, comme les arrêts de travail dérogatoires ou l'isolement obligatoire des malades. En revanche, le chômage partiel pour les salariés considérés comme vulnérables face au coronavirus subsiste, lui, pour encore au moins un mois.

Automobile : retour prudent à l'optimisme pour 2023

Remonter la pente doucement, mais sûrement. Après une nouvelle année noire en 2022 (-4,6 %), l'Association des constructeurs automobiles européens (ACEA) espère, pour 2023, une croissance des immatriculations de 5 %. Ce qui représenterait 9,8 millions de véhicules écoulés, un volume toujours bien en-deçà des années pré-Covid, d'environ un quart, "ce qui montre que nous sommes encore dans une situation fragile", avance le directeur général Sigrid de Vries. Pour l'instant, la France semble néanmoins partir sur la bonne voie : en janvier, les ventes ont progressé de 8,8 % par rapport à 2022, selon la Plateforme automobile, soit 111 940 voitures... un niveau toutefois encore bien inférieur aux années précédentes, y compris celles de la pandémie (-11,4 % comparé à 2021, -16,6 % sur 2020).

31 janvier

📍 Le PIB ralentit sans reculer

La croissance française plie (encore), mais ne rompt (toujours) pas. Au quatrième trimestre, la progression du PIB est tombée à +0,1 % en trois mois (après +0,2 % cet été), selon l’Insee. Une (relativement) bonne surprise, dans la mesure où l'institut anticipait plutôt une contraction. Mais l'économie est encore loin d'être tirée d'affaire : tous les voyants sont à l'orange, voire au rouge. A noter que le même constat vaut pour la zone euro : la croissance a finalement été sauvée in extremis cet automne (+0,1 %), même si certains pays ont perdu quelques plumes, à commencer par l'Allemagne (-0,2 %).

L'inflation sur un plateau...

L'année commence sous le signe du redémarrage de l'inflation. Sur un mois, les prix ont rebondi de 0,4 % en janvier (après -0,1 % en décembre), selon l'Insee. Rien de surprenant, explique l'institut, puisque cette nouvelle hausse découle, en partie, de la fin de la "remise carburant" universelle et du relèvement du "bouclier tarifaire" sur le gaz. Résultat, l'augmentation mensuelle des prix remonte à +6 % sur un an (après +5,9 %). Un niveau autour duquel elle ne cesse de tourner depuis juillet dernier. Et comme ces derniers mois, cette flambée est principalement alimentée par l'énergie (+16,3 %) et l'alimentaton (+13,2 %), les deux enregistrant un sursaut de plus d'1 point en un mois de leur taux d'inflation.

... les prix du carburant sur leur lancée

Toujours plus haut. Désormais libérés de toute "remise" gouvernementale, les prix à la pompe poursuivent leur route vers les sommets de l'été dernier, d'après les relevés du ministère de la Transition écologique. L'essence s'est ainsi encore envolée de plus d'1,7 % en sept jours, pour atteindre 1,9334 euros en moyenne, pour le litre de sans plomb 95, et 1,9952 €, pour le SP98 - au plus haut depuis la mi-juillet 2022, quand la barre des 2 euros avait été dépassée. Même tendance pour le diesel, à 1,9432 € (+1,4 %) - un pic inédit depuis fin août. La progression du GNR reste, en revanche, plus contenue (+0,4 %, à 1,4253 €).

Réforme des retraites : moins de grévistes, plus de manifestants

Nouveau coup de pression contre le projet de réforme des retraites du gouvernement. Les manifestations, prévues pour cette deuxième journée d'action nationale, ont visiblement fait le plein, selon les premiers décomptes des syndicats et des autorités. La plupart des cortèges ont été plus fournis (comme à Marseille, Montpellier ou Nantes) que lors de la mobilisation inaugurale du 19 janvier, ou alors l'ont été quasiment autant (à Toulouse, Bordeaux, Strasbourg...). Tendance inverse, en revanche, du côté des débrayages déclarés : dans la fonction publique, à EDF ou à la SNCF, par exemple, les taux de grévistes annoncés sont orientés à la baisse. Pour autant, les syndicats ne devraient pas en rester là : ils doivent se retrouver dès 18h pour envisager la suite du mouvement, alors que l'examen de la réforme se poursuit, pendant ce temps-là, à l'Assemblée nationale.

30 janvier

📍 PGE : le rééchelonnement fait pschitt

Le désintérêt des entreprises pour la procédure d’étalement de leurs PGE fait un flop... rassurant. C'est en tout cas la conclusion que tire la Médiation du crédit à la vue du faible recours à cette démarche, introduite il y a un an. Problème : les demandes reçues ne se font pas seulement rares, elles sont aussi rarement couronnées de succès ! Il n'empêche : la démarche vient d'être prolongée jusqu’au 31 décembre. "Le contexte économique pour 2023, marqué par les conséquences de la crise énergétique, est susceptible d’entraîner des difficultés de trésorerie pour certaines entreprises", justifie la Médiation. D'ailleurs, tous sujets confondus, l'activité globale de ce service, rattaché à la Banque de France, s'est justement redressée en fin d'année (+27 % de demandes en trois mois). Et ce, même si, sur l'ensemble de 2022, les différends entre entreprises et banques ont plutôt régressé, avec 2 180 demandes éligibles traitées (-44,6 % en un an, mais toujours 2 fois plus qu'avant le Covid-19), pour un taux de réussite de 43 % (+4,5 points en un an), équivalant à 860 entreprises "confortées" et 10 232 emplois "préservés".

Discriminations : les entreprises sous surveillance

Les entreprises n'ont plus qu'à bien se tenir. Dans le cadre de son nouveau "plan national de lutte contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations liées à l'origine", le gouvernement prévoit de "systématiser les testings" envers les employeurs. A l'avenir, ces opérations de contrôle impromptues seront réalisées sur une base régulière, "dans différents secteurs d’activité, (...) selon des modalités qui seront construites avec les acteurs". L'idée, explique Matignon, sera, à la fois, "de faire savoir qui respecte les règles, d'accompagner les entreprises pour améliorer leurs pratiques, dénoncer les comportements discriminatoires et, le cas échéant, agir en justice si un délit est avéré". A ce sujet, l'exécutif entend renforcer les moyens de sévir au travail, à travers "la création d’une amende civile dissuasive" et l'amélioration des actions de groupe, en cas de problèmes.

Réforme des retraites : chacun dans son couloir

D'un côté, le parcours parlementaire. De l'autre, la contestation sociale. Le projet de réforme des retraites entre dans le dur cette semaine, entre, d'une part, l'arrivée du texte gouvernemental à l'Assemblée nationale, aujourd'hui, et, d'autre part, la deuxième journée de mobilisation syndicale, prévue demain. Le mouvement promet déjà d'être très suivi à la SNCF (1 TGV sur 3 annoncé, en moyenne), mais aussi, à des niveaux variables, dans l'aérien, les transports urbains et routiers, les écoles, ou encore les secteurs pétrolier, électrique et portuaire, déjà actifs la semaine dernière. En attendant, sur le fond du dossier, chacun campe sur ses positions concernant les mesures d'âge (report du départ à 64 ans et passage accéléré à 43 années de cotisation) : « Ça n'est plus négociable (...) C'est nécessaire pour assurer l'équilibre du système », a encore répété la Première ministre Elisabeth Borne, hier, sur France Info. Ce à quoi le secrétaire général de la CFDT a répondu, ce matin, sur France 2, que « les 64 ans [n'avaient] jamais été négociables » pour l'exécutif. « S'il n'y a pas d'écoute du gouvernement, il y aura sans doute un acte 3 » de la mobilisation, a également prévenu Laurent Berger, en cette veille d'épisode 2.

Industrie : Saipol paré à décoller

La transition écologique ouvre de nouveaux horizons pour Saipol. Le producteur de protéines végétales lance un plan d’investissement à trois ans, afin de moderniser son site industriel sur le port de Sète (Hérault). L'occasion pour l'entreprise de se diversifier dans les carburants dits durables pour l'aviation, en lien avec une société australienne.
A lire : Saipol investit 60 millions d’euros dans ses installations sur le port de Sète

27 janvier

📍 Le moral des ménages plombé par l'inflation

Les ménages français démarrent l'année du mauvais pied. En janvier, et au contraire des chefs d'entreprise, leur confiance s'est érodée pour le deuxième mois consécutif (-1 point par rapport à décembre), selon l'Insee. Au point de se rapprocher de son niveau le plus bas depuis l'an 2000 - un creux que cet indicateur a déjà atteint par deux fois en 2022 (en juillet et en septembre). Cette déprime tient surtout à la détérioration de leur jugement sur leur situation financière et leur niveau de vie récent. Un coup de mou à relier à l'inflation : les Français n'ont jamais été aussi nombreux à avoir noté une augmentation des prix sur l'année écoulée que depuis juin 2008.

Industrie : les obstacles à la production restent élevés

Semblant de répit dans les usines françaises. En janvier, les difficultés d’approvisionnement se sont nettement détendues par rapport à leur pic de l'été dernier, d'après l'Insee. Las, les problèmes de recrutement et les hausses de prix continuent, eux, d'entraver l'activité.

Ces entreprises qui se cachent pour mourir

Il n'y a pas que les défaillances qui ont bondi en 2022. Les radiations aussi ont pris de l'ampleur, selon un bilan annuel, dressé par le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce avec Xerfi Spécific. Au total, 346 511 entreprises ont ainsi disparu du Registre du commerce et des sociétés en France (hors Moselle et Alsace), soit une hausse de 11,6 % en un an... et de 32,5 % par rapport à l'avant-coronavirus (en 2019) ! Ces arrêts d'activité sont imputés à "des difficultés croissantes de paiement et de trésorerie, couplées à une conjoncture économique difficile". En première ligne de cette envolée des radiations : les acteurs du transport et entreposage (+33,2 %), loin devant l’enseignement, la santé et l'action sociale (+17,2 %). Au niveau territorial (hors Outre-mer), la pratique explose en Région Sud (+48,3 %) et dans le Grand Est (+31,5 %), alors qu'elle a reculé dans les Hauts-de-France (-15 %) et le Centre-Val de Loire (-8,3 %).

Automobile : Navya au point mort

La remontée des défaillances d'entreprise, justement, elle n'épargne plus personne. Le lyonnais Navya, ancienne pépite de la French Tech, vient de demander sa mise en redressement judiciaire. Une période que ce spécialiste lyonnais de la mobilité autonome entend mettre à profit pour retrouver des financements et se sortir de l'ornière.
A lire : Sortie de route pour Navya, qui demande sa mise en redressement judiciaire

26 janvier

📍 Assurance : le climat coûte cher, la conjoncture inquiète

Avis de tempête dans les comptes des assurances. Les catastrophes naturelles et autres épisodes climatiques violents, survenus en France l'an dernier, devraient leur coûter autour de 10 milliards d'euros, a indiqué Florence Lustman, sur Europe 1, ce matin. C'est 3 fois plus que la moyenne annuelle relevée sur la période 2017-2021 et le pire bilan depuis 1999. En cause : « l'intensification des phénomènes » (grêle, tempêtes, sécheresse, incendies...) et « l'augmentation de leur fréquence », a expliqué la présidente de France Assureurs. La fédération professionnelle a, par ailleurs, publié sa "cartographie prospective des risques" 2023 : le dérèglement climatique arrive justement deuxième des principales préoccupations de la profession pour les cinq ans à venir. Derrière les cyberattaques, abonnés à la première position, et devant "l’environnement économique dégradé" (+2 places), les pénuries de matières et d’énergie (première apparition dans le classement) et le "risque politique mondial" (+9).

La baisse en trompe-l'oeil du chômage

Peu importe par quel bout on le prend, le marché du travail français se montre toujours aussi dynamique. Du moins en apparence. Si les embauches ont réalisé une année 2022 exceptionnellement solide, le chômage a connu, lui, un recul extraordinairement fort : au quatrième trimestre, en France (hors Mayotte), le nombre de personnes inscrites à Pôle emploi en catégorie A (donc sans activité aucune) ont fondu de 9,3 % en une année, au plus bas depuis au moins dix ans, selon la Dares (ministère du Travail). Sauf que la contraction de cette forme de chômage dissimule l'augmentation, tout aussi inédite, d'une autre, celle des catégories B et C, c'est-à-dire les travailleurs qui cumulent chômage et activité réduite.

Réforme des retraites : actions ciblées dans l'énergie et les ports

Coup de pression de la CGT dans le bras de fer sur la réforme des retraites. En amont de la deuxième journée de mobilisation nationale, programmée mardi prochain, le syndicat organise, dès aujourd'hui et encore demain, plusieurs mouvements ciblés, dans les activités portuaires, électriques (centrales nucléaires et barrages hydrauliques) et pétrolières. Le groupe TotalEnergies a ainsi confirmé l'interruption de ses livraisons à la sortie de la plupart de ses raffineries.

RH : l'abandon de poste transformé en démission

Autre réforme emblématique de ce second quinquennat Macron, celle de l'assurance chômage. Adopté fin décembre, le texte ne se contente pas de jeter les bases d'un nouveau mode de fonctionnement de l'indemnisation. Il institue aussi une "présomption de démission" en cas d’abandon de poste par un salarié. L'idée est de limiter leur recours à cette pratique qui, jusqu'alors, leur garantissait le bénéfice du chômage, une fois son contrat effectivement rompu.
A lire : L'abandon de poste peut désormais s’apparenter à une démission

25 janvier

📍 Tensions croissantes sur les recrutements jusqu'en 2030

Les difficultés de recrutement ne sont pas près de se calmer. Bien au contraire, affirme France Stratégie et la Dares (ministère du Travail) : d’ici à 2030, elles devraient s’intensifier dans certains métiers. Et même se propager dans plusieurs régions. En première ligne de ces tensions : les littoraux atlantique et méditerranéen, ainsi que la vallée du Rhône.

Des défaillances d'entreprise de plus en plus lourdes

Les entreprises défaillantes n'ont pas seulement progressé en volume, mais aussi en valeur, l'an dernier. Selon Allianz Trade, le chiffre d’affaires cumulé des sociétés placées en liquidation, redressement et sauvegarde, s'élevait à 17,5 milliards d'euros, en augmentation de 52 % par rapport à 2021. Preuve "d’une certaine hausse du risque de sévérité", explique l'assureur-crédit. Pour 2023, il s'attend à un nouveau bond des procédures collectives, pour un total annuel estimé à 59 000 dossiers. Une prévision plus pessimiste que le cabinet Altares, et qui porterat la sinistralité des entreprises à un niveau plus vu depuis 2015.

Fusion-acquisition : le bon moment pour acheter ?

Entre l’inflation, la crise énergétique et les incertitudes économiques, le marché de la reprise de PME et d’ETI fléchit depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Dans la zone euro, le nombre de transactions recule ainsi de 10 à 15% en 2022, selon les estimations du fonds d’investissement Argos Wityu. Cette tendance baissière devrait se poursuivre au cours du premier semestre. Dans ce marché en retrait, le recours à la croissance externe peut toutefois s’avérer judicieux : la valorisation des entreprises a, elle aussi, tendance à se dégrader. Pour boucler un bon deal, l’acquéreur doit toutefois s’assurer de bonnes conditions bancaires à l’heure de la remontée des taux d’intérêt. Et réussir à convaincre un cédant, pas toujours enclin à vendre à prix cassé.
A lire : Les fusions-acquisitions, un marché en retrait, mais des opportunités à saisir

Rugby 2023, JO 2024... les entreprises incitées à acheter des billets

Les salariés français vont-ils débarquer en force dans les stades du Mondial de rugby 2023 et des Jeux olympiques et paralympiques 2024 ? C'est en tout cas l'espoir de l'Etat : il vient d'aménager ses règles fiscales sur les cadeaux en entreprise pour encourager employeurs et comités sociaux et économiques (CSE) à distribuer des billets pour ces événements, organisés en France.

24 janvier

📍 Les chefs d'entreprise toujours aussi stoïques

Les patrons restent de marbre face à la conjoncture. Le climat des affaires, mesuré par l'Insee, s'est à peine infléchi en janvier (-0,5 point). Il demeure donc légèrement au-dessus de sa moyenne de longue période, à un niveau quasi-inchangé depuis la rentrée de septembre. Cet optimisme prudent n'est toutefois pas partagé par tous les secteurs. Exemple le plus spectaculaire : si le moral dans le commerce de détail est à son plus haut depuis le début de la guerre en Ukraine (+4 points par rapport à novembre), les grossistes, eux, broient du noir (-7 sur la même période), au plus bas depuis début 2021. Dans l'industrie aussi, l'état d'esprit des chefs d'entreprise est très variable, entre ceux qui sourient, comme dans le textile-habillement (+6 points en un mois) ou les transports (+3), et ceux qui grimacent, à l'image de la plasturgie (-5) et du bois-papier (-4). Enfin, les services relèvent la tête pour la première fois depuis mai (+1), quand le bâtiment se stabilise à un niveau élevé (-1).

Energie : les renouvelables ne font pas florès...

Difficile de passer des paroles aux actes. La transition énergétique, pourtant au centre du débat public, en offre un nouvel exemple flagrant. Le baromètre annuel Observ'ER des énergies renouvelables électriques dresse un constat sévère sur leur déploiement en France. L'éolien terrestre ? L'objectif pour 2023 "ne sera pas atteint", car le déficit à combler (4 gigawatts, par rapport à la situation à fin septembre) "semble hors de portée de la filière française". L'éolien en mer ? "Le secteur a pris beaucoup trop de retard" (un seul parc ouvert il y a quelques mois, représentant seulement 15 % de la cible de cette année). Le solaire ? Il y a bien eu un "rattrapage" en 2021-2022, "mais il ne remet pas totalement le secteur dans la bonne trajectoire" pour parvenir à son objectif de moyen terme (4 à 12 GW manquants en 2028). Et si d'autres énergies sont dans les clous, c'est soit par maintien de l'existant (pour l'hydraulique), soit par manque d'ambition (pour la méthanisation), balaye l'observatoire à l'origine de cette étude. Résultat, la France soigne son retard : la part des renouvelables dans sa consommation annuelle d'électricité plafonnait toujours, en 2021, autour des 25 %. A 2 points, donc, de ce qu'elle s'était engagée à réaliser dès 2020. Et à des années-lumières de la barre des 40 %, qu'elle est toujours censée viser pour 2030.

... et le prix des carburants va de l'avant

La fin de la "remise carburant" continue à faire sentir ses effets à la pompe. Après une brève période de stabilisation, les prix sont repartis vivement à la hausse, la semaine dernière, selon le Ministère de la Transition écologique. Au 20 janvier, le litre de GNR a ainsi bondi, en moyenne, de quasiment 6 centimes en sept jours (soit +4,2 %), pour atteindre 1,4187 euro, au plus haut depuis mi-novembre. En progression de 4 centimes, l'essence retrouve, elle, ses sommets de l'été dernier, à 1,9008 € pour le sans plomb 95 (+2,3 %) et 1,9593 (+2 %) pour le SP98. La flambée du diesel est un peu plus contenue (+1,7 %), ce qui, à  1,9162 €, le ramène à son niveau de mi-octobre.

RH : nouvelles règles pour la validation des acquis de l’expérience

La dernière loi sur le marché du travail modifie les règles régissant la validation des acquis de l’expérience (VAE), ce dispositif qui permet à une personne d’obtenir un diplôme ou un certificat de qualification en s’appuyant sur son expérience professionnelle ou personnelle. Aujourd’hui, 18 000 personnes par an obtiennent un diplôme grâce à la VAE. Le gouvernement compte sur sa réforme pour porter ce nombre à 100 000. Pour cela, le dispositif devient plus accessible et plus simple à mettre en œuvre.  
A lire : La validation des acquis de l’expérience devient plus accessible

23 janvier

📍 Index seniors, âge de la retraite : le gouvernement ne lâche rien

L'exécutif maintient le cap sur son projet de réforme des retraites. Quatre jours après une large mobilisation dans la rue, le texte a été officiellement présenté, ce matin, au Conseil des ministres. A la sortie, Olivier Dussopt est resté inflexible sur les mesures d'âge, dont le très contesté report du départ en retraite de 62 à 64 ans. « Revenir sur ce point serait renoncer au retour à l'équilibre et donc manquer de responsabilité pour les générations futures », a balayé le ministre du Travail. Pas de revirement non plus sur le futur "index seniors" (attendu pour la fin d'année), mais quelques précisions sur le fond de ce dispositif, décrié, lui, par le patronat. Il visera ainsi à « mesurer l'implication des entreprises de plus de 300 salariés, tant pour la formation, le maintien dans l'emploi que le recrutement » des personnes seniors. La publication du score obtenu sera obligatoire. Le « non-respect [de cette parution] sera accompagné d'une sanction financière », d'un montant pouvant aller jusqu'à 1 % de la masse salariale. Sera également prévue « une obligation de négociation [d'un accord sur l'emploi des seniors], en cas de positionnement insuffisant ou insatisfaisant » de l'employeur, tel que révélé par l'index.

Délais de paiement : les mauvais payeurs n'ont plus la cote

Fini de jouer avec les retards de paiement ! La Banque de France a commencé à sévir, l'an dernier, contre des entreprises coupables de trop traîner dans le règlement des factures à leurs fournisseurs. Leur punition a pris la forme d’une dégradation pure et simple de leur cotation (note de crédit). Un véritable coup de semonce, pour tenter de mettre fin à un mal endémique de l’économie française. Une dérive qui pèse toujours autant sur les PME... elles qui sont pourtant les plus respectueuses des délais de paiement.
A lire : La Banque de France pénalise désormais les entreprises mauvaises payeuses

Le succès fou de l'entrepreneuriat

Les années se suivent et se ressemblent pour les créations d’entreprise. Elles ont de nouveau battu leur record annuel en 2022, selon l’Insee (+2 % en un an). Une forme olympique dont ne profitent toutefois pas le secteur du commerce, en déclin avancé.

Logistique : Haropa Port monte en charge

Les ports de Paris, Rouen et Le Havre gardent la tête hors de l'eau. Réunis sous la bannière commune d'Haropa Port, les trois infrastructures sont parvenues, l'an dernier, à gagner des parts de marché sur la façade maritime de la Mer du Nord et à améliorer leurs parts modales sur l’Axe Seine. Plusieurs projets doivent permettre de renforcer encore le corridor logistique de cet ensemble portuaire.
A lire : Haropa Port a gagné des parts de marché en 2022

20 janvier

📍 Les embauches montrent de premiers signes de faiblesse

L’année 2022 s’est terminée comme elle avait commencé sur le front de l’emploi : par une baisse de régime dans les déclarations d’embauche, recensées par l'Urssaf. Mais ce rare contre-coup (le second en plus deux ans) ternit à peine le bilan d'une année 2022 encore exceptionnelle pour les recrutements.

Réforme des retraites : la mobilisation s'installe dans la durée

Les syndicats donnent rendez-vous au gouvernement le 31 janvier. C'est cette date que les organisations ont retenu pour leur prochaine mobilisation unitaire contre le projet de réforme des retraites. Dans l'intervalle, des actions plus locales et/ou sectorielles pourraient toutefois avoir lieu, notamment dans les transports, à l'initiative de certaines centrales. Hier, la première journée de manifestation a rassemblé 1,1 million de personnes, de l'aveu même du ministère de l'Intérieur, et même 2 millions, d'après la CGT.

Les CCI en mode combat pour 2023

Inflation, pénurie, crise énergétique, remboursement des PGE, difficultés de recrutement, guichet unique des formalités... les dossiers brûlants ne manquent pas sur la table des chambres de commerce et d'industrie. Leur président Alain Di Crescenzo fait le point sur ces difficultés. Un an après sa nomination à la tête de CCI France, il dresse aussi un premier bilan des actions menées par le réseau et expose son programme pour les quatre prochaines années.
A lire l'interview d'Alain Di Crescenzo : « Toutes les entreprises n'ont pas encore vu l'impact de l'augmentation des prix de l'énergie »

Innovation : la natalité des start-up encouragée

Le gouvernement enfonce le clou sur l'innovation. Il prévoit de rallonger de 500 millions d'euros les moyens consacrés aux technologies de rupture (la "deeptech") et à la création de start-up issues de la recherche. Plusieurs dispositifs, centrés sur ces jeunes entreprises, se trouvent ainsi revalorisées, comme les "aides au développement deeptech" pour financer les projets de R&D (+30 millions d'euros par an), la bourse French Tech Emergence (accordée en phase de démarrage) et le concours d’innovation i-Lab (+10 M€ par an chacun). S'y ajoute une seconde bourse, dite French Tech Lab (20 M€ en 2023), "pour accélérer l'accès au marché [des projets], ainsi que la constitution et mise en place d’équipes". Le reste de l'enveloppe ira en priorité aux phases amont de la création d'entreprise. Mais le gouvernement prévoit quand même, en supplément, la mise en place d’un fonds d'investissement de 100 M€ pour "soutenir en fonds propres ces start-up (...) dans des stades de développement ultérieurs". Objectif ultime de tous ces efforts : compter 100 licornes (entreprises valorisées à plus d'1 Md$) en France en 2030 et atteindre 500 start-up deeptech par an à cette échéance.

19 janvier

📍 Réforme des retraites : le bras de fer s'engage

La bataille des retraites est bel et bien (re)lancée. Pour leur première journée de protestation contre le nouveau projet de réforme du gouvernement, les syndicats, unis dans ce combat, sont parvenus à mobiliser largement dans la rue, comme dans les grandes entreprises, selon les premières remontées du terrain. Les taux de grévistes ont ainsi dépassé les 40 % à la SNCF (avec un trafic fortement perturbé), chez GRDF, ou encore EDF (avec, à la clé, des baisses de la production nucléaire et hydraulique)... et même 70 à 100 % dans la plupart des raffineries de TotalEnergies. En début d'après-midi, le patron de la CFDT Laurent Berger se réjouissait déjà d'une mobilisation « au-delà de ce que l'on pensait ». Pas de quoi impressionner Emmanuel Macron pour autant : en déplacement en Espagne, le président de la République a affiché, un peu plus tard, sa « détermination » à mener une réforme qu'il juge « démocratiquement présentée, validée », par les dernières élections présidentielle et législatives. « Une réforme, surtout, qui est juste et responsable », a-t-il martelé. Le projet de loi qui la porte sera présentée lundi en conseil des ministres. Le bras de fer ne fait que commencer.

BTP : les artisans du bâtiment courbent l'échine

Le bâtiment se dirige tout droit vers la récession. C’est en tout cas la crainte exprimée par les artisans de la Capeb, à l’issue d’une année 2022 marquée par un ralentissement progressif de l’activité et une nette dégradation des marges. Les petites entreprises en appellent désormais à l’État pour relancer au plus vite ses chantiers de simplification dans le BTP. Question de survie.
A lire : "Résilients" mais usés, les artisans du bâtiment redoutent la panne d’activité en 2023

Commerce : les magasins d'habillement serrent les dents...

Les magasins d'habillement remontent péniblement la pente. L'écart entre leur chiffre d'affaires 2022 et celui d'avant-crise sanitaire, en 2019, s'est encore réduit : il est passé à -11 % (après -16 % en 2021) dans les les 60 enseignes suivies par l'Alliance du commerce. Ce redressement laborieux résulte non seulement d'une baisse intrinsèque de l'activité (-4 % de CA sur trois ans) en lien avec une chute de la fréquentation (-17 %), mais aussi une diminution du nombre de boutiques elles-mêmes (-11 % de points de vente au sein du panel). Pour ne rien arranger, l'e-commerce s'est "stabilisé depuis la mi-2021" et compense donc à peine la désaffection des magasins : achats en ligne inclus, la baisse du CA 2022 passe ainsi à -7 %. Dans ces conditions, l'organisation professionnelle redoute une année 2023 "à haut risque", avec "une équation financière compliquée" à résoudre pour les chefs d'entreprise, notamment confrontés à "l’augmentation de leurs coûts". D'où son appel à "une véritable politique de soutien au commerce, notamment au profit des ETI, qui restent l’angle mort des politiques publiques".

... l'enseigne Go Sport en sursis

Sale temps pour les enseignes grand public. Après les liquidations de Camaïeu, en fin d'année dernière, et Toupargel, la semaine passée, c'est au tour de la chaîne Go Sport de vaciller. Le tribunal de commerce de Grenoble l'a placée, aujourd'hui, en redressement judiciaire, avec période d’observation de six mois.
A lire : Le groupe GO Sport placé en redressement judiciaire

18 janvier

📍 Formalités administratives : le fiasco du guichet unique

Haro sur le guichet unique pour les formalités des entreprises ! Comme redouté par les professionnels, depuis sa généralisation au 1er janvier, ce nouveau site, censé centraliser toutes les démarches administratives d'une société, est victime de dysfonctionnements en série. A tel point que certains des services qu'il devait remplacer ont partiellement rouvert ces derniers jours, à l'image d'Infogreffe. La ministre des PME Olivia Grégoire a reconnu, hier, à l'Assemblée nationale, « des difficultés », dues notamment à une attaque informatique, survenue dès le 3 janvier. Le piratage « a clairement ralenti, rendu indisponible les formalités relatives aux modifications » de statut. Olivia Grégoire promet des améliorations... mais pas avant « la fin du mois de février ». En attendant, la colère gronde et l'inquiétude monte sur les conséquences potentielles de ce ratage technique. Un ratage que le gouvernement lui-même avait visiblement anticipé : en toute discrétion, le 29 décembre, un arrêté est paru au Journal officiel pour créer une "procédure de secours", destinée expressément "à assurer la continuité du service, en cas de difficulté grave de fonctionnement".
A lire : « Le guichet unique crée de l’illégalité tous les jours »

Crise de l'énergie : fausse alerte sur les délestages ?

RTE sort le drapeau blanc : la France devrait finalement échapper aux coupures d'électricité cet hiver. «L'essentiel des risques est derrière nous », a indiqué Xavier Piechaczyk, ce matin, sur France Info. Le président de l'entreprise gestionnaire du réseau maintient toutefois son appel à la vigilance, notamment pour la deuxième quinzaine de février. « Il reste, à ce moment-là, quelques risques, si jamais on traversait une vague de froid importante et longue, parce que le parc nucléaire va commencer à décroître » à cette période, en raison d'une nouvelle vague de maintenance dans les centrales. La sobriété reste donc de mise, d'autant qu'elle a déjà fait ses preuves : la chute de la consommation éectrique est encore estimée à -7,5 % sur la semaine dernière (par rapport à la moyenne 2014-2019, hors effet de la météo). "Il est désormais solidement établi que [cette diminution] concerne tous les secteurs d’activité et ne s’explique ni uniquement, ni majoritairement, par une baisse de l’activité économique dans l’industrie.", note RTE, dans son bilan hebdomaire. Les grandes usines du pays n'en ont pas moins réduit de plus de 22 % leur propre demande sur les 30 derniers jours, comparé à la même période il y a un an !

Fiscalité, énergie... : un budget 2023 généreux avec les entreprises

Qui dit fin du "quoi qu'il en coûte", ne dit pas forcément disparition des aides de l'Etat et des baisses d'impôts pour les entreprises. Bien au contraire, comme le prouve les lois de finances et de financement de la Sécurité sociale pour 2023. Parmi les dispositifs les plus emblématiques de ces deux textes figurent la diminution de la CVAE et le déploiement des dispositifs contre la flambée des prix de l’énergie.
A lire : Les 7 mesures du budget 2023 à retenir pour les entreprises

Automobile : une lueur au bout d'un tunnel sans fin

Le marché automobile reste en panne. Les ventes dans l'UE se sont encore contractées de 4,6 %, sur un an, en 2022, selon l'Association des constructeurs européens (ACEA). Une glissade quasiment deux fois plus élevée qu'en 2021 (-2,4 % à l'époque), un millésime pourtant déjà très mauvais. Les immatriculations de véhicules particuliers, au nombre de 9,25 millions au total, retombent ainsi à leur niveau de... 1993. Et s'éloignent donc, logiquement, de leur volume d'avant-coronavirus (quasiment -29 % par rapport à 2019, soit 3,77 millions de voitures en moins). Ce déclin sans fin est attribué, "principalement, à l'impact des pénuries de composants au cours de la première moitié de l'année". De fait, le marché a connu un second semestre plus clément, avec cinq mois consécutifs de croissance (dont +12,8 % sur un an, en décembre).
A noter qu'en parallèle de ce bilan annuel de l'ACEA, Renault a publié ses propres résultats commerciaux de l'année. Eux aussi restent dans le rouge, avec un repli des ventes mondiales du groupe de 2 % sur les véhicules particuliers (et -5,9 %, en y incluant les utilitaires).

17 janvier

📍 Les défaillances font des vagues

La remontée des défaillances d’entreprise en 2022 était attendue. Mais elle est plus rapide que prévu, selon un bilan annuel d’Altares. Le cabinet s’inquiète, en particulier, du sort des petites PME, en première ligne du boom actuel des procédures collectives. Et prévient déjà que 2023 sera l'année du retour, non pas à la normale, mais bien en arrière pour la sinistralité des sociétés.
A lire : Les défaillances d’entreprises devraient dépasser leur niveau d’avant-Covid en 2023

Fin de partie pour le marché du jouet

Il était minuit moins une pour le marché du jouet. A la faveur d'un bond des achats dans les deux dernières semaines de décembre, le secteur a limité la casse in extremis en 2022 : les ventes ont, certes, reculé sur un an, mais elles se sont maintenues au-dessus de l'avant-coronavirus, selon le cabinet NPD Group. Las, fabricants et distributeurs ne s'attendent pas à pareil miracle en 2023.
A lire : La filière française du jouet se prépare à déchanter en 2023

La décarbonation du nord au sud

La politique de soutien à la décarbonation de l'industrie commence à prendre forme. Plusieurs projets français viennent de décrocher des financements publics pour réduire les émissions de CO2 de sites polluants. L'Etat a notamment choisi de faire de Dunkerque (Nord) et Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) ses deux premières "Zones industrielles bas carbone". A ce titre, les deux territoires vont, dans un premier temps, recevoir, respectivement, 13,6 et 4 millions d'euros pour des études de faisabilité et d'ingénierie. Une dizaine d'autres bassins économiques les rejoindront plus tard dans l'année.
A lire : Dunkerque, première lauréate de l’appel à projets “Zones industrielles bas carbone”
Par ailleurs, et dans cette même logique, le site du groupe Lhoist, basé à Réty (Pas-de-Calais), a décroché 120 millions d'euros de l'Union européenne pour "capter et purifier 94 % du CO2 provenant des fours à chaux de l’usine", par le biais d'une technologie mise au point par Air Liquide, se félicite le ministère français de l'Industrie.

Réforme des retraites : vers une journée noire dans les transports

Mieux vaudra éviter de circuler en France ce jeudi. C'est le conseil prodigué, ce matin, par le ministre des Transports lui-même, sur France 2. En vue de cette première journée de mobilisation contre le projet de réforme des retraites, il demande à « ceux qui le peuvent (...) d'avancer ou retarder [leurs] déplacements (...), de faire du télétravail ». Car Clément Beaune ne s'en cache pas : « Ce sera un jeudi de galère, de forte perturbation dans les transports. » Les prévisions exactes de trafic, sur les rails comme dans les airs, devraient être annoncées progressivement, entre ce soir et demain.

16 janvier

📍 Crise de l'énergie : l'Etat appelle les TPE-PME à se faire aider...

Aides publiques cherchent bénéficiaires désespérément. Depuis aujourd’hui, et jusqu’au 24 février, les entreprises peuvent déposer, au titre du guichet énergivore, une demande en ligne pour la prise en charge de leurs dépenses de gaz et d’électricité sur la période novembre-décembre 2022. Plus largement, le ministère de l’Économie appelle les dirigeants de TPE et PME à se saisir des aides à leur disposition et, pour ce faire, à se signaler rapidement à leurs fournisseurs d’énergie, afin d'en profiter le plus tôt possible.
A (re)lire :  Ce que contient la boîte à outils de l’Etat pour protéger les entreprises de la flambée des prix de l'énergie

... le Medef leur dit d'arrêter de se faire assister !

Les chefs d'entreprise feraient mieux de cesser de se plaindre. Non, cette pique acerbe n'est pas signée d'un syndicaliste, mais bien du président du Medef en personne. Hier, sur LCI, Geoffroy Roux de Bézieux a tancé ses camarades, trop prompts, à son goût, à réclamer l'aide de l'Etat face à la crise de l'énergie. « On n'est pas entrepreneur pour, à chaque fois qu'il y a une difficulté, tendre la main », a-t-il fustigé, redoutant désormais une politique du « "quoi qu'il en coûte" permanent ». S'il ne nie pas les difficultés de certaines entreprises à encaisser la flambée de leurs coûts de production ou de leurs factures d'énergie, Geoffroy Roux de Bézieux en reste persuadé : « Un patron, c'est fait pour surmonter les difficultés, (...) sauf quand elles sont du type Covid. »

Prix du carburant : l'"indemnité" est lancée

Feu vert à la nouvelle "indemnité carburant". Cette (autre) aide, d'un montant de 100 euros par personne et par véhicule, peut être, elle aussi, demandée depuis aujourd'hui, et jusqu'au 28 février, sur une page dédiée du site impots.gouv.fr. Ce dispositif est présenté comme le successeur de la remise à la pompe, accordée en 2022. Mais, à sa différence, il prend la forme d'un versement unique et ciblé sur "la moitié des Français les plus modestes qui utilisent leur véhicule pour travailler ou se rendre à leur travail".

Emploi : les Geiq, quèsaco ?

Face aux difficultés de recrutement, toutes les solutions sont bonnes à prendre. Celle proposée par les groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (Geiq) n'est pas la plus connue. Et pourtant, ces structures, au nombre de 202 à travers la France, peuvent être un véritable outil RH. Le plus souvent sectoriels, ils permettent aux entreprises de préparer un futur recrutement, en accueillant, en alternance, une personne éloignée de l’emploi, qui sera formée pour l'occasion.
A lire : Difficultés de recrutement : le succès grandissant des Geiq

13 janvier

📍 L'inflation a vu triple en 2022

Du jamais-vu en près de quatre décennies. L’inflation s’est élevée à +5,2 % sur l’ensemble de 2022, selon l’Insee (contre +1,6 % en 2021). Un tel taux est inédit depuis le milieu des années 1980. Et ce n’est sans doute pas fini, ont déjà prévenu l’Insee et la Banque de France.
A (re)lire : « La principale préoccupation des directeurs financiers, c’est l’inflation »

Distribution : Toupargel débranché

Coup de froid sur le spécialiste de la vente à distance de produits surgelés. Sans surprise, la société Place du Marché (plus connue sous son ancien nom, Toupargel) a été placée, aujourd'hui, en liquidation judiciaire. Décision du tribunal de commerce de Lyon, qui entraîne la suppression de 1 900 emplois. Ce qui en fait la première grande faillite de cette année 2023.
A lire : Clap de fin pour Place du Marché (ex-Toupargel) et ses 1 900 salariés

Le "speed dating" des chefs d'entreprise est de retour

Petits et grands patrons à nouveau réunis par l’Afep. L’Association française des entreprises privées organisera, le 25 mars prochain, à Paris, la cinquième édition de son "speed dating" entre dirigeants de PME et d’ETI, d’une part, et leurs homologues à la tête de 40 fleurons économiques du pays, d’autre part. Attention : l'inscription, obligatoire, ferme dans deux semaines exactement.

L'économie mondiale au bord du précipice

Avec la saison des voeux vient celle des prévisions économiques. Si la France semble résister au marasme envers et contre tout, la Banque mondiale est beaucoup moins optimiste pour l'ensemble de la planète : la croissance pourrait atteindre péniblement +1,7 % en 2023 - quasiment 2 fois moins qu'espéré il y a six mois. Pis, pour la zone euro, l'institution s'attend à un zéro pointé (au lieu de +1,9 %)... Ce "ralentissement marqué et généralisé" s'explique, pêle-mêle, par "l'inflation, la hausse des taux d'intérêt, la diminution des investissements et les perturbations causées par l'invasion de l'Ukraine par la Russie". Un cocktail explosif qui pourrait encore dégénérer, met en garde la Banque mondiale : "Toute nouvelle évolution défavorable - comme une inflation plus élevée que prévu, une hausse brutale des taux d'intérêt pour la contenir, une résurgence de la pandémie de Covid-19 ou une escalade des tensions géopolitiques - pourrait faire entrer l'économie mondiale en récession."

12 janvier

📍 Entre employeurs et travailleurs, la grande incompréhension

Employeurs et salariés toujours pas réconciliés depuis l'irruption du Covid-19. Les fins de contrat sont restés à un niveau historiquement élevé au troisième trimestre, selon la Dares (ministère du Travail). Avec même un nouveau record à la hausse pour les démissions et à la baisse pour les licenciements. Autre enseignement de cette étude : le nombre de contrats nouvellement signés dans le privé (hors agriculture, intérim et particuliers employeurs) a reculé pour la première fois en un an et demi (-1,4 % en trois mois). Un repli étonnant, au vu des derniers chiffres sur les embauches de l'Urssaf, mais ce coup d'arrêt reste, pour l'instant, très circonscrit : la baisse ne touche que les CDD (-2,2 %, contre +2,7 % pour les CDI) et le secteur tertiaire (-1,6 %, contre +3,3 % pour l'industrie et +0,7 % pour la construction).

L'industrie redresse déjà la tête

La production industrielle reprend de la vigueur. En novembre, elle s'est nettement redressée dans l'ensemble du secteur secondaire (+2,4 % sur un mois, selon l'Insee), comme dans sa partie manufacturière (+2,4 %). A tel point que cette dernière se rapproche de son pic de l'année 2022, atteint en août. Dans le détail, le rebond est spectaculaire dans la cokéfaction-raffinage (+90,6 %, mais après ‑46,9 % en octobre, dû aux grèves dans le secteur pétrolier) et s'avère solide dans la fabrication de biens d'équipement (+5,3 %, au plus haut depuis avril 2019 !) et les "autres industries" (pharmacie, métallurgie, textile... à +2,2 %). L'automobile montre aussi des signes de reprise (+3,1 %), au contraire du reste des transports, l'une des rares activités à s'afficher en baisse en novembre (-2 %).

Réforme des retraites : les syndicats en ordre de bataille

Chacun sur ses positions. Deux jours après la présentation du projet de réforme des retraites, les syndicats multiplient les appels à l'action. La CGT menace, par exemple, d'aller jusqu'à "l'arrêt des installations de raffinage, si nécessaire", tandis que l'intersyndicale de la SNCF souhaite "une grève puissante" dès le premier jour de la mobilisation nationale, programmé le 19 janvier. Face à cette levée de boucliers, la Première ministre Elisabeth Borne a lancé un appel « à la responsabilté des organisations syndicales. On peut faire grève, mais il faut aussi être attentif au quotidien de nos concitoyens (...) Trouvons des modes d'action qui ne [les] pénalisent pas », a-t-elle déclaré, en marge d'un déplacement à Disneyland Paris.

Bpifrance, AFITF... à nouvelle année, nouvelles têtes

Les cartes seraient-elles en train d'être rebattues au sein de Bpifrance ? Plusieurs responsables de la banque publique d’investissement viennent en tout cas de quitter leurs fonctions. Ils appartenaient à la garde rapprochée de Nicolas Dufourcq, le directeur général en place depuis la création de cette institution. Son mandat doit être renouvelé en février.
A lire : Jeu de chaises musicales dans le top management de Bpifrance
Au rayon nominations toujours, le maire de Dunkerque Patrice Vergriete a été choisi, de son côté, pour diriger l’Agence de financement des infrastructures de transport de France (AFITF). Il succède ainsi à l'ancien Premier ministre Jean Castex pour piloter les investissements de l’Etat en matière de transports. Et les dossiers ne manquent pas.
A lire : Patrice Vergriete nommé à la tête de l’Agence de Financement des Infrastructures de Transport

11 janvier

📍 Malgré des entreprises sous tension, la croissance reste de rigueur

« La santé de notre économie est un peu meilleure que notre moral collectif. » Le verdict du gouverneur de la Banque de France, ce matin, sur Radio Classique, n'est pas sans rappeler le constat tiré, la veille, par Bpifrance, dans son étude semestrielle sur les TPE-PME. Oui, les entreprises souffrent, mais, étonnamment, l'activité tient bon - et même mieux qu'attendu. Résultat, la croissance devrait être au rendez-vous du quatrième trimestre, assure François Villeroy de Galhau. Mais le plus dur reste (peut-être) à venir.

Les soldes à la rescousse de la consommation ?

Les soldes d'hiver, remèdes à l'inflation ? La saison des rabais s'est en tout cas ouverte ce matin dans les magasins. Elle s'achèvera le 7 février (hors Lorraine, où elle s'étend du 2 au 29 janvier). De quoi, peut-être, redonner un coup de fouet à la consommation des ménages : les derniers chiffres de l'Insee, sur novembre, montre un léger redressement (+0,2 % en un mois), après le brutal décrochage d'octobre (-2,7 %). Sur décembre, l'Alliance du commerce note, pour sa part, une progression des ventes de plus de 11 % en un an. Et espère donc rester sur cette lancée, à la faveur des soldes.

Réforme des retraites : l'"index seniors" et les grèves contrarient les patrons

Le projet de réforme des retraites globalement applaudi par le patronat, unanimement conspuée par les syndicats. Les partenaires sociaux s'opposent particulièrement sur le report de l'âge légal de départ à la retraite à 64 ans, jugé "indispensable" par le Medef. Pour le reste, l'organisation, dirigée par Geoffroy Roux de Bézieux, salue les "décisions responsables et pragmatiques" du gouvernement... à un bémol près : le futur "index seniors", pour mesurer la place des travailleurs âgés dans les grandes entreprises, suscite toujours son opposition. D'autant que le gouvernement a, depuis, indiqué (quoique de manière assez vague) que des sanctions, éventuellement financières, seraient prévues en cas de non-publication, voire de mauvais score de l'employeur. Raison de plus pour la CPME d'exprimer son soulagement de voir les sociétés de moins de 300 salariés échapper à cet index. Beaucoup plus consensuelle, la prise en compte améliorée de "l’usure professionnelle", de manière individualisée, est soutenue par les deux organisations, ainsi que l'U2P. Du côté des syndicats, la tonaité est dnc bien différente, puisque la réforme des retraites est rejetée en bloc. Une première journée de mobilisation aura lieu le 19 janvier. Sans attendre, la CPME les appelle déjà "à ne pas bloquer le pays en pénalisant les entreprises" par leur mouvement.

Revalorisation salariale : le choix risqué de La Générale des Services

Augmenter les salaires ? Le gouvernement l'a demandé aux entreprises tout au long de ces derniers mois d'inflation. La Générale des Services l'a fait. Mais pour y parvenir, le réseau d'agences de services à la personne, créé à Angers, a dû se résoudre à augmenter significativement ses tarifs, l'année dernière, dans dix agences détenues en propre. « Une décision radicale et une prise de risque majeure », dictée par les difficultés de recrutement, a expliqué son président à notre rédaction locale.
A lire : Didier Château (Générale des Services) : "Nous avons augmenté nos tarifs pour mieux rémunérer nos salariés"

10 janvier

📍 Les TPE-PME voit 2023 en clair-obscur

Une vague de pessimisme, oui. Un vent de panique, pas vraiment. La dernière étude de Bpifrance, consacrée aux TPE-PME, est loin de céder à tout catastrophisme sur la situation de ces entreprises et leurs perspectives pour 2023. La banque publique dresse, au contraire, un panorama tout en contrastes, entre ralentissement de l'activité et dégradation des trésoreries, d'une part, mais résistance de l'investissement et solidité de l'emploi, d'autre part.
A lire : Les TPE-PME se préparent à vivre une année 2023 très compliquée

Réforme des retraites : le gouvernement abat ses cartes

Le gouvernement accouche de la "mère de toutes les réformes" : celle des retraites. Après une première tentative avortée en 2020, le gouvernement a présenté son nouveau projet en fin d'après-midi. Principale mesure : le report progressif de l'âge légal de départ à la retraite, à raison de +3 mois par an dès cette année, pour atteindre 64 ans en 2030. La durée de cotisation (43 années, sauf exception) et l'âge maximal sans décote (67 ans) restent de rigueur. Surprise : les entreprises devront mettre la main à la poche, par le biais d'une « contribution supplémentaire pour le financement de la retraite, mais nous refusons qu"elle augmente le coût du travail », a assuré la Première ministre Elisabeth Borne. Aussi leur cotisation au régime des accidents du travail et maladies professionnelles, « qui est très excédentaire », va-t-elle être diminuée en parallèle. Autre mesure qui touche directement les entreprises : la création d'un « index sur la place des salariés en fin de carrière : il sera simple, public »... et obligatoire dès cette année, pour les sociétés de plus de 1 000 personnes, à partir de 2024, pour celles en comptant plus de 300. Le gouvernement entend également agir sur la pénibilité (départ anticipé à 62 ans pour raisons de santé, meilleure reconnaissance de certaines contraintes, « notamment le port de charges lourdes et les postures pénibles »...) et sur la sortie progressive du travail (amélioration du dispositif de retraite progressive et du cumul emploi-retraite, possibilité de temps partiel deux ans avant l'âge de départ légal).

RH : la semaine à 4 jours brille dans les Mutuelles du Soleil

Les Français doivent travailler plus. C'est l'un des arguments le plus souvent répété par l'exécutif pour justifier sa réforme des retraites, présentée aujourd'hui, en fin de journée. Las, chez les Mutuelles du Soleil, depuis le 1er janvier, ont décidé d'aller à rebours du leitmotiv gouvernemental : les 250 salariés de la compagnie peuvent désormais être à leur poste quatre jours par semaine, sur 32 ou 35 heures, et ce sans réduction de salaire. Le dirigeant de cette société niçoise explique le fonctionnement et les raisons de cette organisation originale.
A lire l'interview de Claude Leblois : « Pourquoi les salariés de Mutuelles du Soleil passent à la semaine de quatre jours »

Le déficit commercial déraille encore

Le ralentissement du déficit commercial aura été de courte durée. Après une nette amélioration en octobre, il s'est à nouveau creusé en novembre, pour atteindre -13,8 milliards d'euros, selon les douanes. Résultat, sur un an, le solde enregistre sa 15e baisse consécutive et plonge désormais à -159,5 milliards d'euros, nouveau record historique. Dans le détail, novembre a été marqué par un rebond des importations (+1,4 Md€, soit +2,2 %), conjugué à un repli des ventes à l'étranger (-0,8 Md€, -1,5 %). Et pourtant, dans une publication séparée, les douanes indiquent que les exportateurs français n'ont jamais été aussi nombreux : sur un an, à fin septembre, elles ont compté 144 400 opérateurs (+6,5 % par rapport à la même période en 2021). Une croissance essentiellement portée par "le secteur du commerce, plus particulièrement dans les ventes à distance".

9 janvier

📍 Prix garanti de l'électricité : pour les PME, c'est non

Il n’y aura pas de "tarif garanti" de l’électricité pour les PME. La généralisation de cette mesure, instaurée vendredi, au profit des seules TPE, a été expressément exclue par la ministre Olivia Grégoire, ce matin, sur France 2. Mais les consultations avec le patronat vont se poursuivre toute la semaine. Car la création de ce dispositif ciblé a relancé la vague des revendications patronales : après la CPME, ce sont les restaurateurs qui ont demandé, ce week-end, l'application du même dispositif à toutes les entreprises. Et dénoncé, au passage, un supposé "racket organisé" de la part des fournisseurs d'énergie.
A (re)lire : les TPE vont bénéficier d’un tarif d’électricité plafonné

Le douloureux retour à la normale des prix du carburant

Le contrecoup est pour le moins brutal. Avec la disparition de la "remise carburant" au 1er janvier, les prix à la pompe sont violemment repartis de l'avant, la semaine dernière. Les hausses, relevées par le ministère de la Transition écologique, dépassent même le niveau du rabais (-10 centimes), accordé jusqu'ici par l'Etat. La palme revient à l'essence, avec un bond supérieur à 17 centimes pour le sans plomb 95 (à 1,8516 euro le litre, en moyenne, au 6 janvier, soit +10,3 % en sept jours), comme pour le SP98 (à 1,915 €, +10,2 %). Ce qui replace l'un et l'autre à leur niveau de fin juillet. Le diesel n'est pas en reste : à 1,8994 €, il progresse de 13 centimes (+7,5 %), au plus haut depuis la mi-novembre. Le GNR fait, en revanche, fait figure d'exception (à 1,3623 €, -1,7 %)... mais lui avait déjà pris 10 centimes de plus, au cours de la semaine précédente.

Le travail coûte toujours plus cher aux entreprises

Le coût du travail à peine perturbé par le Covid-19. En 2020, la France occupait toujours la 5e place des pays de l'Union européenne, où il est le plus élevé. L'heure travaillée représentait alors une dépense de 38,70 euros pour l'employeur, en hausse de 4,6 % sur un an, selon l'Insee. Le recours massif au chômage partiel et sa prise en charge intégrale par l'Etat, pendant la crise sanitaire, a toutefois modifié quelque peu l'équilibre entre les différentes composantes de ce coût global, à l'image des cotisations de protection sociale, en nette baisse (-4,3 %).

L'inflation inquiète toujours autant les dirigeants

L'inflation, ennemie numéro un des entreprises en 2023. Les directeurs financiers identifient la hausse des prix comme la principale menace pour l'activité de leur société cette année, d’après une étude réalisée par le cabinet d’audit PWC et l’association DFCG. Son président Emmanuel Millard explique comment faire pour lutter contre cette spirale et en sortir sans trop de dommages.
A lire : « La principale préoccupation des directeurs financiers, c’est l’inflation »

6 janvier

📍 Crise de l'énergie : les TPE obtiennent "un prix garanti"

Comment exaucer le voeu inattendu d'Emmanuel Macron, formulé hier, sur la renégociation générale des contrats d'énergie dans les TPE ? C'est toute la question qui a agité une réunion, organisée en fin d'après-midi, entre le ministère de l'Economie et les fournisseurs d'électricité - leur deuxième rendez-vous de la semaine, après celui de mardi. Cette rencontre imprévue a débouché, au bout de 3 heures, sur « un tarif garanti » pour « toutes les TPE de France » (entreprises de moins de 10 salariés et moins de 2 M€ de chiffre d'affaires). Dès lors qu'elles ne bénéficient pas déjà du "bouclier tarifaire", elles « ne paieront pas leur électricité plus de 280 euros le mégawattheure, en moyenne, sur l'année 2023 », s'est engagé Bruno Le Maire. Pour profiter de ce prix fixe, elles devront remplir un simple formulaire à renvoyer à leur fournisseur. Pas sûr toutefois que cette mesure de dernière minute éteigne toutes les revendications. Sans attendre l'issue de cette réunion, la CPME était déjà montée au créneau pour exiger une résiliation ou une renégociation sans frais des contrats d'électricité pour les PME. Manière d'éviter "d’incompréhensibles effets de seuils" avec les TPE et "d’insupportables distorsions de concurrence" entre entreprises, en fonction de leur date de contractualisation, et des prix pratiqués à ce moment-là.
A lire : les TPE vont bénéficier d’un tarif d’électricité plafonné

La prime à l'apprentissage joue les prolongations

Quand l'exceptionnel devient durable. La prime à l'embauche d'apprentis version 2023 sera finalement maintenue "jusqu’à la fin du quinquennat", a annoncé le ministère du Travail aujourd'hui. Cette aide, au montant désormais unique de 6 000 euros sur la première année du contrat, restera ouverte "à toutes les entreprises" pour le recrutement d’alternants de moins de 30 ans. Particulièrement coûteux pour les finances publiques depuis son renforcement à l'été 2020, le dispositif a néanmoins permis de soutenir l'essor spectaculaire de l'apprentissage, et, par répercussions, a contribué au dynamisme de l'emploi en France.
A (re)lire :  L’Etat prolonge, mais modifie, ses aides à l’apprentissage pour 2023

Les entreprises face aux inconnues de 2023

Crise de l’énergie, inflation, crédit bancaire… : l’année qui démarre s’annonce chargée pour les entreprises. Patrick Martin, président délégué du Medef, fait le point sur les nombreux défis qui attendent les patrons en ce début 2023.
A lire : « Il y a tout lieu de craindre que la rentabilité des entreprises se dégrade encore »

Levées de fonds : un record, mais des tensions

Deux semestres, deux ambiances. Les levées de fonds, en France, ont connu une nouvelle année record, mais 2022 restera aussi comme un millésime "atypique", montre le dernier baromètre d'In Extenso Innovation Croissance et l'Essec. Après un début d'année "exceptionnel", les start-up françaises ont en effet connu un second semestre plus délicat. Et pour cause : la conjoncture amène les investisseurs à être bien plus sélectifs.

5 janvier

📍 Crise de l'énergie : vers une renégociation générale des contrats ?

La gestion de la crise de l'énergie par le gouvernement devient de plus en plus difficile à suivre. Depuis septembre, la boîte à outils des aides publiques n'avait déjà cessé d'évoluer au fil des mois. Cette fois, c'est dans la même semaine que l'exécutif change son fusil d'épaule : Emmanuel Macron a en effet ouvert, ce midi, à toutes les TPE, la possibilité de renégocier leurs contrats d'électricité avec leur fournisseur... une mesure que son ministre de l'Economie réservait pourtant, deux jours plus tôt, aux seuls boulangers, et à personne d'autre, car elle était "hors du droit commun" ! Pas sûr pour autant que cette généralisation soit celle que les patrons attendaient : la CPME réclame la même facilité pour toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, tandis que les restaurateurs continuent de pencher pour une extension du "bouclier tarifaire".

Une loi pour "l'industrie verte" en 2023

La politique de réindustrialisation de la France va passer au vert cette année. A l'occasion de ses voeux, le ministre de l'Economie a promis un vaste projet de loi, pour faire de l'Hexagone « la première nation de l’industrie verte en Europe ». Cinq axes de travail ont d'ores et déjà été définis : "transformer la fiscalité pour faire grandir l’industrie verte" ; "ouvrir des usines, réhabiliter les friches, mettre à disposition des terrains", pour attirer plus de projets sur le sol national ; "produire, commander, acheter en France", par le biais de labels, de la commande publique, etc. ; "financer l’industrie verte française", notamment par un recours à l'épargne et aux fonds privés (thème co-piloté par Michel Paulin, dirigeant d'OVHCloud) ; "former aux métiers de l’industrie verte". Le texte est attendu autour de juin-juillet. Il devra identifier « les secteurs sur lesquels on doit absolument parier et qu'on doit particulièrement pousser », explique Bercy, comme les batteries électriques, les semi-conducteurs, l'hydrogène ou les technologies de capture du carbone. Rien de nouveau ? Si, assure le cabinet de Bruno Le Maire, car il s'agit désormais de mener une « politique assumée de ciblage de l'industrie verte » et donc de ne pas « juste installer des usines » en France, mais de favoriser celles qui contribueront à la transition écologique.

La remontée irrésistible des défaillances d'entreprise

Cette fois, plus de doute : la remontée des défaillances d'entreprise s'est bel et bien enclenchée, ou plutôt accélérée, en 2022. Un retour en force, oui, mais en douceur, nuance le bilan annuel de la Banque de France. Sauf pour les petites PME, confrontées à une vague de redressements et liquidations judiciaires.

Fiscalité : France et Suisse s'accordent sur leurs télétravailleurs

Un accouchement long et laborieux pour les transfrontaliers franco-suisses. Les deux pays ont fini par approuver de nouvelles règles communes et "pérennes" sur la prise en compte du télétravail, propulsé par la pandémie de Covid-19. Depuis le 1er janvier, il leur est ainsi possible de passer 40 % de leur temps en distanciel sans pour autant perdre les avantages de leur statut, ni du régime d'imposition qui lui est associé. Mais si ce principe général est acté, il doit encore être inscrit dans un texte officiel ratifié par les deux Etats. Or, ce document ne devrait pas être rendu public avant la fin du premier semestre, a indiqué le gouvernement français. En attendant, un "accord amiable", valable "au plus tard jusqu’au 31 décembre 2024", va donc s'appliquer, le temps que le processus politique aille à son terme de part et d'autre de la frontière.

4 janvier

📍 Crise de l'énergie (1) : les entreprises exagèrent-elles leurs difficultés ?

La flambée des factures énergétiques n'est pas aussi catastrophique que les patrons le laissent entendre. La mise au point est signée de Bruno Le Maire, sur France Inter, ce matin. « Il n'y a pas de mur de faillites », pas plus que de « vagues de fermeture, (...) ou de réduction de production », a balayé le ministre de l'Economie. D'ailleurs, il voit « peu d'entreprises véritablement en grande difficulté face à l'explosion des prix de l'électricité ». Il en veut pour preuve la faiblesse du chômage partiel (« 30 fois moins » de demandes entre début et fin 2022) et la part minoritaire d'entrepreneurs prêts à ralentir ou cesser leur activité (« moins de 1 % », dit-il, citant l'Insee et contredisant les chiffres de la CPME ou du Meti). Bruno Le Maire reconnaît tout de même une envolée des prix « dure à vivre » pour les entreprises. Mais pas de quoi « [rouvrir] un "quoi qu'il en coûte" pour toutes les professions de France et de Navarre ». Il recevra quand même les restaurateurs demain. Mais il ne leur accordera pas les mêmes facilités qu'aux boulangers, reçus hier. Eux, s'est justifié le ministre, sont « les seuls, avec quelques autres, (...) les bouchers, par exemple », à subir la "double peine" de la hausse des prix des matières premières, en plus de l'énergie. Le secteur du BTP, entre autres, appréciera.
A (re)lire :  Ce que contient la boîte à outils de l’Etat pour protéger les entreprises de la flambée des prix de l'énergie

Crise de l'énergie (2) : les délestages évités grâce à la sobriété ?

Sur l'approvisionnement en énergie aussi, il n'y a (apparemment) plus péril en la demeure, d'après le gouvernement : « le risque de coupures [de courant], cet hiver, semble s'écarter », a affirmé son porte-parole Olivier Véran, à la sortie du premier conseil des ministres de l'année. Un optimisme prudent justifié par la « reprise progressive du fonctionnement de nos centrales nucléaires, mais aussi en raison des conditions météorologiques » et de la sobriété énergétique. La baisse spectaculaire de la consommation s'est ainsi maintenue en décembre. La demande d'électricité, le mois dernier, s'est réduite de 8,5 % par rapport à la moyenne 2014-2019 (chiffre corrigé des effets de la météo et du calendrier des Fêtes), selon RTE. La baisse atteint même -17,8 % dans les plus grands sites industriels du pays. Constat similaire pour le gaz : la consommation a reculé de 11,2 % d'août à décembre, comparativement à la même période de 2018-2019. Là encore, les usines mènent la danse des économies (-22,8 % à elles seules). Mais, revers de la médaille, cet effondrement de la demande est en partie compensé par un recours accru au gaz pour la production d'électricité (+38,5 %), mise à mal par les problèmes de maintenance dans le parc nucléaire.

Le moral des ménages indexé sur l'inflation

Un répit à peine visible, sur le front de l'inflation. En décembre, les prix à la consommation ont reculé de 0,1 % sur un mois, leur seconde baisse de 2022 (après une première en septembre), selon une estimation de l'Insee. Résultat, la hausse sur un an retombe à +5,9 % (contre +6,2 % en novembre). Cette détente provient principalement des tarifs de l'énergie (+15,1 %, -3,3 points en un mois). Mais la comparaison avec les taux d'il y a un an montre le chemin parcouru par l'inflation à travers toute l'économie : aucune catégorie n'échappe désormais à la flambée, que ce soit les services (+1,1 point par rapport à décembre 2021), les produits manufacturés (+3,4) ou, pis, l'alimentation (+10,7). De quoi plomber largement le moral des ménages, également mesuré par l'Insee : en décembre, leur confiance a perdu 1 point, sous l'effet d'une montée des inquiétudes quant à leur situation financière... et un sentiment, largement partagé, que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois. Ce dernier indicateur frôle désormais son pic historique de mai-juin 2008.

Le dernier tour de roue de la "remise carburant"

Les prix à la pompe déjà orientés à la hausse, avant même la fin de la "remise carburant" du gouvernement. Au 30 décembre, le litre de GNR s'est tout particulièrement envolé, pour atteindre 1,3864 euro, en moyenne, sur la semaine écoulée, selon le ministère de la Transition écologique. Soit un bond de 10 centimes en seulement sept jours (+8 %)... et une flambée de 32 centimes par rapport à fin 2021 ! Les hausses hebdomadaires sont un peu plus mesurées pour le diesel (+1 %, à 1,7665 €) et l'essence (+1,4 %, soit 1,6788 € pour le SP95 et 1,7372 € pour le SP98). Ces tarifs intègrent le rabais de 10 centimes par litre en vigueur depuis la mi-novembre. Un coup de pouce désormais révolu : il doit être remplacé par une "indemnité carburant" de 100 euros par véhicule. Cette aide, attribuée sous condition de ressources, pourra être demandée entre le 16 janvier et le 28 février, sur le site impots.gouv.fr.

3 janvier 2023

📍 Crise de l'énergie : l'Etat réactive les reports de charges...

C'est le retour d'une mesure-phare de la crise du coronavirus. Les reports de charges sociales et fiscales font leur (ré)apparition en ce début d'année 2023. Mais rien à voir avec le Covid-19 : il s'agit, cette fois, de soulager la trésorerie des TPE-PME éprouvées par l'envolée des prix de l'énergie, a justifié le ministère de l'Economie, ce midi. Bercy appelle, par ailleurs, les entreprises à se saisir au plus vite des outils déjà mis à leur disposition, en particulier le guichet énergivore et l'amortisseur électricité. D'autant que les deux restent cumulables, en 2023, pour les PME. L'exécutif a décidé, par ailleurs, de mobiliser plusieurs acteurs de terrain (préfectures, CCI, CMA...), ainsi que les fournisseurs d'énergie eux-mêmes, afin de mieux faire connaître ses aides, encore insuffisamment utilisées à son goût.
A (re)lire :  Ce que contient la boîte à outils de l’Etat pour protéger les entreprises de la flambée des prix de l'énergie

... les fournisseurs font un geste sous la contrainte

La flambée des factures d'énergie reste décidément en tête des dossiers brûlants de la nouvelle année. Après son effort, ce matin, sur les reports de charges, le gouvernement a décidé de mettre la pression, cet après-midi, sur les fournisseurs de gaz et d'électricité. Le ministère de l'Economie a dénoncé le non-respect, par certains, de la charte, mise en place, début octobre, pour protéger les professionnels. En cas d'abus répétés dans les prochains jours, le gouvernement diffusera le nom de ces énergéticiens indélicats. En attendant, tous les fournisseurs, réunis à Bercy, ont accepté un geste "exceptionnel", mais réservé uniquement aux boulangeries - à savoir que ces entreprises vont pouvoir « résilier sans frais » leurs contrats, pour en « renégocier des plus avantageux », a annoncé Bruno Le Maire. Un avantage accordé « au cas par cas (...), lorsque l'augmentation du prix [de l'énergie] est prohibitive et menace la survie du commerce », a-t-il poursuivi, sans vouloir fixer de seuil plus précis. En sus, la future garantie de l'Etat contre les impayés devrait permettre aux fournisseurs, « dans les tout prochains jours, (...) de donner des facilités de paiement aux TPE-PME qui auraient des difficultés de trésorerie ».
A (re)lire : Comment l’État veut aider les PME à négocier leurs contrats d’énergie

Le marché auto reste au fond du trou

Pas de miracle sur le marché automobile français. A l'issue d'un mois de décembre atone (158 027 immatriculations, -0,06 % en un an), les ventes affichent un bilan 2022 catastrophique : à peine 1,53 million de voitures particulières ont été écoulées sur l'année (-7,8 %), selon la Plateforme automobile. C'est moins qu'en 2020, au plus fort de la crise du coronavirus, et donc, forcément, encore très loin des résultats d'avant-Covid (-30,9 % par rapport à 2019). Le secteur a notamment continué à souffrir des pénuries des semi-conducteurs, auxquelles sont venues se greffer d'autres difficultés d'offre (inflation, logistique...). Mêmes dérapages sur le marché des utilitaires légers, en repli, lui, de 19,5 % sur un an (et -27,4 % comparé à l'avant-pandémie).

Quand le Covid-19 fait tousser la Chine

Les entreprises françaises en Chine auraient-elles un coup de blues ? Elles font en tout cas les frais de la politique sanitaire zéro Covid menée pendant trois ans par les autorités chinoises, et levée de manière spectaculaire ces dernières semaines. Trop tard peut-être, tant cette doctrine autoritaire n'a eu de cesse d'entraver les affaires, freiner les investissements et contrarier l'ascension jusqu'ici irrésistible de la deuxième économie mondiale.
A lire : Les perspectives se brouillent pour les entreprises françaises en Chine

22 décembre

📍 Crise de l'énergie : et maintenant, des prêts bonifiés

Le Père-Noël est passé avant l'heure pour les entreprises fragilisées par la guerre en Ukraine. Un décret surprise, publié ce matin, acte la relance des prêts bonifiés aux PME. Mis en place, à l'origine, en 2020, au plus fort de la crise du Covid-19, cet outil de financement est réactivé jusqu'au 31 décembre 2023, pour couvrir, entre autres, la hausse de leurs dépenses en énergie. Cette enveloppe de 200 millions d'euros vient compléter la boîte à outils du gouvernement pour compenser la flambée des prix du gaz et de l'électricité cette année et la prochaine.
A (re)lire : Ce que contient la boîte à outils de l’Etat pour protéger les entreprises de la flambée des prix de l'énergie

Formalités administratives : le bug de l'an 2023 ?

Une petite révolution pour les 5 millions d'entreprises qui réalisent des formalités administratives chaque année. A partir du 1er janvier, ces démarches devront obligatoirement s'effectuer en ligne et sur un nouveau site unique de l'Inpi, en remplacement des divers services et formulaires papier existants jusqu'à présent. Cette dématérialisation centralisée est justifiée par une volonté de simplification administrative... mais certains redoutent déjà la bascule, en raison des bogues apparus sur la plate-forme depuis son lancement. A noter que, en parallèle, et dans la même logique de numérisation des pratiques, l'Etat doit également ouvrir un registre national unique des entreprises. Il succèdera aux registre national du commerce et des sociétés (RNCS), répertoire des métiers (RM) et registre des actifs agricoles (RAA).

Commerce : les loyers à nouveau dans le viseur

Les commerçants reviennent à la charge sur la question des loyers. Trois organisations professionnelles réclament un plafonnement de leur hausse à +3,5 % en 2023, au bénéfice de toutes les entreprises du secteur, "sans discrimination", ainsi que des restaurants. Ce "bouclier" existe déjà depuis les lois de cet été sur le pouvoir d'achat, mais le gouvernement l'a limité aux TPE-PME, et jusqu'au premier trimestre prochain. Or, son extension est considérée comme une "solution immédiate", "vitale" et de "bon sens" par l’Alliance du Commerce, la Fédération de la franchise et les enseignes spécialisées de Procos. Les trois signataires de cet appel se disent en effet "très préoccupées" par la dernière évolution de l'indice des loyers commerciaux, publiée par l'Insee (+5,37 % sur un an, au troisième trimestre, un record). Ils estiment, dans ces conditions, que les entreprises du commerce "vont se heurter, en 2023, à des difficultés de trésorerie et de rentabilité qui peuvent mettre en danger des centaines de magasins, voire des réseaux entiers". Et de rappeler le contexte inflationniste qui pèse sur les magasins et leur difficulté à répercuter ces augmentations de coûts sur leurs prix aux consommateurs.
A (re)lire : Pourquoi le blocage des loyers ne satisfait qu’à moitié les commerçants

Le rachat des RTT en pratique

C'est l'une des nombreuses mesures du fameux "paquet pouvoir d'achat" adopté cet été : la monétisation des journées de RTT acquises depuis le 1er janvier dernier restera possible jusqu’en 2025. Cette forme de "travailler plus pour gagner plus" reste toutefois à l’initiative du salarié. Explications.
A lire : Comment fonctionne le rachat de jours de RTT

21 décembre

📍 Emploi : la grosse décompression des embauches

Les recrutements rentrent dans le rang. Après avoir enchaîné les records en août puis septembre, les embauches de plus d'un mois (hors intérim) sont en train d'atterrir assez brutalement : en novembre, l'Urssaf en a dénombré 813 152, en repli d'1,6 % sur un mois, et après, déjà, -5 % en octobre. La baisse du mois dernier a touché autant les CDI (-1,7 %) que les CDD longs (-1,5 %). Mais, sur un an, seuls les premiers restent en positif (+2,5 %, contre -5,6 % pour les seconds). Malgré cette franche, mais récente, contraction, les embauches demeurent à un niveau élevé (+8,6 % par rapport à février 2020, juste avant la crise du Covid-19), et toujours au-dessus de la barre des 750 000 déclarations mensuelles. Elles ne sont plus repassées sous ce seuil historique depuis mai 2021.

La course à l'entrepreneuriat bat son plein

Les créations d’entreprise finissent l’année en beauté. En novembre, et pour le deuxième mois consécutif, elles ont battu leur record historique mensuel, selon l’Insee. Et s’orientent donc vers une nouvelle année historique, puisque, en cumulé, sur un an, leur nombre affiche déjà une progression d’1,7 %.

BTP : le frisson des artisans du bâtiment

L'année 2022 aura eu l'effet d'une douche froide pour les artisans du bâtiment. Selon un baromètre de la Capeb et Batiactu, publié hier, mais réalisé auprès de 497 professionnels en juin-juillet, ils n'étaient plus que 54 % à se dire plutôt optimistes pour leur entreprise dans l'année à venir, soit 23 points de moins qu'en 2021. Une montée des inquiétudes, à relier à la stagnation de leur activité passée : seuls 25 % l'estimaient en hausse sur un an (-18 points), contre 56 % à la juger stable (+6 points).

Automobile : le redressement s'accélère

Une lumière au bout du tunnel. Les ventes automobiles européennes ont enchaîné, en novembre, un quatrième mois consécutif de hausse (+16,3 % sur un an), selon l'Association des constructeurs du Vieux-Continent (ACEA). Une croissance, qui plus est, en nette accélération au fil du temps. Les groupes français restent toutefois en retrait, Stellantis (-1,1 %) davantage que Renault (+2,1 %). Ce redressement général du marché reste toutefois bien trop tardif pour sauver l'année : les immatriculations sur les onze mois écoulés en 2022 restent en net retrait par rapport à 2021 (-6,1 %) et, encore plus, à l'avant-coronavirus (-30,1 % comparé à 2019).

20 décembre

📍 Crise de l'électricité : finalement, janvier sera branché

Un hiver sans aucune coupure électrique ? C'est désormais envisageable, d'après le dernier point de situation, dressé ce matin par RTE. D'abord inquiet pour janvier, le gestionnaire du réseau se montre finalement rassuré, au point de redescendre le niveau de risque de "élevé" à "moyen", sur ce premier mois de l'année. Mais cette nouvelle prévision vient quand même avec trois astérisques : l'approvisionnement en électricité ne sera garanti qu'en cas de poursuite "des efforts d’économies d’énergie", maintien "d'une situation satisfaisante de l’approvisionnement en gaz" et absence de "conditions météorologiques très défavorables". RTE affiche davantage de confiance pour les Fêtes, où "la probabilité d’émission d’un signal Ecowatt rouge est quasi-nulle". Cette amélioration de la situation tient à plusieurs facteurs : une baisse de consommation "solidement établie", couplée à un "potentiel de production renforcé" (au niveau hydraulique et nucléaire), des "interconnexions électriques" satisfaisantes avec nos voisins et des stocks de gaz encore bien remplis (à 85 %)... mais, sur ce dernier point, "la seconde partie de l’hiver, et surtout [le prochain] 2023-2024, sont sous surveillance", prévient l'entreprise de service public.
A (re)lire : Les délestages envisagés par le gouvernement pour cet hiver, mode d'emploi

Sueurs froides dans les ETI

Les patrons d'ETI commencent à flancher. Près de la moitié (48,6 %) s'inquiètent désormais pour les perspectives de leur entreprise au premier semestre 2023 - une proportion en hausse de plus de 11 points en trois mois, selon le baromètre de la Banque palatine pour le Meti, réalisé auprès de 1 200 dirigeants, du 22 au 30 novembre. C'est que la conjoncture commence à rejaillir sur leur activité : si 67,6 % affirment avoir réussi à améliorer leur chiffre d'affaires sur un an (-7 points tout de même), leur trésorerie continue de se dégrader pour 44,6 % d'entre eux (chiffre stable). Surtout, les ETI restent engluées dans des "difficultés massives" : 99 % se débattent avec des problèmes de recrutement, 89 % avec la flambée des prix de l’énergie (au point que 12,5 % ont déjà réduit leur production), 84 % avec l'envolée des cours des matières premières et 70 % avec des "demandes de revalorisation salariales exceptionnelles".

La RSE s'invite à la table des conseils d'administration

Le patronat veut mettre la RSE au cœur de la gouvernance des entreprises. Le Medef et l’Afep vont intégrer à leur charte de bonne conduite pour les sociétés cotées, plusieurs recommandations, en faveur d’une meilleure prise en compte de ces questions. Y compris en conditionnant la rémunération des dirigeants à ces critères de responsabilité sociale et environnementale.

Automobile : Stellantis Trémery saute du diesel à la batterie

C'est un lieu emblématique du virage écologique de l'industrie automobile. L'usine de production de motorisations électriques Emotors, inaugurée hier, symbolise, à elle seule, la volonté du constructeur Stellantis de maîtriser l’ensemble de la chaîne de valeur. Fruit d'un investissement de plus de 100 millions d’euros, elle est implantée à Trémery (Moselle), anciennement l'un des plus importants sites d’assemblage de moteurs diesels en Europe.
A lire : Stellantis inaugure son site de production de motorisations électriques à Trémery

19 décembre

📍 Crise de l'énergie : le guichet nouveau est (enfin) arrivé

On connaissait le gui du Nouvel-An. Voici le nouveau gui...chet de l'Avent. Les nouvelles règles des aides de l'Etat aux entreprises les plus énergivores ont enfin été officialisées par un décret, publié au Journal officiel de samedi. Il était temps : ces évolutions, censées rendre le dispositif plus généreux et plus simple, avaient été présentées en octobre, pour une entrée en vigueur promise avant fin novembre. Le texte, paru ce week-end, précise notamment les différents seuils d'application et de calcul des trois niveaux de subventions proposées aux entreprises étranglées par leurs factures de gaz et d'électricité, pour les périodes antérieures à septembre 2022. Il fixe également la liste des 63 secteurs éligibles aux montants maximaux, désormais fixés à 50 et 150 millions d'euros.
A (re)lire : L'Etat ressort une version simplifiée de son aide aux entreprises les plus gourmandes en énergies

Prix du carburant : le GNR s'enflamme

Les prix du carburant en ordre dispersé. Après quatre semaines de baisse, le litre de GNR a fortement rebondi, la semaine dernière, pour atteindre une moyenne d'1,307 euro (+6,8 % en sept jours, soit une hausse de 8 centimes d'un coup), selon le ministère de la Transition écologique. Le diesel, à 1,7427 €, a, lui, aussi connu sa première augmentation en un mois, mais elle s'avère bien plus contenue (+0,6 %). En revanche, les tarifs de l'essence poursuivent leur reflux, à 1,6603 € pour le sans plomb 95 (-1,9 %) et 1,7181 € (-1,2 %) pour le SP98.

Environnement : le calendrier du marché carbone est sorti

Le cap est désormais fixé pour la réforme du marché du carbone européen. Eurodéputés et Etats membres de l'UE sont tombés d'accord, dans la nuit de samedi à dimanche, sur le calendrier de cet ambitieux projet. Leur compromis fixe notamment les dates de suppression des quotas gratuits d’émission de gaz à effet de serre et d'instauration de la future "taxe carbone" aux frontières. Au passage, le texte durcit les règles du dispositif et l'étend aussi à de nouveaux secteurs.
A (re)lire : Comment va fonctionner la nouvelle "taxe carbone" aux frontières de l’Europe

Le triste programme de 2023 se confirme

Les prévisions économiques se suivent et se ressemblent. Après l'Insee, c'était au tour de la Banque de France, ce week-end, de dessiner des perspectives assez moroses pour la prochaine année. La croissance devrait tout juste résister en 2023, à +0,3 % (contre +1 % espérée par le gouvernement). Mais les incertitudes sont telles que l'institution n'écarte toujours pas "la possibilité d’une récession (...) temporaire et limitée" (jusqu'à -0,3 %, un peu moins sévère donc que redouté en septembre)... ou d'une croissance un peu plus solide (mais toujours plafonnée à +0,8 % maximum). A l'origine de ce "ralentissement marqué" : "la moindre demande adressée, la plus forte appréciation du change et la remontée plus prononcée des taux d’intérêt, combinées aux révisions à la hausse [des] prévisions d’inflation". Lesquelles passent à +6 % cette année, puis encore en 2023. La hausse des prix atteindrait même +7,3 % fin 2022, avant "un pic" au premier semestre prochain, puis une "décrue, progressive mais nette" (+4 % attendue dans un an). Dans ces conditions, le taux de marge des entreprises devrait retomber à 30,5 % de leur valeur ajoutée, soit 1 point sous son niveau d'avant-coronavirus. Une diminution "moindre, nuance l'étude, que celle, d’environ 4 points, observée à l’époque des chocs pétroliers des années 1970, où l’essentiel du choc externe avait été supporté par les entreprises".

16 décembre

📍 Croissance résistante et inflation persistante au menu de 2023

On prend les mêmes et on recommence. Dans son dernier point de conjoncture, l'Insee prédit à l'économie française le même cocktail amer qu'il y a un : un mélange de stagnation économique et d'inflation galopante. Mais, au moins, la récession ne devrait pas s'installer et l'emploi pourrait continuer à briller. A condition que l'énergie ne vienne (re)jouer les trouble-fête en 2023.
A lire : La croissance devrait rester au rendez-vous en 2023... l’inflation aussi

La crise de l'énergie frappe les usines de plein fouet

L'industrie en première ligne de la flambée des prix de l'énergie justement. L'Insee estime que 56 % des entreprises du secteur secondaire sont "particulièrement exposées" à la hausse des cours de l'électricité (contre 27 % dans les services). Leur contrat est en effet soit indexé sur les cours du marché, soit arrive à échéance entre la fin de cette année et le début de la prochaine. En moyenne, les industriels anticipent ainsi un bond de 132 % du tarif d'achat de leur électricité (après +75 % en 2022). Mais ces évaluations brutes n'intègrent pas forcément les aides publiques, nuance l'institut dans son étude. Il n'en reste pas moins que ce "choc" entraîne des conséquences en cascade. L'Insee lui impute une baisse de la production manufacturière, à hauteur de -1,5 %, et un possible "surcroît de prix de production de près de 4 %" en 2023. Et pour cause : 65 % des entreprises comptent répercuter cette inflation énergétique sur leurs tarifs (contre un peu plus d'un tiers qui rognent sur leurs marges), quand 8 % envisagent tout simplement de baisser leur production pour limiter leurs coûts.

Cap sur 2025 pour la fin de l'inflation forte

L'inflation ne cesse décidément de faire parler d'elle. D'abord par ses effets. En plus du salaire minimum en France, elle tire aussi vers le haut les taux d'intérêt de la zone euro. La Banque centrale européenne (BCE) va relever les siens, mercredi prochain, de 0,5 point. C'est la 4e fois en cinq mois que l'institution procède à un tel durcissement de sa politique monétaire. La hausse totale de ses taux directeurs s'élève ainsi à +2,5 points depuis fin juillet. Et ce n'est pas fini : la BCE "prévoit de continuer à les relever sensiblement, parce que l’inflation demeure beaucoup trop forte et devrait rester supérieure à l’objectif pendant une trop longue période". Et pour cause : le retour à un taux d'inflation proche de 2 % est tout bonnement repoussé à 2025 désormais (+2,3 % à cette date). D'ici là, les prévisions d'augmentation des prix, dans la zone euro, ont été revues à +8,4 % cette année, +6,3 % en 2023 et +3,4 % en 2024 (soit, respectivement 0,3, 0,8 et 1,1 point de plus qu'annoncé en septembre dernier). Les espoirs de croissance, eux, ont quasiment été divisés par deux pour l'an prochain, avec +0,5 % attendu en moyenne... après toutefois un passage par une récession "courte et peu marquée" entre octobre et mars.

L'impôt minimal sur les sociétés arrive en Europe

Feu vert au taux d'imposition minimal sur les sociétés. Le Conseil européen a fini par valider, la nuit dernière, cette réforme majeure de la fiscalité internationale. Actée l'an dernier au niveau de l'OCDE, elle avait été jusqu'ici bloquée, au sein de l'UE, par la Pologne, puis la Hongrie. Ce taux-plancher sur les bénéfices, fixé à 15 % pour les entreprises ayant un chiffre d'affaires annuel cumulé d'au moins 750 millions d'euros, ne va toutefois pas entrer en vigueur immédiatement : la mesure doit encore être transposée dans chacun des 27 Etats membres de l'Union d'ici au 31 décembre 2023.

15 décembre

📍 Le Smic dans la roue de l'inflation

L'inflation continue de gonfler le Smic. Le salaire minimum progressera encore d'1,81 % au 1er janvier, a indiqué le ministère du Travail, aujourd'hui. Cette revalorisation (sans coup de pouce) est la 5e en quinze mois. Toutes sont automatiques, et calquées sur l'inflation. En novembre, la hausse des prix justement a atteint +6,2 % sur un an, avait confirmé l'Insee, un peu plus tôt dans la journée. Un taux stable par rapport à octobre, mais qui dissimule une nouvelle poussée de fièvre de 0,3 % sur le mois.

Le ticket de caisse en sursis

Les tickets de caisse et de carte bancaire passeront bel et bien l'année. La fin de leur remise systématique aux clients, initialement programmée au 1er janvier 2023, a finalement été repoussée de trois mois, indique un décret paru au Journal officiel ce matin. Un délai supplémentaire justifié par... "l'inflation" (encore elle).

Les patrons en apnée

Le parcours des Bleus en Coupe du monde de football aura-t-il un effet dopant sur le moral des Français ? Il est encore trop tôt pour le dire, mais, en attendant, les patrons, eux, retiennent leur souffle. En décembre, le climat des affaires, mesuré par l'Insee, est encore resté figé, juste au-dessus de sa moyenne de longue période. L'indicateur n'évolue, en fait, quasiment plus depuis quatre mois (+0,7 point seulement de pris depuis septembre). Seul le commerce de détail est sorti de cette léthargie, avec un net retour de la confiance (+3 points en un mois), au plus haut depuis le début de la guerre en Ukraine. Les industriels sont plus mitigés : l'agroalimentaire s'enrhume (-5 points), l'automobile et le bois-papier s'enfoncent (-3 chacun), tout comme la chimie (-2), tandis que l'optimisme regagne l'électronique (+) et la plasturgie (+5). Mais, prévient l'Insee, les usines n'en ont pas fini avec tous les maux de 2022. L’"incertitude économique ressentie" par les dirigeants est ainsi à son plus haut. Leur anticipation de l'inflation des prix de vente pour les trois prochains mois se rapproche, elle, de son record historique.

Les défaillances en embuscade

La remontée des défaillances s'accélère encore. En novembre, leur nombre cumulé sur douze mois représentait 39 858 dossiers, selon la Banque de France, en hausse de 46,1 % sur un an (après +42,3 %, en octobre). Quasiment plus aucune catégorie d'entreprises n'y échappe désormais : les procédures collectives à l'encontre des plus grandes PME (de 50 à 250 salariés) ont ainsi dépassé leur niveau d'avant-coronavirus pour la première fois (+0,4 % par rapport à 2019) - une barre symbolique franchie par les plus petites (hors TPE) depuis août. A l'inverse, aucun secteur ne connaît un tel retour à la normale pré-pandémique... mais le rattrapage s'accélère toujours davantage dans l'hébergement-restauration (+93,8 % sur un an), ou encore l'industrie (+57,4 %), la finance et assurance (+55 %) et le commerce (+53,3 %).

14 décembre

📍 BTP : le logement neuf au bord du gouffre

Le bâtiment craint les premières fissures dans sa croissance en 2023. Après avoir fait preuve de solidité cette année, l’activité devrait caler dans les prochains mois. Au point que l’une des fédérations professionnelles du secteur prédit déjà une "amorce de crise" dans le logement neuf.
A lire : Après avoir préservé sa croissance, le bâtiment redoute la panne en 2023

Crise de l'énergie : la sobriété, source d'espoir

Faut-il y voir le résultat d'une sobriété exemplaire ou le signe d'une récession naissante ? La France ferme en tout cas ses robinets d'énergie. GRTgaz a dévoilé, pour la première fois, son tableau de bord hebdomadaire de la consommation nationale de gaz. Bilan : elle a baissé de 10,5 % entre le 1er août et le 11 décembre, par rapport à 2018 (estimation corrigée des variations de températures). Pour les industriels raccordés au réseau du groupe, la chute atteint même 22,1 % ! GRTgaz attribue ces évolutions à une "prise de conscience collective"... mais aussi au "niveau élevé des prix", qui a contraint certaines usines à suspendre leur activité. Même constat du côté de l'électricité, où l'érosion de la consommation s'accroît, selon RTE... quand bien même le froid s'installe. Ainsi, la semaine dernière, la demande a encore reculé de 9,7 % (après -8,3 %), comparée à la moyenne de 2014-2019, sur la même période. Là aussi, l'industrie fait la course en tête : sa consommation des trente derniers jours a fondu de 14,6 %. De quoi redonner espoir à l'exécutif : « Nous sommes dans la bonne voie pour éviter des coupures d'électricité cet hiver », s'est réjoui le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, sur CNews.
A (re)lire : Comment les entreprises peuvent contribuer aux économies d’énergie, selon le gouvernement

Covoiturage : les entreprises au bord du chemin

Il entend développer le "covoiturage du quotidien". Et pourtant, le plan national sur ce mode de transport partagé, présenté hier par le gouvernement, fait presque l'impasse sur les entreprises. L'une des 14 mesures prévoit simplement de les "accompagner pour améliorer la mobilité de leurs salariés". Mais il s'agit surtout de faciliter leur prise en main du forfait mobilités durables, revalorisé cet été, à travers "un outil numérique de suivi des preuves de covoiturage". Deux autres mesures symboliques figurent au programme : la création d'un label "Employeur pro-mobilité durable" et un appel au volontariat des "acteurs du départ et de l'arrivée" (comme les stations-service, les supermarchés, etc.). Eux sont invités à faire remonter leurs propositions de soutien au covoiturage à l'adresse @email. Ce plan vise à "tripler le nombre de trajets quotidiens" partagés d'ici à 2027, pour atteindre la barre des 3 millions par jour.

Industrie : la décarbonation, un travail d'équipe

Après les ors de l'Elysée, l'heure de passer à l'acte. Il y a un peu plus d'un mois, les 50 sites industriels les plus polluants de France étaient reçus par Emmanuel Macron, pour accélérer leur décarbonation. Que reste-t-il de ce rendez-vous au palais présidentiel ? Notre rédaction alsacienne est allée poser la question à trois des quatre entreprises de la région présente à cette grand-messe. Pour elles, la rencontre a surtout permis de les (re)mobiliser autour des grands objectifs nationaux pour le climat.
A lire : Pour décarboner, les Alsaciens jouent collectif

13 décembre

📍 Le retour de la taxe carbone

L'Europe se convertit au protectionnisme vert. Longtemps annoncée, la future "taxe carbone" aux frontières devrait finalement arriver le 1er octobre prochain. Cet outil inédit est censé préserver la compétitivité des entreprises de l'UE face aux importations les moins respectueuses de l'environnement. Mais ce "mécanisme d'ajustement" risque aussi d'entretenir l'inflation.
A lire : Comment va fonctionner la nouvelle "taxe carbone" aux frontières de l’Europe

Les crédits bancaires gardent la cote

Les entreprises recourent toujours plus à des crédits bancaires toujours plus chers. Leurs encours s'élevaient à 1 322,2 milliards d'euros en octobre (+8,6 % sur un an), selon la Banque de France. Une croissance surtout portée par les plus grandes sociétés (+19,9 % à elles seules, contre +5,7 % pour les PME). Les crédits à la trésorerie affichent, par ailleurs, la progression la plus forte (+11,1 %), même si ceux servant à des investissements en équipement restent très dynamiques (+10,5 %). Et pourtant, relève l'étude, dans le même temps, le coût du financement bancaire ne cesse de s'envoler : le taux d'intérêt annuel moyen s'élève désormais à 2,5 %, soit exactement le double de ce qu'il était en mars, mois à partir duquel cet indicateur a entamé sa fulgurante progression.

L'emploi salarié reste au zénith

Toujours aussi étincelants et étonnants, les chiffres de l'emploi salarié ! Au troisième trimestre, les créations de postes dans le secteur privé ont tout simplement été encore meilleures qu'initialement annoncé : l'Insee en a finalement compté 119 100 au cours de l'été (+24 200 par rapport à son estimation de début novembre). D'où un taux de croissance revu à +0,6 % sur trois mois, au plus haut depuis le début de l'année ! Deux bémols toutefois : cette statistique est largement gonflée (à près de 50 %, d'après l'Urssaf) par le boom de l'apprentissage, tandis que l'intérim a fait, pour sa part, moins bien qu'espéré (+1,9 %, en baisse de 0,4 point).

Prix de l'énergie : la sobriété à la rescousse

La crise de l'énergie frappe de plein fouet les PME. Le fabricant finistérien de portails Cadiou Industrie en sait quelque chose : il s’est vu présenter une facture d’électricité multipliée par 4 pour les trois prochaines années. Dans cette situation, l'entreprise s'est notamment résolue à travailler sur un plan d’économies d’énergie.
A lire : Face au quadruplement de sa facture d’électricité, Cadiou Industrie a élaboré un plan de sobriété

12 décembre

📍 Industrie : les investissements en panne

La guerre en Ukraine a jeté un froid sur l'investissement industriel dans le monde. Après leur vif rebond en 2021, les sommes mobilisées cette année vont nettement repartir à la baisse, pour atteindre 934 milliards de dollars (885 Md€, -19,8 %), selon un baromètre du cabinet Trendeo. L'étude confirme, par ailleurs, une tendance à l'oeuvre depuis la pandémie de Covid-19 : la "contraction des chaînes de production" à travers le monde.

Négociations commerciales : les PME mieux protégées ?

Comment pacifier les négociations commerciales entre la grande distribution et ses fournisseurs ? Très tendues cette année, les discussions sur les prix 2023, lancées au début du mois, s'annoncent encore difficiles, vu l'inflation galopante. Le gouvernement a donc pris les devants avec "un pacte de solidarité commerciale". Ces quelques "bonnes pratiques" doivent permettre d'"aboutir à des tarifs raisonnables". Elles ont été acceptées par 9 enseignes (Aldi, Auchan, Carrefour, Casino, Cora, Intermarché, Leclerc, Lidl et Système U) et 2 fédérations professionnelles (FEEF et Adepale). Principale disposition : les enseignes vont "prendre en compte" la hausse des dépenses énergétiques, et même, dans le cas des PME, "accepter", sans négocier, leurs demandes de revalorisation, à la hauteur de ce surcoût spécifique. Les entreprises doivent toutefois apporter des "justifications concrètes et documentées" de la flambée qu'elles subissent, et ce avant le 28 décembre. De la même manière, les distributeurs n'appliqueront aucune pénalité logistique aux PME d'ici le 1er mars prochain, dès lors qu'elles ont prévenu leurs clients "suffisamment en amont de la livraison" de leurs difficultés.

Transition écologique : la SNCF verdit ses appels d'offres

La SNCF veut faire monter ses fournisseurs dans le train de la transition écologique. Dès le 1er janvier prochain, l’entreprise ferroviaire publique les incitera financièrement à réduire leur impact, en matière d'émissions de gaz à effet de serre. Explications.
A lire : La SNCF va intégrer le coût du carbone dans ses appels d’offres

Inflation : la pompe lâche du lest

Les prix du carburant fondent comme neige au soleil. Le gazole, en particulier, a connu un fort recul, la semaine dernière, d'après les relevés du ministère de la Transition écologique : le litre de diesel a ainsi perdu quasiment 9 centimes en sept jours (à 1,732 euro, au plus bas depuis fin septembre), tandis que le GNR, à 1,2242 €, a reculé d'environ 7 centimes d'un coup (comme la semaine précédente). Les tarifs de l'essence suivent la même pente, mais leur recul se montre un peu moins spectaculaire (-4 à -5 centimes tout de même) : le sans plomb 95 valait ainsi, en moyenne, 1,693 € (-2,3 %) et le SP98 1,7388 €. L'un et l'autre restent toutefois plus chers qu'avant la mi-novembre, quand la "remise carburant" du gouvernement était à son maximum de 30 centimes par litre (contre 10 aujourd'hui).

9 décembre

📍 La croissance plie, mais ne rompra pas forcément

L’économie française fait décidément de la résistance. En 2023, elle devrait même enregistrer, "probablement, une croissance faiblement positive", a indiqué, tout en retenu, le gouverneur de la Banque de France, ce matin, à la radio. Un signe d'espoir entretenu par un étonnant rebond de l’activité en novembre. Mais gare à la douche froide et aux mauvaises surprises, car les entreprises restent sous tension et dans l'incertitude, montre le dernier point de conjoncture de l'institution.

Commerce : l'inflation met l'habillement à nu

En attendant d'y voir clair, l'inflation, elle, continue son travail de sape sur la consommation. Dernière preuve en date : en novembre, le chiffre d'affaires des magasins d'habillement s'est replié d'1,4 % sur un an (et de 3,4 % par rapport à l'avant-coronavirus), selon l'Alliance du commerce, sa deuxième baisse mensuelle consécutive. La fréquentation en boutiques suit la même tendance (respectivement à -1,6 % et -15,1 %). Des résultats d'autant plus "décevants" pour les quelque 60 enseignes sondées, que la période du Black Friday (autour du 25 novembre) s'est soldée, elle, par une croissance de 2 % comparée à l'édition précédente. Signe, pour l'organisation professionnelle, d'une "recherche de bonnes affaires" dans un contexte de "consommation en souffrance et de pouvoir d’achat contraint". En témoigne la santé insolente des "outlets" (vente de stocks à prix cassés) : leur activité a bondi de 9,9 % en novembre.

Réindustrialisation : de l'argent public pour attirer les capitaux privés

Pour réindustrialiser le pays, l’Etat ne peut pas tout. Fort de ce constat, Bpifrance s’apprête à lancer un "fonds national de venture industriel" (FNVI). Au-delà de ses 350 millions d’euros, cet instrument financier a surtout pour mission d’attirer les investisseurs privés vers les projets d’innovation et création d’usine des petites entreprises de l’industrie.
A lire : L’Etat prêt à investir 350 millions d’euros dans les projets de réindustrialisation des start-up et TPE-PME

Fiscalité : encore du rabe pour les transfrontaliers

C'est une mesure provisoire qui finit par durer. Le régime dérogatoire sur le télétravail des transfrontaliers, introduit en pleine crise du Covid-19, en 2020, est de nouveau prolongé pour six mois, jusqu'au 30 juin 2023. Cet aménagement permet aux bénéficiaires de conserver leurs avantages, en matière de couverture et de cotisations sociales, quel que soit leur nombre de jours en distanciel. Cet énième sursis est, encore une fois, justifié par la réflexion, en cours au niveau européen, sur "une éventuelle évolution" du dispositif qui s'appliquait avant le coronavirus. A noter que le gouvernement français ne précise pas les pays concernés par ce report. Mais, cet automne, le retour aux règles habituelles avec la Suisse, dès le 1er janvier, semblait ferme et définitif, tandis qu'un tel rétablissement avait déjà mis en oeuvre avec le Luxembourg cet été.

8 décembre

📍 Aides sur l'énergie : les PME pourront cumuler

Double ration d’aides publiques pour les TPE-PME, étranglées par les prix de l’électricité. Déjà soutenues par un dispositif d'"amortisseur", elles pourront finalement continuer à prétendre aussi, et en sus, aux subventions dédiées aux activités énergivores, en 2023. Ce cumul, jusqu’à présent impossible, devrait permettre de faire passer la prise en charge de leurs factures par l’État de 20 à 35 % en moyenne, selon une estimation du ministre de l’Économie Bruno Le Maire, ce matin, sur RMC.
A (re)lire : Ce que contient la boîte à outils de l’Etat pour protéger les entreprises de la flambée des prix de l'énergie [actualisé]

Electricité : pas de coupures en vue, la demande en chute

La température extérieure baisse, la consommation d'électricité... aussi. C'est le paradoxe du moment : sur la semaine dernière, la demande de courant s'est contractée de 8,3 % par rapport à sa moyenne des années 2014-2019 (après -6,7 % fin novembre), selon le gestionnaire du réseau RTE. Ce recul s'amplifie parce qu'il s'étend aussi, note l'entreprise de service public : la consommation a ainsi nettement ralenti dans le tertiaire et les logements (-7 % sur un an, à eux deux). Ces deux secteurs avaient été récemment pointés du doigt pour leurs efforts de sobriété encore trop timides. De quoi rassurer le directeur exécutif de RTE : Jean-Paul Roubin a catégoriquement exclu, hier soir, sur BFMTV, tout risque de coupures d'électricité... « avant la fin de l'année ».
A (re)lire : Les délestages envisagés par le gouvernement pour cet hiver, mode d'emploi

Apprentissage : l'artisanat rejette la nouvelle aide

La révision des aides à l'apprentissage reste en travers de leur gorge. Les chambres de métiers et de l'artisanat (CMA France) voient, dans la future prime à l'embauche version 2023, une "véritable régression", aux conséquences "préoccupantes", car la mesure sera "défavorable aux entreprises artisanales", selon elles. Le nouveau montant unique, fixé à 6 000 euros par apprenti pour sa première année de travail, "est en effet inférieur aux aides versées (...) avant la crise sanitaire" - un manque à gagner estimé à 125 euros (pour un contrat de deux ans) et jusqu'à 1 325 euros (pour un de trois ans). D'où un risque de favoriser les recrutements et formations de moins de douze mois. CMA France demande donc au gouvernement de revenir sur cette "vision d’économie court-termiste" et d'étendre cette même aide au-delà de 2023, et de la première année d'apprentissage.

Automobile : l'électrique, virage de tous les dangers ?

L'Europe débranchera la vente de véhicules thermiques neufs en 2035. Face à cette échéance-couperet, la filière automobile n'a pas attendu pour prendre à grande vitesse le virage de l’électrique. Cette conversion à marche forcée soulève toutefois de multiples questions, tant au niveau des consommateurs, que du défi industriel que les constructeurs et leurs sous-traitants vont devoir relever dans des délais contraints.
A lire : La filière automobile négocie à grande vitesse le virage de l’électrique

7 décembre

📍 Inflation : l'"indemnité carburant" arrive...

Fini le rabais généralisé à la pompe, place au virement bancaire semi-ciblé. A partir du 1er janvier, et en remplacement de la remise apparue en avril dernier, le gouvernement va instaurer une "indemnité carburant" de 100 euros par véhicule "pour les 10 millions de travailleurs les plus modestes", a annoncé, aujourd'hui, Matignon. Ce montant représente une aide « de l'ordre de 10 centimes par litre, si vous faites 12 000 kilomètres par an », ce qui équivaut à la distance moyenne parcourue par les Français au volant, s'est justifiée la Première ministre, sur RTL. En réalité, ce dispositif, promis depuis juin et censé bénéficier aux "gros rouleurs", est un peu plus souple que ce que laisse entendre Elisabeth Borne. Il visera n'importe quel automobiliste, motard ou autre usager de deux-roues, dès lors qu'il se situe "dans les cinq premiers déciles de revenus" - ce qui signifie que la moitié des ménages est potentiellement concernée. La procédure se veut également très simple : il suffira a priori de renseigner, sur le site des impôts, son numéro fiscal, sa plaque d'immatriculation, ainsi qu'"une déclaration sur l'honneur, indiquant que [la personne a] besoin de [son véhicule] pour aller au travail". Flexibilité d'un côté, mais fermeté de l'autre : en moins d'un mois, l'enveloppe prévue pour cette indemnité a fondu d'1,5 à 1 milliard d'euros.

... le guichet énergivore prend son temps

A défaut du guichet promis, Bercy lance un numéro de téléphone pour les entreprises en difficulté avec leurs factures énergétiques. Au 0806 000 245 (service gratuit + prix de l’appel), le ministère de l'Economie propose de "répondre à toutes les questions" sur son aide aux activités énergivores. Sauf que le dispositif en lui-même n'est toujours pas pleinement opérationnel sur le site du fisc (seul le premier niveau de prise en charge, limité à 4 millions d'euros, est accessible), alors que ce guichet était censé fonctionner avant fin novembre. En attendant, l'exécutif invite donc les entreprises à s'informer, y compris par le biais de la messagerie sécurisée de leur espace professionnel sur impots.gouv.fr (avec la mention "Aide Gaz Electricité" dans l'en-tête, "pour permettre un traitement rapide" de leur demande). Bercy rappelle également que les interlocuteurs habituels des dirigeants restent mobilisés, à commencer par les "conseillers départementaux à la sortie de crise", mis en place en juin 2021.

La mauvaise affaire des salariés démotivés au travail

Les entreprises auraient beaucoup à gagner, si elles se souciaient davantage de leurs salariés :10 070 euros par an et par personne, très précisément, selon une estimation de Mozart Consulting. Mais au-delà de cet enjeu financier, le cabinet de conseil appelle surtout les employeurs à "engager une transition managériale", pour œuvrer davantage en faveur de la santé et la qualité de vie au travail de leurs collaborateurs.

L'étau se desserre (à peine) sur le déficit commercial

Un léger mieux très relatif dans les échanges extérieurs de la France. Après avoir touché le fond en septembre, le déficit commercial mensuel s'est quelque peu amélioré : en octobre, il s'est établi à -12,2 milliards d'euros (soit 5 Md€ de moins qu'un mois plus tôt), selon les douanes. Encore une fois, c'est l'énergie qui a le plus pesé dans la balance. Ce sursaut est en effet attribué à une "baisse des approvisionnements" (la seconde consécutive), sous l'effet conjugué de la "chute" des achats de gaz (du fait du remplissage quasi-complet des stocks dès septembre), mais aussi d'électricité ("en particulier dans l’industrie"), dont les prix se sont, par ailleurs, contractés sur la période. Résultat, au global, les importations de la France ont reculé pour la première fois en un an (-8,2 %, soit 5,7 Md€ de moins). Mais les exportations ont suivi la même tendance, quoique dans des proportions moindres (-1,5 %, soit -800 millions d'euros). Sur les douze derniers mois écoulés, en revanche, pas de changement : le déficit commercial se creuse pour la 14e fois de suite, à -154,2 Md€. 

6 décembre

📍 Recadrage présidentiel sur les coupures d'électricité

L'exécutif aurait-il parlé trop vite, trop fort, trop tôt, ou les trois à la fois ? Il y a une semaine, jour pour jour, le gouvernement remettait sous le feu des projecteurs le sujet des coupures d'électricité cet hiver, pour soulager un réseau national sous tension. Changement de ton radical ce midi. Lors d'une brève déclaration à la presse, Emmanuel Macron a semblé vouloir couper court à ces menaces de délestages. Le président de la République a ainsi fustigé les « scénarios absurdes » entendus « ces dernières heures » : « Stop à tout ça ! », a-t-il exigé à son arrivée en Albanie, pour un sommet européen. « Le rôle des autorités, des entreprises publiques, ce n'est pas de transférer la peur, ni de gouverner par la peur », a-t-il expliqué, mais « de faire leur travail pour fournir de l'énergie, (...) et ensuite d'appeler chacun à la responsabilité pour qu'il y ait de la sobriété. (...) Nous sommes un grand pays. On a un grand modèle énergétique. Nous allons tenir cet hiver, malgré la guerre », a assuré le chef de l'Etat. En attendant, les préparatifs se poursuivent quand même : le distributeur d'électricité Enedis a mis en ligne le site qui servira à localiser les zones délestées, en cas d'alerte Ecowatt rouge.

L'industrie nautique reprend la barre

Secouée par le Covid-19, la filière nautique est désormais remise à flot. En marge de son salon annuel à Paris, elle assure s’être désormais rétablie de la pandémie. Problème : ce regain de forme signe aussi le retour de ses difficultés de recrutement.

Le transport aérien remet les gaz

L'horizon se dégage enfin pour les compagnies aériennes. L'Iata, leur association internationale, parie sur un retour aux profits l'an prochain, à hauteur de +4,7 milliards de dollars (4,5 Md€). Ce serait une première depuis 2019, après trois années de purgatoire dues à la pandémie de Covid-19. Ainsi, pour 2022, les pertes devraient encore s'élever à -6,9 Md$ (6,6 Md€), à ajouter aux 179,7 Md$ (171,3 Md€) déjà envolés en 2020-2021. Et pourtant, note l'Iata, le fret par avion a explosé cette année, avec un doublement attendu de son chiffre d'affaires par rapport à 2019. Insuffisant toutefois pour compenser un trafic passagers toujours convalescent : il devrait se situer à 70,6 % de son niveau d'avant-coronavirus (11,8 points sous la précédente estimation de juin), puis à 85,5 % en 2023. Un redressement plus lent que prévu, attribué au ralentissement de l'économie, mais aussi au maintien deS restrictions sanitaires dans certains pays, à commencer par la Chine.

Transition écologique : le plaidoyer de Bpifrance

La transition écologique, une question de survie pour les entreprises ? Bpifrance en est convaincue. Avec des outils de diagnostics, des formations, des financements et même une communauté spécifique, la banque publique d'investissement multiplie les initiatives pour aider les dirigeants à passer au vert et assurer leur avenir. Le point avec Anne Guérin, sa directrice exécutive du financement et du réseau.
A lire : « Les PME et ETI qui ne font pas leur transition écologique risquent de perdre leurs clients »

5 décembre

📍 L'inflation, stop ou encore ?

L'inflation n'en finit pas de déjouer les pronostics depuis plus d'un an. Ce qui n'a pas empêché Bruno Le Maire d'en retenter un, ce matin : le pic « n'est pas encore passé (...), il durera quelques mois », a prédit le ministre de l'Economie, sur France Inter. Las, le 1er juin, le même, au même micro, assurait, avec les mêmes mots, que le pays était « dans un pic d'inflation. (...) Le plus dur, nous y sommes », lançait-il. A sa décharge, il reconnaissait déjà que les prix resteraient élevés « plusieurs mois ». Sauf que six se sont écoulés depuis... Mais Bruno Le Maire a désormais quelques raisons d'espérer. A savoir une « décrue » au niveau de « certaines matières premières agricoles (le blé) et industrielles (le cobalt, le zinc, l'aluminium) ». Elle « doit pouvoir se transmettre aux prix à la consommation vers la mi-2023. Cela veut dire que, dans le courant de l'année prochaine, je confirme que notre estimation est que l'inflation devrait commencer à refluer », en a conclu, de manière alambiquée, le patron de Bercy.
A (re)lire : « La sortie de l’inflation risque d’être longue et douloureuse »

Accalmie relative des prix dans l'industrie...

Voilà de quoi apporter de l'eau au moulin de Bruno Le Maire : en octobre, les prix de production de l’industrie se sont, eux, bel et bien contractés d'1,1 % sur un mois, selon l'Insee. Il s'agit de leur premier recul depuis avril 2021. Mais cette accalmie reste très relative. D'abord parce que, à y regarder de plus près, ce repli reste circonscrit à quelques produits seulement (principalement ceux destinés au marché national dans l'énergie et les activités extractives, ainsi que la chimie). Surtout, sur un an, la tendance reste nettement à la hausse (+21,4 % par rapport à octobre 2021). D'où cette conclusion prudente de Jean-Luc Tavernier, le directeur de l'institut, sur LinkedIn : "C’est un peu rassurant pour le futur. Il serait cependant imprudent de penser que cela va se voir très vite au niveau des prix de détail, et il est plus vraisemblable qu’il y ait encore un peu de répercussion à venir des hausses des prix amont."

... et détente à la pompe, sur fond d'embargo

Les prix à la pompe aussi redescendent d'un cran. La décrue est particulièrement forte pour le GNR : à 1,2935 euro, en moyenne, la semaine dernière, le litre a perdu quasiment 7 centimes en sept jours (-5,1 %), pour tomber à son plus bas niveau depuis fin septembre, d'après le ministère de la Transition écologique. Le diesel, à 1,8202 €, n'est pas en reste (-2,2 %, soit 4 centimes de moins) : il efface, peu ou prou, l'explosion des prix, survenue à la mi-novembre, après l'abaissement de la "remise carburant". Le recul de l'essence est, en revanche, plus timide (environ -2 centimes pour le sans plomb 95, relevé à 1,7336 €, comme pour le SP98, à 1,7923 €). Reste à savoir si cette détente résistera à la double mesure de rétorsion, entrée en vigueur aujourd'hui, contre la Russie. Désormais, l'Union européenne et le G7 appliquent, en effet, un embargo sur les produits pétroliers du pays acheminés par la mer, ainsi qu'un plafonnement de son brut à 60 dollars par baril. De quoi assécher les ressources de Moscou dans sa guerre en Ukraine, mais aussi "[contribuer] (...) à la lutte contre l'inflation et au maintien de coûts énergétiques stables", espère Bruxelles.

Vers une année 2023 assez "nulle"

Malgré la crise énergétique, les pénuries de matières premières, les difficultés de recrutement et l’inflation, l’économiste Jean-Hervé Lorenzi estime que la France échappera, l’an prochain, à la récession, sans pour autant faire des miracles. Pour le fondateur du Cercle des économistes, l’un des grands défis de l’économie tricolore reste l’emploi. Un problème structurel bien connu de l'Hexagone, mais qui a changé de nature depuis quelques mois, selon lui.
A lire : « La croissance française sera nulle en 2023 »

2 décembre

📍 Vers un regain de la flambée des prix de l'électricité ?

Les industriels redescendent dans l'arène, contre la baisse de l'Arenh. Ce quota d'électricité nucléaire vendue à prix cassés sera moins généreux en 2023 qu'en 2022, ont confirmé, hier soir, les autorités. Une décision qui a fait bondir l'Uniden. Pour ce représentant des activités les plus énergivores du pays, le choix de l'Etat ne va faire qu'aggraver la situation économique et énergétique de toutes les entreprises.
A lire : Les industriels accusent l’Etat de souffler sur les braises des prix de l’électricité

Les usines déjà ralenties

La production pique à nouveau du nez dans l'industrie. En octobre, elle s'est nettement repliée dans tout le secteur secondaire (-2,6 % en un mois), comme dans sa partie manufacturière (-2 %), d'après l'Insee. Ce bilan mensuel porte toutefois les traces de la grève chez TotalEnergies et ExxonMobil (-46,3 % pour les activités de cokéfaction et raffinage) et des tensions dans l'énergie (-6,9 % dans les domaines de l'électricité, gaz et vapeur). Cela dit, toutes les branches sont en repli, à quelques rares exceptions près, comme les transports (hors automobile) en progression d'1,3 %.

Apprentissage : l'aide à l'embauche remaniée

En matière d'apprentissage, l'Etat change de formule et passe au 2 en 1. L'an prochain, les aides à l'embauche seront maintenues, avec un montant unique versé à l'entreprise, quel que soit l'âge de son alternant.
A lire : L’Etat prolonge, mais modifie, ses aides à l’apprentissage pour 2023

L'inspection du travail chasse les contrats courts

La "précarité" désormais dans le viseur de l'inspection du travail. Ajoutée à ses "priorités d'action" depuis l'an dernier, cette thématique désigne notamment la "lutte contre les recours abusifs aux contrats précaires" (CDD ou intérim). Pour mener à bien cette nouvelle mission, l'administration s'appuie même sur "un outil de ciblage des entreprises" qui en sont friandes. L'an dernier, les agents de l'Etat ont ainsi démarré leurs contrôles de la "précarité" par 825 interventions au total... mais ils en avaient déjà effectuées 3 965 au premier semestre 2022 - soit 3 % de l'ensemble des actions menées sur cette période, une part 10 fois plus grande que sur toute l'année 2021. Ces opérations ont abouti à 11 mises en demeure, précise le ministère du Travail. De quoi resserrer un peu l'étau sur le recours excessif aux contrats courts, une pratique déjà dans le collimateur des pouvoirs publics, depuis l'instauration d'un bonus-malus sectoriel, dans la précédente réforme de l'assurance chômage.

1er décembre

📍 Crise de l'énergie : la menace des délestages

Gare aux coupures de courant cet hiver ! Face au risque de pénurie d’électricité en janvier, l’Etat accélère les préparatifs de son "plan national de délestage". Au programme : des rationnements "localisés et temporaires"... Mais pas inévitables : pour y échapper, les autorités en appellent en effet à la "sobriété" des entreprises.
A lire : Les délestages envisagés par le gouvernement pour cet hiver, mode d'emploi

Automobile : un si lent redressement

Le marché automobile français confirme sa relative embellie du moment. En novembre, les ventes de véhicules particuliers ont progressé pour le quatrième mois consécutif (+9,8 % sur un an), selon la Plateforme automobile, soit 133 961 immatriculations enregistrées. Ce chiffre reste toutefois bien inférieur au volume atteint avant le Covid-19 (-22,4 % par rapport à novembre 2019). Mais même sans remonter jusque-là, le cumul des ventes sur les onze mois de 2022 affiche toujours un déficit de 8,6 % comparativement à l'an dernier.

Batterie électrique : l'union sacrée d'Airbus et Renault

Les ingénieurs d'Airbus et Renault main dans la main pour dessiner le futur des batteries électriques. Les deux géants industriels français ont conclu "un accord de recherche et développement", afin de relever un défi commun : atteindre la neutralité carbone en 2050, par le biais de l'électrification de leurs véhicules respectifs.
Sur le même sujet : Orano teste le recyclage des batteries de véhicules électriques à Bessines

Industrie : des usines à 100 briques

Double coup de fouet pour l'industrie en région. Deux investissements à 100 millions d'euros chacun viennent d'être annoncés dans l'Ouest. Le dernier en date est celui de la filiale française du groupe japonais Toray, spécialisée dans la fabrication de fibre de carbone, pour son site d’Abidos (Pyrénées-Atlantiques).
A lire : Toray investit 100 millions d’euros dans une nouvelle ligne de production
Le second projet émane du français Naval Group, dans le cadre de la conception et de la réalisation du futur porte-avions à propulsion nucléaire de la Marine nationale.
A lire : Naval Group va investir 100 millions d’euros sur son site nantais

30 novembre

📍 Crise de l'énergie : "l'amortisseur électricité" se détend...

Comme un air de déjà-vu. A la manière de l'aide aux activités énergivores, maintes fois remaniée depuis son lancement (et même avant), le nouvel "amortisseur électricité" du gouvernement évolue déjà. Le principal changement porte sur le mode de calcul, censé être plus généreux. Oubliez les seuils de déclenchement du dispositif, fixés entre 325 et 800 euros du mégawattheure (MWh) : la référence retenue sera finalement située entre 180 et 500 €/MWh, le tout étant entendu comme "le prix annuel moyen de l'électricité hors coûts d'acheminement dans le réseau et hors taxes". Pour faire simple, et le dire autrement, ce changement de formule repoussera le plafond de l'aide accordée de 120 à 160 €/MWh environ, selon les estimations de l'exécutif. Résultat, l'amortisseur "permettra de prendre en charge environ 20% de la facture totale d'électricité". Ce rabais sera appliqué automatiquement aux TPE-PME concernées... à condition - et c'est aussi nouveau - qu'elles aient, au préalable, envoyé une "attestation d'éligibilité" à leur fournisseur ! Au total, l'Etat entend consacrer 3 milliards d'euros à ce mécanisme valable uniquement sur les contrats 2023.

... la boîte à outils se précise

Vous avez du mal à vous y retrouver dans ces annonces qui s'empilent et se corrigent d'une semaine sur l'autre ? Ca tombe bien : on vous a récapitulé toutes les aides publiques auxquelles ont droit les entreprises dès maintenant et l'année prochaine. Guichet, amortisseur, bouclier... suivez le guide !
A lire : Ce que contient la boîte à outils de l’Etat pour protéger les entreprises de la flambée des prix de l'énergie

La consommation des ménages plonge

Les ménages referment le porte-monnaie. En octobre, leur consommation a plongé de 2,8 % en un mois, selon l'Insee. Soit "la plus forte baisse mensuelle depuis avril 2021"... et un volume de dépenses au plus bas depuis novembre 2015 (hors mois de confinements). Ce repli touche de nombreux domaines. L'énergie d'abord (-7,9 %), mais ce chiffre est difficile à interpréter, précise l'institut, en raison de la douceur des températures, de la "remise carburant" portée à son niveau maximal et des pénuries dans les stations essence, dues aux grèves chez TotalEnergies et ExxonMobil. Plus franche, et donc inquiétante, en revanche, est la contraction des achats de biens fabriqués en général (-1,7 %), d'habillement (-4,1 %) et de biens d'équipement du logement (-3,9 %) en particulier. Les produits alimentaires, eux, poursuivent leur descente aux enfers (-1,4 %, au plus bas depuis mars 2009 !). Autant de contre-performances qui s'inscrivent désormais dans une tendance lourde : sur un an, la consommation des ménages affiche ainsi un recul de 5,9 %.

La hausse des prix plafonne

Si la flambée des prix est responsable du gel de la consommation en octobre, alors novembre s'annonce d'ores et déjà sinistre. L'inflation est en effet restée stable sur ces deux mois, à +6,2 % sur l'année, toujours selon l'Insee. Le renchérissement se poursuit dans l'alimentaire (+12,2 %, 0,2 point de plus qu'en octobre) et les produits manufacturés (+4,4 %, idem). Mais, étonnamment, il ralentit dans l'énergie (+18,5 %, -0,6 point).

29 novembre

📍 Vers un partage de la valeur obligatoire en 2023

Le "dividende salarié" revient sur le devant de la scène. Promesse de campagne d'Emmanuel Macron, la mesure sera mise en place dès l'an prochain, dans « toutes les entreprises »... et revêtira même « un caractère obligatoire », a révélé Pascal Canfin, sur France Info, ce matin. Le dispositif pourrait s'accompagner, en outre, d'un autre mécanisme contraignant : une "super-participation", imposée en cas de super-profits de la société.

Les prix de l'énergie crispent (beaucoup)

Nouveaux appels à l'aide face à l'envolée des prix de l'énergie. Après le commerce, le textile et l'agroalimentaire, la Confédération de la boucherie (CFBCT) dénonce, à son tour, l'insuffisance des aides publiques aux PME, "dont certaines se trouvent dans une véritable zone blanche". Faute d'action de l'Etat, "nous assisterons collectivement à la mort de nombreuses entreprises artisanales", prédit la profession. Pour appuyer son message, elle organisait, aujourd'hui, une journée de mobilisation nationale, avec "manifestation historique, la première depuis plus de 20 ans", près de l'Assemblée nationale. De son côté, le Syndicat des indépendants et TPE (SDI) fustige, lui aussi, des mesures "très mal calibrées", à l'image du nouvel "amortisseur électricité" : un tiers des 2 070 dirigeants, interrogés du 14 au 18 novembre par l'organisation, "n'atteignent pas le seuil de déclenchement", s'étrangle le SDI. Comme la CFBCT, il réclame plutôt un plafonnement des hausses de prix. Et déplore, en sus, le choix des autorités de "[se focaliser] sur leurs capacités d'intervention, estimées à 10 milliards d'euros, et non sur les besoins réels et ciblés des entreprises".

Les prix du carburant se dégonflent (un peu)

La flambée des prix à la pompe se calme un peu, sans s'éteindre pour autant. Après un boom lié à l'abaissement de la "remise carburant" le 16 novembre, la tendance était au repli, la semaine dernière, selon les données du Ministère de la Transition écologique. Le litre de diesel coûtait ainsi, en moyenne, 1,8611 euro (-2,35 % en sept jours, soit 4 centimes de moins), tandis que l'essence a reculé, elle, d'1,5 % (à 1,7565 € pour le sans plomb 95 et 1,8126 € pour le SP98). Mais la plus forte baisse reste celle du GNR : stable depuis trois semaines, le gazole non-routier a perdu 4 % d'un coup (-5 centimes), pour s'établir à 1,3627 €, au plus bas depuis fin septembre.

Santé : les cessions-acquisitions de PME en pleine forme

Les PME de la santé ne connaissent pas la crise. En dépit du ralentissement de l’économie, les opérations de reprise et de rachat de ces entreprises se sont poursuivies à un rythme élevé en début d’année, assurent In Extenso Finance et Lamartine Conseil. Preuve, selon eux, de l’attractivité structurelle du marché français.
A lire : Les PME de la santé restent très courtisées malgré la conjoncture économique

28 novembre

📍 Transports : les RER débarquent en région

Faire rouler des RER en dehors de la région parisienne. C'est la nouvelle idée d'Emmanuel Macron en matière de transition écologique. Dans une vidéo Youtube, le président de la République a annoncé, hier, vouloir « développer un réseau de trains urbains » dans dix métropoles du pays. Il ne précise toutefois ni lesquelles ni pour quand. Le chef de l'Etat se contente de poser le principe de cette « grande ambition nationale » en faveur « d'une vraie stratégie de transports urbains (...). C'est un super objectif pour l'écologie, l'économie, la qualité de vie », vante encore Emmanuel Macron. Parmi les possibles prétendants figurent Strasbourg, Bordeaux, Lille, Lyon, Grenoble ou encore Aix-Marseille. Plus de précisions sont attendues à la mi-décembre, en provenance du "conseil d'orientation des infrastructures de transport". Cette instance avait reçu pour mission, à l'automne, de programmer les investissements de l'Etat jusqu'en 2032 autour de plusieurs priorités, dont les "mobilités du quotidien (...) en privilégiant le transport ferroviaire (en particulier les services express métropolitains), les transports collectifs ou partagés, ainsi que les mobilités actives".

Fiscalité : haro sur les fraudeurs à la TVA

L'Etat va serrer la vis aux tricheurs à la taxe sur la valeur ajoutée. « Dès l'année prochaine, nous pourrons retirer d'office le numéro de TVA d'une entreprise qui fraude », a averti le ministre des Comptes publics, dans une interview au Parisien, ce week-end. Cette mesure s'inscrira dans le cadre d'un « plan spécifique sur la fraude fiscale et sociale », prévu début 2023. Gabriel Attal rappelle également, de manière plus implicite, que les arnaques sur la TVA devraient aussi reculer, avec le passage programmé à la facturation électronique dans les relations B2B, à partir de 2024. But de toutes ces opérations : remettre la main sur une partie des 20 milliards d'euros que ces pratiques illicites font perdre à l'Etat chaque année, d'après une estimation de l'Insee.

Crise de l'énergie : les entreprises ne sont pas prêtes...

La flambée des coûts de l'électricité n'a pas fini de faire parler d'elle. Près de 8 entreprises sur 10 ne se sont pas encore penchées sur cette question, dans la mesure où leur contrat n'arrivera pas à échéance avant la fin de cette année, selon une enquête OpinionWay pour CCI France, LCI et La Tribune, réalisée auprès de 609 dirigeants d’entreprise, du 7 au 15 novembre. Or, parmi celles qui déclarent avoir déjà subi une augmentation de leurs tarifs (à hauteur de +92 % en moyenne !), la première solution qui s'impose à elles consiste... à relever leurs propres prix de vente. Un choix cité quasiment deux fois plus que la mise en place d'un plan d'économies d'énergie ou la baisse des investissements. D'où la mise en garde du président des chambres de commerce et d'industrie : "Les mauvaises nouvelles pourraient, hélas, arriver en cascade au fil des prochains mois", prévient Alain Di Crescenzo. Or, "ces hausses risquent de mettre en péril la viabilité des petites entreprises et réalimenter la spirale inflationniste". Et ce, d'autant plus que les aides publiques "sont inégalement connues et les entreprises ont du mal à s’en saisir", montre, par ailleurs, cette enquête.
A (re)lire : Contre la flambée de l'énergie, l’Etat se résout à aider les PME et amplifie son aide aux ETI

... le mayennais Sodistra, si

Ses factures énergétiques ne l'inquiètent pas, lui. Le fabricant de solutions de traitement d’air Sodistra est parvenu à maîtriser ses dépenses énergétiques cette année. Son secret (et sa chance) ? Un contrat de fourniture pluriannuel valable jusqu'en 2024. Mais aussi des investissements d'avenir dans l’installation de panneaux photovoltaïques pour sa propre consommation.
A lire : Comment Sodistra a réussi à maîtriser ses dépenses énergétiques

25 novembre

📍 L'inflation pèse sur le moral des ménages et le budget de Noël

A un mois de Noël, les ménages reprennent du poil de la bête. Leur moral s'est redressé, en novembre, pour la deuxième fois consécutive (+1 point en un mois), selon l'Insee. L'indicateur atteint ainsi son point le plus haut depuis mai dernier. Pour autant, les Français disent s'inquiéter de plus en plus du chômage (+4 points) et ressentir toujours davantage l'inflation (+4 également). Quel impact aura cette augmentation des prix sur les Fêtes justement ? C'est le mystère que tentent d'élucider plusieurs sondages de saison. L'un, de CSA Research pour Cofidis, assure que le budget moyen de Noël, tout compris, sera orienté à la hausse (+6,5 %). L'autre, de l'Ifop pour Voyage Way, évoque plutôt une baisse de 5,4 % des dépenses en cadeaux. Difficile d'y voir clair dans ces conditions, mais le démarrage poussif des ventes en magasin n'augure déjà rien de bon, à en croire le président de Système U. Les ventes de jouets seraient ainsi en baisse de 20 % dans les grandes surfaces, indiquait, cette semaine, sur France Info, Dominique Schelcher.

Textile : l'industrie aidée à se mettre au vert

Le gouvernement veut teindre en vert l'industrie textile tricolore. Pour rendre la mode plus durable, le ministre de la Transition écologique a annoncé un effort d'1 milliard d'euros sur six ans autour de la relocalisation, du recyclage, de la réparation et du réemploi des vêtements et chaussures.

Energie : une première pour l'éolien en mer

Après sept ans d’études et trois ans de chantier, le premier parc éolien en mer de France tourne à plein vent. Sa mise en service complète, au large de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique) a été officiellement annoncée cette semaine. D'un coût de 2 milliards d’euros, le site mobilise 100 salariés pour son exploitation et sa maintenance. Et sert de poisson-pilote pour atteindre l'objectif présidentiel de 50 parcs offshore ouverts avant 2050.
A lire : Le parc éolien en mer de Saint-Nazaire mis officiellement en service

Automobile : les ventes européennes en convalescence

Et de trois. Le marché automobile européen continue de remonter doucement la pente : en octobre, les ventes ont enregistré une troisième hausse consécutive (+12,2 % sur un an), selon l'Association des constructeurs européens (ACEA). Mais avec 745 855 véhicules particuliers immatriculés, ce résultat reste très loin du volume d'avant-coronavirus (-27,9 % par rapport à octobre 2019). Côté français, Stellantis est resté en difficulté le mois dernier (-4,3 % comparé à octobre 2021), quand le groupe Renault parvenait, lui, à limiter les dégâts (+0,2 %, grâce à la seule marque Dacia à +14,8 %).

24 novembre

📍 Les chefs d'entreprise retiennent leur souffle

Pour l'instant, les patrons font le dos rond. En novembre, le climat des affaires, tel que mesuré par l'Insee, est resté stable pour le troisième mois consécutif. Cette pause intervient après une dégradation, quasi-continue depuis février, du moral des dirigeants. Mais l'accalmie reste très relative, puisque seul le commerce de gros connaît, en réalité, un regain d'optimisme (+5 points en deux mois), à l'inverse du bâtiment, des services et de l'industrie (-2 chacun depuis octobre, en raison notamment d'inquiétudes sur l'activité à venir). Pis, dans ce dernier secteur, certaines branches broient carrément du noir, à l'image de la métallurgie (-6), l'automobile (-6) et la chimie (-2), tous exposés à la crise énergétique. Autre mauvais signe avant-coureur, l'indicateur sur les stocks de produits finis est à son plus haut niveau depuis 2008, et atteint même un pic historique dans les équipements électriques et les matériels de transport depuis que cette statistique existe en 1990.

Crise de l'énergie : feu vert sur le gaz, doute sur le bouclier

Pas d'inquiétudes pour l'approvisionnement en gaz de la France. « Il n'y a pas de raison qu'on ait des difficultés cet hiver », a tenu à rassurer la présidente de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) Emmanuelle Wargon, ce matin, sur France 2. Au contraire, donc, de l'électricité, pour laquelle le niveau de risque a été relevé par RTE pour le mois de janvier. En revanche, sur le "bouclier tarifaire", la patronne de la CRE apporte une nuance, jusqu'ici passée sous silence : le plafonnement de la hausse des tarifs du gaz à +15 % sera valable jusqu'en juin 2023... mais peut-être pas au-delà. « Ce sera une décision du gouvernement qui sera prise à l'été, en fonction de l'évolution des prix du gaz. » Et pour cause : malgré la crise, l'exécutif a maintenu la disparition programmée, pour tous, des tarifs réglementés du gaz au 1er juillet prochain.

L'innovation, planche de salut de l'industrie française ?

Une nouvelle brique dans le chantier de la réindustrialisation. Bpifrance lance une nouvelle offre d'accompagnement pour les PME et ETI industrielles. Avec un credo : l'avenir des usines tricolores passe par l'innovation à tout prix.
A lire : Bpifrance veut encourager les PME et ETI à innover pour produire en France
Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'un plan de 2,3 milliards d'euros, présenté en début d'année. Sur cette somme, 550 millions d'euros doivent justement aller à des projets d'industrialisation de produits innovants. Cet appel à projets "Première usine" a livré, aujourd'hui aussi, le nom de ses premiers lauréats. Au total, 18 entreprises, principalement de l'agroalimentaire, des transports et de la chimie, ont ainsi obtenu 88 M€ d'aides publiques. Ce qui devrait aboutir à "plus de 467 M€ d’investissements productifs et 2 000 emplois industriels créés" sur le territoire, espère le gouvernement. La plupart de ces projets d'implantation sont situées en région, notamment Occitanie (5, dont Microphyt et Ampère), Auvergne-Rhône-Alpes (3, dont Aatawey et eCential Robotics) et Région Sud (3, dont Eranova et Bellatrix).

Spatial : le budget européen au 17e ciel

L'Agence spatiale européenne décroche la Lune. Son budget va s'élever à près de 17 milliards d'euros pour les trois prochaines années, en hausse de 17 % par rapport à la précédente enveloppe, a annoncé, hier, l'ESA. La France y contribuera à hauteur de 3,25 milliards d'euros. Le transport spatial obtient 2,8 Md€ (notamment pour les lanceurs Vega-C et Ariane 6, ainsi que pour le développement d'un système de combustion à l'hydrogène vert en Guyane) et les télécommunications 1,9 Md€ (dont 720 millions devraient aller à un projet de "constellation de satellites européens pour une connectivité sécurisée"). Le soutien à l'innovation technologique (542 millions d'euros) se concrétisera notamment à travers un programme baptisé "ScaleUp", censé faire entrer le Vieux-Continent de plain-pied dans l'univers du "new space". Il s'agira, en l'occurrence, de soutenir les entreprises privées (par le biais d'incubateur, accélérateur et autres services), afin de développer un écosystème régional et de "faire de l'Europe un centre névralgique de la commercialisation spatiale". 

23 novembre

📍 La France en zone de turbulences économiques

L'économie française rentre dans le dur. En novembre, l'activité s'est contractée pour la première fois en 21 mois, selon l'indice PMI du cabinet S&P Global. Après l'industrie, orientée à la baisse depuis juin, c'est au tour du tertiaire de se retourner : "Les capacités d’endurance des prestataires de services semblent désormais épuisées", appuie l'économiste Joe Hayes, en conclusion de cette enquête, menée auprès des directeurs d'achat, entre les 10 et 21 novembre. A l'origine de cette panne : un "nouvel affaiblissement de la demande", sous les coups de boutoir de l'inflation en général, des coûts de l’énergie en particulier, et de la hausse des taux d'intérêt, encore en plus. Plus inquiétant, "les perspectives d’activité des entreprises" tombent à leur plus bas niveau depuis deux ans. Même les bonnes nouvelles de cette étude n'en sont pas vraiment. Ainsi, si les augmentations de prix se calment, sous l'effet d'un relâchement des difficultés d'approvisionnement, "de nombreuses entreprises continuent de répercuter la hausse de leurs coûts sur leurs clients, ce malgré l’impact négatif de cette mesure sur le niveau des carnets de commandes".

Le retour de la fièvre entrepreneuriale

Ce n'est pas le moindre des paradoxes du moment. En plein marasme économique, les créations d'entreprises se sont offertes un record historique en octobre. Résultat, après le trou d'air observé entre fin 2021 et mi-2022, les nouvelles immatriculations enregistrées sur les douze derniers mois sont repassées au-dessus de leur niveau d'il y a un an.

Faux départ pour le bonus-malus des contrats courts

Voilà qui ne va pas redorer le blason d'un dispositif déjà vilipendé par le patronat. Tout juste entré en application, le bonus-malus sur les contrats courts a été victime d'"une erreur informatique", indique un arrêté, paru aujourd'hui au Journal officiel. Le bogue en question "a affecté les données relatives au taux de séparation de certaines entreprises" et a donc "faussé le calcul des taux médians par secteur publiés dans l'arrêté du 18 août 2022". Or, c'est la comparaison de ces deux indicateurs qui détermine la majoration, ou la minoration, de la contribution patronale d'assurance chômage, exigée aux employeurs des sept domaines d'activité concernés par cette réforme. Les taux publiés ce matin, revus et corrigés, seront appliqués au 1er décembre. Les 6 000 entreprises victimes de ce dysfonctionnement seront soit remboursées (en cas de trop-perçu de l'administration), soit exemptées (en cas de révision à la hausse de leur cotisation), a fait savoir à plusieurs médias le ministère du Travail.

Télécoms : l'avenir de Scopelec en balance

Quel avenir pour la plus grande Scop de France ? Le sort de Scopelec et ses 2 600 salariés ne devrait être tranché que le 8 décembre. En attendant, l'entreprise de télécommunications, placée en redressement judiciaire depuis deux mois, suscite beaucoup d'intérêt. Six offres de reprise sont sur la table. Parmi elle, celle du nouveau président du directoire Carlos Verkaeren jouit de nombreux soutiens. Notre rédaction d'Occitanie est allée à sa rencontre pour en savoir plus sur ses intentions.
A lire : Le projet New Scope dans la dernière ligne droite pour reprendre Scopelec

22 novembre

📍 La croissance 2023 rassure, l'inflation inquiète

Des chiffres stables, mais des mots durs. L'OCDE maintient globalement ses prévisions de croissance pour 2023 (+2,2 % au niveau mondial), voire les réévalue légèrement à la hausse pour la zone euro (+0,5 %, soit 0,2 point de plus qu'annoncé il y a deux mois) et l'Allemagne (toujours annoncée en récession, malgré tout, avec -0,3 %). Le PIB de la France devrait, lui, toujours progresser de 0,6 % (voire 0,75 %, indiquait, hier, le FMI). Pourtant, les nuages s'accumulent bel et bien sur l'économie : "Le durcissement des politiques monétaires et la hausse des taux d’intérêt réels, la persistance de prix élevés de l’énergie, la faible croissance des revenus réels des ménages et la dégradation de la confiance sont autant de facteurs qui devraient saper la croissance", énumère l'organisation internationale. Preuve que le pire n'est pas exclu : l'inflation devrait être encore plus forte qu'attendue dans la zone euro (+6,8 % en 2023, révisée à la hausse de 0,6 point, et encore +3,4 % l'année suivante).

Difficultés de recrutement : les PME perplexes

Un fossé d’incompréhension serait-il en train de se creuser entre employeurs et travailleurs ? C’est ce qui ressort en tout cas, en filigrane, de la dernière étude de la CPME sur l’emploi. Après avoir déjà noté, cet été, un détachement "inquiétant" des Français à l’égard du travail, l’organisation patronale s’étonne, cette fois, de voir les salariés tourner le dos aux CDI. Et ce, alors même que les difficultés de recrutement paraissent toujours aussi aiguës. Et pourtant, les chefs d'entreprise assurent, dans le même temps, jouer le jeu des revalorisations salariales. Ainsi, la moitié envisage déjà d'augmenter les rémunérations au 1er janvier et les deux tiers de ceux qui recrutent disent corriger à la hausse les salaires proposés pour tenter d'attirer des candidats.

Prix de l'énergie : les restaurateurs à couteaux tirés

L'hébergement-restauration passe à table et sort les couteaux contre les fournisseurs d'énergie. « La pression doit changer de camp pour [qu'ils] prennent leur part de responsabilité et d'effort dans [la] crise » actuelle, déclenchée par la flambée des prix, a lancé Thierry Marx, le nouveau président de l'Umih, à l'ouverture du congrès annuel de l'organisation professionnelle, à Brest. Le chef étoilé a également plaidé pour un élargissement des aides publiques en général, du "bouclier tarifaire" en particulier. Autre motif de grief : la politique de rééchelonnement des prêts garantis par l'Etat, jugée trop restrictive et dépassée, dans la mesure où elle a été arrêtée avant l'explosion de l'inflation.
A lire : Le coût de l’énergie et la qualité de vie au travail au menu du Congrès de l’Umih à Brest

Décarbonation : l'exemple dunkerquois

Faire de la décarbonation une chance, plutôt qu'une contrainte. C'est le pari fait par le territoire dunkerquois, engagé depuis 2015 dans une démarche de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre. De quoi lui donner une longueur d’avance sur les autres territoires industriels de France et d'Europe, explique notre rédaction des Hauts-de-France dans sa dernière enquête.
A lire : Comment Dunkerque fait de la décarbonation son moteur

21 novembre

📍 Prix de l'énergie : le guichet nouveau est arrivé

On oublie tout et on recommence. Encore. L’aide aux entreprises les plus gourmandes en énergie a (re)fait peau neuve ce week-end, dans une version qui se veut plus "efficace" et "rapide". Mais cet effort de clarté et de simplicité s'arrête, pour l'instant, à l'aide de base, désormais plafonnée à 4 millions d'euros et ouverte depuis samedi. Le flou et la complexité demeurent, en revanche, pour les tranches supérieures du dispositif, portées, elles, à 50 et 150 millions d'euros.
A lire : L'État ressort une version simplifiée de son aide aux entreprises les plus énergivores
Dans le même temps, et comme un aveu de faiblesse des aides mises en place, l'Etat va octroyer un prêt de 15 millions d'euros au verrier Duralex, en première ligne de cette crise de l'énergie, a annoncé, ce matin, le ministre de l'Industrie sur Europe 1. L'idée est de « leur permettre littéralement de passer l'hiver », a justifié Roland Lescure, alors que l'industriel a dû mettre en veille le four de son usine historique du Loiret.

Prix des carburants : les prix fous sont de retour

Il fallait s'y attendre : avec la diminution de la "remise carburant" du gouvernement (passée de -30 à -10 centimes par litre, mercredi dernier), les prix à la pompe ont littéralement dérapé, la semaine dernière. La plus spectaculaire envolée revient au sans plomb 98, avec un litre à 1,8407 euro de moyenne (de retour à son niveau de fin août), en hausse de 7,3 % en sept jours (soit +12,5 centimes). Le SP95 (à 1,7828 €, un plus haut depuis près de quatre mois) et le diesel (à 1,9059 €) bondissent, eux, de 5,8 % (environ 10 centimes). Seul le GNR est resté imperturbable, à 1,4196 € (-0,3 %), un prix stable depuis trois semaines.

La grande démission des chefs d'entreprise

Les patrons jettent l'éponge. Entre juillet et octobre, les disparitions volontaires d'entreprise, c'est-à-dire à l'initiative de leurs propres dirigeants, ont augmenté de 8 % sur un an, selon le Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce et le cabinet Xerfi Spécific. Une évolution étonnante, puisque, dans le même temps, le nombre total de radiations du registre du commerce et des sociétés a suivi une  tendance exactement inverse (-6 %). Les deux organismes y voient une conséquence perverse du "quoi qu'il en coûte", dans la mesure où "des effets d’aubaine sont apparus avec les aides gouvernementales, permettant aux [patrons] déjà fragiles de se désengager plus favorablement".

JO 2024 : les mascottes de la désindustrialisation

Elles ne seront pas made in France à proprement parler. Et pourtant, derrière les mascottes des Jeux olympiques de Paris 2024 se cachent bien deux entreprises basées en région. Notre rédaction de Normandie est allée à la rencontre de l'une d'elles. Gipsy Toys, installé près de Caen, doit produire deux millions de pièces pour l'événement. Une satisfaction pour sa vice-présidente Sandra Callahan, malgré la polémique sur la fabrication en Asie de la plupart de ces peluches.
A lire : « Le marché de la mascotte des JO de Paris est une vraie bouffée d’oxygène pour Gipsy Toys »

18 novembre

📍 Crise de l'énergie : gare au mois de janvier

La flambée des prix l'avait presque renvoyé au second plan. Et pourtant, le spectre de coupures de courant cet hiver plane toujours sur la France. Cette piqûre de rappel est venue, aujourd'hui, du gestionnaire du réseau électrique. RTE s'inquiète, en particulier, pour le mois de janvier, où le risque passe au niveau "élevé", en raison "de la possible survenue d’une vague de froid, même modérée". Pour le reste, l'évaluation globale de RTE reste inchangée (pas de "black-out" total, mais "quelques" alertes possibles), dans la mesure où la réduction de la consommation observée cet automne est compensée par la baisse de la production nucléaire, liées aux difficultés de maintenance d'EDF. Ceci dit, la situation s'avère un peu plus rassurante que prévu pour "décembre et à partir de fin février", note RTE. Ce qui n'empêche pas les prix de rester "anormalement élevés", déplore l'entreprise de service public, du fait d'une "prime de risque disproportionnée par rapport aux fondamentaux de l’équilibre offre-demande".

Prix des carburants : de la remise à l'indemnité

A ciblage des aides, ciblage et demi. La "remise carburant" universelle du gouvernement sera bel et bien débranchée, au 31 décembre, pour être remplacée par un soutien plus ponctuel, recentré sur « la moitié des ménages » - autrement dit, en termes fiscaux, « les cinq premiers déciles de revenus ». Annonce faite par la Première ministre, aux Echos. Elisabeth Borne ne donne guère plus de détails, sinon que le dispositif devra bénéficier « significativement [à] ceux qui effectuent un trajet long pour aller au travail ». Et qu'il se traduira par « un versement dès le début de l'année ». Un peu plus tôt dans la semaine, Gabriel Attal avait, pour sa part, indiqué, sur LCI, que les automobilistes devraient s'enregistrer sur un site web, avec leur numéro de déclarant fiscal et de carte grise, avant de percevoir cette "indemnité carburant travailleurs". Le ministre des Comptes publics prévoit d'y consacrer environ 1,5 milliard d'euros.

Menace sur l'investissement dans les TPE-PME

Face à la crise, les TPE-PME sacrifient leurs projets. Elles n'ont jamais été aussi peu nombreuses en deux ans à déclarer avoir déjà investi, ou envisager de le faire avant la fin de l'année, selon un baromètre trimestriel Bpifrance Le Lab et Rexecode. Et pour cause : fragilisée par l'inflation, leur trésorerie est soumise à rude épreuve, alors même que ces entreprises ont déjà, en majorité, relevé leurs prix pour tenter de faire face.

Défaillances : les petites entreprises en première ligne

Les plus petites entreprises sont en première ligne de la remontée des défaillances. Revenues à leur niveau d'avant-coronavirus depuis août dernier, les procédures collectives à l'encontre des TPE (hors microentreprises) et PME de moins de 50 salariés se sont accélérées en octobre : leur volume cumulé sur douze mois a bondi, respectivement, de 6,5 et 7,8 % par rapport à 2019, selon la Banque de France (contre moins de 2 % précédemment). Par ailleurs, si aucun secteur n'a encore renoué avec son niveau de sinistralité pré-pandémique, le rattrapage ne s'avère pas moins très violent pour l'hébergement-restauration (+82,8 % comparé à 2021, un taux exactement deux fois supérieur à la moyenne) et, dans une moindre mesure, l'industrie (+54 %).

17 novembre

📍 Feu vert à la réforme de l'assurance chômage bis

Une réforme en chasse une autre. Le projet de loi d'urgence sur le marché du travail a été définitivement adopté, aujourd'hui, par le Parlement. Ce texte prolonge, d'abord, les mesures entrées en vigueur il y a moins d'un an. Elles resteront en place jusqu’au 31 décembre 2023 - et même jusqu'au 31 août 2024 pour le bonus-malus sur les contrats courts. Et pour cause : ce système de cotisations majorées ou minorées ne s'applique concrètement aux sept secteurs concernés que depuis septembre. Sans avoir donc pu évaluer les effets de toutes ces dispositions, la nouvelle loi anticipe déjà la suite. Elle autorise en effet le gouvernement à moduler, par simple décret, les paramètres de l’assurance chômage en fonction de la conjoncture économique. L'exécutif en dira plus, sur ce point, à l'issue de ses concertations avec les partenaires sociaux, prévus pour s'achever lundi prochain. Mais, d'ores et déjà, l'heure est au durcissement des conditions d'indemnisation : les allocations pourront ainsi être refusées après un abandon de poste ou un refus répété de CDI, à la sortie d'un contrat court. S'ajoute à ces mesures sur l'assurance chômage une refonte du dispositif de validation des acquis de l’expérience (VAE). Autant d'initiatives censées "apporter une réponse efficace aux difficultés de recrutement" des entreprises, assure le ministère du Travail.

L'inflation forte pour une année de plus

La lutte contre l'inflation ressemble de plus en plus à une histoire sans fin. Le retour à un rythme d'augmentation des prix plus modéré ne cesse en effet de s'éloigner. Dernière démonstration en date, cette déclaration du gouverneur de la Banque de France au Progrès : « Nous allons ramener l’inflation vers 2 % d’ici deux ou trois ans », clame François Villeroy de Galhau. Soit en 2025 au plus tard. En juin, l'institution assurait pourtant parvenir à atteindre cette cible "au cours de 2024".

Le commerce en ligne reste imperturbable

Le e-commerce surfe décidément sur toutes les crises. Renforcé par la pandémie de Covid-19, il a encore maintenu le cap de la croissance au troisième trimestre, en dépit du contexte inflationniste, montre le dernier bilan de la Fevad, la fédération du secteur. Mais les difficultés de pouvoir d'achat pourraient peser lourd sur la fin d'année.

Télétravail : le Covid-19 continue de faire bouger les lignes

Et cinq jours de télétravail en plus pour les salariés français en poste au Luxembourg ! Ces transfrontaliers pourront rester chez eux jusqu'à 34 jours (au lieu de 29 actuellement) sans perdre les avantages fiscaux liés à leur statut. Autrement dit, ces 34 jours de distanciel, réalisés en France, "seront considérés et imposés comme s’ils avaient été effectués [au Luxembourg]". Ce nouveau plafond sera applicable aux revenus perçus à partir de 2023, après ratification officielle par les deux Etats. Cette évolution est la dernière conséquence en date du Covid-19 sur les accords fiscaux qui lient la France à ses voisins concernant le sort de leurs travailleurs transfrontaliers. La pandémie les avait contraints à des mesures dérogatoires, censées définitivement prendre fin au 31 décembre.

16 novembre

📍 Crise de l'énergie : l'agroalimentaire "en danger"...

Au tour de l’agroalimentaire de lancer son cri de détresse face au "coût exorbitant de l’énergie". Pas moins de 25 organisations interprofessionnelles se disent, aujourd'hui, "en danger" et réclament au gouvernement "un plan d’accompagnement à la hauteur des enjeux". Comme en écho, le Medef a, lui aussi, appelé à de nouvelles initiatives publiques, pour sauver les entreprises de la flambée des factures énergétiques. Sauf que l'organisation patronale se tourne désormais vers Bruxelles, plutôt que Paris. Elle demande, en particulier, à la Commission européenne de revoir les règles de fixation des prix de l'électricité et d'encadrer les aides nationales aux entreprises, afin d'éviter des distorsions de concurrence, également dénoncées par l'agroalimentaire, entre autres.
A (re)lire : Contre la flambée de l'énergie, l’Etat se résout à aider les PME et amplifie son aide aux ETI

... ... les usines françaises lèvent déjà le pied

La récession, plus forte que la sobriété ? La consommation d'électricité apparaît en tout cas en net repli, cet automne, et pas forcément pour de bonnes raisons. Selon un suivi désormais hebdomadaire du gestionnaire du réseau RTE, elle s'est repliée de 6,6 % sur les quatre dernières semaines, par rapport à son niveau moyen de la période 2014-2019. Une "diminution structurelle", car corrigée des variations de températures, et attribuée principalement à la "grande industrie" (-13,2 % à elle seule). Or, pour le président de RTE Xavier Piechaczyk, interrogé sur Radio Classique en début de semaine, cette soudaine chute est surtout l'effet d'un « signal prix », vu les cours de l'énergie sur les marchés, et d'un « décalage, ou une réduction, de la production. Donc ce n'est pas forcément une bonne nouvelle économique »... et d'autant moins que la baisse de consommation en question est du « même ordre de grandeur » que celle constatée en 2008, en pleine crise financière des subprimes.

Pouvoir d'achat : les TPE-PME ont (un peu) joué le jeu

Les petites entreprises n’ont pas hésité à mettre la main au portefeuille pour soutenir le pouvoir d’achat de leurs salariés. C’est ce que révèle une enquête du Cercle Perspectives, fondée sur l'analyse de plus de 400 000 bulletins de paie de TPE-PME. Leur effort est resté insuffisant toutefois pour totalement compenser l'inflation.
A lire : Les TPE-PME ont augmenté les salaires de 3,1 % au premier semestre 2022

Cybersécurité : une rallonge microscopique pour les entreprises

Le gouvernement élargit sa collection de "boucliers" à destination des entreprises. Cette fois, pas question de les protéger de la flambée des prix de l'énergie, mais de les défendre contre les attaques informatiques. Il s'agit, en l'occurrence, de mettre gratuitement à leur disposition un outil d'autodiagnostic sur la cybersécurité, a annoncé, à Rennes, le ministre chargé de la Transition numérique Jean-Noël Barrot. En parallèle, 750 PME et ETI bénéficieront d'une offre dédiée d'audit, de solutions et de formation. L'ampleur de ces mesures s'annonce toutefois bien modeste : le gouvernement n'y consacrera que 30 millions d'euros en 2023 - et encore, cette enveloppe supplémentaire devra être partagée avec plusieurs autres initiatives, en faveur, elles, des particuliers et des collectivités.

15 novembre

📍 Le chômage reste stable

Le taux de chômage a trouvé son point d'équilibre. Il s'est établi à 7,3 % au troisième trimestre, en France (hors Mayotte), selon l'Insee. Un chiffre à peu près stable depuis fin 2021. Plus impressionnant, en revanche, l'envolée du taux d'emploi des 15-64 ans. Il a tout simplement atteint un niveau inédit en près d'un demi-siècle.

L'inflation passe à table

Les prix dans l'alimentaire ne cessent de s'enflammer. L'Insee a réévalué leur hausse, en octobre, à +12 % sur un an (soit 0,2 point de plus qu'initialement estimé), et même +17,3 % pour les seuls produits frais (+0,4 point). Dans cette dernière catégorie, la palme revient aux légumes (+33,9 %, quasiment le double de l'augmentation de septembre !). De leur côté, l'énergie (+19,1 %) et les transports (+10,5 %) repartent fortement de l'avant. Pour autant, le taux d'inflation globale reste évalué à +6,2 %, au plus haut depuis juin 1985.

Coup de pouce à la réparation

La chasse au gaspi ne concerne pas que l'énergie. A partir du 15 décembre, l'Etat instaurera un "bonus réparation" sur 31 équipements électriques et électroniques. Prévu par une loi de 2020, le dispositif a été dévoilé par France Info, et confirmé par l'éco-organisme Ecosystem. Il consiste à diminuer automatiquement les factures de réparation de ces appareils de 10 à 45 euros (suivant une grille forfaitaire), à condition qu'ils ne soient plus sous garantie et qu'ils soient pris en charge par un professionnel labellisé "QualiRépar". Une enveloppe de 410 millions d’euros est prévue sur tout le quinquennat pour cette mesure, avec l'objectif d'augmenter de 20 % le nombre de produits ainsi réparés chaque année.

Quand le web menace la planète

C'est une pollution silencieuse, invisible, et pourtant omniprésente. L’impact environnemental des sites web s'avère pourtant phénoménal, d'après de récentes études. Mais des solutions existent pour en limiter l'ampleur.
A lire : Les sites web français émettent plus de CO2 que 1 000 tours du monde en avion

14 novembre

📍 Tableau noir pour l'économie européenne

La récession est désormais à nos portes. Le PIB de la plupart des pays de la zone euro va bel et bien se réduire sur les deux prochains trimestres, indiquent les dernières prévisions de la Commission européenne. En cause : "les fortes pressions sur les prix de l'énergie, l'érosion du pouvoir d'achat des ménages, la dégradation de l'environnement extérieur et le resserrement des conditions de financement". Pour autant, la croissance devrait revenir au printemps et atteindre +0,3 % sur l'ensemble de l'année 2023... un chiffre revu à la baisse d'1,1 point en quatre mois. La France ferait à peine mieux (+0,4 %), l'Allemagne bien pire (-0,6 %...). L'autre mauvaise nouvelle provient de l'inflation : le pic "devrait être repoussé vers la fin de l'année", avec une hausse des prix attendue, dans la zone euro, à +8,5 % sur 2022 et encore +6,1 % en 2023 (soit plus de 2 points au-dessus des précédentes estimations !). Dans l'Hexagone, la flambée resterait contenue, respectivement, à +5,8 et +4,4 %. Mais le taux de chômage national, lui, serait orienté à la hausse (8,1 % attendu, +0,4 point par rapport à cette année). Pour ne rien arranger, Bruxelles rappelle, enfin, que "la plus grande menace" pour l'Europe reste la crise du gaz et le "risque de pénuries, en particulier au cours de l'hiver 2023-24".

Prix de l'énergie : les artisans en danger

Les aides de l'Etat contre la flambée des prix de l'énergie peinent décidément à convaincre. Après les représentants du commerce et du textile, c'est au tour des chambres de métiers et de l’artisanat (CMA) de lancer l'alerte, au nom de ses 1,8 million d’entreprises, "extrêmement préoccupées", car elles "craignent pour la poursuite de leur activité économique". Le réseau déplore ainsi "une entrée en vigueur trop tardive et une trop grande complexité" des aides présentées fin octobre et exige de la "visibilité" sur leur fonctionnement. Surtout, les CMA plaident pour généraliser le "bouclier tarifaire" à toutes les structures de moins de 20 salariés, sans exception. Et de prévenir, avec gravité, que "la menace est malheureusement bien réelle" de voir la situation actuelle se conclure, "demain, en fermetures et en licenciements".

Prix des carburants : le calme avant la tempête

Le prix des carburants en pause, avant la grande inflation. En moyenne, la semaine dernière, seul le litre de diesel a évolué de manière notable, pour atteindre 1,802 euro (-1,6 % en sept jours, 4e baisse consécutive), selon le ministère de la Transition écologique. Le GNR (à 1,4243 €) et l'essence (à 1,6855 € pour le sans plomb 95 et 1,7152 pour le SP98) sont, eux, restés stables (moins d'1 centime de variation). Mais ce gel des tarifs ne devrait pas durer pour une raison simple : la remise du gouvernement passera de -30 à -10 centimes par litre, à partir de mercredi et jusqu'au 31 décembre. De quoi ramener brutalement les prix des principaux carburants vers la barre des 2 euros, comme ce fut le cas pendant l'été.

Les bienfaits de la révolution numérique remis en question

Le numérique, c'est fantastique. Quoique... Dans son dernier ouvrage, intitulé Homo numericus, l’économiste Daniel Cohen explique comment la civilisation digitale est en train de transformer la société et les entreprises. Jusqu'à jeter les bases d’un capitalisme nouveau. Pour le meilleur mais surtout pour le pire, assure le président de l’École d’économie de Paris.
A (re)lire : « La révolution numérique a surtout fabriqué des inégalités »

10 novembre

📍 La croissance française contre vents et marées

L'économie tricolore n'a définitivement pas dit son dernier mot. La croissance pourrait être "très légèrement positive au quatrième trimestre", affirme la Banque de France, dans son dernier point de conjoncture. Jusqu'ici, elle anticipait plutôt un taux nul pour finir l'année. Pourtant, en octobre, le PIB a déjà reculé (-0,2 % sur un mois, après -0,1 % en septembre), plombé notamment par le commerce et les transports. Mais cette contraction ne suffira pas à gommer l'élan de l'été dernier (+1 % en août, souligne l'étude). Mieux, les 8 500 dirigeants, interrogés entre le 27 octobre et le 4 novembre, envisagent une "progression modérée" de l'activité, ce mois-ci, dans l’industrie et les services. Mais rien n'est acquis non plus. La Banque de France rappelle ainsi le contexte "toujours fortement incertain, notamment en matière de coût et de disponibilité de l’énergie". Une situation explosive pour les entreprises : plus de 40 % des patrons redoutent son impact sur leur activité, dans les trois mois à venir. Et dans l'industrie et le bâtiment, les deux tiers craignent pour leurs marges.

Crise de l'énergie : l'Etat muscle son arsenal...

Et, justement, contre la crise de l'énergie, le ministère de l'Economie peaufine ses armes. Il a ajouté deux dispositifs, aujourd'hui, dans sa boîte à outils pour les entreprises. Le premier est d'ordre financier, et vise à rapprocher les industriels des producteurs d'électricité renouvelable. Le second est plus pédagogique, et s'adresse plutôt aux artisans, TPE et PME, qui se sentent dépourvus face au renouvellement de leurs contrats.
A (re)lire : Contre la flambée de l'énergie, l’Etat se résout à aider les PME et amplifie son aide aux ETI et tente de les aider à négocier leurs contrats de fourniture

... mais se fait attaquer sur sa stratégie solaire

Les énergies renouvelables, justement, il en est question en ce moment au Parlement, avec l'examen d'un projet de loi censé accélérer leur déploiement. Une bonne nouvelle pour les acteurs français de la filière ? Pas vraiment, à en croire Hubert de Boisredon. Le PDG de l'ETI nantaise Armor Group, active dans le photovoltaïque, assume de pousser « un coup de gueule » pour dénoncer une réglementation nationale encore trop restrictive... et toujours trop favorable à la concurrence asiatique.
A lire, l'interview d'Hubert de Boisredon : « Il est dommage de développer le solaire en France, en faisant tourner les usines chinoises »

L'été ambigu du transport aérien

Le secteur aérien n'est pas encore remis sur pied, mais il a retrouvé des couleurs cet été. En septembre, comme en août, la demande s'est stabilisée à plus de 73 % de son niveau d'avant-coronavirus (après un pic à 74,6 % en juillet), selon l'Association internationale du transport aérien (Iata). Cela dit, c'est, quand même, un quart du trafic qui s'est volatilisé par rapport à 2019... Le fret résiste beaucoup mieux, avec une contraction limitée à 3,6 %, mais la tendance est plutôt au ralentissement sur ce marché-là, après un millésime 2021 exceptionnel. En septembre, la demande s'est ainsi repliée de 10,6 % sur un an, soit sa contraction la plus forte en 2022.

9 novembre

📍 L'artisanat du bâtiment résiste, mais retient son souffle

Le ralentissement économique n’épargne pas les artisans du bâtiment, mais il reste encore très relatif. Et pour cause : leur activité a enchaîné un neuvième trimestre de croissance consécutif, cet été, selon la Capeb. Mais l’organisation patronale s'inquiète d'"une situation d’imprévisibilité inédite" pour 2023. Et souligne que, déjà, les entreprises n'ont jamais été aussi nombreuses à rogner sur leurs marges pour tenter de compenser l'inflation.

La décarbonation prend la mer

Il n'y a pas que les grands sites industriels et portuaires du pays qui vont devoir se mettre à la planification écologique. Le transport maritime aussi. Le secrétaire d'Etat à la Mer a promis, hier, 300 millions d'euros, d'ici à 2027, pour faire émerger un « navire zéro émission » fabriqué dans l'Hexagone et engager chaque type de fotte (pêche, commerce, plaisance) sur la voie de la décarbonation. Ce plan sectoriel, baptisé "France Mer 2030", devrait être détaillé en juin et mobiliser d'autres mécanismes publics (subventions, prises de participation, garanties...). Hervé Berville espère aussi le renfort de fonds privés sur cette initiative, de manière à atteindre une enveloppe globale d'1 milliard d'euros pour toute la filière. Premier à mettre la main à la poche, l'armateur marseillais CMA-CGM, à hauteur de 200 millions d'euros.

Emploi : la course aux cadres continue

L'emploi cadre en passe de retrouver le firmament. L'Apec table sur plus de 282 000 embauches cette année, ce qui représenterait un bond d'au moins 4,8 % en un an... et un record absolu, juste devant le pic historique de 2019. En dépit de la conjoncture économique, les 1 000 entreprises, interrogées du 5 au 16 septembre, semblent en effet toujours plus en demande de ces ressources humaines : 12 % envisagent d'engager au moins un cadre avant la fin de l'année (+2 points en trois mois), une proportion en forte hausse dans les ETI et grands groupes (+8 points), mais aussi les PME (+4 points). Revers de la médaille, les projets se compliquent à mesure que la compétition s'intensifie. Les employeurs sont désormais 38 % à s'attendre à des recrutements "très difficiles" au quatrième trimestre. C'est 24 points de plus qu'il y a un an !

RH : prime de partage de la valeur, mode d'emploi

Depuis cet été, les employeurs peuvent verser à leurs salariés une prime de partage de la valeur, à la place de la fameuse "prime Macron". Une instruction, publiée récemment dans le Bulletin officiel de la Sécurité sociale, précise les modalités d’application de ce nouvel outil, mis à la disposition des entreprises pour les aider à défendre le pouvoir d'achat de leurs salariés.
A lire : Comment verser une prime de partage de la valeur

8 novembre

📍 L'industrie passe à l'heure de la planification écologique

L’État tend la main à l’industrie pour accélérer sa décarbonation. Le président de la République Emmanuel Macron demande aux 50 sites les plus polluants du pays de signer, sous six mois, "un contrat de transition écologique" avec les pouvoirs publics. Objectif de ce document : inscrire noir sur blanc leur engagement à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 20 millions de tonnes en dix ans. En échange de cet effort, l'exécutif promet des moyens et de la visibilité, grâce à sa nouvelle méthode - celle de la "planification écologique".

Prix de l'énergie : les PME au pied du mur

Pendant ce temps-là, les PME industrielles sont plus préoccupées par leurs factures d'énergie d'aujourd'hui que par leurs émissions de carbone de demain. Face à la flambée des prix, certaines sont même contraintes d'arrêter des lignes de production, d'augmenter leurs prix de vente ou d'investir dans l'autoconsommation. Comment s'en sortent-elles dans cette conjoncture électrique ? Réponse dans notre dossier spécial, avec le témoignage de huit entreprises régionales aux prises avec leurs factures énergétiques.
A lire : Comment les PME industrielles gèrent la crise de l'énergie

L'emploi salarié en pleine forme, l'intérim aussi

L'emploi salarié ne connaît décidément pas la crise. Le secteur privé a encore créé 89 400 postes nets au troisième trimestre, en hausse de 0,4 % sur trois mois - un taux de croissance étonnamment stable depuis le début de l'année, selon une première estimation de l'Insee. Une constance à relativiser toutefois, car "nettement" alimentée par les contrats d'alternance, lesquels n'ont été rétroactivement comptabilisés dans cet indicateur que depuis juin dernier. Dans le détail, tous les secteurs (sauf l'agriculture) ont toutefois passé l'été dans le vert, en particulier l'industrie (+0,4 %, soit +12 500 emplois), désormais à son plus haut niveau depuis début 2015, et les services marchands (+0,5 % équivalant à +60 400 postes, hors travail temporaire). Mieux, et encore plus étonnant, l'intérim justement redresse fortement la tête (+2,3 %), après deux baisses consécutives. Il efface ainsi quasiment sa contraction du printemps et affiche même une progression de ses effectifs de 3,1 % sur un an.

Le déficit commercial de mal en pis

Jusqu'où ira sa chute ? Le déficit commercial de la France a encore atteint, cet été, des profondeurs abyssales encore jamais vues, selon les douanes. Et ce, que ce soit en septembre, sur ce seul mois (-17,5 milliards d'euros) ou sur les douze derniers écoulés (-149,9 milliards, plus de 2 fois son niveau de 2021, à la même époque), comme sur le troisième trimestre, où le solde tricolore (à -47,6 Md€) a plongé pour la 7e fois consécutive, dans des proportions similaires à celles du printemps (-7,3 Md€, après -7,9 Md€). Les voyants sont au rouge dans les produits manufacturés (trou de -21,3 Md€, "plus du double de son niveau moyen de 2019") et dans l'énergie (-35 Md€, le "triple de sa moyenne d’avant-crise"). Fait nouveau, et symptôme de la crise actuelle, la France s'est mise à importer massivement de l'électricité cet été (+178,3 % en trois mois) pour un montant "équivalant à 42 fois" son niveau d'il y a trois ans ! La faute à la flambée des prix du gaz et à l'arrêt de "plus de la moitié des réacteurs nucléaires" sur la période. Seule réelle satisfaction : l'agriculture. Ses exportations battent leur précédent record avec 6,6 Md€ de ventes (+24,2 %), si bien que son excédent s'élève à +2,2 Md€, au plus haut depuis 2009. Une performance attribuée à "un cours du blé élevé et une moindre concurrence de l’Ukraine", reconnaissent les douanes.

7 novembre

📍 Inflation : non, l'agroalimentaire ne s'est pas goinfrée

Circulez, il n'y a rien à voir, ni sujet à polémiquer. La hausse des prix alimentaires est normale - en tout cas, elle n'a rien de spéculative, selon un rapport de l'Inspection générale des finances (IGF), révélée, ce week-end, par Le Parisien. Ou, pour le dire comme le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, dans le même journal : « Ni les agriculteurs, ni les distributeurs, ni l’industrie agroalimentaire, n’ont pris, au passage, de rémunération excessive », depuis le début de l'année, à la faveur de la spirale inflationniste.

Prix du carburant : les montagnes russes à la pompe...

Les prix du carburant ont évolué en ordre dispersé, la semaine dernière, entre recul du diesel et rebond de l'essence. Au 4 novembre, le litre de GNR a ainsi perdu, en moyenne hebdomadaire, 4 centimes, à 1,4191 euro (-2,9 % en sept jours, au plus bas depuis fin septembre), d'après le ministère de la Transition écologique. A 1,8319 €, le gazole fait un peu moins bien, mais baisse quand même (-1,9 %). Situation inverse pour le sans plomb 98 (à 1,722 €, +1 %) et le SP95 (à 1,6797 €, +0,4 %). A noter que tous ces tarifs pourraient vivement, et mécaniquement, repartir à la hausse dans huit jours, puisque la "remise carburant" du gouvernement doit passer de 30 à 10 centimes après le 15 novembre.

... la "remise" du gouvernement en sursis

Quel avenir pour la "remise carburant" justement ? Après sa baisse, programmée la semaine prochaine, à 10 centimes, le dispositif est censé s'éteindre complètement au 31 décembre. Mais il sera remplacé par un dispositif « plus ciblé », sur « ceux qui sont obligés de prendre leur voiture pour aller travailler, comme les aides-soignants, les apprentis et les ouvriers », a indiqué le ministre de l'Economie Bruno Le Maire au Parisien. Un soutien aux travailleurs "gros rouleurs" qui avait été promis avant l'été, puis enterré, en août, par le Parlement. Mais le principe de la "remise" ne disparaîtra quand même pas pour tout le monde. La pêche a obtenu la prolongation de la sienne sur le gasoil : fixée à 25 centimes HT par litre, elle sera maintenue jusqu'en février, au lieu de s'éteindre le 15 novembre, a indiqué le secrétariat d'Etat à la Mer. En prime, le plafond des aides publiques aux entreprises du secteur est relevé à 330 000 euros par entité (plus de 3 fois le seuil précédent). Ce qui devrait in fine "ouvrir l’accès à l’aide carburant à davantage de navires", comme aux structures comptant plusieurs bateaux. Sur le long terme, l'Etat appelle toutefois la filière à "prendre le relais", à travers un "mécanisme de solidarité reposant sur des fonds privés".

Quand l'e-commerce repousse ses limites

Pas question de s'endormir sur ses lauriers. Si les confinements successifs ont profité aux ventes à distance, les e-commerçants n'en continuent pas moins de se réinventer. Exemples en Loire-Atlantique et Vendée, où les professionnels repensent une partie de leur modèle pour s'adapter aux nouvelles habitudes de consommation, quand certaines start-up espèrent, elles, en susciter de nouvelles à travers leurs innovations.
A lire : Le e-commerce revoit sa stratégie après le Covid-19

4 novembre

📍 Agroalimentaire : les distributeurs pris en flagrant délit

Fini les mises en garde, l’État passe à l’action contre la grande distribution. La Répression des fraudes accuse quatre enseignes de violer la loi Egalim 2 sur les négociations commerciales dans l’agroalimentaire. En cause : leur application "abusive" et "illicite" de "pénalités logistiques" à l'encontre de leurs fournisseurs.

Industrie : la production entre deux eaux

Les signaux conjoncturels en provenance des usines sont pour le moins contradictoires. Après un net rebond en août, la production s'est de nouveau contractée, en septembre, selon l'Insee, que ce soit dans l'ensemble de l'industrie (-0,8 % sur un mois), comme dans sa partie manufacturière (-0,4 %)... laquelle n'en signe pas moins sa deuxième meilleure performance depuis le début de la crise sanitaire (après août 2022 justement). Dans le détail, la rentrée a toutefois été difficile dans l'automobile (-5,5 %), la cokéfaction-raffinage (-6,6 %) et l'eau-assainissement (-7,5 %). A l'inverse, la fabrication de biens d'équipement (+1 %) est à son plus haut depuis mai 2019. Bonne nouvelle également, sur l'ensemble du troisième trimestre, la production résiste dans le secteur secondaire en général (+0,8 % en trois mois) et dans les activités manufacturières en particulier (+1,3 %, et même +2,6 % sur un an). Les prix de production, en revanche, poursuivent leur fuite en avant (+0,2 % sur un mois et +25,8 % par rapport à septembre 2021). Ils n'ont plus baissé depuis 18 mois.

Commerce : l'habillement en perdition

L'heure est aussi à la rechute dans les magasins. En octobre, les 60 enseignes de l'habillement, suivies par l'Alliance du commerce, ont enregistré un lourd recul de leur chiffre d'affaires, de -6,1 % sur un an (et -4,9 % par rapport à l'avant-coronavirus). La fréquentation des boutiques a encore plus souffert (-19,1 %, comparée à octobre 2019). Cette désertion subite, après un été plutôt favorable, est attribuée autant à la douceur des températures qu'à "la pénurie de carburants qui a entravé la mobilité des Français". Elle n'arrange en tout cas pas les affaires d'un secteur déjà pris à la gorge par la hausse des prix de l'énergie, insiste l'organisation professionnelle, qui reprend à son compte les inquiétudes, exprimées, cette semaine, par le Conseil du commerce de France.

Les femmes privées de salaire

Depuis 9h10, aujourd'hui, les femmes travaillent gratis. Façon de parler : cette date traduit, en termes calendaires, l'écart de rémunération constaté, en France, entre les hommes et leurs collègues féminines (soit une différence de salaire brut horaire de 15,8 %, en moyenne, en 2020, selon Eurostat). L'an dernier, signe d'une très (et trop) légère amélioration, ce cap symbolique avait été franchi 24 heures plus tôt. A l'origine de ces calculs, la newsletter Les Glorieuses en profite pour reconduire sa pétition en faveur de 3 mesures correctives : conditionner les aides publiques aux entreprises à leur respect de l'égalité salariale ; revaloriser les payes dans les professions "à prédominance féminine" ; instaurer "un congé parental équivalent pour les deux parents".

3 novembre

📍 Crise de l'énergie : et si le pire était à venir ?

Surtout ne pas céder à l'optimisme ! C'est en quelque sorte le drôle d'avertissement lancé aujourd'hui par l'Agence internationale de l'énergie (AIE) à l'Europe. Alors que le continent s'interroge encore sur sa capacité à passer l'hiver à venir sans rupture d'approvisionnement en gaz, l'organisation s'inquiète déjà pour l'hiver... 2023-2024. Selon ses estimations, jusqu'à 30 milliards de mètres cubes pourraient venir à manquer à cet horizon (l'équivalent de plus de 7 % de la consommation de l'UE en 2021). En cause, et sans surprise, le risque de rupture définitive des livraisons russes, mais aussi des doutes sur la capacité du GNL à prendre le relais - surtout en cas de reprise économique en Chine et de retour à la normale de ses achats de gaz naturel liquéfié. Autrement dit, si l'Europe est parvenue à remplir à 95 % ses stocks cet automne, l'heure n'est pas à "l'auto-satisfaction", car cette jauge risque d'être bien plus difficile à atteindre l'an prochain. L'AIE presse donc les gouvernements à prendre des "actions urgentes et immédiates" sur l'efficacité énergétique, l'accélération des projets renouvelables, le déploiement de pompes à chaleur et la réduction de ses consommations en gaz.
Sur le même sujet : Normandise Pet Food multiplie les actions pour faire baisser sa facture de gaz

L'artisanat à l'unisson de l'économie

Artisans et commerçants n'échappent pas au marasme ambiant. Le pessimisme domine chez les 7 675 patrons, interrogés par Xerfi Spécific pour l'U2P, cet été : 23 % s'attendent à une dégradation de leur activité, comme de leur trésorerie, au quatrième trimestre, proportion au plus haut depuis un an (+8 points). Par comparaison, ils ne sont, respectivement que 14 et 9 % à espérer améliorer leur chiffre d'affaires ou leur réserve de liquidités d'ici à décembre (-3 et -5 points par rapport à fin 2021). De fait, l'heure serait déjà au ralentissement, souligne l'étude : l'artisanat, l'hôtellerie-restauration et les professions libérales sondés ont, en effet, enregistré une croissance annuelle moyenne de leur CA de 4 % au troisième trimestre - certes, autant qu'en 2021, mais en recul constant depuis le début de l'année (-2,5 point en trois mois).

France 2030 : vers des aides plus accessibles pour les PME

L’État cherche à enrôler plus de PME et d’entreprises régionales dans son plan France 2030. Les unes et les autres représentent environ la moitié des bénéficiaires actuels. C'est encore trop peu pour Bruno Bonnell. Le secrétaire pour l’investissement envisage donc, pour début 2023, plusieurs mesures de simplification à leur attention.

Fiscalité : le glas des exceptions transfrontalières

Cette fois, c'est la dernière des dernières prolongations pour le régime d'imposition dérogatoire applicable aux travailleurs à la frontière franco-suisse. Institué au moment du Covid-19, et censé s'éteindre au 31 octobre, l'accord a finalement été prorogé jusqu'à la fin de l'année. Ce qui revient à l'aligner sur la même échéance que celle retenue avec les autres pays voisins de la France (exception faite du Luxembourg, où les règles habituelles ont été rétablies dès cet été). Ces dispositions permettent aux transfrontaliers de conserver leurs avantages fiscaux, même s'ils sont restés chez eux, en distanciel, sur la période. Paris précise toutefois qu'il n'est pas question de maintenir ce régime en 2023 et "espère vivement" trouver avec la Suisse "une solution pérenne, fiscalement équitable et mutuellement bénéfique" d'ici à la fin de l'année.

2 novembre

📍 Prix de l'énergie : l'action de l'Etat remise en question

La dernière vague d’aides publiques contre la flambée des prix de l’énergie n'aura pas suffi à éteindre l'incendie. Près d'une semaine après les annonces gouvernementales, les commerçants ont fait leurs comptes... et ils ne sont pas bons du tout, à en croire une trentaine de fédérations du secteur. Dans un communiqué conjoint, elles attaquent vertement les mesures "malheureusement décevantes" de l'Etat pour 2023, et mettent en garde contre une catastrophe économique. Un message d'alerte également relayé, ces derniers jours, par les industriels du textile.
A (re)lire : Contre la flambée de l'énergie, l’Etat se résout à aider les PME et amplifie son aide aux ETI et tente de les aider à négocier leurs contrats de fourniture

L'avenir du commerce reste en discussion

C'est reparti pour un tour. Onze mois après des "Assises du commerce" sans lendemain, ou presque, le gouvernement se penche à nouveau sur l'avenir de ce secteur - sans rapport toutefois avec la question des prix de l'énergie, soulevée aujourd'hui par ses représentants. Non, il est ici question d'enjeux structurels pour les magsins. Pour y répondre, la ministre déléguée aux PME Olivia Grégoire promet plusieurs enveloppes pour 2023 : 24 millions d’euros sur des « démonstrateurs » de zones commerciales plus respectueuses de l'environnement et mieux intégrées aux villes, ainsi que 12 millions dans « un programme de reconquête des commerces ruraux, en dur ou en itinérant », a-t-elle détaillé dans Le Journal du Dimanche. Mais c'est surtout à un futur "Conseil national du commerce" que reviendra la mission de faire évoluer le secteur. Cette instance flambant neuve sera officiellement lancée le 1er décembre, avec, à sa tête, Thierry Mandon, jusqu'à ces derniers jours, directeur de la Cité du design de Saint-Étienne. L'occasion de relancer encore un cycle de discussions, puisque l'ancien secrétaire d'Etat de François Hollande doit recevoir les représentants de la profession, afin de définir « une feuille de route, avec des propositions concrètes et rapides dès le mois de juin ».

Les difficultés de recrutement résolues par les sans-papiers ?

Après les chômeurs, le gouvernement appelle les clandestins à la rescousse pour résoudre les difficultés de recrutement. Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin envisage la création d'« un titre de séjour "métier en tension" » dans son futur projet de loi sur l'immigration, a-t-il annoncé, aujourd'hui, dans le journal Le Monde. Une idée que développe son collègue Olivier Dussopt, dans la même interview : « Le travailleur immigré en situation irrégulière [pourrait] solliciter la possibilité de rester sur le territoire sans passer par l’employeur. » Cette voie nouvelle de régularisation pourrait notamment s'appliquer au secteur du bâtiment, poursuit le ministre du Travail. Mais il voit aussi dans cette mesure un moyen « d’inverser le rapport de force avec quelques employeurs, qui peuvent trouver un intérêt à ce que leurs salariés soient dans une situation d’illégalité ». L'Etat envisage d'ailleurs de renforcer les sanctions contre les entreprises indélicates, à travers « une forme d’amende forfaitaire par travailleur irrégulier constaté » ou des fermetures administratives « pour des durées supérieures à ce qui existe aujourd’hui ».

Automobile : les ventes repartent sans entrain

Et de trois ! Le marché automobile français vient de boucler sa troisième hausse mensuelle consécutive en octobre, ce qui n'était plus arrivé depuis plus d'un an. Mais le rythme de ce redressement reste très lent : les ventes ont progressé de 5,5 % par rapport à octobre 2021 (autant qu'en septembre), selon la Plateforme automobile. Insuffisant toutefois pour renouer avec les performances de 2019, dernière année avant le coronavirus : comparées à cette période, les immatriculation de véhicules particuliers accuse encore un recul de plus d'un tiers (-33,9 %).

31 octobre

📍 Prix de l'énergie : les PME prises à la gorge

L'inflation pèse toujours plus lourd sur les comptes des PME. La facture énergétique, en particulier, prend désormais des proportions énormes : elle pourrait représenter plus de 3 % du chiffre d'affaires dans six entreprises sur dix en 2023 - 3 fois plus que l'année dernière, selon une enquête de la CPME, réalisée auprès de 2 428 dirigeants, du 6 au 25 octobre. Résultat, 9 % des répondants envisagent tout simplement d'arrêter leur activité, en réaction à cette flambée, quand 45 % redoutent "un impact significatif sur leurs résultats 2022". Ce sondage a toutefois été réalisé avant les dernières annonces gouvernementales sur l'élargissement des aides publiques. Plus globalement, l'envolée des prix en général se traduit par une nette augmentation du coût de revient (supérieure à +10 %) dans 53 % des entreprises (+20 points en trois mois !).
Sur le même sujet : Etranglée par les prix de l’énergie, la Brasserie Champigneulles renégocie avec ses clients

Prix de l'essence : le reflux prend du temps

Les prix à la pompe redescendent moins vite qu'ils étaient montés. Ils ont enregistré, la semaine dernière, une deuxième baisse consécutive, sans pour autant parvenir à renouer avec leur niveau de septembre. Le recul le plus fort revient au GNR, à 1,461 euro le litre, en moyenne, au 28 octobre (-3,4 % en sept jours, soit 5 centimes de moins), selon le ministère de la Transition écologique. Le diesel perd, lui, 2 % (à 1,8678 €), contre -1,9 % pour le sans plomb 95 (1,6726 €) et -1,4 % pour le SP98 (1,7044 €). Ces prix tiennent toutefois compte de la "remise carburant" du gouvernement de 30 centimes. Remise qui passera à 10 centimes à partir du 16 novembre (plutôt que dès demain, comme initialement programmé).

Emploi : les recrutements dans un cercle vicieux...

Les enquêtes se suivent et se ressemblent sur les difficultés de recrutement. En juillet, elles n'ont jamais été aussi élevées dans l'industrie manufacturière (67 % des entreprises concernées) et les services (60 %), d'après l'Insee. Et dans le bâtiment (82 %), elles ont flirté avec leurs records de 2007. L'institut avance sa propre explication à ce phénomène : il serait alimenté, au moins en partie, par la ruée actuelle sur les recrutements. Autrement dit, par un "besoin de main-d'oeuvre supplémentaire (excès de demande de travail)" plus que par une pénurie de travailleurs. Preuve en est : parmi les employeurs confrontés à des problèmes d'embauche dans les secteurs secondaire et tertiaire, 4 sur 10 déclarent aussi "une hausse de leurs effectifs passés et/ou futurs". Cette proportion tombe toutefois à 1 sur 3 dans le bâtiment.

... les employeurs en quête de solutions vertueuses

Face à ces difficultés de recrutement, plus ou moins autoalimentées, certaines entreprises ont décidé de prendre le taureau par les cornes. Voire de mouiller le maillot, à l'image des Groupements d'employeurs pour l'insertion et la qualification des Pays de la Loire : ils vont dorénavant miser aussi sur le sport pour tenter de rapprocher employeurs et chômeurs.
A lire : Les entreprises des Pays de la Loire vont faire appel au sport pour recruter les bons profils
Dans cette course aux talents, les entreprises de Région Sud multiplient, elles aussi, les initiatives. Quitte à casser les codes et à sortir du CV pour trouver la perle rare.
A lire : Dans la guerre des talents, les entreprises de Paca cassent les codes du recrutement

28 octobre

📍 Coup de chaud automnal sur l'inflation

L'accalmie n'aura pas duré. Après deux mois consécutifs de baisse, l'inflation est brutalement repartie de l'avant en octobre, pour s'établir à +6,2 % sur un an, selon une première estimation de l'Insee. C'est 0,1 point de plus que lors de son pic de juillet, et du jamais-vu depuis juin 1985. Ce retour de flammes est particulièrement violent dans l'alimentation en général (+11,8 %), et les produits frais en particulier (+16,9 %, soit 5,6 points de pris en seulement un mois). Les prix sont également tirés vers le haut par le rebond de l'énergie (+19,2 %) et la poussée des produits manufacturés (+4,2 %).
A (re)lire : Contre la flambée de l'énergie, l’Etat se résout à aider les PME et amplifie son aide aux ETI et tente de les aider à négocier leurs contrats de fourniture

Coup de froid estival sur l'économie

La croissance française reste au vert, mais au ralenti. Au troisième trimestre, le PIB a grimpé de 0,2 % en trois mois, selon l'Insee (après +0,5 % au printemps). Une progression surtout portée par l'investissement des entreprises (+2,3 %). Car, pour le reste, c'est plutôt le calme plat. Ou les premiers signes de la tempête. L'évolution de la consommation des ménages est ainsi restée nulle cet été, et même négative dans l'alimentaire (-1,6 %, troisième baisse à la suite) et les achats de biens (-0,5 %). L'export (+0,7 %) décroche complètement par rapport aux importations (+2,2 %). Et, pour le deuxième trimestre consécutif, la production reste déprimée dans la construction (-0,3 %) et les biens (-0,2 %), tandis qu'elle a perdu de sa superbe dans le secteur tertiaire (+0,5 %, deux fois moins qu'au printemps). A ce titre, la mauvaise surprise vient de l'hébergement-restauration et des services de transports : la production, comme la consommation, ont subi un brutal coup d'arrêt  dans ces deux secteurs, pourtant censés profiter à plein de la saison touristique.

Logement : les permis de construire se dégonflent

Le logement neuf aussi est en phase d'atterrissage. Au troisième trimestre, les permis de construire ont reculé de 2 % en trois mois (après déjà -9,9 % au printemps), selon le ministère de la Transition écologique. Pis, ils se sont effondrés de 41,4 % en septembre. Le gouvernement y voit toutefois un simple correctif à la forte hausse des demandes fin 2021, et encore en août 2022, due à des effets de calendrier (entrée en vigueur de la RE2020 et expiration d'une aide aux communes, l'ARCD). D'ailleurs, le nombre d'autorisations délivrées sur les douze derniers mois reste supérieur de 10 % à la période précédente (et de 16 % par rapport à l'avant-coronavirus). Du côté des mises en chantier, les évolutions sont plus modérées : l'été s'est traduit par une hausse d'1,4 % (par rapport au deuxième trimestre) et les douze derniers mois montrent une relative stabilité de l'activité (+0,4 % sur un an et -0,2 % comparé à la période pré-pandémique).

FT120 : les start-up attendues au tournant

Le FrenchTech 120 devient un club de plus en plus sélectif. Pour intégrer la promotion 2023 de ce programme public d’accompagnement, les start-up doivent répondre à des critères plus exigeants qu'à l'accoutumée. Et, en plus, l'Etat demande désormais aux futurs lauréats de s’engager en matière environnementale et sociale.

27 octobre

📍 Prix de l'énergie : les PME soutenues à leur tour

Face à la flambée des prix de l’énergie, le gouvernement rouvre les vannes. Il a présenté, cet après-midi, de nouvelles mesures pour tenter d’alléger la note des entreprises. Un effort à 10 milliards d’euros qui vise désormais beaucoup plus large que ses précédentes tentatives. Premières bénéficiaires : les PME. Jusqu'ici laissées livrées à elles-mêmes, elles obtiennent, cette fois, leur propre dispositif, "l’amortisseur électricité".
A lire : L’Etat se résout à aider les PME et amplifie son aide aux ETI

Avis de tempête sur les entreprises en 2023

Cette fois, impossible d'y échapper : les défaillances d'entreprise reviennent au grand galop, avertit Allianz Trade. Pour l'assureur-crédit, la France devrait même dépasser de 3 % son niveau d'avant-coronavirus fin 2023. En cause, un triple "choc de rentabilité" qui met la trésorerie et les marges des sociétés à rude épreuve, dans l'Hexagone, comme dans toute l'Europe.

Avis de tension sur les taux d'intérêt

La Banque centrale européenne en remet une couche. Pour la troisième fois en trois mois, l'institution annonce un relèvement de ses taux d'intérêt directeurs (+0,75 point, comme en septembre), valable à partir de mercredi prochain. Et elle prévient que d'atres suivront, car "l’inflation reste beaucoup trop forte et demeurera supérieure à l’objectif [de 2 % par an] pendant une période prolongée". De quoi conforter les craintes des autorités françaises sur les conditions de financement des entreprises.

RH : et si les employeurs rangeaient leurs "placards" ?

La "placardisation" en entreprise n'est pas une légende. Mais plutôt un "tabou". L'Institut Montaigne lève un coin du voile sur cette pratique de mise à l'écart "mutuellement nuisible pour l’employeur et le salarié". Selon ses estimations, elle toucherait 200 000 actifs (davantage des femmes et des seniors) et coûterait environ 10 milliards d'euros à la collectivité, dépenses d’assurance maladie incluses. Le centre de réflexion rappelle en effet que ce mode d'éviction peut se traduire par "une atteinte psychologique de la personne" victime, et donc par des arrêts de travail. Face à l'ampleur du phénomène, il appelle à une "action nationale" de sensibilisation des entreprises, syndicats et DRH, ainsi qu'à la mobilisation en prévention de la médecine du travail.

26 octobre

📍 Crise de l'énergie : séance de rattrapage en vue sur les aides

Le gouvernement entretient décidément le suspense sur sa boîte à outils contre la flambée des prix de l'énergie. Outre le bouclier tarifaire réservé aux TPE, « il va y avoir un double dispositif additionnel », a indiqué le porte-parole Olivier Véran, à la sortie du conseil des ministres, ce midi. Il s'agira, d'une part, d'« un amortisseur » pour « limiter l'impact » des augmentations de tarifs. Référence sans doute à la "garantie électricité" dévoilée au compte-gouttes depuis trois jours. La mesure bénéficiera à « la plupart des entreprises de notre pays ». Les sociétés les plus grandes et les plus gourmandes en énergie, d'autre part, auront accès à « un système de guichet [qui] permettra d'aborder individuellement chaque situation ». On n'en saura pas plus pour aujourd'hui. Prochain épisode programmé avant la fin de la semaine, avec une présentation, « dans le détail et de manière chiffrée » de ces mesures par la Première ministre Elisabeth Borne en personne. Une solennité qui n'est pas sans rappeler celle de la mi-septembre, lorsqu'une première vague limitée de mesures avait été annoncée pour 2023, mais rapidement balayée par le patronat pour leur insuffisance.

La baisse du chômage suspend son vol

Le chômage ne recule quasiment plus. Au troisième trimestre, Pôle Emploi comptait 3,16 millions d'inscrits en catégorie A (donc sans activité aucune) à travers toute la France (hors Mayotte). Un chiffre, certes, en baisse pour la 9e fois consécutive, mais de manière désormais imperceptible (-0,05 % en trois mois). Dans certaines régions toutefois, la tendance devient franchement défavorable, comme en Bretagne (+2,6 %) et Nouvelle-Aquitaine (+2,1 %).

Les ménages englués dans le marasme

Les ménages déboussolés par la conjoncture. Complètement déprimés en septembre, ils ont repris un peu de poil de la bête en octobre : leur moral, tel que mesuré par l'Insee, a rebondi de 3 points. Mais depuis cinq mois, cet indicateur ne cesse, en réalité, de faire le yoyo à un niveau historiquement bas. Il évolue d'ailleurs sous sa moyenne de longue période depuis exactement un an (-17 points entre octobre 2021 et 2022). Autrement dit, depuis que l'inflation forte a commencé à sévir.

Les secrets du succès de l'actionnariat salarié

Le phénomène est nouveau. Longtemps réservé aux entreprises cotées, l’actionnariat salarié franchit désormais les portes des PME et ETI. Une tendance portée par les incitations de la loi Pacte et les politiques RSE des entreprises qui font du partage de la valeur une pratique de bonne gouvernance.
A lire : L’actionnariat salarié gagne du terrain dans les PME

25 octobre

📍 Crise de l'énergie : la "garantie électricité" se dévoile un peu plus

C'est un nom à retenir pour toutes les entreprises étranglées par le coût de l'énergie : la "garantie électricité". Ce nouveau dispositif est confirmé par Bruno Le Maire, ce matin, avec quelques précisions complémentaires. Cet « allègement » des factures sera doublement plafonné. D'abord, il portera sur la moitié de la note. Ensuite, lorsque le prix du mégawattheure payé par la société dépassera un certain niveau, « par exemple 325 euros, l'Etat prendra en charge, jusqu'à un certain plafond, [le surplus] », a expliqué le ministre de l'Economie, sur CNews. Ce dégrèvement se verra « directement sur leurs factures ». Mais, pour l'instant, les différents seuils applicables restent à déterminer. Bruno Le Maire justifie ces limites par la nécessité de « trouver le bon équilibre entre protection des entreprises et de nos finances publiques ». Or, il chiffre déjà ce soutien public renforcé à 10 milliards d'euros - sans toutefois préciser si cette enveloppe intègre les 3 milliards déjà mobilisés sur l'aide aux activités énergivores.
A (re)lire : Comment l’État veut aider les PME à négocier leurs contrats d’énergie

Les entreprises sous la menace des taux d'intérêt

Le plus dur est à venir pour le financement des entreprises. Le relèvement actuel des taux d’intérêt présente, "à moyen terme, un risque de durcissement [de leurs] conditions de financement", avertit le Haut Conseil de stabilité financière (HCSF), dans son rapport annuel. Et l'organisme, rattaché au ministère de l'Economie, de prévenir : le temps de la "résilience" est désormais compté.

Les bons comptes de la bonne forme de l'emploi

La santé éclatante du marché du travail a pris de court l'Unédic. L'organisme a largement revu à la hausse ses prévisions d'emploi pour cette année : 2022 devrait ainsi s'achever sur la création nette de 246 000 postes, plus de 3 fois ce qu'il annonçait en juin ! Mais le premier semestre représente déjà, à lui seul, les trois quarts de ce solde. La dynamique devrait donc nettement s'essouffler au second, avant de s'inverser en 2023 (-6 000 emplois anticipés). Il n'empêche, ce boom permet à l'assurance chômage de sortir la tête de l'eau, avec un excédent financier (le premier depuis 2008), attendu à 4,4 milliards d'euros en 2022 (et encore +4,2 Md€ l'an prchain). La dette du régime devrait, elle, en profiter pour reculer à 55 Md€ fin 2023. Ces calculs ne tiennent toutefois pas compte de la nouvelle réforme, actuellement examinée par le Parlement et les partenaires sociaux.

Automobile : les Hauts-de-France aimants à projets électriques

Les projets industriels autour du véhicule électrique commencent à essaimer dans l'Hexagone. Dernière annonce en date : celle d'un accord entre le groupe asiatique Wscope et le français Alteo, pour la construction d’une usine de composants de batterie. Un méga-projet à 600 millions d’euros et un millier d'emplois qui semble promis à la région Hauts-de-France, devenue terre d'élection de ce genre de "gigafactories".
A lire : Vers une méga-usine de composants de batteries électriques dans les Hauts-de-France ?

24 octobre

📍 Crise de l'énergie : les PME auront leur propre aide

Un coup de pouce sur le coût de l’énergie pour les PME. Le gouvernement planche sur une nouvelle aide "pour prendre [en charge] une partie de la facture d’électricité des entreprises" en 2023, a révélé la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, hier, sur BFMTV. Le dispositif est encore en cours d'élaboration, mais le fait même de mettre l'idée sur la table montre un virage dans la stratégie de l'exécutif. Jusqu'à présent, il ne jurait que par son bouclier tarifaire (pour protéger les plus petites entreprises) et son guichet unique (pour subventionner les plus gros consommateurs). Sans rien proposer d’autre aux PME situées entre les deux, si ce n’est d’augmenter leurs tarifs de vente pour compenser la hausse de leurs coûts.

Double détente relative sur les carburants

Un semblant d'accalmie se dessine à la pompe. D'abord au niveau des approvisionnements : il restait « un peu plus de 10 % » des stations en difficulté ce matin, selon le ministre des Transports Clément Beaune, interrogé sur France Info (contre 13 %, vendredi soir). Deux sites TotalEnergies restent toutefois perturbés par la grève sur les salaires (dans le Rhône et en Seine-Maritime). Au niveau des prix ensuite, l'heure est au reflux timide, avec des baisses d'1,5 à 3 centimes, la semaine dernière, selon le ministère de la Transition écologique. Insuffisant donc pour ramener les tarifs à leur niveau de fin septembre. Ainsi, au 21 octobre, en moyenne, le litre de GNR valait encore 1,5126 euro (-1,7 % en sept jours), le diesel 1,9053 € (-0,8 %), le sans plomb 95 1,7050 € (-1,3 %) et le SP98 1,7294 € (-1,6 %).

Industrie : bientôt des métaux rares made in France

L'Hexagone se redécouvre un avenir minier. Cinq projets d'entreprise axés sur les métaux critiques vont être soutenus par l'Etat, à hauteur de 94 millions d'euros, dans le cadre du plan d'investissement France 2030. Trois tournent autour du recyclage (Sanou Koura dans les Ardennes, WEEECycling en Seine-Maritime et Eramet sur un site non-précisé), quand les deux autres portent sur le lithium (extraction pour Imerys dans l'Allier, raffinage pour Viridian dans le Bas-Rhin). Leurs productions respectives devraient alimenter, espère le gouvernement, les trois futures méga-usines de batteries pour véhicules électriques, prévues dans les Hauts-de-France. Et ainsi " sécuriser une chaîne d’approvisionnement bas carbone et à basse empreinte environnementale".

Evénement : "Dirigeant.e.s Demain", saison 2

Et on remet le son ! Le Journal des Entreprises tiendra la deuxième édition de son festival de podcasts "Dirigeant.e.s Demain" du 21 novembre au 9 décembre. Au programme : les témoignages de chefs d’entreprise de toute la France qui innovent sur des marchés émergents, en réponse aux nouveaux défis de notre société.
A lire : L'édition 2022 du festival "Dirigeant.e.s Demain" consacrée à ces business qui vont sauver le monde

21 octobre

📍 Pénurie de carburants : l'espoir du plein avant les vacances

Cette fois, ce devrait être la bonne. Comme il le fait depuis deux semaines, le gouvernement réitère sa promesse d'une amélioration de la situation dans les stations essence « dans les jours qui viennent », pour reprendre la formule de la Première ministre Elisabeth Borne, dans Libération, ce matin. A quelques heures du coup d'envoi des vacances de la Toussaint, l'exécutif a même annoncé une série de mesures pour rassurer les automobilistes : priorité au remplissage des points de vente "sur les autoroutes et routes nationales les plus fréquentées", envoi en renfort des camions citernes de l'armée et fin des mesures de rationnement du carburant prises au niveau local. Le retour à la normale devrait toutefois prendre jusqu'à une semaine, d'après Francis Pousse, président de la branche distributeurs de carburants de l'organisation patronale  Mobilians, interrogé sur Radio Classique. La CGT ne baisse toutefois pas les bras dans sa mobilisation sur les salaires : deux sites TotalEnergies restent bloqués (en Seine-Maritime et dans le Rhône), tandis que le syndicat appelle à deux nouvelles journées d'action interprofessionnelle, les 27 octobre et 10 novembre.

Eté radieux dans le tourisme

Avant que la pénurie de carburants ne vienne mettre son grain de sable pour les vacances de la Toussaint, le retour des touristes avait bel et bien fait les affaires de l'hébergement-restauration, cet été. Le secteur a vu son chiffre d'affaires augmenter de 14 % en juillet 2022, par rapport au même mois de 2019, selon l'Insee. Un retour au-delà de la normale longtemps espéré, après deux années sous le joug du Covid-19. Cette performance tient en partie aux voyageurs étrangers, globalement revenus dans l'Hexagone (exception faite des Chinois, Japonais, Russes, voire Britanniques) : les dépenses des visiteurs internationaux ont bondi de 7 % sur la période de juin à août, par rapport à l'avant-coronavirus. Mais cette hausse est en trompe-l'oeil, car gonflée par l'inflation. En revanche, les clients français sont "nettement plus présents qu’en 2019". Ils tirent notamment vers le haut la fréquentation des hôtels et campings (+3 %, comparé à ce qu'elle était il y a trois ans). 

Avis de beau temps pour l'emploi

Mais jusqu’où ira donc la ruée sur l’emploi ? La question se pose après que les records se sont remis à tomber depuis cet été. Les embauches de plus d’un mois ont ainsi effacé, en septembre, comme sur l'ensemble du troisième trimestre, leur percée historique des périodes précédentes, selon l’Urssaf. L'industrie affiche, en particulier, un dynamisme qui détonne au vu du contexte de crise énergétique.

Agriculture : la filière du foie gras se fait de la bile

La grippe aviaire repart déjà à l'offensive. En raison d’une reprise de la maladie depuis août, le ministère de l’Agriculture instaure une "zone de contrôle temporaire" dans dix départements - les neuf des Pays de la Loire et de Bretagne, plus les Deux-Sèvres. La filière se remet pourtant à peine de la précédente vague, particulièrement virulente, de l'hiver et du printemps derniers. La production de foie gras en 2022 devrait ainsi chuter de -30 % à -35 %, selon le représentant de l'interprofession, le Cifog. Or, dans le même temps, les coûts de production devraient, eux, bondir de 30 % sur deux ans, "et la situation reste incertaine avec la flambée des tarifs de l’énergie". L'organisation demande donc l'aide de l'Etat pour tous les producteurs, y compris ceux épargnés par l'épizootie. Et prévient déjà les consommateurs qu'ils devront payer un peu plus cher leur foie gras pour les prochaines Fêtes.

20 octobre

📍 Energie : les TPE débranchées du "bouclier tarifaire"

La pénurie de carburants l'avait un peu éclipsée. Maintenant que la situation est en voie d'amélioration (16,9 % des stations en difficulté aujourd'hui et plus que 2 sites TotalEnergies en grève), la crise de l'énergie revient dans l'actualité. En l'occurrence, la CPME est remontée au créneau aujourd'hui. Elle exige du gouvernement qu'il tienne parole sur le "bouclier tarifaire", censé être aussi appliqué aux petites entreprises. Sont concernées, selon le discours officiel, toutes celles de moins de 10 salariés, dont le chiffre d'affaires est inférieur à 2 M€. Problème, "de nombreux commerces (boulangers, bouchers, primeurs, fromagers, poissonniers…) ou TPE en sont exclus, au motif que la puissance de leur compteur excède les 36 kvA [kilovoltampère, NDLR]", s'insurge l'organisation patronale. Elle en appelle également à l'Union européenne "pour maîtriser, autant que faire se peut, le prix de l’énergie".
A lire : La CPME redoute "un risque systémique" pour les entreprises
Sur le même sujet : Les acteurs économiques des Hauts-de-France montent une cellule de crise sur les questions énergétiques

Inflation : un objectif chasse l'autre

Bruno Le Maire ne rend pas les armes devant la hausse des prix justement. Mais il avoue implicitement son impuissance face à la spirale en cours. Le ministre de l'Economie se donne pour « objectif (...) de ramener l'inflation à 5 % au début de 2023, puis 4 % à la fin de l'année et 2 % dans le courant 2024 ». Sauf que ce volontarisme affiché cache, en creux, un aveu d'échec : son projet de loi de finances, présenté fin septembre, tablait plutôt sur "un niveau proche de +3 % à la fin 2023"... Cet objectif-là semble donc, d'ores et déjà, abandonné, en toute discrétion. Mais le patron de Bercy veut bien admettre quand même un point : « Il suffit que la crise dégénère en Ukraine (...) ou qu'il y en ait une majeure en Chine pour que tous ces chiffres volent en éclats. »

Les patrons en apnée

Les chefs d'entreprise retiennent leur souffle. En octobre, le climat des affaires, mesuré par l'Insee, est resté stable sur un mois... mais affiche un repli de 10,4 points sur un an. Le pessimisme gagne du terrain uniquement dans les services (-1 point), tandis que le commerce et l'industrie retrouvent un peu d'allant, après une période difficile (+2 points chacun). La situation est toutefois très contrastée dans le secteur secondaire, entre sursaut de confiance dans l'automobile (+11 points) et déprime de circonstance dans la chimie (-5) et la plasturgie (-4).

Les plans sociaux en redressement

Les plans sociaux recommencent à faire des vagues. Leur nombre a brutalement augmenté au deuxième trimestre, selon la Dares (ministère du Travail). Une première depuis fin 2020.

19 octobre

📍 Pénurie de carburants : relative détente à la pompe

Le lent reflux des pénuries se poursuit. A 13h, aujourd'hui, 20,3 % des stations essence du pays manquaient d'au moins un carburant (-2,5 points depuis hier soir), selon le ministère de la Transition énergétique. Mais ce taux dépasse encore la barre des 30 % en Bourgogne-Franche-Comté (33,1 %) et Ile-de-France (30,5 %). Pendant ce temps-là, dans le conflit sur les salaires chez TotalEnergies, gouvernement et CGT restent chacun dans leur rôle. Avec toutefois un peu moins de fermeté : une seule mesure de réquisition a été prise aujourd'hui par l'Etat, à l'encontre du site de Feyzin (Rhône), tandis que le mouvement a été levé par les grévistes à Donges (Loire-Atlantique). La mobilisation est maintenue, en revanche, sur quatre autres sites français du groupe.

BTP : la médiation à l'heure olympique

La médiation des entreprises devient discipline olympique. Dans le cadre des grands chantiers pour les Jeux de Paris 2024, les acteurs du BTP et Solideo, la société publique chargée de livrer 64 ouvrages pour l’événement, disposent désormais d’un accès privilégié à ce service de règlement à l’amiable des différends, placé sous l’égide du ministère de l’Économie. Les PME sont vivement encouragées à y recourir, notamment en cas de difficulté sur la prise en compte de l'inflation dans l'exécution de leurs contrats.

Le marché auto reprend son souffle

Les ventes automobiles retrouvent de l'allant dans l'UE. Il s'y est écoulé 787 870 voitures particulières en septembre, en hausse de 9,6 % sur un an, selon l'Association des constructeurs européens (ACEA). Cette deuxième hausse consécutive (après +4,4 % en août) est toutefois à relativiser, précise l'organisation, en raison d'une "base de comparaison très faible avec septembre 2021, quand la pénurie de semi-conducteurs entravait la production", plus encore qu'aujourd'hui. Les immatriculations restent d'ailleurs très en-deçà de leur niveau de 2019 (-13 %). Le constat est encore pire sur les neuf premiers mois de l'année : les ventes affichent encore un recul de 9,9 % sur un an, et de 31,5 % par rapport à l'avant-coronavirus. Dans ce contexte, les groupes français ne sont guère à la fête, tant Renault (-6,4 % sur les trois trimestres écoulés, comparés à 2021) que Stellantis (-17,2 %).

Start-up studio cherche entrepreneurs à impact

Qui veut changer le monde ? Le nantais Imagination Machine est en quête d'entrepreneurs pour travailler avec eux sur des projets de développement durable. Pour y parvenir, la structure fondée par l'Américain Rob Spiro vient de lever 10 millions d’euros et vise 5 domaines d'action en particulier.
A lire : « Nous levons 10 millions d’euros pour lancer 10 start-up à impact positif »

18 octobre

📍 Automobile : la filière doute de l'électrique...

Le véhicule électrique est-il vraiment une bonne nouvelle pour les usines françaises ? Oui, si l'on en croit le gouvernement, comme les constructeurs automobiles : après Renault en décembre, Stellantis a annoncé, hier, la localisation de nouvelles productions de modèles électriques sur le sol national. Sauf que plusieurs voix importantes continuent de s’élever, au sein de la filière, pour attaquer vertement le choix de cette technologie, imposée par l'UE.
A lire : Le véhicule électrique s’installe dans les usines françaises mais ne convainc pas la filière

... le gouvernement persiste et signe

Critiquée ou pas, la technologie électrique continue en tout cas à avoir le soutien de l'Etat. Le ministère de l'Economie a ainsi pris deux nouvelles initiatives en ce sens. La première, offensive, vise à débloquer jusqu'à 20 millions d'euros pour les entreprises de rétrofit (conversion d'une voiture thermique en électrique). Objectif : "financer des solutions industrielles" pour leur permettre de changer d'échelle et de baisser le coût unitaire de ces opérations. Deuxième annonce du jour, défensive celle-là : le lancement d'une "mission" autour de l'avenir des sous-traitants les plus impactés par la transition écologique du secteur (forge, fonderie, décolletage). Ce travail visera à "trouver les bons outils de consolidation des entreprises et d'accompagnement des salariés, en amont des difficultés économiques" qu'ils risquent de connaître avec la disparition programmée du moteur thermique.

La pénurie de carburants reflue de nouveau

Une pause dans la crise des carburants. En cette journée de mobilisation interprofessionnelle, à l'appel de quatre syndicats, le sort de la grève chez TotalEnergies devrait être tranché dans la soirée, a indiqué la CGT. Même attentisme du côté du gouvernement, puisqu'aucune mesure de réquisition n'a été prise aujourd'hui sur les sites bloqués. En dépit de ce statu quo, la situation semble de nouveau aller en s'améliorant dans les stations essence : un quart d'entre elles manquait encore d'au moins un carburant à midi, aujourd'hui (contre 28 % hier soir), selon le ministère de la Transition énergétique.

Les entrepreneurs en pleine forme

Les créations d’entreprise ne connaissent pas les crises. Au contraire, elles s'en nourrissent. Historiquement élevées après les deux premiers confinements de 2020, elles renouent désormais avec les mêmes sommets depuis cet été, selon l'Insee, et ce en dépit d'un contexte économique à nouveau compliqué.

17 octobre

📍 Toujours moins de carburants à la pompe...

Il va falloir encore prendre son mal en patience pour trouver du carburant. Le ministre des Transports Clément Beaune l'a reconnu, ce matin, sur France Inter : le "retour à la normale" dans les stations essence n'est plus envisagé avant la semaine prochaine. Et pourtant, il y a dix jours, le gouvernement l'attendait pour la semaine... dernière. C'est que la situation s'est de nouveau dégradée au cours du week-end, avec, hier soir, 30 % des points de vente du pays touchés par les pénuries (+3 points en 24 heures), selon l'exécutif. On prend les mêmes et on recommence donc, aujourd'hui : à la reconduction de la grève sur les salaires menée par la CGT chez TotalEnergies a répondu une nouvelle réquisition de l'Etat sur le dépôt de Feyzin (Rhône), en plus de celle, prolongée, à Dunkerque (Nord). L'objectif est d'approvisionner en priorité les régions Auvergne-Rhône-Alpes, Bourgogne-Franche-Comté et Hauts-de-France. En parallèle, le patronat (CPME et Medef) ont appelé à généraliser cette mesure. Une fermeté également affichée par Bruno Le Maire : « Il faut libérer les dépôts de carburants et les raffineries qui sont bloqués (...) le temps de la négociation est passé », a prévenu le ministre de l'Economie sur BFMTV.

... mais à des prix toujours plus élevés

C'est une loi économique bien connue : ce qui est rare est cher. Il fallait donc s'y attendre : les prix à la pompe ont encore explosé la semaine dernière. La palme revient au diesel, avec un litre à 1,9211 euro en moyenne (+6,5 %), soit quasiment 12 centimes de plus en sept jours (et +26 centimes en trois semaines), selon les relevés hebdomadaires du ministère de la Transition écologique. L'essence n'est pas en reste, avec un bond de quasiment 8 centimes pour le sans plomb 95 (à 1,7268 €, +4,8 %), comme le SP98 (à 1,7578 €, +4,5 %). Le GNR, en revanche, se stabilise à 1,5383 €, après sa poussée de fièvre de la semaine précédente. Tous ces prix intègrent la "remise carburant" du gouvernement à 30 centimes - une remise qui sera toutefois maintenue « jusqu'à mi-novembre », a indiqué la Première ministre Elisabeth Borne, hier soir, sur TF1. Elle devait être initialement abaissée à 10 centimes le 1er du mois.

La France dans la course au véhicule électrique

Pendant ce temps-là, l'Etat garde son cap sur la transition écologique de l'industrie automobile. Le pays devra produire 2 millions de véhicules électriques en 2030, a insisté Emmanuel Macron, dans une interview aux Echos. D'ici là, il entend suivre plusieurs voies pour maintenir, et même gonfler, le soutien public à la demande. En complément de ces annonces, réalisées en amont de l'ouverture du Mondial de l'Auto à Paris, le groupe Stellantis s'est engagé à doubler le nombre de ses modèles électriques fabriqués dans l'Hexagone. Ils passeront de 6 à 12 « à très brève échéance », a promis son le directeur général Carlos Tavares. Cet élargissement de la gamme made in France profitera aux sites de Mulhouse (qui décrochent 3 voitures dans le lot), Sochaux (2) et Rennes (1). « Tous nos sites industriels ont maintenant devant eux un avenir qui est clair et la technologie nécessaire pour faire face à la concurrence », a assuré le patron de Stellantis.
A lire : Le groupe Stellantis va produire trois nouveaux modèles de véhicules électriques à Mulhouse

La réforme de l'assurance chômage dans le vif du sujet

Top chrono aux concertations sur la nouvelle réforme de l'assurance chômage. Le ministère du Travail a réuni les partenaires sociaux, ce matin, pour tenter d'en fixer avec eux les futures règles. L'idée de l'exécutif est rendre le système « plus incitatif à la reprise d'un emploi » quand la conjoncture économique est porteuse, et, inversement, qu'il soit « plus protecteur » quand la situation se dégrade. Reste à définir les critères de déclenchement de cette modulation dite contra-cyclique, ainsi que les paramètres du régime susceptibles de varier au cours du temps. D'où les discussions entamées ce matin. Elles devront s'achever le 21 novembre, pour une entrée en vigueur de la réforme « le plus tôt possible », et a priori dès l'an prochain.

14 octobre

📍 Pénurie de carburants : le début de la fin ?

Le retour à la normale dans les stations essence n'est pas pour demain, mais il paraît en bonne voie. Ce midi, 28,5 % des points de vente manquaient encore d'au moins un carburant en France, selon le ministère de la Transition énergétique, contre 29,2 % hier soir. Autrement dit, les pénuries refluent lentement, mais la situation devrait quand même aller en s'améliorant : à l'origine de ces perturbations, le conflit social sur les salaires au sein des compagnies pétrolières semble en effet proche d'être résolu. La grève est complètement levée, depuis aujourd'hui, chez ExxonMobil et, si elle est maintenue chez TotalEnergies, le groupe français est néanmoins parvenu, à son tour, à trouver un accord avec deux syndicats majoritaires. Pour autant, la mobilisation sociale dépasse désormais ces deux entreprises : hier soir, quatre syndicats (CGT, FO, Solidaires et FSU) ont confirmé lancer un appel à la manifestation et aux débrayages pour mardi prochain. Parmi leurs revendications : l'augmentation des salaires et la défense du droit de grève.

Difficultés de recrutement : les chômeurs à la rescousse

L’Etat compte plus que jamais sur les demandeurs d'emploi pour régler les problèmes de recrutement des entreprises. En parallèle de sa nouvelle réforme de l'assurance chômage, le ministre du Travail Olivier Dussopt a présenté, aujourd'hui, la deuxième édition de son "plan de réduction des tensions". Cette version 2022-2023 joue la carte du service aux employeurs, avec notamment la création de "viviers" de chômeurs, aptes à satisfaire rapidement les besoins des secteurs les plus en difficulté.

Répit relatif confirmé pour l'inflation

Enfin une bonne nouvelle sur le front de l'inflation. Les prix se sont contractées un peu plus qu'annoncé initialement en septembre, avec un repli de 0,6 % sur un mois, d'après l'Insee. Un tel recul n'avait pas été vu depuis au moins cinq ans. Il s'explique notamment par une baisse saisonnière plus forte que d'habitude dans les services (-1,5 %, et même -11,6 % dans les transports), couplée à une troisième diminution consécutive de l'énergie (-2,6 %). Mais cette érosion ne change rien au taux annuel, toujours estimé, lui, à +5,6 % (-0,3 point sur un mois, mais +3,7 sur un an).

Coup de frein sur les levées de fonds

Le capital-risque s’est mis au diapason de la conjoncture économique cet été. Les levées de fonds ont enregistré un "net ralentissement" au troisième trimestre, soulignent In Extenso Innovation Croissance et l’Essec, dans la dernière édition de leur baromètre. Peut-être le début d’un retournement de tendance, après un début d’année qui n'en a pas moins été exceptionnel.
A lire : Les levées de fonds marquent le pas au troisième trimestre 2022

13 octobre

📍 Pénurie de carburants : ça sent le brûlé

Les jours se suivent et se ressemblent, en pire, sur le front des carburants. Comme hier, le gouvernement a pris une mesure de réquisition, cette fois à l'encontre des grévistes du dépôt TotalEnergies de Dunkerque (Nord). Volonté affichée : soulager les pénuries dans les Hauts-de-France, où la « menace économique est réelle » avec des « secteurs (industrie, pêche et agriculture) du territoire (...) en danger », se justifie le gouvernement. Comme hier aussi, la mobilisation sur les salaires se poursuit malgré tout. Une exception quand même : la raffinerie ExxonMobil de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône) a voté la reprise à la mi-journée. Autre (timide) signe d'amélioration : TotalEnergies convie tous les syndicats, ce soir, à des "négociations salariales collectives". Mais le bout du tunnel est encore loin, car, dans le même temps, le mouvement social chez les pétroliers est en train de faire tache d'huile. Les fédérations CGT de l'énergie, du commerce-services et des transports appellent désormais à la grève dans leurs branches respectives, tandis que des débrayages sont annoncés à la SNCF pour mardi prochain, dans le cadre de ce qui pourrait être une journée d'action interprofessionnelle et nationale.

Prix de l'énergie : l'industrie boit la tasse

Le gouvernement est contraint de se rendre à l'évidence : la crise énergétique oblige d'ores et déjà les usines à lever le pied. Selon une estimation de France Industrie, relayée par le ministre de l'Economie lui-même, la production française risque de baisser de 10 % au quatrième trimestre, du fait de l'augmentation des prix de l'électricité et du gaz. « Un chiffre très signficatif », a reconnu Bruno Le Maire, alors que l'agriculture et l'agroalimentaire sont également mis en difficulté. Par ailleurs, 350 sociétés ont déjà sollicité directement Bercy pour obtenir de l'aide, a complété son collègue à l'Industrie Roland Lescure, mais elles ne représentent que la « partie visible de l'iceberg », selon lui. Dans ces conditions, le gouvernement réitère donc sa promesse de simplifier la subvention jusqu'ici réservée aux activités énergivores, et de l'élargir à « toutes les entreprises qui n'arriveront pas à payer leurs factures. (...) Il n'est pas question de perdre une partie de notre tissu économique et industriel à cause de cette augmentation des prix », a insisté Bruno Le Maire. 

Les start-up insensibles à la crise

En dépit des tensions sur l'énergie, la flambée des prix et la dégradation des perspectives économiques, les dirigeants de start-up gardent le moral. C’est ce que laisse entendre en tout cas le premier baromètre dédié à la confiance de ces jeunes pousses, réalisé par Mazars et Estimo.
A lire : La confiance des dirigeants de start-up demeure élevée malgré la conjoncture

La cyberassurance en plein doute

Le coût des cyberattaques pour les assureurs a été multiplié par trois en 2021. Résultat : des hausses de tarifs pour les entreprises assurées et des conditions de plus en plus sévères pour être assuré.
A lire : Le marché assurantiel du risque cyber se tend

12 octobre

📍 Pénurie de carburants : l'impasse à la pompe

Les menaces de réquisition mettent de l'huile sur le feu du conflit social en cours chez TotalEnergies et ExxonMobil. Comme promis la veille, l'Etat a lancé, aujourd'hui, la procédure pour contraindre certains grévistes à reprendre le travail sur le dépôt Esso de Port-Jérôme (Seine-Maritime), et réapprovisionner ainsi l'Ile-de-France, précise le ministère de la Transition énergétique. Quatre personnes ont d'ores et déjà été mobilisées sur ordre préfectoral. La même mesure pourrait être prise sur un deuxième site de la marque, celui de Dunkerque (Nord), a précisé le porte-parole du gouvernement Olivier Véran, ce midi. Sauf que ce coup de pression n'a pas eu l'effet escompté sur la mobilisation. Bien au contraire : la grève a été reconduite, en début d'après-midi, à Port-Jérôme, alors que, chez TotalEnergies, la raffinerie de Donges (Loire-Atlantique) est entré dans la danse ce matin et, au niveau national, le syndicat Force ouvrière a rejoint la CGT, aujourd'hui, dans ce mouvement pour les salaires. De quoi compliquer un peu plus une situation déjà difficile : hier, à 18h, plus de 31 % des stations essence du pays manquaient d'au moins un carburant.

Prospérité ou sobriété, pourquoi choisir ?

Consommer moins de carburants, c'était pourtant l'une des idées du gouvernement avec son plan de sobriété, présenté la semaine dernière... avant donc que la pénurie dans les stations essence ne le rattrape et ne l'alarme. Son appel aux économies d'énergie restent toutefois bien d'actualité pour cet hiver. Mais il manque d'ambition au goût du Mouvement Impact France. L’organisation patronale avance une série de propositions pour aller plus loin, et engager l’économie sur le chemin d'une "prospérité sobre".
A lire : « La sobriété est compatible avec une forme de croissance »

Le flop de l'aménagement des PGE

Le rééchelonnement des prêts garantis par l’Etat (PGE) ne fait décidément pas recette. La Médiation du crédit, en charge de cette procédure, n’a encore reçu qu'un nombre minime de demandes au troisième trimestre. Une période, par ailleurs, très calme pour ce service rattaché à la Banque de France, qui y voit le "signe d’un accès au crédit toujours favorable" pour les entreprises.

Pour le FMI, "le pire reste à venir"

Statistiquement parlant, l'économie mondiale n'entrera pas en récession en 2023... mais elle en aura tout l'air quand même, à en croire le FMI. Ses dernières projections dressent un tableau bien sombre de la conjoncture. L'an prochain, le PIB de la zone euro devrait ainsi s'accroître de 0,5 % seulement - c'est 0,7 point de moins qu'anticipé il y a trois mois ! La France ferait à peine mieux : +0,7 % (-0,3 point). Mais le problème n'est pas qu'européen : "le ralentissement de 2023 sera généralisé", avertit le Fonds monétaire international, entre une croissance également "au point mort" aux Etats-Unis et en Chine, des "pressions inflationnistes plus étendues et plus persistantes que prévu" au niveau mondial (+9,5 % attendus) et une crise énergétique faite pour durer. Car si "l’hiver 2022 sera difficile, il y a lieu de s’attendre à ce que l’hiver 2023 soit pire", alerte déjà l'institution. En cause : le "réajustement géopolitique" des approvisionnements, déclenché par la guerre en Ukraine.

11 octobre

📍 Pénurie de carburants : l'Etat passe à l'action...

Le gouvernement entre dans la mêlée. Face aux grèves sur les salaires chez TotalEnergies et ExxonMobil, l'exécutif est désormais prêt à y mettre fin par la force. « Si la situation devait l'exiger », l'Etat serait disposé à « rouvrir l'accès aux centres de dépôts et raffineries [bloqués] et, ensuite, réquisitionner le personnel adéquat », a prévenu le porte-parole de l'exécutif Olivier Véran, sur RTL. Une menace mise à exécution dès cet après-midi par la Première ministre Elisabeth Borne, mais uniquement pour les sites de stockage d'ExxonMobil, c'est-à-dire là où un accord salarial a été trouvé, hier, entre la direction et deux syndicats. En attendant, sur le terrain, la situation reste tendue, avec toujours près de 30 % des stations essence impactées, hier soir, selon la ministre de la Transition énergétique. Agnès Pannier-Runacher appelle, par ailleurs, à cesser les « stocks de précaution » (les préfets vont imposer des restrictions en ce sens), mais aussi les hausses de prix abusives à la pompe (la Répression des fraudes va être mobilisée sur le sujet).

... les transporteurs craignent la panne sèche

Du manque de carburants en station à la pénurie de nourriture en magasin, il n'y a plus qu'un pas... que les 120 entreprises de la Chaîne logistique du froid aimeraient éviter de franchir. Cette organisation professionnelle prévient que, faute d'accès aux pompes, les "transporteurs frigorifiques pourraient se trouver en panne sèche à très courte échéance et donc dans l’incapacité de travailler". De quoi, dès lors, "mettre en péril l’approvisionnement des populations en produits alimentaires". Une situation d'urgence confirmée par l'Organisation des transporteurs routiers européens (OTRE) : les trois quarts des entreprises peineraient à trouver du carburant actuellement. Résultat, « la plupart des professionnels ont de la visibilité sur trois-quatre jours seulement », assure, au Figaro, son délégué général Jean-Marc Rivera.

Prix de l'énergie : les PME bientôt plus soutenues

On efface tout et on recommence, encore. Déjà aménagée au début du mois, l'aide aux activités énergivores va refaire sa mue au 1er novembre, afin d'intégrer toujours plus de PME dans le dispositif. Les entreprises pourront alors prétendre à cette subvention si leurs dépenses d'énergie représentent plus de 3 % de leur chiffre d'affaires « pas en 2021 [comme c'est le cas actuellement, NDLR] mais fin 2022, au moment où les prix ont explosé », a dévoilé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire sur France Info. Une simple baisse des bénéfices suffira également à décrocher cette aide. Son plafond devrait, par ailleurs, être bel et bien doublé, pour atteindre 4 millions d'euros, sous réserve de l'approbation de la Commission européenne.

Défaillances : la déferlante est arrivée

Changement de braquet pour les défaillances d’entreprise. Au troisième trimestre, le nombre de procédures collectives a brutalement augmenté, selon le cabinet Altares. Au point que la sinistralité est revenue à son niveau d’avant-coronavirus dans plusieurs secteurs. Un retour à la normale qui était, certes, attendu, mais certainement pas à ce rythme-là.
A lire : Les défaillances d’entreprise remontent plus vite que prévu au troisième trimestre 2022

10 octobre

📍 Carburants : la pénurie jusqu'à quand ?

De mal en pis à la pompe. Les mouvements sociaux en cours chez TotalEnergies et ExxonMobil ont été reconduits jusqu'à demain au moins. Les quelques signes d'ouverture, montrés par ces entreprises, comme par la CGT, au cours du week-end, n'ont pas suffi à désamorcer la crise. Laquelle devient alarmante : la part des stations en manque d'au moins un carburant a tout simplement doublé entre vendredi et dimanche (près de 30 % des points touchés au niveau national hier, jusqu'à la moitié dans les Hauts-de-France et en région parisienne), selon un décompte du gouvernement. De quoi provoquer l'agacement du patronat : dans un communiqué, ce matin, la CPME a fustigé "des pénuries organisées" par "un petit nombre de salariés". L'organisation demande aux pouvoirs publics d'"[assumer] leur responsabilité (...) pour assurer le fonctionnement normal des raffineries", y compris par le biais de réquisitions. Mais, cet après-midi, le président de la République a plutôt exigé que « les parties prenantes prennent leurs responsabilités » et fassent jouer le dialogue social pour dénouer leur conflit sur les salaires. « Le blocage, ce n'est pas une façon de négocier », a toutefois tancé Emmanuel Macron.

Carburants (bis) : la flambée jusqu'où ?

Une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, le carburant, lorsqu'il est disponible, est redevenu dispendieux. Au 7 octobre, le prix moyen hebdomadaire du litre de GNR a explosé de 21 centimes en sept jours (!), pour atteindre 1,5374 euro (+16,2 %), selon les relevés du ministère de la Transition écologique. Le diesel n'est pas en reste : à 1,8035 €, il a pris quasiment 11 centimes de plus sur la semaine (+6,4 %). La progression de l'essence est à peine plus modérée, autour de +7 centimes (litre à 1,644 € pour le sans plomb 95 et 1,6814 € pour le SP98). Ces trois derniers carburants sont ainsi revenus à leur plus haut depuis fin août. Autrement dit, la remise à 30 centimes du gouvernement, instaurée au 1er septembre, ne fait déjà plus effet.

Crise énergétique : les usines dans le dur

L'industrie accuse déjà le coup de la crise énergétique et inflationniste. Dans son dernier point de conjoncture, la Banque de France met en lumière les premières craquelures, apparues en septembre. Malgré ces mauvais présages, l'économie française "aurait plutôt bien résisté" au troisième trimestre, nuance toutefois l'institution, avec une croissance de 0,25 % (contre +0,3 % espéré il y a un mois).
A lire, les témoignages du verrier Arc, contraint d'adapter sa production pour pérenniser son activité et du patron Guillaume de Sorbay, à la tête de deux entreprises de menuiserie, dont l'avenir est menacé par ses factures d'électricité

La facture électronique devient plus concrète

Un pas de plus vers la facturation électronique obligatoire entre entreprises. Un décret et un arrêté, parus au Journal officiel d'hier, fixent le cadre de cette réforme prévue pour s'étaler entre 2024 et 2026. Y sont précisées notamment les exigences imposées aux plates-formes de dématérialisation pour être intégrées au système mis en place par l'Etat (conditions d'immatriculation, modalités et fréquence de transmission, données attendues par l’administration, etc.). Les entreprises concernées par cette future obligation (toutes celles assujetties à la TVA) ont jusqu'au 1er juillet 2024 pour choisir leur prestataire, soit l'un de ces acteurs privés labellisés, soit le portail public créé en parallèle, rappelle le ministère de l'Economie. Les TPE-PME devront ensuite émettre toutes leurs factures au format numérique à partir du 1er janvier 2026, avec toutefois une période de tolérance pour les documents publiés en PDF jusqu'au 31 décembre 2027.

7 octobre

📍 Carburants : le coup de la panne

Et maintenant la pénurie d'essence ? Depuis plusieurs jours, le carburant vient à manquer dans les stations services, notamment celles des Hauts-de-France. Ces problèmes d'approvisionnement toucheraient 15 % des points de vente, reconnaît le gouvernement. Mais « dès la semaine prochaine, ça ira mieux », jure, ce matin, Olivia Grégoire, la ministre des PME, sur France Info. Le temps que les stocks stratégiques, libérés par l'Etat, ainsi que ses achats complémentaires, en provenance de Belgique notamment, parviennent jusqu'aux stations. Ces « tensions » (terme préféré par le gouvernement à celui de « pénurie ») sont attribuées, d'une part, au succès de la "remise carburant", relevée à son maximum jusqu'à la fin du mois, et, d'autre part, à un mouvement social d'ampleur chez TotalEnergies et ExxonMobil, depuis fin septembre, sur la question du pouvoir d'achat. Les grévistes ont d'ailleurs obtenu le soutien d'Olivia Grégoire : « J'appelle les entreprises concernées, qui pour la plupart, ont quand même de bons résultats au moment où l'on se parle, à considérer les demandes d'augmentation de salaires », a lancé la ministre à la radio. Un peu plus tard, la chef du gouvernement Elisabeth Borne a appelé, pour sa part, « à la responsabilité les directions et les représentants des salariés ».

L'économie française au bord de la rupture

Croissance en perte de vitesse et inflation prête au rebond. Dans son dernier point de conjoncture, l'Insee confirme ce que l'on redoutait depuis le début de la guerre en Ukraine : le ralentissement de l'économie est général en ce second semestre. Au point que la récession menace, surtout dans l'industrie.

Le déficit commercial en chute libre

Les mois se suivent et se ressemblent désespérément dans les échanges extérieurs de la France. En août, le déficit commercial a poursuivi sa chute vertigineuse, selon les douanes : il a atteint -15,3 milliards d'euros sur le mois et un nouveau record historique de -139 milliards sur les douze derniers écoulés. Autrement dit, les pertes ont plus que doublé en un an. L'énergie plombe toujours la balance tricolore, d'autant plus déséquilibrée que les importations gonflent en continu depuis 11 mois (encore +2,8 Md€ en août, soit +4,4 %). Des résultats d'autant plus désespérants que les exportations ont pourtant rebondi (+2,2 Md€, +4,5 %) et le nombre d'entreprises vendant à l'étranger n'a jamais été aussi élevé (139 400 opérateurs sur un an, à la fin juin, soit +3,9 % par rapport à la même période en 2021).

Assurance : avalanche de risques sur les entreprises

Les entreprises naviguent de plus en plus en eaux troubles. Quels que soient leur taille et leur secteur d’activité, elles font face aujourd’hui à des risques inédits et multiples, dont l’impact financier peut être important, pour elles, comme pour le modèle assurantiel français.
A lire : Cyberattaque, climat, pandémie... les entreprises confrontées à de nouveaux risques

6 octobre

📍 Plan de sobriété : et maintenant, faites votre choix !

La sobriété énergétique, mode d’emploi. Le gouvernement a présenté, cet après-midi, son plan pour faire baisser de 10 % les consommations de gaz, d’électricité et de carburant de la France. Chauffage et éclairage, train et vélo, télétravail et visioconférence… les entreprises ont désormais l’embarras du choix pour passer à l’action - ou décider de ne rien faire, puisque la stratégie de l'Etat repose quasi-exclusivement sur le volontariat.
A lire : Comment les entreprises peuvent contribuer aux économies d’énergie, selon le gouvernement

L'industrie retrouve des couleurs d'antan

Les usines ne sont pas parties en vacances. En août, la production industrielle a vivement rebondi (+2,4 % en un mois), selon l'Insee. Une reprise si vive que plusieurs secteurs réalisent tout simplement leur meilleure performance depuis le début de la crise du Covid-19. C'est le cas de la fabrication de biens d'équipement (+3,3 %, au plus haut depuis septembre 2019) et des activités manufacturières (+2,7 %, mais toujours en retrait de 2,9 % par rapport à février 2020). Les transports profitent aussi de l'embellie (+6,9 %, et même +15,6 % dans l'automobile), mais ils restent encore loin de leur niveau d'avant-coronavirus (-17,5 % sur deux ans et demi).

RH (1) : les employeurs s'intéressent peu au pouvoir d'achat

Attention, salariés au bord de la crise de nerfs. Les responsables RH sont plus nombreux à s'attendre à une dégradation (à 39 %) qu'à une stabilisation (38 %) des relations sociales à court terme, en France, selon un sondage de l'Andrh, leur association professionnelle, réalisé du 6 au 22 septembre, auprès de 462 dirigeants. A l'origine de ce climat de tensions : "l'inflation, la crise de l'énergie et la réforme des retraites". Or, l'enquête montre aussi qu'en matière de pouvoir d'achat, les ressources humaines semblent un peu traîner des pieds : seuls 18 % des répondants ont avancé le calendrier de leurs négociations annuelles obligatoires, quand 40 % d'entre eux uniquement envisagent de verser une "prime Macron" cette année (-3 points par rapport à 2021). Et l'étude d'enfoncer le clou, en notant "la difficulté de revaloriser les salaires au vu du contexte économique".
A (re)lire : Dix outils à la disposition des employeurs pour soutenir le pouvoir d'acat de leurs salariés

RH (2) : les femmes plébiscitent, mais redoutent, le congé menstruel

Instaurer un "congé menstruel" dans les entreprises ? Chiche, répondent les salariées. Elles sont 66 % à se montrer favorables à l'idée de pouvoir bénéficier d'une ou deux journées d'absence rémunérée par mois, mobilisable(s) en cas de règles douloureuses. Mais selon ce sondage de l'Ifop pour Eve and co, révélé par Le Parisien, les 993 femmes interrogées estiment aussi qu'une telle mesure peut leur être dommageable au niveau professionnel : 7 sur 10 craignent qu'elle soit un frein à l'embauche ou aux promotions et les deux tiers redoutent une source potentielle "de moqueries désobligeantes".

5 octobre

📍 Crise de l'énergie : l'Etat corrige (un peu) sa copie...

Remettre de l’huile dans les rouages des contrats entre les énergéticiens et leurs clients. C’est tout l’objet de la charte signée par douze fournisseurs et organisations du secteur, sous la pression du gouvernement. Complété par de nouvelles mesures de l’État, ce texte, non-contraignant, de 25 engagements, valables jusqu’au 30 avril 2024, doit permettre de dégripper, et d’assainir, des relations commerciales devenues de plus en plus tendues, sous l’effet de factures de plus en plus exorbitantes.
A lire : Comment l’État veut aider les PME à négocier leurs contrats d’énergie
Le patronat ne s'est guère montré impressionné par ces initiatives. Elles "rassurent les chefs d’entreprise", a commenté le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, sur Twitter, mais il "reste à obtenir un accord européen pour plafonner les prix de l’énergie". Une telle mesure est "une priorité absolue pour les 150 000 entreprises françaises qui, sans cela, pourraient être contraintes rapidement de cesser leur activité", a renchéri la CPME, en amont des annonces du jour.

... le commerce veut être protégé...

Les magasins aussi veulent un "bouclier" contre la flambée des prix de l'énergie. L'Alliance du commerce réclame l'accès aux mêmes subventions que celles attribuées par l'Etat aux entreprises les plus gourmandes. L'organisation professionnelle met en avant la "multiplication par 4 à 5 des tarifs de l’électricité" dans les boutiques, alors que "près de 50 % d’entre elles ne sont pas couvertes par un contrat de fourniture pour l’année 2023". "Cette envolée des prix de l’énergie comporte un risque majeur d’augmentation des faillites", poursuit son directeur général Yohann Petiot, dans un communiqué. D'autant que le secteur peine toujours à se remettre du Covid-19. Dans les 60 enseignes de l'habillement suivies par l'Alliance, les ventes en magasin, sur les neuf premiers mois de l'année, restent en retrait de 6,2 % par rapport à l'avant-coronavirus. Et ce, en dépit d'un deuxième mois positif de suite (+0,2 % en septembre, comparé à la même période de 2019), après la précédente embellie d'avril-mai derniers.

... la sobriété en embuscade

Contre la crise de l'énergie, il ne faudra pas compter que sur les aides de l'Etat ou les promesses des fournisseurs. La sobriété sera aussi la clé, martèle le gouvernement. Et justement, il présentera demain après-midi sa stratégie et son mode d'emploi sur le sujet. D'ici là, des experts vous expliquent comment faire pour réussir à baisser sa consommation de gaz et d’électricité.
A lire : Comment une PME peut réduire sa consommation de gaz et d’électricité

Inflation : le vertige du pic

« Nous sommes au pic de l'inflation », ne cesse de répéter le ministre de l'Economie Bruno Le Maire depuis... juin. Pas si sûr, a laissé entendre, hier soir, la présidente de la Banque centrale européenne. « Est-ce que [la hausse des prix] a atteint son apogée ? Difficile à dire et je ne vais pas m'y risquer », a déclaré Christine Lagarde, avant de préciser que, « si on [la] laisse progresser librement, il faut se battre encore plus pour la ramener [à un niveau acceptable, autour de 2 %, NDLR] et c'est douloureux ». L'inflation a atteint, en septembre, un record historique dans la zone euro (+10 %).

4 octobre

📍 Crise de l'énergie : les entrepreneurs (re)lancent l'alerte

Les entreprises de plus en plus frustrées par l'attentisme du gouvernement. A l'occasion de sa conférence de rentrée, le réseau économique CroissancePlus a déploré l'étalement sur deux ans de la future baisse des impôts de production. Mais il s'en est également pris à l'aide aux entreprises énergivores, toujours trop complexe à son goût. Surtout, les dirigeants représentés par l'association ont ajouté leurs voix au concert des alertes patronales sur cette crise de l'énergie, considérée comme « beaucoup plus dangereuse que le Covid-19 », du fait des tarifs exorbitants atteints par le gaz et l'électricité.
A lire : CroissancePlus somme le gouvernement d’agir contre la flambée des prix de l’énergie

Prix des carburants : la remise ne marche plus

Retour à la case départ pour les prix à la pompe. Ils sont tous repartis à la hausse la semaine dernière, selon les relevés du ministère de la Transition écologique. Au 30 septembre, le litre de GNR a ainsi poursuivi son rebond pour atteindre 1,3228 euro le litre, en moyenne hebdomadaire (+2,7 % en sept jours). Les autres carburants repartent, eux, de l'avant pour la première fois depuis fin août, avec une progression plus forte pour le diesel (1,6956 €, +2,2%) que le sans plomb 95 (1,5737 €, +1,7 %) ou 98 (1,6154 €, +1,8 %). Et pourtant, ces tarifs incluent la "remise carburant" à 30 centimes de l'Etat, en vigueur jusqu'à la fin du mois d'octobre.

La RSE, alliée des RH

A l’occasion de la Semaine de l’entreprise responsable et inclusive, organisée jusqu'à vendredi, le Medef a présenté les résultats de ses baromètres 2022 de la perception de l’égalité des chances et de la RSE en entreprise. Il en ressort que la responsabilité sociétale devient un outil d’attractivité et de fidélisation des salariés.
A lire : De plus en plus, la RSE devient un facteur d’attachement à l’entreprise

L'agriculture malade de la sécheresse

Comme il fallait s'y attendre, les productions agricoles ne sont pas sorties indemnes de la sécheresse de ces derniers mois. Amputée d'un quart sur un an, la récolte de maïs est la plus faible de France depuis 1990, quand celle d'herbe, dans les prairies, est tombée à son plus bas en près de vingt ans (en recul d'un tiers par rapport à sa moyenne de longue période), selon le ministère de l'Agriculture. Et si le tournesol résiste, c'est parce que "la baisse des rendements due à la sécheresse est seulement équilibrée par la hausse des surfaces". Dans ces conditions, l'Etat va avancer ses versements d'aide aux professionnels les plus sinistrés, dans le cadre du régime des calamités agricoles. Car la crainte des autorités est d'assister désormais au "dépérissement de cultures pérennes ou la décapitalisation des cheptels (vente de bêtes par les éleveurs, NDLR), au sortir de l’hiver prochain".

3 octobre

📍 Crise de l'énergie : les entreprises entre deux feux...

En pleine flambée des prix, la renégociation des contrats d'énergie vire au cauchemar dans les entreprises. Et ce ne sont pas les autorités qui vont aider les patrons à y voir plus clair : si le gouvernement conseille de ne pas se précipiter sur des offres à prix prohibitifs, la Commission de régulation de l'énergie, elle, invite à ne pas trop traîner. Et à accepter l'inflation.
A lire : Les entreprises en proie aux injonctions contradictoires des pouvoirs publics sur leurs contrats d'énergie

... l'aide aux activités les plus gourmandes retouchée...

Cette fois, c'est officiel : l'aide aux entreprises les plus consommatrices d'énergie est prolongée jusqu'à la fin de l'année, confirme un décret, paru samedi au Journal officiel. Le texte introduit toutefois un nouveau plafond dans le calcul des coûts éligibles sur la période de septembre à décembre (le surplus de dépenses couvert est limité à 70 % du volume d'énergie consommé en 2021). Malgré cette nuance supplémentaire, le gouvernement a tenté de simplifier et élargir sa subvention : elle est désormais ouverte dès lors que l'excédent brut d'exploitation du requérant est négatif, ou en baisse, sur un mois seulement (ou sur deux), et non plus obligatoirement sur un trimestre. Pour le reste, les critères et seuils en vigueur jusqu'ici ne changent pas. Pour bénéficier de ces règles retoilettées, les entreprises peuvent, en théorie, (re)déposer une demande en ligne dès à présent pour la période de mars à août, à partir du 15 novembre pour septembre-octobre et du 16 janvier pour novembre-décembre.

... les ETI prêtes à freiner

Les ETI restent solides dans la tempête. Mais jusqu’à quand ? Les entreprises de taille intermédiaire sont de moins en moins à l’abri de l’inflation et de la crise énergétique, d’après le dernier baromètre du Meti et de la Banque palatine. A tel point que leurs dirigeants envisagent sérieusement de réduire leur activité pour alléger leurs factures.
A lire : Les ETI redoutent "un mur énergétique" en 2023

Redémarrage au pas dans l'automobile

Les ventes automobiles frémissent à la hausse. En septembre, et pour le deuxième mois consécutif, les immatriculations s'affichent en croissance sur un an (+5,5 %, après +3,8 % en août). Au total, 141 142 voitures particulières ont ainsi été écoulées, le mois dernier, en France, selon la Plateforme automobile. Mais le marché est bien loin d'avoir remonté la pente : les ventes cumulées des neuf premiers mois de l'année sont en repli de 11,8 % sur un an - et de 32,2 % par rapport à 2019, soit avant la crise du coronavirus. En cause, notamment, la pénurie persistante de semi-conducteurs dans les usines qui perturbe la production des constructeurs. Or, en la matière, « la situation restera très compliquée jusqu'à fin 2023 », a prévenu, ce week-end, le patron de Stellantis, Carlos Tavares, dans Le Parisien.

30 septembre

📍 Les prix battent (un peu) en retraite

Très relatif répit sur le front de l'inflation. En septembre, mois traditionnellement modéré, l'augmentation des prix est passée à +5,6 % sur un an, selon l'Insee (-0,3 point par rapport à août, deuxième baisse consécutive depuis le pic de juillet à +6,1 %). Ce reflux est dû au recul de l'énergie (à +17,8 % quand même) et des services (+3,2 %). En revanche, la flambée des produits alimentaires, elle, continue à prendre de l'ampleur (+9,9 %, soit 2 points de plus qu'en août !). A noter que sur un mois, l'inflation enregistre également son premier repli (-0,5 %) depuis... septembre 2021.

Agroalimentaire : les distributeurs dans le collimateur

C'est dans ce contexte inflationniste que l’État monte au créneau pour défendre les industriels de l’agroalimentaire face aux "pratiques intolérables" des distributeurs. Alors que les négociations commerciales patinent depuis des semaines, le gouvernement exige désormais des enseignes qu'elles cessent immédiatement d'imposer des "pénalités logistiques systématiques" à leurs fournisseurs. Et accuse, au passage, les premières de vouloir "étouffer" les seconds.

Travailler plus pour dépenser plus

Double assouplissement de règles pour les travailleurs à partir de demain. D'une part, le plafond des titres-restaurants sera relevé de 19 à 25 euros par jour, et ce de manière permanente, confirme un décret publié aujourd'hui au Journal officiel. Il s'agit ainsi, explique le gouvernement, "de couvrir l’augmentation des prix des produits alimentaires". D'autre part, la déduction forfaitaire de cotisations patronales sur les heures supplémentaires sera étendue aux entreprises de 20 à 250 salariés, conformément au paquet de mesures sur le pouvoir d'achat, adopté cet été.
A (re)lire : les 10 outils mis à la disposition des employeurs pour soutenir le pouvoir d'achat de leurs salariés

Le "passeport de prévention", quèsaco ?

Autre changement du 1er octobre, introduit par la loi sur la santé au travail, cette fois : la création d'un "passeport de prévention". Cet outil de suivi et d’optimisation de la formation des salariés fait officiellement son entrée dans toutes les entreprises à partir de demain.
A lire : Ce que change le nouveau passeport de prévention pour les entreprises

29 septembre

📍 Crise de l'énergie : les SOS des entreprises

Les entreprises tirent le signal d'alarme de toutes parts sur la flambée des prix de l'énergie. L'organisation patronale Business Europe s'alerte d'un "risque imminent de pertes de production et de fermetures de milliers d'entreprises européennes", et même d'un "réel danger" de délocalisations. "Trouver d'urgence des moyens d'atténuer l'impact des prix écrasants du gaz et de l'électricité (...) est une question de survie", lance-t-elle dans une lettre ouverte à la Commission européenne. En France, Geoffroy Roux de Bézieux a également réitéré son « SOS » d'il y a deux semaines. Avec, cette fois, un chiffre à l'appui de son message : « Sur 800 entreprises qu'on a interrogées, 11 % envisagent de ralentir ou d'arrêter leur production », a assuré le président du Medef, sur France Info. Pour lui, il y a « vraiment un risque très sérieux » que la situation ne débouche sur une explosion de faillites. L'inquiétude gagne aussi les PME en région : 240 d'entre elles viennent de se réunir pour réclamer un "traitement équitable" et un accès élargi aux aides publiques.
A lire : Un collectif de 240 PME alerte sur la hausse des coûts de l’énergie

Les TPE-PME dans la nasse inflationniste

Les TPE-PME commencent à sentir passer le vent du boulet. Après un an d’inflation galopante, leur situation de trésorerie n'a jamais paru aussi mauvaise en cinq ans, dans le baromètre trimestriel de Bpifrance Le Lab et Rexecode (hors première vague du Covid-19). Et pourtant, les dirigeants de ces entreprises se disent prêts à relever les salaires de leur personnel... mais moins que les prix de vente de leurs produits.
A lire : Sous tension, les TPE-PME envisagent d’augmenter leurs prix plus que les salaires

Habillement : Camaïeu dans le noir

Les magasins Camaïeu vont définitivement baisser le rideau samedi soir, après 38 ans d'existence. Le tribunal de commerce de Lille a condamné l'enseigne nordiste à la liquidation judiciaire, hier soir. Les 2 600 salariés du groupe vont être licenciés.
A lire : L'enseigne de prêt-à-porter Camaïeu placée en liquidation judiciaire

Le dialogue social reste enrhumé

Affaiblie par la crise sanitaire en 2020, la négociation collective peine à retrouver des couleurs. Quelque 1 063 accords collectifs de branche ont été conclus l'an dernier (+5 % en un an) et 76 820 autres au niveau des entreprises (-8 %), selon un bilan du ministère du Travail. Dans les deux cas, ces volumes sont loin de leur niveau d'avant-coronavirus (-14 % et -12 %, respectivement, par rapport à 2019).

28 septembre

📍 Hydrogène : pactole pour 10 projets français

Le soutien franco-européen à l’hydrogène vert entre un peu plus dans le concret. Paris va concentrer 2,1 milliards d’euros sur les dix projets français sélectionnés par l’UE, dans le cadre de son programme d’aide renforcée à cette technologie (PIIEC Hy2Tech). Cet effort, annoncé par la Première ministre Élisabeth Borne, représente deux tiers de la somme que l’État consacrera à cette stratégie communautaire.
A lire, sur le même sujet : La Normandie se voit en tête de pont de l’hydrogène européen

Crise de l'énergie : l'industrie déjà asphyxiée

Pendant ce temps-là, la crise de l’énergie liée à la guerre en Ukraine menace déjà la dynamique des entreprises. Dans les Hauts-de-France, pour continuer à produire malgré tout, petits ou gros arrangements sont de mise. Mais ils ne protégeront pas, à terme, de changements structurels.
A lire : Comment les industriels des Hauts-de-France s'adaptent à la crise énergétique

Le moral des ménages au plus mal

Rentrée déprimée pour les ménages français. Après un bref regain d'optimisme en août, leur confiance, mesurée par l'Insee, recule de 3 points en septembre et retombe au plus bas depuis 22 ans (ex aequo avec juillet dernier et mai-juin 2013). Les inquiétudes explosent en particulier concernant le niveau de vie en France dans les douze prochains mois (point bas historique de mai 2020 égalé), l'évolution du chômage (doublement de l'indicateur en un mois) et la hausse des prix (à nouveau redoutée par une majorité de sondés). 

Le chômage entre deux eaux

Après deux mois consécutifs de hausse, le chômage justement fait une pause. En août, le nombre d'inscrits à Pôle Emploi sans aucune activité (la catégorie A) s'est stabilisé à 3,18 millions de personnes, selon la Dares (ministère du Travail). A l'inverse, les effectifs de ceux en activité réduite (catégories B et C) rebondissent (+0,6 %), après avoir fléchi en juin-juillet.

27 septembre

📍 Energies : l'Etat promet simplification et anticipation

Le gouvernement veut passer à la vitesse supérieure sur tous les projets d'énergie, nucléaire inclus. Pour ce faire, un projet de loi est en préparation pour « réduire de plusieurs années les délais de construction » des futurs réacteurs de type EPR2, prévus dans l'enceinte de centrales existantes, a dévoilé le ministère de la Transition énergétique, aujourd'hui. Sont visés, en l'occurrence, les sites de Penly (Seine-Maritime), Gravelines (Nord) et un troisième à déterminer (sans doute en vallée du Rhône). L'idée est d'arriver à « mettre le premier coup de pioche » du tout premier chantier avant mai 2027, pour une mise en service en 2035 au plus tôt (date inchangée donc). Comment ? En simplifiant les procédures administratives, avec la parution d'un "décret d'autorisation" unique, et en lançant, sur site, des « travaux annexes », en parallèle des phases d'instruction des dossiers. La même volonté de rationalisation sera à l'oeuvre pour les énergies renouvelables, dans le cadre d'un autre texte, présenté hier. Il s'agit, cette fois, d'avancer certaines démarches (sur le raccordement au réseau électrique notamment) ou de faciliter le déploiement d'installations sur des terrains "dégradés", artificialisés ou inexploités (bords de route, parkings, friches...). A noter, enfin, que projets renouvelables et nucléaires seront également reconnus d'"intérêt public majeur", classification ouvrant droit à certaines dérogations environnementales.

Prix des carburants : le GNR s'enflamme à nouveau

Retour de flammes à la pompe. Le litre de gazole non-routier a brutalement rebondi, la semaine passée, selon les relevés du ministère de la Transition écologique. En moyenne hebdomadaire, au 23 septembre, il coûtait 1,2878 euro, soit 9 centimes de plus en 7 jours (+7,7 %). C'est son niveau le plus élevé depuis la mise en place de la remise gouvernementale à 30 centimes, au début du mois. Les autres carburants poursuivent, en revanche, leur baisse - le diesel (-2,2 %, au plus bas depuis fin janvier), davantage que l'essence (1 centime de moins à peine sur le sans plomb 95 et 98).

L'inquiétude gagne du terrain à la tête des entreprises

La proportion de chefs d'entreprise "inquiets" augmente de 10 points sur un an pour atteindre 49 %, selon le baromètre OpinionWay - Fondation MMA des Entrepreneurs du Futur. Cette incertitude est principalement nourrie par des préoccupations liées à la disponibilité des ressources et à leur prix.

Prêts garantis par l'Etat : ça passe ou ça casse ?

Plus de deux ans après leur création, l’heure du remboursement a sonné pour les prêts garantis par l’Etat (PGE), dont la distribution a été prolongée jusqu’au 31 décembre. Dans un contexte économique dégradé par l’inflation, la crise énergétique et la remontée des taux, les entreprises sont-elles en bonne position pour faire face à cette échéance ?
A lire : Les entreprises vont-elles avoir du mal à rembourser leur PGE à cause du ralentissement économique ?

26 septembre

📍 Budget 2023 (1) : sus à l'inflation

Le gouvernement a présenté son projet de loi de finances pour 2023. Il table sur un déficit public à 5 % du PIB (comme en 2022) et une dette à 111,2 %. Pour le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, « la priorité absolue est de faire reculer l’inflation ». Pour les entreprises, cela passe par le maintien de l'enveloppe de 3 milliards d'euros dédiée à l'aide aux activités les plus énergivores, somme à peine consommée cette année. Le dispositif est censé évoluer le mois prochain pour être rendu un peu plus accessible. La disparition de la CVAE sur deux ans est, par ailleurs, actée.

Budget 2023 (2) : les partenaires sociaux trahis

Le projet de budget 2023 fait déjà grincer des dents. Dans un communiqué commun, le Medef et la CPME se joignent aux syndicats CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC pour dénoncer le projet gouvernemental de "ponctionner [l'organisme paritaire] Action Logement de 300 millions d'euros", au profit d'un autre mécanisme, le Fonds National des Aides à la Pierre. Les signataires y voient "une rupture de confiance et un mépris du dialogue social", ainsi qu'un "affaiblissement notable de la capacité d’Action Logement à accompagner les salariés dans leur parcours résidentiel en lien avec l’emploi, alors que cette mission d’utilité sociale est devenue cruciale dans le contexte actuel. À titre d’exemple, pour la seule année 2023, ce serait 26 000 logements abordables en moins à proposer aux salariés."

La croissance 2023 sous de mauvais auspices

L'horizon ne cesse de s'obscurcir pour l'an prochain. Après la Banque de France, c'est au tour de l'OCDE d'annoncer une croissance molle pour l'Hexagone en 2023 : elle devrait atteindre +0,6 %, une prévision divisée par plus de deux en seulement trois mois ! Pour mémoire, le gouvernement espère encore une progression du PIB d'1 %. L'inflation, elle, faiblira à peine (+5,8 % attendus, réévalués de +1,3 point). Et encore, la crise énergétique pourrait faire déraper tous ces chiffres. A défaut de "réduction de la demande et diversification des approvisionnements", l'OCDE prédit même à l'Europe une détérioration de sa croissance d'1,3 point (alors qu'elle n'est déjà plus anticipée qu'à +0,3 % en zone euro) et un suremballement des prix d'1,4 point (en plus des +6,2 % déjà prévus).

Les PGE repartent pour un dernier tour

Les prêts garantis par l'Etat jouent les prolongations. En tout cas dans leur version issue du "plan de résilience" : depuis samedi, et jusqu'au 31 décembre, les entreprises éligibles peuvent à nouveau demander à leur banque de souscrire à ce PGE.

23 septembre

📍 Négociation des contrats énergétiques : la CPME répond à Emmanuel Macron

Hier, le Président de la République conseillait aux entreprises de jouer la montre avec leurs fournisseurs de gaz et d’électricité, plutôt que d’accepter des contrats aux prix délirants. Plus facile à dire qu’à faire, lui rétorque la CPME. Sur le terrain, les petites entreprises ne mènent pas le bal, elles subissent. « Les PME se voient, sous peine de coupure, imposer des conditions par les énergéticiens sans aucune marge de négociation. Il est possible que les grandes entreprises soient en capacité de peser sur les fournisseurs d’énergie et de repousser la renégociation des contrats d’énergie. Ce n’est pas le cas des PME ». Et le syndicat patronal d’appeler de ses vœux un tarif réglementé pour les prix de l’électricité et du gaz pour les PME. Pour le moment, le gouvernement réserve son bouclier aux seules TPE et accorde des aides aux plus gros consommateurs d'énergie.
A (re)lire : Prix de l’énergie : l’État maintiendra un soutien a minima aux entreprises en 2023

Crise énergétique : le malheur des uns fait le bonheur des autres

Toute crise apporte son lot d’opportunités. Celle de l’énergie n’échappe pas à la règle. Les fabricants et distributeurs de groupes électrogènes ont actuellement une activité en plein essor, du fait des craintes des coupures d’électricité cet hiver. C’est le cas en Bretagne de Gelec Energy, une PME de 25 salariés, qui fait face à une « ruée » sur ses produits totalement inédite.
A lire : Gelec croule sous les demandes de groupes électrogènes   

Les délais de paiement s’améliorent en France 

Au deuxième trimestre, les délais de paiement entre entreprises s’améliorent en France, renouant avec leur niveau d’avant Covid, indique une étude d’Altares. Un progrès provoqué… par les tensions d’approvisionnement. « Les entreprises redoublent d’efforts pour préserver leurs bonnes relations avec leurs fournisseurs, à l’heure où les chaînes d’approvisionnement sont exposées à de nombreuses crises », indique Altares. Mais les mauvais payeurs ne devraient pas tarder à réapparaître. Les tensions sur les trésoreries exacerbées par la crise énergétique pourraient de nouveau dégrader les délais de paiements en cette fin d’année.
A lire : Délais de paiement : l’embellie avant la tempête ?  

En Chine, les entreprises françaises n’ont plus le moral

La politique zéro Covid mise en place d’une main de fer par les autorités chinoises laisse des traces sur le plan économique. Les entreprises françaises présentes dans l’Empire du Milieu n’ont plus le moral, révèle une étude de la CCI française en Chine, relayée par nos confrères des Echos. Les quarantaines et les confinements stricts nuisent sérieusement au business, les deux tiers des 300 filiales françaises interrogées par la CCI subissant des baisses de leurs profits. De plus en plus d’entreprises tricolores suspendent leurs investissements et avouent ne plus avoir de plan de développement en Chine.

La dette publique redescend à 113% du PIB

La dette publique française s’établit au deuxième trimestre à 2 916,8 milliards d’euros, annonce ce vendredi l’Insee. En valeur, la dette des administrations publiques continue de progresser, de 16 milliards d’euros de plus qu’au premier trimestre. Mais, exprimée en point de PIB, elle diminue à 113,3% (contre 114,7% au premier trimestre), du fait de la hausse du produit intérieur brut tricolore.  

45 millions d’euros pour les sous-traitants automobiles

Dans le cadre du plan  France 2030, l'Etat a annoncé les premiers lauréats nationaux de l’appel à projets "Soutien aux projets de diversification des sous-traitants de la filière automobile". Des sous-traitants contraints de s’adapter pour suivre l’évolution de leurs principaux clients vers le véhicule électrique. Pour cette première vague de subventions, l’État a retenu 46 projets (dont 24 concernent des PME et 12 des ETI) pour un total de 45 millions d’euros de subventions. Par effet levier, 181 millions d’euros d’investissements devraient être débloqués. L’ Auvergne-Rhône-Alpes est la région la plus représentée avec 19 projets soutenus, dont plus de la moitié située dans la Vallée de l’Arve.

22 septembre

📍 Eolien : Emmanuel Macron veut aller deux fois plus vite

Le président de la République vient d’inaugurer le premier parc éolien marin français, situé au large de Saint-Nazaire. Exploité par EDF, ce parc de 80 éoliennes sera pleinement opérationnel en fin d’année. Le hic, c’est qu’il a mis un temps fou à sortir de mer, car le résultat de l’appel d’offres de ce marché titanesque remonte à 2012. Promis, juré, Emmanuel Macron veut que les projets liés aux énergies renouvelables – dont on perçoit encore plus l’intérêt avec la guerre en Ukraine - aillent deux fois plus vite. Pour cela, il compte sur le projet de loi d'accélération des énergies renouvelables qui sera présenté dans les prochains jours. Avec pour objectif de sortir 50 parcs éoliens d’ici à 2050.

Renouvellement des contrats énergétiques : le conseil conso d’Emmanuel Macron

Mieux vaut faire traîner les négociations que de s’engager à n’importe quel prix. C’est le conseil conso du président de la République, interrogé par BFM TV, sur le renouvellement des contrats énergétiques. « Parfois, quand vous êtes une petite entreprise, une collectivité locale, un bailleur social, on vous propose un prix de l’électricité pour négocier vos contrats à des prix fous : ne les signez-pas aujourd’hui ! ». Emmanuel Macron le promet, les prix vont baisser. « Nous sommes en train de renégocier les prix du gaz et de l’électricité, de refaire fonctionner les marchés. Dans les prochaines semaines, on va veiller collectivement à retrouver des prix plus raisonnables ».

Comment la métallurgie fait face à la flambée des prix de l’énergie

Fortement consommatrice en énergie, la métallurgie fait partie des secteurs les plus touchés par la hausse des prix de gaz et d'électricité. Du coup, l’actuelle flambée du coût des énergies incite les industriels à innover pour optimiser leur consommation. Certains revoient leurs process industriels, d’autres parient sur les énergies renouvelables, modulent la présence des salariés sur leur site ou font appel à des courtiers pour mieux négocier leurs contrats. 
A lire : Comment les entreprises métallurgiques d’Auvergne Rhône-Alpes réduisent leur facture énergétique

Inflation : un peu de baume au cœur pour les entreprises du bâtiment

Lors des Assises du BTP, le gouvernement vient d’annoncer une série de 13 mesures devant permettre aux entreprises du bâtiment et des travaux publics de faire face à l’inflation des prix des matériaux de construction. Principales mesures : le relèvement de 20 à 30 % des seuils planchers des avances pour tous les marchés publics passés avec des PME et la possibilité de réviser les prix dans les marchés publics en cours afin de prendre en compte les surcoûts engendrés par l’inflation. Les mesures sont plutôt bien accueillies par les organisations patronales du bâtiment, beaucoup moins par celles des travaux publics.
A lire : Le gouvernement tente de soulager la trésorerie des entreprises du BTP

Le blues des patrons

Rentrée sous le signe de la morosité dans les entreprises. Après un léger sursaut en août, le climat des affaires, mesuré par l'Insee, a repris sa marche arrière en septembre (-1,4 point en un mois, -10,5 depuis février). Seul le bâtiment résiste au marasme ambiant. Le commerce de gros part en déprime (-5,5 points par rapport à juillet), quand les détaillants y retombent (-3,8 depuis août) et les industriels les imitent : la confiance des patrons d'usines est au plus bas depuis mars 2021, veille du troisième confinement. La faute à la fonte des carnets de commandes et aux craintes sur l'évolution de la production à court terme. Ce dernier indicateur n'avait même jamais été aussi faible, dans la catégorie des "autres industries" (chimie, métallurgie, papeterie, textile...), depuis... mai 2020, à la sortie du premier confinement.

Levée de fonds XXL pour les insectes d'Innovafeed

La start-up Innovafeed, qui élève, dans la Somme, des insectes destinés à l’alimentation des animaux d’élevage, annonce une nouvelle levée de fonds, d’un montant de 250 millions d’euros. Cette somme va lui permettre d’accélérer encore son développement, notamment aux États-Unis et, bientôt, en Asie.
A lire : Innovafeed lève 250 millions d’euros pour affirmer sa place de leader dans la protéine d’insectes

21 septembre

📍 Prix de l'énergie : finalement, l'Etat prêt à en faire un peu plus

Changement de ton à Bercy. Après avoir assumé une politique de soutien a minima des entreprises, Bruno Le Maire a décrété l'« urgence absolue », ce matin, sur France 2. Inquiet du sort des activités énergivores et/ou exposées à la concurrence internationale, le ministre de l'Economie veut dorénavant leur « apporter des aides plus rapides et plus importantes ». Objectif : doubler les plafonds de la subvention accordée aux entreprises gourmandes en gaz et électricité, pour les porter à 50 et 100 millions d'euros. Mais, pour y parvenir, il faut l'aval de la Commission européenne. Bruno Le Maire presse donc Bruxelles d'assouplir les règles sur les aides publiques avant fin octobre, plutôt qu'au 1er janvier prochain, comme prévu. « C'est beaucoup trop tard : vous aurez des sociétés qui seront tombées au tapis, si nous attendons, a prédit le patron de Bercy, avant d'ajouter : Nous devons gagner ce combat, parce qu'il en va de la survie d'entreprises qui sont stratégiques pour la nation française. »

Guerre en Ukraine : les entreprises françaises quasi-imperturbables

L'économie française encaisse les coups, mais pour combien de temps encore ? Selon le cabinet Trendeo, l'emploi et l'industrie ont encore réalisé de solides performances au premier semestre, en dépit de la guerre en Ukraine et de ses conséquences. Mais, derrière les créations de postes records et le retour confirmé des usines en France, commencent à apparaître aussi de premiers signes d'essoufflement, voire de ralentissement.
A lire : L’essor de l’emploi et de l’industrie à peine contrarié par la guerre en Ukraine

Les recrutements repartent de plus belle

A bout de souffle, l'emploi ? Pas le moins du monde, montrent les derniers chiffres de l'Urssaf : en août, les embauches en CDD longs et CDI ont même battu leur record historique de mai dernier !

Le Covid-19 fait encore les affaires du e-commerce

Lui non plus ne connaît pas la crise. Le commerce en ligne a encore affolé les compteurs au deuxième trimestre, selon la fédération du secteur, la Fevad. Dopés par les confinements successifs de 2020-2021, les sites marchands ont, cette fois, profité à plein de la levée des restrictions sanitaires et de la reprise du tourisme au printemps.

Informatique : la cession qui fait pschitt

La vente de l’ETI girondine Cheops Technology ne sera finalement pas menée à son terme. En cause, un litige opposant les actionnaires historiques autour de la vente de 71 % du capital de l’entreprise, survenue en juillet 2018.
A lire : Pourquoi la cession à 180 millions d’euros de Cheops Technology a capoté

20 septembre

📍 Inflation : les assureurs au service minimum

Dans la famille des "boucliers" anti-inflation, voici venu celui sur les assurances. Les compagnies ont promis de « contenir le montant moyen [de leurs] primes en dessous du niveau de l'inflation en 2022 et 2023 », s'est félicité le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, ce matin. Elles feront en tout cas "tout leur possible" pour y parvenir, a nuancé leur fédération, par communiqué. Concrètement, elles devront faire en sorte de maintenir l’indice du prix de l’assurance sous le taux d'inflation, l'un et l'autre de ces indicateurs étant calculés par l'Insee. Las, ni France Assureurs ni le gouvernement ne s'engagent sur un plafonnement plus explicite des futures augmentations de tarifs, contrairement à ce qui a déjà été fait sur l'énergie (+15 % pour le gaz et l'électricité) et les frais bancaires (+2 %). Pour se justifier, le secteur met en avant ses difficultés du moment, entre explosion des sinistres d'origine climatique (coût évalué à 5,2 milliards d’euros en 2022) et poids de l'inflation sur les réparations. Les compagnies disent toutefois envisager des actions ciblées, notamment pour les jeunes en recherche d'emploi ou sur "certains contrats d’entrée de gamme".

Transports : le vélo reste dans la course

Le vélo garde le vent dans le dos. L'Etat va investir 250 millions d'euros en 2023 pour développer les infrastructures et équipements cyclables en France. Cette enveloppe est la première mesure annoncée par la Première ministre Elisabeth Borne, dans le cadre d'un futur "Plan vélo et mobilités actives", censé prolonger jusqu'en 2027 le précédent paquet de mesures de 500 M€, lancé en 2018. Les aides à l'achat de bicyclettes devraient notamment être reconduites. Autre priorité affichée : "Accompagner la création d’une véritable filière", incluant le recyclage, la réparation et les services. Sans oublier l'assemblage, avec l'objectif d'1 million de vélos par an ainsi fabriqués en France (contre 800 000 l'an dernier). Les moyens envisagés pour y parvenir seront présentés d'ici à la fin de l'année.

Le sursaut estival des créations d'entreprise

Les créations d'entreprise repartent de plus belle. Après un très relatif passage à vide, ces douze derniers mois, leur nombre a flirté, cet été, avec des sommets qui n'avaient plus été atteints depuis le printemps 2021. Une dynamique qui profite notamment à l'industrie.

Le si lent reflux du chômage partiel

Le chômage partiel reviendra-t-il un jour à la "normale" ? Certes, en juin, ce dispositif-phare de la crise du Covid-19 a poursuivi son reflux, selon la Dares (ministère du Travail) : 112 690 salariés ont encore été effectivement indemnisés (-17,9 % en un mois) pour un total de 4,11 millions d'heures (-3 %). Mais ces chiffres, en baisse continue depuis le début de l'année, reste 2,5 fois supérieurs à ce qu'ils étaient deux ans et demi plus tôt, en janvier 2020, soit avant les confinements. Or, le flot des demandes peine à se tarir, malgré un dispositif de moins en moins favorable. Ainsi, au 28 août, les dossiers reçus au titre du mois de juin visaient 891 390 salariés (-1,7 %)... 5,2 fois plus qu'avant la pandémie.

19 septembre

📍 Crise de l'énergie : la récession menace...

Peut-on encore éviter la récession l'an prochain ? Oui, assure le gouvernement. Peut-être, a répondu la Banque de France, en fin de semaine dernière... sans toutefois exclure le risque d'une contraction "limitée et temporaire" du PIB. Non, tranche carrément l'assureur-crédit Allianz Trade, aujourd'hui. Dans ces deux derniers cas, les prévisionnistes pointent du doigt la crise énergétique et anticipent une inflation forte jusqu'en 2024, si ce n'est au-delà. Mais le ralentissement en cours est aussi planétaire : la Banque mondiale prédit désormais une croissance de 2,4 % pour 2023 (-0,6 point en trois mois)... et de seulement 1,2 % dans les économies dites avancées, comme la France (-1 point). Voire -0,6 %, dans le pire des cas.

... des mesures complémentaires à l'étude

Finalement, Bercy n'a pas dit son dernier mot. Face aux protestations du patronat, les aides aux entreprises victimes des prix de l'énergie pourraient bien s'étoffer dans les prochains jours, a dévoilé la ministre chargée des PME, ce matin, sur BFMTV. Olivia Grégoire avance plusieurs pistes. Tout juste simplifiée, l'aide aux sociétés les plus gourmandes en électricité et gaz pourrait être encore amendée. Pour le reste, « on pourrait donner un délai de paiement [des factures d'énergie], pour que nos patrons de PME ne soient pas totalement essoufflées en termes de trésorerie ». La problématique des contrats à terme, arrivés à échéance en pleine période inflationniste, fait également partie des sujets à l'étude. Sur ce point, comme sur les autres litiges potentiels avec des fournisseurs, la ministre renvoie, dans l'immédiat, les chefs d'entreprise vers la Médiation de l'énergie (pour les TPE) et la Répression des fraudes, afin d'éviter d'éventuelles « arnaques », en termes de tarifs ou de contrats. Et en attendant de nouvelles annonces, le ministère de l'Economie publie un guide pratique de 10 pages sur les dispositif existants et les contacts utiles en cas de difficultés.
A lire, sur le même sujet : Comment la filière agroalimentaire alsacienne s'arme face à la flambée des coûts

Les prix à la pompe toujours en chute libre

Les prix du carburant n'en finissent plus de dégonfler. La chute est particulièrement remarquable pour le gazole : au 16 septembre, le litre de GNR avait perdu 7 centimes en sept jours, pour atteindre 1,1958 euro (-5,9 %), quand le diesel a reculé de près de 6 centimes, à 1,6965 € (-3,3 %), selon les relevés du ministère de la Transition écologique. Dans les deux cas, ces tarifs moyens sont au plus bas depuis début février. L'essence, elle, retombe à son niveau de juin 2021, avec toutefois des baisses moins spectaculaires pour le sans plomb 95 (-0,9 %, à 1,5547 €), comme le SP98, quasi-stable (-0,4 %, à 1,5967 €). Ces prix sont toujours tirés vers le bas par la "remise carburant" du gouvernement (-30 centimes par litre jusqu'au 31 octobre).

Spatial : la France affiche ses ambitions

L'espace aura les moyens de ses ambitions. L'Etat va investir « plus de 9 milliards d'euros (...) dans les trois prochaines années, pour la recherche et l'industrie spatiales », a confirmé la Première ministre Elisabeth Borne, hier, à l'ouverture du 73e Congrès international d'astronautique, à Paris. Ce total agrège plusieurs enveloppes déjà annoncées (dont celle d'1,5 Md€ prévue dans le plan France 2030), mais aussi la future contribution tricolore à l'ESA, l'Agence spatiale européenne. Afin de continuer à débloquer ces fonds, le gouvernement réunira les acteurs nationaux fin octobre. L'occasion de leur préciser les attentes de l'Etat, autour de ses différentes priorités : les lanceurs ; les constellations de satellites et les services spatiaux ; les enjeux scientifiques (lutte contre les dérèglements climatiques, explorations) ; la défense et les équipements militaires.

16 septembre

📍 Les aléas climatiques vont coûter plus de 5 milliards d’euros aux assureurs

Entre les tempêtes, la grêle et la sécheresse, les aléas climatiques vont au moins générer 5,2 milliards d’euros d’indemnisations par les assureurs cette année. C’est ce qu’indique le dernier pointage de France Assureurs, cité par les Echos. Un niveau largement supérieur à la normale. La fédération d’assureurs estime en effet que les indemnités se montent en moyenne à 3,5 milliards d’euros par an depuis 2017. Et les calculs pour 2022 ne sont pas clos : non seulement l’année n’est pas terminée, mais en plus les conséquences de la sécheresse sur les récoltes ne sont pas encore partout connues. 

Contrat d’électricité : Agnès Pannier-Runacher appelle à la vigilance 

Attention à ne pas signer trop vite et surtout à n’importe quel prix. La ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher a appelé ce matin les entreprises et les collectivités à la vigilance dans leurs négociations avec leurs fournisseurs d’énergies. « On voit des nouveaux contrats appuyés sur des prix de 800 euros, voire plus. Ce n'est pas le prix de l’électricité sur le marché. Il faut être très vigilant sur ces contrats et ne pas se faire embarquer ».
A (re)lire : Contre l'envolée des prix de l'énergie, l’État maintiendra a minima son soutien aux entreprises en 2023 

362 800 emplois vacants en France

Au deuxième trimestre, 362 800 postes étaient non pourvus en France, un nombre stable par rapport au début d’année, mais supérieur de 79% à la situation antérieure à la crise sanitaire, indique une étude de la Dares. Par rapport au premier trimestre 2022, le nombre d’emplois est en forte hausse dans l’industrie (+13%), mais recule dans le tertiaire non marchand (-5%), la construction (-4%) et le tertiaire marchand (-1%). 

L’automobile retrouve (un peu) le moral

Après 13 mois de baisse, le marché des voitures neuves renoue avec la croissance en Europe. Avec 650 000 immatriculations enregistrées, le marché est en hausse de 4,4% en août.  Si les chiffres demeurent très en deçà à ceux d’avant le Covid, le marché progresse fortement en août en Italie (+10%) et en Espagne (+9%), un peu moins en France (+3,8%) et en Allemagne (+3%).
 

15 septembre

📍 Prix de l'énergie : le patronat sonne l'alarme

Privé de bouclier général contre la flambée de l'énergie, le patronat ne désarme pas pour autant. Au lendemain des annonces du gouvernement sur les aides anti-inflation prévues pour 2023, le président du Medef a lancé un "cri d'alerte", ce matin, sur BFMTV. Et pour cause, pour Geoffroy Roux de Bézieux, si l'Etat ne les aide pas plus, les entreprises devront se résoudre à produire moins. Un appel à l'aide pressant, également relayé par la CPME, dès hier. Les mesures de l'exécutif ont également suscité l'incompréhension de deux organisations professionnelles de l'énergie. France Gaz Liquides et l’Association française du gaz déplorent en effet "l’exclusion du GPL" dans le bouclier tarifaire. Un choix qualifié de "surprenant" d’un point de vue social et écologique, alors que les gaz et biogaz liquides seraient "capables de concilier transition énergétique et soutien au pouvoir d’achat".
A (re)lire : Contre l'envolée des prix de l'énergie, l’État maintiendra a minima son soutien aux entreprises en 2023

Défaillances : inquiétant retour à la "normale" pour les TPE-PME

Les défaillances d'entreprise à un point de bascule ? En août, mois traditionnellement le plus calme de l'année, le nombre de procédures ouvertes (1 246) n'a jamais été aussi proche de son niveau pré-coronavirus, selon la Banque de France (42 dossiers de moins par rapport à 2019, soit un écart de seulement 3 %). Ce rapprochement s'inscrit dans une tendance de fond : après avoir atteint un plus bas historique en octobre dernier, le volume cumulé de défaillances sur douze mois ne cesse d'augmenter. Il s'est établi à 35 465 en août (+26,5 % sur un an). Certes, bien loin de ce qu'il était sur la même période de 2018-2019 (-30,7 %)... sauf pour les TPE (hors microentreprises) et les PME de moins de 50 salariés : elles connaissent, au contraire, une hausse de leur sinistralité d'environ +2 %. Une première depuis le début de la crise sanitaire.

L'inflation ne bat pas en retraite

Le recul de l'inflation, en août, était déjà très modéré. Il s'avère finalement encore plus relatif : l'augmentation des prix sur un an a été réévaluée à 5,9 % par l'Insee, soit 0,1 point de plus qu'initialement annoncé. En cause : "une accélération plus soutenue des prix de l’alimentation" en général (+7,9 %), des produits frais en particulier (+3,5 %), ainsi qu'"un ralentissement moins marqué des prix de l’énergie" (+22,7 %) - ces deux derniers chiffres ont même été revus à la hausse de 0,5 point chacun. L'institut avait vu juste, en revanche, sur l'inflation des produits manufacturés (+3,5 %), gonflée notamment par la fin des soldes d'été.

Financement participatif : les plates-formes gagnent du temps

Les acteurs du financement participatif peuvent souffler. Une ordonnance, parue au Journal officiel, ce matin, leur donne un an de plus, soit jusqu'au 10 novembre 2023, pour se mettre en conformité avec la réglementation européenne. Par souci d'harmonisation, celle-ci impose aux entreprises un nouveau statut, baptisé PSFP (pour "prestataire de services en financement participatif"). Or, en mai dernier, les représentants du secteur étaient montés au créneau pour demander un délai, par crainte d'un potentiel "désastre".

14 septembre

📍 Crise de l'énergie : les entreprises passeront à la caisse en 2023...

On prend les mêmes et on recommence. Pour soulager les entreprises étranglées par leurs factures énergétiques en 2023, le gouvernement suivra, peu ou prou, les recettes déjà imaginées pour cette année. Un soutien a minima, et très ciblé, que le ministre de l'Economie a totalement assumé, cet après-midi, en conférence de presse : « Il faut bien que des [hausses de] prix passent et certaines entreprises ont la possibilité d’augmenter leurs tarifs ! Si l’État compense toutes ces augmentations, l’inflation n’en finira jamais », a tenté de justifier Bruno Le Maire.
A lire : Face à la flambée des prix de l'énergie, l’État maintiendra a minima son soutien aux entreprises en 2023

... pas de "black-out" électrique cet hiver, mais des tensions possibles...

Aura-t-on suffisamment d’énergies cet hiver ? Gestionnaire du réseau de transport d’électricité en France, RTE vient de livrer ses premières hypothèses, qui restent soumises à un certain nombre d’incertitudes, à commencer par la météo. Pour le président du directoire de RTE, Xavier Piechaczyk, cité par nos confrères des Echos, un scénario central se dégage toutefois : les Français devront réduire leur consommation jusqu’à six fois cet hiver pour éviter les coupures de courant. Des baisses de consommation que RTE estime à moins de 5%. « En aucun cas, la France risque le black-out », rassure le dirigeant de RTE, mais des coupures d’électricité de deux heures, par secteur, pourraient être mises en œuvre. Des coupures qui pourraient être beaucoup plus nombreuses – jusqu’à une trentaine de jours – selon un scénario plus noir dressé par RTE, s’appuyant sur une accumulation de mauvaises nouvelles (hiver froid, pénurie de gaz, etc.).

... et la nécessité d'économiser le gaz dès maintenant

Si le stock de gaz français est plein à 94% et devrait l’être à 100% au début de l’hiver, il faut faire attention à notre consommation dès maintenant, indique aujourd’hui le gestionnaire de réseau de transport de gaz GRTgaz. Si les températures ne descendent pas en dessous des normales saisonnières, le système gazier français sera « capable de faire face à la demande », mais aura très peu de marges de manœuvre. Si les températures chutent, le déficit de gaz pourra atteindre 5% de la consommation. « Un niveau résorbable par l'atteinte des objectifs de sobriété affichés par les pouvoirs publics », assure-t-on chez GRTgaz.

La croissance résiste, l'inflation encore plus

Et pourtant, malgré cette crise de l'énergie, non, la récession n'est pas pour demain. En dépit de récents messages d'alerte, le ministre de l'Economie persiste et signe, avec ses nouvelles prévisions de croissance. Bruno Le Maire mise sur +2,7 % cette année (0,2 point de plus qu'il ne l'espérait encore au début du mois), mais seulement +1 % en 2023. Ce dernier chiffre est revu à la baisse de 0,4 point, car « nous sommes soumis à tous les aléas internationaux, en particulier la guerre en Ukraine, les prix de l'énergie », ou encore « les difficultés en Allemagne, Etats-Unis et Chine », a expliqué le patron de Bercy, sur CNews. Du côté de l'inflation, il n'attend pas de répit avant février au moins. En conséquence, la hausse des prix devrait finalement atteindre +5,3 % en 2022 (+0,2 point par rapport aux projections précédentes), admet le ministère... et encore +4,2 % l'an prochain (+1,9 point !).

Le bâtiment serre les dents

L'étau se resserre sur les entreprises du bâtiment. Elles devraient parvenir à boucler l'année 2022 sur une croissance de leur activité, en volume, de 3,8 % en un an, selon leur fédération, la FFB. Un chiffre de 0,5 point inférieur à ses prévisions de décembre dernier. La seule bonne surprise vient du vif rebond de la construction dans le non-résidentiel, attendu à +8,5 %. Pour le reste, la déception prime et les inquiétudes s'accumulent. Sur le logement neuf, la période 2023-2024 s'annonce ainsi "périlleuse", après l'"effondrement" des ventes, début 2022, et un "blocage" redouté des permis de construire. L'emploi "peine à suivre" (15 000 créations de postes prévues cette année, 10 000 de moins qu'initialement espérés), au point de devenir un frein à l'activité. Enfin, les problèmes d'approvisionnement repartent de plus belle, selon la FFB, avec la reprise, depuis août, des "fermetures de chaînes de productions (...) sans même évoquer l’impact sur les prix [des] matériaux" concernés (aluminium, zinc, acier...), ni "l'hystérie" des tarifs de l'énergie.

Hydrogène, métaux rares... : l'Europe à l'offensive

Pendant ce temps-là, la Commission européenne continue de tirer les leçons de la crise russo-ukrainienne. Dans son "discours sur l'état de l'Union", sa présidente Ursula von der Leyen s'est d'abord attaqué, elle aussi, à l'urgence. Elle confirme ainsi une ponction temporaire sur les profits exceptionnels des énergéticiens, au motif qu'« il n'est pas juste de réaliser des bénéfices extraordinaires, grâce à la guerre et sur le dos des consommateurs ». Par ailleurs, Bruxelles a indiqué, par communiqué, vouloir ouvrir aux PME les tarifs réglementés de l'électricité... mais aussi imposer aux Etats une baisse "obligatoire" de la consommation de cette énergie "d'au moins 5 % pendant certaines heures de pointe de prix". A plus long terme, face aux vulnérabilités économiques de l'UE, Ursula von der Leyen a insisté sur l'hydrogène (création d'une "Banque européenne" dédiée pour en garantir les achats et investir 3 milliards d'euros) et les terres rares (constitution de « réserves stratégiques, là où l'approvisionnement est menacé » et multiplication des projets communs « tout au long de la chaîne » de valeur). Autre promesse : « un train de mesures pour soutenir les PME » européennes, autour de la simplification administrative, la révision des règles sur les retards de paiement et l'investissement dans la formation, en « collaboration étroite » avec les entreprises.

13 septembre

📍 Inflation : les banques solidaires, mais pas trop

Les banques apportent leur écot à la lutte contre l'inflation... sans vraiment renoncer à contribuer à la valse des prix. Elles ont promis, ce midi, de “de ne pas augmenter leurs tarifs de plus de 2 % sur l'année 2023”, s'est réjoui Bruno Le Maire en personne. Certains acteurs iront jusqu'à « [les] geler pour des services très courants, comme la carte bancaire ». En outre, le prix de l'offre spéciale, réservée aux clients les plus fragiles, va être divisé par trois, pour atteindre 1 euro par mois. Le ministre de l'Economie voit, dans ces engagements de la Fédération bancaire française (FBF), un nouveau « bouclier », sur le modèle de celui mis en place autour des prix du gaz et de l'électricité. Comme lui, il est, a priori, centré sur les particuliers, plus que les entreprises. Comme lui, il limite les hausses, sans les éviter. Comme lui, aussi, il vise un secteur qui a accumulé les bénéfices en 2021 et ne connaît pas vraiment la crise en 2022, non plus.

Emploi : la course aux recrutements reste ouverte

La conjoncture ne refroidit pas les employeurs. Ils sont toujours plus nombreux à envisager de recruter au quatrième trimestre (45 %, 5 points de plus que cet été, au plus haut depuis le début de l'année), selon ManpowerGroup, contre 11 % qui pensent, au contraire, alléger leurs effectifs (+1 point). Résultat, "la France est, avec la Suède, le pays où les entreprises comptent embaucher le plus, d’octobre à décembre !" Exceptions notables à cette euphorie : les TPE et l'industrie revoient nettement leurs projets à la baisse. Une situation attribuée à leurs difficultés de recrutement et à la hausse des prix, car "il est assez complexe de revaloriser les offres d’emploi, afin de rendre les conditions plus attractives, quand le coût de revient augmente déjà", souligne l'enquête.
A (re)lire : Les TPE-PME débordées par les difficultés de recrutement plus que par l’inflation

Et pourtant, les finances des entreprises sont dans le rouge

Verre à moitié vide ou à moitié plein ? Après un an d'inflation forte, la situation financière des entreprises françaises commence à montrer de sérieux signes de faiblesse : certes, leur trésorerie reste au sommet, d'après l'assureur-crédit Allianz Trade... mais leur endettement aussi. Or, la remontée des taux d'intérêt, les difficultés d'approvisionnement et la crise de l'énergie n'ont pas fini de peser (très) lourd dans leur balance.
A lire, le témoignage de Vosges Bois Développement : « Nous n’investissons plus pour pouvoir payer nos factures d’électricité »

Impôts de production : le nouveau calendrier ne passe pas

Les entreprises ne veulent pas attendre. L'étalement sur deux ans de la future baisse des impôts de production suscite l'incompréhension des organisations patronales. Premières bénéficiaires de la mesure, les ETI, par la voix de leur Mouvement le (Meti), fustige "une erreur" et un "mauvais signal en matière de réformes structurelles de compétitivité". Pour elles, la suppression de la CVAE n'a, au contraire, jamais été aussi urgente pour soutenir l'investissement, menacé de "se contracter, voire s’arrêter, sous l'effet de la hausse des coûts de production". Même trouble chez les entrepreneurs de Croissance Plus. Hausse des salaires, transition écologique, souveraineté industrielle : "Comment mettre en oeuvre ces transformations lourdes, si les entreprises demeurent soumises à un impôt qui obère leur capacité d’investissement et de recrutement ?", s'interrogent-ils. Plus flegmatique, le président du Medef prévient, sur Twitter, qu'"il ne faudrait pas laisser s’installer l’idée que la politique de l’offre, c’est fini. Elle a permis de créer 1,4 million d’emplois depuis 2015", selon les calculs de Geoffroy Roux de Bézieux.

12 septembre

📍 Les 8 recettes de l'Etat pour parvenir au plein-emploi

Pour atteindre le plein-emploi avant 2027, le ministère du Travail lance ses 8 travaux d'Hercule. Ces 8 "chantiers prioritaires", présentés, ce matin, aux partenaires sociaux, seront tous lancés d'ici la fin de l'année. Au programme : soutien continu à l'apprentissage (pas de nouvelles mesures prévues, mais maintien des aides à l'embauche en 2023, dans une version "recalibrée") ; réforme des retraites, de manière à "travailler plus" et à maintenir les seniors dans l'emploi (sauf "carrières longues et difficiles") ; adaptation de l'assurance chômage en fonction de la conjoncture ; création de "France Travail", appelé à succéder à Pôle Emploi ; réforme du RSA et de l'insertion sociale ; poursuite du déploiement du Contrat d'engagement jeune ; rénovation de divers dispositifs de formation continue (validation des acquis de l’expérience, compte personnel de formation, mécanismes de transitions professionnelles) ; et amélioration des conditions de travail, à travers, notamment "une politique juste de rémunération", y compris par un meilleur partage de la valeur. Pour déverrouiller le marché du travail, le ministère promet, en outre, son concours aux « concertations » plus larges, envisagées par l'exécutif sur les enjeux de mobilité, de logement et de garde d'enfants des travailleurs.

La baisse des impôts de production au ralenti

Surprise : la future réduction des impôts de production n'aura pas lieu en une seule fois, dès 2023. Cette promesse gouvernementale à 8 milliards d'euros sera finalement exaucée en deux ans, a annoncé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, ce matin. Un délai supplémentaire justifié au nom de l'« équilibre de nos finances publiques ».

Cloud : le label de confiance entr'ouvert aux PME

L'Etat tend la main aux PME et start-up numériques. Afin de les aider à décrocher le précieux visa SecNumCloud (équivalent à un label de confiance et de sécurité décerné aux prestataires de services d’informatique à distance), un dispositif d’accompagnement, doté de 2,5 millions d'euros, leur sera bientôt proposé par l'Anssi, l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information. Manière d'éviter que les grands groupes s'accaparent ce sésame, décerné au terme d'"un processus long, complexe et coûteux", de l'aveu même du ministère de l'Economie. En parallèle, Bruno Le Maire a enjoint toutes « les entreprises privées [à s'engager] davantage dans la sécurisation de leurs données ». Un appel au volontariat qui pourrait déboucher, « si [elles] ne se saisissaient pas librement de cette offre » française, sur « une norme obligatoire pour protéger notre souveraineté industrielle et notre indépendance », a prévenu le ministre de l'Economie, en déplacement à Strasbourg. A noter enfin qu'en complément de la stratégie d'accélération sur le cloud, un nouveau Comité stratégique de filière (CSF), baptisé "Numérique de confiance", verra bientôt le jour, sous l'égide du directeur général d'OVHCloud, Michel Paulin.

Prix du carburant : la baisse se confirme

Les prix à la pompe restent sous contrôle... mais l'effet de la "remise carburant" à 30 centimes s'essouffle déjà, surtout pour le gazole. Le litre de GNR est ainsi resté stable, la semaine dernière, à 1,2703 euro en moyenne hebdomadaire, au 9 septembre (-0,6 % en sept jours), selon les relevés du ministère de la Transition écologique. Le diesel fait un peu mieux (-1,4 %, soit -2,5 centimes), à 1,7547 €. La diminution est, en revanche, deux fois plus importante environ pour l'essence, que ce soit le sans plomb 95 (à 1,569 €, -3,1 %) ou le 98 (à 1,6031 €, -2,8 %). L'un et l'autre tombent ainsi à leur plus bas niveau depuis plus d'un an (depuis septembre et juin 2021, respectivement).

9 septembre

📍 L'économie française roule en "4 R"

C'est ce qui s'appelle avoir le sens de la formule. Pour résumer ce qui attend l'économie à moyen terme, le gouverneur de la Banque de France avance la théorie des « 3 R : en 2022, résistance ; 2023 ralentissement, au moins ; 2024, rebond », a lancé François Villeroy de Galhau sur BFM Business, ce matin. Sauf que, peu de temps après, dans un discours à Prague, il a évoqué un autre "R" pour l'année prochaine, en admettant que « l’hypothèse d’une récession limitée ne peut être exclue »... Deux points noirs risquent en effet de peser : les « problèmes d'offre » persistants dans les entreprises (difficultés d'approvisionnement et de recrutement) et, surtout, la flambée des prix, notamment de l'énergie. A ce propos, l'espoir d'un retour à la "normale" rapide de l'inflation (c'est-à-dire limitée à +2 % par an) s'est encore éloigné hier. La Banque centrale européenne a en effet relevé sa prévision à +2,3 % pour 2024 (+0,2 point par rapport à la précédente estimation de juin), après +5,5 % en 2023 (+2 points !). En réaction, elle va rehausser ses taux d'intérêt directeurs de 0,75 point dès mercredi. Ce deuxième relèvement en deux mois représente ni plus ni moins que la plus forte augmentation depuis 1999. Et d'autres suivront, a déjà prévenu la BCE, afin de "freiner la demande" et briser la spirale inflationniste... Un tel durcissement n'est pas une surprise, pour Hippolyte d'Albis, mais bien un mal nécessaire, selon le coprésident du Cercle des économistes.
A lire : Pour Hippolyte d'Albis, « la sortie de l’inflation risque d’être longue et douloureuse »

Les usines déjà essoufflées

La production industrielle repart à la baisse. Après une embellie de deux mois, elle a reculé d'1,6 %, en juillet, dans l'ensemble du secteur, comme dans sa partie manufacturière, selon l'Insee. La contraction est particulièrement forte pour les activités extractives et énergétiques (-2,1 % sur le mois), déjà en perte de vitesse sur un an (-9,8 % entre mai et juillet, comparés à la même période de 2021). En revanche, l'automobile sort, elle, la tête de l'eau : désormais "moins affectée par les difficultés d'approvisionnement en semi-conducteurs", la production y progresse de 10,4 % par rapport à la même époque, l'année dernière.

Le marché du travail encore plus paralysé

Le marché du travail est bel et bien grippé en France... et cette paralysie des embauches est en train de prendre une ampleur vertigineuse. En 2021, 7 métiers sur 10, pesant deux tiers de l’emploi dans le pays, étaient considérés "en tension forte ou très forte" - du jamais-vu en dix ans, relève la Dares (ministère du Travail). Ironiquement, si la situation s'est à ce point dégradée, c'est d'abord sous l'effet de la course aux recrutements, constatée l'an dernier, couplée au recul du chômage, qui a asséché le vivier des demandeurs d'emploi disponibles. Et ce, alors même que les autres sources de difficultés n'ont pas régressé. Au palmarès des secteurs les plus touchés figurent l’industrie et le BTP (à eux seuls, ils représentent les trois quarts des 30 métiers les plus en tension), devant l’informatique et télécoms, ou encore la santé (avec les infirmiers).

Fiscalité : l'impôt minimal sur les sociétés reste programmé pour 2023

Il y aura bien un taux d'imposition minimal sur les sociétés en Europe l'an prochain. Les cinq plus grandes économies de l'UE (France, Allemagne, Pays-Bas, Italie et Espagne) ont "réaffirmé", dans un communiqué conjoint, aujourd'hui, "leur engagement renforcé à mettre en place rapidement" cette mesure-phare de la réforme de la fiscalité internationale, validée l'an dernier. Sauf que, en juin dernier, la Hongrie avait fait capoter la transcription européenne de ce projet mondial à la dernière minute. Qu'importe : faute d'unanimité "dans les prochaines semaines", les cinq Etats signataires déploieront la mesure quand même, soit à l'échelle communautaire, soit au niveau national. A l'heure de l'inflation galopante, cette taxation minimale des entreprises, fixée à 15 %, est une « question de justice fiscale (...) et d'efficacité, a fait valoir le ministre de l'Economie Bruno Le Maire : nous ne voulons ni optimisation ni évasion fiscales en Europe. » Sans compter que le dispositif pourrait rapporter près de 6 milliards d'euros aux finances publiques françaises, selon une première estimation parue en 2021.

8 septembre

📍 La croissance et l'inflation de conserve

Ni la croissance ni l'inflation n'ont dit leur dernier mot en France. D'un côté, le risque de récession paraît bel et bien écarté pour 2022, confirme l'Insee dans ses dernières prévisions, parues hier soir : le PIB devrait encore progresser de 0,2 % au troisième trimestre (et même +0,3 %, a renchéri la Banque de France, aujourd'hui), avant toutefois de caler en fin d'année (évolution nulle, voire négative, en cas de crise énergétique avérée en Europe et sous l'effet du durcissement généralisé des politiques monétaires en Occident). Malgré ce ralentissement plus prononcé que prévu, la croissance pourrait quand même s'élever à +2,6 % sur l'ensemble de 2022. Ce qui est, cette fois, 0,3 point de plus que ce qui était espéré avant l'été. Sauf que, dans le même temps, l'inflation s'accroche, elle aussi : attendue,  jusqu'en octobre, sous la barre des 6 % (en glissement annuel), elle devrait rebondir ensuite, pour atteindre +6,5 % en décembre. En cause notamment : l'allègement de la "remise carburant" dès novembre et "l’augmentation continue des prix de l’alimentation". Mais, reconnaît l’Insee, entre les incertitudes géopolitiques, énergétiques, climatiques, sanitaires, économiques, financières et politiques, les “aléas” autour de l'inflation, comme de la croissance, sont aussi multiples que variés. Pour le meilleur comme pour le pire.

L'emploi résiste, l'intérim coule

L'intérim en première ligne de la crise russo-ukrainienne. Au deuxième trimestre, la chute de ses effectifs, amorcée en début d'année, s'est nettement accélérée, selon l'Insee, avec un repli de 2,5 % en trois mois. Soit 20 500 postes perdus (après -15 800, en données révisées, sur janvier-mars). Pour le reste, l'emploi salarié du privé fait mieux que résister, avec 93 000 créations supplémentaires (+0,5 %), pour un total de 181 200 sur l'ensemble du premier semestre (apprentis inclus). Les services marchands portent l'essentiel de la croissance enregistrée au printemps (+0,8 %, hors intérim), grâce notamment à l'hébergement-restauration (+2,5 %). De son côté, l'industrie (+0,3 %) parvient, pour la première fois depuis le début de la pandémie de Covid-19, à retrouver son niveau d'avant-crise. Deux bémols toutefois : ce retour à la normale n'est toujours pas atteint, si l'on exclut l'apprentissage du calcul (l'écart est alors de -0,9 %, selon l'Urssaf). Et certaines activités restent largement en retrait, à commencer par les transports et la cokéfaction-raffinage (toujours à moins de 95 % de leur volume de fin 2019).

L'export en rechute, le déficit de record en record

Il court, il court, le déficit commercial de la France. En juillet, le trou s'est encore creusé pour atteindre -14,5 milliards d'euros sur le mois, selon les douanes... deux fois plus qu'à la même période, il y a un an ! La faute aux importations (+0,3 Md€ par rapport à juin, soit une croissance de 0,5 %) : "Comme les onze mois précédents, cette hausse (la 10e consécutive, NDLR) est principalement portée par la facture énergétique", soulignent les autorités. Pendant ce temps-là, et pour ne rien arranger, l'export, lui, décroche pour la première fois depuis février (-1,2 Md€, soit -2,4 %). Dans ces conditions, pas de miracle : le déficit signe un nouveau record historique sur douze mois, à -129,8 Md€. Du côté des échanges de services, le pays reste excédentaire (+5,6 Md€), mais rechute lourdement (-21,4 % sur un mois), selon la Banque de France, après, il est vrai, une performance exceptionnelle en juin.

Cybersécurité : la fin d'un tabou

Payer une rançon à des pirates informatiques ? Jusqu'ici, c'était une hérésie pour les autorités : il était formellement déconseillé aux entreprises, victimes de ce genre d'attaques, de céder à un tel chantage. Mais ça, c'était avant. A rebours de la doctrine en vigueur, le gouvernement envisage d'autoriser les assureurs à rembourser l'argent versé aux cybercriminels, en échange de la restitution des données bloquées. Une mesure censée développer la couverture des menaces cyber et faciliter le travail de la justice. Au risque de fragiliser la sécurité des entreprises.
A lire : Le paiement des cyber-rançons bientôt toléré et remboursé par les assurances

7 septembre

📍 Crise énergétique : l'industrie rassurée, l'Europe sur le qui-vive

L'opération déminage autour de la crise énergétique se poursuit. Le gouvernement a lancé, ce matin, un 9e groupe de travail autour de la fameuse "sobriété", cette fois avec les représentants de l'industrie (après ceux des transports, hier). L'occasion, à la fois, d'adoucir le message (les efforts demandés n'impacteront pas la production), et aussi de lui trouver une nouvelle justification - en l'occurrence, ces économies doivent servir à « envoyer très clairement un message aux marchés, sur le fait que nous allons limiter drastiquement le risque de difficultés d'approvisionnement » cet hiver. Manière, espère la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, de « calmer un peu les prix »... des prix qui avaient explosé fin août, au moment même où l'exécutif agitait, au contraire, le chiffon rouge d'une crise de l'énergie aussi inéluctable que violente.
Las, aujourd'hui, ce discours, rassurant et incitatif, est entré en dissonnance avec une prise de parole, en parallèle, de la présidente de la Commission européenne. Dans le plan d'urgence de l'UE, attendu pour la semaine prochaine, Ursula von der Leyen compte en effet fixer « un objectif obligatoire pour réduire la consommation d'électricité aux heures de pointe ». En parallèle, elle envisage aussi « un plafonnement des revenus des entreprises produisant de l'électricité à faible coût », ainsi qu'une « contribution de solidarité » à l'encontre des compagnies pétrolières et les gazières.

Le BTP plie mais ne rompt pas

Jusqu'ici, tout va bien, pour les artisans du bâtiment. Mais ça ne va pas durer, met en garde la Capeb, dans son dernier point de conjoncture. Car, certes, l'activité des entreprises a (encore) bien résisté au deuxième trimestre, en dépit de la crise russo-ukrainienne. Mais les difficultés d'approvisionnement et la hausse des prix, elles, prennent de l'ampleur. De quoi faire redouter le pire à l'organisation patronale pour 2023.

Réforme de l'assurance chômage, le retour

A second quinquennat, seconde réforme de l'assurance chômage. Le gouvernement a lancé le chantier, ce matin, en conseil des ministres, avec pour ambition de « rendre le marché du travail plus efficace, plus juste, plus flexible et plus protecteur », selon les mots du porte-parole Olivier Véran. Dans l'immédiat, il s'agit de reconduire, jusqu'au 31 décembre 2023, les règles introduites en fin d'année dernière (après leurs multiples reports, dus à la crise du Covid-19). Au passage, le bonus-malus sur les contrats courts, imposé aux entreprises de sept secteurs, est confirmé. A vrai dire, il n'était entré pleinement en vigueur que depuis une semaine. A plus long terme, l'exécutif souhaite que le régime d'indemnisation des chômeurs puisse aussi « [s'adapter] aux besoins que la période exige ». C'est-à-dire « être plus incitatif pour aller chercher un emploi, lorsqu'il y en a beaucoup à pourvoir » et, inversement, être plus conciliant, quand la conjoncture est difficile. Ce sujet fera toutefois l'objet d'une concertation avec les partenaires sociaux.

Commerce : les "dark stores" bientôt reclassés

Les "dark stores" reviennent en pleine lumière. Ces magasins fantômes, exclusivement dédiés à la préparation de commandes passées sur Internet, seront dorénavant "considérés comme des entrepôts", et non pas des commerces, et ce "même s'ils disposent d’un point de retrait". Ainsi en a finalement décidé le gouvernement, hier, à l'issue d'une réunion avec les représentants de villes concernées par le phénomène. En revanche, les "dark kitchens" (restaurants spécialisés dans les ventes en ligne et la livraison) seront, elles, rattachées à une catégorie spécifique, prochainement créée par arrêté. Cette double décision doit permettre aux maires de mieux encadrer ces activités en plein essor depuis les confinements de 2020, mais souvent vus comme sources de nuisances par les riverains, les commerçants et les municipalités.
A (re)lire : Nice lance la bataille contre les "dark stores"

6 septembre

📍 Prix de l'énergie : l'aide aux entreprises revue et corrigée...

Nouvelle tentative gouvernementale pour soulager les entreprises les plus gourmandes en énergie. L'aide spéciale, créée pour elles par le plan de résilience, va (re)faire sa mue. Face au flop monumental de ce fonds de 3 milliards d'euros, le ministère de l'Economie dévoile une nouvelle formule, censée être plus simple et plus accessible. En conséquence, le dispositif est prolongé jusqu'à la fin de l'année et pourrait même être reconduit en 2023, selon Bruno Le Maire. Le patron de Bercy confirme vouloir aussi maintenir un "bouclier tarifaire" universel sur les prix du gaz et de l'électricité, inspiré de celui mis en place il y a un an. Mais ce blocage des tarifs n'empêchera pas « une augmentation pour tout le monde, qui sera la plus contenue possible, dans la mesure aussi de ce que nous permettent nos finances publiques ». Ce week-end, son collègue aux Comptes publics, Gabriel Attal, avait laissé entendre, sur France Inter, que cette hausse encadrée pourrait tourner autour de 10 %. En attendant, la flambée des prix continue de pousser les entreprises dans leurs retranchements, à l'image de la décision brutale, et polémique, du normand Vert Marine de fermer certaines de ses piscines publiques. Dans les Hauts-de-France, plusieurs industriels sont également contraints de lever le pied.

... les énergéticiens contraints de "rendre" leurs surprofits ?

Ne l'appelez surtout pas "taxe sur les super-profits". Evoquée hier soir par Emmanuel Macron, la mise à « contribution » des énergéticiens, voulue par l'Allemagne et, désormais, la France, est, en réalité, un « mécanisme de marché durable », a décrypté Bruno Le Maire, ce matin, sur BFMTV. Seraient concernées les entreprises du secteur qui, du fait de la seule augmentation des prix de l'énergie, empochent des profits exceptionnels, « alors même qu'elles n'ont pas investi davantage ni dépensé plus d'argent ». Elles devraient alors « nous rendre le trop-perçu ». Pour le ministre de l'Economie, il s'agirait d'étendre peu ou prou, au niveau européen, un dispositif déjà appliqué, en France, aux producteurs d'électricité renouvelable. Pour le reste, Bruno Le Maire ne dévie pas de sa ligne habituelle : « Toutes les entreprises qui ont la possibilité financière d'aider les ménages, dans ces circonstances difficiles, doivent le faire », y compris par le biais de gestes commerciaux à leurs clients, comme ceux annoncés par Total et l'armateur CMA-CGM. « Nous ferons les comptes à la fin de l'année », promet le ministre, afin de voir si ces engagements ont été à la hauteur.

Gros coup de pompe pour les prix du carburant

Le gonflement de la "remise carburant" n'aura pas tardé à produire son effet. Les prix à la pompe ont lourdement chuté, la semaine dernière, d'après les relevés du ministère de la Transition écologique. Le litre de GNR coûtait ainsi, au 2 septembre, 1,2778 euros, en moyenne hebdomadaire (-14,9 % en sept jours), au plus bas depuis fin février. Idem pour le diesel (à 1,7801 €, -8,7 %). De son côté, l'essence a perdu 9 à 10 % et retombe à des niveaux jamais vus depuis Noël dernier, pour le sans plomb 95 (1,6186 €), et même depuis onze mois, pour le SP98 (1,65 €). Mais gare aux illusions d'optique : dans tous les cas, ces baisses de tarifs (de -16 à -22 centimes par litre) sont largement subventionnées par la remise de l'Etat, provisoirement passée de 18 à 30 centimes le 1er septembre.

Financement : 23 milliards d'euros en attente pour la transition écologique

Dans la famille des plans d'action lancés depuis le Covid-19, il n'est pas le plus connu. Et pourtant, le "plan climat" de Bpifrance et la Banque des territoires est loin d'avoir dit son dernier mot : à mi-parcours, seuls 43 % de cette enveloppe de 40 milliards d'euros ont été attribués. Il en reste donc 23 milliards à prendre d'ici 2024, dont 10,4 Md€ doivent être fléchés vers la transition écologique des entreprises notamment. Bpifrance entend ainsi accompagner jusqu'à 6 000 d'entre elles sur cette voie à la fin de l'année prochaine (3 fois plus que son objectif 2022). Pour ce faire, la banque publique promet "un porte-à-porte massif", la pérennisation de son "prêt vert" et de "nouveaux dispositifs d’accompagnement". Elle espère également relancer son soutien aux énergies renouvelables (amputé de 5 Md€ par rapport à ses ambitions initiales) et compte appuyer davantage l'innovation verte (4,2 Md€ de financement pour les greentech, dont 2 Md€ encore disponibles).

5 septembre

📍 Crise de l'énergie : Emmanuel Macron fixe le cap...

A chaque jour son lot de précisions sur les moyens d'éviter la crise énergétique. Aujourd'hui, c'était au tour du président de la République en personne de prendre la parole sur le sujet. Au cours d'une conférence de presse impromptue, Emmanuel Macron a fixé le cap : « sobriété volontaire » et transition écologique devraient permettre d'éviter la catastrophe. Mais le recours à des mesures coercitives n'est pas écarté pour autant. Du côté des prix, le chef de l'Etat plaide pour un ciblage plus resserré des aides à l'avenir et soutient, au niveau européen, des « mesures de lutte contre les pratiques spéculatives sur les marchés », ainsi qu'un « mécanisme de contribution » à l'encontre des énergéticiens.

... les services dans le viseur

Pendant ce temps-là, après l'avoir dramatisée le mois dernier, le gouvernement semble, ces derniers jours, plutôt relativiser cette crise énergétique. « Aujourd'hui, le risque [de rationnement] est faible » et même « extrêmement faible, si chacun d'entre nous prend sa part de responsabilité » et se convertit à la sobriété, a insisté le ministre de l'Industrie, ce matin, sur France Info. Pour autant, l'exécutif se prépare au pire des scénarios (à savoir : hiver rigoureux et gaz russe coupé). Dans cette hypothèse, les restrictions d'énergie « ne [concerneront] que quelques milliers d'entreprises, qui sont de gros consommateurs - et d’abord le tertiaire », où se situerait « l'essentiel des économies », selon Roland Lescure. Pour éviter d'en arriver là, les employeurs pourraient toutefois « mettre une partie des salariés en télétravail en fin de semaine », a-t-il indiqué. Autre précision utile : la défense, l'agroalimentaire et les hôpitaux échapperaient, dans tous les cas, à ces rationnements.

Les start-up à qui gagne perd

Une activité florissante, mais rarement rentable. Les start-up françaises ont bel et bien profité de la reprise en 2021, confirme l'étude annuelle de la Banque de France sur leur situation financière. Mais elles ont aussi creusé leurs pertes, malgré ce contexte favorable.

Plan de relance : les TPE-PME dindons de la farce ?

Le plan de relance appartient désormais à l'Histoire. Lancé il y a deux ans, quasiment jour pour jour, cette stratégie à 100 milliards d'euros devait permettre à l'économie française de se relever, d'ici à 2022, du violent coup d'arrêt imposé par le premier confinement. Sur le papier, les deux objectifs principaux de cette feuille de route (rétablissement de l'activité et endiguement du chômage) ont bien été remplis. Mais à qui a vraiment profité le flot d'argent public et de subventions qui a découlé de cette relance ? Pas forcément aux TPE-PME, montre l'enquête de notre rédaction de Lorraine : les grands groupes, y compris étrangers, ont aussi été largement servis par l'Etat dans cette région... même si les uns, comme les autres, peinent à l'admettre. Ou ne veulent tout simplement pas l'ébruiter.
A lire notre enquête exclusive : Où est allé l’argent du plan France Relance en Lorraine ?

2 septembre

📍 Crise de l'énergie : l'Etat souffle le chaud et le froid...

La crise énergétique n’aura pas lieu… à condition que tout le monde joue le jeu. C’est en somme le message délivré par la ministre de la Transition énergétique, à l’issue d’un Conseil de défense exceptionnellement dédié à ce sujet, ce matin, à l’Elysée. Agnès Pannier-Runacher a ainsi lancé un « appel à la responsabilité collective » et à « la mobilisation générale », notamment autour du futur plan de sobriété, actuellement en préparation : « [Sa] réussite nous permettra d'éviter des mesures contraignantes », comme des « rationnements », a-t-elle insisté. Avant de relativiser l’ampleur des sacrifices demandées : « Il s’agit d’efforts collectifs, proportionnés et raisonnables. C’est faire la chasse au gaspillage, faire attention au chauffage et à l'éclairage, et non pas demander aux entreprises de baisser leur production ou leur activité. » Ouf ? Pas vraiment, car la ministre, évasive, admet continuer à plancher sur des leviers d’actions coercitifs, « en cas de difficultés qui ne seraient pas anticipées ». En attendant, l’explosion des prix de l’énergie commence à faire des dégâts chez les industriels : étranglées par leurs factures, les entreprises Duralex et Arc ont décidé, ces dernières heures, de ralentir leur production et de placer une partie de leur personnel en chômage partiel.

... et son bouclier tarifaire n'a pas évité la casse

Le "bouclier tarifaire" contre l'envolée des prix de l'énergie va-t-il jouer les prolongations ? « Nous amortirons une partie de l'augmentation des prix de l'électricité (...) comme nous l'avons fait l'an dernier », a en tout cas indiqué la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, cet après-midi. Une mesure qui a plutôt fait la preuve de son utilité, à en croire l'Insee. Même si elle n'a pas fait de miracle face à l'envolée spectaculaire des cours. Ainsi, en un an, entre les deuxièmes trimestres 2021 et 2022, le gel des tarifs de l'électricité et du gaz, cumulé à la "remise carburant", auront permis de réduire l'inflation de 3,1 points. Sans ces mesures, la hausse des prix aurait atteint +8,4 % sur la période. Et si le bouclier n'a pas empêché la flambée des factures, il en a grandement circonscrit l'ampleur, insiste l'institut. Les entreprises, par exemple, ont encaissé une augmentation moyenne de leur énergie de +20,3 %. Mais elle aurait atteint +50,3 %, sans action de l'Etat, assure l'étude. L'intervention publique leur a, en particulier, permis d'amortir le choc inflationniste sur le gaz (hausse réduite de plus de 63 points !) et l'électricité (-33,5 points). Oui, mais à quel prix ? 24 milliards d'euros depuis un an, a reconnu le ministère de l'Economie. Chiffre provisoire, du fait du maintien de ces mesures jusqu'en décembre.

L'apprentissage attire toujours plus

La ruée sur l'apprentissage se confirme d'année en année. Le record de contrats, établis en 2020, a été largement battu en 2021, a confirmé la Dares. Et ce n'est peut-être pas fini : au premier semestre 2022, les entrées dans cette voie étaient déjà en progression de 7,9 % sur un an. Un succès fou qui attire aussi un nouveau profil d'apprentis et d'employeurs, souligne l'étude de la direction statistique du ministère du Travail.

Commerce : parenthèse estivale dans l'habillement

Vacances, j'oublie tout ? Août semble en tout cas avoir été porteur pour la consommation sur plusieurs marchés. Après l'automobile, c'est au tour de l'habillement d'en tirer un bilan positif : le chiffre d'affaires des magasins a ainsi progressé d'1,6 % par rapport à la même période de 2019, selon l'Alliance du commerce (après toutefois un repli de 4,4 % en juillet). L'organisation professionnelle attribue cette éclaircie à "une activité touristique soutenue, une accalmie sanitaire (...), ainsi que, probablement, le retour de la confiance liée à l’adoption des mesures de soutien du pouvoir d’achat". Pour autant, elle s'inquiète désormais de "l’explosion des prix de l’électricité". Et pousse une nouvelle revendication auprès des pouvoirs publics : "prendre rapidement des mesures exceptionnelles pour aider les entreprises à faire face à la hausse des tarifs". 

1er septembre

📍 Pas de récession à l'horizon... pour l'instant

La croissance française est sauve, mais jusqu'à quand ? Pour 2022, le PIB devrait progresser d'au moins 2,3 %, d'après la Banque de France, et même de 2,5 %, à en croire le ministre de l'Economie. Et après ? Dans Les Echos, Bruno Le Maire admet une inquiétude sur la prévision actuelle de +1,4 % en 2023 : « Si demain la Russie devait couper totalement ses exportations de gaz vers l'Europe, cela se traduirait par un choc de 0,5 point au minimum ». Ca tombe mal : le groupe Gazprom a justement prévu de suspendre ses livraisons au français Engie à partir de ce soir. Sans compter qu'il faudra s'attendre, par ailleurs, à « une hausse des prix de l'énergie début 2023, mais elle sera contenue et raisonnable », promet encore le ministre. De son côté, le gouverneur de la Banque de France se montre plus prudent : pour l'an prochain, « rien ne peut être exclu (...), mais nous nous attendons à un net ralentissement, plutôt qu’à une récession», estime François Villeroy de Galhau, dans Ouest France. En attendant, il appelle à « renforcer notre capacité de production » par la transition écologique, la transformation numérique et le développement des compétences. Autant de moyens, selon lui, de contrer les problèmes d’offre du moment (difficultés sur les approvisionnements, les prix et les recrutements).
A lire : Energie, inflation, RH... zoom sur les 8 défis de la rentrée pour les entreprises françaises

Carburants : enfin une hausse bien vue, et bienvenue

Nouveau coup de pouce à la pompe. La "remise carburant", instituée en avril, passe, à partir d'aujourd'hui et pour deux mois, de -18 à -30 centimes par litre. De quoi faire re-dégonfler les prix de l'essence (stables depuis trois semaines) et, surtout, enrayer le rebond brutal du gazole (+9,8 % en sept jours pour le GNR, la semaine dernière, et +5,9 % pour le diesel, selon le ministère de la Transition écologique). Et mieux vaut en profiter : le rabais accordé par l'Etat sera raboté dès le 1er novembre. Il retombera alors à -10 centimes.

Le redémarrage en cote de l'automobile

Timide coup d'arrêt au dérapage incontrôlé du marché automobile français. En août, il s'est vendu 91 406 voitures particulières, soit 3,8 % de plus qu'un an auparavant, selon la Plateforme automobile. Il s'agit de la première hausse mensuelle depuis mai 2021. Las, sur les deux mois d'été, la tendance reste négative (-2,4 %), et l'écart avec l'avant-crise du coronavirus toujours béant (-34 % par rapport à juillet-août 2019).

RH : le télétravail bien parti pour durer

Le télétravail n'est plus l'apanage des grands groupes et services informatiques. Mis en place dans l'urgence de la pandémie de Covid-19, ce mode d'organisation devrait largement survivre à la crise sanitaire danles TPE-PME, selon un sondage de Bpifrance Le Lab. Coronavirus ou pas, trois quarts des dirigeants de ces petites et moyennes entreprises pensent ainsi pérenniser la pratique, au moins partiellement, à l'avenir.

31 août

L’inflation ralentit légèrement

Les prix continuent d’augmenter en août, mais moins fortement qu’auparavant. Exprimée en évolution annuelle, l’inflation atteint désormais 5,8%, selon des données provisoires de l’Insee. C’est moins que la hausse record de 6,1% calculée fin juillet. La baisse de l’inflation est générée par la baisse des prix de l’énergie (qui ont tout de même augmenté de 22% en un an). Sur un mois, les prix à la consommation augmentent de 0,4 %, après la hausse de 0,3 % constatée en juillet. Les prix de l’alimentation et ceux des produits manufacturés continuent de s’accroître, ceux des services ralentissent.  

Sobriété énergétique : l’industrie agroalimentaire demande un passe-droit

L’industrie agroalimentaire s’inquiète des conséquences de l’appel à la sobriété énergétique demandé par Elisabeth Borne. « Un arrêt ou un ralentissement de la consommation d’énergie de l’industrie conduirait inévitablement à un gaspillage alimentaire important et à un affaiblissement de la souveraineté alimentaire française », assure l’Association nationale des industries agroalimentaires. Celle-ci appelle les pouvoirs publics « à prendre en compte le caractère stratégique et prioritaire des activités du secteur agroalimentaire » dans leur plan de sobriété énergétique. Par ailleurs, la flambée des prix de l’énergie met à mal les trésoreries d’une industrie qui reproche à la grande distribution de rester « sourde » à ses demandes de revalorisation des prix.
A lire : Energies : l’industrie agroalimentaire tire la sonnette d’alarme

La grande distribution veut une régulation du marché de l’électricité

La grande distribution s’inquiète, elle aussi, de la flambée des prix de l’énergie. Le maintien des coûts actuels générerait une hausse de la facture des distributeurs de 1,5 milliard d’euros. « L’augmentation des coûts de l’énergie en France est bien plus importante que dans les pays européens voisins. Deux fois plus chère qu’en Belgique par exemple. Nous dénonçons une spéculation sur le territoire français qu’il faut absolument juguler », indique un communiqué du Perifem, qui rassemble la distribution alimentaire et spécialisée. La GMS estime avoir besoin du soutien du gouvernement « à la fois pour contenir les prix de l’électricité pour notre secteur et également de façon plus large pour soutenir l’ensemble des acteurs économiques et notamment nos fournisseurs ». 

Les coupures de gaz ne concerneront pas les ménages 

Ce sont les entreprises qui subiront cet hiver les éventuelles coupures de gaz. « Les coupures, elles ne concernent pas les ménages. On ne va pas couper le gaz chez les ménages français, mais c'est sur nos entreprises, les gros consommateurs, qu'il pourrait y avoir des coupures », a déclaré Elisabeth Borne, dans l'émission Quotidien sur TMC. A cela pourrait s’ajouter des coupures d’électricité, pour  les entreprises comme pour les ménages. La Première ministre a évoqué la possibilité de « délestages tournants, par quartier, de moins de deux heures ». « Cela peut arriver si toutes les mauvaises hypothèses se conjuguent, si la Russie coupe ses approvisionnements, si jamais il y a des tensions sur le gaz naturel liquéfié et que les commandes qu’on a passées ne sont pas honorées, s’il y a un hiver très froid ».

Rebond de l’industrie nautique française

Le Covid n’est plus qu’un mauvais souvenir pour l’industrie nautique française, qui a retrouvé en 2021 le niveau qui était le sien avant le déclenchement de la crise sanitaire. Le chiffre d’affaires 2021 affiche une progression annuelle de 4,9%, indique la Fédération des industries nautiques (FNI), avec 79% de l’activité qui est exportée – un record pour cette industrie, qui doit composer avec la flambée des prix et des problèmes d’approvisionnement. Mais, « si des incertitudes et des risques demeurent prégnants actuellement, force est de constater que nos entreprises font preuve d’une grande solidité », se félicite Jean-Paul Chapeleau, président du FNI.

Agriculture : feu vert de l’Europe pour le plan français de la Pac

Après avoir retoqué une première mouture au printemps, la Commission européenne valide le plan de la France pour la Politique agricole commune (Pac) pour 2023-2027. Sur cette période, la Pac injectera 270 milliards d’euros pour soutenir l’agriculture des pays européens. La Commission donne son feu vert également aux plans de six autres pays : Danemark, Finlande, Irlande, Pologne, Portugal et Espagne.
 

30 août

Pour l’économie française, c'est encore l'été

Ce mardi, à la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), l’optimisme de Bruno Le Maire a tranché avec les perspectives glaçantes et le ton grave employé la veille par Elisabeth Borne. Hier, la Première ministre demandait aux entreprises de faire des économies d’énergies sans tarder, sans quoi elles pourraient faire face à des mesures de rationnement, voire à des coupures de gaz et d’électricité cet hiver. « Nous sommes encore en été », s’est exclamé le ministre de l’Economie. « Je vois une croissance française qui résiste, des entreprises qui continuent à investir. Je vois des carnets de commandes qui continent de se remplir, le taux d’emploi le plus élevé depuis un demi-siècle », a-t-il poursuivi. Bruno Le Maire a confirmé les prévisions de croissance du gouvernement : 2,5% cette année, 1,4% l’an prochain. Crise énergétique, inflation galopante, sans compter les difficultés de recrutement persistantes… : mais même en été, les nuages noirs peuvent s’accumuler. Et pas question pour le gouvernement d'ajouter des contraintes supplémentaires. Pour le patron de Bercy, il faut poursuivre les politiques de baisse d’impôt et fermer la porte à toute taxation des superprofits.
A lire : Bruno Le Maire : "Taxer plus en France, c’est produire moins en France"

Energies : Bercy va revoir ses aides financières pour les entreprises 

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire a annoncé que le dispositif d’aides allégeant les factures d’électricité et de gaz des entreprises allait non seulement être prolongé mais aussi revu. Au lancement de la guerre en Ukraine, l’Etat a mis en place une aide pour les entreprises dont les dépenses de gaz et d’électricité représentent une part élevée des charges. Cette aide devait se terminer le 31 août ; elle sera finalement prolongée jusqu’à la fin décembre. Elle sera aussi remaniée. « Nous allons simplifier et alléger les critères » pour que le dispositif puisse bénéficier à « toutes les PME et ETI qui ont besoin du soutien public pour payer leurs factures d’électricité ou de gaz », a assuré le patron de Bercy. Aujourd’hui, pour toucher cette aide financière, les entreprises doivent au moins dépenser 3% de leur chiffre d’affaires en électricité et faire face au moins à un doublement de leur facture énergétique. Les modalités de l’aide dépendent en outre de la profitabilité des entreprises. Trop compliqué, estime Bruno Le Maire qui demande au ministre de l’Industrie de simplifier le dispositif. Mais y impose d’emblée une condition : il faudra faire des économies d’énergie.

Gazprom referme un peu plus le robinet

Engie annonce que le groupe russe Gazprom a décidé de réduire ses livraisons de gaz. En cause, « un désaccord entre les parties sur l’application de contrats ». Malgré cela, l’énergéticien français, qui avait annoncé en juillet que la Russie représentait seulement 4% de ses approvisionnements en gaz, assure avoir « d'ores et déjà sécurisé les volumes nécessaires pour assurer l'approvisionnement de ses clients et pour ses propres besoins ».

Travailleurs handicapés : les aides aux entreprises revalorisées

A partir de ce 1er septembre, du fait de l’inflation, l’Agefiph revalorise de 5% deux aides aux entreprises destinées à mieux intégrer les travailleurs handicapés. L’aide à l’accueil et à l’intégration, qui accompagne la prise de poste d’une personne handicapée, est désormais plafonnée à 3 150 euros. L’aide à la recherche de solutions pour le maintien dans l’emploi d’une personne handicapée est, elle, aujourd’hui fixée à 2 100 euros.  

La construction de logements toujours au top niveau

Selon les derniers chiffres du gouvernement, le nombre de logements autorisés affiche un repli de près de 12% sur les trois derniers mois par rapport au printemps. Mais la construction de logements demeure à un très haut niveau en France. Depuis un an, 507 000 logements ont été autorisés en France, soit 53 000 de plus que durant les 12 mois précédents. 
 

29 août

Les entreprises vont devoir établir leur plan de sobriété énergétique

Il y a urgence. Face aux risques de coupures de gaz et d’électricité cet hiver, la Première ministre Elisabeth Borne, lors de la Rencontre des Entrepreneurs de France (REF), qui se déroule aujourd’hui et demain à Paris, a appelé à la mobilisation générale des entreprises. « Chaque entreprise doit se mobiliser et agir », a insisté Elisabeth Borne. Pour cela, toutes les entreprises vont devoir établir en septembre leur propre « plan de sobriété énergétique ». Certains secteurs, à l’image des grandes et moyennes surfaces, ont déjà pris des engagements en matière d’économie d’énergies. La Première ministre donne rendez-vous début octobre, pour dresser un premier bilan des plans engagés et commencer à envisager les mesures à mettre en place cet hiver. Et certaines hypothèses de travail sont radicales : Elisabeth Borne ne ferme en effet pas la porte à des rationnements.  

Des quotas de gaz pour les industriels ?

Bientôt des quotas de gaz ? Rien n’est acté pour le moment, mais le gouvernement y réfléchit a indiqué ce matin Roland Lescure à BFM Business, quelques heures avant le discours d’Elisabeth Borne à la REF. Le ministre délégué chargé de l’Industrie a indiqué que le gouvernement « regarde si on peut s’inspirer de dispositifs qui existent déjà pour les ETS, c’est-à-dire des droits à émettre du CO2 qu’on pourra appliquer aux industriels qui ont l’habitude de ce genre d’instrument, pour limiter la consommation de gaz ». Les entreprises disposeraient de quotas de gaz rachetables. Celles qui n’auraient pas utilisé toute l’énergie dont elles auraient besoin pourraient la revendre à d’autres entreprises. Reste que cette solution n’est pour l’instant qu’ « au niveau exploratoire », indique Roland Lescure. Le gouvernement se donne quelques semaines pour explorer l’ensemble des instruments disponibles.

L’appel de Zelensky aux chefs d’entreprise français 

Le président ukrainien s’est adressé ce lundi aux chefs d’entreprise français, lors de la REF qui se tient à Paris. En visioconférence depuis Kiev, Volodymyr Zelensky a lancé un appel aux entreprises françaises.  « Nous avons besoin de votre participation pour la reconstruction de l'Ukraine. Nous appelons les entreprises du bâtiment à participer à la reconstruction de nos infrastructures », a-t-il déclaré, invitant également les entreprises technologiques ou alimentaires. Au début de l’été, le coût de la reconstruction de l’Ukraine a été estimé à au moins 750 milliards de dollars. 

Tourisme : un été « remarquable »

35 millions Français ont été cette année en vacances. Soit 7 sur 10 (contre 6 sur 10 l’an passé). Olivia Grégoire, ministre déléguée chargée des PME, du Commerce, de l’Artisanat et du Tourisme, estime que la saison estivale a été « remarquable ».  Les chiffres de l’hôtellerie sont presque au niveau de ceux de 2019. D’autres les dépassent. Comme l’activité de la SNCF cet été ou les dépenses en cartes bleues dans l’hôtellerie-restauration, deux indicateurs supérieurs de 10% à la période d’avant Covid. Des bons scores obtenus grâce à la clientèle française, mais aussi grâce aux 25 millions de touristes étrangers, ces derniers auraient dépensé pas moins de 15 milliards d’euros dans l’Hexagone. Un bon bol d’air pour le secteur touristique tricolore qui pèse 8% du PIB. 
A lire : Avec la canicule, les hôtels français retrouvent des couleurs

Jamais il n’a été aussi difficile de recruter un cadre

Au deuxième trimestre, 82% des entreprises avouent avoir rencontré des difficultés pour embaucher des cadres, 13 points de plus qu’au début de l’année, 30 de plus qu’en septembre 2020, indique une étude de l’Apec. Et les tensions ne devraient pas s’arrêter de sitôt. 84% des entreprises pensent qu’il sera encore difficile de recruter cet automne.
A lire : Les difficultés pour recruter un cadre atteignent un niveau record

Forte hausse du chômage des chefs d’entreprise

18 000 chefs d’entreprise ont perdu leur emploi au premier semestre. C’est 29% de plus qu’à la même période l’année dernière, indique une étude de GSC et d’Altares. « Les chiffres du premier semestre renouent progressivement avec les niveaux d’avant crise », observe Anthony Streicher, président de l’association GSC. Plus des trois quarts des pertes d’emploi concernent des dirigeants d’entreprise de moins de 3 salariés. Les activités de B to C sont les plus exposées. La situation de professionnels de l’hôtellerie-restauration se dégrade le plus (+61% de pertes d’emploi au premier semestre), devant les services aux particuliers (+36%).

26 août

Electricité : une hausse à couper le souffle 

Près de 1 200 % de croissance annuelle. Le chiffre laisse rêveur, il fait en réalité froid dans le dos. 1 200% de croissance, ce n’est malheureusement pas la hausse de chiffre d'affaires de la prochaine licorne tricolore. Mais l’augmentation pour le moins faramineuse du prix de l’électricité en France. Il y a un an, le prix de gros de l’électricité se négociait aux alentours de 85 euros le mégawattheure. Pour 2023, il dépasse la barre des 1 000 euros. Il faut y voir aussi bien les conséquences de la raréfaction du gaz russe et de la guerre en Ukraine que de l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires en France, notamment suite à des problèmes de corrosion. Les Etats européens ont dépensé des milliards et des milliards d’euros pour protéger leurs ressortissants de ces hausses exponentielles. Reste à savoir combien de temps encore ils pourront financer ces mécanismes de protection. Il y a clairement urgence. Le premier ministre tchèque, dont le pays assure la présidence de l’Union européenne, a annoncé ce vendredi qu’il voulait rapidement convoquer une réunion des ministres de l'Energie pour discuter de mesures d'urgence pour faire face à la crise énergétique. En Europe, l’un des projets consiste à réduire dans chaque pays la consommation de gaz de 15%. L’heure est clairement à la sobriété énergétique. Emmanuel Macron nous a prévenu mercredi, c’est la fin de l’abondance.  

Stellantis à l’arrêt à Sochaux

L’usine Stellantis de Sochaux est de nouveau à l’arrêt. Depuis ce mercredi et jusqu’à samedi, les lignes de production des Peugeot 3008 et 5008 sont perturbées par la pénurie de composants électroniques, rapporte France Info. La faute aux arrêts des usines chinoises fabriquant ces composants, provoqués par les confinements décidés pour lutter contre le Covid, mais aussi par la canicule estivale. Touchée à répétition par les pénuries de composants, l’industrie automobile française restera très dépendante de la Chine au moins jusqu’à 2026. A cette date, la nouvelle usine de puces électroniques du fabricant franco-italien STMicroelectronics et de l’américain GlobalFoundries sera pleinement opérationnelle près de Grenoble. Une seule usine ne réglera évidemment pas totalement la question de la dépendance tricolore vis-à-vis de l’Asie. Mais cet investissement colossal (5,7 milliards d’euros), générateur de 1 000 emplois, permettra, selon l’Elysée, de plus que doubler la capacité de production en France.
A (re)lire : STMicroelectronics investit 5,7 milliards d'euros avec GlobalFoundries près de Grenoble

Les créations d’entreprise en hausse

Les créations d’entreprise continuent d’être en augmentation. En juillet, l’Insee observe une hausse mensuelle de 4,4%, qui fait suite aux +2,6% enregistrés en juin. Tous les grands secteurs d’activité sont concernés. Les augmentations sont marquées dans l’industrie (+7%), le transport et la logistique (+6,5 %) et dans les activités de soutien aux entreprises (+5%). Elles sont plus modérées dans l'hébergement-restauration (+2,5 %) ainsi que dans la construction (+1%).

Les ménages retrouvent (un peu) le moral

Les vacances ont fait du bien aux Français. Après sept moins consécutifs de baisse, la confiance des ménages s’améliore légèrement en août. L’enquête de l’Insee montre un regain de confiance des Français sur leur situation financière personnelle à venir, leur capacité à épargner, leur perception de l’évolution du niveau de vie et une diminution des craintes vis-à-vis du chômage. Si l’indicateur se redresse de deux points en août (à 82), il reste toutefois très en deçà de la moyenne de longue durée (depuis 1987) qui s’établit à 100. 

Geoffroy Roux de Bézieux : "Malgré les difficultés, les entreprises tiennent"

« Je suis chef d’entreprise et donc par nature optimiste ». Dans une interview exclusive au Journal des Entreprises, le patron du Medef se montre rassurant. Malgré l’inflation galopante, la crise énergétique, un contexte géopolitique incertain et le ralentissement de la croissance, Geoffroy Roux de Bézieux estime que la conjoncture n’est pas si mauvaise. « Les entreprises tiennent », appuie-t-il. Aides de l’Etat, relocalisation, pouvoir d’achat, transition environnementale, assurance-chômage : le patron des patrons fait le point sur les principaux défis économiques de la rentrée. 
A lire : l’interview de Geoffroy Roux de Bézieux

25 août

Légère hausse du chômage 

On compte 20 0000 demandeurs d’emploi de Catégorie A inscrits à Pôle Emploi de plus en juillet, selon les chiffres publiés par la Dares ce jeudi. Se stabilisant depuis le printemps, le nombre de demandeurs d’emplois est désormais de 3,18 millions. C’est environ 500 000 de moins qu’il y a un an. 

Le climat des affaires stable en août

Mesurant l’opinion des chefs d’entreprise, le climat des affaires reste stable en août en France, indique l’Insee et demeure supérieur (103) à la moyenne de longue durée (100). La situation s’améliore dans le commerce de détail et dans le bâtiment, elle se détériore dans l’industrie et reste stable dans les services. 

Commerce : la pression monte sur les dark store

La polémique enfle autour des dark store, ces supermarchés urbains sans clients d’où s’élancent des coursiers effectuant des livraisons au domicile des consommateurs. Getir, Flink, Gorillas : ces nouveaux entrants subissent actuellement d’incessants tirs de barrages. Bernard Cohen-Hadad, président de la CPME Paris Île-de-France, estime ainsi que « les commerçants de proximité subissent la concurrence déloyale des ventes à perte des quick commerçants » tandis que « les riverains se plaignent des nuisances sonores et de l’encombrement de l’espace public ». Le représentant patronal demande au gouvernement à ce que « la Ville de Paris soit la collectivité compétente pour adapter et préciser la régulation du quick commerce sur le territoire de la capitale dans le cadre légal tracé par l’Exécutif ». Un point de vue partagé par de nombreux maires de grandes villes qui interpellent le gouvernement. Les édiles de Paris, Marseille, Lille, Strasbourg, Bordeaux ou encore de Nice demandent que les villes "aient la liberté de décider ou non de l’ouverture de ces entrepôts urbains".
A lire : Nice lance la bataille contre les dark stores

Envolée des prix dans les supermarchés

L’inflation poursuit de grimper dans les grandes surfaces. En un an, les prix des produits vendus par les supermarchés ont progressé de 7%, indique une étude du panéliste NielsenIQ. Catégories de produits les plus touchés : la viande (+24%), les pâtes (+18%) et l’essuie-tout (+16%). L’inflation n’a pas pris de vacances cet été dans la GMS, elle ne devrait pas non plus en prendre d’ici à la fin de l’année. « Une perspective d’inflation à +10% d’ici fin 2022 se confirme », estime NielsenIQ.

Ce qu’il faut retenir du « paquet pouvoir d’achat »

Heures supplémentaires, monétisation des RTT, nouvelle prime « Macron », intéressement… : promulguées le 16 août, deux lois offrent de nouveaux outils aux employeurs pour les aider à augmenter le pouvoir d’achat de leurs salariés. Revue de détails de la dizaine de dispositifs – nouveaux ou remaniés - qui vont permettre à l’entreprise d’augmenter ses rémunérations avec efficacité, les mesures bénéficiant généralement d’exonérations fiscales. 
A lire : les 10 outils mis à la disposition des employeurs pour aider leurs salariés

24 août 

Macron proclame « la fin de l’abondance » 

Ton grave pour Emmanuel Macron, qui a pris la parole en préambule du conseil des ministres de rentrée qui s’est tenu ce mercredi. Incendies, sécheresses, guerre en Ukraine : devant la multiplication des crises, le Président de la République estime que le monde est en train de vivre « une grande bascule ». « Nous vivons la fin de ce qui pouvait apparaître comme une abondance, celle des liquidités sans coût - et nous aurons à en tirer les conséquences en termes de finances publiques. Celle de produits et de technologies qui nous semblaient perpétuellement disponibles. Nous l’avons vécu pendant la période du Covid, nous le revivons ici avec plus de force », a-t-il déclaré. Face à cela, il appelle à l’unité, au sens des efforts et du sacrifice des Français qui ne doivent pas céder à la tentation de la démagogie. Alors, le monde post Covid est-il déjà en train de basculer dans un nouveau monde d’après ? Ou faut-il voir dans ce discours une façon de préparer les Français aux lourdes réformes qui les attendent en matière de transition énergétique, d’assurance-chômage ou de retraite ? Sans doute un peu des deux ! 

Les hôtels français retrouvent presque leur niveau d’activité d’avant crise 

Bel été caniculaire pour les hôtels français. Selon une étude de MKG Consulting, les taux d’occupation sont en hausse de 14%, les prix moyens de 22% par rapport à l’été 2021. Entre une météo favorable et le retour en force de la clientèle étrangère, les hôtels français retrouvent presque le niveau d’activité qui était le leur avant la crise sanitaire. Pour autant, les professionnels du secteur sont encore loin d’avoir tiré un trait sur l’épisode du Covid. En cause : le remboursement des PGE, qui va lourdement impacter les trésoreries. Au début de l’été, un professionnel de l’hôtellerie-restauration sur quatre estimait ne pas être en mesure de rembourser son prêt garanti par l’Etat.
A lire : Avec la canicule, les hôtels français retrouvent des couleurs

Facturation électronique : l’inquiétude des entreprises de l’archivage

L’Etat va-t-il piquer une partie du travail des entreprises spécialisées dans l’archivage numérique ? Oui, estiment ces dernières, à travers la voix de l’association eFutura, qui regroupe une cinquantaine d’entreprises et de structures spécialisées dans la dématérialisation. En cause : la mise en place de la facturation électronique entre entreprises. En 2024, les entreprises seront dans l’obligation de choisir une plateforme de dématérialisation pour gérer leurs factures. Elles auront le choix entre des plateformes privées et une plateforme publique, Chorus Plus. Or, « il est envisagé que l’archivage de ces factures soit gratuit pour les entreprises qui choisiront la plateforme publique », assure eFutura. Une gratuité injustifiée pour l’association qui considère que l’Etat n’a pas vocation à se substituer au secteur privé.

545 milliards de dollars de dividendes dans le monde

Les dividendes ont atteint des niveaux records au deuxième trimestre. C’est ce qu’indique la société de gestion d’actifs Janus Henderson. Les dividendes versés par les multinationales ont atteint 47 milliards de dollars en France (+33% par rapport au deuxième trimestre 2021) et 545 milliards de dollars dans le monde (+19%). Depuis la création de l’indice, en 2009, de tels niveaux n’ont jamais été observés.  Dans les 20 premières entreprises distributrices de dividendes dans le monde, quatre sont françaises : BNP Paribas, Axa, LVMH et Sanofi. 

Grippe aviaire : le nettoyage par le vide dans le Sud-Ouest 

Des producteurs de canards et de volailles de Nouvelle-Aquitaine et d'Occitanie vont vider leurs élevages cet hiver pour anticiper une nouvelle propagation de la grippe aviaire. Les représentants de la filière veulent éviter une nouvelle crise.
A lire : Des élevages de canards vidés dans le Sud-Ouest pour éviter un nouvel épisode de grippe aviaire

23 août

La « grande démission », en France, c’était dans le monde d'avant

Non, la France ne connaît pas de « grande démission », ce phénomène observé aux Etats-Unis, qui voit des centaines de milliers de salariés quitter leur poste. C’est ce qu’assure une étude de la Dares, un service du ministère du Travail. Certes, les départs volontaires au premier semestre commencent à atteindre des sommets : 470 000, pour un taux de démission de 2,7%. Mais rien d’anormal, assure la Dares. Il s’agit d’une simple conséquence de la forte reprise économique post crise sanitaire, qui offre une multitude de nouvelles opportunités d’emploi aux salariés. Il ne faut donc pas y voir un quelconque effet du coronavirus sur un nouveau rapport au travail. D’ailleurs, le record tricolore de démissions se situe… dans le monde d’avant Covid. Il remonte au premier trimestre 2008. L’Hexagone recensait alors 510 000 démissions et présentait un taux de démission de 2,9%.

Vers une réforme de la VAE

Le gouvernement veut redonner un coup de jeune à la validation des acquis d’expérience (VAE), cette procédure qui permet à une personne d’obtenir un diplôme grâce à son expérience professionnelle « Nous voulons passer à 100 000 parcours par an d'ici à cinq ans, soit trois fois plus qu'en 2021 », indique à nos confrères des Echos Carole Grandjean, la ministre déléguée chargée de l'Enseignement et de la Formation professionnels, qui invite les partenaires sociaux à se saisir de la question. Le sujet est plus consensuel que celui de l’assurance-chômage. Mais le défi est de taille, car le dispositif né il y a 20 ans est clairement sur le déclin. Un rapport remis au gouvernement au printemps pointe notamment du doigt sa complexité administrative.

La remise carburant prolongée

Le décret officialisant la prolongation de la remise carburant a été publié au Journal Officiel de ce jour. Le décret accroît le montant de la ristourne de l’Etat, qui passera de 18 à 30 centimes par litre de gazole et d’essence à compter du 1er septembre et ce, jusqu’au 31 octobre. Puis, les automobilistes bénéficieront d’un coup de pouce de 10 centimes jusqu’au 31 décembre prochain. Le décret met aussi en place des aides financières pour les petites stations-services.    

Energies : la France pourra passer l’hiver au chaud 

Pas de panique, la France devrait réussir à passer l’hiver au chaud. C’est le message rassurant qu’a tenu le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu devant les caméras de BFM TV. « Nous avons de quoi tenir pendant cet hiver, d'autant plus si chacun fait attention, évite de gaspiller et évite de penser qu'il y aurait des gestes qui seraient inutiles ». Ces derniers mois, la France et l’Europe appellent entreprises et particuliers à la sobriété énergétique pour tenter d’éviter que la crise énergétique débouche sur des pénuries. La faute aux tensions nées de la guerre en Ukraine mais aussi aux indisponibilités d’une partie du parc nucléaire français.

Dans le Nord de l’Alsace, l’industrie prospère

L’américain Mars, l’allemand Sew Usocome et bientôt le chinois Huawei s’y implantent ou y développent leurs activités. Dans le Nord de l’Alsace, la communauté d’agglomération de Haguenau attire les industriels. Plus de 300 millions d’euros d’investissements ont été annoncés dans un territoire où les usines emploient une personne sur trois et dans lequel l’industrie s’est organisée ces dernières années pour mieux faire face aux défis du futur.
A lire : Comment le Nord Alsace renforce ses atouts industriels

22 août 

Les prix des billets d’avion s’envolent

Il n’y a pas que les prix du carburant ou des matériaux de construction qui flambent. Ceux des billets d’avion connaissent, eux aussi, une hausse vertigineuse. En juillet, ils ont progressé de 54% par rapport à juillet 2021, indique la Direction générale de l’aviation civile. Interrogé par BFM, Marc Rochet, président d'Air Caraïbes et de French bee, estime les prix des billets n’ont pas encore fini de monter à cause des prix du carburant. « Le pétrole représentait 30 à 35% de nos coûts, on est en train de passer à 45%. Donc, forcément, il va y avoir encore pour 5 à 10% d'augmentations tarifaires à venir sur l'hiver et l'année prochaine".

Hausse des salaires dans le privé

Entre les tensions de recrutement et l'inflation galopante qui génère des revalorisations automatiques du Smic, les salaires dans le privé ont augmenté de 3% en un an, indique une étude de la Dares (ministère du Travail). Malgré l’effort des employeurs, les salariés français ont perdu du pouvoir d’achat. La faute à l’inflation, les prix à la consommation (hors tabac) ayant augmenté de 6% dans le même laps de temps. 
A lire : Les salaires ont augmenté de 3 % en un an dans le privé

Incendies : le coup de pouce de l'Urssaf pour les entreprises sinistrées

Les entreprises affectées, directement ou indirectement, par l’un des nombreux incendies qui ont ravagé la France cet été peuvent compter sur un coup de main de l’Urssaf. Elles vont pouvoir bénéficier d’un report de leurs cotisations et de leurs contributions sociales, sans pénalités de retard. Les entreprises doivent en faire la demande auprès de l’Urssaf ou des Impôts. Un numéro de téléphone est mis à disposition des entreprises, le 0 806 000 245. Les travailleurs indépendants peuvent également bénéficie de cette facilité de paiement. Tout comme les auto-entrepreneurs, ils pourront en outre demander l’aide financière du Fonds Catastrophe et Intempérie, du Conseil de la protection sociale des travailleurs indépendants.
A lire : Des aides exceptionnelles pour les entreprises touchées par les incendies

Blocage des loyers : les commerçants pas entièrement convaincus

La loi sur le pouvoir d’achat n’a pas oublié les commerçants. À la faveur d’un amendement du Sénat, les TPE-PME du secteur ont décroché une mesure de plafonnement de leur loyer pendant un an. Pour autant, les professionnels restent mobilisés sur le sujet. Dans leur ligne de mire : les bailleurs, accusés d’être beaucoup trop gourmands.
A lire : Pourquoi le blocage des loyers ne satisfait qu’à moitié les commerçants.

Publicité lumineuse : décret attendu avant la fin de l’été

Un décret unifiant les règles d’interdiction des publicités lumineuses durant la nuit sera publié avant la fin de l’été, assure le ministère de la Transition énergétique. Dans un contexte de recherche de sobriété énergétique accélérée par le conflit en Ukraine, les règles qui diffèrent aujourd’hui en fonction de la taille des villes seront harmonisées pour la publicité lumineuse entre 1 et 6 heures du matin. 
 

22 juillet

📍 Pouvoir d'achat : les députés tombent d'accord...

Première étape franchie pour le projet de loi sur le pouvoir d'achat. Le texte a été adopté par l'Assemblée nationale, tôt ce matin (341 voix pour, 116 contre et 21 absentions). Il sera soumis au Sénat la semaine prochaine. Parmi les surprises de dernière minute, l'augmentation du tarif du quota d'électricité qu'EDF doit vendre à prix cassés (dispositif Arenh). Les députés n'en ont toutefois pas fini avec la lutte contre l'inflation : dès cet après-midi, ils examinent le budget rectificatif 2022, deuxième volet de ce "paquet pouvoir d'achat". Là aussi, des nouveautés sont à prévoir. Hier soir, dans une interview au groupe Ebra, la chef du gouvernement Elisabeth Borne a rouvert la porte au doublement du plafond d'exonération de la prime de transport en faveur des « salariés qui ont une importante consommation » d'essence. Ce matin, son ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est, lui, dit favorable, sur BFMTV, au relèvement de la limitation quotidienne des tickets restaurant, de 19 à 25 euros par jour (a priori toutefois sans toucher aux règles d'abattement applicables aux employeurs). Devant l'Assemblée, il s'est, ensuite montré ouvert à la « monétisation des RTT ».

... les grandes entreprises lâchent du lest

Le combat contre l'inflation n'est pas qu'une affaire de politiques. Menacées de surtaxes sur leurs profits, deux groupes français ont refait un geste, aujourd'hui, envers leurs clients. L'armateur CMA CGM s'engage ainsi pour un an, à partir du 1er août, à baisser ses taux de fret de 750 euros par conteneur pour les importations de toutes les entreprises, TPE-PME incluses. Le rabais initialement prévu était moindre (500 €) et plus ciblée (grande distribution uniquement). La compagnie marseillaise y ajoute une "baisse de 100€ par conteneur pour toutes les exportations depuis l’Hexagone". Associée à la démarche, la CPME applaudit, mais demande aussi des garanties sur les délais de livraison et des solutions face aux "difficultés de récupération des marchandises dans les ports". De son côté, TotalEnergies promet une nouvelle tournée de réductions sur les prix des carburants dans toutes ses stations (-20 centimes par litre en septembre et octobre, -10 en novembre-décembre), cumulable avec la remise de l'Etat. Le pétrolier ne s'en cache pas : "Nous préférons faire une contribution immédiate et directe (...), plutôt qu’une taxe indirecte qui pénaliserait nos raffineries." Ces ristournes ont d'ailleurs été négociées en coulisses avec le ministère de l'Economie. Sans que l'on n'en connaisse les éventuelles contreparties.

Avis de tempête pour 2023

L'économie française n'est pas arrivée au bout de ses peines. Déjà nettement amputée cette année, la croissance devrait encore ralentir en 2023, alors que l'inflation resterait à un niveau anormalement élevé, juge le gouvernement, dans son programme de stabilité pour la période 2022-2027. Et encore, ces prévisions s'avèrent plutôt optimistes (même si Bercy rejette ce terme), surtout par rapport à celles de la Banque de France ou de l'OFCE, parues hier (PIB en hausse d'1 % l'an prochain, inflation à +4,1 %). Au passage, l'observatoire ne croit pas du tout à l'objectif de plein-emploi, également affiché par l'exécutif. Au contraire, le taux de chômage devrait osciller entre 7,5 et 8 % durant le quinquennat, d'après ses estimations.

Le chômage partiel touche à sa fin (ou pas)

Le chômage partiel n'est plus ce qu'il était. En avril, il ne restait plus que 166 831 salariés sous ce régime (-30,7 % en un mois), selon un décompte de la Dares (ministère du Travail) arrêté au 1er juillet. C'est 50 fois moins qu'il y a deux ans, au plus fort de la crise du Covid-19 ! Autre différence notable avec 2020 : l'écrasante majorité des personnes (84 %) est désormais en activité partielle de longue durée. Les effectifs en APLD reculent toutefois, eux aussi, pour retomber à 140 000 personnes environ (-10 % depuis mars, au plus bas depuis août 2021). Mais le chômage partiel n'a peut-être pas tout à fait dit son dernier mot : les dossiers déposés en mai visaient 1,3 million de salariés, un rebond de 41 % en un mois, porté par les secteurs de l'agroalimentaire et, surtout, les activités spécialisées, scientifiques, techniques et administratives (avec 4 fois plus de monde visé).

21 juillet

📍 La confiance des patrons s'effrite...

Le moral des patrons continue de s'évaporer. En juillet, le climat des affaires, mesuré par l'Insee, a poursuivi son recul (-1,1 point en un mois, mais -9 sur un an), entamé en mars, après le début de la guerre en Ukraine. Le commerce de détail accuse, une fois de plus, le coup (-7,6 points par rapport à juin) et l'industrie s'inquiète à nouveau (-1,7 point), à la vue notamment de ses carnets de commandes. La chimie, en particulier, déchante (-6 points), tout comme le textile-habillement et le bois-papier (-5 chacun). Tout l'inverse des transports (+5), où la confiance renaît au point d'atteindre son plus haut niveau depuis juin 2018 !

... les difficultés de production se durcissent...

Déprimés les chefs d'entreprise ? Il faut les comprendre : les obstacles à l'activité ne cessent de se dresser sur leur chemin, montre encore l'Insee dans sa série de publications du jour. Manque de main-d'oeuvre, pénurie de matières premières, flambée des prix... l'institut statistique n'avait encore jamais vu, dans ses annales, un tel niveau d'intensité et de diffusion des difficultés à produire dans l'économie française.

... les conditions de financement aussi

Fini l'argent facile ! La Banque centrale européenne (BCE) a décidé, aujourd'hui, de rehausser ses trois taux d'intérêt directeurs de 0,5 point - deux fois plus qu'initialement envisagé. La mesure entrera en application à partir de mercredi prochain. A cette date, plus aucun de ces trois taux ne sera inférieur à zéro. C'est la première fois depuis 2011 que la BCE procède à un relèvement de ces instruments de politique monétaire, synonyme de durcissement des conditions de financement. Il ne s'agit d'ailleurs "que [d']un premier pas sur la voie de la normalisation des taux d’intérêt", prévient l'institution. Elle espère ainsi faire descendre l'inflation autour de sa cible habituelle de 2 % par an. En France, et sans attendre cette décision, les banques étaient déjà nettement plus nombreuses à resserrer leurs conditions de prêts aux entreprises au deuxième trimestre, montre une enquête de la même BCE, parue cette semaine. Une première en 15 mois.

Baisse des impôts de production : et les gagnants seront...

Ce devrait être l'un des derniers grands allègements fiscaux du second quinquennat Macron : la nouvelle baisse des impôts de production, programmée pour l'an prochain, ne profitera pas à tout le monde. L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) a fait les comptes. Sa conclusion : les grandes entreprises, comme les exportateurs, seront les principaux bénéficiaires de ce geste à 8 milliards d'euros.

20 juillet

📍 Emploi : des embauches dynamiques comme jamais...

La fièvre des recrutements ne s'est finalement pas éteinte avec la guerre en Ukraine. Bien au contraire : elle s'est ravivée de manière spectaculaire au deuxième trimestre, avec un nombre record de déclarations d'embauche de longue durée, relevé par l'Urssaf. Gare au triomphalisme quand même : sur le seul mois de juin, la tendance était à l'essoufflement (-1,5 % en un mois), après, il est vrai, une percée exceptionnelle en mai (+4,1 % en donnée révisée).

... et des TPE-PME démunies pour recruter

Cette euphorie des embauches n'est pas forcément la meilleure des nouvelles pour les TPE-PME. Selon une enquête de la CPME, les difficultés de recrutement les étouffent autant, si ce n'est plus, que la hausse des prix. Pis, certains patrons sont désormais confrontés aux départs en série de leurs propres salariés. Et s'avouent impuissants, voire "désemparés", face à leurs comportements.
A lire : Les TPE-PME débordées par les difficultés de recrutement plus que par l’inflation

Pas de spéculation derrière l'inflation

Non, au niveau national, il n'y a pas de spéculation généralisée sur les prix des produits de grande consommation. La mise au point provient de la commission des Affaires économiques du Sénat. Elle dédit, à ce titre, l'attaque lancée, fin juin, par Michel-Edouard Leclerc à l'encontre des industriels. "L’essentiel des augmentations [qu'ils ont] demandées était bien en lien avec la hausse des coûts de production" des fournisseurs et "la flambée spectaculaire" des matières premières, assure ce rapport. En revanche, les sénateurs reconnaissent l'existence de "quelques pratiques contestables" de part et d'autre ("chantage à la rupture de stock" ou hausses de prix en magasin malgré des tarifs d’achat inchangés). Avec, quand même, une critique directe adressée aux distributeurs : "S'[ils] acceptent les hausses liées aux matières premières agricoles, ils refusent catégoriquement celles liées aux matières premières industrielles, comme l’énergie, l’emballage ou le transport, déplore le président du groupe de suivi de la loi Egalim, Daniel Gremillet. Autrement dit, plus de la moitié du besoin exprimé par les fournisseurs est simplement ignoré."

Energie : les industriels appelés à se serrer la ceinture

Y aura-t-il encore du gaz cet hiver ? La question revient désormais avec insistance, sur fond de guerre en Ukraine et de réduction des livraisons par la Russie. Pour tenter de parer à cette crise énergétique, la Commission européenne demande à tous les consommateurs (industriels compris) d'économiser la ressource dès maintenant. Plus globalement, elle souhaite fixer un objectif de réduction de la demande de 15 % par Etat entre août et mars 2023 (par rapport à leur consommation moyenne sur les cinq années précédentes). Pour les entreprises, cet effort impliquerait, par exemple, de baisser le chauffage et la climatisation, voire de changer d'énergie (si possible au profit des renouvelables, à défaut par du charbon, pétrole ou nucléaire). Elles pourraient également être incitées à la sobriété par des "systèmes de mise aux enchères ou d'appels d'offres", ou par des aides publiques. D'où un nouvel assouplissement des règles en la matière, jusqu'au 30 juin 2023, pour accélérer les projets d'énergies renouvelables et la décarbonation des process industriels. Malgré tout, Bruxelles n'écarte pas un risque de pénurie cet hiver. La preuve : la Commission veut créer un système d'alerte "qui imposerait une réduction obligatoire de la demande de gaz" à tous les pays. Et pour mieux cibler ces éventuelles restrictions, les Etats de l'UE pourraient classer les entreprises en fonction de différents critères, de manière à protéger les activités essentielles (agroalimentaire, santé, défense...) et à éviter des dommages trop lourds aux sites les plus sensibles ou exposés.

19 juillet

📍 Industrie : la course à la "décarbonation" est relancée

La décarbonation, vite fait bien fait. C'est le principe du nouvel appel à projets lancée par l'Ademe, à destination des entreprises industrielles de moins de 500 salariés. Cette formule express, comme son nom ("Décarb-flash") l'indique, reprend, en l'amplifiant, une formule de subvention expérimentée au plus fort de la crise du coronavirus. Sauf que, cette fois, l'urgence de la démarche se justifie par la guerre en Ukraine et la crise énergétique qui couve.
A lire : L’aide à la décarbonation rapide des PME et ETI industrielles fait son retour

Les créations d'entreprise à la relance

La crise russo-ukrainienne n'a pas découragé l'entrepreneuriat français. Après deux mois de déprime, les créations d'entreprise sont vivement reparties de l'avant en juin. Une dynamique portée, notamment, par l'industrie.

Les levées de fonds au firmament

La crise russo-ukrainienne ? Connaît pas. Les entreprises françaises ont battu, pour la troisième fois consécutive, leur record de levées de fonds au premier semestre, selon le cabinet EY. Une "performance remarquable", tirée par la multiplication des tours de table XXL.

Les nouveaux filons des arnaqueurs

La lutte contre les fraudes et autres escroqueries ne prend pas de vacances. La "task force nationale", créée par le gouvernement en 2020 pour surveiller ce fléau, vient d'actualiser son "guide de prévention contre les arnaques" les plus courantes. Il s'adresse aussi bien aux particuliers qu'aux entreprises, directement concernées par certaines techniques. Ainsi, au côté des habituelles recommandations face aux hameçonnages et aux rançongiciels, les acteurs économiques peuvent désormais s'informer sur les détournements de virement (157 millions d’euros de préjudice en 2020) ou les escroqueries au RGPD (fausses offres de mise en conformité au réglement européen sur les données personnelles). Le document appelle également avec insistance à une "vigilance renforcée" sur les réseaux sociaux, où pullulent les propositions commerciales douteuses.

18 juillet

📍 Le pouvoir d'achat en débat

Longtemps annoncé, désormais examiné. Les mesures en faveur du pouvoir d'achat démarrent leur parcours parlementaire à partir d'aujourd'hui, à l'Assemblée nationale. Sans attendre, les députés ont déjà fait évoluer les propositions du gouvernement, lors de leurs travaux préparatoires en commission des Finances. Ils ont, en particulier, rehaussé le plafond annuel d'exonération fiscale des heures supplémentaires, pour le rétablir à 7 500 euros, comme pendant la crise du Covid-19 (au lieu de 5 000 €, en temps ordinaire). Mais "c’est faire une partie du chemin seulement", a déjà déploré la CPME dans un communiqué, ce matin. Et pour cause : la Confédération des PME plaide, en complément, pour que les employeurs échappent, eux, à toute majoration supplémentaire de leurs cotisations sociales patronales, au-delà des 35 heures de la durée légale de travail.
A (re)lire : Ce que propose l’État aux entreprises pour contrer les effets de l’inflation

Sobriété énergétique : le commerce se jette à l'eau

D'habitude, elles poussent à la consommation. Mais, cette fois, elles entendent plutôt la freiner : les principales enseignes de la grande distribution s'engagent à réduire leurs besoins en électricité à partir du 15 octobre. Pour y parvenir, elles ont présenté, aujourd'hui, un "protocole de gestion de crise énergétique". Un ensemble de mesures qui pourraient inspirer les autres acteurs du commerce, désormais incités par l'Etat à en faire plus pour consommer moins de carburant, gaz et électricité, face à l'assèchement des importations russes. Par ailleurs, dans une initiative séparée, Carrefour a également intégré le dispositif Ecowatt de RTE, le gestionnaire du réseau électrique national. "Première grande entreprise à signer [cette] charte", dixit son PDG Alexandre Bompard, le groupe s'engage à mener quatre "actions prioritaires" pour rationaliser son usage de l'énergie au quotidien. Il promet, en sus, de "réduire ou décaler sa consommation d’électricité dans ses magasins, lors de périodes de fortes tensions" sur le réseau. Des tensions généralement signalées à l'avance par Ecowatt à travers une alerte rouge.

Coup de fouet européen pour l'hydrogène

L'Europe ouvre grand les vannes de l'hydrogène. Bruxelles a officiellement accepté que quinze Etats membres (dont la France) apportent un soutien renforcé à cette technologie. Les participants à ce tout nouveau "projet important d'intérêt européen commun" (ou "PIIEC"), baptisé "Hy2Tech", vont ainsi pouvoir orienter 5,4 milliards d'euros de financement public vers 41 projets, portés par 35 entreprises. Avec ce programme, l'UE s'attend à générer "8,8 milliards d'euros supplémentaires d'investissements privés" et à créer 20 000 emplois directs. Parmi les bénéficiaires, dix sociétés viennent de l'Hexagone, comme l'héraultais Genvia, le drômois McPhy, les lyonnais Plastic Omnium et Symbio, ou encore Hyvia et John Cockerill. En revanche, plusieurs projets, présélectionnés en mars par le ministère français de l'Economie, n'ont finalement pas retenu l'attention de la Commission européenne, à l'image de Masshylia (Bouches-du-Rhône), Normand'hy (Seine-Maritime) ou l'alliance entre Air Liquide et ArcelorMittal à Dunkerque (Nord).

Funeste semestre pour l'automobile

Toujours plus bas. Les ventes automobiles ont signé leur pire mois de juin en 26 ans au niveau de l'UE, avec 886 510 véhicules particuliers écoulés (-15,4 % sur un an), selon l'Association des constructeurs européens (ACEA). Pire donc qu'à la sortie du premier confinement contre le Covid-19. Sur l'ensemble du premier semestre, la catastrophe est tout aussi abyssale : les immatriculations ont baissé de 14 % par rapport à 2021, et d'un tiers comparativement à l'avant-coronavirus (soit 2,3 millions de voitures vendues en moins qu'en 2019 en seulement six mois). Le groupe Stellantis souffre davantage (-22,5 %) que son rival français Renault (-8,1 %) sur cette période. L'ACEA attribue toujours la panne du marché aux perturbations des chaînes d'approvisionnement rencontrées par l'industrie automobile.

13 juillet

📍 L'inflation tire le Smic vers le haut

Le Smic s'ajuste encore à l'inflation. Le salaire minimum devrait être revalorisé dès le 1er août, et ce pour la quatrième fois en dix mois. La hausse devrait être d'environ 2 % (soit un gain net estimé à 26 euros par mois pour un temps plein). C'est la conséquence mécanique des chiffres de l'inflation du mois de juin, confirmés, ce matin, par l'Insee. Sur un an, l'augmentation des prix a bel et bien atteint +5,8 %. Mais les produits alimentaires se sont finalement envolés encore plus haut qu'initialement annoncé (+6,6 %, revu de +0,4 point). L'énergie reste le premier moteur de cette flambée (+33,1 %, mais +47,5 % pour les seuls produits pétroliers), mais elle entraîne aussi les transports dans son sillage (+13,1 %, soit 4,1 points supplémentaires en un mois).

La folle envolée des difficultés de recrutement

L'économie française sur pause. Le PIB devrait rester stable en juillet pour le troisième mois consécutif, selon les estimations de la Banque de France. L'institution maintient toutefois sa prévision de croissance inchangée pour le deuxième trimestre : ce sera "autour de 0,25 %". Mais son dernier point de conjoncture souligne surtout un frein récurrent, dorénavant aggravé et aggravant, pour l'activité des entreprises : les problèmes de recrutement.

Numérique : croissance insolente, main-d'oeuvre absente

Les entreprises du numérique ne connaissent décidément pas la crise. Elles devraient finalement enregistrer, en 2022, une croissance de 7,4 % sur un an, pour atteindre un chiffre d'affaires de 60,8 milliards d’euros, a calculé l'organisation professionnelle Numeum. Malgré le contexte international et inflationniste, cette prévision est donc revue à la hausse de 0,3 point par rapport à décembre. Cet optimisme s'explique notamment par un effet de rattrapage post-coronavirus, avec "des projets stoppés précédemment qui ont repris plus tôt que prévu". Du côté de l'emploi, en 2021, le secteur revendique avoir créé 34 000 postes nets (un solde positif pour la 12e année consécutive). Mais Numeum déplore "une importante pénurie de talents" (8 entreprises sur 10 touchées, selon elle) et appelle à faire de "la formation et l’attractivité des filières (...) une priorité".

Canicule, bis repetita

Et c'est reparti pour un tour de (sur)chauffe. A peine un mois après un premier épisode caniculaire, la France s'apprête à en traverser un deuxième à partir d'aujourd'hui et jusqu'à la fin de la semaine. Il devrait même s'amplifier dimanche. En conséquence, le ministère du Travail rappelle aux employeurs qu'ils doivent "prendre toutes les précautions nécessaires" pour protéger leur personnel. Ils peuvent trouver, en la matière, des conseils en ligne, ou auprès des services de prévention et de santé au travail. Voire au numéro vert "Canicule info service" (joignable au 0800 06 66 66 de 9h à 19h), rouvert, pour l'occasion, depuis 14h.

12 juillet

📍 France 2030 : l'électronique incitée à produire français

L'Hexagone se relance sur le marché aux puces... électroniques. La filière va obtenir au moins 5 milliards d'euros du plan d'investissement France 2030 pour se mettre à (re)produire sur le sol national des composants stratégiques et innovants. Annonce du président de la République Emmanuel Macron en personne, à l'occasion d'un déplacement en Isère. A cette enveloppe devrait s'ajouter 10 milliards d'euros de l'Europe. Mais dans un cas, comme dans l'autre, les entreprises bénéficiaires sont déjà largement identifiées.

Défaillances d'entreprise : les PME accusent le coup

Verre à moitié vide ou à moitié plein ? La lecture des chiffres des défaillances d'entreprise, faussés par la crise du Covid-19, est toujours un exercice délicat. Après l'analyse plutôt rassurante de la Banque de France sur le sujet, le cabinet Altares tire, lui, plusieurs sonnettes d'alarme aujourd'hui. Car, au deuxième trimestre, les procédures collectives ont accéléré leur remontée, jusqu'à revenir à leur niveau d'avant-coronavirus dans certains cas.
A lire : Les PME en première ligne de la remontée des défaillances d’entreprises au deuxième trimestre 2022

Succès modéré pour les aménagements de PGE

Est-ce un signe supplémentaire de la fragilité grandissante des entreprises ? La Médiation du crédit a en tout cas connu un net regain d'intérêt au deuxième trimestre : 803 dossiers éligibles sont arrivés sur le bureau de ce service de la Banque de France (+24,5 % en trois mois), un plus haut depuis l'été 2021. Ce surplus d'activité provient du rééchelonnement des prêts garantis par l'Etat, autorisé depuis février (un tiers des demandes concerné). Mais la Médiation relativise ce succès, en comparant les "304 dossiers [reçus] depuis le début de la procédure" aux "plus de 288 000 PGE [qui] commençaient à être remboursés" sur la même période. Au total, 30 % des requêtes ont débouché sur un accord (incluant, le plus souvent, un étalement de l'amortissement sur quatre ans supplémentaires), mais 11 % ont aussi échoué et 10 % ont été "réorientés" (y compris vers les tribunaux de commerce). Le reste est en cours d'instruction. Principaux pourvoyeurs de dossiers, le BTP (à 36 %) et l’hébergement-restauration (17 %).

Les achats publics désormais plus visibles

Une nouvelle plate-forme pour prendre un temps d'avance sur la commande publique. Les entreprises peuvent dorénavant retrouver sur le site "APProch", lancé aujourd'hui par le ministère de l'Economie, les "projets d’achats" de l'Etat, des hôpitaux et des collectivités territoriales, en amont de la publication en bonne et due forme des appels d'offres correspondants. Avec ce service (gratuit et sur inscription), Bercy veut aider les acteurs économiques à "mieux appréhender les besoins d’achats potentiels (...) et anticiper leur participation aux opportunités qui les intéressent". Avec deux limites toutefois : cet index n'est ni exhaustif ni "engageant" pour l'administration. Quelque 6 500 projets, d'une valeur cumulée de 19 milliards d'euros, sont d'ores et déjà référencées sur APProch.

11 juillet

📍 Difficultés d'approvisionnement : les promesses du BTP

L'Etat veut faire passer le BTP des paroles aux actes, en matière de "solidarité économique". Sous l'égide du Médiateur des entreprises, onze organisations professionnelles de la filière ont signé une "déclaration commune d’engagement", ce matin. Objectif : "amortir de façon équilibrée", entre tous les acteurs, les problèmes d’approvisionnement qu'ils rencontrent depuis plus d'un an. Un texte rempli de bonnes intentions, mais sans contrainte, et sans convaincre non plus. Même certains signataires ont déjà fait part de leur scepticisme.
A lire : Face à l'inflation et les pénuries, les entreprises du BTP s’engagent à la "solidarité économique"

Difficultés de recrutement : l'engagement de Bercy

Il n'y a pas que les problèmes d'approvisionnement qui pénalisent les entreprises en ce moment. Les difficultés de recrutement figurent aussi au rayon des casse-tête pour les dirigeants. Le ministre de l'Economie l'a bien compris : il a fait de ce sujet « la deuxième urgence » à traiter par le gouvernement, après le pouvoir d'achat. Et promis de s'y atteler dès la rentrée de septembre. « Il n’y a rien de plus révoltant (...) que d’avoir encore autant de chômage, parce qu’on n’est pas au plein-emploi, et autant d’entreprises qui cherchent des salariés », a lancé Bruno Le Maire, hier, aux Rencontres économiques d’Aix-en-Provence. Sans en dire davantage, si ce n'est afficher son soutien à l'apprentissage, le patron de Bercy a toutefois ré-insisté sur la nécessité pour les entreprises d'en faire elles-mêmes plus sur leur attractivité... et sur les salaires de leur personnel, quand elles le peuvent.

Prix du carburant : l'étau se desserre (un peu)

L'accalmie se confirme à la pompe. Au 8 juillet, le litre de gazole est même repassé, en moyenne, sous la barre des 2 euros, la semaine dernière (à 1,9946 euro, -3,4 % en sept jours), une première depuis un mois, selon les relevés hebdomadaires du ministère de la Transition écologique. L'essence ne peut pas en dire autant, mais les prix n'en ont pas moins poursuivi leur marche arrière, pour le sans plomb 95 (à 2,0289 €, -2,6 %), comme le SP98 (à 2,0934 €, -2,1 %). Idem pour le GNR, désormais affiché à 1,4536 € (-3,1 %).

Investissements étrangers : l'Elysée fait le plein

La France continue de taper dans l'oeil des investisseurs étrangers. C'est en tout cas le message que veut faire passer l'Elysée, aujourd'hui, avec son sommet annuel "Choose France". Un rendez-vous créé en 2018 pour vanter les mérites de l'Hexagone auprès des grands patrons de la planète. Ils sont plus de 180 à être reçus cet après-midi, à Versailles. Et ils ne sont pas venus les mains vides : 14 projets, représentant 6,7 milliards d'euros d'investissement, ont été dévoilés par la présidence de la République elle-même, en amont de ce rendez-vous. Une somme record pour l'événement, mais l'essentiel provient, en fait, d'une seule annonce : la création, en Isère, d'une usine géante de puces électroniques.
A lire : STMicroelectronics investit 5,7 milliards d'euros avec GlobalFoundries près de Grenoble

8 juillet

📍 Les TPE-PME retiennent leur souffle

Les nuages s'accumulent dans le ciel des TPE-PME. Hausse des coûts, grippage des approvisionnements, difficultés des recrutements... la conjoncture s'est nettement durcie depuis six mois, montre la dernière enquête de Bpifrance Le Lab dédiée à ces entreprises. Et elle commence à faire sentir ses effets néfastes sur leur production, leur trésorerie, leur rentabilité... et leur optimisme pour 2023.

Les défaillances sur la pente ascendante

Les défaillances d'entreprise se redressent chaque mois un peu plus. En juin, la Banque de France a compté 3 314 procédures collectives (+5,5 % par rapport à mai et +32,8 % en un an). Ce qui porte le cumul sur les douze derniers mois à 33 155 dossiers, en hausse de 14,6 % par rapport à la période précédente (après +10 % en mai, en donnée révisée). Ce nombre ne cesse de progresser depuis octobre dernier. Pour autant, relativise l'institution, les défaillances restent encore très loin de leur niveau de 2019 (-35,2 %).

Industrie : l'accent varois de Naval Group

Naval Group s'ancre un peu plus dans le Var. Le géant français va y agrandir l'une de ses usines actuelles et en réhabiliter une autre. Un double investissement estimé à 140 millions d'euros.
A lire : Naval Group va réindustrialiser un ancien site dans le Var

Le déficit commercial de mal en pis

L'accalmie aura été de très courte durée. Après une légère amélioration en avril, le solde commercial de la France a de nouveau plongé en mai, pour atteindre -13 milliards d'euros (soit -0,3 Md€ en un mois), selon les douanes. Les exportations ont, certes, progressé pour la 3e fois consécutive (+0,7 Md€, soit une croissance d'1,5 %). Mais les importations, elles, ont enchaîné sur une 8e hausse de suite, encore plus forte (+1 Md€, soit +1,7 %). Résultat, sur les douze derniers mois, le déficit s'enfonce toujours plus bas, à -113,9 milliards, nouveau record historique.

La décrue relative des prix alimentaires mondiaux

Semblant de détente sur le prix des produits alimentaires. En juin, au niveau mondial, ils ont enregistré leur troisième baisse consécutive depuis leur pic historique de mars (-2,3 % en un mois), selon la FAO. Sur un an, la tendance reste toutefois largement à la hausse (+23,1 %). D'autant que l'envolée des cours s'est poursuivie dans deux catégories : les produits laitiers (+4,1 %) et les viandes (+1,7 %), dont l'indice des prix signe un nouveau record, signale l'organisme de l'ONU.

7 juillet

📍 Pouvoir d'achat : le gouvernement abat ses cartes...

Cette fois, on y voit plus clair. Après des semaines d'annonces au compte-gouttes, le gouvernement a dévoilé toutes les mesures de son "paquet" pour le pouvoir d'achat. Principale nouveauté pour les entreprises : une prime Macron pérennisée, mais aussi revue et corrigée par rapport à ses devancières.
A lire : Ce que propose l’État aux entreprises pour contrer les effets de l’inflation

... la question des salaires divise les partenaires sociaux

Les esprits s'échauffent sur la question salariale. La position du gouvernement sur le sujet n'a pas convaincu, et encore moins calmé, les syndicats. Comme elle l'avait fait quelques heures plus tôt devant l'Assemblée nationale, Elisabeth Borne a « invité », hier soir, sur TF1, « les entreprises qui le peuvent financièrement à augmenter les salaires ou à mobiliser [les] primes de pouvoir d'achat » (dites "primes Macron"). Pour la Première ministre, il s'agit, pour les employeurs, de « prendre leurs responsabilités », au moment où elle s'apprête à débloquer environ 20 milliards d'euros en nouvelles mesures anti-inflation. « Bien sûr que nous allons répondre » à cet appel, a assuré, ce matin, le président délégué du Medef Patrick Martin, sur France Info... avant de préciser que ce serait du « cas par cas » et « en fonction [des] capacités» de chaque structure, car «beaucoup seront elles-mêmes impactées par l'inflation ». De quoi faire grincer des dents les syndicats CGT et FO. Dans deux communiqués distincts, ils fustigent la position du gouvernement sur les salaires. Et rappelle que les entreprises, elles, bénéficieront d'une nouvelle réduction des impôts de production en 2023.
A (re)lire : Pouvoir d’achat, plein-emploi, environnement… ce que le gouvernement Borne prépare pour les entreprises

Covid-19 : le masque reste facultatif

Face à la septième vague de Covid-19, chacun fait ce qui lui plaît. Le gouvernement n'a « pas l'intention » de réintroduire « une mesure nationale d'obligation » sur le port du masque, a expliqué Elisabeth Borne, hier soir, toujours sur TF1. Certaines villes peuvent toutefois décider de réimposer cette protection. Ce sera, par exemple, le cas à Nice, à partir de lundi. Pour sa part, la Première ministre s'est contentée de rappeler la consigne actuelle : « Quand on est dans des espaces fermés, où il y a beaucoup de monde, il faut porter le masque, notamment dans les transports. » Par ailleurs, les personnes vulnérables ou celles de plus de 60 ans sont appelées à recevoir leur deuxième rappel vaccinal.

Santé : les salariés ne remontent pas la pente

Les salariés français n'ont pas retrouvé la patate. Bien au contraire. La crise du coronavirus laisse encore des traces sur leur santé physique et mentale, montrent deux études différentes, publiées coup sur coup. Mais l'épidémie de Covid-19 n'est plus la seule en cause. La dégradation des conditions de travail, comme du pouvoir d'achat, commence à peser de plus en plus lourd sur le moral des troupes.
A (re)lire : Comment les employeurs puvent réagir face à la détresse psychologique de leur personnel

6 juillet

📍 Les chantiers économiques du gouvernement Borne

« Bâtir ensemble ». C'est avec ce mot d'ordre de circonstance qu'Elisabeth Borne a présenté son discours de politique générale devant une Assemblée nationale pas complètement acquise à sa cause, faute de majorité absolue depuis les dernières législatives. Au-delà de la méthode, la Première ministre est revenue sur les chantiers que sa nouvelle équipe entend mener, en ce début de second quinquennat Macron. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les dossiers économiques ne manquent pas... mais les nouvelles annonces, si. Car les 90 minutes de cette prise de parole ont finalement réservé plus de confirmations que de surprises, autour des quatre priorités dont compte se saisir le gouvernement.
A lire : Pouvoir d’achat, plein-emploi, environnement… ce que le gouvernement Borne prépare pour les entreprises

Quand le Covid-19 fait le vide dans les entreprises

Le Covid-19 version Omicron a bel et bien provoqué une épidémie d'absentéisme dans les entreprises. Au premier trimestre, en moyenne, 17 % des salariés ont été placés en arrêt maladie au moins une fois par mois (contre 11 %, début 2021), selon une enquête Harris Interactive pour Malakoff Humanis, menée auprès de 2 000 salariés, du 4 au 14 avril. Or, en mars, le coronavirus (cas positifs et arrêts dérogatoires confondus) était à l'origine de 56 % de ces interruptions de travail, c'est-à-dire à peine moins qu'en janvier-février (pic à 57 %), mais 11 points de plus qu'un an auparavant. Pis, la part des malades confirmés au Covid-19 a été, à elle seule, multipliée par deux par rapport à mars 2021, pour atteindre 26 % (et même 36 % chez les salariés en présentiel à temps complet). Hasard du calendrier, cette étude arrive au moment où une septième vague épidémique s'abat sur la France (plus de 206 000 cas recensés en 24 heures, hier), sous l'effet des derniers-nés de la famille Omicron (les sous-variants BA.4 et BA.5).

Financement (1) : l'innovation des PME puissance 10

Le concours i-Nov remet déjà le couvert. La 10e édition de cet appel à candidatures, centré sur les projets innovants des start-up et PME, vient d'être lancée, à peine plus de trois mois après la clôture de la vague précédente. Pas de changement sur le fond : la priorité reste donnée au numérique, à la santé et à l'environnement.

Financement (2) : le nucléaire et le gaz estampillés "durables"

Les projets dans le nucléaire et le gaz naturel ont encore de beaux jours devant eux. Le Parlement européen a reconnu, ce midi, leur rôle dans la transition écologique, comme le lui demandait la Commission et l'espérait la France. Sauf revirement de dernière minute d'ici lundi, les activités dans ces deux secteurs seront donc incluses, au 1er janvier prochain, et sous certaines conditions, dans la nouvelle "taxonomie" de l'UE - comprendre la liste des investissements considérés comme "durables sur le plan environnemental" et, à ce titre, bien vus par Bruxelles. Ce label vert a pour vocation de favoriser la réorientation des fonds privés vers des projets plus neutres pour le climat, notamment les énergies renouvelables. Mais Paris avait poussé en faveur d'une conception plus large du dispositif, de manière à faciliter le financement du programme nucléaire voulu par Emmanuel Macron.

5 juillet

📍 Inflation : l'agroalimentaire dans le viseur...

Les prix des produits alimentaires n'ont pas fini de s'emballer. « Nous ne sommes qu'à mi-chemin », a estimé, ce matin, le président de Système U, Dominique Schelcher, sur France Info. La faute, selon lui, à « l'augmentation de toutes les matières premières », et non à la spéculation : « Dans toute période d'inflation, il y en a forcément un peu (...), mais ce n'est pas une généralité. » De quoi relativiser les accusations lancées, jeudi dernier, par son concurrent Michel-Edouard Leclerc. Il n'empêche, six jours plus tard, la sortie du dirigeant des centres éponymes n'est pas passée inaperçue au sein de la classe politique. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, notamment, a promis, hier, sur France Inter, « des contrôles filière par filière », et d'un bout à l'autre de la chaîne (de la production à la distribution, en passant par la transformation et le transport). Objectif : repérer d'éventuelles « marges inacceptables » et, le cas échéant, « sanctionner ceux qui en profitent ». Les conséquences de la loi Egalim (sur les négociations commerciales et la juste rémunération des producteurs) vont également être examinées par l'administration. Mais, sans attendre, Bruno Le Maire a jeté le trouble, dès hier, avec sa proposition de relever à -50 % le plafond des promotions dans la grande distribution (contre -34 % aujourd'hui). Une mesure de pouvoir d'achat vivement contestée par les agriculteurs de la FNSEA. Reçu ce matin, à Bercy, le principal syndicat du secteur a assuré avoir reçu du ministre la réaffirmation de son "soutien" à la loi Egalim en général, et à cette limitation des rabais en particulier.

... et l'habillement au supplice

Les magasins d'habillement pataugent toujours dans la crise. Au premier semestre, leur chiffre d'affaires est resté inférieur de 9 % à son niveau de 2019, selon l'Alliance du commerce, sur la base des données de 60 enseignes. Pis, le semblant de reprise du mois de mai n'a pas duré et la fréquentation en boutique a encore plus chuté (-21 %). Ce n'est pas le début des soldes d'été qui va leur sauver la mise : la contraction des ventes atteint 19 % sur les onze premiers jours (22 juin-2 juillet). Après avoir souffert du Covid-19 en début d'année, les magasins se disent désormais doublement victimes de l'inflation, puisqu'elle pèse, à la fois, sur la demande (et les arbitrages) des consommateurs, mais aussi sur les coûts des commerçants eux-mêmes. A ce titre, l'Alliance demande, en particulier, de l'aide sur les loyers, à travers un plafonnement des hausses et un encadrement de leurs relations avec les bailleurs.

Industrie : la production en stagnation

Les usines françaises stoppent l'hémorragie. Après trois baisses consécutives, la production industrielle est restée stable en mai, selon l'Insee, sauvée par le rebond des activités manufacturières (+0,8 % en un mois). Malgré ses difficultés d'approvisionnement, l'automobile signe, en particulier, un redressement spectaculaire (+15,3 %, 2e hausse consécutive), en partie effacé par la contre-performance du reste des transports (-6 %). Situation contrastée également dans les énergies, où gaz, électricité et vapeur souffrent (-5,6 %), mais cokéfaction et raffinage s'envolent (+5,9 %). Enfin, la production agroalimentaire tombe, elle, à son plus bas depuis 13 mois (-0,8 %).

Emploi : le déclin des contrats courts

Mais où sont passés les CDD courts ? Malgré la fièvre des embauches, ces contrats de moins d'un mois n'ont jamais retrouvé leur niveau d'avant-coronavirus, souligne la Dares (ministère du Travail) : au premier trimestre, ils étaient encore en repli de 3,5 % par rapport à fin 2019 (contre +18,5 % dans le cas des CDI). Résultat, leur part dans les recrutements (hors intérim) reste majoritaire (66,3 %), mais elle a reculé de quasiment 4 points sur cette période. Cette régression est encore plus marquée dans l'agroalimentaire (-8,5 points) et, surtout, l'hébergement-restauration (-9,7), responsable, en grande partie, de la baisse généralisée des CDD courts. La Dares voit deux explications possiblesà ce phénomène : l'effet persistant du Covid-19 sur l’activité, mais aussi "la hausse du pouvoir de négociation des salariés, occasionnée par les difficultés de recrutement".

Fiscalité : le début de la fin pour les dérogations transfrontalières

Un pas de plus vers le retour à la "normale" pour les transfrontaliers. Septième vague de Covid-19 ou pas, les dérogations, accordées pendant la pandémie, sur la fiscalité entourant leur télétravail, commencent à être levées les unes après les autres. Les règles habituelles avec le Luxembourg (fondées sur un forfait annuel de 29 jours de distanciel autorisés) ont ainsi déjà été réinstaurées pour le second semestre. Ce sera le cas avec la Suisse, à compter du 1er novembre. Pour les autres pays, il est prévu, jusqu'au 31 décembre, "une période transitoire, pendant laquelle rien ne change pour les travailleurs frontaliers, transfrontaliers et leurs employeurs, en matière de couverture et cotisations sociales", précise le gouvernement. D'ici là, les membres de l'UE étudieront une éventuelle évolution de leur réglementation, au regard de l'expérience du Covid-19. 

Transports : Electra survolté

Le boom de la voiture électrique donne des ailes à Electra. La jeune entreprise, en partie nordiste, vient de boucler une levée de fonds grand format pour étendre au plus vite son réseau de recharge rapide.
A lire : Electra lève 160 millions d’euros pour déployer ses bornes électriques

4 juillet

📍 Le gouvernement Borne restructuré

Elargi et remodelé, le gouvernement nouveau est arrivé. Deux semaines après les élections législatives, l'Elysée a fini par entériner, ce matin, la composition définitive de l'équipe d'Elisabeth Borne. Une officialisation expédiée par simple communiqué de presse. Pourtant, sur le fond, ce remaniement n'a rien d'anecdotique : l'exécutif a largement musclé ses effectifs (14 postes supplémentaires créés, dont 3 au ministère de l'Economie), en plus de nettement revoir son casting, de manière plus ou moins contrainte. 
A lire : Béchu, Grégoire, Lescure... zoom sur les ministres du gouvernement Borne les plus importants pour les entreprises
Les membres du gouvernement se sont retrouvés, en fin d'après-midi, pour leur premier Conseil des ministres. L'occasion d'évoquer le nouveau projet de loi de lutte contre le Covid-19. Il doit permettre, si besoin, de « rétablir un système de passe [sanitaire], aux frontières ou entre le territoire métropolitain et les Outre-mer, a indiqué le nouveau porte-parole Olivier Véran. En revanche, tous les autres dispositifs de lutte contre l'épidémie, (...) que vous connaissez bien, ne feront plus partie » de ce texte, a-t-il insisté.

Le "plan de sortie de crise" reste de rigueur...

La "sortie de crise" n'est décidément pas pour aujourd'hui. Le ministère de l'Economie a décidé de maintenir, jusqu'à la fin de l'année, le plan d'aide, lancé en juin 2021, pour les entreprises saines, mais fragilisées par l'épidémie de Covid-19 et la fin du "quoi qu'il en coûte". Raison invoquée : "les conséquences économiques de la crise en Ukraine", à l'origine de "nouvelles difficultés" pour les PME et ETI. Pour les aider à faire face, les "conseillers départementaux à la sortie de crise" resteront donc actifs. Ce réseau a pour mission d'orienter les dirigeants vers les solutions les plus adaptées à leurs difficultés. Certains dispositifs avaient été créés exprès pour l'occasion, comme le "fonds de transition" pour financer les plus grandes entreprises, mais aussi des procédures collectives simplifiées pour les petites structures les plus endettées. Dans le cadre de cette stratégie, "près de 10 000 entreprises ont pu bénéficier d’un accompagnement individualisé", revendique Bercy.

... les "PGE résilience" aussi (mais pas tout de suite)

Et les PGE dans tout ça ? En théorie, l'outil phare de la crise du Covid-19 n'est plus distribué depuis vendredi. Mais la version "résilience" du prêt garanti par l'Etat pourrait faire son retour jusqu'à la fin de l'année. Le ministre de l'Economie l'a annoncé, ce matin, sur France Inter. Mais son entourage y a mis un bémol, par la suite, à savoir que cette prolongation est soumise au vote du projet de loi de finances rectificative, attendu durant l'été. Par ailleurs, et toujours à la radio, Bruno Le Maire a laissé entendre que les entreprises pouvaient continuer à solliciter l'échelonnement de leur PGE sur six à dix ans, mais, a priori, toujours dans les mêmes conditions restrictives que celles définies en début d'année.

Course contre la montre pour les entreprises énergivores

Elle se sera fait attendre, mais elle n'aura sans doute jamais été aussi utile. L'aide dédiée aux entreprises les plus gourmandes en gaz et électricité ouvre à partir d'aujourd'hui. Et mieux vaut ne pas traîner : la date-butoir pour le dépôt des demandes tombe en plein mois d'août et le montage des dossiers risque de nécessiter pas mal de travail administratif.
A (re)lire : L’aide aux activités les plus consommatrices d’énergie revue et corrigée avant son lancement

Prix des carburants : un reflux à deux vitesses

Les prix du carburant restent sur la pente descendante. Mais l'inclinaison n'est pas la même entre le gazole et l'essence. Le GNR a ainsi connu un recul impressionnant de 11 centimes en sept jours (-7,3 %), à 1,4999 euro le litre en moyenne, la semaine dernière, selon les relevés du ministère de la Transition écologique. Ce qui le ramène au même niveau que début juin. Idem pour le diesel, désormais à 2,0643 € (-3 %, soit plus de 6 centimes de baisse). Le sans plomb se replie également, mais de façon bien plus symbolique (moins d'1 centime) : le SP95 s'établit ainsi à 2,0823 € (-0,2 %), le 98 à 2,139 € (-0,4 %).

1er juillet

📍 Le chantier de la sobriété est lancé

L'économie se met aux économies. Sous la pression de la crise russo-ukrainienne, le gouvernement a décidé de passer à la vitesse supérieure en matière de sobriété énergétique. L'exécutif a réuni, ce matin, partenaires sociaux et fédérations professionnelles pour leur réclamer des "feuilles de route", afin de faire baisser rapidement leurs consommations d'énergie. Rendu des copies à la rentrée de septembre. C'est qu'il y a urgence, et pas seulement d'un point de vue environnemental : il s'agit, ni plus ni moins, d'« éviter d'être dans une situation où des délestages trop importants seraient de nature à pénaliser le fonctionnement de l'économie » l'hiver prochain, a clairement expliqué le ministre du Travail Olivier Dussopt, en introduction de la réunion du jour.
A (re)lire : Six conseils pour réduire sa facture d'électricité au bureau

Le supplice sans fin de l'automobile

Les mois se suivent et se ressemblent désespérément pour le marché de l'auto français. En juin, les ventes se sont contractées pour le 13e mois consécutif : avec 171 089 immatriculations recensées, la baisse atteint, cette fois, 14,2 % sur un an (et -26 % par rapport au même mois de 2019), selon la Plateforme automobile. Sur l'ensemble du premier semestre, la chute est du même ordre (-16,3 %). Mais, par rapport à l'avant-coronavirus, elle s'élève à -33,8 %, ce qui représente près de 400 000 véhicules vendus en moins. La faute, encore et toujours, à la pénurie de semi-conducteurs qui paralysent les usines du secteur.

Emploi : le grand départ des CDI

Crise ou pas, le succès fou des démissions ne se dément pas. Au premier trimestre, 469 610 salariés en CDI ont quitté d'eux-mêmes leur poste (+1,7 % en trois mois, en hausse depuis un an et demi), selon la Dares (ministère du Travail). Un nombre encore jamais vu, et bien supérieur à son niveau d'avant-coronavirus (+20,4 % par rapport au dernier trimestre 2019 !). La tendance s'inverse, en revanche, pour les licenciements économiques : en baisse depuis l'été 2020, ils ont subitement progressé de 11,2 % en début d'année, mais reste en repli de 6,5 %, comparé à fin 2019. A noter, enfin, que la barre historique du million de CDI rompus sur le trimestre (toutes causes confondues) a été franchie pour la troisième fois consécutive.

Fin du ticket restaurant version Covid-19

Retour à l'ordinaire pour les tickets restaurant. Le doublement du plafond, instauré il y a deux ans, à la sortie du premier confinement, est désormais révolu. Les anciennes règles prévalent à partir d'aujourd'hui (limitation quotidienne à 19 euros, hors week-end et jours fériés). Le ministère de l'Economie justifie la disparition de ces assouplissements par la fin des fermetures administratives des restaurants pour cause de Covid-19 et l'épuisement du stock de titres, accumulé par les usagers pendant les phases de restrictions sanitaires. Mais à l'heure de l'inflation galopante, certaines voix s'élèvent pour utiliser ces tickets comme un levier de pouvoir d'achat. Ainsi, le groupe Up, fournisseur de chèques restaurant, plaide pour un double rehaussement, celui du plafond d'utilisation (à 29 €) et celui du montant d'exonération pour l'employeur (à 7,5 €, contre 5,69 € aujourd'hui).

L'Europe dans le piège de l'inflation

La flambée inflationniste n'est pas une spécificité française, loin s'en faut. En juin, la hausse des prix, dans la zone euro, a atteint un nouveau record à +8,6 % sur un an (0,5 point de plus qu'en mai), selon une première estimation d'Eurostat. Ce taux n'a plus baissé depuis maintenant un an. A l'époque, il était 4,5 fois inférieur à aujourd'hui ! Dans la tempête, l'Hexagone s'en sort mieux que ses voisins, avec la deuxième inflation la plus faible de la région, mais évaluée à +6,5 % tout de même (chiffre supérieur à celui de l'Insee, en raison d'un mode de calcul différent).

30 juin

📍 L'inflation sans pitié, la consommation sans entrain

Toujours et encore plus haut. En juin, la hausse des prix s'est élevée à 5,8 % sur un an, selon une première estimation de l'Insee. Ce taux d'inflation n'a plus baissé depuis onze mois. Pis, la flambée ne montre aucun signe de faiblesse : les prix ont augmenté au même rythme mensuel qu'en mai (+0,7 %), tandis que ses deux moteurs se sont encore emballés. L'énergie franchit ainsi la barre des 30 % de hausse sur l'année (+33,1 % exactement) et l'alimentation celle des 5 % (à +5,7 % - et même +6,2 % pour les produits frais, un taux multiplié par 3,5 en un seul mois !). Malgré l'inflation galopante, l'Insee signale, dans une autre publication, un rebond, sur mai, de la consommation des ménages en biens (+0,7 % en un mois), après cinq baisses consécutives. Pour autant, les dépenses sont en net retrait par rapport à la même période de 2021 (-3,4 %) et à leur niveau d'avant-crise du coronavirus (-1,8 %, comparativement à février 2020).

Mêmes causes, mêmes conséquences dans l'industrie

L'industrie n'échappe pas à la fièvre inflationniste. En mai, les prix de production sont repartis de l'avant (+0,3 % sur un mois), après un bref répit sur avril (-0,2 %, après révision). L'un dans l'autre, sur un an, ils se maintiennent donc à un niveau de croissance record de +25 %. Encore une fois, cette envolée est exacerbée par l'énergie (+124 % pour les produits pétroliers raffinés destinés au marché français, à leur plus haut niveau depuis au moins 17 ans), laquelle tire vers le haut l'alimentaire (+15,9 %), secteur lui-même soumis aux "répercussions des prix des matières premières, notamment les céréales (...), dans un contexte international très tendu (guerre en Ukraine, grippe aviaire)". Les "autres produits industriels" (chimie, plasturgie, métallurgie, etc.) n'est pas en reste (+18 % au niveau franco-français), mais l'augmentation des prix de production tend à ralentir dans cette catégorie.

Transports, agroalimentaire... la spéculation pointée du doigt

Le boom des prix, à qui la faute ? Depuis plusieurs jours, les esprits s'échauffent autour des "profiteurs de guerre" - expression utilisée par le président de la République lui-même, mardi. Mais Emmanuel Macron ne parlait alors que des marchés mondiaux de l'énergie. Ce matin, le débat s'est déplacé sur un terrain beaucoup plus proche de nous - l'agroalimentaire français, et à l'initiative d'un dirigeant d'entreprise - Michel-Edouard Leclerc. « La moitié des hausses [de prix] demandées [par les industriels] ne sont pas transparentes, elles sont suspectes », a accusé, sur BFMTV, le dirigeant des magasins qui portent son nom. Il demande, en conséquence, l'ouverture d'une « commission d'enquête parlementaire sur les origines de l'inflation », car « l'Ukraine a bon dos », selon lui. Dans son viseur, entre autres, les sociétés de transport international et leurs  «bénéfices par milliards l'année dernière ». Mais Michel-Edouard Leclerc n'épargne pas non plus le gouvernement : il « a fait la bêtise de se précipiter », en demandant la réouverture des négociations commerciales, moins d'un mois après leur clôture annuelle, en mars. Ce qui « a donné une prime à la surenchère » et a abouti à « des hausses d'anticipation, voire de spéculation ».

Double tournée d'aides prolongées

Après des semaines de flottement, le gouvernement passe à l'action. Sans attendre la reprise des travaux parlementaires, deux aides viennent d'être officiellement prolongées, par décret, jusqu'à la fin de l'année : le bonus écologique (mais dans une version finalement resserrée sur les véhicules électriques), ainsi que l'aide à l'embauche d'apprentis (maintenue dans sa forme actuelle sans changement, malgré de récentes, et vives, critiques de la Cour des comptes).

Covid-19 : des barrières en pointillés

Face à la résurgence du Covid-19, il faut (re)penser aux gestes barrières, a demandé le gouvernement, cette semaine. Plus facile à dire qu'à faire dans le milieu professionnel, rétorque, comme en écho, une étude de la Dares (ministère du Travail), publiée hier soir. Parmi les personnes en présentiel au moins une fois en janvier 2021, près de la moitié n'aurait pas été en mesure de respecter convenablement les précautions sanitaires de base. Dont 32 % se disaient même "souvent gênés par les mesures de prévention pour travailler correctement". Ces difficultés concernent surtout la santé, l'enseignement, le commerce, le BTP et l'agriculture. A l'inverse, les télétravailleurs, conducteurs et agents d'entretien ont eu plus de facilités à se protéger. Mais la nature des postes ne fait pas tout. L'employeur a aussi un rôle déterminant à jouer, insiste la Dares : les gestes barrières seraient ainsi mieux suivis là où les salariés ont été le plus consultés sur l’organisation du travail pendant l'épidémie.

Aéronautique : vents porteurs pour Flying Whales

Une bulle d'air pour les ballons dirigeables de Flying Whales. La compagnie de transport de marchandises par zeppelin vient de boucler la troisième levée de fonds de son histoire. De quoi faire décoller une bonne fois pour toutes son projet d'usine en Gironde.
A lire : Flying Whales lève 122 millions d'euros pour ses dirigeables

29 juin

📍 Croissance, inflation : le gouvernement adopte la "positive attitude"

Les espoirs de croissance forte sont bel et bien morts et enterrés pour 2022. Le ministère de l'Economie lui-même n'y croit plus et mise désormais sur une progression du PIB limitée à 2,5 %. C'est 1,5 point de moins qu'espéré. Et pourtant, ce chiffre est « particulièrement rassurant dans un contexte géopolitique difficile, marqué par les confinements en Chine et les difficultés d'approvisionnement en matières premières », assure Bruno Le Maire, dans Les Echos. Même optimisme sur l'inflation : Bercy s'attend à une hausse des prix de 5 % sur l'année, contre au moins 5,5 %, redoutée par l'Insee et la Banque de France. Pour en limiter l'impact, le gouvernement prévoit de mobiliser environ 25 milliards d'euros en mesures pour le pouvoir d'achat (voir ci-après).

Pouvoir d'achat : bonus écologique et remise carburant prolongés

En matière de communication politique, on pourrait appeler ça la stratégie du compte-gouttes. Plus un jour ne passe désormais sans des annonces gouvernementales sur le pouvoir d'achat. Aujourd'hui, c'est le ministre de l'Economie qui s'y est collé. La "remise carburant" de 18 centimes ? Prolongée sur août, elle baissera progressivement « à partir de septembre, pour une fin programmée en décembre », explique-t-il aux Echos... à moins que l'Assemblée nationale n'accepte de la maintenir à son niveau actuel sur cette période. L'hypothétique aide aux travailleurs identifiés comme "gros rouleurs" ? « Complémentaire », elle reste d'actualité, mais son sort dépendra entièrement des débats parlementaires. Une certitude, quand même, apportée par Bruno Le Maire sur CNews : le bonus écologique de 6 000 euros pour l'achat d'un véhicule électrique va être de nouveau reconduit de six mois, jusqu'au 31 décembre. Il devait prendre fin ce vendredi. Le ministre confirme, enfin, le triplement du plafond de la "prime Macron", la simplification des accords d'intéressement et la baisse des impôts de production en 2023.
A (re)lire : Les pistes du gouvernement pour mettre les entreprises à contribution sur le pouvoir d'achat de leurs salariés

Les entreprises vident leurs comptes

Les entreprises commencent à piocher dans leurs réserves. En avril, leur trésorerie a fondu de 4,4 milliards d'euros, soit plus que sur l'ensemble du premier trimestre (-4 Md€), selon la Banque de France. Plus inquiétant encore, leur dette nette s'accroît de 25,9 Md€ sur les quatre premiers mois de 2022 - quasiment autant que sur les douze de 2021 (+27,5 Md€). Au total, cet endettement représente désormais un encours de 1 059,1 milliards d'euros (+2,9 % par rapport à fin décembre). L'institution se veut toutefois rassurante. D'une part, la progression des crédits bancaires sert surtout à alimenter le financement des investissements. D'autre part, il n'y aurait aucune "détérioration marquée" de la situation dans les plus petites entreprises : "La part de celles dont les crédits bancaires sont en hausse et les dépôts en baisse, entre fin mars 2021 et fin mars 2022, est en très légère hausse pour les TPE, à 10 %, et en légère baisse pour les PME, à 8 %", relativise l'étude.

Immobilier : les Maisons Phénix baissent le rideau

Fin de chantiers pour le groupe Geoxia. La maison-mère des célèbres Maisons Phénix vient d'être placée en liquidation judiciaire. Une décision qui touche aussi bien l'Indre-et-Loire que la Sarthe et l'Oise, où l'entreprise avait implanté ses trois usines.

Climat : le big bang européen se précise...

Un pas de plus vers l'interdiction à la vente des voitures thermiques. A la suite du Parlement européen, les Etats membres ont validé, la nuit dernière, l'objectif sous-jacent de zéro émission de CO2 en 2035 pour les véhicules neufs. Une clause de revoyure en 2026 est toutefois ajoutée pour "[évaluer] les progrès réalisés", avec le double souci de tenir compte des "développements technologiques" à venir et de s'assurer "d’une transition économique viable et socialement équitable". Le Conseil européen a choisi, en revanche, de revenir sur le calendrier de la réforme du marché carbone, pour l'allonger et l'aménager. Autre sujet à vifs débats : le "Fonds social pour le climat" sera finalement doté de 59 milliards d'euros. Cette somme vise à compenser la création d'un système de quotas d'émission spécifique aux secteurs du bâtiment et du transport routier. Elle doit permettre de couvrir les surcoûts et investissements de la transition écologique, supportés par les ménages et petites entreprises entre 2026 et 2032. A noter toutefois que, avant que ces mesures entrent en vigueur, députés et Etats européens doivent encore s'entendre pour dénouer leurs derniers points de désaccord.

... l'industrie automobile européenne s'alarme...

L'extinction programmée du véhicule thermique donne des sueurs froides à l'industrie automobile. Quelques heures après le feu vert des Etats membres de l'UE à ce projet (voir ci-dessus), l'Association des constructeurs européens (ACEA) a lancé une double mise en garde sur les "implications majeures" de ces objectifs "extrêmement ambitieux". Elle demande d'abord la sécurisation de leur "accès aux matières premières stratégiques pour la mobilité électrique". Sans quoi "nous serons sous la menace de nouvelles dépendances", avertit son président Oliver Zipse, également à la tête de BMW. Autre point de vigilance, et cheval de bataille de l'ACEA : la nécessité de déployer un réseau de bornes électriques suffisamment dense, à l'échelle européenne. Or, selon l'une de leurs études les plus récentes sur le sujet, deux pays (Pays-Bas et Allemagne) concentrent, aujourd'hui, à eux seuls, près de la moitié des points de recharge de l'UE.

... et le réseau de recharge français se muscle

Et la France dans tout ça ? Elle a franchi "le cap du million de points de charge raccordés au réseau public de distribution d’électricité", s'est félicité, aujourd'hui, le gestionnaire Enedis. Le nombre de branchements recensé en avril a ainsi progressé de 62,3 % en un an. Mais le réseau national présente encore des failles. Ainsi, seuls 6 % des prises sont publiques, c'est-à-dire disponibles sur la voirie (contre 43 % situés dans des entreprises, estime Enedis). Et la répartition géographique reste "inégale", avec une concentration sur l’Ile de France, le Nord, la Gironde et le bassin méditerranéen.

28 juin

📍 Les partenaires sociaux abattent la carte du collectif

Les partenaires sociaux prêts à reprendre la main pour tordre le bras des politiques. Dans une double interview aux Echos, puis sur BFMTV, le président du Medef a lancé un « appel » aux syndicats pour travailler de concert sur « des propositions consensuelles ». Manière, selon lui, de contourner un éventuel blocage de l'Assemblée nationale, où aucun parti ne dispose de la majorité absolue. Cette situation, a poursuivi Geoffrey Roux de Bézieux, « nous oblige presque » à trouver des terrains d'entente, avec les représentants des salariés, sur des sujets d'intérêt commun, tels que la formation professionnelle, le logement et la mobilité (considérés comme des freins à l'emploi), ou encore la sobriété énergétique dans les entreprises. Et de rappeler le succès récent de plusieurs négociations sociales, notamment sur le distanciel et la santé au travail. Comme pour joindre le geste à la parole, cet après-midi, sept organisations syndicales et patronales (CFDT, CFE-CGC, CFTC, FO, CPME, Medef et U2P) se sont justement réjouies, dans un communiqué conjoint, de la conclusion de leur dernier accord national interprofessionnel (ANI) sur le paritarisme. Ce texte tombe à point nommé : il prévoit un dialogue "en continu, avec la définition d’un agenda économique et social" commun et autonome par rapport au pouvoir politique. Et "[réaffirme l']ambition" des signataires "d’une démocratie sociale porteuse de progrès, de performance sociale et économique, et de respect de l’environnement".

Le ralentissement de la croissance, jusqu'où ?

La récession nous pend-elle au nez ? La question obsède désormais les économistes de tout poil. Derniers en date à répondre à cette question, ceux d'Allianz Trade (ex-Euler Hermes). Leur verdict est proche de celui de la Banque de France : la croissance 2022 est sauve (+2,9 % au niveau mondial, +2,5 % en France), mais de plus en plus fragile (prévisions abaissées, respectivement, de 0,4 et 0,5 point en trois mois, après avoir déjà été sévèrement taillées fin mars). Ouf ? Pas vraiment, car le plus dur est à venir : pénalisé par le "resserrement des conditions financières induit par la Banque centrale européenne, une orientation budgétaire moins favorable et une nouvelle compression des salaires réels", le PIB de l'Hexagone n'augmenterait, en 2023, que d'1,5 %. Voire reculerait de 2,5 %, en cas de dégradation de l'inflation (attendue à +5,4 % cette année, puis +3,1 %) et d'embargo européen "complet et désordonné" sur le gaz et le pétrole russes. Une telle mesure pourrait "coûter 1,6 point de pourcentage à la croissance de l'UE", prévient l'assureur-crédit. Autre avertissement : la hausse attendue des taux d'intérêt risque de pénaliser, en premier lieu, la rentabilité des entreprises de la construction et de l'informatique.

La crise de confiance des ménages français

La conjoncture économique n'inquiète pas que les chefs d'entreprise. La confiance des ménages, mesurée par l'Insee, s'enfonce, en juin, à un niveau jamais vu depuis juillet 2013. A 82 (sur 100, en moyenne de long terme), cet indicateur a encore perdu 3 points en juin (6e baisse mensuelle consécutive), et même 21 par rapport à son pic d'il y a un an. La hausse des prix au cours des douze derniers mois est notamment ressentie par une très large proportion des ménages.

Energie : l'éolien monte dans les tours

La nouvelle n'est pas passée inaperçue dans les rangs de la filière éolienne. La réouverture "possible" de la centrale à charbon de Saint-Avold (Moselle) a fait bondir France Energie Eolienne. Pour l'organisation professionnelle, une telle décision aurait sans doute pu être évitée, si l'Etat lui-même ne traînait pas des pieds pour autoriser les projets d'énergies renouvelables qui lui sont soumis.
A (re)lire : La centrale à charbon de Saint-Avold pourrait être relancée cet hiver

Coronavirus : les masques reviennent...

Une première consigne sanitaire pour faire face à ce qui s'apparente à une septième vague de Covid-19. Les Français sont désormais incités à « remettre le masque dans les transports » et dans « les endroits clos, où l'on est en promiscuité trop directe », a indiqué la ministre de la Santé, hier soir, sur RTL. « Je ne fais pas que le recommander, je le demande », a insisté Brigitte Bourguignon. Les contaminations sont reparties à la hausse depuis fin mai. Hier, les deux tiers des départements métropolitains ont franchi la barre des 500 cas pour 100 000 habitants (pour une cote d'alerte fixée à 50). Autrement dit, ils sont 2,5 fois plus nombreux dans ce cas que trois jours plus tôt. Au niveau national, le taux d'incidence frôle désormais les 700.

... le vaccin français arrive

Cocorico, il y aura bien un vaccin français contre le Covid-19 ! A l'issue d'un parcours à rebondissements, la biotech Valneva a obtenu le feu vert de l'Union européenne pour son sérum anti-coronavirus. Il arrivera donc un an et demi après la première injection de Pfizer-BioNTech dans l'Hexagone, et alors que près de 54,5 millions de personnes (plus de 80 % de la population) ont déjà reçu au moins une dose.
A lire : Le vaccin de la biotech nantaise Valneva contre le Covid enfin autorisé en Europe

27 juin

📍 Pouvoir d'achat : les entreprises incitées à soutenir leurs salariés

Les entreprises appelées à mettre la main au porte-monnaie pour soulager celui de leurs salariés. Prime de transport, intéressement... le futur projet de loi sur le pouvoir d'achat prévoit plusieurs mesures de simplification pour donner aux employeurs les moyens d'aider leur personnel à faire face à la flambée du coût de la vie. Au programme : beaucoup d'incitations et très peu d'obligations... sauf quand il s'agit de faire appliquer le Smic aux branches professionnelles les plus récalcitrantes.
A lire : Les pistes du gouvernement pour mettre les entreprises à contribution sur le pouvoir d'achat de leurs salariés

Le transport routier débraye pour les salaires

En attendant la riposte du gouvernement, la question des salaires mobilise de plus en plus salariés et syndicats. Nouvelle démonstration ce lundi, avec une journée d'actions dans les transports routiers, à l'initiative de cinq organisations différentes (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT et FO). Elles exigent "la réouverture sans condition de véritables NAO" (négociations annuelles obligatoires), pour faire face à l'inflation galopante et, insiste Force ouvrière, "sortir l'ensemble [du secteur] du Smic". Plusieurs manifestations ont eu lieu dès ce matin, à travers toute la France. Le transport et la logistique ne sont pas les seuls à porter ce genre de revendications salariales. Ces derniers temps, les mouvements se sont multipliés, que ce soit au niveau de branches d'activité entières (comme l'énergie ou l'aérien) ou d'entreprises en particulier (Cetelem, Marionnaud, TotalEnergies, SNCF...).

Le relatif répit des prix du carburant

Enfin un semblant de bonnes nouvelles à la pompe ! D'abord, les prix de l'essence ont accéléré leur reflux, la semaine dernière : au 24 juin, le litre de sans plomb 95 valait, en moyenne hebdomadaire, 2,0867 euros (-2 % en sept jours) et le SP98 atteignait 2,1485 € (-2,3 %), selon les relevés du ministère de la Transition écologique. De son côté, le gazole a entamé un repli pour la première fois depuis un mois. Il est toutefois plus marqué pour le GNR (à 1,6173 €, -2 %) que pour le diesel (2,1302 €, -0,2 %... soit moins d'1 centime de baisse).

Energie : l'heure de la sobriété a sonné (bis)

C'est une petite musique qui monte de plus en plus : il faut économiser l'énergie sans attendre - pas tant pour sauver l'environnement sur le long terme que pour sauvegarder nos approvisionnements de l'hiver prochain. Après le gouvernement, jeudi dernier, ce message sans ambiguïté est venu, hier, des patrons d'EDF, Engie et TotalEnergies : "Nous appelons à une prise de conscience et à une action collective et individuelle pour que chacun d’entre nous - chaque consommateur, chaque entreprise - change ses comportements et limite immédiatement ses consommations énergétiques, électriques, gazières et de produits pétroliers", lancent de concert Jean-Bernard Lévy, Catherine MacGregor et Patrick Pouyanné, dans une tribune au Journal du dimanche. Cette "sobriété d’exception" doit s'accompagner d'"un grand programme d’efficacité énergétique et une chasse au gaspillage nationale. L’effort doit être immédiat, collectif et massif", insistent encore les trois dirigeants.
A lire, sur le même sujet : Face à la crise russo-ukrainienne, la centrale à charbon de Saint-Avold pourrait être relancée cet hiver

La valse hésitation du chômage

Le chômage repart en marche arrière. En mai, la France (hors Mayotte) comptait 3,15 millions de personnes inscrites à Pôle emploi sans aucune activité (-0,8 % en un mois), selon la Dares (ministère du Travail). De quoi effacer la légère remontée d'avril 2022 (+0,3 %), et faire tomber le nombre de chômeurs de catégorie A au plus bas depuis avril aussi, mais de 2012. Dans le même temps, les effectifs des demandeurs d'emploi en activité réduite (catégories B et C), eux, se stabilisent (+0,06 %), après trois mois consécutifs de baisse.

24 juin

📍 Alerte rouge sur l'inflation, feu vert pour l'emploi

L'enlisement de l'économie française se confirme de jour en jour. La croissance devrait bel et bien se limiter à +2,3 % cette année, confirme l'Insee, deux jours après une prévision similaire de la Banque de France. Un chiffre solide mais en trompe-l'oeil : au dernier trimestre 2022, le PIB ne devrait, en fait, dépasser son niveau de fin 2021 que de 0,6 %. L'inflation, elle, pourrait s'établir à +5,5 % en moyenne annuelle... mais avec des pics à +5,9 % en juin (0,5 point de plus que prévu il y a seulement un mois) et même "entre 6,5 % et 7 % en fin d’année" ! La bonne nouvelle est, encore une fois, à chercher du côté de l'emploi : 201 000 postes salariés devraient être créés en 2022 et le taux de chômage pourrait tomber à 7 % (-0,4 point sur un an).

Inflation, salaires : les patrons font les comptes

Les chefs d'entreprise ont aussi leur avis sur l'évolution de l'économie. Voilà qui tombe bien : face à l'ampleur de la hausse des prix et son impact sur les entreprises, la Banque de France a enrichi sa batterie statistique d'un nouvel indicateur, consacré aux anticipations d'inflation des patrons. Résultat, les 1 700 dirigeants interrogés du 27 mai au 8 juin s'attendent à ce que la flambée actuelle dure au moins un an, à hauteur de +5 %. Quid des salaires ? Ils augmenteront aussi, assurent les chefs d'entreprise... mais pas aussi vite. Ils pensent en effet revaloriser de 3 % la rémunération brute de leur personnel d'ici un an. Un chiffre médian, en progression de 0,6 point par rapport à fin 2021, lorsqu'ils avaient été interrogés pour la première fois à ce sujet.

Les retards de paiement sous contrôle

La catastrophe annoncée n'a (presque) pas eu lieu. En dépit de la crise du coronavirus, les délais de paiement interentreprises se sont plutôt bien tenus en 2020, selon l'observatoire qui les surveille. Mais ce résultat étonnant est surtout à mettre à l'actif des PME. Car les sociétés de plus grande taille n'ont (encore) fait aucun effort pour régler leurs factures en temps et en heure, déplore l'organisme public.
A (re)lire : Les délais de paiement des entreprises se sont améliorés en 2021

Le Covid-19 sur le retour, le passe sanitaire aussi ?

Enfin un projet de loi qui se précise ! Alors que le flou demeure sur les plans du gouvernemnt pour le pouvoir d'achat et les énergies renouvelables, le texte sur le Covid-19, également attendu pour cet été, a, lui, été éventé par le site Atlantico. Selon une capture d'écran de la version envoyée au Conseil d'Etat, le document ouvre la voie à un retour du passe sanitaire. Censé expirer au 31 juillet, il serait finalement activable à tout moment par le gouvernement jusqu'au 31 mars 2023. Cette réintroduction du QR code serait toutefois limitée aux voyageurs vers ou depuis la France, ainsi qu'"aux personnels intervenant dans les services de transport concernés". L'exécutif devait présenter ce projet de loi à la presse mercredi, mais le résultat des législatives a bousculé l'agenda gouvernemental. Pendant ce temps-là, l'épidémie, elle, progresse : au dernier relevé, en date du 20 juin, le taux d'incidence national est repassé au-dessus des 500 cas par semaine pour 100 000 habitants, une première depuis le 2 mai. Au niveau local, 26 départements ont franchi ce cap (11 de plus en 24 heures), selon Covidtracker.

Données ESG : bientôt la fin de la récré

Les entreprises priées de remettre de l'ordre dans leurs données extra-financières. L'Union européenne devrait adopter, la semaine prochaine, de nouvelles obligations pour mieux encadrer la publication de leurs performances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). Des contraintes qui seront par ailleurs élargies à certaines PME et ETI.

23 juin

📍 Avis de tempête sur l'industrie

Le vent serait-il en train de tourner pour l'économie française ? Après avoir résisté en mai, elle commence à montrer de sérieux signes de faiblesse en juin, à en croire S&P Global. Plus alarmiste que l'Insee (voir ci-dessous), le cabinet s'inquiète ouvertement de "risques tangibles de récession" pour le pays. Et pour cause : son indice PMI, résultat d'une enquête menée auprès des directeurs d'achat du 13 au 21 juin, a reculé de plus de 4 points en un mois. Il retombe ainsi à son niveau de janvier, soit au moment de la cinquième vague de Covid-19. En d'autres termes, "la croissance du secteur privé français a fortement marqué le pas". Pis, la production manufacturière serait en train de subir sa première contraction depuis octobre. Et pas qu'un peu : l'indicateur qui la mesure redescend à son niveau de mai 2020, à la sortie du tout premier confinement ! Les racines du marasme sont bien connues : "la très forte inflation", "l’affaiblissement de la demande", "le maintien des difficultés d’approvisionnement"... mais aussi, et c'est nouveau, "l’incertitude politique", née des élections législatives.

La fébrilité gagne les chefs d'entreprise

L'activité vacille, dit S&P Global, les patrons s'inquiètent, confirme l'Insee. Le climat des affaires est reparti à la baisse en juin (-1,5 point en un mois), alors qu'il s'était stabilisé entre avril et mai. Le record d'optimisme, enregistré il y a tout juste un an, est désormais un lointain souvenir : entre les mois de juin 2021 et 2022, la confiance affichée par les dirigeants a fondu de 9,2 points. Ce mois-ci, c'est dans le commerce de détail (hors automobile) que la chute est la plus violente (-6,2 points par rapport à mai, au plus bas depuis le dernier confinement, en avril 2021).

Apprentissage : le revers de la médaille

Oui, l'apprentissage connaît un succès prodigeux. Mais il s'avère aussi ô combien dispendieux, avertit la Cour des comptes, dans un rapport dédié, aux allures de recadrage en règle du gouvernement. L'institution y critique aussi bien sa réforme de 2018, non-financée, que ses aides aux entreprises, trop généreuses.

Energie : l'heure de la sobriété a sonné

Et si, finalement, consommer moins, c'était mieux ? Le gouvernement s'est définitivement converti à l'idée aujourd'hui - tout du moins en ce qui concerne l'énergie. Agnès Pannier-Runacher a annoncé, cet après-midi, la mise en place d'actions pour plus de sobriété en la matière, au niveau de l'Etat, mais aussi des entreprises. La ministre de la Transition énergétique entend ainsi « travailler » avec elles sur des mesures concrètes, à engager dès l'automne, avec un objectif de diminution de 10 % en deux ans de leurs besoins en énergie. Les partenaires sociaux vont également être mobilisés et sensibilisés à cet enjeu nouveau. « Réduire notre consommation de gaz, d'électricité et de carburant est l'un des leviers très important de la décarbonation, s'est justifié Agnès Pannier-Runacher. C'est également, dans le contexte de la guerre en Ukraine, une nécessité et une urgence immédiate ». A ses côtés, la Première ministre Elisabeth Borne a, pour sa part, confirmé la prolongation du bouclier tarifaire sur le gaz jusqu'à la fin de l'année et la préparation d'un projet de loi sur les énergies renouvelables.

Le feuilleton des réformes de l'été

Les grands projets de loi de l'été restent d'actualité. Dans sa première prise de parole depuis les élections législatives, le président de la République Emmanuel Macron a confirmé, hier soir, vouloir faire adopter par l'Assemblée nationale « une loi pour le pouvoir d'achat et pour que le travail paye mieux, des premières décisions pour aller vers le plein-emploi, des choix forts sur l'énergie et le climat, des mesures d'urgence pour notre santé, qu'il s'agisse de notre hôpital ou de l'épidémie ». Oui, mais comment faire avec une majorité relative dans l'hémicycle ? Sur ce point, il renvoie la balle aux groupes politiques, sommés de clarifier leur position, avec deux possibilités, soit « entrer dans une coalition de gouvernement et d'action », soit « s'engager à voter simplement certains textes [ou] notre budget ». Un travail de négociation et de coordination qui prendra du temps, a précisé, ce matin, sur France Info, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire : « On parle de plusieurs jours, peut-être même de plusieurs semaines. »

Voile : le JDE à la mer

Vous le savez, Le Journal des Entreprises n'a jamais hésité à mouiller le maillot pour les dirigeants. Eh bien, cette fois, on se jette carrément à l'eau avec l'un d'entre eux, Frédéric Duthil. Le patron de Technique Voile, également skipper, s'alignera au départ de la 53e Solitaire du Figaro sous les couleurs de notre média. Cela méritait bien une petite explication, et une présentation de "notre" navigateur !
A lire : « Je suis passé de la voile à l'entreprise de manière très naturelle »

22 juin

📍 La perte de vitesse de l'économie française s'accélère

Par les temps qui courent, les prévisions de croissance ont tendance à fondre comme neige au soleil. Dernière preuve en date, les nouvelles projections économiques de la Banque de France. L'institution y a sérieusement revu (à la baisse) ses attentes sur l'activité, et (à la hausse) ses craintes sur l'inflation, pour 2022, et au-delà. En cause : les conséquences de plus en plus profondes de la guerre en Ukraine sur l'Hexagone.

Et pourtant, les embauches restent au firmament

La forme olympique des recrutements ne se dément décidément pas. En mai, l'Urssaf a enregistré, hors intérim, quelque 843 918 déclarations d'embauche de plus d'un mois (+3,7 % par rapport à avril). Le précédent pic, établi en juin 2021, est donc largement battu. Mieux, cette performance est due à la santé étincelante des CDI : ils signent un nouveau record historique pour la quatrième fois consécutive, avec 435 717 embauches relevées (+2,8 %) ! Les CDD longs ne sont pas en reste (+4,6 %). Ils se rapprochent ainsi des sommets atteints il y a un an. A noter que, dans l'industrie, la crise du Covid-19 n'a pas (encore ?) provoqué le réveil espéré : certes, les recrutements progressent en mai (+8,7 % par rapport à février 2020), mais les effectifs restent rabougris (-1,4 % au premier trimestre, comparé au dernier de 2019).

Commerce : des soldes d'été plus transparents

C'est parti pour l'été 2022 et pour les soldes qui vont avec. La période de rabais dans les magasins s'étendra jusqu'au 19 juillet en France métropolitaine (à l'exception des Alpes-Maritimes et de la Corse, où le coup d'envoi est décalé, respectivement, au 6 et 13 juillet). La valse des étiquettes n'aura jamais aussi bien porté son nom que cette année : depuis le 28 mai, en effet, le Code de la consommation prévoit que "toute annonce d’une réduction de prix indique le prix antérieur pratiqué par le professionnel avant l’application de [ladite] réduction". Concrètement, les commerçants sont donc désormais tenus de mentionner le tarif le plus bas affiché au cours des trente jours précédents. Cette nouvelle règle ne concerne cependant pas "les produits périssables menacés d’une altération rapide".

Agriculture : "flash" sur les orages

Le gouvernement refait le coup de la "mission flash". Le concept, récemment inauguré pour désamorcer la crise des urgences hospitalières, vient d'être repris par le ministre de l'Agriculture. Devant la multiplication des intempéries, depuis fin mai, et leurs effets désastreux sur les plantations françaises, Marc Fesneau donne deux semaines à son administration pour "évaluer précisément les dégâts". Il attend également de ce travail express des propositions "pour mieux adapter les outils actuels et futurs aux besoins des agriculteurs, face à ces phénomènes climatiques intenses". Les orages ont encore violemment frappé le Sud-Ouest du pays ces derniers jours. Or, les précédents épisodes des 20-23 mai et 2-5 juin auraient débouché sur 351 000 sinistres, pour 1,26 milliard d'euros de dégâts, selon les estimations de la fédération des assurances, France Assureurs.

Environnement : l'UE enfonce le clou

L'UE élargit encore son arsenal climatique. Treize jours après avoir acté l'interdiction à la vente des véhicules thermiques neufs, le Parlement européen a validé, cet après-midi, deux autres projets-phares de Bruxelles : la création d'une taxe carbone aux frontières et la disparition des quotas gratuits d'émission de gaz à effet de serre. Ces textes doivent permettre de réduire de 55 % les rejets de l'Union européenne d’ici à 2030 (par rapport à 1990), mais ils ne seront pas sans conséquence pour les entreprises.

21 juin

📍 Le temps suspendu des réformes ?

Quel gouvernement ? pour faire quoi ? comment ? et avec quel soutien au Parlement ? Avant d'avoir la réponse à toutes ces questions, il va falloir prendre son mal en patience. Dans l'immédiat, l'heure est aux consultations tous azimuts : le président de la République Emmanuel Macron reçoit, depuis aujourd'hui et jusqu'à demain, les principales forces politiques du pays (avant de quitter la France pour une série de rendez-vous internationaux) ; la chef du gouvernement, elle, a rassemblé tous ses ministres à Matignon, dans l'après-midi. Elisabeth Borne est « au travail, cette semaine et la prochaine », a insisté la porte-parole Olivia Grégoire, à la sortie de cette réunion. Et d'énumérer les sujets que l'exécutif veut faire avancer rapidement : prolongation de l'aide à l'embauche des apprentis, « bonus écologique » et soutien à la pêche. Point. Pas un mot, donc, sur les grands projets de loi promis avant les élections législatives, que ce soit sur le pouvoir d'achat, les énergies renouvelables et la lutte contre le Covid-19. Autant de chantiers qui s'annoncent beaucoup moins consensuels, pour ne pas dire bien plus explosifs pour la majorité présidentielle.

Les mauvais comptes du fonds de solidarité

Le fonds de solidarité, véritable nid d'escrocs ? Le fisc affirme en tout cas avoir déposé, en 2021, pas moins de 2 542 plaintes pour des fraudes à ce dispositif-phare de la crise du Covid-19. A eux seuls, ces signalements représentent 61 % de l'ensemble des dossiers transmis à la justice, l'an dernier, par la direction générale des Finances publiques ! Ils sont ainsi à l'origine du boom des procédures pénales entreprises par la DGFIP (+128,3 % par rapport à 2019). Le fisc revendique, par ailleurs, avoir, en amont, "[écarté] plus de 2,5 millions de demandes infondées et [évité] le versement indu de plus de 10 milliards d’euros, complétés par 74 000 dossiers identifiés par les contrôles a posteriori". Des chiffres à comparer aux près de 4,5 millions de dossiers traités et plus de 24 Md€ versés au total par l'administration sur cette période.

Les dernières traces du "quoi qu'il en coûte"

Officiellement, le "quoi qu'il en coûte" est terminé. Mais le fisc n'en a pas moins continué à distribuer de l'argent public, l'an dernier, aux sociétés fragilisées par le Covid-19. Ainsi, l'aide sur les coûts fixes a octroyé 1,77 milliard d'euros à 4 520 entreprises (sur 18 300 dossiers traités), indique le bilan annuel de la DGFIP, paru aujourd'hui. Quant aux actions dites "de sortie de crise", elles se sont traduites par l'accompagnement direct de 3 966 entreprises, plus de 68 000 autres bénéficiant, par ailleurs, de "mesures de bienveillance" (délais de paiement, par exemple). Le tout pour un effort total de 25,7 milliards d'euro, assure Bercy.

Contre les difficultés de recrutement, l'option ukrainienne

Les réfugiés ukrainiens, solution aux difficultés de recrutement des entreprises françaises ? Et pourquoi pas, répond la Banque centrale européenne. Elle estime que, parmi ces migrants en âge de travailler, 25 à 55 % finiront, à moyen terme, par se retrouver sur le marché du travail des pays de la zone euro. D'où une augmentation de la population active de 0,2 à 0,8 %, équivalente à un renfort de 0,3 à 1,3 million de travailleurs. Cet afflux pourrait, par conséquent, contribuer "à répondre à la vive demande actuelle de travail et à l'aggravation des pénuries de compétences". Mais la BCE reconnaît aussi que l'intégration professionnelle des Ukrainiens se heurte à de nombreux obstacles, comme la barrière de la langue, la reconnaissance des diplômes, ou encore l'inadéquation entre leur profil et les besoins effectifs des pays hôtes.
A (re)lire, le témoignage de Dominique Lamballe, dirigeant de FenêtréA : « J'ai recruté trois salariées ukrainiennes »

Ces employeurs prêts à relever le défi de l'inclusion

Les entreprises françaises n'ont pas attendu la BCE pour recruter des réfugiés. Mais certaines veulent aller, aujourd'hui, encore plus loin. Une quarantaine d'entre elles ont ainsi récemment signé une charte, par laquelle elles s'engagent à lever les freins à l'inclusion de ces travailleurs étrangers - dans leur propre entreprise, et au-delà.

Football : Lyon prêt à rugir en américain

Les investisseurs étrangers retrouvent de l'appétit pour le football français. L'Olympique lyonnais, le club de l'emblématique Jean-Michel Aulas, est en passe de tomber aux mains de l'Oncle Sam.
A lire : L’Olympique lyonnais va être racheté par l’Américain John Textor

La fuite en avant de l'inflation européenne

L'inflation a repris sa marche en avant dans la zone euro. Après avoir fait une pause en avril (+7,4 %, comme en mars), son taux annuel a établi un nouveau record historique en mai (+8,1 %... 4 fois plus qu'il y a un an), selon Eurostat. Avec Malte, la France connaît la flambée la plus faible des 19 pays de la région (+5,8 %, chiffre supérieur à celui de l'Insee, en raison d'un mode de calcul différent).

L'aérien entrevoit le bout du tunnel

"Le temps est à l'optimisme" dans le ciel mondial. En 2022, la demande pour les voyages en avion devrait bondir de 97,6 % sur un an, pour revenir à près de 83 % de son niveau d'avant-coronavirus, selon l'Association internationale du transport aérien. L'Iata mise désormais sur un net rebond de tous les indicateurs du secteur cette année, du chiffre d'affaires (+54,5 % par rapport à 2021) à l'emploi (+4,3 %, mais gare aux délais de recrutement et de formation qui pourraient gêner la reprise). Pour autant, les compagnies devraient encore subir des pertes cumulées de 9,7 milliards de dollars (9,2 Md€), après quasiment -180 Md$ sur 2020-2021 (170 Md€). Mais "la rentabilité semble à portée de main pour 2023", assure l'Iata. Pas de problème, en revanche, pour le fret aérien : il pourrait transporter 68 millions de tonnes en 2022 (ce qui serait un record absolu) et enregistrer un CA de 191 Md$ (180,5 md€, soit près du double de celui de 2019).

20 juin

📍 Législatives : victoire très relative du camp présidentiel

L'Assemblée nationale façon puzzle. A l'issue du second tour des élections législatives, la coalition présidentielle Ensemble ! a obtenu 245 députés, selon le décompte final du ministère de l'Intérieur. Emmanuel Macron devra donc gouverner sans majorité absolue (il lui aurait fallu 44 élus de plus pour l'atteindre), et avec une opposition renforcée : le Rassemblement national signe une performance historique (89 sièges, 11 fois plus qu'en 2017) et la gauche son retour en force (131 députés labellisés Nupes, environ le double d'il y a cinq ans, lorsque ses composantes étaient dispersées). Les Républicains apparaissent en retrait (61 élus), mais pourraient peser politiquement dans cet hémicycle éclaté. A noter, enfin, que les 577 députés désignés hier ne représentent que la moitié du pays, puisque plus d'un électeur sur deux n'a pas pris part au vote (53,77 % d'abstenton)
Enfin, conséquence de ces résultats, le gouvernement d'Elisabeth Borne, nommé un mois jour pour jour, va déjà devoir être remanié, en raison des défaites électorales subies par Brigitte Bourguignon (Santé), Amélie de Montchalin (Transition écologique) et Justine Benin (Mer). La première a déjà confirmé son départ sur Twitter.

Les prix du carburant au plus haut

Pendant ce temps-là, pas de répit à la pompe, mais une dynamique légèrement différente entre le gazole et l'essence. Le premier poursuit sa folle ascension pour se rapprocher un peu plus de ses records historiques de début mars. Ainsi, au 17 juin, le litre de diesel coûtait 2,1345 euros, en moyenne, la semaine dernière (+6 centimes en sept jours, soit +3,1 %), selon les relevés du ministère de la Transition écologique. A 1,6512 €, le GNR, lui, a pris 4 centimes de plus (+2,8 %). Pour sa part, le sans plomb se stabilise à haut niveau : le SP95 s'affichait à 2,129 € (-0,09 %), le SP98 à 2,192 € (-0,3 %)... soit, dans les deux cas, une baisse inférieure à 1 centime - autant dire imperceptible.

L'inflation compensée dans l'agriculture

Peu importe le résultat des élections législatives, le plan de résilience, lui, continue à faire son bonhomme de chemin. Les entreprises de l'agriculture et de la pêche viennent ainsi d'obtenir 150 millions d'euros de compensation pour les surcoûts engendrés par la crise russo-ukrainienne.

Les défaillances d'entreprise sous contrôle

Une vaguelette, mais certainement pas un raz-de-marée. La remontée des défaillances d'entreprise s'est poursuivie sur un petit rythme en mai : la Banque de France en a compté 2 949, soit le volume mensuel le plus faible de l'année. Pour autant, sur les douze derniers mois, elle a dénombré 32 109 procédures (+9,2 % par rapport à la période précédente), soit, cette fois, le cumul le plus élevé depuis novembre 2020. Le secteur des "transports et entreposage" enregistre le rebond le plus marqué en un an (+29,2 %). Un mauvais résultat qui fait écho à la dégringolade des créations d'entreprise dans ce même domaine, preuve supplémentaire de ses difficultés du moment.

Le marché de la cyberassurance en pleines turbulences

C'est ce qui s'appelle se tirer une balle dans le pied. Certains grands groupes ont cessé de s'assurer contre le risque cyber en 2021, et les ETI pourraient leur emboîter le pas dès cette année, s'alarme une enquête de l'Amrae. Mais l'association du management des risques de l’entreprise ne leur jettent pas la pierre. Elle accuse plutôt les assureurs eux-mêmes d'avoir provoqué une "crise de confiance" aux dangereuses conséquences.
A lire : De plus en plus exposées au risque cyber, les entreprises s’assurent de moins en moins

Santé : la tech met la pression sur l'Etat

L'initiative sonne comme un rappel à l'ordre et aux promesses passées. France Biotech lance une "task force" pour fédérer les entreprises innovantes, dans le domaine des technologies de la rééducation et de l'autonomie des patients. Objectif assumé : obtenir "au plus vite" une meilleure prise en charge de ces équipements par les pouvoirs publics.

17 juin

📍 Gaz russe : premier avertissement pour l'hiver prochain

Cette fois, il y a (vraiment) de l'eau dans le gaz. Ou, plutôt : il n'y a plus de gaz (russe) dans les tuyaux. Depuis mercredi, le gestionnaire du réseau français a "constaté" que plus rien n'arrivait en provenance d'Allemagne, pays de transit de la précieuse ressource aux mains de Vladimir Poutine. Pas de panique, pour GRTgaz, mais l'entreprise prépare déjà les esprits à une perturbation des approvisionnements l'hiver prochain, notamment pour les entreprises. Cette rupture des livraisons n'est pas complètement surprenante : depuis plusieurs jours, Moscou a commencé à fermer les robinets à de nouveaux pays européens, Italie et Allemagne en tête. Une politique plus ou moins assumée, qui avait démarré le 27 avril.

Canicule : gare à la fournaise jusqu'à demain !

Le pic de la canicule est arrivé. Quatorze départements* sont placés en vigilance rouge, jusqu'à demain après-midi au moins, en raison des températures anormalement élevées attendus à partir de cet après-midi. Le ministère de la Santé rappelle, entre autres consignes, que ce niveau d'alerte impose des "mesures de restrictions d’activités aux heures les plus chaudes de la journée, ainsi que l’aménagement des horaires (...) hors de ces périodes", ou encore "la facilitation de l’accès aux espaces rafraîchis (...) ou à des points d’eau ou de rafraîchissement". Un numéro vert est mis en place, en cas de besoin ou de questions : le 0800 06 66 66 (ouvert de 9h à 19h). A noter que cette vague de chaleur devrait s'accentuer demain "sur l'axe Sud-Aquitaine, Poitou-Charentes, Vendée", prévient Météo France.
* Tarn, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques, Gers, Tarn-et-Garonne, Lot-et-Garonne, Landes, Gironde, Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vienne et Vendée.

Coup de mou pour les créations d'entreprise

La fièvre de l'entrepreneuriat est en train de retomber. Les créations d'entreprise ont lourdement chuté en mai, selon l'Insee. Et aucun secteur n'échappe à cette tendance, surtout pas le commerce et l'hébergement-restauration, en pleine dégringolade.

Coup de pouce à la prime d'activité

Vers une revalorisation des prestations sociales plus large qu'annoncé. Selon Les Echos, le gouvernement compte intégrer à son futur projet de loi sur le pouvoir d'achat une augmentation de 4 % de la prime d'activité. La hausse de cette aide, réservée aux travailleurs modestes, serait applicable à partir de juillet. Toutes les allocations et autres minima, censés être révisés au cours de l'été, le seront à ce même taux de +4 %, signale le quotidien. Idem pour les pensions de retraite, comme l'a déjà indiqué la Première ministre Elisabeth Borne, au début du mois.

Tech, énergies : Emmanuel Macron veut aller plus vite

Toujours plus. En visite au salon VivaTech, à Paris, cet après-midi, Emmanuel Macron a fixé de nouveaux objectifs aux entreprises innovantes françaises, en plus de ceux déjà établis par son ministre de l'Economie, deux jours plus tôt. Au programme : développer « 10 géants de la tech » en cinq ans (un temps plus court donc que celui accordé par Bruno Le Maire, mercredi), mais aussi « monter le nombre de nos licornes (start-up valorisées à plus d'1 milliard de dollars, NDLR) à au moins 100 à l'horizon 2030 » (contre 27 actuellement), dont un quart devront être impliquées « dans les technologies vertes et émergentes ». Le président de la République est également revenu sur sa future loi sur les projets d'énergies renouvelables, prévue cet été. Avec ce texte, il veut appliquer la même recette qu'avec les Jeux olympiques 2024 en Seine-Saint-Denis. A savoir une « loi d'urgence » qui «supprime tous les délais, les recours (...). Ca va râler, mais il faut le faire », a tranché Emmanuel Macron, car « beaucoup de choses sont trop lentes, à mes yeux, dans notre pays ».

Syndicats : Laurent Berger repart pour un tour

L'issue du scrutin était beaucoup plus prévisible que celle des législatives de dimanche. Hier soir, à l'occasion de son congrès confédéral, organisé à Lyon, la CFDT a largement réélu Laurent Berger à sa tête (avec 96,68 % des voix). Le secrétaire général sortant était le seul candidat.

Marchés publics : l'Europe prête à défendre ses entreprises

L'UE se dote d'une nouvelle arme pour rééquilibrer les règles du jeu commercial. Le Conseil européen a validé, aujourd'hui, un mécanisme de "réciprocité dans l'accès aux marchés publics internationaux". Autrement dit, Bruxelles va pouvoir enquêter sur les restrictions imposées par des pays étrangers (comme la Chine) aux entreprises européennes, intéressées par leurs appels d'offre. En cas de barrières à l'entrée injustifiées, l'UE pourra exiger leur levée, puis riposter par une "limitation d'accès" de ses propres marchés aux ressortissants de l'Etat indélicat. Cet outil de réciprocité devrait entrer en vigueur d'ici deux mois.

RH : la semaine de 4 jours à l'épreuve des faits

Vous avez trouvé cette semaine un peu longuette ? Normal, il n'y avait pas de jour férié à se mettre sous la dent pour la raccourcir un peu - eh oui, on s'habitue vite à ne travailler que 4 jours ! Cette réflexion-là n'est plus l'apanage des salariés. Certains employeurs la mènent désormais dans leur entreprise. Exemples en Bretagne, où nos quatre rédactions locales ont mené l'enquête auprès de ceux qui ont décidé de se lancer dans cette nouvelle organisation du travail.
A lire : La semaine de quatre jours stimule les entreprises

16 juin

📍 Les ETI soufflent le chaud et le froid

Même pas peur ! Malgré le contexte international, les patrons d'ETI s'attendent, en majorité, à améliorer leur chiffre d'affaires cette année, selon le dernier baromètre de Bpifrance Le Lab. Mais à y regarder de plus près, la fébrilité commence à poindre au sein de ces entreprises de taille intermédiaire. D'autant que les difficultés finissent aussi par s'accumuler chez elles.

L'entretien d'embauche, les yeux fermés

Au rang des problèmes rencontrés par les ETI figurent, en première place, les difficultés de recrutement. Et si, pour les régler, il suffisait de fermer les yeux sur ses embauches ?! Une idée loin d'être aussi saugrenue qu'il n'y paraît. Demandez à Ludovic Favray : ce patron morbihannais vient d'expérimenter les entretiens à l'aveugle !
A lire : « Mon concept The Job prouve que le recrutement à l’aveugle fonctionne »

La décarbonation made in France

Et si la montagne de la décarbonation accouchait d'un clic de souris ? C'est le pari que fait la filière de l'énergie : elle vient de lancer une plate-forme de mise en relation entre apporteurs de solutions et usines en transition. Avec la volonté de faire coup double : accélérer la réduction des émissions de CO2 et trouver des débouchés aux acteurs français de ce marché.
A lire : Les industriels incités à choisir des solutions françaises pour leur décarbonation

L'automobile broie toujours du noir

Le marché automobile européen aussi déprimé que le français. En mai, les ventes de véhicules particuliers ont enregistré un repli de 11,2 % en un an, dans l'UE, soit leur 11e baisse consécutive. Avec 791 546 voitures écoulées, les immatriculations s'affichent même en retrait de 35 % par rapport à mai 2019. Les groupes français sont parmi les principales victimes de cette contraction, mais Stellantis (-14,6 %) souffre davantage que Renault (-10,3 %, malgré une croissance de 9,4 % pour la marque Dacia).
A lire : Pour tenir la route, la filière automobile de la Grande Région veut jouer la carte européenne

Energie : l'Europe se tourne vers le Proche-Orient

Deux nouveaux alliés pour l'Europe dans sa bataille du gaz contre Moscou. Après s'être assurée un approvisionnement renforcé auprès des Etats-Unis, l'UE vient de conclure un "protocole d'accord trilatéral" pour en faire de même avec Israël et l'Egypte. L'idée est que le premier de ces deux Etats exporte davantage de gaz via le second, lequel les transformera en GNL avant de les envoyer vers le Vieux-Continent. Cette démarche s'inscrit ouvertement dans la volonté de Bruxelles de « mettre fin à notre dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles russes et de nous (...) [doter] de fournisseurs supplémentaires dignes de confiance », a assumé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, en visite dans la région, ces deux derniers jours. Pendant ce temps-là, la Russie continue, elle, de baisser, au coup par coup, ses livraisons de gaz à certains pays de l'UE.

15 juin

📍 L'économie encaisse les chocs sans broncher

Jusqu'ici, tout va bien. En dépit d'un contexte international lourd et volatil, l'économie française est restée plutôt bien orientée en mai, ce qui augure d'une croissance un peu plus solide que prévu, selon la Banque de France. Autrement dit, et pour utiliser une expression à la mode, volontiers reprise par l'institution : "A ce stade, l’activité fait preuve de résilience". Et pour cause : les difficultés d'approvisionnement semblent se détendre. Au contraire des problèmes de recrutement, toujours aussi aigus.

L'énergie et l'alimentaire, moteurs de l'inflation

Pas de miracle sur le front de l'inflation. Elle a bel et bien atteint +5,2 % sur un an au mois de mai, confirme l'Insee, du jamais-vu depuis septembre 1985. Et encore, ce taux aurait pu être pire, puisque l'évolution sur un mois a été légèrement revue à la hausse (+0,7 %, soit 0,1 point supplémentaire). Les prix accélèrent leur fuite en avant dans toutes les catégories de produits, de l'énergie (+1,6 % depuis avril, portée par les produits pétroliers) à l'alimentation (+1 %, avec un boom des huiles, de la viande et du café), en passant par les services et les biens manufacturés (+0,5 % chacun). Après avoir enregistré les augmentations les plus fortes d'avril, les produits frais (-1,4 %) et les transports (-0,8 %) sont les seuls à reculer, avec la santé.

Un double cap pour la tech française

Après la course aux licornes, le temps est venu de la chasse aux "décacornes". Comprendre : les entreprises valorisées à plus de 10 milliards de dollars (ou d'euros). C'est ce genre de géants que le ministre de l'Economie veut voir émerger en France avant la fin de la décennie. Bruno Le Maire a partagé cette ambition, aujourd'hui, avec les start-up tricolores, réunies au salon VivaTech de Paris. L'occasion de leur fixer deux objectifs. Et de formuler aussi quelques promesses, en pleine campagne électorale.

La révolution du métavers est en marche

Vous feriez mieux de prendre le métavers au sérieux. Le conseil provient du cabinet McKinsey, à l'origine d'une étude dédiée à ce nouvel univers hybride, mêlant monde physique et environnement numérique. Pour justifier leur enthousiasme, les auteurs avancent un chiffre : au niveau planétaire, le métavers "pourrait générer jusqu'à 5 000 milliards de dollars (4 800 Md€, NDLR) de retombées en 2030, l'équivalent de la taille de la troisième économie mondiale, le Japon". A lui seul, le commerce en ligne capterait près de la moitié de cette manne (2 000 à 2 600 Md$). Simple lubie du moment ? Non, insiste l'étude, car ce marché est déjà en train d'éclore : en cinq mois, sur 2022, McKinsey a compté 120 Md$ (115 Md€) d'investissements dans cette technologie, soit plus du double que le montant engagé l'an dernier (57 Md$).
A lire, sur le même sujet, l'interview Ridouan Abagri : « Toutes les entreprises seront dans le métavers »

La relance des émissions de gaz à effet de serre

Qui dit reprise de l'économie, dit rebond de la pollution. En 2021, année de forte croissance du PIB (+6,8 %), les émissions de gaz à effet de serre de la France sont, elles aussi, reparties de l'avant. Et quasiment dans les mêmes proportions : +6,4 % en un an, pour un total de 418,2 millions de tonnes équivalent CO2, selon le Citepa, centre chargé de ces mesures pour le compte du ministère de la Transition écologique. Mais comme la crise du Covid-19 a provoqué une contraction artificielle en 2020, "la tendance à la baisse des émissions se poursuit", juge l'organisation. Elle en veut pour preuve que les rejets ont décliné de 3,8 % par rapport à 2019, soit avant la crise du coronavirus.

La transition énergétique dans les starting-blocks

Entre la fin du mois et la fin du monde justement, le gouvernement ne choisira pas. En plus de son texte sur le pouvoir d'achat, l'exécutif présentera bien, cet été, "une loi d'urgence pour donner un nouveau coup d’accélérateur au déploiement des énergies renouvelables", a confirmé Agnès Pannier-Runacher, sur Twitter. Son contenu reste inconnu, mais cette initiative "est indispensable pour atteindre nos objectifs. Ils passeront notamment par la construction de 50 parcs éoliens en mer et la multiplication par 10 de notre puissance solaire", a simplement expliqué la ministre de la Transition énergétique à la presse. Elle ne fait que reprendre, en la matière, le cap fixé par le président de la République en février dernier.

14 juin

📍 Canicule : prenez vos précautions !

C'est désormais une certitude : cette semaine sera chaude, et pas seulement pour cause d'élections législatives serrées... Météo France met en garde contre une "vague de chaleur remarquablement précoce" entre mercredi et samedi. Un sujet brûlant, dont s'est saisi le gouvernement. Sa porte-parole Olivia Grégoire a appelé « à la vigilance nécessaire et la solidarité attendue les uns envers les autres ». A ce titre, les employeurs peuvent se référer au dossier spécial du ministère du Travail, mis à jour au début du mois, pour connaître les "précautions à prendre", en matière de protection de leurs salariés, dans ces conditions climatiques. De son côté, la Première ministre Elisabeth Borne a réuni, cet après-midi, les préfets de régions et directeurs d'ARS (agences de santé), afin d'anticiper cet épisode de chaleur. Enfin, au-delà de la situation actuelle, Olivia Grégoire a promis un « programme de renaturation des villes » de 500 millions d'euros, censé aider à financer des « îlots de fraîcheur » en milieu urbain.

Sécheresse : fermez vos robinets !

Canicule ou pas, iI va falloir apprendre à faire des économies d'eau, et vite. Face à la sécheresse en cours (36 départements sous restrictions), la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E) "appelle tous les usagers (...) à la sobriété" dès maintenant. Un message adressé aux particuliers, comme aux industriels et agriculteurs. Et si l'autodiscipline ne suffit pas, les collectivités locales auront toujours la possibilité, "dans les services dotés de télé-relevés", de jouer sur les tarifs "pour encourager une consommation responsable, lors de périodes de crise". A plus long terme, les fournisseurs de la FP2E, qui représentent 60 % du marché français, demandent à l'Etat "une planification de la politique de l’eau volontariste, ciblée et décloisonnée". Ce qui implique, selon eux, de travailleur sur l'interconnexion des captages, la numérisation des services et la mise en oeuvre de solutions naturelles et/ou technologiques, afin de préserver la ressource.

Numérique : le virage raté des entreprises françaises

La transformation numérique ? C'est gentil, mais non merci ! Malgré l'électrochoc des confinements et de la crise du Covid-19, les entreprises françaises traînent encore trop souvent des pieds en matière de "digitalisation", déplore une nouvelle étude du Boston Consulting Group et du Medef, révélée aujourd'hui.
A lire : Seule la moitié des entreprises françaises s'est embarquée dans la transformation digitale

Innovation : les brevets en petite forme

Les demandes de brevets toujours sur la pente descendante. Sur la période de juillet 2019 à juin 2020, les dossiers déposés en France ont reculé de 2,2 % en un an, selon l'Inpi. Peu importe pour Safran : au classement des entreprises les plus actives, le groupe aéronautique vire en tête pour la première fois. Les PME d'Auvergne-Rhône-Alpes, elles, continuent de se distinguer.

Services à la personne : le crédit d'impôt instantané ouvert aux entreprises

Un nouvel argument commercial pour les entreprises de services à la personne. A partir d'aujourd'hui, les organismes habilités peuvent proposer à leurs clients le crédit d'impôt instantané. "Ce service est optionnel et gratuit", précise l'Urssaf. Baptisé "Avance immédiate", il permet aux particuliers-employeurs de ne régler que la moitié de leurs factures, correspondant à leur reste à charge. Les 50 % restants, équivalant au crédit d'impôt, sont, eux, versés directement aux prestataires par l'administration. Depuis le 1er janvier, la mesure était réservée aux personnes qui emploient directement un salarié, en dehors de toute structure. Son déploiement doit encore se poursuivre, puisque la réforme est censée s'étendre à la garde d'enfant en 2024. De même, certains bénéficiaires d'allocations sociales (APA et PCH) ne devraient intégrer le dispositif que l'an prochain.

Calendrier incertain pour la loi sur le pouvoir d'achat

La future loi sur le pouvoir d'achat aura-t-elle du retard à l'allumage ? La présentation de ce projet pourrait être encore retardée, a admis la porte-parole du gouvernement, ce midi. Plutôt que le 29 juin, ce pourrait être le 6 juillet, au plus tard. Mais, quelle que soit la date retenue, « notre objectif est toujours (...) que ces mesures soient effectivement, de façon sonnante et trébuchante, dans le porte feuille des Français au mois d'août », a insisté Olivia Grégoire. Pour cela, il faudra, au préalable, que la coalition présidentielle s'assure une majorité aux élections législatives, dimanche soir.

Les PME toujours plus endettées

Les entreprises restent friandes de crédits bancaires. L'encours des sommes mobilisées chaque mois a battu, en avril, son record historique pour la 6e fois consécutive : il flirte désormais avec les 1 251 milliards d'euros (+3,6 % en un an), selon la Banque de France. Ce montant a explosé depuis la crise du Covid-19 (+17,6 % par rapport à février 2020). Une croissance portée notamment par les PME : à 548,1 Md€, leur encours est aujourd'hui à son plus haut niveau (+4 % en un an et +26,3 % comparé à l'avant-coronavirus), quand ceux des grandes entreprises et des ETI se maintiennent, eux, sous leur pic du printemps-été 2020.

L'inflation des levées de fonds

Il n'y a pas que les crédits des PME qui augmentent en ce moment. Les levées de fonds des start-up affolent aussi les compteurs. Après deux collectes successives à 20 millions d'euros, le lillois Cooptalis vient de signer un tour de table 4 fois plus important. L'occasion pour ce spécialiste de la mobilité professionnelle à l'international de tourner la douloureuse page du Covid-19.
A lire : Cooptalis lève 80 millions d’euros et devient Anywr
Encore plus fort : le marseillais ImCheck a annoncé, hier, avoir obtenu un financement de 96 millions d'euros. Une somme que la biotech présente comme inédite sur son marché.

13 juin

📍 Carburants : records battus à la pompe (bis)...

La fièvre ne retombe décidément pas à la pompe. Le prix du sans plomb a battu des records historiques pour la deuxième fois consécutive, selon le ministère de la Transition écologique. Au 10 juin, le litre de SP95 s'affichait, en moyenne hebdomadaire, à 2,1309 euros (en hausse d'1,4 %), celui de SP98 à 2,1989 € (+1,6 %). Le gazole n'en est pas encore là, mais se rapproche de plus en plus en plus de son précédent pic de mars : le diesel culmine désormais à 2,0694 € (quasiment 11 centimes de plus en sept jours, soit +5,5 %), le GNR à 1,6068 € (+9 centimes, équivalant à +6,1 %). Dans les deux cas, il s'agit tout de même des tarifs les plus élevés depuis l'instauration de la "remise carburant" au 1er avril.

... équation impossible dans les entreprises

Un gros coup de pompe et de massue. Le (très) fort rebond des prix du carburant, depuis fin mai, va compliquer encore un peu plus l'équilibre des comptes pour de nombreuses entreprises. A commencer par les acteurs du transport routier, pris à la gorge et au dépourvu par cette flambée.
A lire : Les transporteurs des Pays de la Loire en panne de solutions face à la hausse des coûts, quand ceux des Hauts-en-France redoutent les dégâts économiques en cascade de cette hausse des prix
Et ce n'est pas le seul secteur fragilisé par la montée des prix du carburant. Les pêcheurs aussi tirent la sonnette d'alarme, à l'image d'Olivier Le Nézet, président du Comité régional des pêches de Bretagne.
A lire : « La hausse du coût des carburants menace l’équilibre des entreprises de pêche »
En quête d'alternatives, les professionnels peuvent essayer de se tourner, entre autres, vers le gaz naturel (GNV). Les Côtes-d'Armor sont ainsi en train de déployer un réseau de distribution flambant neuf sur leur territoire. Ne lui reste plus qu'à faire ses preuves.
A lire : En Côtes-d’Armor, les stations GNV doivent encore convaincre leurs futurs utilisateurs

Défense : les industriels à l'heure de la mobilisation générale...

La France est désormais en guerre. Ou, plus exactement, « en économie de guerre ». C'est ce que le président de la République a expliqué, aujourd'hui, aux industriels de la défense et la sécurité, en ouverture du salon professionnel Eurosatory. L'occasion pour Emmanuel Macron de leur promettre plus d'investissements... mais de leur demander aussi plus d'efforts. Les entreprises civiles pourraient même être mises à contribution, dans le cadre de la crise russo-ukrainienne : selon le journal Le Monde, l'exécutif planche actuellement sur "un texte législatif permettant la réquisition de [leurs] matériaux ou compétences", voire de leurs outils de production. Ce projet concernerait, en premier lieu, les sociétés aux activités dites "duales", c'est-à-dire à la fois civiles et militaires. Soit 4 000 PME potentiellement visées, estime le quotidien.

... Naval Group à celle des comptes

Pendant ce temps-là, Naval Group tourne la page de son "contrat du siècle" mort-né avec l'Australie. L'entreprise française va recevoir 555 millions d'euros de la part du pays, en guise de dédommagement après l'annulation de sa commande de 12 sous-marins conventionnels. Une somme "juste et équitable", a estimé, ce week-end, le nouveau Premier ministre australien Anthony Albanese. Elle représente pourtant moins de 2 % de la valeur initiale du contrat. Pour autant, le ministère français des Armées a "pris acte" de l'accord. Et dit espérer qu'il permette "de dépasser la crise de confiance", provoquée par cette affaire, entre Paris et Canberra.
A (re)lire : Les sous-traitants de Naval Group touchés mais pas coulés par l'annulation australienne

Le chômage partiel rabougri

Le chômage partiel touche le fond. En avril, seuls 24 030 dossiers ont été déposés (2 fois moins que le mois précédent), selon la Dares (ministère du Travail). Ces demandes concernent moins d'un million de salariés, un plancher symbolique encore jamais franchi depuis le début de la crise du Covid-19. En mars déjà, tous les chiffres de l'activité partielle étaient tombés à leur plus bas niveau en deux ans, que ce soit le nombre de bénéficiaires (227 206 personnes, -28,3 % en un mois), les heures couvertes (9,96 millions, soit 3,11 millions de moins) ou le montant des indemnisations (100,5 millions d'euros, -24,5 %). En parallèle, moins de 148 000 salariés (-15,4 %) étaient protégés au titre du régime de longue durée (l'APLD), soit le contingent le plus faible relevé depuis août dernier.

Les salariés invités à la table des PME

L'actionnariat salarié fait son trou dans les PME. Certes encore minoritaire, la part des petites et moyennes entreprises engagées dans cette démarche a néanmoins plus que doublé en six ans, affirme une récente étude d'OpinionWay pour le cabinet Eres. Les dirigeants concernés mettent surtout en avant l'intérêt RH de ce genre de dispositifs.
A lire : L'actionnariat a doublé dans les PME depuis 2015

Législatives : les coalitions au coude-à-coude

Quelle majorité à l'Assemblée nationale ? La question reste entière, au lendemain du premier tour des élections législatives. En attendant le second, dimanche prochain, léger avantage à la coalition présidentielle Ensemble ! (25,75 % des suffrages exprimés et 1 candidat déjà élu), devant l'union de la gauche Nupes (25,66 % et 4 députés assurés). Soit un écart, entre les deux, de 21 000 voix seulement, selon le ministère de l'Intérieur. Pour autant, les instituts de sondage prédisent la majorité aux partisans d'Emmanuel Macron - reste à savoir si elle sera relative ou absolue. Le Rassemblement national complète le podium des résultats en nombre de voix (avec un score historique de 18,68 %). Mais le grand gagnant du scrutin reste l'abstention : plus de la moitié des électeurs (52,49 %, équivalant à 25,7 millions de personnes) n'a pas pris part au vote. Un record.

10 juin

Automobile : l’industrie française dénonce un sabordage industriel

L’Europe est en train de se tirer une balle dans le pied. C’est ce que martèle ces dernières heures Luc Chatel, président de la Plateforme Automobile, suite au vote par les eurodéputés de l’interdiction de vendre des voitures thermiques neuves à partir de 2035. « L’interdiction du thermique, c’est un grand saut dans le vide et un sabordage industriel », assure le patron de cette organisation rassemblant les industriels français de l’automobile, un secteur qui emploie 400 000 salariés dans l’Hexagone. « Je ne sais pas si on aura les clients », étaye-t-il sur BFM Business, arguant qu’une voiture électrique vaut moitié plus cher qu’un véhicule à motorisation thermique. Aura-t-on aussi suffisamment de bornes de recharge (il en faut selon lui un million, contre 60 000 aujourd’hui en France) et d’électricité pour faire rouler la nouvelle flotte européenne ? Et les eurodéputés ont-ils bien mesuré l’impact environnemental global du tout électrique ? Luc Chatel en doute et invite les gouvernants à aller au-delà de l’émission de CO2 à la sortie des pots d’échappement, en prenant en compte l’impact environnemental lié à la fabrication des batteries électriques et à la production d’électricité. Sur le plan économique, il estime que cette décision, si elle est confirmée par le Conseil de l’UE, ouvrirait « un boulevard à l’industrie chinoise ».
A lire : 5 choses à savoir sur le vote européen en faveur de la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035

L'éolien marin français souffle le chaud et le froid 

C'est une première en France : un champ éolien marin vient de produire de l’électricité. Ce champ situé au large de Saint-Nazaire n’est pourtant pas encore terminé. EDF a posé en avril la première des 80 éoliennes offshore, qui culminent à 180 mètres de hauteur. La dernière doit être posée en octobre. En fin d’année, le champ sera en mesure de produire 480 mégawatts, soit la consommation de 700 000 habitants.
Mais la jeune vie de l'éolien marin tricolore n'est décidément pas un long fleuve tranquille. Le Comité départemental des pêches du Calvados vient de déposer une plainte contre X, visant le champ normand de Courseulles-sur-Mer. Les professionnels de la pêche contestent les conditions d’attribution du marché, remporté en 2012 par Eolien Maritime France. 
A lire : Une première éolienne en mer implantée au large du Croisic pour EDF

Le défi RH des entreprises du nucléaire 

Si l’éolien offshore est un chantier qui démarre, celui du nucléaire est un chantier qui repart. Emmanuel Macron a dessiné en février dernier les contours d’un gigantesque plan de relance du nucléaire, avec la construction d’ici à 2035 de six EPR de deuxième génération. Un défi technique, mais surtout humain pour les sous-traitants de la filière nucléaire française. Celle-ci peine à se doter des compétences nécessaires. 
A lire : Les sous-traitants du Grand Est sont-ils prêts pour la relance du nucléaire ?

Le coup de mou du bio

Le bio marque le pas en France. En 2021, ce marché qui pèse 13 milliards d’euros a reculé de 1,4%, assure l’Agence Bio. Il s’agit du premier coup d’arrêt du bio depuis huit ans. Il représente 6,6% des achats alimentaires des Français.  Les ventes sont en recul dans les grandes et moyennes surfaces (qui assurent la moitié du chiffre d’affaires du bio) ainsi que dans les magasins spécialisés. Ces baisses ne sont pas compensées par la croissance des ventes directes, de l’artisanat et de la restauration hors domicile.

Un tiers des chefs d’entreprise favorables au télétravail depuis l’étranger 

Le Covid a fait changer en profondeur les mentalités dans les entreprises. Une nouvelle étude vient le démontrer. Un tiers des chefs d’entreprise estiment qu’il est possible d’organiser le télétravail depuis l’étranger. C’est ce que révèle un sondage mené par Opinionway, auprès de 400 dirigeants d’entreprise français, pour le compte de la start-up Remoters. 14% des dirigeants interrogés assurent même avoir expérimenté un télétravail de longue distance. Pour les patrons français, il s’agit avant tout de répondre aux aspirations de leurs salariés, de les motiver et de les fidéliser. Pas de délocaliser pour faire des économies. C’est ce que pointait du doigt un autre étude publiée l’an passé, qui estime que la France peut faire l’objet d’une vague de délocalisations virtuelles, avec des recrutements de télétravailleurs dans les pays low-cost. 

Forte croissance des transactions de fonds de commerce 

Après des années de déclin, les cessions de fonds de commerce se sont subitement redressées en 2021 en France, selon une étude d’Altares. Celle-ci ressence près de 28 000 transactions, soit 9% de plus qu’en 2020. Mais la crise du coronavirus a quelque peu bouleversé les dynamiques habituelles du marché. Au niveau sectoriel, l’hôtellerie-restauration est le seul domaine d’activité en déclin avec un nombre de transaction en recul de 23 % par rapport à 2019. Au niveau des territoires, de fortes disparités persitent. Les cessions de fonds de commerce sont à la peine en Île-de-France et dans le Grand Est. Elles sont, au contraire, reparties très fort dans les Pays de la Loire.
A lire : Les transmissions de fonds de commerce sont reparties de l'avant en 2021

Le cognac sort de l’ornière 

Produit hautement courtisé aux États-Unis et en Asie, le cognac l’est un peu moins en France. En misant sur l’œnotourisme, une image dépoussiérée et une viticulture durable, nombre de maisons en Nouvelle-Aquitaine ont pour ambition de remettre cette eau-de-vie sous le feu des projecteurs.
A lire : Le renouveau du cognac passe par la conquête du marché français

9 juin

📍 Le début de la fin pour les créations d'emploi ?

Faut-il y voir une première confirmation du pressentiment de l'Unédic ? L'emploi salarié semble en tout cas en perte de vitesse. Au premier trimestre, le secteur privé a, certes, encore réussi à créer 69 500 postes (+0,3 %), selon l'Insee. C'est 3 400 de plus qu'annoncé dans son estimation initiale de mai. Sauf que cette amélioration ne concerne que les services marchands. Tout le reste de l'économie a fait moins bien que prévu. En particulier, la chute de l'intérim (sa première en deux ans) s'est avérée plus forte (-1,7 %, soit 13 800 emplois disparus au total), l'industrie est passée dans le rouge (-0,1 %) et la construction a tout juste sauvé les meubles (+0,1 %). A noter, par ailleurs, que l'institut intègre, pour la première fois, à cette série statistique les effectifs en apprentissage. Et, vu le boom récent de l'alternance, c'est loin d'être anodin : "Cette révision conduit à comptabiliser 240 000 créations d’emplois supplémentaires entre fin 2019 et fin 2021", explique l'Insee. Sur les douze derniers mois en particulier, les contrats d'apprentis représentent, à eux seuls, "près d'un tiers" des 750 500 nouveaux postes apparus sur la période !

L'investissement des entreprises, vain pour la croissance

Décidément, c'est la saison des prévisions. Après les sombres perspectives internationales et européennes, apportées, cette semaine, par la Banque mondiale et l'OCDE, c'était au tour de l'OFCE, aujourd'hui, d'y aller de ses propres prédictions, mais pour la seule économie française, cette fois. Peu importe, le constat reste le même (croissance en berne, inflation en forme). A ceci près que l'observatoire s'inquiète aussi pour l'investissement des entreprises et le pouvoir d'achat des ménages.

Les hausses de salaires plus fortes que celles des prix

Sur la baisse du pouvoir d'achat, circulez, il n'y a rien à voir ! En France, depuis le début de la crise du coronavirus, le salaire moyen a augmenté aussi vite, voire plus, que les prix à la consommation. Ce constat, dressé par l'Urssaf, a de quoi surprendre, en ces temps d'inflation galopante (voir ci-après) et de revendications sociales. Et pourtant, les chiffres sont là. Sauf qu'ils cachent une réalité très variée et une tendance plutôt récente.

L'inflation forte jusqu'en 2024

Finalement, le retour à la "normale" de l'inflation n'interviendra pas avant... 2024. C'est seulement à cette date que la hausse annuelle des prix reviendrait à 2,1 %, ce qui correspond à la cible habituelle de la Banque centrale européenne. D'ici là, la BCE anticipe une envolée de +6,8 % cette année en zone euro (soit 1,7 point de plus que prévu il y a trois mois), couplée à une croissance de +2,8 % (chiffre abaissé de 0,9 point). En 2023, l'inflation refluerait à +3,5 %. Ces perspectives sont un peu plus optimistes que celles de l'OCDE et la Banque mondiale. La BCE le justifie par, pêle-mêle, "le tassement des coûts de l’énergie, l’atténuation des perturbations de l’offre liées à la pandémie et la normalisation de la politique monétaire", ainsi que "la réouverture en cours de l’économie, la vigueur du marché du travail, le soutien budgétaire et l’épargne accumulée" pendant la crise du Covid-19.

Le Parlement européen à deux vitesses sur la neutralité carbone

Grosse journée sous le signe de l'environnement, hier, au Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg. Appelés à se prononcer sur plusieurs mesures du paquet "Ajustement à l'objectif 55 pour 2030" proposé par la Commission européenne, les eurodéputés se sont exprimé en faveur de l'arrêt de la commercialisation des voitures particulières et des véhicules utilitaires légers neufs à moteur thermique en 2035. Un vote "historique" qui a fait oublier l'échec, quelques heures auparavant, de l'adoption de deux autres mesures cruciales pour atteindre l'ambition de l'UE de neutralité carbone en 2050 : la modification du marché du carbone européen et la mise en place d'une taxe carbone aux frontières de l'UE.
A lire : 5 choses à savoir sur le vote européen en faveur de la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035

Industrie : l'Alsace va carburer au lithium

C'est un métal rare qui va le devenir un peu moins en France. Du lithium, utilisé dans les batteries électriques, sortira bientôt d'une raffinerie flambant neuve, localisée en Alsace. C'est du moins l'ambition, présentée cette semaine, par la jeune entreprise Viridian. Elle prévoit d'investir jusqu'à 165 millions d'euros pour mener à bien ce projet industriel.
A lire : Viridian va produire du lithium à l’échelle industrielle pour alimenter les batteries européennes

8 juin

📍 La croissance mondiale en danger

L'économie mondiale avance désormais en eaux troubles. Deux organisations internationales viennent de réviser, coup sur coup, leurs prévisions économiques pour 2022. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles ne sont pas reluisantes, et encore moins réjouissantes : pour la Banque mondiale, comme pour l'OCDE, la "stagflation" est à nos portes. Et elle s'annonce pire que dans les années 1970.

Le vrai-faux redressement du déficit commercial

Maigre lueur d'espoir pour les échanges extérieurs de la France. En avril, et pour la première fois de l'année, le déficit a légèrement reculé pour s'établir à -12,2 milliards d'euros, selon les douanes. Un résultat dû à l'amélioration des exportations pour la deuxième fois consécutive (+0,7 milliards d'euros, soit une hausse d'1,5 % en un mois), tandis que les importations ont marqué le pas (+0,5 %, équivalent à un surplus de 0,3 Md€)... mais, elles, enregistrent une 7e augmentation de suite. Résultat, au-delà de cette éclaircie d'avril, la situation reste catastrophique : le solde tricolore atteint son plus bas niveau historique sur les trois derniers mois (-12,4 Md€ en moyenne), comme sur les douze précédents (-106,6 Md€ en cumulé).

Pour l'emploi aussi, la fête est finie

La dynamique de l'emploi bien partie pour s'essouffler, elle aussi. L'Unédic ne s'attend plus, en France, qu'à 79 000 créations nettes en 2022. C'est 20 % de moins que ce qu'elle espérait en février. Et encore, ces postes ont, pour l'essentiel, déjà vu le jour, puisque le premier trimestre affiche un solde positif de 66 000 emplois ! Pour autant, et c'est une bonne nouvelle, l'organisme persiste et signe : l'assurance chômage devrait finir l'année en excédent pour la première fois depuis 2008 (+2,5 milliards d'euros, chiffre paradoxalement revu, lui, à la hausse). Insuffisant toutefois pour éponger la dette du régime, creusée par le Covid-19 : fin 2022, elle devrait atteindre 61,1 Md€. A noter que l'Unédic table sur une progression du PIB de 2,4 % cette année. Mais "une large partie résulterait de l’acquis de croissance produit par le fort rebond de la fin 2021". Et pour cause : "l’effet de rattrapage [post-coronavirus] est déjà terminé".

RH : les codes du recrutement ont changé

Les entreprises ne sont pas restées les bras ballants face à leurs difficultés de recrutement. Bien au contraire : la conjoncture sur le marché de l'emploi cadre les a poussées à changer leurs pratiques, pour augmenter leurs chances de trouver la perle rare, selon une enquête de l'Apec. Plus "offensifs" et plus connectés, les recruteurs ont aussi dû se montrer plus flexibles... et moins regardants.
A lire : Comment les employeurs s’adaptent aux difficultés de recrutement

Le Covid-19 (et les restrictions sanitaires) en embuscade

Les restrictions sanitaires n'ont pas dit leur dernier mot. Le gouvernement souhaite prolonger, au-delà du 31 juillet, la boîte à outils contre le coronavirus, mise en place en novembre dernier. Un texte sera présenté en ce sens dès le 22 juin, après les élections législatives donc, a indiqué Olivia Grégoire, la porte-parole du gouvernement, ce midi. Il ne s'agira pas de « prolonger l'ensemble des dispositifs de crise existants, a-t-elle tenté de rassurer. On n'est pas là sur le passe vaccinal ou l'état d'urgence [sanitaire]. Ce qui nous importe, c'est de nous assurer qu'on est en mesure d'intervenir, (...) si la situation (...) était  amenée à évoluer voire dégénérer ». D'autant que l'épidémie connaît un « léger retournement de tendance », a rappelé Olivia Grégoire, avec un rebond des contaminations depuis fin mai. D'où la « vigilance » actuelle de l'exécutif, qui rappelle l'importance de la vaccination et des gestes barrières.

7 juin

📍 Carburants : les prix repartent en dérapage incontrôlé

Les prix du carburant reprennent leur course folle en avant. En particulier l'essence : en moyenne hebdomadaire, au 3 juin, le litre de sans plomb 95 valait 2,1012 euros à la pompe (+7 % en une semaine), et 2,1651 € pour le SP98, selon les relevés du ministère de la Transition écologique, parus aujourd'hui. Records historiques battus dans les deux cas : les précédents remontaient au 11 mars, avant donc la "remise carburant"... censée avoir fait baisser les prix de 18 centimes ! Le diesel, à 1,9615 €, remonte lui aussi (+7,3 %). Mais l'augmentation la plus vertigineuse revient au GNR : 15 centimes pris en seulement sept jours (soit +11,1 %), pour atteindre son plus haut niveau en deux mois (à 1,5138 €). Hasard du calendrier ? Ce boom des prix coïncide avec l'officialisation de l'embargo européen sur le pétrole russe.

Le gouvernement affûte sa riposte contre l'inflation...

Quelle parade à cette flambée interminable des prix ? En attendant le verdict des élections législatives, la Première ministre a tenté de donner un peu de grain à moudre sur les projets de son gouvernement. Au programme : des aides supplémentaires pour soulager les travailleurs de leurs frais de carburant, et alléger les ménages les plus modestes de leurs dépenses d'alimentation.

... le patronat monte au créneau contre les hausses de salaires...

Il n'y a pas que le gouvernement qui planche sur la question de l'inflation en ce moment. La CPME y est aussi allée de ses idées aujourd'hui. Avec une constante, en guise d'obsession : réussir à préserver le pouvoir d'achat des travailleurs, mais sans jamais augmenter leurs salaires.
A lire : Les 6 recettes de la CPME pour améliorer le pouvoir d’achat des salariés sans pénaliser les entreprises

... et l'administration ouvre l'oeil contre les prix abusifs

Gare aux profiteurs de crise ! La Répression des fraudes va être mobilisée pour contrôler l'origine de la hausse de certains prix, a prévenu la Première ministre Elisabeth Borne, toujours sur France Bleu, ce midi. Pour «certains produits, on comprend moins bien» les augmentations actuelles, a-t-elle reconnu. L'idée du gouvernement est donc de s'assurer que des personnes, «de façon opportuniste, ne profitent pas de cet environnement général d'inflation pour aussi augmenter leurs prix». Une manière de répondre également à Jean-Luc Mélenchon. Vendredi dernier, sur France Info, le patron de la France insoumise et de la Nupes avait notamment expliqué, à partir de l'exemple des pâtes produites avec le blé de la moisson 2021, que «s'il y a de l'inflation, c'est parce qu'il y a de la spéculation».

Les PGE prolongés... pour les agriculteurs uniquement

L'Etat déjà de retour au chevet des agriculteurs. Après le gel d'avril et la sécheresse de mai, de nombreuses fermes ont été victimes, cette fois, des violents orages de ce premier week-end de juin. En réponse, leur nouveau ministre Marc Fesneau, en déplacement, hier, dans le Sud-Ouest, leur a promis allègement de charges sociales, défiscalisation de la taxe sur le foncier non-bâti et rallonge de 300 millions d'euros pour leur future assurance-récolte, en vigueur au 1er janvier prochain. Autre geste à l'étude, pourtant refusée jusqu'ici à d'autres professions : la prolongation des prêts garantis par l'Etat (PGE) « dans la durée, car on va avoir, dans ses exploitations, des pertes de recettes », a-t-il expliqué, selon des propos rapportés par France Bleu. Plus prudent, sur Twitter, le même Marc Fesneau se contente d'indiquer "travailler sur les PGE, pour accorder aux agriculteurs une trésorerie suffisante face aux charges qui leur incombent".

4 juin

📍 Pouvoir d'achat, transition énergétique... Emmanuel Macron fixe son cap

La remise carburant maintenue pour quelques semaines de plus. Ce rabais de 18 centimes par litre d'essence était censé expirer au 31 juillet. Interrogé par la presse quotidienne régionale sur son éventuelle prolongation pour les "aoûtiens", Emmanuel Macron a répondu clairement : «Oui. Il faut qu’il y ait une visibilité pour nos compatriotes. Je vous la donne. » Dans cette interview publiée vendredi soir, le chef de l'Etat décline également son agenda de l'été (loi pouvoir d'achat, « texte de simplification et d’urgence pour (...) faciliter les projets d’énergie », réforme de Pôle Emploi...), ainsi que sa nouvelle méthode. Il entend ainsi s'appuyer sur un « Conseil national de la refondation, avec les forces politiques, économiques, sociales, associatives, des élus des territoires et de citoyens tirés au sort », pour avancer sur ses « cinq objectifs » de la campagne présidentielle : « l’indépendance (industrielle, militaire, alimentaire…), le plein-emploi, la neutralité carbone, les services publics pour l’égalité des chances et la renaissance démocratique ». La réforme des retraites, elle, devrait entrer « en vigueur dès l’été 2023 », selon ce calendrier.

3 juin

📍 L'économie à deux vitesses, le retour

Services à la fête, industrie à la peine. Pour la France, la crise russo-ukrainienne est de plus en plus le miroir inversé de la pandémie de Covid-19. Libérée des contraintes sanitaires, l'activité dans le tertiaire en général, le tourisme et l'événementiel en particulier, a ainsi connu "une forte expansion" en mai, selon S&P Global. Mais, dans le même temps, "une conjoncture défavorable dans le secteur manufacturier a entravé la production des fabricants", confrontés à de "nombreux vents contraires". Le cabinet en conclut donc à "l’émergence d’une économie à deux vitesses". Mais la situation pourrait vite tourner au vinaigre, prévient l'étude : l'effet de rattrapage post-coronavirus "finira tôt ou tard par s’atténuer", tandis que "la forte inflation des prix facturés - qui a atteint, en mai, un nouveau sommet historique - [constitue] une menace considérable pour la demande de service".

Le redressement industriel à l'arrêt

Preuve des difficultés actuelles dans les usines, la production industrielle apparaît de plus en plus grippée. En avril, elle a enregistré sa troisième baisse consécutive en France (-0,1 % en un mois), un repli surtout concentré sur les activités manufacturières (-0,4 % à elles seules), selon l'Insee. La chute est particulièrement rude dans la chimie (-4,5 %), le textile-habillement (-3,9 %), les machines et équipements (-2,8 %) et l'agroalimentaire (-2 %). Si, à l'inverse, la pharmacie brille (+11,5 %), le redressement des transports (+5,1 %) est, lui, en trompe-l'oeil : la production du secteur sur les trois derniers mois recule de 3,1 % par rapport à la même période de 2021... et même -16,5 % pour l'automobile, "lourdement affectée par les difficultés d'approvisionnement en semi-conducteurs et autres intrants".

Agroalimentaire : les prix mondiaux peinent à décroître...

Les prix alimentaires restent sous pression. En mai, au niveau mondial, ils ont, certes, reculé de 0,6 % sur un mois, selon la FAO - deuxième baisse consécutive, après le pic historique enregistré en mars. Mais les céréales continuent, eux, de s'envoler (+2,2 %, d'où un bond de 29,7 % sur un an) et la viande signe un nouveau pic historique (+0,5 % depuis avril). Dans les deux cas, la guerre en Ukraine et ses conséquences (récoltes de blé compromises, approvisionnement en volailles perturbé) soutiennent cette inflation. Et il est "probable" qu'elle dure, en ce qui concerne les céréales : "Le resserrement de l’offre (production 2022 attendue en baisse de 0,6 %) et les incertitudes du marché (...), ainsi que la hausse des prix de l’énergie et des intrants, maintiendront [leurs] prix mondiaux à des niveaux élevés, au moins durant la première moitié de la campagne 2022-2023", prévient déjà l'organisme de l'ONU. 

... mais l'inflation arrive à exploser en France

La tendance est beaucoup plus claire dans l'Hexagone : en avril, les prix agricoles à la production, mesurés par l'Insee, ont tout simplement signé une progression historique de 30,8 % sur un an. Record de mars déjà battu. Pis, cette hausse atteint des proportions faramineuses invraisemblables dans la culture d'oléagineux (+96,4 %), les oeufs (+95,6 %) et même les céréales (+75,5 %) ! Sur la période, seuls les prix de production des fruits frais se contractent (-6,5 %).

Pendant ce temps-là, la grogne monte sur les salaires

Les travailleurs ne veulent pas être les seuls à payer les pots cassés de l'inflation. Déjà d'actualité avant la crise russo-ukrainienne, la question des revalorisations salariales fait un retour remarqué en ce moment. Aujourd'hui, dans un communiqué commun, cinq syndicats des transports (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT et FO) demandent ainsi "la réouverture sans condition de véritables NAO" (négociations annuelles obligatoires). En attendant, ils appellent à la grève pour le 27 juin, contre "la politique de l’autruche" des patrons, face "à une inflation galopante et exponentielle", "une forte pénurie de salariés" et un pouvoir d’achat "qui fond comme neige au soleil". Hier, ce sont les syndicats de l'énergie (électricité et gaz) qui ont lancé un mouvement similaire, mais reconductible. Avec, à la clé, des coupures de courant autour de Béthune (Pas-de-Calais) et à Angers (Maine-et-Loire). Enfin, la question des rémunérations, et de leur niveau par rapport au Smic, s'est aussi invitée, ce vendredi, à l'assemblée générale du groupe Carrefour, à l'initiative de la CFDT et la CGT.

Pétrole russe : le compte-à-rebours est lancé

Le dernier-né des paquets de sanctions contre la Russie aura accouché dans la douleur. Après un mois d'âpres négociations internes, l'Union européenne a enfin publié cet après-midi, dans son Journal officiel, les détails de ses nouvelles actions en représailles à l'agression de l'Ukraine. Mesure phare : l'embargo sur le pétrole russe. Il sera à la fois partiel (interdiction des livraisons par la mer uniquement, ce qui représente tout de même 90 % des importations de l'UE, fait valoir Bruxelles) et progressif (périodes de transition de 6 mois pour le brut, 8 pour les produits raffinés), avec des exemptions (pour la Bulgarie, la Croatie ou les pays fournis par oléoduc, comme la Hongrie). S'y ajoutent de nouvelles interdictions sur les exportations (principalement de produits chimiques) et la fourniture de services aux gouvernement et entreprises russes sous sanctions (comptabilité, audit, conseil, relations publiques...). La liste des sociétés visées est, par ailleurs, élargie à des acteurs des secteurs militaire, industriel et informatique.

Télécoms : la 5G par l'exemple

Maintenant que la 5G est branchée, il faudrait penser à s'en servir... Oui, mais comment, et pour quoi faire ? C'est bien là toute la question pour les entreprises françaises, encore peu nombreuses à s'être converties à cette technologie. D'autres ont franchi le pas depuis un moment et témoignent, aujourd'hui, de ce qu'a vraiment changé la 5G dans leur société.
A lire : Ces industriels qui cherchent à révolutionner leurs usines avec la 5G

2 juin

📍 Embargo sur le pétrole russe : le coup de la panne ?

Y aura-t-il de l’essence cet été ? A la veille de l'officialisation de l'embargo européen sur le pétrole russe, la ministre de la Transition énergétique a quelque peu louvoyé à cette question posée par les journalistes de France Info. Sans répondre franchement oui, Agnès Pannier-Runacher a mis en avant les stocks stratégiques de la France (“pas remplis entièrement”, de son propre aveu), ainsi que l'implication du groupe TotalEnergies et de l’ensemble des acteurs engagés dans la filière. “Nous remplaçons au fil de l'eau [le pétrole russe], a-t-elle fini par expliquer : on n'a pas vocation à diminuer brutalement [ces] importations, mais à diversifier leur origine.” L'embargo prévoit d'ailleurs une période transitoire de six à huit mois. Mais le patron de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait jeté le trouble, cette semaine : dans une interview en Allemagne, il avait mis en garde contre “des pénuries, par exemple de diesel, d'essence ou de kérosène, en particulier en Europe” pendant l’été.

La voiture électrique à 100 euros au point mort

Pas facile de tenir ses promesses. Déjà à la peine pour définir les contours de son "chèque alimentaire", évoqué depuis deux ans, le gouvernement semble, à présent, patiner aussi pour arrêter les détails de sa location de voitures électriques à 100 euros par mois. L'idée, apparue pendant la campagne présidentielle, ne verra « probablement pas » le jour avant le mois de septembre au moins, a prévenu la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, ce matin, sur France Info. Seule certitude : ce leasing subventionné s'adressera en priorité à « ceux pour qui le véhicule est un outil de travail », comme les infirmières libérales, « et ceux qui n'ont pas les moyens » d'acheter sur leurs fonds propres une voiture de ce type. Outre la question du financement, ce projet bute aussi sur un problème de disponibilité des véhicules électriques, en pleine pénurie de semi-conducteurs dans l'automobile, a reconnu la ministre.

Commerce : une reprise si fragile

Les magasins coincés entre le marteau et l'enclume de l'inflation. L'Alliance du commerce appelle l'Etat à mener "une politique volontariste de soutien du pouvoir d’achat des Français", afin de maintenir la consommation à flot. D'autant que les entreprises subissent, dans le même temps, "une pression croissante sur [leurs] marges", sous l'effet de la hausse de leurs "coûts de production, de transport, mais aussi les dépenses d’énergie dans les magasins"... qui plus est "à l’heure où les enseignes doivent rembourser leurs prêts garantis par l’Etat et investir massivement dans leur transformation". Pour autant, le mois de mai s'est plutôt bien passé dans les 50 chaînes d'habillement, suivies par l'Alliance : les ventes y ont été 11,5 % supérieures à leur niveau d'avant-coronavirus, en dépit d'une fréquentation des boutiques en repli de 3,5 %.

Le pari de la parité à la French Tech

Les champions du numérique français veulent conjuguer leurs effectifs au féminin. Dans une initiative inédite, près de 70 entreprises de la French Tech ont décidé d'agir pour plus de parité au travail. Un engagement sociétal qui répond aussi à un impératif économique : trouver de la main-d'oeuvre dans un secteur qui en a cruellement besoin.
A lire : Les start-up de la French Tech s'engagent pour plus de parité

Portrait-robot de la gouvernance en start-up...

Comment sont pilotées les plus grosses start-up françaises ? Une étude de l'Institut français des administrateurs, Roland Berger et France Digitale s'est penchée sur le fonctionnement de 37 d'entre elles. Principaux points noirs : le manque de diversité (20 % de femmes au conseil d'administration (CA) en moyenne, et à peine plus de profils internationaux), une fâcheuse tendance à rester auto-centrées (seuls 22 % des CA "échangent avec des parties prenantes externes") et un désintérêt manifeste pour les sujets RH et sociétaux. Côté positif, un modèle de gouvernance jugé, malgré tout, "mature" : les sujets stratégiques (offre, marché, internationalisation, financement) sont débattus en CA chez la plupart des répondants. Et un administrateur indépendant est présent dans 7 cas sur 10. De quoi "[renforcer] la prise en compte de l’intérêt social de l’entreprise, au-delà des intérêts particuliers des membres du conseil", se félicite l'enquête.

... et palmarès des dirigeants les plus en vue

Dans les start-up, il n'y a pas que la gouvernance, et le savoir-faire, qui comptent. La communication, et le faire-savoir, peuvent aussi contribuer au succès. A ce petit jeu-là, le roi de l'influence s'appelle Octave Klaba. Le président du groupe nordiste OVH a été désigné "fondateur le plus engageant" sur les réseaux sociaux, parmi ses homologues de la French Tech. Il devance Eric Larchevêque (Ledger) et Nicolas Julia (Sorare), selon ce classement établi par la société AmazingContent, à partir de l'analyse des comptes et publications en ligne des principaux dirigeants des licornes françaises (sociétés valorisées plus d'1 milliard de dollars).

Santé : Diabeloop en pleine forme

Un algorithme contre le diabète. C'est autour de ce concept que Diabeloop a développé des solutions innovantes pour faciliter la vie quotidienne des malades. Une idée visiblement porteuse : l'entreprise grenobloise vient de lever 70 millions d'euros.

1er juin

📍 L'inflation ne sera plus jamais comme avant

Il va falloir s'habituer à vivre avec une inflation forte. La hausse des prix a désormais atteint son « pic », à en croire le ministre de l'Economie, au lendemain de la première estimation du chiffre de mai (+5,2 % sur un an)... mais ce niveau élevé « va encore durer plusieurs mois », a prévenu Bruno Le Maire, ce matin, sur France Inter. Ensuite, « nous verrons une décrue progressive de l'inflation et, fin 2023, nous devrions revenir à des niveaux plus raisonnables », mais « structurellement plus élevés » qu'avant (autour de 2 % par an, contre 1,1 % en 2019). En cause : « la régionalisation de la production industrielle » (la fameuse relocalisation), ainsi que le coût de la transition énergétique. Egalement interrogé sur l'évolution du PIB français (-0,2 % en début d'année), Bruno Le Maire a indiqué « [ne pas croire] à un risque de récession ». Mais Bercy révisera quand même sa prévision de croissance au début de l'été. Actuellement, elle est encore fixée à +4 % en 2022.

Industrie : les prix font une pause (relative)...

Faut-il justement y voir un premier signe de plafonnement de l'inflation ? Dans l'industrie en tout cas, les prix de production n'ont pas bougé entre mars et avril, selon l'Insee. C'est tout simplement la première fois en un an qu'ils n'augmentent pas d'un mois sur l'autre, après avoir, il est vrai, enregistré un bond historique sur la période précédente. Autre bémol : "cette stabilité globale masque des hausses importantes pour certains produits, notamment dans l’alimentation (+3,2 % en un mois, NDLR), la chimie et la métallurgie" (+2,8 % pour la catégorie des "autres produits industriels", à laquelle ces deux dernières activités appartiennent). Ces augmentations découlent, en grande partie, de la répercussion "des hausses de coûts des matières premières et de l’énergie", ou encore des "tensions des marchés internationaux amplifiées par la grippe aviaire", dans le cas de l'agroalimentaire.
Sur le même sujet : L’inflation pousse Vinéa Énergie à changer de modèle économique

... la demande accuse le coup (et l'offre aussi)

Pause ou pas, l'envolée des prix pèse lourd sur les arbitrages des industriels. Selon le cabinet S&P Global, "le climat actuel [pousse] les fabricants à l’attentisme et [limite] ainsi les dépenses d’investissement". Pis, une partie des 400 dirigeants français, interrogés en mai, expliquent que "les fortes augmentations de prix appliquées par les entreprises manufacturières, afin de préserver leurs marges, ont dissuadé les clients de passer commande". Pour ne rien arranger, à ce ralentissement de la demande s'est ajouté un "fort allongement des délais de livraison d’intrants". Or, ces difficultés d'offre "ont de nouveau fait flamber les prix". Une lueur d'espoir quand même : les répondants ont entrevu, le mois dernier, des "signes de stabilisation, bien que très limités, sur les chaînes d’approvisionnement".

Nouvelle passe d'armes Etat-patronat sur les hausses de salaires

Il n'y a pas qu'à Roland-Garros qu'on se renvoie la balle en ce moment. La partie de ping-pong entre Bercy et le Medef, sur la question du pouvoir d'achat des salariés, s'est poursuivie par médias interposés aujourd'hui. Dans une interview au Figaro, cette fois, Bruno Le Maire a de nouveau invité les entreprises « qui ont les marges de manœuvre suffisantes [à] augmenter les salaires. Elles peuvent aussi faire baisser les prix », pour lutter contre l'inflation. En réponse, Geoffroy Roux de Bézieux est monté au filet, sur France Info, avec contre-attaque sur deux fronts : sur le coût du trajet domicile-travail, il propose « une prime défiscalisée spéciale carburant, adaptée au kilométrage des gens (...) et financée par les entreprises qui le peuvent » ; sur le logement, « grand oublié du gouvernement », il plaide pour en construire davantage, et ainsi faire retomber la pression sur les prix d'achat et de location. Quant aux salaires à proprement parler, « les entreprises ont joué le jeu », a assuré le président du Medef.

Apprentissage qui rit, professionnalisation qui pleure

Mais jusqu'où ira le boom de l'apprentissage ? Le nombre de personnes en poste sous ce régime a encore atteint un niveau record à la fin du premier trimestre, selon le dernier comptage du ministère du Travail. Un succès exceptionnel qui tranche toutefois avec le déclin accéléré des contrats de professionnalisation.

Un an de crise dans l'automobile

Le plongeon sans fin du marché auto franchit un cap symbolique. En mai, les ventes ont enregistré leur douzième baisse mensuelle consécutive (-10,1 % sur un an, soit 126 813 véhicules écoulés), selon la Plateforme automobile. Par rapport à 2019, la chute est encore plus impressionnante (-34,6 %). L'industrie traîne toujours comme un boulet la pénurie de matériaux électroniques, qui oblige les usines à ralentir, voire stopper, leur production.

31 mai

La barre des 5 % d'inflation franchie en mai

Après +4,8 % en avril, l'inflation a atteint +5,2 % sur un an au mois de mai en France, selon une estimation publiée par l'Insee le 31 mai. Cette barre des 5 % n'avait pas été franchie depuis septembre 1985. L'institut statistique relève une hausse des prix dans tous les postes de consommation, et notamment dans l'énergie (+28 % sur un an) et l'alimentation (+4,2 %).

Le PIB finalement en repli au premier trimestre

Contrairement à la prévision d'une croissance à 0,0 %, le produit intérieur brut français s'est contracté de 0,2 % au premier trimestre 2022, a annoncé l'Insee le 31 mai. Cette baisse est liée à la faiblesse de la consommation des ménages (–1,5 %), notamment en matériels de transport (–2,3 %), en autres biens manufacturés (–2,1 %) et dans l’hébergement-restauration (–3,9 %), analyse l'institut statistique.

La France toujours leader des investissements étrangers en Europe

La France fait cette année encore la course en tête du baromètre EY de l'attractivité en Europe. Avec 1 222 projets annoncés en 2021 (+24 % par rapport à 2020) selon les chiffres du cabinet de conseil, elle reste pour la troisième année consécutive la première destination des investissements directs étrangers sur le Vieux continent, creusant l’écart avec le Royaume-Uni (993 projets, +2 %) et l’Allemagne (841 projets, -10 %). L’Île-de-France conserve la tête des régions les plus attractives avec 291 projets d'investissements étrangers recensés en 2021, devant l’Auvergne-Rhône-Alpes (146) et le Grand Est (109).

Une aide pour les PME exposantes dans les foires et salons

Pour aider le secteur de l'événementiel à repartir suite à la crise du Covid, le gouvernement donne un coup de pouce financier aux PME qui exposent dans des salons professionnels. Un décret liste 79 foires et salons éligibles à ce dispositif.
A lire : Attractivité des salons : ces événements pour lesquels les PME exposantes peuvent bénéficier d'une aide

30 mai

Pas de "rattrapage" sur les prix de l'énergie

A l'occasion d'un point le 30 mai sur le "bouclier énergétique" mis en place par le gouvernement pour amoindrir les effets de la crise sur les marchés de l'énergie, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé qu'il n'y aurait "aucun rattrapage" sur la facture d'éléctricité des consommateurs en 2023 même si les prix de l'électricité continuent d'augmenter. Par ailleurs, le plafonnement du prix de l'électricité "sera maintenu tout au long de l'année 2022", a-t-il répété. Ce gel s'applique également aux prix du gaz.

Contrôle fiscal en entreprise : les bonnes pratiques

Chaque année, environ une entreprise sur quinze est contrôlée par l’administration fiscale. Événement normal dans la vie d’une entreprise, le contrôle fiscal n’en demeure pas moins une épreuve redoutée par les dirigeants. Voici quelques bonnes pratiques à adopter pour l’aborder le plus sereinement possible.
A lire : Comment faire face à un contrôle fiscal ?

Groupe Pilote booste sa production de camping-cars

Le fabricant de camping-car Pilote modernise son outil de production pour être en mesure de produire jusqu’à 12 000 véhicules par an à compter de 2024. Une montée en cadence permise par l'investissement de 20 millions d'euros sur son site historique de La Limouzinière (Loire-Atlantique) et dans ses usines du Maine-et-Loire et d'Allemagne.
A lire : Porté par le marché, Groupe Pilote s'équipe pour produire plus de camping-cars en 2024

25 mai

Petite hausse du chômage de catégorie A en avril

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans activité) accuse une légère hausse de +0,3% en France (hors Mayotte) en avril 2022, s'établissant à 3,18 millions de personnes, soit 9300 demandeurs d'emploi en plus par rapport à mars, selon les chiffres de la Dares (ministère du Travail). En ajoutant les catégories B et C (personnes ayant eu une activité réduite), le nombre de demandeurs d'emploi en France (hors Mayotte) est cette fois en baisse de 0,7% par rapport à mars (5,46 millions de personnes).

Chute de 20% des ventes de logements neufs au 1er trimestre

Les ventes totales de logements neufs au 1er trimestre 2022 sont en baisse de plus de 20 %, comparées à celles de la même période en 2021, selon l'observatoire de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). "Conséquence des refus de permis toujours plus nombreux et de la hausse des coûts de construction qui impacte l’équilibre financier des opérations, le nombre de logements neufs mis en vente chute de 30,5 % par rapport au 1er trimestre 2021", écrit l'organisation professionnelle.

La confiance des ménages en légère baisse en mai

"La confiance des ménages continue de diminuer en mai" bien que "moins fortement qu'en mars et avril", rapporte l’Insee dans son enquête mensuelle de conjoncture. L’indicateur de confiance se chiffre à 86, un faible score comparé à sa moyenne de longue période (de 1987 à fin 2021), qui se situe à un niveau 100. En mai 2022, la part des ménages qui considèrent que le niveau de vie en France va s’améliorer au cours des 12 prochains mois recule notamment. En revanche, les craintes liées l’évolution du chômage s’atténuent.

Le mirage de la transformation numérique des entreprises

Une étude menée par l’école de commerce EM Normandie pointe le retard pris par les entreprises dans leur transformation numérique. Pourtant, l’utilisation d’outils d’analyse de données et de gestion de projets pourrait être très profitable au développement des entreprises. Mathilde Aubry, professeure associée en économie à l’EM Normandie, explique les enseignements de cette étude et les enjeux d’une transformation digitale réussie.

A lire, notre interview : "Il n'y a pas encore de véritable transformation numérique dans les entreprises"

Pure Salmon investit dans le saumon en Gironde

Le singapourien Pure Salmon Group a choisi le terminal du Verdon, en Gironde, pour implanter sa toute première ferme aquacole de saumons en France. Il investira 275 millions d'euros sur ce site classé "clés en main" par le gouvernement.

A lire : Pure Salmon investit 275 millions d'euros pour ses saumons "made in" Gironde

24 mai

Les aides à l’apprentissage seront prolongées

Mises en place à l’été 2020, elles devaient s’arrêter à la fin du mois de juin. Les aides à l’apprentissage seront finalement prolongées, a assuré le nouveau ministre du Travail Olivier Dussopt au micro de RTL. Au moins jusqu’à la fin de l’année. Ces aides permettent à l’entreprise de toucher 5 000 euros (si l’apprenti est mineur) ou 8 000 euros (s’il est majeur) pour la signature d’un nouveau contrat d’apprentissage. Elles ont eu un franc succès, les entreprises ayant récupéré 4 milliards d’euros grâce à ces aides qui ont contribué à fortement développer l’apprentissage. L’an passé, les entreprises françaises ont recruté 718 000 apprentis, 36% de plus qu’en 2020. Olivier Dussopt compte porter ce nombre à un million.

Record de ventes de voitures électriques 

Dans un marché automobile en berne, les ventes de véhicules électriques sont au beau fixe. 6,6 millions de véhicules électriques ont été vendus dans le monde en 2021, soit deux fois plus qu’en 2021, selon l’Agence internationale de l'énergie. Pesant 10% des ventes de voitures neuves, les voitures électriques continuent sur leur lancée cette année. Au premier trimestre, il s’en est vendu 2 millions, soit 75% de plus qu’au premier trimestre l’an passé. Attention toutefois, prévient l’Agence internationale de l'énergie : les tensions sur des matériaux comme le lithum, exacerbées par la guerre en Ukraine, pourraient créer des goulets d’étranglement sur la chaîne d’approvisionnement. 

Un prêt à taux zéro pour les TPE qui optent pour un véhicule électrique 

À partir de janvier 2023, une expérimentation de prêt à taux zéro pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride démarrera dans les zones à faibles émissions mobilité et pour les TPE. Sous conditions, ces entreprises pourront solliciter un prêt de 30 000 euros maximum. 
A lire : Les TPE vont pouvoir bénéficier d’un prêt à taux zéro pour l’achat d’un véhicule peu polluant

Impôt minimum sur les multinationales : Le Maire espère un accord le 17 juin

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire espère que l’Europe signera un accord sur la taxation minimale des entreprises le 17 juin, lors de la prochaine réunion des ministres des finances européens. Seule la Pologne empêche désormais ce projet de directive, qui nécessite d’être adoptée à l’unanimité des 27 états membres. Pour lutter contre les paradis fiscaux, le texte instaurerait une taxation de 15% minimum sur les bénéfices pour les multinationales réalisant au moins 750 millions d’euros de chiffre d’affaires. 

Le vignoble bordelais veut arracher ses vignes pour sortir de la crise 

La crise dure dans le bordelais, avec une production supérieure aux ventes. Pour sortir de l’ornière, les représentants du Conseil Interprofessionnels des Vins de Bordeaux veulent réduire la voilure en arrachant une partie du vignoble. Ils espèrent auparavant faire évoluer la législation européenne pour réussir à obtenir des aides financières. 
A lire : Le vignoble bordelais plaide pour l’arrachage de vignes
 

23 mai 

📍 Salaires : Bruno Le Maire met la pression aux entreprises 

Dossier brûlant en perspective pour le gouvernement : la préparation du projet de loi sur le pouvoir d’achat. Bruno Le Maire recevait ce lundi les représentants de plusieurs organisations patronales pour évoquer ce sujet, avec un message assez clair : « Chacun doit participer à la lutte contre l’inflation. Tout ne peut pas reposer sur les épaules de l’Etat ». Alors que le gouvernement compte prolonger son bouclier tarifaire sur le prix de l’énergie et les ristournes sur le prix des carburants, aux entreprises aussi de faire le job, tonne le patron de Bercy. Il les invite à actionner la prime Macron, qui doit prochainement tripler, et à augmenter les salaires, une question « centrale dans notre capacité à maintenir la cohésion de la nation ». 

Pas de hausse des salaires uniformes, répond le patronat

On fera ce qu’on pourra. C’est en substance ce que répondent les organisations patronales au patron Bercy. « Il n'y aura pas de hausse de salaire uniforme », prévient ainsi sur France Info François Asselin. Le président de la CPME rappelle qu’une entreprise ne pas redistribuer à ses salariés plus que ce qu’elle a gagné. Et que les temps son durs, du fait des hausses des prix des matières premières et de l’énergie. Pour davantage d’efficacité, François Asselin demande à l’Etat de baisser les charges patronales sur les heures supplémentaires et de laisser la possibilité aux entreprises d’étaler dans le temps le versement de la prime Macron. De son côté, le patron du Medef a appelé la semaine passée le gouvernement à davantage cibler son projet de loi, et en a profité pour rappeler que les entreprises jouaient déjà le jeu. Lors des négociations annuelles obligatoires, elles ont augmenté les salaires d’environ 3% en moyenne, a estimé Geoffroy Roux de Bézieux sur France Inter. Un beau geste, insuffisant toutefois face aux 5% d’inflation.

Pouvoir d'achat : le projet de loi sera adopté avant les législatives

A l’issue du premier conseil des ministres du gouvernement Borne, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a précisé le calendrier du projet de loi sur le pouvoir d’achat. Il sera adopté en conseil des ministres avant les législatives. Il sera ensuite présenté au Parlement juste après les élections.

Commande publique : les entreprises vont devoir montrer patte verte 

Précisant la loi Climat votée l'été dernier, un nouveau décret publié au début de ce mois de mai exige des acheteurs publics de mieux intégrer le développement durable lors de la passation et l’exécution de contrats. Pour décrocher des marchés publics, les entreprises fournisseuses vont devoir s’adapter à des critères environnementaux plus exigeants. 
A lire : Le verdissement de la commande publique accélère

Pimkie en quête d’un repreneur

La famille Mulliez vient d’annoncer la mise en vente de son enseigne de prêt-à-porter Pimkie. Employant 1 500 salariés, celle-ci compte 230 boutiques en France et fait face à des difficultés financières depuis plusieurs années.
A lire : L’enseigne de prêt-à-porter Pimkie mise en vente par la famille Mulliez

Lhyfe réussit son entrée en Bourse

Le producteur d’hydrogène décarboné Lhyfe annonce le succès de son introduction sur le marché boursier d’Euronext Paris. La PME de 82 salariés réalise une augmentation du capital d’un montant de 110 millions d’euros. L’entreprise nantaise projette de réaliser 200 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026.
A lire : Lhyfe lève 110 millions d’euros en Bourse

En Auvergne-Rhône-Alpes, les entreprises du BTP bousculées par l’inflation 

« En fin d’année, on se retrouvera avec une hausse des coûts entre 5 et 10 %, peut-être plus pour les produits de la construction : quelle entreprise peut porter seule ces surcoûts, avec une rentabilité moyenne dans la filière BTP à 3 % ? ». Comme beaucoup de dirigeants d’entreprise en France, Samuel Minot, président de la Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics (FBTP) Rhône et Métropole, s’inquiète de l’envolée des prix des matières premières et de l’énergie. Comment les entreprises du BTP font face à cette situation ? En d’Auvergne-Rhône-Alpes, Le Journal des Entreprises a mené l’enquête. 
A lire : Comment les entreprises du BTP d’Auvergne-Rhône-Alpes font face à l’envolée des prix

20 mai

📍 Nouveau gouvernement : renaissance… ou recyclage ? 

Bruno Le Maire à l’Économie, Olivier Dussopt au Travail, Marc Fesneau à l'Agriculture, Agnès Pannier-Runacher à la Transition énergétique et Amélie de Montchalin à la Transition écologique. Voici les principaux noms du nouveau gouvernement à retenir pour les entreprises. Pas de nouvelles têtes à se mettre sous la dent donc, car ces cinq ministres officiaient déjà dans le gouvernement Castex. Dans d’autres fonctions certes, mis à part pour l’indéboulonnable locataire de Bercy Bruno Le Maire. Les temps sont assurément au recyclage dans le gouvernement, comme dans l’économie. Cela tombe bien : le recyclage, c’est ni plus ni moins une forme de renaissance, nom du nouveau parti d’Emmanuel Macron…
A lire : Le Maire, Dusspot, de Montchalin… : Élisabeth Borne forme son gouvernement

Inflation : le patron de Medef ne veut plus de « quoi qu’il en coûte »

« On ne peut pas se payer collectivement un quoi qu’il en coûte en permanence ». Quelques heures avant la nomination du nouveau gouvernement, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux met en garde, au micro de France Inter, l’exécutif sur la tentation de mettre en place des aides financières massives pour faire face à l’inflation. Dans son collimateur : le projet de loi sur le pouvoir d’achat qu’Elisabeth Borne doit présenter après les législatives. Face à l’explosion des prix, Geoffroy Roux de Bézieux en convient, il faut aider les Français, « mais le faire de façon plus ciblée ». Ainsi, plutôt que de prolonger le coup de pouce de 18 centimes sur les prix des carburants, le président du Medef défend la possibilité pour un chef d’entreprise de distribuer des « chèques essence défiscalisés » aux salariés qui doivent se déplacer en voiture pour aller travailler. 

Les créations d’entreprise reculent 

Près de 85 600 nouvelles entreprises ont vu le jour au mois d’avril, selon l’Insee. C’est 2,5% de moins qu’en mars. Les créations d’entreprises classiques (34 000 en avril) reculent de 1,2%, moins fortement que les micro-entrepreneurs (-3,4%). Sur un an la création d’entreprise demeure bien orientée en France, en croissance de 2,1%.

L’hôtellerie reprend son souffle

La levée des contraintes sanitaires fait du bien à l’hôtellerie française. En mars, le taux d’occupation des hôtels tricolores s’établit à 56%, en progression de 8 points par rapport au mois de février, selon une étude d’In Extenso. Les hôtels ayant une clientèle d’affaires et de congrès enregistrent toutefois des performances en retrait. Si les chiffres s’améliorent, les taux d’occupation demeurent inférieurs de 10% par rapport à 2019.

Bas les masques en Alsace !

La fin de l’obligation du port du masque sanitaire ne fait pas que des heureux. Le groupe allemand Dräger s’apprête à licencier l’intégralité du personnel de son usine alsacienne d’Obernai, soit 28 personnes. Cette unité de production de masques sanitaires a été lancée à l’automne 2020. Elle a nécessité 20 millions d’euros d’investissement et a employé jusqu’à 100 salariés. Mais depuis, la demande de masques s’est écroulée. 
A lire : Le fabricant de masques Dräger licencie son personnel dans son usine d’Obernai

19 mai 

📍 Le plan de l’Europe pour se passer du gaz russe

La Commission européenne vient de présenter son plan RepowerEU afin de réduire la dépendance des pays de l’union à l’égard des énergies fossiles provenant de Russie. Ce plan actionne trois leviers. Il s’agit d’abord de demander aux entreprises et ménages européens de faire des économies d’énergies, en les encourageant via des mesures fiscales. L’Europe compte ainsi réduire de 13% sa consommation d’énergie d’ici à 2030. La Commission européenne compte également diversifier ses fournisseurs énergétiques. L’Europe compte enfin mettre le paquet sur les énergies renouvelables. Solaire, hydrogène vert, pompes à chaleur, éoliennes : la commission porte de 40 à 45% son objectif d’énergies renouvelables en 2030

Santé :  Plus d’un millier de TPE et PME réunit au sein d’Enosis Santé

BioValley France (Strasbourg), Eurobiomed (Marseille) Lyonbiopôle Auvergne-Rhône-Alpes et Medicen Paris Région : quatre pôles de compétitivité spécialisés dans la santé créent Enosis Santé. Cette association a vocation à porter la voix des 1 200 membres, dont un millier de TPE et PME, des quatre pôles de compétitivité.

Ça sent bon pour Adopt’

Joli tour de table pour Adopt'. Le groupe cosmétique girondin, qui fabrique et distribue des parfums, vient de lever 26 millions d’euros pour accélérer sa croissance et augmenter sa capacité industrielle à Cestas, en Gironde.
A lire : Adopt' lève 26 millions d’euros et augmente sa production à Cestas

Sale temps pour Vallourec

Premier plan social d’envergure à gérer pour la Première ministre Elisabeth Borne. Le groupe francilien Vallourec va supprimer 2 950 de ses 17 000 postes. 320 postes concernés sont situés en France. Le fabricant de tubes ferme toutes ses usines européennes, à l’exception de son site d’Aulnoye-Aymeries (Nord).
A lire : Vallourec s’apprête à supprimer 250 postes dans le Nord

La galère, la vie sans le haut débit

Comment faire quand son entreprise n’a pas accès au haut débit ? 100% de la Bretagne devrait être reliée à la fibre en 2026. En attendant, les entreprises bretonnes, particulièrement en zone rurale, recherchent des solutions alternatives pour accéder au haut débit. Un enjeu essentiel à l’heure des logiciels de gestion en ligne et de la dématérialisation.
A lire notre enquête : Les PME bretonnes en quête de haut débit

18 mai

📍 La valorisation des PME remonte 

Le prix moyen d’acquisition d’une PME en Europe équivaut à 10,6 fois son Ebitda. C’est ce que révèle le dernier baromètre du fonds d’investissement Argos Wityu et la plateforme de gestion des opérations de M&A Epsilon Research. Cet indice mesure l’évolution de la valorisation des PME non cotées de la zone euro lors d’une prise de participation majoritaire. Sur le premier trimestre de l’année, le prix d’acquisition est remonté de 10 à 10,6 fois l’Ebitda. Cela reste en retrait par rapport aux 11,6 constatés l’an passé, mais le niveau de valorisation reste élevé, supérieur à celui qu’il était avant le déclenchement de la crise sanitaire. Si la guerre en Ukraine n’a pas d’impact pour le moment sur la valorisation des PME, elle commence à en avoir sur le nombre de transactions, qui ont baissé de 25% en mars, par rapport aux deux premiers mois de l’année. 

Des aides financières pour garder la pêche 

Pour éviter que les pêcheurs français boivent la tasse face à la hausse de leurs charges d’exploitation suite à la guerre en Ukraine, le gouvernement vient de mettre en place une aide financière. Deux décrets du 12 mai encadrent cette subvention exceptionnelle. Pour les pêcheurs, « le calcul se base sur les achats de carburant réalisés par le demandeur du 17 mars 2022 au 31 juillet 202 », précise le décret n°2022-802. De leur côté, les conchyliculteurs pourront, eux aussi, bénéficier d’un coup de pouce financier qui sera fonction des "surcoûts des dépenses d’intrants constatés entre les mois de mars et de septembre". L’instruction des demandes est confiée aux directions inter-régionales de la mer. Un arrêté ministériel doit encore préciser les conditions d’accès à ces aides, leurs montants et les conditions de versement. 

Chute des ventes de voitures neuves en Europe et en France en avril

Les ventes de voitures neuves ont chuté de 20,6 % en avril au sein de l'Union européenne, selon les chiffres de l'Association des constructeurs européens (ACEA). Avec 684 000 véhicules neufs vendus, il s'agit du plus faible mois d'avril enregistré par l'Association des constructeurs européens (ACEA) depuis 1990 (si l'on excepte l'année 2020). Le marché français s'est pour sa part effondré de 22,6 % selon l'ACEA.

La Poste veut rouler au vert 

Voilà de quoi redonner un peu de baume au cœur à l’industrie automobile : le groupe La Poste annonce qu’il va investir 600 millions d’euros pour verdir ses moyens de transport. Il va notamment faire l’acquisition de 8 000 véhicules utilitaires électriques et de 1 000 vélos cargos pour les trajets du premier et du dernier kilomètre. 

CMA CGM embarque avec Air France-KLM

Acteur mondial du transport maritime et de la logistique, CMA CGM s’associe à Air France-KLM dans un partenariat commercial de long terme dans le fret aérien. Le groupe marseillais entre au capital de la compagnie franco-néerlandaise à hauteur de 9 %.
A lire : CMA CGM fait son entrée au capital d'Air France-KLM

L'équipementier aéronautique Meggitt installe sa nouvelle usine à Avrillé

La future usine de l'équipementier aéronautique Meggitt, installé actuellement à Avrillé (Maine-et-Loire), sera construite dans le secteur de la Baratonnière, toujours à Avrillé, à horizon 2025. Le nouvel équipement de 14 500 mètres carrés nécessite un investissement d'environ 26 millions d'euros.
A lire : L'équipementier aéronautique Meggitt installe sa nouvelle usine à Avrillé

250 entreprises prêtes à vibrer au son de la musique metal 

Associer l’image de son entreprise à celle, parfois sulfureuse, du festival de metal Hellfest qui se prépare à signer son grand retour, dans le vignoble nantais, après une pause Covid. Des dizaines de PME n’ont pas hésité. Le club d’entreprises de ce festival au budget de 40 millions d’euros regroupe 250 entreprises. Partenaires, prestataires, mécènes forment un écosystème où business et créativité jouent la même partition. 
A lire : Ces entreprises dans l’antre du Hellfest

17 mai

📍 Le taux de chômage en légère baisse au 1er trimestre 2022

Le taux de chômage est quasi stable au premier trimestre 2022 à 7,3 % de la population active en France (hors Mayotte), soit 2,2 millions de personnes, contre 7,4 % au 4e trimestre 2021, selon les chiffres publiés le 17 mai par l'Insee. Cet indicateur est inférieur de 0,8 point à son niveau un an auparavant, et 0,9 point au-dessous de son niveau d'avant la crise sanitaire, soit son plus bas niveau depuis 2008, estime l'Insee.

Des jours de congés pour les règles douloureuses 

Le sujet n’est pas (encore) sur la table d’Elisabeth Borne. Mais sur celle de Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol. Le gouvernement ibérique est en effet en train d’examiner un projet de loi autorisant les congés menstruels. Les femmes souffrant de règles douloureuses ou invalidantes pourraient bénéficier, sur certificat médical, jusqu’à 5 jours de congés par mois, indiquent nos confrères de RMC. Si le projet de loi va à son terme, il s’agira d’une première en Europe. Mais pas au monde : les congés menstruels existent dans quelques pays d’Asie, à commencer par le Japon qui les a mis en place au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Certaines entreprises françaises le proposent également à leurs salariées, comme la start-up toulousaine Louis, un fabricant de mobilier de bureau qui l'a mis en place depuis le mois de mars.

Le télétravail, c’est bon pour la productivité 

Les salariés ne profitent pas du travail à distance pour buller ou procrastiner. Au contraire, le télétravail favorise la productivité. On doit cette conclusion à un récent rapport du Conseil national de la productivité (CNP), une instance rattachée à Matignon présidée par Natacha Valla réunissant une quinzaine d’économistes. « L'accélération du recours au télétravail lié à la crise sanitaire pourrait finalement aboutir à un gain durable de productivité », assure le rapport du CNP. Un gain que les économistes ont cherché à évaluer. « L’extension du télétravail d’environ 5% à 25% de l’emploi total pourrait améliorer la productivité d’environ 9 % », estiment-ils. Attention toutefois, préviennent-ils, la productivité, ce n’est pas forcément la santé. Le travail à distance « a conduit également lors de la crise sanitaire à dégrader pour certains les conditions de travail et à aggraver les risques psycho-sociaux », même si ces derniers ont aussi être pu liés à la crise du Covid. Aux entreprises de s’adapter pour trouver la bonne formule et les bonnes pratiques managériales pour que le télétravail devienne synonyme à la fois de productivité et de santé.

La montée en puissace du recyclage

Paires de chaussures, vêtements, pots de yaourt ou fenêtres : aujourd’hui tout, ou presque, se recycle. Confortées par la hausse des prix des matières premières, de plus en plus d’entreprises, par convictions écologiques, poussées par la législation ou par calcul économique, se lancent dans le business du recyclage. Nos déchets pourraient-ils devenir le pétrole de demain ? Peut-on vraiment tout recycler et à quel prix ? Quels défis doivent relever les business du recyclage pour devenir pérennes ? 
A lire, notre enquête sur les nouveaux business du recyclage

En région : Safilin relocalise une partie de sa production de fil de lin

La production est désormais lancée au sein de la nouvelle filature que Safilin a réimplantée à Béthune (Pas-de-Calais). Une trentaine d’opérateurs a été recrutée pour produire, dès 2023, deux tonnes de fils de lin destinés à l’habillement comme aux produits pour la maison.
A lire : Safilin inaugure sa filature pour relocaliser une partie de sa production de fil de lin

Une nouvelle usine pour faire décoller Guimbal 

Sur le marché des petits hélicoptères, l’entreprise aixoise Guimbal tire son épingle du jeu. Le gain d'un marché de plus d'un million d'euros lié au ministère de la Défense amène la PME à envisager la construction d’une nouvelle usine en 2023. 
A lire : Guimbal envisage la construction d’une nouvelle usine d’hélicoptères

16 mai

Élisabeth Borne nommée Première ministre

Trois semaines après sa réélection, le président de la République Emmanuel Macron a choisi le 16 mai Élisabeth Borne comme nouvelle Première ministre et l'a chargée de former un gouvernement. L'actuelle ministre du Travail a occupé plusieurs postes au gouvernement depuis mai 2017.

La Commission européenne revoit ses prévisions de croissance à la baisse

La croissance du PIB réel devrait s’élever à 2,7 % pour 2022 dans l’Union européenne et la zone euro, contre 4,0 % prévus initialement, d’après les estimations publiées par la  Commission européenne. La croissance 2023 a, elle aussi, été revue à la baisse à 2,3 %  (-0,5% dans l’UE et - 0,4% dans la zone euro). "L'invasion de l'Ukraine par la Russie a créé de nouveaux défis, rappelle la Commission. En exerçant de nouvelles pressions à la hausse sur les cours des matières premières, pressions qui entraînent de nouvelles ruptures d'approvisionnement et accentuent l'incertitude, la guerre renforce les vents contraires (…)"

Inflation record en zone euro

"Les prix de l'énergie poussent l'inflation à des niveaux record", a indiqué la Commission européenne. Dans la zone euro, l'inflation globale a bondi à 7,5 % en avril, soit "le taux le plus élevé de l'histoire de l'union monétaire". Elle devrait atteindre 6,1 % en 2022, puis reculer à 2,7 % en 2023. Il s'agit, pour l'ensemble de l'année 2022, d'une révision à la hausse considérable comparée aux prévisions de l'hiver 2022 (3,5 %).

30 à 40 milliards d’euros pour que les entreprises se lancent dans la décarbonation

Moins d’impôts pour permettre aux entreprises de financer la décarbonation de l’économie. La transition est un enjeu pour les entreprises, y compris financier. Président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux estime qu’elle coûterait 30 à 40 milliards d’euros par an aux entreprises tricolores.
A lire : Le Medef estime à plus de 30 milliards d’euros la facture de la décarbonation pour les entreprises

Renault se désengage de Russie

Le groupe automobile français Renault a annoncé le 17 mai son désengagement de Russie, où il emploie 45 000 salariés. Le constructeur va vendre ses actifs à l'Etat russe. Dans le détail, le conseil d’administration de Renault a approuvé un accord pour céder 100 % de ses parts dans Renault Russie à la Ville de Moscou et sa participation de 67,69 % dans Avtovaz (fabricant des véhicules Lada) à Nami (l'Institut central de recherche et de développement des automobiles et des moteurs). Renault garde cependant une option de rachat de sa participation dans Avtovaz pendant 6 ans.

McDonald’s quitte aussi le marché russe

Après 30 ans de présence, McDonald’s va quitter le marché russe. La chaîne américaine de fast-food a déjà entrepris des démarches pour vendre toutes ses activités dans le pays. L’enseigne y avait déjà fermé ses restaurants début mars. Le géant américain juge sa présence intenable et contraire à ses valeurs, suite la crise humanitaire causée par la guerre en Ukraine. McDonald’s emploie 62 000 salariés en Russie. La firme s’oriente vers une vente à un acheteur local et souhaite retirer son logo, son nom et ses menus des restaurants.

L’actionnariat salarié a doublé dans les PME

L’actionnariat salarié a doublé dans les PME entre 2015 et 2021, passant de 4% à 9%. C’est le résultat de la seconde édition du "Panorama dans l’actionnariat salarié dans les PME" Eres - OpinionWay.  Par ailleurs, plus de 8 PME sur 10 considèrent qu’associer des salariés au capital de l’entreprise est une bonne chose. Et trois quarts d’entre elles soulignent son efficacité pour motiver, impliquer et fidéliser les salariés. 

La stratégie industrielle gagnante de Port-Jérôme

Orientée depuis de nombreuses années vers une industrie raisonnée, la stratégie de la zone industrielle de Port-Jérôme, en Seine-Maritime, porte ses fruits avec l’annonce de l’implantation de plusieurs projets d’envergure sur son territoire. Le dernier en date, celui de l’américain Eastman, présente l’un des plus importants projets du pays en matière d’industrie, avec à la clé un investissement de 850 millions d’euros.
A lire : [Enquête] Comment Port-Jérôme a développé une stratégie industrielle gagnante

13 mai

📍 L'inflation retourne 37 ans en arrière...

L'Insee persiste et signe. La hausse des prix sur un an a bel et bien atteint +4,8 % en avril, a confirmé, aujourd'hui, l'institut statistique. Un chiffre conforme à sa première estimation, parue il y a deux semaines. Un tel niveau n'avait plus été atteint depuis novembre 1985 ! Le mois dernier, seules deux baisses ont été enregistrées : les produits de santé (-0,1 % par rapport à mars) et l'énergie (-2,5 %), laquelle reste toutefois à des sommets sur un an (+26,5 %). Mais, désormais, l'inflation est aussi soutenue par l'alimentation (avec un bond des huiles, produits laitiers, café et viandes), ainsi que les services, propulsés notamment par les transports (+15,7 % en douze mois, soit 9,6 points de plus qu'en mars).

... la consommation risque d'en pâtir...

Et si l'inflation finissait par ruiner la consommation des ménages ? Déjà chancelantes au premier trimestre, les dépenses des Français pourraient sérieusement reculer, à en croire une enquête réalisée par l'institut CSA Research pour Cofidis. Ainsi, 81 %, des 1 510 personnes interrogées du 28 mars au 4 avril, prévoient de restreindre leurs achats dans les douze prochains mois. Elles raboteront surtout leurs sorties (à 55 %) et voyages (41 %), mais aussi l'habillement (45 %) et les loisirs (38 %). Plus inquiétant encore, un quart des répondants s'apprête à rogner sur leur budget chauffage et quasiment autant (23 %) sur leur alimentation. Et pour cause : les deux tiers des sondés assurent déjà que "la situation internationale a eu des conséquences sur leurs finances personnelles". Pas si étonnant, au vu des derniers chiffres de la Dares sur les salaires (voir ci-dessous).

... les salaires en souffrent déjà

Tout augmente, sauf les salaires. La formule est bien connue. Et elle n'a sans doute jamais été aussi vraie. Certes, au premier trimestre, l'indice du salaire mensuel de base dans le privé, tel que relevé par la Dares (ministère du Travail), a progressé d'1,1 % en trois mois, et même de 2,3 % en un an. Sauf que cet indicateur, correspondant au salaire brut pur et dur (avant déduction des charges, et sans les primes ni les heures supplémentaires), doit être "[mis] en regard de l’inflation". Et là, ça change tout, puisque la rémunération affiche alors une baisse de 2,3 % en un an. Avec même des creux à -2,6 % dans la construction et -2,7 % pour les professions intermédiaires et les cadres.

Automobile : quand le virage électrique change le visage de Renault

Renault en route vers une grande réorganisation. Le groupe français travaille à rassembler toutes ses activités électriques et logicielles, au sein d'une nouvelle "entité autonome", installée dans l'Hexagone. Quatre usines régionales rejoindraient ce futur "pôle d'excellence".

Cybersécurité : la filière incitée aux "synergies"

L'union fait la force. Ce nouveau mantra de la filière cybersécurité vient de trouver une nouvelle traduction avec la conclusion d'un partenariat entre Bpifrance et le tout nouveau Campus Cyber de La Défense. Les deux promettent un "plan d'actions commun" pour "accompagner la croissance des start-ups du secteur" et la structuration de l'écosystème national. Avec un maître-mot : "synergies" entre des acteurs (jeunes pousses, grands groupes et centres de recherche), jugés "encore trop fragmentés".

Energie : les TPE-PME poussées vers l'hydrogène

La saison est décidément propice aux mariages. Dans l'énergie cette fois, les chambres de commerce et d'industrie (CCI) font cause commune avec France Hydrogène, représentant les acteurs engagés sur cette technologie d'avenir. L'objectif est précisément de promouvoir l'hydrogène auprès des TPE-PME et d'associer ces dernières "au développement de la filière". Elles "pourront [y] trouver un relais de croissance et/ou des solutions utiles pour leurs usages propres", assurent les deux organisations. L'enjeu est aussi de trouver des débouchés pour le secteur. Ou, pour le dire plus diplomatiquement, comme le président de France Hydrogène Philippe Boucly, cité dans le communiqué : il s'agit d'"oeuvrer [à] l’ancrage territorial et [au] contenu local des projets de production et de transport d’hydrogène, et la réindustrialisation de nos territoires", alors que les entreprises de la filière multiplient les nouveaux projets actuellement (scooters de Pragma Industries ; camion de Symbio, Michelin et Faurecia ; station de recharge mobile d'Atawey...).

La logistique appelée à voler au secours de l'Ukraine

Acteurs de la logistique, Bruxelles a besoin de vous ! Pour aider l'Ukraine a faire sortir du pays ses stocks de produits agricoles, bloqués par l'invasion russe, la Commission européenne a lancé plusieurs appels aux entreprises. D'abord? "rendre disponibles d'urgence des moyens de transport" nécessaires aux opérations de fret (wagons, citernes, camions, navires, etc.). Ensuite, "produire, prêter et/ou vendre des matériels mobiles de chargement de céréales aux sites de transbordement" frontaliers qui en ont besoin. De son côté, l'UE va créer une "une plate-forme logistique de mise en relation", de manière à faciliter ces échanges. Elle envisage également d'accorder des "garanties financières complémentaires" aux transporteurs prêts à se rendre en Ukraine, de sorte de couvrir au mieux leurs éventuels pertes ou dommages dans le pays.

12 mai

📍 Prix de l'énergie : l'Etat colmate les brèches

On connaissait déjà le "bouclier tarifaire" pour les ménages et les petites entreprises. Voici venue la rustine financière pour les activités les plus gourmandes en énergie. Cette subvention, prévue dans le plan de résilience, vise à éponger une partie des surcoûts liés à la flambée des prix du gaz et d'électricité. En attendant son lancement en juin, le gouvernement en a rectifié les modalités. Sans vraiment parvenir à les simplifier, bien au contraire.
A lire : L’aide aux activités les plus consommatrices d’énergie revue et corrigée avant son lancement

Le bâtiment ne faiblit (quasiment) pas

Les difficultés s'accumulent, la croissance aussi, pour les artisans du bâtiment. En début d'année, leur activité n'a pas faibli... leur trésorerie et leurs marges, si, selon la note trimestrielle de conjoncture de la Capeb, leur principale organisation patronale.
Sur le même sujet : Dans le Maine-et-Loire, la Fédération française du bâtiment s’inquiète pour l’avenir des entreprises

L'agroalimentaire compte bien augmenter ses prix

C'est LE sujet du moment dans les entreprises : comment répercuter la hausse de leurs coûts sur leurs clients ? L'agroalimentaire n'échappe pas à la question. Et la FNSEA, principal syndicat agricole, compte bien obtenir gain de cause. « Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, a expliqué sa présidente sur RMC, il y a une augmentation de toutes les charges, encore plus qu’auparavant. » Et de citer les cours de l'énergie, du carton, de l'acier, des transports... dans un contexte de grippe aviaire et de sécheresse en France, mais aussi de confinements anti-coronavirus en Chine. « Donc produire coûte plus cher, à la fois pour les agriculteurs et les industriels, a poursuivi Christiane Lambert. Or, si on veut maintenir les entreprises et l'agriculture en France, il faut accepter ces hausses » de prix sur les produits alimentaires. C'est justement tout l'objet des négociations commerciales, rouvertes fin mars, avec la grande distribution. Laquelle « [tarde] à rendre réponse aux industriels qui s'inquiètent », a déploré la patronne de la FNSEA.
Sur le même sujet : Les industries agroalimentaires bretonnes espèrent beaucoup de la loi Egalim 2

Numérique : Sencrop poursuit sa moisson

Le lillois Sencrop élargit son horizon. Le concepteur de stations météo pour l'agriculture vient de boucler son quatrième tour de table en six ans. L'occasion pour lui de récolter l'appui de fonds internationaux. Un soutien précieux pour sa stratégie d'expansion.
A lire : Sencrop lève 18 millions de dollars pour affiner encore le modèle de ses stations météo connectées

Jeux vidéo : les business angels appelés en renfort

Les business angels prêts à prendre les manettes. Pour contribuer au financement du secteur et centraliser les besoins, le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) vient de lancer sa "plate-forme de mise en relation" entre porteurs de projets et investisseurs professionnels. Les premiers peuvent venir y chercher au moins 100 000 euros en capital-investissement (dossier à déposer en ligne). Les seconds s'engagent à mettre 25 000 € minimum dans le capital des entreprises qui les intéressent. Une vingtaine de ces business angels spécialisés se sont inscrits à cette initiative.

11 mai

📍 Vers une croissance sans approvisionnements ?

Pas de récession à l'horizon, disait l'Insee en début de semaine. C'est vrai, renchérit la Banque de France aujourd'hui : elle prédit, pour sa part, une croissance de +0,2 % au deuxième trimestre. Sauf que les 8 500 entreprises interrogées entre le 27 avril et le 4 mai sentent bien que le vent tourne. Leur opinion sur l'état de leur trésorerie et de leurs carnets de commandes est en train de s'inverser. Les difficultés d'approvisionnement continuent, elles, de se durcir - dans l'industrie en général (65 % des répondants touchés, +5 points en un mois et au plus haut depuis un an), dans l'aéronautique, la plasturgie et la chimie en particulier (avec des bonds de 14 à 16 points, comparés à mars). De quoi tirer irrémédiablement les prix de vente vers le haut : la moitié des industriels ont augmenté les leurs le mois dernier et 65 % des patrons du bâtiment en ont fait autant. Une mécanique implacable de l'inflation, à laquelle participent également les TPE-PME (voir ci-dessous).

Inflation : les TPE-PME dans le tourbillon...

A quoi ressemble une spirale inflationniste ? Pour le savoir, il suffit de lire la dernière édition du baromètre dédié aux PME, signé Bpifrance Le Lab et Rexecode. Face au choc économique provoqué par la guerre en Ukraine, les patrons interrogés ne s'en cachent plus : ils vont augmenter leurs tarifs en plus grand nombre et à plus grande échelle au cours de l'année. Une révision générale des prix qui n'empêchera pas l'érosion de leurs marges nettes. Ni l'assombrissement de leurs perspectives. Sans virer au catastrophisme, l'étude note ainsi, et comme la Banque de France (voir ci-dessus), un renversement de tendance dans les entreprises, désormais moins optimistes sur l'état de leur trésorerie, leurs intentions d'investissement et leur accès aux financements bancaires.
A (re)lire : Energie, carburant... les PME prises au piège de l'inflation

... la riposte de l'Etat dans l'expectative

La France n'a toujours pas de nouveau gouvernement, mais on connaît désormais sa future feuille de route contre l'inflation. Elle prendra la forme d'un budget rectificatif, présenté « dans la foulée des élections législatives » de juin, pour traduire les promesses de campagne du président de la République sur le pouvoir d'achat. Annonce du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à la sortie de ce qui devait être le dernier conseil des ministres de l'ère Castex. Le texte en préparation visera notamment à tripler le plafond de la "prime Macron" ; baisser les charges des travailleurs indépendants, pour parvenir à « 550 euros de gains par an, au niveau du Smic » ; contre la flambée des prix à la pompe, introduire un outil « pérenne et mieux ciblé » que l'actuelle "remise carburant" (« qui sera poursuivie, évidemment ») ; entériner la prolongation du bouclier tarifaire sur le gaz et l'électricité jusqu'à la fin de l'année ; ou encore, lancer des « chèques alimentaires dès cet été ».

Les défaillances d'entreprise insensibles à la guerre en Ukraine

Pendant ce temps-là, la remontée attendue des défaillances d'entreprise, elle, se poursuit, mais sans s'emballer. En avril et sur douze mois, la Banque de France en a compté 30 915 au total. Soit le cumul annuel le plus élevé depuis décembre 2020. Malgré une conjoncture économique compliquée, cette sixième hausse consécutive des procédures collectives reste toutefois modérée (+7,4 % en un mois) et bien loin de son niveau d'avant-crise sanitaire (-43 % par rapport à la période de mai 2018 à avril 2019). Les défaillances ont même atteint leur total mensuel le plus bas de l'année 2022 en avril (-28,7 % par rapport à mars).

Dans les transports, les masques vont tomber

Et une contrainte sanitaire en moins. Le port du masque dans les transports publics ne sera « plus obligatoire », mais simplement « recommandé », à partir de lundi, a fait savoir le ministre de la Santé, ce midi. La levée de cette restriction s'explique par le reflux du Covid-19, même si « nous ne sommes pas encore sortis de cette cinquième vague et la pandémie n'est pas terminée », a tenu à souligner Olivier Véran. Restent toutefois en vigueur, dans les établissements de santé et maisons de retraite, le fameux masque, ainsi que le passe sanitaire et l'obligation vaccinale du personnel. Par ailleurs, la boîte à outils du gouvernement contre le coronavirus ne sera pas complètement remisée au placard : « Nous allons garder tous les leviers de sécurité nécessaires pour ne pas nous exposer à des risques de vague épidémique » future, a indiqué le ministre, alors qu'il était interrogé sur l'évolution attendue du Covid-19.

Licenciements abusifs : fini les dérogations au "barème Macron"

Il aura fallu un quinquennat entier pour trancher. La Cour de cassation a définitivement entériné, aujourd'hui, le "barème Macron" de 2017 - comprendre la refonte des règles d'indemnisation des salariés licenciés sans cause réelle ni sérieuse. Un dispositif polémique que différents conseils des prud'hommes avaient remis en cause depuis lors, au nom de plusieurs conventions internationales. Dans un communiqué, le ministère du Travail s'est réjoui de la fin de ce feuilleton. Et assure que ce barème "donne une plus grande prévisibilité dans la relation de travail et a permis de développer des alternatives au contentieux, ce qui in fine contribue à une augmentation continue des embauches en CDI".

Impôt sur le revenu : encore un couac dans la campagne

Après le bogue informatique, le couac postal. Certains contribuables ont reçu "sensiblement plus tard" que d'habitude la version papier de leur déclaration de revenus 2021, a reconnu, aujourd'hui, le ministère des Finances. Dont acte : la date limite de dépôt est repoussé du 19 au 31 mai. En revanche, le calendrier pour les démarches en ligne, lui, ne bouge pas.

10 mai

📍 La France échappera à la récession, pas à l'inflation

Le contexte international n'en finit pas de souffler le chaud et le froid sur l'économie française. Au deuxième trimestre, comme au premier, les prix devraient encore s'enflammer, et le PIB s'enrhumer, prévient l'Insee, dans son dernier point de conjoncture. L'institut écarte toutefois tout risque de récession. Sans dire pour autant jusqu'à quand, et jusqu'où, montera l'inflation.
A lire : L’inflation va continuer à peser sur l’économie française au deuxième trimestre 2022

Entreprises en difficulté : les solutions amiables ont la cote

Mieux vaut prévenir que guérir. Visiblement, les TPE-PME ont fini par le comprendre en 2021. Les procédures amiables pour les entreprises en difficulté ont explosé l'an dernier, selon un rapport de Deloitte. Une ruée à laquelle ont largement participé les plus petites structures, se félicite le cabinet.

Les aéroports plombés par leurs difficultés de recrutement

En 2020-2021, ils manquaient de voyageurs. En 2022, c'est le personnel qui leur fait défaut. Les aéroports français s'attendent à être « en sous-effectifs pour passer l'été », a prévenu, ce matin, sur France Info, Thomas Juin, le président de leur Union, l'UAF. Ce qui devrait provoquer un allongement des files d'attente. A l'origine du problème, le temps de formation des agents récemment embauchés, mais surtout « une difficulté de recrutement manifeste, en ce moment, en pleine reprise ». Elle est attribuée, comme « dans le secteur du tourisme en général (...) [à des] conditions de travail pas suffisamment attractives à notre époque » (travail le week-end, horaires décalés, etc.). De quoi enrayer la relance d'un secteur qui en a pourtant bien besoin : selon le récent bilan détaillé de l'UAF, le trafic passagers des aéroports régionaux français (hors Paris) était encore, l'an dernier, inférieure à 55 % de son niveau de 2019. Avec des chutes abyssales dans certains cas, comme à Dinard-Saint-Malo (-99,2 %), Chambéry-Savoie Mont-Blanc (-96,7 %) ou encore Grenoble-Alpes-Isère (-96,3 %) !

L'agriculture craint la panne sèche

Nouvelle menace sur la production agricole nationale. Après le gel de début avril, et en plus de la crise russo-ukrainienne, la sécheresse de ce début mai pourrait fragiliser les rendements de céréales. Le vice-président de la FNSEA, principal organisation professionnelle du secteur, s'inquiète en particulier pour le blé et le fourrage. En la matière, Luc Smessaert a fait état, sur BFMTV, de « 30 à 40 % de récolte en moins » sur le début de la campagne 2022. De son côté, le gouvernement a décidé d'irriguer les agriculteurs en aides à l'investissement. L'enveloppe du guichet France 2030 en faveur des équipements innovants devrait être doublée, pour passer à 40 millions d'euros, selon plusieurs médias. Et en avril, déjà, les agences de l'eau avaient obtenu une rallonge de 100 millions, entre autres pour soutenir les filières "dans leur stratégie d’adaptation au changement climatique" et améliorer la gestion de la ressource en eau. Une gestion jugée « calamiteuse » aujourd'hui par la FNSEA.

Hydrogène : Lhyfe dans la cour des grands

Le nantais Lhyfe prêt à carburer à la Bourse de Paris. La start-up industrielle a lancé hier, son introduction sur Euronext. Avec l'espoir d'amasser jusqu'à 145 millions d'euros pour développer ses usines de production d'hydrogène vert en France et en Europe.
A lire : Lhyfe passe la vitesse supérieure avec son entrée en Bourse

9 mai

📍 Commerce extérieur : un trou à 100 milliards...

Le déficit commercial de la France prend des proportions historiques - et alarmantes. Au premier trimestre, il a atteint des niveaux records sur trois mois, comme sur un an. Au point d'atteindre la barre symbolique des -100 milliards d'euros entre avril 2021 et mars 2022, indiquent les douanes, dans leur dernier bilan.

... mais les services sauvent l'honneur

Pour retrouver un peu de baume au coeur, il faut regarder du côté des services. Le solde des transactions courantes de la France en la matière a, lui aussi, atteint un niveau historique, mais dans le bon sens en quelque sorte : il affiche un excédent de 16 milliards d'euros, selon la Banque de France, en hausse de quasiment 2,6 Md€ en trois mois. La situation est tout simplement l'exact inverse de celle des échanges de biens, puisque les exportations de services s'envolent depuis un an (+34 %), bien plus que les importations (+14,5 %), toujours sous leur niveau d'avant-crise sanitaire. Las, ce dynamisme du tertiaire ne suffit pas à rééquilibrer la balance des paiements. Elle reste déficitaire de 5,4 Md€, d'après les calculs de l'institution (après intégration des transactions de biens, du négoce international et des flux financiers).

Les travailleurs des plates-formes, de la rue aux urnes

Premier passage par les urnes pour les livreurs et conducteurs de VTC. Ces deux catégories de travailleurs des plates-formes numériques sont invités à élire leurs représentants syndicaux à partir d'aujourd'hui, et jusqu'au 16 mai. Quelque 120 000 personnes doivent participer à ces élections professionnelles inédites. Le vote se fait exclusivement en ligne. Seize organisations sont en lice - neuf dans le secteur de la "livraison de marchandises" et sept dans celui des voitures de transport avec chauffeur. Les élus seront ensuite amenés à discuter avec les plates-formes des quatre thématiques obligatoires de négociation annuelle, fixées par le Code du travail, à savoir : la fixation de la rémunération, les conditions de travail, la prévention des risques et la formation professionnelle.

Emploi : le grand chamboule-tout des fins de contrat

La dynamique de l'emploi est décidément étonnante, et pour le moins contre-intuitive. Au quatrième trimestre 2021, les licenciements économiques n'ont jamais été aussi faibles ni les démissions aussi fortes depuis au moins 2007, selon les chiffres de la Dares (ministère du Travail). Autant dire que ces résultats ne sont pas vraiment ceux auxquels on aurait pu s'attendre, deux ans après une crise économique aussi brutale que le Covid-19 !

Nouveau coup de massue à la pompe

L'emballement des prix des carburants repart de plus belle. Le litre de gazole (relevé à 1,9438 euro en moyenne, la semaine passée), de sans plomb 95 (à 1,8658 €), comme de SP98 (à 1,9181 €), a pris environ 6 centimes en sept jours, selon les données du ministère de la Transition écologique. Soit des hausses comprises entre 3,2 et 3,5 %. Cette troisième augmentation consécutive replace les prix au-dessus de leur niveau de début avril, c'est-à-dire au moment où la "remise carburant" du gouvernement produisait ses premiers effets. Seul le GNR (à 1,4317 €) échappe à ce retour de flammes (-1,2 %, première baisse en un mois).

Embargo sur le pétrole russe : le G7 persiste et signe

Voilà qui ne devrait pas arranger les affaires des usagers de la route. Dans une déclaration commune, les membres du G7 ont affiché, hier, leur détermination "à éliminer progressivement [leur] dépendance vis-à-vis de l’énergie russe, notamment en réduisant progressivement ou en interdisant l’importation de pétrole". Ces sept Etats, dont font partie la France et l'Allemagne, promettent toutefois de travailler à "garantir des approvisionnements énergétiques mondiaux stables et durables et des tarifs abordables aux consommateurs". A noter qu'en parallèle, les discussions se sont justement poursuivies, ce week-end, au niveau européen, pour aboutir à un tel embargo sur le pétrole russe. Aucun accord n'a toutefois encore été trouvé entre les Vingt-Sept.
A lire : Pendant ce temps-là, la Nouvelle-Aquitaine se prépare à se passer du diesel

6 mai

📍 L'emploi salarié en résistance, l'intérim en souffrance...

Les crises font vaciller l'intérim. Dans un premier trimestre marqué par la cinquième vague de Covid-19 et le début de la guerre en Ukraine, le travail temporaire s'est contracté, en France, pour la première fois en deux ans, indique l'Insee. Signe avant-coureur de l'incertitude ambiante ? Peut-être, car, dans le même temps, l'emploi salarié reste plutôt bien orienté... mais son rythme de croissance ralentit.

... et les salariés en partance

Autre tendance du moment sur le marché de l'emploi : les salariés ont la bougeotte ! En tout cas si l'on en juge par le boom des ruptures conventionnelles. En mars, l'administration en a homologué 42 324 (+20,2 % sur un an), selon la Dares (ministère du Travail). Soit le deuxième total le plus élevé depuis 2008, juste derrière le record de juillet 2020. Après avoir souffert de la crise sanitaire en 2020, ce mode de rupture du contrat de travail, négocié entre l'employeur et le salarié, est désormais bien plus utilisée qu'avant l'épidémie : au premier trimestre, plus de 123 000 accords ont ainsi été validés, 11,8 % de plus qu'à la fin 2019.

Le crowdfunding, victime de Bruxelles ?

Les acteurs du financement participatif engagés dans une course contre la montre. Ils ont jusqu'au 10 novembre pour appliquer une nouvelle réglementation européenne, sous peine de devoir cesser leur activité. Mais à six mois de l'échéance, les représentants français du secteur, alliés à leurs homologues allemands, redoutent un blocage général et réclament déjà un délai supplémentaire.

Fragile trêve des prix dans l'agroalimentaire...

L'inflation des produits agricoles fait une pause. Après avoir battu deux fois de suite son record, l'indice des prix internationaux de la FAO s'est légèrement infléchi en avril (-0,8 % en un mois). Un répit tout relatif, puisque cet indicateur affiche, sur un an, une progression de 29,8 %. Le prix des viandes, en hausse de 2,2 % sur le mois, atteint même un nouveau sommet. La guerre en Ukraine et l'épidémie de grippe aviaire, notamment en France, font tout particulièrement flamber la volaille, indique l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

... le groupe Lactalis pessimiste pour 2022

Il y a le feu au lait. Le géant Lactalis n'échappera pas à l'inflation cette année, a-t-il reconnu, en marge de la présentation de ses résultats 2021. Une bien mauvaise nouvelle, après un dernier exercice déjà mitigé pour le groupe mayennais.
A lire : Le laitier Lactalis annonce une légère baisse de résultat et une probable hausse de charges

Distribution : King Jouet voit grand

Pour étendre son royaume, King Jouet agrandit son entrepôt. En grande forme l'an dernier, l'enseigne iséroise veut se donner les moyens de poursuivre sur sa lancée, notamment dans le numérique. Pour ce faire, elle vient de lancer le doublement de l'un de ses principaux sites logistiques.
A lire : King Jouet investit 18 millions d’euros dans sa plate-forme de Rives

Ces économies régionales sinistrées par le Covid-19

Où la crise du coronavirus a-t-elle frappé le plus fort en 2020 ? Réponse : dans les Hauts-de-France. Le PIB y a reculé de 8,9 % cette année-là, selon une étude de l'Insee, parue hier soir. Suivent de près l'Ile-de-France et la Normandie, avec une récession estimée à -8,7 % dans les deux cas (contre -8 % en moyenne, au niveau national). Région la plus épargnée de métropole, la Bretagne a tout de même encaissé un recul de 4,8 % de son activité économique. Mais cet indicateur ne dit pas tout de l'ampleur du choc. Ainsi, souligne l'institut, le PIB par habitant "s’est retrouvé [en 2020] à un niveau inférieur à celui de 2000" dans le Grand Est, en Normandie, Bourgogne-Franche-Comté et Centre-Val de Loire !

5 mai

📍 Pas de répit avant l'été sur le front de l'inflation...

Le pic de l'inflation serait-il déjà atteint en France ? L'augmentation des prix ne devrait pas, en tout cas, dépasser +4,3 % cette année, selon l'assureur-crédit Allianz Trade. C'est 1 point de plus qu'annoncé initialement et, peu ou prou, le niveau déjà atteint en mars-avril. Sauf que cette flambée ne devrait se calmer réellement qu'au second semestre... et que cette prévision exclut tout embargo sur l'énergie russe (voir ci-après).
A (re)lire : Croissance à l’arrêt, inflation au sommet... l’économie française face au risque de la "stagflation"

... en attendant l'embargo sur le pétrole russe

Fin du pétrole russe, début des ennuis en Europe ? L'embargo, envisagé hier par l'UE en riposte à la guerre en Ukraine, ne sera pas sans conséquences sur la France, a admis, ce matin, la ministre de la Transition écologique. Très évasive sur le sujet, Barbara Pompili a néanmoins écarté tout risque de pénurie : « Nous avons des réserves, donc pas la peine de se précipiter vers les stations essence ! (...) On est tranquille pendant de nombreux mois », a-t-elle estimé sur France Info, avant de préciser que, « sur le diesel, il peut y avoir quelques petites questions de reroutage du stockage, qui peuvent prendre un peu de temps ». Mais cet embargo pourrait surtout se faire sentir au passage en caisse. « Dès lors qu’on s’écarte [du schéma d'approvisionnement actuel, qui est optimisé], on peut partir sur le principe que ça va coûter plus cher », a déjà indiqué à la presse Olivier Gantois le président de l'UfipEM, l'organisation professionnelle des industries pétrolières.

Le sombre présage de Bruno Le Maire

Et si, en fait, le pire était effectivement à venir ? C'est en tout cas la prédiction, brute de décoffrage celle-là, de Bruno Le Maire, aujourd'hui, en marge d'un déplacement à Evreux (Eure) : « Nous sommes face à des difficultés économiques considérables. Le plus dur est devant nous », a averti le ministre de l'Economie. A l'origine de ses inquiétudes ? « La guerre en Ukraine, la flambée du prix des matières premières et une inflation nouvelle, qui est le premier sujet de préoccupation économique », a-t-il insisté.

Le virage raté de la transition numérique

Bonnet d'âne pour les entreprises françaises. Elles font partie de celles qui ont le moins avancé en matière de transformation numérique, au cours de la crise du coronavirus, d'après une enquête de la Banque européenne d'investissement. Une occasion manquée qui pourrait leur coûter cher en termes de compétitivité, prévient la BEI.

Industrie : le redressement sur la mauvaise pente

Ca patine encore dans les usines. En mars, la production de l'industrie a globalement stagné (-0,5 % sur un mois), selon l'Insee, après un recul plus marqué qu'initialement annoncé sur février (-1,2 %). Même tendance dans les activités manufacturières (-0,3 %, après -0,9 %). La fabrication de machines et équipements souffre particulièrement (-3,9 %), tout comme les transports en général (-2,8 %), l'automobile en particulier (-7,3 %). Et pour cause : elle est "lourdement affectée par les difficultés d'approvisionnement en semi-conducteurs et autres intrants", rappelle l'institut. Bonne nouvelle quand même : si la production industrielle reste loin de son niveau d'avant-crise, le premier trimestre 2022 marque une légère amélioration sur un an (+0,3 %), surtout du côté manufacturier (+1,2 %).

Aérien : la reprise sur de bons rails

Redécollage en cours pour les compagnies aériennes. En mars, la demande a poursuivi son redressement (+76 % sur un an), au point d'atteindre son plus haut niveau en deux ans de pandémie - encore loin toutefois de son volume d'activité passé (-41,3 % par rapport à 2019), selon l'Association internationale du transport aérien (Iata). Les impacts de la guerre en Ukraine se sont finalement avérés "assez limités", tandis que la persistance du variant Omicron a surtout pénalisé les vols domestiques en Asie, explique l'organisation. Signe des temps, sa principale préoccupation réside désormais dans l'"insuffisance des ressources" mobilisées dans les aéroports pour assurer cette (re)montée en régime, et les retards qui en découlent pour les voyageurs.
A (re)lire : Malgré les incertitudes, l’horizon se dégage pour les entreprises du tourisme en 2022

4 mai

📍 Guerre en Ukraine : le pétrole et les services dans le collimateur...

Et maintenant, haro sur l'or noir de la Russie. Moins d'un mois après avoir acté un embargo sur le charbon, Bruxelles a officiellement proposé « une interdiction complète des importations de tout le pétrole russe, transporté par voie maritime ou par oléoduc », a déclaré, ce matin, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. La mesure s'appliquerait « de façon ordonnée » et progressive, avec bannissement des livraisons de brut « dans les six mois », puis sur les produits raffinés « d'ici à la fin de l'année ». Ce sixième train de sanctions européennes contre Moscou vise, par ailleurs, à prohiber la fourniture de toute prestation en expertise-comptable, communication ou consulting à des sociétés russes et à exclure de nouvelles banques, dont la première du pays Sberbank, du système international SWIFT. Les Etats membres de l'UE doivent à présent se prononcer sur toutes ces mesures. Ce qui pourrait prendre du temps : la Hongrie, par exemple, a déjà indiqué vouloir rejeter l'embargo sur le pétrole tel qu'il a été présenté par la Commission.

... de quoi enflammer encore le prix des carburants ?

Plus les sanctions contre Moscou s'accumulent, plus leur coût pour l'Europe pourrait s'accroître. Dans la foulée de l'annonce d'un futur embargo sur le pétrole russe (voir ci-dessus), le ministre allemand de l'Economie Robert Habeck a mis en garde contre les éventuelles « perturbations » d'une telle mesure pour son pays. Mais il a indiqué aussi, et plus largement, s'attendre à une hausse des prix à la pompe « de manière significative, sur une période de 180 jours », du fait de l'arrêt des importations en provenance de Russie. Des prix qui, en France, restent élevés et ont repris leur marche en avant ces dernières semaines.

Les crédits aux entreprises aussi coûtent plus cher

Pas de ruée des entreprises dans les banques. Au premier trimestre, et en dépit des difficultés nées de la guerre en Ukraine, les demandes de crédits de trésorerie sont restées faibles : environ 4 % des TPE-PME et 6 % des ETI en ont sollicité de nouveaux, au cours des trois premiers mois de l'année, selon la Banque de France (en baisse d'un demi-point par rapport à fin 2021). Le financement des investissements par l'emprunt, lui, s'est stabilisé, mais à un niveau toujours bien inférieur à l'avant-crise : près d'un quart des ETI et 18 % des PME ont déposé un dossier début 2022, soit 4 à 5 points de moins qu'au dernier trimestre 2019. Pour ne rien arranger, les 4 500 entreprises interrogées (hors TPE) n'ont jamais été aussi nombreuses en dix ans à signaler un renchérissement du coût du crédit. Un brutal renversement de tendance "à mettre en lien avec la hausse des taux d'intérêts (...) observée sur le mois de mars".

La durée de remboursement des PGE fait toujours débat

Une voix de plus en faveur de l'allongement de la durée de remboursement des prêts garantis par l'Etat. Déjà portée par les acteurs du tourisme et le réseau CCI France, cette vieille revendication est à nouveau relayée par la CPME. L'organisation patronale en fait même une "priorité économique" pour le futur gouvernement d'Emmanuel Macron.

Automobile : le marché se réduit comme peau de chagrin

Les ventes automobiles tournent désespérément en sous-régime. En avril, elles ont enregistré leur 11e baisse consécutive en France, avec seulement 108 723 voitures particulières écoulées, selon la Plateforme automobile (PFA). Cette chute de 22,6 % sur un an est le recul mensuel le plus important jusqu'ici relevé en 2022. Résultat, la contraction atteint -42,2 % par rapport à l'avant-crise (avril 2019).

Agroalimentaire : Terrena à la croisée des crises

Jamais deux sans trois. Déjà exposé aux difficultés issues de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine, le groupe agroalimentaire Terrena se débat, en plus, avec un troisième fléau, celui de la grippe aviaire, qui ravage les élevages français depuis plusieurs mois. Autant de circonstances exceptionnelles qui vont peser lourd dans sa balance en 2022, prévient l'entreprise basée en Loire-Atlantique.
A lire : Les résultats de Terrena ébranlés par trois crises simultanées

3 mai

📍 Gaz russe : l’UE se prépare à une rupture d’approvisionnement

Vers une aggravation de la crise énergétique qui frappe les Français et les entreprises ces dernières semaines ? La situation s’envenime encore un peu plus entre les pays de l’Union européenne et la Russie. Ce qui ne présage rien de bon pour les prochains mois. « L’Union européenne refuse de payer ses achats de gaz à la Russie en roubles et doit se préparer à une rupture dans ses approvisionnements, ont averti la Commission européenne et la présidence française du Conseil, à l'issue d'une réunion d’urgence », a indiqué aujourd’hui l’Agence France-Presse sur Twitter.
A lire : "Les entreprises doivent gérer le risque que représente l'achat de matières premières"

Carburant : la CPME demande un geste supplémentaire 

Interviewé dans l’émission « Télématin » sur France 2, le président de la CPME réclame un nouveau soutien pour aider les entreprises à encaisser la facture de carburant, citant notamment l’impact de la hausse de prix sur les acteurs du transport. Les aides du gouvernement, comme la remise de 15 à 18 centimes par litre au depuis avril « ont été utiles, mais malheureusement on voit que le prix du brent (NDLR : du pétrole) continue à évoluer dans la mauvaise direction, si bien que c'est relativement vite gommé», a déclaré François Asselin. Ces réductions de taxe « ne vont plus suffire pour équilibrer recettes et dépenses, donc il faudra certainement aller un petit peu au-delà et cibler les gros consommateurs d’énergie », a-t-il ajouté.  

L’aspect positif de la hausse des cours des matières premières

Qui l’eût cru ? L’envolée des cours des matières premières n’a pas que des aspects négatifs. Elle pourrait profiter… à la planète. En tout cas au recyclage. Car un produit recyclé, économiquement parlant, coûte parfois plus cher qu’un produit non recyclé. Enfin, ça c'était surtout avant : l’inflation exacerbée par la guerre en Ukraine change la donne et favorise le recyclage, estime Sophie Génier, directrice services recyclage chez Citeo, une entreprise à mission de 250 salariés, acteur de la responsabilité élargie des producteurs pour les papiers et emballages ménagers.
A lire : "L’envolée du prix des matières premières crée des conditions favorables au recyclage"

Le taux de chômage se réduit en zone euro

Bonne nouvelle dans ce contexte de crise énergétique : le taux de chômage de la zone euro diminue à nouveau pour atteindre 6,8% en mars 2022 (-0,1% comparé à février dernier).  Soit 76 000 chômeurs en moins. Une baisse encore plus forte comparée au taux de 8,2% enregistré en mars 2021. Ces chiffres sont publiés par Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne. Le taux de chômage globale de l’Union européenne s’établit, lui, à 6,2% en mars.

Les GreenTech françaises génèrent 3 milliards d'euros de chiffre d’affaires

Il existe 1 800 Greentech en France, recense Bpifrance. Ces entreprises innovantes « qui améliorent l’impact environnemental » ont réalisé plus de trois milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021, poursuit la banque publique. Le secteur surfe sur une belle dynamique. De 2020 à fin 2021, le nombre de start-up greentech a plus que doublé. Environ 50% de ces jeunes pousses « se sont emparées des enjeux autour des nouvelles énergies et du verdissement de l’industrie », précise encore Bpifrance. Autre info à noter : 70 % de ces Greentech sont basées en dehors de l’Île-de-France. Le secteur possède déjà ses « licornes », comme Back Market ou Vestiaire Collective.

Stellantis acquiert la société d’autopartage Share Now

Stellantis signe l’acquisition de Share Now, société d’autopartage fondée en Allemagne par BMW et Mercedes-Benz Mobility. Le constructeur automobile ajoute ainsi 10 000 véhicules et la couverture de 14 villes européennes dans le giron de sa filiale Free2move. Cette dernière revendique déjà « 7 hubs de mobilité aux États-Unis et en Europe » appuyés sur une flotte de 2 500 voitures disponibles. « Nous nous rapprochons de notre objectif d’étendre la présence mondiale de Free2move à 15 millions d’utilisateurs actifs d’ici 2030 », a commenté Brigitte Courtehoux, sa dirigeante. Positionnée sur la mobilité pour les clients B to B et B to C au sens large, Free2move dispose d’une flotte globale de 450 000 véhicules en location, en autopartage et abonnement. L’acquisition définitive de Share Now reste soumise à la réglementation antitrust.
 

2 mai

📍 Abus de position dominante : l’Europe épingle Apple 

La Commission européenne adresse un avertissement à Apple, en pointant un risque d’abus de position dominante. En cause, le service Apple Pay, sa solution propriétaire destinée aux iPhone et iPad permettant d'effectuer des paiements sans contact en magasin. « Nous disposons d'éléments indiquant qu'Apple a restreint l'accès de tiers à la technologie clé nécessaire pour développer des solutions de portefeuilles mobiles concurrentes sur [ses] appareils, a déclaré la vice-présidente chargée de la politique de concurrence, Margrethe Vestager. Nous avons considéré, à titre préliminaire, qu'Apple pourrait avoir restreint la concurrence, au profit d'Apple Pay (…) S'il était confirmé, un tel comportement serait illégal au regard de nos règles en matière de concurrence. »

Le prix des carburants progresse à nouveau

« Un mois après l'entrée en vigueur de la remise sur les carburants, la facture continue d’augmenter », souligne Le Figaro dans un article publié ce mardi. Selon le ministère de la Transition écologique, le prix du gazole s’élève à 1,8815 euro par litre (soit une hausse de 0,6 centime en une semaine), le super SP95-E10 à 1,7623 euro par litre (+1,5 centime). « Pour l'heure, les prix restent bien inférieurs à leur niveau observé avant l'entrée en vigueur de la remise de quinze à dix-huit centimes au litre accordée par le gouvernement. Mais le gazole a augmenté de sept centimes en deux semaines, et le SP95 de près de deux centimes sur la même période. Les différents carburants sont ainsi presque revenus à leur niveau de début avril », ajoute le journal.

La croissance se tasse dans la zone euro

Sur le premier trimestre 2022, le PIB de la zone euro affiche une légère hausse de 0,2%  (+0,4% dans l’Union européenne), par rapport au trimestre précédent, selon l'estimation d’Eurostat. Au cours du quatrième trimestre 2021, le PIB avait augmenté de 0,3% dans la zone euro (+0,5% sur l’ensemble de l’UE), toujours selon l’office statistique de l'Union européenne.
A (re) lire : l’économie française face au risque de la "stagflation"

Qantas commande 52 nouveaux Airbus pour des vols XXL

La compagnie aérienne australienne Qantas a confirmé une large commande de 52 avions Airbus, incluant douze A350-1000. Ces appareils permettront d’effectuer « les plus longs vols commerciaux au monde », indique l’avionneur européen. D’ici fin 2025, des liaisons aériennes « non-stop » pourront relier des villes australiennes comme Sydney à des destinations aussi lointaines que Londres ou New York. Un première. La commande inclut également des avions A220 et A321XLR. Elle s’ajoute à un autre contrat en cours prévoyant la livraison de plus de 100 avions A320neo Family aircraft.

Lutte anti-drones : Thales et CS Group signent un contrat avec l’armée

Un consortium mené par Thales et CS Group vient de remporter un contrat auprès de l’armée française. Celui-ci porte sur « la réalisation et le déploiement de la capacité de lutte anti-drones » baptisée Parade. Le marché s’élève à « un montant global de 350 millions d’euros » étalé sur 11 ans. Le système Parade « viendra notamment renforcer la sécurité du public et des infrastructures lors de la Coupe du Monde de Rugby 2023 et des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, organisés successivement en France.

Le Journal des Entreprises passe à l’heure néo-aquitaine

Le Journal des Entreprises couvre désormais toute la Nouvelle-Aquitaine. 100% girondine depuis son implantation à Bordeaux en 2007, Le Journal des Entreprises se met à la mesure de la région néo-aquitaine. Avec ses 14 magazines, ses newsletters et sa base de données recensant plus de 100 000 articles sur les entreprises régionales françaises, le Journal des Entreprises vous offre un dispositif éditorial inédit pour suivre l’actualité des entreprises qui font vibrer l’économie en régions. 

La SNCF va recruter 600 salariés sur son réseau Transilien 

La SNCF annonce vouloir recruter 600 agents sur son réseau Transilien en 2022, dont 200 conducteurs de train et de tram-train, 150 commerciaux en gare et 150 techniciens de maintenance. Ou encore 60 cadres (ingénieurs, développeurs…). Pour rappel, le Transilien désigne le transport de voyageurs de la SNCF en Île-de-France. Ce réseau régional comprend 6 200 trains qui circulent quotidiennement et 15 lignes (dont cinq lignes de RER). Plusieurs facteurs expliquent ces embauches, comme le développement du réseau (prolongement à l’ouest de la ligne du RER E), le renouvellement des matériels roulants ou encore le remplacement de départs en retraite ou vers d’autres entités de la SNCF.
 

29 avril

📍 Bienvenue en stagflation !

Stagflation. Retenez bien ce terme tout droit sorti des années 1970, car il pourrait bien finir par définir 2022. Au vu des chiffres de l'Insee pour ce début d'année, en tout cas, cette potion amère, mélange de stagnation et d'inflation, est déjà arrivée en France. Et pour cause : en début d'année, la croissance du PIB s'est arrêtée et la hausse des prix s'est emballée, montrent les derniers chiffres de l'Insee.
A lire : Croissance à l’arrêt, inflation au sommet... l’économie française face au risque de la "stagflation"

L'inflation à des niveaux historiques dans l'industrie

L'incendie inflationniste se propage aussi dans l'industrie. En mars, les prix de production ont explosé de 4,6 % en un mois et de 24,4 % en un an, signale encore l'Insee. Il s'agit ni plus ni moins que "des plus fortes hausses enregistrées dans les séries [statistiques] disponibles depuis janvier 1995". Les prix d’importation font encore plus fort : respectivement +7,9 % et +35,2 %, nouveaux records sur 17 ans. La guerre en Ukraine est clairement pointée du doigt, comme une surcouche sur un terreau d'inflation favorable, en raison de la forte reprise économique du deuxième semestre 2021. Mais, désormais, l'énergie n'est plus la seule à soutenir ces augmentations : les produits alimentaires s'emballent également (+3,3 %, un taux 4 fois supérieur à celui relevé en février), avec la palme de la hausse la plus forte pour les huiles et graisses (+26,2 %, par exemple, sur le marché français).

Nouvelle hausse du Smic en mai

Une augmentation pour la Fête du travail. A compter de ce 1er mai, le Smic est revalorisé de 2,65%. Il s’établit désormais à 1 645,58 euros bruts mensuels, soit 10,85 euros de l’heure. Cette hausse est mécanique, parce que liée à l’inflation. Il s’agit de la troisième en sept mois.

Lobbying : 220 entreprises et associations risquent gros

De Nokia à France Nature Environnement en passant par le Bombardier transport ou encore le Planning familial : 220 entreprises ou associations -sur les 2 178 qui devaient au 31 mars déclarer leur activité- ont été visées ce vendredi 29 avril par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pour ne pas avoir déclaré leurs activités de lobbying en 2021. Parmi ces 220 non-déclarants, on retrouve aussi de nombreuses chambres consulaires, des organisations patronales, des fédérations agricoles mais aussi des organisations professionnelles comme ECF (experts-comptables et commissaires aux comptes de France) ou des entreprises. Les récalcitrants risquent une sanction pénale pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.

L’industrie aéronautique française veut recruter 15 000 salariés 

Cela va mieux pour l’industrie aéronautique et spatiale française, durement touchée par la crise du Covid. Le rebond se matérialise par une hausse de 7% du chiffre d’affaires du secteur en 2021, qui s’établit à 55 milliards d’euros, et par une augmentation de 68% des commandes par rapport en 2020. On doit ces chiffres au Gifas, la fédération professionnelle du secteur, qui est présidée par Guillaume Faury, le président d’Airbus. Ces bons résultats incitent les industriels tricolores à vouloir recruter 15 000 salariés en CDI cette année. C’est plus qu’en 2021, exercice durant lequel la profession a procédé à 9 000 embauches. Un chiffre toutefois insuffisant pour enrayer l’érosion des effectifs, passés de 194 000 salariés en 2020 à 188 000 personnes en 2021.  

Réseau Entreprendre : un Auvergnat prend la place d’un Nantais

L’Auvergnat Rémy Bourdier (président du groupe Oviance) est le nouveau président national de Réseau Entreprendre, une association d’entrepreneurs qui aide les créateurs et repreneurs d’entreprise. Il succède à ce poste au Nantais Olivier de La Chevasnerie, dirigeant de Sygmatel, qui occupait la fonction depuis quatre ans. Avec ses 65 associations territoriales et ses 15 000 chefs d’entreprise bénévoles, Réseau Entreprendre est l’une des principales structures d’accompagnement des jeunes entrepreneurs.
A lire : Nouveau président France pour Réseau Entreprendre

28 avril

📍 Le chômage en apparente chute libre

La tendance ne se dément pas. Au premier trimestre, les chômeurs inscrits à Pôle emploi et sans activité aucune (ceux dits de catégorie A) ont poursuivi leur impressionnante baisse au premier trimestre (-5 % en trois mois, -15,7 % en un an), selon le ministère du Travail. Autrement dit, ils n'étaient plus que 3,19 millions en France (hors Mayotte), au plus bas depuis 10 ans ! Sauf que, dans le même temps, et comme d'habitude depuis le début de la crise du Covid-19, les effectifs des demandeurs d'emploi en activité réduite (les catégories B et C), eux, continuent de gonfler (+0,7 % sur le trimestre, +4,7 % sur l'année). Une hausse attribuée à un changement dans la procédure d'actualisation des jeunes chômeurs depuis janvier, relativise cette fois l'administration.

L'activité partielle en progressif déclin

Du côté du chômage partiel, l'heure est aussi à la baisse, mais la trajectoire est beaucoup plus heurtée. En mars, il devrait rester environ 285 450 personnes placées sous ce régime (-22,6 % en un mois), selon une première estimation de la Dares (ministère du Travail). Un chiffre en baisse de 95,7 % par rapport à mars 2020, au tout début de l'ouverture du dispositif pour cause de pandémie ! Le nombre de bénéficiaires atteindrait ainsi son plus bas niveau en deux ans de crise sanitaire, après être reparti légèrement à la hausse en décembre-janvier. Pour autant, les salariés visés par une demande préalable baissent beaucoup moins vite (-9,3 %). Ils étaient encore près d'1,5 million à être concernés le mois dernier. Même tendance du côté de l'APLD. L'activité partielle de longue durée, récemment prolongée, ne concernait que 184 500 personnes en janvier (-8,4 %), au plus bas depuis août.

L'organisation du travail entre deux eaux

Ni tout à fait la même, ni tout à fait différente. Avec la levée du protocole sanitaire et des restrictions associées, les employeurs ont rapidement adapté leur organisation en mars. Sans pour autant revenir au monde du travail d'avant le coronavirus, montre le dernier tableau de bord de la Dares (ministère du Travail). Les arrêts maladie et le distanciel ont, en particulier, continuer à marquer les entreprises de leur empreinte.

La facture du "quoi qu'il en coûte", côté emploi

Et maintenant, l'addition, s'il vous plaît ! Dans une autre publication, la même Dares présente la note des mesures prises en faveur de l'emploi en 2020. Montant de la facture : 185,1 milliards d'euros, soit un surplus de 28,2 Md€ en un an (+18 %). Avec la crise du Covid-19, les politiques de "soutien au revenu" prennent la tête des dépenses avec 76,1 Md€ (+62,3 % à elles seules), boostées par le chômage partiel (24,2 Md€, moins qu'attendu initialement mais en hausse de 23 892 % !). Autre grand gagnant de cette première année de pandémie : la formation (18,9 Md€, +2,1 %), bien aidée par la création des aides à l'apprentissage (0,9 Md€ qui n'existait pas en 2019) et l'élargissement du FNE-Formation (311 M€ seulement... mais 44 fois plus qu'un an auparavant). A l'inverse, les incitations à l'embauche ont reculé d'1,7 % (à 73,2 Md€ quand même, dont 3 Md€ d'allègements de charges sociales spécial Covid-19), et l'accompagnement des chômeurs de 5,2 % (5,6 Md€).

Finance : l'impact environnemental des entreprises sous surveillance

La transition écologique par la contrainte financière. C'est sans doute ce qui attend les entreprises dans les prochaines années. Dernière preuve en date : la Banque de France annonce se brancher à la base de données environnementales "la plus importante au monde". L'objectif est clair : accélérer le verdissement de ses notations et investissements.

Agroalimentaire : ouverture des dérogations sur les emballages

Pour ne pas changer ses étiquettes, il faut d'abord remplir un formulaire. L'administration a ouvert en ligne la procédure de dérogation accordée aux entreprises contraintes de remplacer l'huile de tournesol, devenue rare, par des produits de substitution. D'une durée maximale de six mois, chaque exception à la réglementation sur l'étiquetage qui sera acceptée fera "l’objet d’un réexamen au bout de 3 mois", précise la Répression des fraudes.

Distribution : innovation juridique pour justifier le rachat de Conforama

Une première dans l'histoire de l'Autorité de la concurrence. Elle a définitivement validé, aujourd'hui, et sans contrepartie, le rachat de Conforama par le groupe Mobilux (magasins But), "en dépit des risques identifiés". Pour justifier ce feu vert inconditionnel, l'administration a fait valoir un principe qu'elle n'avait encore jamais employé : "l’exception de l’entreprise défaillante". Cette disposition permet "la reprise d’une entreprise qui disparaîtrait à brève échéance si l’opération n’était pas réalisée, et ce même si [celle-ci] porte atteinte à la concurrence". Or, malgré le poids des deux entreprises sur le marché de la literie et de l'ameublement, l'Autorité a considéré que leur alliance permettait "d’assurer un maintien de la diversité de l’offre". D'autant plus que Conforama était en proie à d'"importantes difficultés financières" et qu'aucune "offre alternative (...) moins dommageable pour la concurrence" n'existait à l'été 2020.

27 avril

📍 L'élan freiné de l'emploi cadre

Ce devait être une année record pour les embauches de cadres. Finalement, 2022 devrait marquer un simple retour à la normale. L'Apec a publié aujourd'hui des prévisions de recrutement revues et corrigées à la lumière de la guerre en Ukraine. Une crise qui ne sera pas sans conséquence pour l'emploi cadre, en particulier dans l'industrie. Pour autant les employeurs disent avoir toujours plus de mal à trouver la perle rare. Mais, sur ce point, l'association n'est pas loin de leur jeter la pierre !
A lire : La dynamique de l'emploi cadre contrariée par la guerre en Ukraine et les difficultés de recrutement

L'inflation déprime les Français...

Les ménages broient du noir en 2022. En avril, et pour le quatrième mois consécutif, leur confiance se replie : l'indicateur de l'Insee qui le mesure perd 2 points en un mois (-10 depuis janvier). Résultat, il tombe plus bas qu'au plus fort de l'épidémie de Covid-19 et rejoint son niveau de fin 2018, "lors du mouvement des Gilets jaunes". Les Français ressentent tout particulièrement le poids de l'inflation. "La part des ménages qui considèrent que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois (...) se situe au plus haut depuis l'été 2008", note l'institut. De quoi refroidir les envies de consommation : "l'opportunité de faire des achats importants" s'effondre ainsi de 9 points en un mois.

... et s'installe dans la durée

La fin de l'inflation, c'est un peu comme l'horizon. Plus on avance, et plus ils s'éloignent. La Banque mondiale estime désormais que "les prix vont se maintenir à des niveaux historiquement élevés jusqu’à la fin de 2024". Le pic devrait, en fait, être atteint cette année, mais le reflux s'étaler sur les deux suivantes. Ainsi, l'énergie pourrait bondir, en moyenne, "de plus de 50 % en 2022", les produits agricoles et les métaux d'environ 20 %. Il ne s'agit là que de moyennes : le gaz naturel européen pourrait, lui, voir ses cours doubler et le charbon bondir de 80 %, "soit des sommets historiques dans les deux cas". Problème : ces hausses ruissellent vers les produits dérivés (comme les engrais pour le gaz) et la recherche d'approvisionnements alternatifs, souvent plus coûteux, ne fait qu'entretenir cet emballement... lequel est, en plus, alimenté par les aides publiques, des "réductions d’impôts et subventions qui aggravent souvent les insuffisances de l’offre et les pressions sur les prix", regrette la Banque mondiale.
A (re)lire : Energie, carburant... les PME prises au piège de l'inflation

Crise Russie-Ukraine : la guerre du gaz est déclarée

L'énergie est décidément le nerf de la guerre. Dans la bataille du gaz, Moscou a dégainé le premier aujourd'hui. L'entreprise russe Gazprom a cessé d'approvisionner la Pologne et la Bulgarie. En cause : leur refus de régler leurs factures en roubles, comme l'exige désormais le Kremlin. L'Union européenne crie à la "provocation" et au "chantage". "Notre réponse sera immédiate, unie et coordonnée", a promis la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Dans l'immédiat, les deux pays vont être livrés par leurs voisins de l'UE. Et Bruxelles promet de continuer son travail, à la fois, sur des leviers d'"entraide immédiate" pour "atténuer les conséquences d'éventuelles perturbations" futures, et aussi sur la mise en place d'un "approvisionnement énergétique plus fiable, plus sûr et plus durable" à moyen et long terme.

Vague de coupures Internet en France

Le trafic Internet littéralement coupé sur plusieurs points du territoire. Des câbles ont été sectionnés, la nuit dernière, en France, selon plusieurs médias, ce qui a entraîné des pannes de réseau pour les abonnés à la fibre. Le fournisseur d'accès Free a confirmé de "multiples actes de malveillance sur l'infrastructure". Des opérations "coordonnées", estime Philippe Le Grand, président d'Infranum, la fédération du secteur.

26 avril

📍 Tourisme : une lumière au bout du tunnel

Et si cette année était la bonne pour les acteurs du tourisme ? Le ministre chargé du secteur Jean-Baptiste Lemoyne veut en tout cas y croire. Et pour cause : la plupart des voyants sont au vert, que l'on regarde dans le rétro de cet hiver ou que l'on se projette vers cet été. Mais la reprise est loin d'être acquise. D'autant que les entreprises ont beau avoir retrouvé des clients, elles manquent désormais de salariés.
A lire : Malgré les incertitudes, l’horizon se dégage pour les entreprises du tourisme en 2022

Agroalimentaire : l'Etat met de l'huile dans les rouages

Aux grands maux les grands remèdes. Face à la menace de pénurie en huile de tournesol, du fait de la guerre en Ukraine, le gouvernement autorise exceptionnellement les industriels de l'agroalimentaire à déroger à la réglementation sur les emballages. Ils pourront en effet choisir un ingrédient de substitution, sans pour autant avoir à modifier tout de suite les étiquetages des produits concernés. Ils auront alors deux mois pour signaler leur changement de recette, sans obligation de rentrer dans les détails. Ces évolutions seront toutefois répertoriées et précisées sur le site de la Répression des fraudes. La mesure sera valable pour une durée totale de six mois. Elle ne s'applique pas, en revanche, en cas de remplacement du tournesol par une matière allergène ou si cette modification contredit des mentions marketing figurant sur les paquets.

Prêts participatifs : les entreprises gagnent du temps

Un an de plus pour rembourser sa dette. L'Etat a modifié les conditions d'amortissement des prêts participatifs mis en place, au début de la crise du Covid-19, pour les TPE-PME les plus fragilisées par l'épidémie. Le différé de paiement du capital peut être désormais allongé de 12 mois supplémentaires "à la demande du bénéficiaire". Ce qui porte la durée totale de ce prêt particulier à 8 ans, au lieu de 7, explique un décret paru aujourd'hui. Un assouplissement qui ne concerne pas les PGE pour l'instant, au grand dam des entreprises qui en font la demande depuis des mois.

Prix des carburants : la Sécu passe à la caisse

C'est un peu une "remise carburant" à l'envers, sous forme d'expérience sectorielle. L'Assurance maladie a instauré, depuis hier, "une revalorisation financière exceptionnelle" des indemnités kilométriques et de déplacement pour les professionnels de santé conventionnés, comme les infirmiers libéraux qui réalisent des soins à domicile. D'une durée non-précisée, cette aide, "équivalente à 0,15 € par litre", se cumule au rabais de 15 centimes (soit 18 centimes TTC), déjà accordé par le gouvernement à tous les automobilistes jusqu'au 31 juillet.

Numérique : Lengow se met à l'espagnol

Le nantais Lengow étend son terrain de jeu. L'éditeur vient de mettre la main sur une société espagnole. Manière d'élargir son offre e-commerce, en même temps que son déploiement international.
A lire : L'éditeur de logiciels Lengow rachète l'espagnol Netrivals

25 avril

📍 Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron reste à l'Elysée...

Il rempile pour cinq ans. Emmanuel Macron repart pour un second mandat à la tête de l'Etat, après sa victoire à l'élection présidentielle : le sortant a obtenu 58,54 % des suffrages exprimés au second tour, devant Marine Le Pen (41,46 %), selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. En nombre d'électeurs, l'abstention se classe toutefois deuxième du scrutin. Prochain rendez-vous électoral à présent : les législatives des 12 et 19 juin. D'ici là, le Premier ministre Jean Castex pourrait donner sa démission pour laisser place à un nouveau gouvernement, censé symboliser, entre autres, le virage écologique promis par Emmanuel Macron.

... le patronat lui souhaite bon courage...

Emmanuel Macron était plus ou moins officieusement leur candidat favori. Maintenant qu'il est réélu à la tête de l'Etat, les organisations patronales lui souhaitent bon courage. "Europe, emploi, croissance, transition écologique : les chantiers sont devant vous. Il y a urgence !", écrit ainsi le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, sur Twitter. Même tonalité chez son homologue à la CPME : "Le président a devant lui des travaux d'Hercule", au moment où "le monde n'a jamais été aussi instable que ce que nous connaissons", affirme François Asselin, sur le site de BFMTV. Il s'inquiète aussi de la capacité d'action du futur exécutif, notamment sur les retraites : "La question va être comment faire accepter au plus grand nombre des réformes dont le pays a besoin, sans qu'il n'y ait de blocages."

... l'ESS lui transmet ses exigences...

Pas de répit pour le nouveau chef de l'Etat. En réaction à la réélection d'Emmanuel Macron, l'Union des employeurs de l'ESS (Udes) lui transmet déjà ses doléances. A savoir "la création d’un ministère délégué à l’économie sociale et solidaire" et l'organisation d'une "grande conférence sociale et environnementale, associant l'ensemble des partenaires sociaux et des parties prenantes aux réformes à venir". L'organisation plaide également pour pérenniser les actions et le "dialogue constructif" mis en place avec l'exécutif pendant la crise du coronavirus.

... et le transport routier le met en garde

C'est l'un des dossiers brûlants qui attend le futur gouvernement : calmer la hausse des prix en général, celle du carburant en particulier (voir ci-après). Si Emmanuel Macron l'avait oublié, les transporteurs routiers le lui ont rappelé dès aujourd'hui. « Certaines [entreprises] frôlent encore la faillite par manque de trésorerie », avertit ainsi le président de l'Otre Alexis Gibergues, dans une vidéo en ligne. « Le travail n'est pas fini et [les] différentes aides [du plan de résilience] sont loin d'être suffisantes », juge le dirigeant de cette organisation professionnelle. Il appelle donc le président de la République à de nouvelles mesures sur la fiscalité et la compétitivité, la « juste répercussion des coûts auprès de nos clients », ou encore la transition énergétique et l'attractivité des métiers. C'est que les patrons du secteur broient du noir, à en croire le dernier baromètre de la FNTR : 57 % se disent insatisfaits de la situation de leur entreprise au premier trimestre (+30 points en trois mois !)... en hausse, et au plus haut, pour la première fois depuis début 2020 et l'irruption du Covid-19 en France.

La "remise carburant" ne fait plus effet

Les routiers ont de quoi rester inquiets : les prix à la pompe ne reculent plus. Il remonte même sérieusement en ce qui concerne le gazole : au 22 avril, le litre coûtait, en moyenne sur une semaine, 1,8759 euro, soit 6 centimes de plus en sept jours (+3,5 %), selon les relevés hebdomadaires du ministère de la Transition écologique. Avec cette première progression en un mois, les prix reviennent même à leur niveau de début avril, au moment de la mise en place de la "remise carburant" censée les faire baisser. L'essence frémit aussi à la hausse, mais de manière plus mesurée : le sans plomb 95 atteint 1,7902 € (+0,5 %), le SP98 1,8449 € (+0,6 %)... et les deux redeviennent donc moins chers que le diesel. Enfin, à 1,3768 €, le GNR enchaîne, lui, sur une deuxième augmentation consécutive (+0,4 %).

Prix de l'énergie : du neuf avec du vieux ?

Du changement dans la continuité. Contre la flambée des prix de l'énergie, le futur gouvernement du nouveau quinquennat Macron devrait jouer sur deux leviers. D'abord, pour l'essence, une « aide plus significative et plus ciblée » que la remise carburant actuelle, censée s'éteindre au 31 juillet. Cette « option alternative » permettrait de viser « les personnes qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur véhicule pour aller travailler », celles qui « font 100, 150 km par jour », a expliqué Bruno Le Maire, ministre de l'Economie pour encore quelques jours au moins. Pour le gaz et l'électricité, pas de changement à prévoir : le bouclier tarifaire « sera maintenu jusqu'à la fin de l'année 2022 », a-t-il confirmé, ce matin, sur France Info.

Emploi : du mieux pour les travailleurs handicapés

Les demandeurs d'emploi en situation de handicap ont retrouvé le sourire en 2021. Embauches, apprentissage, créations d'activité... la plupart des voyants étaient au vert pour eux, en 2021, selon l'Agefiph. Reste un point noir : le chômage de longue durée.

22 avril

📍 Guerre en Ukraine : l'alerte rouge de CCI France...

Il y a urgence à aider les entreprises françaises. Le diagnostic du président de CCI France Alain Di Crescenzo est sans appel : les patrons sont assaillis de difficultés depuis que la guerre en Ukraine a éclaté. Explosion des coûts, pression sur les salaires, manque de matières premières, problèmes logistiques et contractuels... la liste de leurs maux est longue, et les chambres de commerce et d'industrie en savent quelque chose : l'Etat les a envoyées au chevet des entreprises pour leur administrer les remèdes du plan de résilience. Des remèdes parfois imparfaits, mais peu importe : il faut s'en saisir au plus vite pour espérer se sauver, insiste Alain Di Crescenzo auprès du Journal des Entreprises.
A lire : Pour Alain Di Crescenzo, « si nous ne donnons pas de l'oxygène aux entreprises maintenant, elles vont mourir »

... les marges des entreprises en danger...

La rentabilité des entreprises attaquée par la guerre en Ukraine. En zone euro, leurs marges pourraient diminuer, en moyenne, de 2 points cette année, selon une estimation d'Allianz Trade (ex-Euler Hermes). En cause : la hausse des prix, les problèmes d'approvisionnement et l'incertitude ambiante, néfaste aux investissements. Résultat, les risques de défaut de paiement repartent nettement à la hausse. Ils pourraient se traduire par un rebond des défaillances, estimé entre +12 et +19 %. Pour autant, l'assureur-crédit se montre rassurant : "Les entreprises disposent encore d'un coussin de sécurité assez important pour absorber la volatilité de court et moyen terme de leurs revenus, sans accroître les inquiétudes sur la soutenabilité de leurs dettes."

... les recettes hétérodoxes du FMI

Rassurant, le FMI ne l'est pas vraiment justement. Pessimiste pour la croissance, le Fonds monétaire international en a rajouté une couche aujourd'hui. Il promet "de graves conséquences économiques" sur le Vieux-Continent, car la guerre "a éclaté alors que la reprise post-pandémie n’était encore que partielle". Parmi les "nouveaux risques" issus de cette crise, "le plus préoccupant est celui d’un arrêt soudain de l’approvisionnement en énergie en provenance de Russie, qui entraînerait de considérables pertes de production". D'où l'appel de l'institution à "renforcer la sécurité énergétique de l'Europe, tout particulièrement en développant les énergies renouvelables et en gagnant en efficience". En attendant, le FMI plaide pour des aides "aux ménages et aux entreprises qui peinent à acheter des produits de base devenus plus coûteux", la baisse des impôts, la hausse des allocations chômage et des mesures ciblées pour l'intégration notamment professionnelle des réfugiés ukrainiens.

Et pourtant, l'économie française est en effervescence...

On finit ce tour d'horizon de la conjoncture sur une bonne nouvelle quand même ? L'activité du secteur privé français aurait atteint un sommet en avril, selon S&P Global. Fruit d'une enquête menée auprès des directeurs d'achat, son indice PMI s'est élevé à 57,5 ce mois-ci, au plus haut depuis janvier 2018 ! Un dynamisme attribué aux services, libérés par le démantèlement des restrictions sanitaires contre le Covid-19. En revanche, dans l'industrie, "les pénuries de matières premières et composants, ainsi que la guerre en Ukraine, ont limité la hausse de la production". Autre bémol : la hausse des prix facturés a signé "un sommet historique pour le deuxième mois consécutif, les entreprises cherchant à protéger leurs marges en répercutant la hausse de leurs coûts sur les clients"... Décidément, on en revient toujours à cette histoire d''inflation.

RH : une semaine de travail sur 4 jours, chiche ?

Ce ne fut pas le sujet-phare de la campagne présidentielle, loin s'en faut. A l'heure de la "valeur travail" triomphante, la semaine de quatre jours peut faire tache. Pourtant, à bas bruit, certains employeurs se sont laissés séduire par ce mode d'organisation condensée. Et ils y trouvent même leur compte. A l'image du vosgien JC Logistique, pour qui la formule s'est avérée gagnant-gagnant.
A lire, le témoignage de Régine Crouet : « Comment j'ai fait passer ma PME à la semaine de quatre jours »

21 avril

📍 Présidentielle 2022 : le bras de fer en 10 points...

Projet contre projet. Pendant près de trois heures, hier soir, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont exposé deux « visions » bien différentes de la France, et de l'Europe, à l'occasion du traditionnel débat d'entre-deux tours de l'élection présidentielle. Si les entreprises ont été reléguées au second plan, les sujets économiques ont tout de même affleuré tout au long du débat. Salaires, énergie, PGE, travail détaché... retour en 10 points sur ce bras de fer présidentiel.
A lire : Ces 10 sujets économiques qui ont opposé Marine Le Pen et Emmanuel Macron lors du débat

... les petits patrons convaincus par Macron

Le débat présidentiel n'a pas déchaîné les passions du côté du patronat. Parmi les principales organisations nationales, seul l'U2P a officiellement réagi. Encore hésitant il y a une semaine, le représentant des artisans, commerçants et indépendants a, cette fois, pris clairement position pour Emmanuel Macron. Son programme "est le seul à préserver les chances de la France en matière économique et d’emploi", a tranché le Conseil national de l'Union des entreprises de proximité, "rassuré" aussi par la gestion de la crise du Covid-19. A l'inverse, l'U2P déplore, chez Marine Le Pen, "de nombreuses incertitudes et approximations budgétaires. Or, les chefs d’entreprise (...) appellent de leurs voeux un climat économique de nature à relancer l’investissement, à favoriser l’embauche et à faciliter la consommation des ménages", insiste le communiqué.

Sur le pouvoir d'achat, les employeurs ont un pouvoir d'action

Comment redonner du pouvoir d'achat aux salariés en cette période d'inflation ? La question a occupé les premières minutes du débat présidentiel d'hier, l'occasion pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen de s'écharper sur leurs propositions respectives. Mais inutile d'attendre le verdict des urnes pour passer à l'action. Des moyens, à la main des employeurs, existent déjà pour améliorer le quotidien du personnel... sans pour autant toucher à sa rémunération.
A lire : Sept leviers pour augmenter le pouvoir d'achat de ses salariés

Le moral des dirigeants façon puzzle

L'impact de la guerre en Ukraine fait débat chez les patrons. Globalement, le contexte économique a continué de peser sur leur moral en avril : en net repli le mois dernier, le climat des affaires, mesuré par l'Insee, a encore perdu 1 point. Il est au plus bas depuis un an, juste après le dernier confinement. Mais, selon les secteurs, la situation est, en réalité, très contrastée : le commerce de détail se désespère (-6 points en un mois, et désormais à 7 unités sous sa moyenne de longue période), les services se maintiennent, l'industrie se console (+1, grâce à une confiance retrouvée sur les carnets de commandes) et le bâtiment se revigore (+2)... mais en apparence seulement. Car, dans le BTP, les chefs d'entreprise sont aux prises avec des difficultés d'approvisionnement historiques, souligne aussi l'Insee.

Industrie : une si chère inflation

Si les difficultés d'accès aux matériaux étranglent le BTP, la hausse des prix de l'énergie asphyxie, elle, l'industrie. L'inflation actuelle complique sérieusement l'équation économique des usines françaises. Un sujet sensible, au point d'être parfois tabou. Exemple en Auvergne-Rhône-Alpes, où notre rédaction locale a mené l'enquête sur les dégâts infligés par cette flambée.
A lire : Comment les industriels d'Auvergne Rhône-Alpes s’adaptent à l'envolée des prix de l'énergie

Chimie : une si faible croissance

La chimie arrêtée dans son élan. En 2022, la filière s'attend à "une croissance modeste" de son chiffre d'affaires, de 1 à 2 %. La faute notamment à l'envolée des prix de l'énergie, à des "problèmes de transport persistants" et à d'autres "difficultés opérationnelles (notamment des pénuries d’intrants)" aggravées par la guerre en Ukraine, explique l'organisation professionnelle France Chimie. De quoi entraver le retour à la normale engagé en 2021. L'an dernier, le CA du secteur avait progressé de quasiment 6 % en un an, les investissements productifs de plus de 20 % et les exportations atteint 69 milliards d’euros, "un nouveau record". Las, la production française est restée inférieure de 2,8 % à ce qu'elle était en 2019, avant la crise sanitaire (contre +3,6 % au niveau européen).

France 2030 : les investissements industriels bientôt soutenus

Peu importe le prochain locataire de l'Elysée, les entreprises devraient bientôt bénéficier d'un nouveau coup de pouce à l'investissement. La Commission européenne a autorisé, aujourd'hui, la France à mobiliser 7 milliards d'euros jusqu'au 31 décembre, au titre des aides publiques contre la crise du coronavirus. Ces fonds seront dédiés à "des investissements durables", dans le cadre du plan France 2030. A destination de l'industrie, ils iront "notamment" à la chimie, l'automobile et les fabricants de machines et équipements, à raison de 70 millions d'euros maximum par bénéficiaire. "Jusqu'à 1 000 entreprises" devraient être concernées, selon Bruxelles.

20 avril

📍 Présidentielle 2022 : les entreprises dans le débat ?

Face-à-face sous les projecteurs, cinq ans plus tard. Le traditionnel débat d'entre-deux tours de l'élection présidentielle se tiendra ce soir, à 21h. Comme en 2017, il opposera Marine Le Pen à Emmanuel Macron. Huit thèmes seront abordés au cours de la soirée, selon France Info. Le pouvoir d'achat ouvrira le bal, avant un détour par l'international, puis un enchaînement de sujets liés, de près ou de loin, aux entreprises, à travers les questions de modèle social, d'environnement et de compétitivité-attractivité de la France. La jeunesse, la sécurité et les institutions clôtureront les échanges. Pour ceux d'entre vous qui auraient autre chose à faire, pas de panique : Le Journal des Entreprises vous résumera la partie économique de ces discussions, à l'issue du débat.

Les embauches font de la résistance

La conjonction des crises n'a pas refroidi les employeurs. Entre janvier et mars, malgré la cinquième vague de Covid-19 et le début de la guerre en Ukraine, les embauches se sont, certes, infléchies, mais elles sont restées à un niveau très élevé pour le troisième trimestre consécutif, selon l'Urssaf. Les CDI résistent toutefois bien mieux à la conjoncture que les contrats les plus courts.

Carburants : le prix du GNR repart de l'avant

L'effet de la "remise carburant" s'essouffle déjà. Le prix du litre de GNR est reparti à la hausse la semaine dernière : à 1,3715 euro en moyenne au 15 avril, il a rebondi de 6 centimes, soit +4,7 % en sept jours, selon le relevé hebdomadaire du ministère de la Transition écologique. Autrement dit, les deux baisses successives enregistrées en début de mois sont d'ores et déjà effacées. Les autres carburants, eux, poursuivent leur déclin, mais à un rythme beaucoup plus lent, autour de -1 centime à peine, que ce soit pour le gazole (1,8116 €, -0,5 %), le sans plomb 95 (1,7805 €) ou le SP98 (1,834 €). Malgré leur recul modeste (-0,7 %), les deux derniers sont désormais retombés à leur niveau de début février.

Automobile : mars, et ça ne repart pas... du tout

Le marché automobile de l'UE touche (encore) le fond. En mars, les ventes ont enregistré leur 9e baisse consécutive et plongé de 20,5 % sur un an, selon l'Association des constructeurs européens (Acea). Avec 844 187 véhicules écoulés, elles ont atteint leur plus bas niveau, à cette période de l'année, depuis mars 2020, quand l'irruption du Covid-19 avait complètement paralysé les immatriculations. Cette fois, le blocage vient de l'offre, et, en l'occurrence, de la poursuite des "perturbations des chaînes d'approvisionnement, exacerbées encore davantage par l'invasion russe de l'Ukraine". Une situation qui a notamment conduit à l'arrêt d'usines Renault en Meurthe-et-Moselle ou, encore cette semaine, dans le Nord. Evolution contrastée pour les groupes français justement : le mois dernier, Stellantis a signé l'une des pires performances du marché (-32,9 % en un an), quand Renault a limité la casse (-14,1 %). Sur l'ensemble du premier trimestre, les ventes européennes restent déprimées (-12,3 %). Rapportées à 2019, c'est-à-dire avant la pandémie, elles s'effondrent même de 44,3 %.

La double peine de l'économie mondiale

La guerre en Ukraine ajoute de l'huile sur une croissance mondiale déjà consumée par les braises du Covid-19. Le diagnostic du FMI est sans appel : le PIB de la planète ne devrait progresser que de 3,6 % en 2022, soit 0,8 point de moins que prévu en janvier. La correction est encore plus forte pour la zone euro (+2,8 % de croissance attendus, soit 1,1 point de perdu), tandis que la France résisterait un peu mieux avec +2,9 % (en baisse de 0,6 point quand même). Ce "net ralentissement" s'accompagnera d'une inflation plus forte (+5,7 % dans les pays développés) et pendant "plus longtemps" qu'envisagé. La raison en est simple : "L'invasion [russe] (...) aggrave les difficultés économiques engendrées par la pandémie" de Covid-19, déplore le Fonds monétaire international. Or, la suite de l'année dépendra de l'évolution de chacune de ces deux crises. D'où "un degré d’incertitude exceptionnellement élevé" qui n'inspire guère à l'optimisme. Un constat que partageait, déjà, la Banque de France, il y a une semaine.

L'entreprise à mission, pour quoi faire ?

Petit-à-petit, la société à mission fait son nid. Fin 2021, la France comptait 505 structures converties à cette démarche, selon l'observatoire de la Communauté des entreprises à mission. Autrement dit, leur nombre a plus que doublé en un an. Et après ? A quoi peut bien leur servir de se doter d'une raison d'être et, surtout, qu'est-ce que ça change vraiment pour elles et leur environnement ? Pour le savoir, notre rédaction de Loire-Atlantique - Vendée est allée à la rencontre d'entreprises pionnières, dans une région, les Pays de Loire, parmi les plus en pointe dans le domaine.
A lire : Les sociétés à mission partent à la conquête d'un nouveau modèle d'entreprise

19 avril

📍 Les aides exceptionnelles au transport entrent en vigueur

Le gouvernement l'avait annoncé, le décret vient de paraître. Suite à la hausse du prix des produits pétroliers résultant du conflit en Ukraine, l’État met en place des aides exceptionnelles à destination du secteur des transports, avec entrée en vigueur immédiate. Plus précisément, il s'agit d'aides au véhicule (entre 300 euros pour une ambulance et 1 300 euros pour un véhicule tracteur de transport routier de marchandises), au bénéfice des entreprises dont l'activité principale est le transport public de marchandises ou de voyageurs par autocar, mais aussi des entreprises de transport sanitaire. Les sociétés de négoce d'animaux vivants sont également concernées. Pour connaître les conditions d'éligibilité et les montants alloués : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045536740

Hydrogène vert : un marché de 10 milliards d’euros en France

Produit à partir de l’électrolyse de l’eau, l’hydrogène vert a le vent en poupe. "La puissance cumulée des électrolyseurs à fabriquer et à raccorder au réseau électrique avoisinera 6,5 gigawatts en 2030", indique le syndicat professionnel Gimelec. Une nouvelle infrastructure qui engendrera des retombées pour les fabricants de matériel électrique et d’automatismes. Le marché est "estimé à 10 milliards d’euros d’ici 2030" en France, selon le Gimelec.

Stellantis suspend sa production en Russie

Le groupe automobile Stellantis (282 000 salariés) interrompt sa production en Russie. "Suite au renforcement jour après jour des sanctions croisées et aux difficultés logistiques rencontrées quotidiennement, Stellantis a décidé de suspendre son activité industrielle à Kaluga afin de garantir le respect total de l’ensemble des sanctions croisées et protéger ses employés", indique, dans un communiqu, le groupe issu de la fusion de PSA et Fiat Chrysler.

French Tech : les levées de fonds battent encore des records

Les start-up de la French Tech surfent sur une belle dynamique. D’après le baromètre du capital-risque publié par EY, plus de 230 levées de fonds ont permis de récolter 5 milliards d’euros en France, au premier trimestre 2022. Soit une hausse d’environ 150 % par rapport au premier trimestre 2021. Une étude qui inclut à la fois les chiffres du capital-risque et du capital-développement. Il s’agit du "meilleur trimestre jamais enregistré", ajoute le cabinet d’audit. Un essor notamment tirée par les levées de fonds de Qonto (486 millions d'euros), Back Market (450 millions d'euros) et Doctolib (400 millions d'euros). A noter aussi que la France a attiré presque deux fois plus de fonds que l’Allemagne au premier trimestre.

Deliveroo condamnée pour travail dissimulé

Le tribunal judiciaire de Paris a infligé une amende de 375 000 euros à Deliveroo France, jugée pour "travail dissimulé", a indiqué l’Agence France Presse sur son compte Twitter. "Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet qui demandait la peine maximale" à l'encontre de la plateforme de livraison de repas. Il s’agit du premier procès pénal de "l’ubérisation" en France, "avec comme un enjeu le véritable statut de ses livreurs", poursuit l’AFP sur le réseau social.

L’embargo sur le pétrole russe "plus que jamais nécessaire" pour Bruno Le Maire

"Avec Emmanuel Macron, nous avons toujours dit que nous voulions un embargo sur le charbon - c’est fait - et un embargo sur le pétrole russe", a précisé Bruno Le Maire au micro d’Europe 1, le 19 avril. "Plus que jamais, il est nécessaire d’arrêter les importations de pétrole venu de Russie", pour porter un coup "au financement de la guerre en Ukraine", a ajouté le Ministre de l’Économie et des Finances, interrogé sur le conflit et la situation dans la province du Donbass. "Nous essayons de convaincre nos partenaires européens d’arrêter les importations", a-t-il également déclaré.

15 avril

📍 Présidentielle : la rémunération des patrons s’invite dans le débat 

66 millions d’euros : 19 millions d’euros de salaires et de primes auxquels s’ajoutent des actions gratuites et une rémunération exceptionnelle pour la transformation du groupe estimée à 47 millions d'euros d’ici 2026. Retoquée par une majorité d’actionnaires du constructeur automobile Stellantis (ex-PSA), la rémunération record de son PDG Carlos Tavares s’invite dans le débat de l’élection présidentielle. Ce vendredi matin sur France Info, Emmanuel Macron a dénoncé des montants « astronomiques, excessifs et choquants » et en appelle à une approche européenne pour lutter contre les rémunérations abusives des grands patrons. De son côté, Marine Le Pen estime que « le meilleur moyen d’atténuer ces rémunérations qui sont hors de proportion », est de « faire entrer les salariés » au capital en tant qu’actionnaires. Pendant ce temps, aux Pays-Bas, c’est la rémunération record du PDG d’Universal Music qui fait débat : près de 274 millions d’euros en 2021.

Les créations d’entreprises rebondissent en mars

Après un net repli de 4,7% en février, le nombre de créations d’entreprises s’est redressé en mars, avec un rebond de 1,9%, selon la dernière étude de l’Insee publiée ce vendredi. Une hausse qui concerne tous les types d’entreprises, avec cependant des disparités. Les créations de micro-entreprises augmentent ainsi de 2,3% après une chute de 7,3%, tandis que les créations d’entreprises classiques se redressent de 1,6%, après une chute de 0,4%. Sur les douze derniers mois, le nombre de créations d’entreprises augmente fortement en mars (+8,5%), sans atteindre toutefois le rythme du mois précédent (+13,5%). Des chiffres en hausse, donc, mais à mettre en perspective avec la lourde chute des créations d’entreprises durant le premier confinement de 2020. 

Les prix à la consommation continuent de grimper 

Toujours selon les chiffres de l’Insee publiés ce vendredi, l’indice des prix à la consommation poursuit son ascension. En mars, il a augmenté de 1,4%, après une hausse de 0,8% en février. Après avoir augmenté de 3,6% en février, la flambée des prix de l’énergie se poursuit (+ 9%), dans le sillage de celle des prix des produits pétroliers (+17% après +5,6%). Dans une moindre mesure, les prix des produits manufacturés augmentent quant à eux de 1,4%, tout comme ceux de l’alimentation (+0,9%). En revanche, les prix des services ralentissent légèrement (+0,2%), en raison notamment du repli des prix des services de transports (-0,9%). Sur un an, l’inflation sous-jacente augmente ainsi de 2,5 %.

Pour suivre l’inflation, le Smic revalorisé de 2,65% en mai 

Conformément à la loi et pour la troisième fois en sept mois, le Smic augmentera automatiquement de 2,65% le 1er mai, afin d’augmenter dans les mêmes proportions que l’inflation. De quoi passer au-dessus de la barre des 1 300 euros net mensuel (1 302,64 euros très exactement), soit une hausse de 34 euros. En brut, le Smic mensuel s’établira ainsi à 1 645,58 euros, soit 10,85 euros de l’heure contre 10,57 euros à l’heure actuelle. Selon le ministère du Travail, cette hausse devrait bénéficier directement à plus de deux millions de salariés. Depuis mai 2021, le Smic aura ainsi augmenté de 5,9%, soit 72 euros net. Pour mémoire, aucun des deux candidats à la présidentielle ne souhaite, à l’heure actuelle, aller au-delà de cette augmentation automatique. 

Energie : la France veut être championne d'Europe 

En déplacement à Nantes, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée en charge de l’Industrie, a accordé un entretien exclusif au Journal des Entreprises. Dans le contexte de crise en Ukraine et de crise de l’énergie, elle fait part des inquiétudes des industriels, évoque le développement des filières énergétiques et parle des projets industriels conduits à l’échelle de l’Europe. Pour elle, la France doit devenir le champion européen de l’énergie. Cocorico, la France vient d’installer sa première éolienne offshore, au large du Croisic. Sauf que la ministre l’avoue elle-même, la France est très en retard par rapport à ses voisins en matière d’éolien marin. Notamment à cause des nombreux recours contentieux qui s’élèvent contre les champs marins et, plus largement, contre un certain nombre de grands projets en France. Pour gagner du temps, la ministre de l’Industrie a une solution. « Nous travaillons sur des mesures juridiques, une ordonnance, pour accélérer les procédures administratives de validation des installations classées », confie-t-elle.
A lire : "Dans le domaine de l’énergie, notre ambition est de prendre le leadership en Europe"

L’euro à la peine face à un dollar en pleine forme 

Pour la première fois depuis mai 2020, l’euro a atteint le seuil de 1,08 dollar ce vendredi. Tandis que la Banque centrale européenne (BCE) campe sur sa politique monétaire en maintenant des taux à un niveau historiquement bas malgré une inflation record, la Banque centrale américaine (Fed) est plus offensive et a d'ores et déjà amorcé un relèvement des taux, tout comme d’autres grandes économies telles que le Canada, le Royaume-Uni ou encore la Corée du Sud. Une politique attentiste de la BCE, certes liée aux incertitudes des conséquences de la guerre en Ukraine, mais qui n’est pas sans interroger de nombreux observateurs internationaux face à un dollar en pleine forme.

14 avril

📍 Le réaménagement des PGE boudé par les entreprises

Encore un dispositif qui fait pschitt ? Le rééchelonnement des prêts garantis par l'Etat (PGE), tel que proposé par le gouvernement en début d'année, n'a en tout cas pas entraîné de ruée sur la Médiation du crédit. Mais ce service de la Banque de France reste toujours autant mobilisé, pour tenter de dénouer les différends entre les entreprises et leurs banques. Avec de moins en moins de succès.

Présidentielle 2022 : les indépendants dans l'expectative

Après la CPME et le Medef, au tour de l'U2P de se positionner pour le second tour de la présidentielle. Sans vouloir donner de consigne de vote, l'Union des entreprises de proximité distribue les bons et les mauvais points aux candidats. Elle salue le bilan d'Emmanuel Macron (gestion de la crise sanitaire, plan pour les travailleurs indépendants, soutien à l'apprentissage) et souligne "la place accordée par Marine Le Pen aux plus petites entreprises dans son programme". Mais l'organisation exige aussi du premier "sa reconnaissance du rôle des partenaires sociaux et de la démocratie sociale". Et s’inquiète du "sérieux budgétaire" de la seconde "et des risques encourus par l’économie française" si elle est élue. Aux deux finalistes, l'U2P demande, par ailleurs, de se prononcer sur une réforme de la représentativité patronale et la lutte contre les difficultés de recrutement.

L'économie européenne mise au pas par la guerre

Plus les jours passent, plus le constat s'impose : « La guerre en Ukraine a de sérieuses répercussions sur l’économie de la zone euro. » Au point de nettement obscurcir ses perspectives de croissance. Le diagnostic provient, cette fois, de la présidente de la Banque centrale européenne. Sans donner de chiffres précis, Christine Lagarde a estimé que la croissance, « faible au premier trimestre 2022 », allait rester dans « l'atonie » ensuite. C'est que la crise russo-ukrainienne « [pèse] lourdement sur la confiance » des acteurs économiques, alourdit le budget des ménages et les coûts des entreprises, « entraîne de nouveaux goulets d’étranglement » pour les approvisionnements... Bref, le sort de l'économie européenne est désormais lié « à la suite du conflit, [aux] retombées des sanctions en vigueur et [aux] éventuelles mesures supplémentaires ». Mais, déjà, la patronne de la BCE estime que « les prix de l’énergie demeureront élevés à court terme ». Or, le danger est que leur persistance à de tels niveaux, associée à « une perte de confiance pourraient ralentir la demande et freiner la consommation et l’investissement plus fortement que prévu ».
A (re)lire : L'économie française entravée par les crises internationales en début d'année

Relocaliser, la fausse bonne idée ?

Il faut sauver la mondialisation ! Ebranlé par la crise du coronavirus, et maintenant la guerre en Ukraine, le mouvement d'ouverture et d'interconnexion globales des économies semble avoir du plomb dans l'aile. A tel point qu'après l'OMC, c'est le Fonds monétaire international qui monte au créneau avec un credo : contre les difficultés d'approvisionnement, la relocalisation n'est pas la solution, mais plutôt un problème. Car la clé, explique le FMI, c'est la diversification, et donc plus, plutôt que moins, d'échanges internationaux.

Energie : du biogaz multi-usages en Mayenne

Les Pays de la Loire à la pointe de la transition énergétique. Après la première éolienne en mer de France, implantée cette semaine au large de la Loire-Atlantique, c'est au tour du site mayennais d'Evergaz d'annoncer un positionnement inédit dans le pays, en tant que producteur de biogaz.
A lire : Evergaz devient le premier site de méthanisation de France à valoriser son gaz sous quatre formes

13 avril

📍 La croissance tout près du point mort

L'économie française refroidie par le climat international. La croissance devrait être deux fois plus faible que prévu au premier trimestre, estime désormais la Banque de France. La faute à la guerre en Ukraine, mais pas seulement. L'autre coupable est bien connu et tout trouvé : le Covid-19.
A lire : L'économie française entravée par les crises internationales en début d'année

Vers un retour à la normale des défaillances en 2023

Les défaillances d'entreprise n'ont pas fini de remonter. La tendance à la hausse, déjà constatée au premier trimestre, devrait se confirmer, selon une étude conjointe du courtier AU Group et du cabinet EY : ils attendent près de 40 000 procédures collectives cette année (contre un peu plus de 28 000 en 2021), avant un retour, en 2023, au niveau d'avant-coronavirus (c'est-à-dire au-dessus de 50 000 dossiers annuels). Parmi les principales victimes attendues de cette forme de normalisation de l'économie : les PME, mais aussi le BTP et l'industrie (agroalimentaire, automobile, aéronautique). D'autant que ces secteurs sont les premières victimes de la crise russo-ukrainienne.
A (re)lire : Les défaillances d'entreprise signent leur retour en force au premier trimestre 2022

Présidentielle 2022 : passe d'armes sur la santé des entreprises

La remontée des défaillances d'entreprise s'invite justement dans la campagne d'entre-deux tours de la présidentielle. Après Altares hier, c'est la Banque de France qui a confirmé aujourd'hui, avec ses propres chiffres, la hausse des procédures collectives (+31,5 % en mars sur un an et +6,3 % si l'on cumule les douze derniers mois). L'institution en arrive à la même conclusion : "Il n'y a pas, à ce stade, de signe d'une vague de faillites à venir", car les dossiers restent bien moins nombreux qu'en 2019, avant l'épidémie de coronavirus (respectivement -26,2 % et -44,8 %). Pour autant, en visite dans une cimenterie des Hauts-de-Seine, Marine Le Pen a fustigé « la France de Macron, c'est une France qui s'arrête. Au moment où nous nous parlons, des entreprises ferment leurs portes. » La candidate RN a donc proposé, « notamment pour les PGE », un allongement ou un report du délai de remboursement « sans sanctions bancaires ». Ce à quoi Bercy a répondu, dans la journée, par un rappel des chiffres, jugés rassurants, sur l'amortissement de ces prêts garantis par l'Etat et sur les mesures d'aménagement annoncées en début d'année. Quant au redressement des défaillances, le gouvernement y voit surtout un « retour à la normale économique ».

Le "quoi qu'il en coûte" bouge encore

L'Etat repaye sa tournée d'aides d'urgence. Plusieurs dispositifs ont été rallongés ces derniers jours, au bénéfice des discothèques, restaurants et associations. Objectif de cette résurgence tardive du "quoi qu'il en coûte" : compenser, encore et toujours, les pertes subies l'an dernier par ces entreprises, du fait des restrictions sanitaires contre le Covid-19.

Le "traitement de sortie de crise" fait un flop

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'a pas attiré les foules. La procédure de "traitement de sortie de crise" n'a été utilisée que 32 fois depuis son lancement en octobre, selon le cabinet Altares. Imaginée en juin, cette procédure simplifiée s'adresse aux entreprises de moins de 20 salariés, jugées saines avant le Covid-19, mais en cessation de paiement depuis. Son succès est tout aussi mitigé que sa popularité : 2 dossiers ont quand même débouché sur un redressement ou une liquidation, seulement 10 autres ont abouti un plan d'apurement des dettes sur une durée de cinq à dix ans. Pour le cabinet d'études, la principale limite de ce dispositif, ouvert jusqu'au 2 juin 2023, tiendrait à l'obligation faite au bénéficiaire de continuer à payer le personnel, sans recours possible au régime de garantie des salaires.

Eolien : première à Saint-Nazaire

C'est un peu l'arbre qui cache la forêt au milieu de l'océan. La première éolienne en mer de France vient d'être installée en Loire-Atlantique. Quelque 79 autres devraient suivre au sein du parc de Saint-Nazaire. Insuffisant toutefois pour rattraper le retard du pays dans ce domaine par rapport à ses voisins européens.
A lire : Une première éolienne en mer implantée au large du Croisic pour EDF

12 avril

📍 Défaillances d'entreprise, le retour

Une marée montante, plutôt qu'un raz-de-marée. Au premier trimestre 2022, les procédures collectives ont rebondi de plus d'un tiers en un an, selon les chiffres du cabinet Altares. Une explosion de défaillances à relativiser, vu leur nombre extrêmement bas depuis le début de la crise du coronavirus. Mais dans certains segments de l'économie, et notamment pour les plus petites PME, ce retour progressif à la normale se fait déjà à vitesse grand V.
A lire : Les défaillances d'entreprise signent leur retour en force au premier trimestre 2022

Saison gagnante pour les montagnes

Après le trou noir, le paradis blanc. Victimes de la fermeture des remontées mécaniques la saison dernière, les stations de ski finissent cet hiver avec le sourire. Et pour cause : le bilan s'annonce très positif, malgré la cinquième vague de Covid-19 et l'absence de certaines clientèles étrangères.
A lire : En 2021-2022, les stations de ski retrouvent des couleurs

Présidentielle 2022 : pour qui votera le patronat ?

Unanimité au Medef, neutralité à la CPME. Pour le second tour de l'élection présidentielle, les organisations patronales adoptent chacune leur propre posture. Hier soir, le conseil exécutif du Mouvement des entreprises de France s'est clairement prononcé en faveur d'Emmanuel Macron. Son programme "est le plus favorable pour assurer la croissance de l’économie et de l’emploi dans notre pays" et pour "préparer la France aux défis de l’avenir"... "même s’il comporte des lacunes", nuance le communiqué de presse, sans dire lesquelles. A l'inverse, les mesures économiques de Marine Le Pen "[conduiraient] le pays à décrocher par rapport à ses voisins et à le mettre en marge de l’Union européenne", juge le Medef. Côté CPME, officiellement, on s'en tient à une « position de neutralité », comme à chaque élection, assure son président. Les deux candidats portent un « regard bienveillant sur les entreprises », s'est-il félicité sur BFM Business, ce matin. Mais après avoir appelé « chacun [à] se faire son opinion » à la lumière des 76 propositions de son organisation, François Asselin a fini par lâcher que « Marine Le Pen, bien évidemment, c'est un petit peu l'aventure ».
A (re)lire : notre article sur les attentes du patronat pour le prochain quinquennat et notre dossier sur ce que veulent les jeunes entrepreneurs en particulier

La déprime des échanges extérieurs...

L'éclaircie aura été de courte durée. Après son redressement de janvier, le déficit commercial de la France s'est de nouveau creusé en février (-10,3 milliards d'euros), selon les douanes. Ce qui le porte à des profondeurs abyssales sur douze mois (-93 Md€). La faute au plongeon des exportations, en baisse de quasiment 2 Md€ (soit -4 % en un mois), alors que les importations se sont, elles, maintenues (+0,7 %). Bonne nouvelle quand même : "La France retrouve sa position traditionnelle d’exportatrice nette d’électricité, ce qui n’était plus le cas depuis trois mois." A noter que les douanes insistent, pour leur part, sur un redressement du solde commercial et des exportations françaises, mais elles se basent, pour cela, sur la moyenne des trois derniers mois, effectivement plus favorable.

... la foule des exportateurs français

Le déficit commercial se creuse... et pourtant, la France n'a jamais compté autant d'exportateurs de biens depuis le début du siècle ! En 2021, 136 400 "opérateurs" ont été recensés, toujours par les douanes, mais dans une publication séparée. Soit une hausse de 5,2 % en un an, et même +6,2 % du côté des PME et micro-entreprises. Les sociétés engagées à l'international l'an dernier ont surtout fait le choix de la proximité : seule destination en croissance, l'Union européenne a attiré 7,2 % d'exportateurs français en plus. Précision importante : ce bilan 2021 est à prendre avec des pincettes, car artificiellement gonflé par "des évolutions techniques, sans lien avec la conjoncture économique", précise l'administration.

L'économie mondiale au rythme de la guerre en Ukraine

La guerre en Ukraine ne fera pas que des dégâts dans ce pays. D'un point de vue économique, elle sera également "coûteuse et dangereuse pour le monde", avertit l'OMC dans une note d'analyse. Au passage, l'organisation révise à la baisse ses prévisions pour la croissance et le commerce internationaux en 2022. Mais cette crise russo-ukrainienne pourrait aussi avoir des conséquences plus durables et structurelles, alerte l'étude.

11 avril

📍 Plan de résilience : l'APLD prolongée

Il n'est pas trop tard pour bénéficier de l'activité partielle de longue durée (APLD). Comme promis dans le "plan de résilience", le dispositif, né pendant la crise sanitaire, ne disparaîtra pas au 30 juin, confirme un décret paru au Journal officiel. Et pour cause : sa durée d'activation est allongée d'un an. Autrement dit, ce régime particulier de chômage partiel pourra désormais être accordé "dans la limite de 36 mois (au lieu de 24 jusqu'ici, NDLR), consécutifs ou non, sur une période de référence de 48 mois consécutifs" (au lieu de 36 auparavant).

Gaz : le spectre du délestage forcé

L'Etat pourra fermer le robinet du gaz à certaines entreprises. Les plus grandes consommatrices de cette source d'énergie sont dorénavant soumises à un dispositif de "délestage", créé par décret en fin de semaine dernière. Un mécanisme institué par précaution, alors que l'Union européenne réfléchit toujours à limiter ses achats de gaz russe, en représailles à la guerre en Ukraine.

Essence : la décrue des prix se confirme

L'accalmie se confirme à la pompe. Les prix du carburant ont enregistré, la semaine passée, leur deuxième baisse consécutive, selon les relevés hebdomadaires du ministère de la Transition écologique. C'est le gazole qui recule le plus : à 1,8205 euro le litre, en moyenne, au 8 avril, il diminue de 7 centimes en sept jours (-3,7 %) et repasse ainsi sous le sans plomb 98. Lui perd 4 centimes (à 1,8462 €, au plus bas depuis la mi-février), tout comme le SP95 (à 1,7928 €). En revanche, le GNR peine à redescendre : à 1,31 € (-0,8 %), il reste au-dessus de son niveau de la fin février. Cette réduction générale des prix depuis deux semaines coïncide avec l'entrée en vigueur de la "remise carburant" au 1er avril.

Les difficultés du BTP se renforcent

Les conséquences de la guerre en Ukraine font vaciller le bâtiment en France. A la problématique des prix de l'énergie et des matières premières s'ajoutent des difficultés d'approvisionnement accrues , voire des pénuries pures et dures. Une situation de plus en plus intenable, prévient Patrick Moulard, le président de la Fédération du BTP 06.
A lire : « Des entreprises du secteur travaillent aujourd’hui à perte »

Impôt sur le revenu : la déclaration en ligne rouverte

C'est reparti pour la campagne de déclaration des revenus 2021 ! Le service en ligne a repris aujourd'hui. Il avait été suspendu vendredi, en raison d'erreurs dans le pré-remplissage de certaines cases. Le problème ne concerne, en fait, que les fonctionnaires ayant effectué des heures supplémentaires l'an dernier. Le fisc les informera spécifiquement du problème. "Les autres contribuables peuvent donc poursuivre leurs opérations déclaratives normalement", indique le ministère des Finances dans un communiqué. Et rappelle, par précaution, "qu’il est indispensable de vérifier [les informations pré-remplies] avant de les valider".

Présidentielle 2022 : comme un air de déjà-vu

On prend les deux mêmes et on recommence. Comme en 2017, le second tour de l'élection présidentielle, prévu le 24 avril, verra s'affronter Emmanuel Macron (27,84 % des voix collectés hier) et Marine Le Pen (23,15 %). Jean-Luc Mélenchon échoue aux portes de la qualification avec 21,95 % des suffrages exprimés. Viennent ensuite Eric Zemmour (7,07 %), Valérie Pécresse (4,78 %), Yannick Jadot (4,63 %), Jean Lassalle (3,13 %), Fabien Roussel (2,28 %), Nicolas Dupont-Aignan (2,06 %), Anne Hidalgo (1,75 %), Philippe Poutou (0,77 %) et Nathalie Arthaud (0,56 %), selon les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur, publiés à la mi-journée.
A (re)lire : notre article sur les attentes du patronat pour le prochain quinquennat et notre dossier sur ce que veulent les jeunes entrepreneurs en particulier

Sanctions contre la Russie : l'aérien dans le viseur

Après les navires et les camions, les avions russes sont désormais dans le collimateur de l'Europe. L'UE a interdit, aujourd'hui, son ciel à 21 compagnies aériennes certifiées dans ce pays. Un bannissement prononcé au nom de la sécurité, et non de la guerre en Ukraine. La mesure est toutefois bien une conséquence indirecte du conflit. Afin de contourner les sanctions occidentales à son encontre dans le secteur aéronautique, Moscou avait en effet autorisé "la réimmatriculation forcée" d'appareils étrangers en Russie. Une manière de permettre à ses entreprises de continuer à les exploiter. Ce qui signifie aussi que ces avions volent désormais "sans certificat de navigabilité en cours de validité", dénonce la Commission européenne.

8 avril

📍 La parenthèse enchantée de l'industrie

Et si la crise du coronavirus était une chance pour l'industrie française ? L'année 2021 a en tout cas sonné le réveil du secteur secondaire, à en croire le cabinet Trendeo. Emplois, relocalisations et ouvertures d'usines ont atteint des niveaux records. Mais le soufflé pourrait retomber aussi vite qu'il est monté, prévient l'étude, inquiète pour la suite.
A lire : L’industrie a retrouvé des couleurs en 2021, mais le plus dur reste à venir

La spirale infernale de l'agroalimentaire

La guerre en Ukraine met le feu aux poudres dans l'alimentaire. Au niveau mondial, l'indice des prix de la FAO a atteint, en mars, son plus haut niveau depuis sa création en 1990 : il a bondi de 12,6 % en un mois et de 33,6 % en un an. C'est que la crise russo-ukrainienne "provoque des chocs dans les marchés des céréales de base (+17,1 % en un mois, NDLR) et des huiles végétales" (+23,2 %), explique cet organisme des Nations unies. Or, cette flambée aura des conséquences en France, prévenait, hier soir, le président de l'Ania, l'organisation des industries agroalimentaires, sur France Info. En raison de ces « tensions objectives sur des matières premières », Jean-Philippe André prédit des hausses de prix « variables, entre 1-2 % et jusqu'à 30 % selon les produits ». Un message qu'a porté aussi, aujourd'hui, le patron de la coopérative agricole bretonne Even, en marge de la présentation de ses résultats 2021.
A lire : Pour Guy Le Bars (Even), « il faudra faire passer d’autres hausses de prix »

Un "PGE résilience" à 155 milliards d'euros

Tout est en place pour le nouveau prêt garanti par l'Etat du plan de résilience. L'arrêté qui l'institue a été publié aujourd'hui au Journal officiel. Il apporte notamment des précisions sur le chiffre d'affaires de référence utilisé pour déterminer le montant maximal empruntable par les entreprises de moins de trois ans. En parallèle, la Commission européenne a révélé qu'avec ce PGE adapté à la crise russo-ukrainienne, la France pourrait distribuer "jusqu'à 155 milliards d'euros". Soit plus que la somme jusqu'ici mobilisée au titre du dispositif mis en place pendant la crise sanitaire (plus de 143 Md€, selon un décompte officiel).
A (re)lire : Comment fonctionne le nouveau prêt garanti par l’État adapté à la crise russo-ukrainienne ?

Impôt sur le revenu : et là, c'est le bogue

A peine lancée, déjà refermée. Le service en ligne pour la déclaration des revenus 2021 a été momentanément suspendu aujourd'hui, soit au lendemain de son ouverture. Le fisc s'est rendu compte de l'existence d'écarts anormaux dans le pré-remplissage du formulaire "pour certains contribuables". L'accès sera rétabli dès que le souci sera résolu. Il sera alors possible de vérifier et corriger sa déclaration, y compris si vous l'aviez déjà validée. En revanche, ce bogue ne changera rien au calendrier prévu. Et il n'aura "aucun impact sur le montant de l'impôt", rassure le ministère des Finances. Qui présente, au passage, ses "excuses pour la gêne occasionnée".

Guerre en Ukraine : les nouvelles sanctions validées...

Le feu vert aura été plus long que prévu à venir. Les Etats membres de l'UE ont fini par approuver, hier soir, un cinquième paquet de sanctions contre la Russie pour son invasion de l'Ukraine. Il reprend largement les propositions avancées mardi par la Commission européenne. A savoir : embargo total sur le charbon, bannissement des transporteurs routiers (y compris biélorusses) sur les routes et des navires dans les ports (sauf pour certains produits, dont l'énergie et l'alimentaire), interdictions d'exportations élargies dans les technologies à hauteur de 10 Md€ (substances chimiques, équipements de transport, informatique quantique, semi-conducteurs...) et d'importations pour 5,5 Md€ (ciment, produits en caoutchouc, bois, alcools, caviar), exclusion des marchés publics dans l'UE. Enfin, Bruxelles demande aux Etats de "mettre en place d'urgence des mécanismes globaux de filtrage des investissements" directs étrangers, réalisés par la Russie et la Biélorussie en Europe.

... une aubaine pour le français CMA-CGM

Les sanctions contre la Russie font les affaires de CMA-CGM. Le groupe marseillais vient de mettre la main sur Gefco. L'un des principaux actionnaires de l'entreprise de logistique était, jusqu'à ces derniers jours, une entreprise russe visée par les mesures de représailles américaines et européennes.

7 avril

📍 Plan de résilience : le PGE nouveau est arrivé...

A moins de trois mois de sa disparition programmée, le prêt garanti par l'Etat fait peau neuve. Les banques commercialiseront cette nouvelle variante à partir de demain. Son nom : le "PGE résilience", un outil de financement qui se veut plus généreux, mais aussi très ciblé.
A lire : Comment fonctionne le nouveau prêt garanti par l’État adapté à la crise russo-ukrainienne ?

... et la quête aux approvisionnements alternatifs est lancée

Il faut sauver les approvisionnements de l'économie française. Pour se défaire de leur dépendance à la Russie, la Biélorussie ou l'Ukraine sur certaines matières premières stratégiques, l'Etat va aider les entreprises à investir dans la diversification de leurs fournisseurs, l'amélioration de leurs procédés... voire dans la production même de ces intrants.

Impôt sur le revenu : l'heure de la déclaration a sonné

Top départ à la campagne de déclaration des revenus 2021 ! Les Français peuvent remplir cette formalité annuelle à compter d'aujourd'hui et jusqu'au 19 mai (pour la version papier), ou jusqu'au 24 mai, 31 mai ou 8 juin (en ligne, et en fonction de son département). Parmi les mesures exceptionnelles intégrées à l'impôt sur le revenu, cette année, du fait de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine : la revalorisation du barème kilométrique ; l'exonération des frais de télétravail, de la "prime Macron" version 2021 et de l'indemnité inflation ; ou encore de nouvelles niches fiscales sur l'installation de borne de recharge pour véhicule électrique dans son logement ou sur le premier abonnement à la presse. Par ailleurs, la souscription au capital de PME ou d'entreprises solidaires d'utilité sociale (dispositif dit Madelin ou IR-PME) bénéficie d'un taux de réduction d'impôt rehaussé de 18 à 25 % pour les investissements réalisés entre le 9 mai et le 31 décembre derniers. Enfin, deux crédits d'impôt pour les exploitations agricoles (celles certifiées HVE et celles qui ont renoncé au glyphosate) font leur apparition.

Spatial : Arianespace paré à décoller avec Amazon

C'est LE contrat de la semaine. Celui qui envoie Arianespace au septième ciel. Habitué à semer ses entrepôts logistiques sur le territoire, le géant américain Amazon entend, cette fois, disséminer ses satellites au-dessus de nos têtes. Et pour mettre en orbite sa constellation, il a jeté son dévolu sur la nouvelle fusée française Ariane 6.
A lire : Le lanceur de satellites français Arianespace décroche un contrat historique avec Amazon

Le rêve viticole des Hauts-de-France

Et si l'Hexagone mettait du vin dans ses Hauts...-de-France ? Depuis 2016, des vignes ont commencé à pousser sur les terres de cette région, plus habituées à la bière, aux betteraves et aux patates ! Simple lubie ou vrai potentiel ? Notre rédaction locale a sillonné le territoire pour mener l'enquête.
A lire : Y a-t-il un avenir pour une filière vin dans les Hauts-de-France ?

6 avril

📍 Quand le "quoi qu'il en coûte" fait de la résistance

Quand il n'y en a plus, il y en a encore. L'Etat a décidé de prolonger plusieurs des outils d'aide au financement des entreprises, actionnés pendant la crise du Covid-19. Il s'agit, en l'occurrence, des prêts participatifs et obligations de la relance, au succès jusqu'ici très mitigé. Le soutien à l'assurance-crédit à l'export est, lui aussi, maintenu, mais son périmètre est nettement resserré.

L'euphorie de l'emploi, saison 2 ?

Vers une débauche d'embauches en 2022 ? Après un millésime 2021 déjà excellent, la dernière enquête de Pôle Emploi sur les "besoins en main-d'oeuvre" laisse entrevoir une nouvelle année exceptionnelle. Et pour cause : les entreprises n'y ont jamais été aussi nombreuses à se dire prêtes à recruter autant. Revers de la médaille, cette ruée sur l'emploi devrait propulser aussi les difficultés d'embauche vers des sommets encore rarement vus.

Innovation : la France à contre-courant

L'innovation tricolore accuse le coup avec retard. Après avoir bien résisté à la crise du coronavirus en 2020, les acteurs nationaux ont déposé moins de brevets au niveau européen l'an dernier. Et ce n'est pas la seule exception française, relevée par l'OEB dans son baromètre annuel : l'Hexagone est en perte de vitesse dans les domaines technologiques parmi les plus dynamiques du continent, comme le numérique et la santé.

Environnement : Paprec remporte la mise chez Cnim

Nouvelle étape dans la vente à la découpe de l'industriel Cnim. L'activité déchets et énergie du groupe varois va tomber dans l'escarcelle du francilien Paprec, ainsi qu'en a décidé le tribunal de commerce de Paris.
A lire : Le groupe Paprec reprend l'activité EPC de Cnim

Agroalimentaire : Buitoni interdit de produire

Les carottes sont cuites pour l'usine Buitoni de Caudry (Nord). Pointée du doigt pour la probable contamination de ses pizzas à la bactérie E.Coli, le site a été momentanément fermé sur décision de la préfecture du département, à la suite de contrôles sanitaires défavorables.

Agriculture : du liquide pour les victimes du gel

On prend les mêmes recettes et on recommence. Face aux conséquences du récent épisode de gel sur l'arboriculture et la viticulture, le gouvernement réactive les mesures déjà mises en place l'an dernier, dans une situation similaire. En l'occurrence, un « fonds d'aide d'urgence à la main des préfets » va bel et bien être mis en place, a confirmé, hier soir, le Premier ministre. Il sera doté de 20 millions d'euros. Egalement au programme : « la prise en charge exceptionnelle des cotisations sociales » des producteurs touchés, ainsi que des « dégrèvements d'office (...) au titre de la taxe sur le foncier non-bâti ». Par ailleurs, les aides du plan de relance resteront disponibles aux agriculteurs six mois de plus, pour leur permettre de « finir leurs investissements de protection », a complété, ce midi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Aérien : prudent espoir de sortie de crise

Une bulle d'air dans l'aérien. En février, le trafic a connu "un solide rebond", s'est réjouie l'Association internationale du transport aérien (Iata) : la demande a progressé de quasiment 116 % sur un an, sans que la guerre en Ukraine, démarrée à la fin de ce mois, "n'ait eu un impact majeur" dans l'immédiat. Pour autant, le chemin reste long vers un retour complet à la normale : l'activité des compagnies aériennes reste en retrait de 45,5 % par rapport à ce qu'il était deux ans plus tôt, à la veille de la crise pandémique.

5 avril

📍 Les PME en proie à l'inflation...

Les petites et moyennes entreprises rattrapées par la hausse des prix. L'inflation est devenue leur principale préoccupation en mars, selon une enquête menée par la CPME. Or, une large majorité des dirigeants interrogés se disent d'ores et déjà plombés par l'augmentation des coûts de l'énergie, en particulier. Un contexte pesant, avec des conséquences très concrètes à la clé.
A lire : Energie, carburant... les PME prises au piège de l'inflation

... l'agroalimentaire en première ligne

Au-delà des chiffres, il y a les exemples. L'inflation compromet très directement le développement de certaines entreprises en région. Illustration avec Kirn Production : le charcutier-traiteur alsacien vient de geler l'extension de son usine d’Illkirch-Graffenstaden, à cause du contexte économique actuel.
A lire : Kirn Production repousse ses investissements à cause de la guerre en Ukraine
Chez Agrial, la donne est un peu différente, car une crise peut en cacher plein d'autres. Après le Brexit et le Covid-19, le groupe normand s'attend à vivre une année 2022 encore plus compliquée, sous l'effet de l'inflation et de la grippe aviaire.
A lire : Les crises bousculent le fonctionnement d'Agrial

Les usines françaises en sous-régime

Inflation ou pas, l'industrie attend toujours son retour à la normale, deux ans après le début de la crise du Covid-19. En février, la production est repartie à la baisse dans l'ensemble du secteur secondaire (-0,9 % en un mois), comme dans sa partie manufacturière (-0,5 %), selon l'Insee. Résultat, dans les deux cas, elle reste éloignée de son niveau d'avant-pandémie (à environ -4,5 % par rapport à février 2020). La fabrication des matériels de transports demeure, et de loin, l'activité la plus affaiblie sur la période (-27,6 %), mais de nombreuses autres n'ont pas non plus retrouvé leur production d'antan, à l'image des énergies (-5,3 %), l'eau-assainissement (-5,1 %), la chimie (-4,5 %), la pharmacie (-3,8 %), la métallurgie (-3,7 %) ou le bois-papier (-3,6 %).

Présidentielle : les entrepreneurs ont fait leur choix

A six jours du premier tour, l'élection présidentielle ne fait pas débat chez les entrepreneurs. Ils sont 52 % à plébisciter Emmanuel Macron, selon un sondage OpinionWay pour LegalStart, réalisé auprès de 715 personnes, du 9 au 17 mars. Le chef de l'Etat sortant s'est largement renforcé depuis octobre dernier (+9 points). Derrière, Eric Zemmour (10 %, -6 points), Valérie Pécresse et Jean-Luc Mélenchon (9 % chacun) sont dans un mouchoir, mais, au sein de ce trio, seul le chef de file de la France insoumise décolle par rapport à l'automne dernier (+6 points). A noter que près de 3 dirigeants sur 10 n'expriment toutefois encore aucune intention de vote. Sur le fond, la fiscalité des entreprises reste le sujet économique prioritaire du prochain quinquennat, cité à 36 % par les dirigeants interrogés. Et pourtant, parmi la jeune génération, d'autres préoccupations s'imposent désormais, plus sociétales et environnementales. Illustrations avec une dizaine de ces patrons de moins de 35 ans que Le Journal des Entreprises est parti interroger dans toute la France.
A lire, notre dossier spécial : Ce qu'attendent les jeunes entrepreneurs du prochain président de la République

Export : la transition énergétique subventionnée

Faire de la crise énergétique une chance à l'export. En pleine réflexion sur ses approvisionnements dans le contexte de la guerre en Ukraine, l'Etat veut pousser les entreprises françaises à tester leurs solutions d'autonomie, d'efficacité et de sobriété à l'étranger. Et mobilise 5 millions d'euros pour les aider à financer des démonstrateurs dans les pays en développement.

Guerre en Ukraine : vers une cinquième ronde de sanctions

L'Union européenne dégaine à nouveau l'arme des sanctions contre la Russie. Face aux massacres présumés de civils commis par l'armée de Vladimir Poutine à Boutcha notamment, la Commission a proposé, aujourd'hui, un cinquième paquet de mesures contre Moscou. Il prévoit, entre autres, des "interdictions d'importation" sur le charbon (pour 4 milliards d'euros par an) et sur des matériaux de construction (bois, ciment) ou des produits alimentaires haut-de-gamme (pour 5,5 Md€). Les restrictions à l'exportation de certaines technologies (ordinateurs quantiques, semi-conducteurs, équipements de transport...) seraient renforcées à hauteur de 10 Md€. Les entreprises du pays seraient exclues des marchés publics dans l'UE, les navires et camions bannis d'Europe, sauf pour le transport de certaines marchandises (dont l'agroalimentaire et l'énergie). Les Etats membres doivent à présent valider ces mesures, voire les durcir : la question d'un gel des achats de pétrole russe reste en effet ouverte, prévient Bruxelles.

4 avril

📍 Reprise ambiguë pour l'emploi cadre

Les cadres ont (presque) retrouvé le sourire en 2021. Déprimé par la crise du Covid-19, le nombre des recrutements a nettement rebondi l'an dernier - et même bien plus que ne s'y attendait l'Apec. Mais comme l'association le redoutait, cette reprise des embauches s'est faite en ordre (très) dispersé. Et à des niveaux de salaires quasiment inchangés.

Retour mesuré des rachats d'entreprises...

Les entreprises n'ont pas manqué d'appétit l'an dernier. Les cessions-acquisitions de PME sont reparties de l'avant en 2021, selon un panorama dressé par In Extenso Finance et Transmission. Un dynamisme qui tient autant à la reprise de l'économie qu'à un effet de rattrapage mécanique, dû à la reprise post-coronavirus... mais qui semble déjà s'essouffler.
A lire : Après un fort rebond en 2021, les cessions et acquisitions de PME ralentissent en France

... les groupes Altrad et Cetih à la manoeuvre

Les cessions-acquisitions, justement, elles font aussi l'actualité en ce début de semaine. Deux opérations d'ampleur ont été annoncées aujourd'hui par des entreprises régionales. Le montpelliérain Altrad a ainsi conclu le rachat d'Endel, filiale du groupe Engie dans la maintenance industrielle. De son côté, Cetih, en Loire-Atlantique, étend son horizon avec l'intégration des établissements Bignon.
A lire : L'ETI Cetih met la main sur le constructeur de fenêtres Bignon

Agriculture : le gel a encore frappé

Bis repetita pour les agriculteurs. Comme l'an dernier, à pareille époque, le gel nocturne fait des ravages dans les plantations depuis ce week-end. La nuit dernière a même été la plus froide d'avril sur les 75 dernières années, affirme Météo France (-1,5° en moyenne nationale). Cet épisode glacial pourrait durer encore jusqu'à mercredi. Les arboriculteurs et viticulteurs sont en première ligne. Selon la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, interrogée sur Europe 1 et France Info, les pertes pourraient atteindre 70 à 100 % des cultures dans les zones les plus touchées (Centre-Val de Loire, Beaujolais, Champagne, Lot-et-Garonne, Dordogne, Indre-et-Loire et Aisne). En réponse à cette nouvelle catastrophe, le chef du gouvernement Jean Castex avait promis, hier, "de mobiliser, dès le début de semaine, le dispositif des calamités agricoles", voire, si nécessaire, un "fonds d'urgence" pour aider les exploitations des départements les plus sinistrés.

Automobile : le marché français reste embourbé

Et de dix. Les ventes automobiles ont enchaîné sur une dixième baisse consécutive en mars. Avec 147 079 voitures particulières écoulées, le marché français se contracte de 19,5 % en un an, selon la Plateforme automobile, et même de 34,9 % comparativement à la même période avant la crise du coronavirus (mars 2019). La tendance est similaire sur l'ensemble du premier trimestre avec des baisses de 17,3 % et de 34 %, par rapport, respectivement, à 2021 et 2019.

Inflation : ça va beaucoup mieux à la pompe...

Grand bol d'air dans les stations essence. Les prix des carburants ont enregistré, la semaine dernière, leur deuxième baisse de l'année, selon les relevés du ministère de la Transition écologique. Et pas qu'un peu : au 1er avril, le litre de GNR coûtait, en moyenne, 1,3207 euros, soit 30 centimes de moins que sept jours plus tôt (-18,6 %) ! Le gazole, à 1,891 €, a reculé, lui, de 22,5 centimes, quand le sans plomb en a perdu 17 d'un coup (à 1,8324 €, pour le SP95, et 1,888 €, pour le SP98). Aussi spectaculaires soient-elles, ces chutes sont néanmoins juste suffisantes pour ramener les prix à leur niveau de fin février, début mars. Reste à savoir si ce coup d'arrêt va être accéléré par la fameuse "remise carburant" du gouvernement, entrée en vigueur depuis vendredi... ou si c'est précisément cette aide qui est déjà à l'origine de l'accalmie. Auquel cas ce répit pourrait être de courte durée.

... mais de mal en pis en Europe

Il n'y a pas qu'en France que les prix s'affolent. Dans la zone euro, le taux d'inflation a bondi à 7,5 % sur un an, en mars, soit +1,6 point en un seul mois, selon Eurostat. C'est la plus forte hausse jamais enregistrée depuis le début des relevés en 1997. L'indicateur bat, au passage et pour la 5fois consécutive, son record historique. Une fois de plus, l'énergie fait figure de locomotive (+44,7 %, en hausse de 12,7 points !), mais les prix accélèrent, en réalité, dans toutes les catégories de produits (de +5 % pour l'alimentation à +2,7 % pour les services). Pour autant, la France s'en tire bien, avec l'inflation la plus faible des 19 pays de la zone euro (+5,1 % quand même, chiffre supérieur à celui de l'Insee, en raison d'un mode de calcul différent).
A lire : Face à l'inflation, les entrepreneurs du bâtiment d'Ille-et-Vilaine en appellent à la solidarité de la filière

1er avril

📍 Gaz russe : la France n’anticipe pas de rupture de livraison

À ce stade, il n’y a "a priori" pas de risque de rupture des importations de gaz russe, a indiqué Barbara Pompili. La ministre de la Transition écologique s’est exprimée suite à la demande de Moscou de payer ses livraisons en roubles. "Les informations reçues de Moscou (…) nous laissent penser que les entreprises pourront finalement continuer à payer en euros auprès des banques, qui elles-mêmes devront convertir leurs euros en roubles", a-t-elle indiqué lors d’une audition à l'Assemblée nationale. Un système qui, selon la ministre, ne change pas grand-chose pour les entreprises françaises. Pour Barbara Pompili, l’exigence de payer en roubles vise avant tout à soutenir la monnaie et ne constitue pas vraiment une mesure de rétorsion vis-à-vis des entreprises européennes.

Une majorité d’artisans subit les répercussions de la guerre en Ukraine

62 % des patrons d’entreprises artisanales disent être "directement impactés par le conflit russo-ukrainien", selon un sondage réalisé fin mars par le réseau des chambres des métiers et de l’artisanat (CMA France). Parmi eux, un sur dix estime être déjà fortement touché par les conséquences de la guerre. CMA France relève des difficultés liées à la hausse du coût de l’énergie, à l’approvisionnement et à la baisse du chiffre d’affaires. "Les artisans attendent des aides prioritaires et ciblées", plaide le réseau. Également questionnés sur les soutiens à mettre en place, 30 % des artisans interrogés demandent "une aide pour maintenir leur chiffre d’affaires" et 26 % "une aide pour le carburant".

Mode : un manque à gagner de "600 millions d'euros" pour les distributeurs

Allianz Trade a évalué l’impact des perturbations liées au contexte géopolitique en Europe de l'Est pour les distributeurs de mode. Résultat : un manque à gagner "de 4,9 milliards d’euros pour les distributeurs de mode européens" prévu en 2022, "dont 600 millions d’euros en France", calcule l’expert de l’assurance-crédit. "La confiance des ménages européens est désormais frappée de plein fouet par l’invasion de l’Ukraine. De quoi affecter leur consommation (…)", indique l'étude d’Allianz Trade. Conséquence, la dépense des ménages en matière de mode ne devrait croître "que de 4,4 % en 2022", soit 2 points de moins que ce qui était prévu avant la crise ukrainienne.

L’Europe veut interdire le "greenwashing" et favoriser l’économie circulaire

La Commission européenne annonce un bouquet de mesures visant à renforcer l’économie circulaire. Parmi les projets phares : interdire le "greenwashing" (ou écoblanchiment) ou encore informer le consommateur sur la durée d'utilisation pour laquelle un produit a été conçu. L’Europe compte allonger sa "liste noire" des pratiques commerciales déloyales. En ajoutant par exemple "le fait de ne pas informer le consommateur qu'un bien est conçu pour fonctionner de manière limitée si l'on utilise des consommables, des pièces de rechange ou accessoires non fournis par le producteur d’origine". Des propositions qui doivent encore être validées par le Conseil et le Parlement européens.
A lire : L'Union européenne veut renforcer l'économie circulaire et "interdire le greenwashing"

Le déficit budgétaire de la France atteint 37,6 milliards en février

Le déficit budgétaire de la France s’élève à 37,6 milliards d'euros en février contre 47,5 milliards un mois plus tôt, rapportent Les Échos. Pour rappel, le déficit budgétaire est la situation dans laquelle les recettes de l’État sont inférieures à ses dépenses (hors emprunts). Il se différencie du déficit public, car il n’englobe pas le solde des recettes et des dépenses des autres administrations publiques (collectivités territoriales, organismes de sécurité sociale…).

Le groupe Bolloré cède ses activités logistiques en Afrique

Le groupe français Bolloré cède l’ensemble de ses activités de transport et logistique en Afrique à l’armateur italo-suisse MSC. Le montant de l’opération s’élève à 5,7 milliards d’euros. Conditionnée à l’obtention d’autorisations réglementaires et à l’aval des autorités de la concurrence, la cession effective pourrait intervenir d’ici la fin du premier trimestre 2023. Bolloré conserve encore une présence en Afrique, notamment via Canal+. Le groupe français annonce par ailleurs poursuivre "ses développements sur ce continent dans de nombreux secteurs comme la communication, le divertissement, les télécoms et l’édition".

Un fabricant d'aiguilles normand dans le métavers

La PME Bohin, dernier fabricant d’aiguilles à coudre en France basé dans l’Orne, a investi dans l'achat de parcelles de terrains virtuelles dans le métavers, cet écosystème virtuel immersif. L'occasion pour elle d'endosser un rôle de pionnier et de toucher les jeunes générations.
A lire : Le fabricant d'aiguilles Bohin investit dans l'univers virtuel du métavers

31 mars

📍 Présidentielle : moins d’impôts de production et plus de transition écologique  

Livres blancs, manifestes, feuilles de route, etc. : cette année, les organisations patronales ont été studieuses pour élaborer leurs cahiers de doléances aux candidats à l’élection présidentielle. Dans cette foison de souhaits et d’attentes en tout genre, se distinguent assez nettement plusieurs lignes de force. Certaines restent traditionnelles, comme la baisse des impôts de production, qui est devenu est l’un des principaux enjeux économiques de la campagne. D’autres revendications sont plus nouvelles, ou du moins ont été exacerbées par la crise sanitaire, l’urgence climatique ou la guerre en Ukraine. Un contexte qui pousse par exemple le patronat à défendre des mesures pour réindustrialiser le pays en prenant à bras le cors la question de la transition écologique. 
A lire : Ce qu'attendent les patrons du futur Président de la République 

Vers une hausse du Smic en mai prochain 

Le Smic augmentera de 2,4 à 2,6% au 1er mai. C’est ce qu’a indiqué le ministère du Travail à l’Agence France Presse (AFP). Une info relayée par l’agence sur son compte Twitter ce jeudi. Cette hausse représente une progression de plus de 30 euros, comparée au Smic actuel (qui est de 1 269,03 euros net). Il s’agit d’une revalorisation automatique, dont « la hausse exacte sera connue le 15 avril quand l'Insee publiera son estimation définitive de la hausse des prix en mars », ajoute l’AFP. L’annonce intervient alors que l’inflation a encore augmenté en mars. 

L’inflation augmente en mars et s’élève à 4,5% sur un an

Les prix à la consommation auraient augmenté de 1,4 % en mars 2022, après une progression de 0,8% en février, selon l’Insee. Des données provisoires, avant les résultats définitifs attendus mi-avril. Sur les 12 derniers mois, les prix affichent une hausse de 4,5 %. Une inflation tirée en particulier par les tarifs de l’énergie et de l’alimentation sur cette période. Mais aussi, dans une moindre mesure, des services. Quant aux produits manufacturés, leurs prix ralentissent légèrement sur un an, mais progressent nettement sur le mois écoulé.

Semi-conducteurs : Stellantis planche sur un approvisionnement plus local

Le constructeur automobile Stellantis prévoit d’assurer un approvisionnement en puces électroniques depuis l’Europe et les Etats-Unis d’ici trois à quatre ans, selon son DG, Carlos Tavares, dont les propos ont été rapportés par l’agence Reuters. « Nous avons mis en place de nombreuses initiatives pour créer un approvisionnement local en semi-conducteurs », a-t-il indiqué. Né de la fusion de PSA et Fiat Chrysler Automobiles, Stellantis subit de plein fouet la pénurie de composants électroniques fabriqués en Asie. Un phénomène qui ralentit depuis plus d’un an la production de l’ensemble du secteur automobile.

Fin de la prime Macron 

Mise en place en 2019 après le mouvement des gilets jaunes, puis reconduite, la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat s’achève ce jeudi 31 mars. Cette « prime Macron », exonérée d’impôts et de cotisations sociales, peut s’élever jusqu’à 1 000 voire 2 000 euros sous certaines conditions. Et cible les salaires allant jusqu'à 3 Smic.

Contrats d’assurances : le démarchage téléphonique davantage encadré 

La réglementation du démarchage et de la vente par téléphone de contrats d’assurance sera renforcée, à partir de ce 1er avril. Avec plusieurs mesures issues de la loi du 8 avril 2021. Désormais, il faudra demander et obtenir l'accord explicite du client potentiel en début de discussion. Et mettre fin à l'appel dans le cas contraire. Le courtier ne devra alors plus le rappeler. La législation ajoute en outre un délai de 24 heures avant la signature, obligatoirement manuscrite ou électronique, du contrat (un accord oral ne suffira plus). Autre obligation, celle de conserver pendant 2 ans l'enregistrement téléphonique ayant conduit à la transaction, en cas de contestation. 
 

30 mars

📍 La plus grande usine au monde de recyclage du plastique sera normande 

Le groupe américain Eastman (14 000 salariés) annonce son intention de construire, d’ici à 2025 en Seine-Maritime, la plus grande usine au monde de recyclage du plastique. Un investissement colossal, de 850 millions d’euros, doit permettre de recycler 160 000 tonnes par an de polyester, comme le PET ou les textiles colorés ou dégradés. A la clé 350 emplois directs et 1 500 indirects. 
A lire : L'américain Eastman implante son usine de recyclage de plastique en Normandie

Mauvais payeurs : les entreprises parisiennes tardent à passer à la caisse

Pour être payé sans encombre, mieux vaut s’adresser à une TPE bretonne du BTP qu’à une grande entreprise parisienne de la restauration. C’est l’un des enseignements d’une étude sur les comportements de paiements des entreprises françaises réalisée par Altares. Plus l’entreprise est grande, moins elle paye rapidement ses fournisseurs.  Existe ensuite de vraies différences dans les comportements de paiement, en fonction du secteur d’activité et de la région. 
A lire : Les délais de paiement des entreprises s’améliorent en France

La production d'énergie renouvelable gagne du terrain

Selon un rapport du centre de réflexion britannique à but non lucratif Ember, la production d'électricité à partir d'énergies éolienne et solaire a dépassé pour la première fois les 10 % dans le monde en 2021 (10,3 % de la production totale d'électricité). 50 pays ont atteint ce niveau de 10 % l'an dernier, le Japon et la Chine pour la première fois par exemple. Point de vigilance du rapport : l'augmentation de 9 % de la production des centrales électriques à charbon en 2021, impliquant une forte hausse des émissions de CO2 au niveau mondial.

Le bâtiment veut un ministère de la construction 

Dans une déclaration commune, trente-huit organisations professionnelles du bâtiment et de la construction (FFB, Capeb, FNTP, Unicem, etc.) réclament au futur Président de la République un ministère dédié à la construction durable et à l’aménagement du territoire. Derrière cette demande, une ambition : faire de la politique du logement une priorité pour les années à venir. Et ce, au moment où la profession subit une nouvelle « onde de choc », liée à la guerre en Ukraine, avec l’explosion des prix des matériaux et de l’énergie. Alors que les carnets de commandes restent bien orientés, la fédération française du bâtiment anticipe un fléchissement de l’activité dans les prochains mois.

Carrefour va déployer 5 000 bornes de recharge pour véhicules électriques en France

Carrefour accélère le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques. Le groupe, qui avait déjà annoncé la création de 2 000 bornes dans les parkings de ses hypermarchés d’ici à 2023, va aussi équiper l’ensemble de ses supermarchés Carrefour Market de 3 000 nouvelles bornes. Cela constituerait le premier réseau de recharges électriques en France avec plus de 700 stations dotées de 5 000 places en 2025.
 

29 mars

📍 Nouveau coup de pouce pour les entreprises du BTP

Le gouvernement vient de dévoiler une série d’aides pour les entreprises du BTP, touchées par de nouvelles fortes hausses des prix suite au conflit ukrainien. Au programme : une (petite) aide financière pour les PME des travaux publics, mais surtout la possibilité de prendre en compte les hausses des prix dans les contrats signés dans le cadre de marchés publics. 
A lire : Guerre en Ukraine : de nouvelles mesures pour aider les entreprises du BTP

Le capital-développement en pleine forme…

Année faste pour les fonds d’investissements. L’an passé, selon l’association France Invest, les sociétés de capital-investissement françaises ont injecté 27 milliards d’euros au capital de 2 342 entreprises, principalement de la santé et du numérique. Il s’agit d’un niveau encore jamais atteint par les fonds français, supérieur de 53% à celui de 2020 et de 41% à celui de 2019. 

… les business angels aussi 

Tout comme les fonds d’investissement, les business angels tricolores battent des records. L’an passé, ces investisseurs ont apporté 69,5 millions d’euros à 424 entreprises, pour un premier tour de table ou une opération de refinancement. Leurs secteurs de prédilection ? Le digital, la santé et les biens de consommation. 
A lire : Record d'investissement pour les business angels

Les Français perdent le moral

Malgré l’afflux de capitaux dans l’économie française, les ménages n’ont plus trop le moral. C’est l’Insee qui l’assure. En chute libre (-6 points) en mars, la confiance des ménages est de 9 points inférieure à la moyenne de long terme (c’est-à-dire depuis le début des années 2000). En cause, la hausse générale des prix qui fait craindre aux Français une détérioration de leur situation financière future. 

Des industriels sur le fil 

L'industrie des fils et câbles électriques, elle aussi, a connu des jours meilleurs. Via son organisation professionnelle, le Sycabel, ce secteur qui pèse 8 000 emplois en France, s’inquiète de la hausse des matières premières et des coûts de l’énergie. Entre le coût de l’aluminium, très prisé dans la fabrication des conducteurs de câbles et le prix du gaz qui a été multiplié par dix en deux ans, les industriels du secteur se disent très durement affectés. 

Déficit public : le verre à moitié plein ou à moitié vide ? 

2 813 milliards d’euros. Ce chiffre astronomique, c’est la dette publique de la France. Cette dette s’est encore alourdie en 2021, de près de 165 milliards d’euros, dit l’Insee.  Mais la dette française, c’est un peu comme l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein : tout dépend du point de vue. Car, rapportée en pourcentage du PIB, la dette publique diminue. Elle est en effet passée de 114,6% du PIB en 2020 à 112,9% à 2021. Une légère amélioration que les finances publiques doivent au fort rebond économique et donc aux entreprises. 

28 mars

📍 Les entreprises appelées à réduire leur consommation énergétique 

Entreprises et particuliers sont priés de réduire leur consommation d’électricité et de gaz. Et ce, dès à présent. Sinon la France pourrait faire face à des pénuries en fin d’année. On doit ce message d’alerte à la Commission de régulation de l'énergie, une autorité administrative indépendante chargée de veiller au bon fonctionnement des marchés de l'électricité et du gaz en France. En cause, les conséquences de la guerre en Ukraine mais aussi la faiblesse de la production nucléaire française, suite à l’arrêt momentané de plusieurs réacteurs.
A relire : Six conseils pour réduire sa consommation d'électricité au bureau

Prix des carburants : une ristourne plus généreuse que prévue

Bonne nouvelle pour les entreprises comme pour les particuliers. La ristourne de l’Etat pour l'achat de carburants sera plus généreuse que prévue. Le 12 mars, lors de la présentation du plan de résilience, Jean Castex avait annoncé une remise de 15 centimes d’euros par litre. La remise se chiffrera finalement à 18 centimes, selon un décret publié ce samedi. Ce qui explique la différence ? Le chiffre avancé par le  Premier ministre était hors taxe... Cette aide, évaluée par le gouvernement à 3 milliards d’euros, sera versée à partir du 1er avril et ce, durant quatre mois, aux distributeurs de carburants. Elle sera ensuite répercutée par les stations-services aux consommateurs, qui font face à une inflation impressionnante des prix du carburant. Depuis le début de l’année, le gasoil a ainsi bondi de 40%.

Le prix de l’immobilier flambe aussi 

Il n’y a pas que le prix de l’essence qui augmente. Celui du logement continue, lui aussi, d’enfler, de 1,9% au quatrième trimestre 2021 en France, selon l’Insee. La hausse concerne aussi bien le neuf (+1,4%) que l’ancien (+1,7%). L’augmentation des prix de l'immobilier est certes moins spectaculaire que l'envolée du carburant. Il n’empêche, le prix des logements a progressé de 7% sur un an et de près de 28% depuis 2015.

Auchan explique pourquoi il ne quitte pas la Russie

Alors qu’une multitude d’enseignes internationales, dont ce lundi les brasseurs Heineken et Carlsberg, ont annoncé leur décision de se retirer de Russie, Auchan persiste et signe. Dans un communiqué publié dimanche, le groupe nordiste explique pourquoi il poursuit ses activités en Russie, pays dans lequel il emploie pas moins de 30 000 salariés. Considérant que la France n’est pas en guerre contre le peuple russe, la direction d’Auchan assure qu’elle n’abandonnera pas ses collaborateurs, leurs familles et ses clients. Le groupe indique toutefois qu’il stoppe ses investissements en Russie et, pour couper court aux polémiques, qu’il prévoit des pertes dans ce pays en 2022.
A lire : Mis en cause, Auchan Retail justifie le maintien de ses activités en Russie

Les entreprises de cosmétiques aident les réfugiés ukrainiens

Belle mobilisation des entreprises de cosmétiques tricolores. L’appel de la Fédération des entreprises de beauté devrait au moins permettre de collecter 800 000 produits d’hygiène et de soins. Gels douche, savons, dentifrices et déodorants vont être donnés, via des associations, à des réfugiés ukrainiens venant en France. 

L’industrie cinématographique retrouve le sourire

Après une forte baisse de son activité en 2020 du fait du Covid, la production cinématographique française a compensé son retard l’an passé. Le nombre de films agréés par le Centre national de la cinématographie et de l'image animée se monte à 340 en 2021. C’est 13% de plus qu’avant la crise sanitaire et cela permet presque de rattraper l’activité perdue à cause du Covid. 

25 mars

Session de rattrapage pour l'"indemnité inflation"

Une seconde chance pour les oubliés de l'indemnité inflation. Les personnes éligibles à cette aide de 100 euros, mais qui ne l'auraient pas encore reçue, peuvent se signaler, depuis aujourd'hui, sur une plate-forme en ligne. Si leur demande est valide, l'administration procédera au paiement dans les dix jours après réception du dossier, indique un décret publié au Journal officiel. Le texte élargit, au passage, la liste des bénéficiaires (par exemple aux personnes indemnisées pour accidents du travail, maladies professionnelles ou congé parental) et permet aux travailleurs indépendants de déroger aux conditions de chiffres d'affaires et de recettes jusqu'ici en vigueur. A l'origine, 38 millions de personnes devaient recevoir ces 100 euros. Mais, début mars, à l'issue de la période de versement, elles étaient 1,3 million à ne toujours avoir rien touché, selon Bercy.

Le nautisme limite la casse

La filière nautique a tangué, mais n'a pas coulé, dans la tempête du Covid-19. Sur la période 2020-2021, et donc en pleine pandémie, elle a enregistré un chiffre d'affaires de 4,7 milliards d'euros (-11,3 % par rapport à 2018-2019), selon le dernier rapport annuel de la FIN, la fédération du secteur. L'emploi a également souffert, avec la perte d'environ 2 350 postes (-5,4 %). Mais, au niveau purement industriel, les chantiers ont plutôt bien résisté, avec 44 005 bateaux construits (-2,2 %), pour un CA de 1,2 Md€ (-0,1 %) et une part à l'export stable (76 %).

Energie : l'alternative américaine

Moins de gaz russe, plus de GNL américain. Au deuxième jour d'un Conseil européen largement dédié à la guerre en Ukraine, Washington et Bruxelles ont annoncé la mise en place d'une "task force conjointe sur la sécurité énergétique". Son premier objectif : faire venir des Etats-Unis 15 milliards de m3 supplémentaires de gaz naturel liquéfié dès cette année. L'UE s'engage également à "garantir, jusqu'en 2030 au moins, une demande stable de GNL américain additionnel à hauteur d'environ 50 milliards de m³ par an". Par ailleurs, le secteur privé sera mobilisé pour "formuler des recommandations immédiates", en vue de réduire les besoins en gaz, à travers l'efficacité énergétique, le déploiement des renouvelables et l'hydrogène. Les deux partenaires réitèrent, au passage, leur "détermination commune" à sortir l'UE de sa dépendance aux hydrocarbures russes d'ici à 2027.

L’épargne salariale a la cote… 

Alors que s’ouvre lundi la semaine de l’épargne salariale, pourquoi ne pas opter pour la mise en place au sein de l’entreprise d’un mécanisme comme l’intéressement ou la participation ? Ces mécanismes ont actuellement le vent en poupe. Selon les chiffres que vient de publier l’Association Française de Gestion, l’épargne salariale et l’épargne retraite d’entreprise pèsent 167,6 milliards d’euros d’encours. Des chiffres en progression de 14% sur un an. Si la législation est devenue plus favorable, les petites et moyennes entreprises ont encore du mal à mettre en œuvre de tels mécanismes. Moins de 15% des entreprises de moins de 10 salariés proposent ainsi un dispositif d’intéressement ou de participation.
A lire : Au Fondact, les entreprises convaincues par les vertus du partage de la création de richesses

… mais les Français s’inquiètent de leur pouvoir d’achat 

La hausse des prix inquiète les consommateurs français. 82% d’entre eux se disent préoccupés par la recrudescence de l’inflation. Et 48% estiment que leur pouvoir d’achat s’est étiolé depuis un an. C’est ce révèle un sondage que vient de publier l’Observatoire Cetelem cité par nos confrères des Echos. Cette inquiétude pourrait générer un changement des comportements. Pour faire des économies, les Français assurent qu’ils vont réduire leurs consommations énergétiques, réduire leurs déplacements et même adapter leurs habitudes alimentaires, en préférant les enseignes discount et la cuisine aux plats préparés.

Chômage des dirigeants : un plus bas historique en 2021

Le nombre de chefs d'entreprise ayant perdu leur emploi en 2021 est en baisse de 13,1 % par rapport à 2020, selon le dernier Observatoire de l'emploi des entrepreneurs publié par l'association GSC et la société Altares. 28 835 dirigeantes et dirigeants ont ainsi perdu leur activité professionnelle, un chiffre qui n'avait pas été atteint depuis 1987.
A lire : Le nombre de chefs d'entreprise ayant perdu leur emploi atteint un plus bas historique en 2021

24 mars

📍 Gros coup de mou chez les patrons

La guerre en Ukraine jette un froid sur le moral des chefs d'entreprise. Le climat des affaires, mesuré par l'Insee, a fortement reculé en mars (-6,1 points en un mois). Même s'il reste, malgré tout, à un niveau élevé, l'indicateur atteint son plus bas niveau depuis avril 2021 et le troisième confinement. Dans le détail, la confiance des patrons s'est surtout évanouie dans le commerce de gros (-10 points depuis janvier), comme celui de détail (-8 points par rapport à février), et dans l'industrie (-6, et même -16 pour l'automobile). Dans ces trois secteurs, les dirigeants interrogés n'ont, en plus, jamais été aussi nombreux à prévoir une augmentation de leurs prix de vente depuis que l'Insee les interroge à ce sujet (soit depuis 1980 pour les grossistes, 1990-91 pour les autres) ! De son côté, le bâtiment fait face à un sursaut des "obstacles limitant" la production, qu'ils viennent d'un manque de personnel (46 % des entreprises touchées, +4 points) ou de difficultés d'approvisionnement (31 %, +4 également).

Petit mieux chez les salariés

Les entreprises un peu moins perturbées par les arrêts de travail en 2021. Leur taux d'absentéisme est revenu tout près de son niveau d'avant-crise, à 4,94 % (soit 0,16 point au-dessus de 2019), selon un observatoire du courtier en assurance Diot-Siaci, établi à partir des données de 750 entreprises. A lui seul, le Covid-19 a pourtant encore représenté 44 % des arrêts, indique un sondage complémentaire de l'Ifop auprès de 3 130 personnes.

Distribution : les renégociations commerciales sont lancées

Jusqu'ici tout va bien. Depuis vendredi, industriels et distributeurs ont relancé leurs négociations commerciales, afin de prendre en compte les effets de la crise russo-ukrainienne sur leurs contrats annuels. A l'issue d'une première réunion de suivi, le gouvernement a salué « l'esprit constructif » de chacun dans cette démarche, ainsi qu'une « vraie prise de conscience de la gravité de la situation ». Pour autant, les parties n'ont pas encore validé la « charte d'engagements » voulue par l'Etat. Elle prévoit notamment un moratoire sur les pénalités logistiques, lorsque les retards d'un fournisseur sont attribuables au contexte géopolitique. Ces échanges ont toutefois fait émerger une nouvelle problématique, celle de l'étiquetage des produits, au moment où les industriels peuvent être contraints de revoir leur circuit d'approvisionnement, et donc leurs recettes. Le ministère de l'Economie réfléchit à leur accorder un « certain nombre de souplesses » en la matière pour les aider à s'adapter.

Guerre en Ukraine : Renault et Leroy Merlin contraints de se positionner...

L'appel du président ukrainien devant le Parlement français, hier, ne sera pas passé inaperçu. Accusées d'être des « sponsors de la machine de guerre de la Russie », Renault et Leroy Merlin ont chacun réagi à leur manière, dans la soirée. Le groupe automobile a décidé la suspension des activités de son usine de Moscou, ainsi qu'une évaluation des "options possibles concernant sa participation dans Avtovaz", le constructeur derrière la marque Lada. Renault en détient 68 % du capital. Du côté de Leroy Merlin, en revanche, pas de changement. La chaîne de magasins de bricolage reste sur place par "responsabilité" envers ses 45 000 salariés, mais pas seulement : "Fermer l’entreprise du jour au lendemain, (...) serait tout simplement un abandon considéré comme une faillite préméditée, donc illégale, ouvrant la voie à une expropriation, qui renforcerait les moyens financiers de la Russie", explique l'enseigne dans un texte relayé par le site LSA. Elle rappelle, par ailleurs, que sa maison-mère, Adeo, a décidé de cesser tout nouvel investissement dans le pays dès le début de la guerre.

... les autres entreprises « libres » de choisir...

Rester ou partir de Russie ? La France ne donnera pas de consigne officielle aux entreprises encore présentes dans ce pays. Hormis dans les secteurs visés par les sanctions européennes, le président de la République a dit, cet après-midi, préférer les « laisser libres de décider par elles-mêmes ».

... des usines mises en difficulté en France...

La mise au ban du régime de Vladimir Poutine rejaillit aussi très directement sur l'activité de plusieurs entreprises françaises. Déjà en délicatesse, l'usine vosgienne de Nestlé Waters va ainsi faire les frais du choix de sa maison-mère de retirer davantage de produits à la vente en Russie. L'industriel stéphanois PCI-Scemm voit, lui, l'un de ses contrats s'arrêter brutalement. Avec une lourde perte financière à la clé pour la PME. Enfin, le groupe lyonnais Thermador redoute, lui, davantage les effets indirects de cette crise. Et prévient que ses prix vont bientôt augmenter en conséquence.
A lire : Le groupe Thermador cesse d'honorer ses commandes vers la Russie

... l'Europe cherche à renforcer sa parade

Nouvelle mobilisation générale de l'UE autour de la guerre en Ukraine. Un Conseil européen s'est ouvert cet après-midi à Bruxelles pour aborder les différentes facettes, y compris économiques, de cette crise, débutée il y a un mois exactement. Les sanctions contre la Russie pourraient être encore amplifiées à cette occasion. En amont de cette réunion, à laquelle participe leur président Joe Biden, les Etats-Unis ont d'ores et déjà prévu d'accentuer leurs propres mesures de rétorsion contre l'industrie de la défense russe.

Les PGE, deux ans après

Les entreprises sont loin de s'être défaites de leur PGE. Dans la récente étude du Conseil d'analyse économique, basée sur l'examen des comptes bancaires de TPE-PME, il apparaît que 45 % n'avaient pas remboursé leur prêt garanti par l'Etat le mois dernier. Elles sont même 14 % à en avoir, au contraire, soit augmenté le montant, soit contracté un pour la première fois, entre janvier 2021 et février 2022. Au final, seules 11 % ont intégralement payé leur dette, et 30 % ont commencé à le faire. Deux ans après leur lancement, les PGE ont apporté plus de 143 milliards d'euros à près de 700 000 bénéficiaires, selon un décompte du ministère de l'Economie. Cet instrument-phare de la crise du coronavirus reste toujours d'actualité : il peut encore être demandé jusqu'au 30 juin et son plafond va même être relevé, en réponse à la crise russo-ukrainienne.

23 mars

📍 Guerre en Ukraine : ces secteurs qui pourraient y perdre gros...

Une crise à multiples détentes. La guerre russo-ukrainienne aura un impact direct limité sur l'économie mondiale, mais ses conséquences indirectes seront "globales, massives et immédiates", prévient l'assureur-crédit Euler Hermes, dans une nouvelle étude. La faute à l'envolée des prix et aux perturbations des chaînes d'approvisionnement. A ce titre, "l'Europe est la plus exposée au risque d'arrêt soudain de production", particulièrement dans les secteurs de l'énergie, la métallurgie et la chimie. L'agroalimentaire et le transport maritime figurent également parmi les possibles perdants, tout comme l'électronique et l'automobile. Cela dit, d'un point de vue purement financier et en l'état actuel, cette crise pourrait surtout se traduire par un "choc de rentabilité" pour les fournisseurs d'électricité et de métaux (-20 points de marge attendus). Et si les cours mondiaux de matières premières venaient à s'envoler encore, les profits pourraient fondre aussi dans les secteurs de l’énergie en général, les équipements ménagers, le transport routier, la chimie et les machines et outils. A moins que les entreprises ne parviennent à répercuter la hausse de leurs coûts sur leurs prix de vente.
A (re)lire : Inflation, approvisionnement... la guerre en Ukraine risque de faire dérailler la reprise de l'économie française
Dans son étude, Euler Hermes ne dit mot sur le BTP. Et pourtant, ce secteur subit de plein fouet la poussée inflationniste actuelle. Une situation "brutale et anxiogène" que dénoncent les professionnels des Pays de la Loire, sous la forme d'une lettre ouverte signée de la Capeb et la Cnatp.
A lire : Le cri d'alarme des artisans du bâtiment des Pays de la Loire face à la hausse des coûts
Autre région, inquiétudes similaires concernant la guerre en Ukraine. En Gironde, 31 % des entreprises disent anticiper un impact à court terme sur leur activité, selon la CCI.
A lire : La CCI Bordeaux Gironde réactive sa cellule de crise

... l'appel de Volodymyr Zelensky aux entreprises...

Le président ukrainien a un message pour les entreprises françaises. « Elles doivent quitter le marché russe. Renault, Auchan, Leroy Merlin et autres, ils doivent cesser d'être les sponsors de la machine de guerre de la Russie, arrêter de financer le meurtre d'enfants et de femmes, le viol. Tout le monde doit se rappeler que les valeurs valent plus que les bénéfices », a lancé Volodymyr Zelensky, selon la traduction de ses propos tenus, cet après-midi, devant l'Assemblée nationale et le Sénat.

... l'embargo pétrolier de TotalEnergies

Le président de l'Ukraine n'en a pas fait mention dans son discours, mais TotalEnergies est sans doute l'entreprise française la plus critiquée pour le maintien de ses activités en Russie. Elle vient toutefois de lâcher du lest. Hier soir, elle a annoncé "arrêter tout achat de pétrole ou produits pétroliers russes, dans les meilleurs délais et au plus tard à la fin de l’année 2022". Idem pour le diesel, "sauf instructions contraires des gouvernements européens". Jusqu'ici, le groupe s'était contenté de cesser tout investissement dans de nouveaux projets en Russie. En revanche, il n'est toujours pas question de toucher au gaz. Et pour cause, il n'est pas soumis aux sanctions occidentales et il sera de toute façon "difficile de [s'en] passer à horizon de deux à trois ans sans conséquences sur l’approvisionnement énergétique du continent", se justifie TotalEnergies.

Non, le masque en entreprise n'appartient pas au passé...

Chacun fait ce qui lui plaît. Le porte-parole du gouvernement a défendu la récente levée des restrictions sanitaires et du protocole en entreprise, au moment même où l'épidémie de Covid-19 redémarre fortement (plus de 180 000 cas positifs recensés hier). Interrogé en particulier sur le cas d'employeurs qui choisissent de réimposer le masque, Gabriel Attal a rétorqué que « la fin de la contrainte pour tous va de pair avec la vigilance de tous. Nous n'appelons pas à la fin du masque, nous considérons que les Français savent (...) comment se protéger [du virus] et nous leur recommandons de le faire. » Une consigne adressée, en premier lieu, aux personnes à la santé fragile.

... mais les RH comptent bien tourner la page du Covid-19

D'une urgence à l'autre. Les responsables des ressources humaines revoient leurs priorités pour 2022 : moins occupés par le Covid-19 et le télétravail, ils s'attendent à l'être davantage par les difficultés de recrutement et les enjeux de fidélisation des salariés.

Les embauches repartent à plein régime

Les recrutements reprennent de la vitesse. En baisse depuis septembre, les déclarations d'embauche de plus d'un mois (hors intérim) ont nettement rebondi, en février (+2,8 % par rapport à janvier), selon l'Urssaf. Une croissance portée par les CDD longs (+3,7 %), comme par les CDI (+2 %). Mais, sur un an, ce sont les contrats à durée indéterminée qui sont en plein boom : ils s'envolent de 42 % sur la période !

Végétal : Roquette creuse son sillon

Roquette met la gomme sur les polyols. Le groupe nordiste va moderniser son usine de Lestrem pour renforcer encore la production de ces molécules naturelles, utiles à l'agroalimentaire et la pharmaceutique.
A lire : Roquette investit 25 millions d'euros dans la production d'édulcorants végétaux

Industrie : Caddie se sauve encore

Cette fois, c'est officiel. L'alsacien Caddie tombera dans le giron du groupe nordiste Cochez à partir du 4 avril. Placé en redressement judiciaire pour la troisième fois en dix ans, le fabricant de chariots de courses s'en tire aussi avec l'aide substantielle des pouvoirs publics.
A lire : Le groupe nordiste Cochez reprend 66 % du capital de l'alsacien Caddie

22 mars

📍 Coronavirus : une crise au goût doux-amer

Les gagnants de la crise du Covid-19 ne sont pas forcément ceux que l'on croit. C'est l'étonnante conclusion d'une étude basée sur les comptes bancaires de 115 000 TPE, PME et entrepreneurs, entre novembre 2019 et février 2022. Leur analyse montre aussi que le fossé se creuse entre les entreprises les plus en forme et celles les plus en difficulté. Et que le "quoi qu'il en coûte" en général, les prêts garantis par l'Etat en particulier, n'ont pas toujours aidé les patrons, bien au contraire.
A lire : Les entreprises de la restauration sortent renforcées de la crise du Covid-19, celles du BTP fragilisées

Guerre en Ukraine : des aides européennes pour l'agriculture...

La politique agricole européenne s'adapte à la crise russo-ukrainienne. Au-delà du "plan de résilience" français, plusieurs dispositifs communautaires vont être activés, a annoncé Bruxelles, hier soir. L'objectif est de contrebalancer à la fois les pertes de production, dans les deux pays belligérants, et l'envolée des cours mondiaux qui en découlent. La Commission doit, en particulier, mobiliser la "réserve de crise" (un fonds spécial de près d'un demi-milliard d'euros pour lutter contre les variations de prix) ; débloquer une aide au stockage pour la filière porcine ; ou encore autoriser la mise en culture des jachères.

... les entreprises présentes en Russie sous pression...

Plus la guerre en Ukraine s'éternise, moins leur position semble tenable. De plus en plus de groupes français sont critiqués pour le maintien de leurs opérations en Russie. Après TotalEnergies, c'est au tour d'EDF et Orano (ciblés aujourd'hui par Greenpeace), mais aussi de Leroy Merlin, d'être visés. Après la destruction de l'un de ses centres, à Kiev, l'enseigne du groupe nordiste Mulliez s'est attiré les foudres du ministère de la Défense ukrainien. Sur Twitter, il l'a accusée d'être "devenue la première entreprise au monde à financer le bombardement de ses propres magasins et la mise à mort de ses employés". Référence à l'implantation de Leroy Merlin en Russie. Sans appeler à quitter le pays, comme l'ont fait ses collègues ukrainiens, le syndicaliste CFTC Jean-Marc Cicuto, interrogé, ce matin, sur France Info, a, en revanche, fustigé le « silence profond » de l'entreprise sur cette situation.

... la Soka, présente en Ukraine, solidaire

Situation inverse à la Société kaolinière armoricaine (Soka). Très tôt confrontée à la guerre dans son usine ukrainienne, l'entreprise costarmoricaine s'est mobilisée pour faire venir plusieurs familles de salariés.
A lire : La Soka cherche un travail pour les femmes de ses salariés ukrainiens réfugiées en France

Evénementiel : coup d'envoi de l'aide aux exposants

Les PME vont pouvoir investir foires et salons professionnels. Annoncée dès novembre, détaillée début février, l'aide de 12 500 euros pour aller exposer sur certains événements, organisés en France, est désormais lancée, et la plate-forme d'inscription ouverte. La démarche se déroule en deux temps : création de son dossier avant le 31 décembre (étant précisé que les premiers arrivés seront les premiers servis), puis finalisation de la demande d'aide, avec envoi des pièces justificatives, dans les deux mois suivant le salon. La liste des 74 rassemblements éligibles (la moitié hors Ile-de-France) a été publiée au Journal officiel. Avec ce coup de pouce, une entreprise peut se faire rembourser 50 % de ses dépenses d'exposition (location de surfaces et frais d'inscription). Au total, 96,2 millions d'euros seront mobilisés pour ce dispositif, valable jusqu'en juin 2023.

Relance : le bilan en demi-teinte de la décarbonation

Fin de parcours pour les aides à la décarbonation de l'industrie, version plan de relance. L'Etat a récemment dévoilé le nom des 47 derniers lauréats de ses appels à projets pour l'efficacité énergétique et la chaleur biomasse. La moitié des usines subventionnées se situe dans le Grand Est, les Hauts-de-France et l'Auvergne-Rhône-Alpes. Au total, le gouvernement affirme avoir soutenu, depuis septembre 2020, 185 projets (3 de moins que prévu, par rapport au précédent décompte), à hauteur d'1 milliard d'euros (contre 1,2 Md€ initialement provisionnés), pour une économie espérée de 3,6 millions de tonnes de CO2eq par an (5 % des émissions annuelles de l’industrie en 2019). Ces deux programmes n'ont toutefois pas attiré les foules, avec 372 candidatures finalement enregistrées, soit 6 fois moins que les fonds de modernisation des industries automobile et aéronautique. Pour autant, un nouvel appel sera lancé en avril, dans le cadre du "plan de résilience". Et, en attendant, deux aides restent ouvertes : le fonds chaleur et le "tremplin" pour les PME.

21 mars

📍 Prix des carburants : semaine de répit à la pompe...

Un coup de frein aussi brutal que l'accélération fut violente. Le prix de l'essence a subitement fondu, la semaine dernière, selon les relevés hebdomadaires du ministère de la Transition écologique. L'inversion de tendance est spectaculaire pour le GNR : à 1,5803 euros, en moyenne, au 18 mars, le litre perd 15 centimes en sept jours (-8,6 %) et efface ainsi son envolée de la semaine précédente. On ne peut pas en dire autant pour les autres carburants, même s'ils ont, eux aussi, reculé - et ce, pour la première fois de l'année, et après 11 hausses consécutives. Le gazole perd 16,5 centimes d'un coup pour repasser sous les 2 euros (à 1,9755 €), le sans plomb 95 lâche près de 11 centimes (1,9737 €), le SP98 8,5 centimes (2,0352 €). 

... journée de mobilisation dans les rues

Reflux des prix de l'essence ou pas, "plan de résilience" ou non, pas question de relâcher la pression. Plusieurs secteurs sont restés mobilisés, aujourd'hui, pour protester contre le niveau des tarifs à la pompe et réclamer davantage d'aides de l'Etat. Parmi les professionnels en action : des agriculteurs, des taxis, mais aussi des transporteurs routiers. Vendredi, le gouvernement avait pourtant débloqué 400 millions d'euros supplémentaires à leur attention, et à la grande satisfaction des principales organisations patronales.

Guerre en Ukraine : l'économie française n'en sortira pas indemne...

La guerre en Ukraine risque de rouvrir les plaies de la crise du coronavirus. Après plus de trois semaines de conflit armé et de sanctions financières, plusieurs études commencent à évaluer les dégâts causés par l'attaque russe sur l'économie mondiale en général, française en particulier. A leur lecture, une conclusion s'impose : ces tensions géopolitiques viennent exacerber des difficultés héritées de la pandémie de Covid-19, et qui étaient encore loin d'être résorbées.
A lire : Inflation, approvisionnement... la guerre en Ukraine risque de faire dérailler la reprise de l'économie française

... l'accompagnement des entreprises se renforce

Aucune entreprise ne semble désormais à l'abri des conséquences de la crise russo-ukrainienne. Fort de ce constat, le gouvernement relance un dispositif d'information expérimenté pendant l'épidémie de Covid-19 : un "portail unique de contact" doit ouvrir aujourd'hui sur le site de CCI France pour orienter les dirigeants vers les dispositifs, aides et interlocuteurs adaptés à leur situation. Cette page nécessite toutefois de créer un compte. Elle s'ajoute à d'autres ressources du même genre, mises en place au niveau local. En parallèle, certaines chambres de commerce et d'industrie se mobilisent aussi pour venir en aide aux Ukrainiens, à l'image de la CCI du Mans (Sarthe).

18 mars

📍 "Plan de résilience" : fructueuse session de rattrapage pour les transports...

Le coup de pression a porté ses fruits. Fâchés par le "plan de résilience", les transporteurs ont obtenu 400,4 millions d'euros, au titre du "complément d'aide" que le gouvernement leur avait promis mercredi soir. Les discussions menées depuis ont abouti à cette enveloppe supplémentaire, selon les organisations professionnelles. Elle sera distribuée aux entreprises "en fonction de leur nombre de véhicules et du tonnage de ces derniers", indique la FNTR. Au total, près de 520 000 engins seront couverts. Les "tracteurs routiers" récupèreront la plus grosse part (214,5 M€ promis, à raison de 1 300 euros par véhicule), devant les autocars et le transport sanitaire (plus de 55 M€ chacun). En conséquence, l'OTRE lève son appel à la mobilisation, prévue initialement pour la semaine prochaine.

... poursuite des manifestations pour le BTP et l'agriculture...

L'exemple des transporteurs va-t-il les galvaniser ? Toujours est-il que les agriculteurs et les professionnels des travaux publics ont poursuivi leurs protestations, aujourd'hui, contre la hausse des prix du gazole non-routier et la faiblesse, à leur goût, des aides du gouvernement pour la compenser. Le mouvement s'est traduit par des opérations escargot en Bretagne, mais aussi un défilé de viticulteurs dans l'Aude.

... reprise des négociations commerciales dans l'agroalimentaire

A peine achevées, déjà rouvertes. Les négociations entre distributeurs, industriels et producteurs ont repris, aujourd'hui, à peine plus de deux semaines après leur date d'échéance annuelle. Comme indiqué lors de la présentation du "plan de résilience", l'idée est d'intégrer aux contrats tout juste conclus les conséquences de la guerre en Ukraine, en particulier en termes de flambée des coûts. La réunion du jour consistait essentiellement à un cadrage des prochains échanges. Selon le site spécialisé LSA, les ministères de l'Agriculture et de l'Industrie ont appelé la grande distribution "à l'ouverture et au dialogue", les industriels à la transparence sur leurs surcoûts. L'idée est que chaque maillon de la chaîne puisse poursuivre son activité dans des conditions équilibrées. Pour s'en assurer, le gouvernement effectuera un suivi de ces négociations bis tous les jeudis.

La course à la (re)localisation est (re)lancée

Le gouvernement rouvre le chantier de la simplification administrative pour les porteurs de projets industriels ou logistiques. Dans la foulée du "plan de résilience" et dans l'urgence économique née de la guerre en Ukraine, l'exécutif a décidé d'enfoncer le clou sur le sujet, et de jouer sur deux leviers : les délais administratifs, encore trop longs, et les sites prêts à l'emploi, trop peu nombreux.
A lire : Comment l'État compte accélérer l'implantation de sites industriels et logistiques en France

Automobile : Renault doit encore lever le pied

La production automobile cale encore sur les pénuries. Renault est contraint au chômage partiel dans au moins deux de ses usines françaises, celles de Batilly (Meurthe-et-Moselle) et de Cléon (Seine-Maritime). Dans ce dernier cas, le site ne serait pas seulement victime du manque chronique et mondial de semi-conducteurs, mais aussi de problèmes d'approvisionnement, dû à la guerre en Ukraine, affirme la radio France Bleu.
A lire également : Le site historique de Renault Cléon roule pour l'électrique

Guerre en Ukraine : les entreprises aidées à aider

L'assistance aux Ukrainiens réfugiés en France s'organise peu à peu, et les entreprises ont un rôle à y jouer. Pour les guider sur cette voie, le gouvernement a ouvert une page spéciale pour recenser les possibilités d'action. Cinq sont présentées : les dons financiers ou matériels, les propositions d'hébergement, la mobilisation des salariés sur des missions de bénévolat, ou encore le recrutement. Dans ce cas, l'employeur n'a qu'à indiquer les postes ouverts à des Ukrainiens et il sera recontacté par Pôle emploi pour être accompagné. A noter, en parallèle, que la plate-forme grand public en faveur de l'aide à l'Ukraine contient désormais un onglet pour les entreprises, avec des ressources complémentaires. Sans attendre, certains réseaux économiques locaux s'organisent déjà, à l'image de la Fédération des Travaux Publics des Hauts-de-France.

Commerce, restaurants : les entrepreneurs aux abonnés absents

Coup de frein sur les créations d'entreprise. Après leur pic de janvier, elles ont nettement diminué en février, signale l'Insee. Sur un an, la tendance reste largement favorable, sauf dans deux secteurs : le commerce et l'hôtellerie-restauration.

Le protocole sanitaire a trouvé son successeur

Cette fois, c'est officiel. Le protocole sanitaire en entreprise est désormais caduc, et remplacé par un "guide repère des mesures de prévention des risques de contamination au Covid-19". Le document a été discrètement mis en ligne mercredi sur le site du ministère du Travail. Par rapport à la version soumise aux partenaires sociaux, plusieurs évolutions notables : le "référent Covid-19" disparaît complètement ; le principe du retour au travail des personnes à la santé vulnérable, sauf "dans certains cas spécifiques", est expressément affirmé ; la fin des "mesures générales d’obligation de port du masque en espace intérieur partagé" est également ajoutée noir sur blanc ; la santé et le médico-social rejoignent les transports comme secteurs soumis à des "dispositions spécifiques" ; enfin, il est indiqué que "les employeurs veillent à l’information de leurs salariés quant aux recommandations de santé publique".

17 mars

📍 "Plan de résilience" : le patronat relativement satisfait...

Bien, mais peut mieux faire. Le "plan de résilience" du gouvernement, présenté hier, a suscité un mélange de soulagement et de déception chez les organisations patronales. La nouvelle aide pour les entreprises très gourmandes en gaz ou électricité soulève le plus d'interrogations dans le patronat. La CPME y voit "une mesure intéressante, sous réserve que la perte d’exploitation exigée (...) puisse être attestée en cours d’exercice". Or, « on ne connaîtra ces résultats qu'au premier trimestre 2023 », souligne Patrick Martin. Sur France Info, le président délégué du Medef demande donc des « éclaircissements » sur ce point. Mais salue, par ailleurs, les mesures « ciblées et pertinentes », bien que parfois « un petit peu complexes », du plan gouvernemental. D'autant que, face à l'inflation, « il ne faut pas céder à la panique », selon lui. La CPME s'avère un peu plus critique, notamment sur l'activité partielle de longue durée ("utile" mais compliqué à mettre en place) ou le relèvement du plafond des PGE. Pour la confédération, cet assouplissement paraît vain, car il "risque de se heurter à une réticence à la fois des banques et des entrepreneurs eux-mêmes, craignant de ne pouvoir rembourser par la suite".
A (re)lire : A qui va profiter le "plan de résilience" contre l'impact de la guerre en Ukraine ?

... le bâtiment et le transport pas vraiment convaincus

Les principales cibles du "plan de résilience" en sont aussi les premiers déçus. Côté transport routier, l'OTRE déplore "des avancées insuffisantes" qui ne prennent "pas [assez] en compte la gravité de la situation. Ceci n’est pas acceptable", tonne l'organisation. En conséquence, et faute d'avancées d'ici à vendredi, elle appelle à la mobilisation dès la semaine prochaine. Sans aller jusque là, la FNTR partage avec l'OTRE la même exigence d'un « soutien financier immédiat » et direct. « Nous serons tres fermes » sur ce point, lors des discussions sur l'aide complémentaire rétroactive promise par le gouvernement, a indiqué la déléguée générale de la fédération Florence Berthelot, sur France Info.
Même frustration dans le BTP. La Capeb a très vite exigé du gouvernement "des mesures complémentaires" et en a listé pas moins de huit, comme le remboursement anticipé de la TICPE, déjà accordé aux agriculteurs, ou une TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation. Idem à la FFB, qui considère le plan comme "un premier signal pour le BTP à amplifier rapidement". La fédération fustige, au passage, "la suppression quasi-immédiate de MaPrimeRénov’ à toutes les chaudières gaz" : la disparition de cette subvention aux ménages "fragilise tout un secteur", met-elle en garde.
Plus modéré, l'agroalimentaire, par la voix de l'Ania, se montre plutôt satisfait, bien qu'inquiet de la faisabilité de l'aide aux gros consommateurs d'énergie. Pour sa part, le syndicat agricole, la FNSEA, déplore l'absence d'une "compensation des augmentations du coût du carburant", au-delà de la remise générale de 15 centimes par litre.
Enfin, les annonces du gouvernement n'ont pas suffi à complètement éteindre la colère sur le terrain. Des dépôts de carburant continuent d'être bloqués, en particulier à Brest, où des professionnels et artisans des travaux publics et du paysage poursuivent leur mouvement. Les pêcheurs bretons, en revanche, ont arrêté le leur, satisfaits de la remise immédiate et élargie dont ils bénéficient depuis aujourd'hui.

Les prix augmentent, les salaires aussi... mais moins

Les salariés se rappellent au bon souvenir du gouvernement et du patronat. Hasard du calendrier, au lendemain de la présentation d'un "plan de résilience" qui fait la part belle aux entreprises, plusieurs syndicats, CGT et Unsa en tête, ont défilé aujourd'hui, pour "une augmentation générale des salaires". Or, les rémunérations devraient bel et bien progresser cette année, à en croire l'Insee. L'institut s'attend à une hausse du salaire mensuel de base de +2,3 % sur un an, rien qu'au premier trimestre. A l'origine de ces gains, "la prise en compte, dans les négociations salariales de nombreuses branches, des hausses de prix à la consommation et des difficultés de recrutement", mais aussi "un chômage relativement bas" et la revalorisation du Smic au 1er janvier. Celle-ci pourrait être rapidement suivie d'une autre, "d’au moins 2 %", afin de tenir compte de l'inflation. Laquelle, malgré tout, "érode le pouvoir d’achat (...), qui continuerait ainsi de baisser en termes réels début 2022"... comme c'est déjà le cas depuis mi-2021, souligne l'Insee.

Et si l'inflation haute s'éternisait ?

Après le coronavirus, il faudra sans doute aussi apprendre à vivre avec l'inflation. C'est l'hypothèse sérieusement envisagée désormais par la Banque centrale européenne. Sous l'effet de la guerre en Ukraine, « les prix de l'énergie devraient rester plus élevés plus longtemps (...), la pression sur ceux de l'alimentation va vraisemblablement augmenter (...), les difficultés d'approvisionnement de l'industrie mondiale (...) devraient aussi persister dans certains secteurs », a estimé la présidente de la BCE Christine Lagarde, aujourd'hui, lors d'un déplacement à Francfort, en Allemagne. Résultat, « la dynamique de l'inflation à moyen terme ne retournera pas à son niveau d'avant la pandémie ». Un changement de paradigme complet : jusqu'à présent, la hausse des prix était présentée comme "transitoire", car attribuée à une reprise économique post-coronavirus plus vigoureuse et rapide qu'attendu.

Le travail sous le règne du Covid-19

Le premier confinement a deux ans ! Le 17 mars 2020, en proie à un mal encore méconnu, appelé Covid-19, la France s'arrêtait presque totalement pour vivre au rythme des attestations de déplacement et des motifs impérieux. Deux ans plus tard, la crise sanitaire n'est pas encore tout à fait passée. Mais elle n'en a pas moins déjà profondément bousculé l'organisation du travail dans les entreprises.
A lire : Comment le Covid-19 a changé le fonctionnement des entreprises

Naval : les Chantiers de l'Atlantique voient double

Excellente nouvelle pour les Chantiers de l'Atlantique. La société The Ritz-Carlton Yacht Collection a confirmé leur commander deux paquebots de luxe, avec une option pour deux supplémentaires. Ces navires de 200 mètres de long et pourvus de 230 cabines seront construits à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), à 400 millions d'euros l'unité. Livraison pour 2024 et 2025.

Industrie : ArcelorMittal se sent bien chez les Ch'tis

ArcelorMittal passe à la vitesse supérieure dans le Nord, grâce à la voiture électrique. Le géant mondial de l'acier prévoit d'ouvrir une nouvelle unité de production sur son site de Mardyck, près de Dunkerque. C'est la deuxième fois depuis le début de l'année qu'il investit massivement dans la région.
A lire : ArcelorMittal investit 300 millions d'euros dans le Nord pour fournir les fabricants de véhicules électriques

De mal en pis sur le marché automobile européen

L'automobile poursuit sa course dans le fossé. En février, les ventes de voitures particulières dans l'UE ont enregistré leur 8e baisse consécutive (-6,7 % en un an), selon l'ACEA. Du fait, encore et toujours, des "perturbations sur la chaîne d'approvisionnement", l'année part sur de très mauvaises bases. Avec moins de 719 500 véhicules écoulés, c'est tout simplement le pire mois de février jamais constaté par l'Association des constructeurs européens. Comme janvier l'avait déjà été. Dans ce contexte, le mois dernier, les marques françaises se sont encore embourbées plus que la moyenne : -25,1 % pour Peugeot et -21,7 % pour Citroën (contre -19,5 % pour Stellantis dans son ensemble) ; -13,6 % pour Renault, qui plombe tout le groupe automobile (-4 %).

16 mars

📍 Guerre en Ukraine : le "plan de résilience" se dévoile...

Le gouvernement contre-attaque. Face aux multiples répercussions de la guerre en Ukraine sur l'économie française, le Premier ministre Jean Castex a présenté l'intégralité de son "plan de résilience" cet après-midi. Au menu : une nouvelle aide pour les entreprises affectées par la flambée des prix du gaz et de l'électricité, la réactivation de trois outils mobilisés pendant la crise du Covid-19, et une volée d'aides sectorielles plus ou moins généreuses et précises.
A lire : A qui va profiter le "plan de résilience" contre l'impact de la guerre en Ukraine ?

... les régions et les réseaux locaux se mobilisent...

En plus du "plan de résilience" national dévoilé aujourd'hui, la protection des entreprises s'organise aussi sur le plan local. Plusieurs initiatives émergent ainsi sur le territoire pour amortir l'impact de la crise russo-ukrainienne sur l'économie. Après la Région Sud, c'est le Grand Est et la Normandie qui se mobilisent avec la création de cellules de crise dédiées. Pour sa part, CCI France recense, sur son site, les actions, y compris humanitaires, des chambres de commerce et d'industrie, ainsi que des contacts utiles pour s'informer et se prémunir des conséquences économiques du conflit. Des conséquences loin d'être minimes : dans les Alpes-Maritimes, pas moins de 8 entreprises sur 10 se disent touchées.

... les sanctions contre la Russie s'étendent

La liste des secteurs interdits de commerce avec la Russie s'allonge de plus en plus. Elle est parue hier au Journal officiel de l'Union européenne. Sont concernés la vente d'un large éventail de produits de luxe (cosmétiques, champagne, maroquinerie, habillement, équipements de la maison, articles de sport, bijouterie, cristallerie, voitures, bateaux, etc.), ainsi que l'import ou le transport de produits sidérurgiques (tôles, aciers, tubes, conduites de gaz, éléments de voies ferrées...). L'énergie n'échappe plus totalement aux sanctions : l'export de biens et technologies utiles au secteur est banni, sauf exceptions (nucléaire civil, équipements pour l'acheminement du charbon, pétrole et gaz), de même que tout nouvel investissement (coentreprise, participation, prêts). Enfin, les transactions, directes ou indirectes, avec certaines sociétés d'Etat sont prohibées. Mais là encore, des dérogations existent pour les combustibles fossiles et certaines matières premières critiques pour l'UE (titane, aluminium, cuivre, nickel palladium et minerai de fer).

Numérique : les start-up imperméables à la crise

Les pépites françaises du numérique n'ont pas besoin de plan pour être résilientes. Deux d'entre elles viennent de signer des levées de fonds majuscules. La plate-forme de santé Doctolib a collecté 500 millions d'euros et prévoit de recruter 3 500 personnes en Europe sur cinq ans. Une vague d'embauches qui devrait profiter, entre autres, à son site de Nantes. Au passage, l'entreprise détrône BackMarket comme "première licorne de France", avec une valorisation à 5,8 milliards d'euros. Dans la foulée, Akeneo, spécialiste de l'information produit, a également annoncé se renforcer avec une opération un peu plus modeste, néanmoins conséquent.
A lire : Le nantais Akeneo lève 122 millions d'euros

Commerce : du changement pour les loyers

Les Assises du commerce n'auront pas servi à rien. Si le gouvernement n'a jamais publié la synthèse de ces travaux, menés en décembre, il en a au moins tiré une mesure : la refonte de l'indice de référence pour le calcul des loyers des magasins. Le décret est entré en vigueur aujourd'hui et les principaux intéressés en sont ravis.

La taxe carbone sur le retour

L'Union européenne se convertit prudemment au protectionnisme vert. Les ministres des Finances de l'UE ont validé, hier, le cadre général de la future taxe carbone aux frontières. A savoir que ce "mécanisme d'ajustement" ciblera les importations dans 5 secteurs : le ciment, l'aluminium, les engrais, la production d’énergie électrique, ainsi que les métaux (fer et acier). Mais, par souci de simplification administrative, "les envois d'une valeur inférieure à 150 euros", soit un tiers du volume annuel de ces achats, seront exemptés, affirme le communiqué de la présidence française de l'UE. De nombreux points de discussion restent toutefois en suspens, dont la "suppression progressive" des quotas gratuits d'émission jusqu'ici accordés aux industriels européens. A terme, avec cette taxe, les Vingt-Sept espèrent "prévenir la délocalisation et (...) les fuites de carbone", dues aux importations en provenance de pays tiers moins respectueux de l'environnement.

15 mars

📍 Les entreprises ne se font (toujours) pas de cadeaux

La crise du coronavirus passe, mais les tensions entre entreprises restent. Pire, elles se démultiplient. Retards de paiement, disputes sur les loyers, difficultés d'approvisionnement : les sujets de discorde ne manquent pas, s'inquiètent plusieurs organisations patronales. Et la guerre en Ukraine ne devrait rien arranger. D'où la nécessité, plus que jamais, d'être solidaires, a répondu le Médiateur des entreprises aujourd'hui, à l'occasion de la présentation de son bilan 2021.
A lire : Les relations entre entreprises resteront tendues en 2022

Prix du carburant : les transporteurs haussent le ton...

Face à la flambée des prix de l'essence, les professionnels perdent patience. A la veille de la présentation du "plan de résilience" de l'Etat, la Fédération nationale du transport routier remet la pression sur le gouvernement. Pas question pour elle de se contenter de la "remise carburant" annoncée ce week-end, car elle "ne répond pas aux besoins urgents des entreprises". La FNTR attend plutôt "une aide sérieuse du gouvernement, limitée dans le temps, pour faire face aux pertes enregistrées par notre secteur d’activité"... et pour lui donner "le temps nécessaire [de] répercuter l’inflation subie" sur ses clients. En attendant, les camionneurs, accompagnés d'agriculteurs et de pêcheurs, ont bloqué, aujourd'hui, des dépôts pétroliers à Brest et Lorient. Samedi, ils s'étaient déjà mobilisés lors d'opérations escargot dans le Nord.
A (re)lire : Dans le Maine-et-Loire, les entreprises du BTP et du paysage alertent sur la hausse des prix du carburant

... le bâtiment cherche la parade

Autre organisation professionnelle, autre ambiance. Pas de revendications du côté de la Fédération française du bâtiment, mais des solutions inspirées du système D. La FFB propose, sur son site web, un "tour d'horizon" de trucs et astuces "pour réduire les effets de la hausse du coût du carburant inhérent aux déplacements professionnels". Par exemple, favoriser le covoiturage pour aller sur les chantiers, revoir les horaires de travail pour éviter les bouchons.

Large rebond des investissements étrangers

Les investisseurs étrangers sont revenus en nombre dans l'Hexagone. Après un coup d'arrêt en 2020, Business France a compté 1 607 projets en 2021 (+32,3 % en un an), représentant "la création ou le maintien" de plus de 45 000 emplois (+30,2 %). Des chiffres qui dépassent même leur niveau d'avant-crise sanitaire (respectivement +9,5 % et +13,8 % sur deux ans). "La France n'a jamais été aussi attractive qu'en 2021", se félicite donc l'agence publique. Elle y voit même le signe d'une réindustrialisation en cours du pays, puisque 460 de ces investissements sont allés dans le secteur secondaire (+21 % en deux ans). Mais dans 83 % des cas, il s'agissait d'extensions, plutôt que de créations d'usines à proprement parler.

Léger mieux des échanges extérieurs

La France a presque stoppé l'hémorragie. En janvier, les exportations ont vivement rebondi pour atteindre 47,3 milliards d'euros (+7 % sur un mois), alors que les importations plafonnent à 55,3 milliards (-0,5 %), selon les douanes. Le déficit commercial recule donc pour la première fois depuis l'été dernier, à -8 Md€. Mais, sur les douze derniers mois cumulés, il continue de se creuser (-88,4 Md€). La hausse des prix en général, celle de l'énergie en particulier, gonflent toutefois artificiellement ce bilan. Et pour ne rien arranger, l'Hexagone reste importatrice nette d'électricité depuis novembre, souligne l'étude.

14 mars

📍 Prix du carburant : folie inflationniste à la pompe...

C'est un pic, c'est un cap, que dis-je ? C'est une péninsule ! Oui, les mots et les superlatifs viennent à manquer pour décrire l'explosion vertigineuse et sensationnelle des prix à la pompe. La flambée du gazole a été particulièrement violente : au 11 mars, le litre a atteint 2,1407 euros en moyenne, sur la semaine, soit une hausse de plus de 25 centimes en sept jours (+13,7 %)... ce qui place le tarif du diesel au-dessus du sans-plomb, selon les relevés hebdomadaires du ministère de la Transition écologique ! C'est sans doute un effet direct de la guerre en Ukraine, puisque la France dépend plus de la Russie pour le gazole (un quart de ses achats en provenait en 2020) que pour le pétrole brut (10 à 15 % avant la crise sanitaire), indiquait l'Union française des industries pétrolières (Ufip), la semaine passée. Cela dit, aucun carburant n'est épargné par cette brutale poussée de fièvre, avec des hausses comprises entre 14 et 19 centimes par litre pour le GNR (à 1,73 €, +9 %), le SP 95 (à 2,0825 €, +10,2 %) et le 98 (à 2,1206 €, +8,4 %). Il va sans dire que ces prix ont donc battu leur record historique, et ce pour la 10e semaine consécutive.
A (re)lire : L'explosion des prix de l'essence met les entreprises et l'État sous intense pression

... tentatives désespérées de modération de l'Etat

Face à cette explosion impressionnante des prix de l'essence, le dernier geste du gouvernement paraît bien dérisoire, si ce n'est déjà dépassé. Le Premier ministre a annoncé, samedi, au Parisien, une « remise carburant à la pompe de 15 centimes par litre », valable du 1er avril au 31 juillet. Il en coûtera « un peu plus de 2 milliards d'euros » à l'Etat. Il ne s'agit pas d'une baisse des taxes, mais bien d'un rabais, effectué au moment du paiement. Le distributeur se verra compenser la différence dans un second temps. Avec cette méthode, les entreprises, dont celles du BTP, du transport routier ou de la pêche, pourront bénéficier de cette aide d'urgence comme « tout le monde », s'est justifié Jean Castex. Le gouvernement travaille, en parallèle, à un autre dispositif « plus ciblé et plus pérenne », pour en prendre le relais après juillet (donc après les élections présidentielle et législatives), a complété la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, ce matin, sur RTL. Il s'agira, cette fois, de soutenir « ceux qui sont les plus dépendants, les "gros rouleurs", obligés d'utiliser leur véhicule pour travailler ou aller travailler ».
A lire : Dans le Maine-et-Loire, les entreprises du BTP et du paysage alertent sur la hausse des prix du carburant

Guerre en Ukraine : le PIB français touché...

L'économie française ballottée d'une crise à l'autre. La Banque de France a encore revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2022. Mais, cette fois, le variant Omicron et les restrictions sanitaires n'y sont pour rien. C'est bien la guerre en Ukraine qui devrait freiner le rebond du PIB. Et propulser l'inflation vers des sommets.

... les entreprises contraintes de s'adapter...

L'économie tricolore devrait surtout subir les effets de la guerre en Ukraine à partir du deuxième trimestre, selon la Banque de France. Mais, sans attendre, certaines sont déjà dans la tourmente. A l'image d'Alliance des énergies. Le courtier lyonnais le reconnaît : « C'est la panique ! »
A lire : Comment le courtier Alliance des énergies encaisse le choc de la guerre en Ukraine
Du côté de FM Logistic, la problématique est tout autre. Le groupe mosellan est focalisé sur le sort de ses 900 salariés, basés en Ukraine. Mais exclut, en parallèle, de se retirer de Russie.
A lire : « La priorité de FM Logistic, c'est la sécurité de nos salariés en Ukraine »

... la Russie encore visée

L'Europe n'en a pas fini avec les sanctions contre la Russie. Une nouvelle salve devrait être confirmée dans la journée. Annoncée dès vendredi soir, elle consiste, entre autres, à élargir les interdictions d'exportation aux produits de luxe (après l'aérospatiale, du maritime et des technologies), mais aussi à bannir les "nouveaux investissements européens dans le secteur énergétique russe" et "l'importation de biens essentiels dans le secteur du fer et de l'acier" en provenance de ce pays, a expliqué la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Enfin, l'UE et le G7 veulent retirer à Moscou son statut dit de "nation la plus favorisée", un principe de non-discrimination et de réciprocité, consacré par l'OMC. Cette mesure empêcherait les sociétés russes de bénéficier de certains avantages commerciaux, notamment des droits de douanes réduits au minimum.

Appels à la solidarité pour les Ukrainiens

Peu à peu, l'aide à l'Ukraine s'organise et les entreprises peuvent y mettre la main. Au-delà des dons d'argent, elles peuvent également fournir du matériel informatique. Un besoin exprimé par Kiev et relayé par le secrétaire d'Etat français à la Transition numérique Cédric O. Une adresse courriel a ainsi été ouverte centraliser les propositions : @email. En parallèle, le gouvernement réfléchit à mobiliser les employeurs, autour de l'insertion professionnelle des réfugiés ukrainiens, puisque leur statut de protection temporaire les autorise à travailler dès leur arrivée dans l'UE. Différents dispositifs pourraient être utilisés (contrat d'engagement jeune, formation en situation de travail...) et la nouvelle plateforme d'offre d'assistance, pour l'instant axée vers les particuliers, pourrait être élargie aux acteurs économiques.

Très large démantèlement des restrictions sanitaires...

Les contraintes sanitaires se réduisent comme peau de chagrin. Depuis aujourd'hui, le port du masque n'est plus imposé dans les lieux publics (sauf en intérieur dans les transports) et le passe vaccinal disparaît partout où il s'appliquait. Le décret qui décline ces principes généraux n'a été publié qu'hier au Journal officiel. Il abroge, en réalité, de nombreuses autres contraintes, telles que la distanciation physique (supprimée de la liste des gestes barrière) ; la mise à disposition de savon ou gel hydroalcoolique dans les transports ; la mise en oeuvre de règles sanitaires dans les événements et leur déclaration en préfecture ; les aménagements contre le Covid-19 dans les salles de spectacles, de conférences ou de cinéma ; la limitation des contacts lors des livraisons de marchandises, etc. Dans certains cas (rassemblements, certains hébergements touristiques), le préfet peut toutefois réactiver des mesures de restriction, "lorque les circonstances locales l'exigent". Enfin, comme prévu, les établissements de santé conservent le passe sanitaire (sauf visites pour une urgence ou un dépistage au coronavirus) et ont désormais la possibilité de contrôler l'identité des personnes qui présentent leur QR code. Le masque reste également requis dans ces lieux, et peut être imposé, en plus, dans les pharmacies, laboratoires ou cabinets médicaux.

... mais très flou abandon du protocole en entreprise

Quid des entreprises ? Mystère... En principe, le protocole sanitaire devait être abandonné aujourd'hui, pour être remplacé par un guide pratique très allégé. Mais, dans les faits, ce midi, le premier était toujours en ligne, comme si de rien n'était, et le second pas encore officiellement disponible. Sur le site gouvernemental dédié au Covid-19, il était simplement indiqué la fin du port du masque en entreprise à partir de ce lundi, mais pas celle du fameux protocole. Seule certitude : le décret d'allègement des restrictions sanitaires, paru hier, fixe la date d'échéance de la nouvelle amende administrative, créée en début d'année, contre le non-respect des règles anti-coronavirus par les employeurs. Cette sanction ne peut s'appliquer qu'à des manquements constatés par l'inspection du travail avant le 13 mars. Jusqu'ici, elle était censée expirer, au plus tard, le 31 juillet.

11 mars

📍 Guerre en Ukraine : l'Europe en ordre de bataille pour sa souveraineté...

Sus à la dépendance, place à la souveraineté ! En réponse à la crise russo-ukrainienne, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, réunis à Versailles, se sont accordés pour accélérer sur deux fronts. En matière d'énergie, des mesures d'urgence seront présentées dans deux semaines pour préserver entreprises et ménages de la flambée des prix actuelle, mais aussi garantir les approvisionnements de l'hiver prochain. Suivra, en mai, un plan censé permettre de « sortir, d'ici à 2027, de notre dépendance aux gaz, pétrole et charbon russes », a expliqué Emmanuel Macron, ce qui supposera « investissements et équipements nouveaux ». Il s'agira, par exemple, de développer le GNL, le biogaz, l'hydrogène et les renouvelables. Second axe : la défense. Le président français assure vouloir « consolider et bâtir des filières industrielles » européennes, pour limiter le recours à l'import. La déclaration finale du sommet insiste sur l'investissement, l'innovation et le renforcement "de notre industrie de défense, y compris ses PME". Une analyse des besoins et des propositions complémentaires sont attendues pour la mi-mai. Enfin, les Vingt-Sept réaffirment leur engagement pour réduire leurs "dépendances stratégiques", y compris dans l'alimentaire. Sur ce plan, « l'Europe et l'Afrique seront très profondément déstabilisées » par la guerre en Ukraine, a prévenu Emmanuel Macron. Il appelle donc l'UE à « préparer et réévaluer notre stratégie de production » dans ce domaine aussi.

... l'économie de la zone euro en zone de turbulences

La guerre en Ukraine va bel et bien faire tanguer l'économie européenne. La croissance de la zone euro va fondre, mais devrait résister quand même, pour atteindre +3,7 % cette année, selon la BCE. C'est malgré tout 0,5 point de moins qu'espéré il y a trois mois. L'impact du conflit en cours devrait surtout se faire sentir sur l'inflation : elle pourrait culminer à +5,1 %, c'est-à-dire quasiment 2 points au-dessus de ce qui était initialement prévu. Mais tout dépendra de la suite des événements en Ukraine, de l'impact des sanctions actuelles, et des éventuelles mesures supplémentaires, prises contre la Russie, reconnaît la Banque centrale européenne. Elle a d'ailleurs déjà prévu deux scénarios encore plus dégradée : dans le pire des cas, le PIB ne progresserait alors que de 2,3 %, mais les prix s'envoleraient de 7,1 %.

Cybersécurité : les entreprises trop négligentes

Les entreprises doivent se réveiller au plus vite. De plus en plus visées par les attaques informatiques, elles doivent "plus que jamais" investir dans leur cybersécurité, prévient l'agence nationale chargée de ces questions (Anssi). Un impératif renforcé par le contexte géopolitique actuel. A ce propos, l'Anssi publie un bulletin d'information sur les menaces liées à la crise russo-ukrainienne. Elle met particulièrement en alerte les sociétés comptant des filiales dans les pays belligérants, les tentatives d'hameçonnage mobilisant cette actualité, ou encore l'utilisation de produits informatiques d'origine russe, comme les logiciels Kaspersky.

Le Covid-19 n'a pas dit son dernier mot...

Un grain de sable dans la levée des restrictions sanitaires. L'épidémie de Covid-19 est bel et bien en train de repartir. A trois jours de la suspension du passe vaccinal, de la fin du port obligatoire du masque et de la disparition du protocole en entreprise, le ministre de la Santé a reconnu « un rebond » de la maladie. Pour autant, « nous serons, lundi, dans les objectifs que nous nous étions fixés. Il n'y a donc pas de difficulté à aller au bout de la démarche », a tenté de rassurer Olivier Véran, en déplacement en Isère. Sauf que les chiffres lui donnent en grande partie tort, au regard des seuils qu'il avait lui-même fixés : hier soir, le taux d'incidence se stabilisait toujours au-dessus de la barre des 500, quand le nombre de patients en soins critiques restait plus proche de 2 000 que des 1 500 espérés.

... l'aérien veut enterrer toutes les contraintes

Reprise épidémique ou pas, le secteur aérien fait front contre les restrictions sanitaires. L'Iata et ACI Europe, représentants des compagnies internationales et des aéroports continentaux, exigent, en vue de la saison estivale, la levée de toutes les contraintes imposées aux voyageurs, à l'intérieur comme aux frontières de l'espace Schengen et de l'UE. Dans leur collimateur : les tests de dépistage, les preuves de vaccination, et même les masques, dès lors qu'ils ne sont plus exigés, par ailleurs, dans les autres lieux publics. Les deux organisations réitèrent toutefois leur soutien au passe sanitaire européen. En janvier, le transport aérien a enregistré une demande encore inférieure de près de 50 % par rapport à la même période de 2019 (mais +82,3 % sur un an), indique l'Iata, dans une publication séparée.

Innovation : 17 universités en pôle position

L'Etat complète, et conclut, sa carte des universités à la pointe de la recherche. Elles sont 8 à rejoindre soit l'initiative d'excellence (IdEx), soit celle dite "Science, innovation, territoires, économie" (I-SITE). Lancés en 2010, ces labels visent à fédérer les acteurs locaux pour "accélérer la recherche et la formation sur les secteurs prioritaires" de la France, dans le cadre des programmes d'investissements d'avenir. Concrètement, les 17 pôles désormais constitués se partageront 300 millions d'euros par an, leur promet le gouvernement. Parmi les dernières universités retenues figurent celles de Lille, Clermont-Ferrand, Montpellier, ou encore Nantes.
A lire : Nantes Université obtient le label I-site Next pour accélérer sur l'industrie et la santé du futur

Industrie : le groupe Cochez au chevet de Caddie

La direction de Caddie gagne du temps et un investisseur. En redressement judiciaire depuis janvier, le fabricant alsacien de chariots vient d'obtenir un renfort de poids dans sa tentative de sauvetage, celui du groupe nordiste Cochez.

10 mars

📍 Guerre en Ukraine : main tendue aux entreprises en difficulté...

Pas besoin d'attendre le "plan de résilience" du gouvernement pour se faire aider par l'Etat (voir ci-après). La ministre de l'Industrie conseille aux entreprise fragilisées par la crise russo-ukrainienne de se signaler sans attendre, « avant d'être dans de trop grosses difficultés de trésorerie : plus tôt on prend la situation, plus facile sont les solutions que l'on trouve avec les banquiers, les actionnaires, les différentes parties prenantes», a fait valoir Agnès Pannier-Runacher, en marge d'une visite dans le Pas-de-Calais. Selon elle, Bercy dispose déjà de moyens pour soutenir ces sociétés. En particulier, les commissaires aux restructurations et prévention des difficultés des entreprises (CRP), déjà mobilisés sur les problématiques de coûts de l'énergie, ont élargi leur travail aux conséquences de la guerre en Ukraine. « Systématiquement, nous proposons un accompagnement» aux entreprises concernées, assure la ministre.

... premières initiatives au niveau régional...

Pour les entreprises en mesure de patienter, la réponse du gouvernement à la guerre en Ukraine passera par son fameux "plan de résilience". Il sera présenté la semaine prochaine et « sera très sectorisé », a indiqué le Premier ministre Jean Castex. Autre précision du jour : « Plus les entreprises seront exposées [à la situation en Russie], plus les compensations seront élevées ». En attendant d'en savoir plus, certaines collectivités prennent les devants, à l'image de la Région Sud, qui dégaine ses propres mesures ou la préfecture de Gironde, qui anticipe sur l'emploi des réfugiés.

... Technature dans le flou...

Difficile d'y voir encore clair sur toutes les conséquences de la guerre en Ukraine. Même pour les entreprises impliquées dans les pays belligérants, la situation reste confuse, comme en témoigne Technature. Le breton réalise 8 % de ses exportations de produits cosmétiques dans cette zone.
A lire : Technature veut aider ses clients ukrainiens

... l'indépendance européenne en débat...

Réunion au sommet au Château de Versailles. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent pendant deux jours pour imaginer les suites à donner à la crise russo-ukrainienne. Après un tir groupé de sanctions immédiates et en rafales contre la Russie, les Vingt-Sept se pencheront notamment sur deux priorités de moyen terme : construire « l'indépendance énergétique totale de la France et de l'UE dans les dix années qui viennent », dixit le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, et mettre enfin sur les rails l'"Europe de la défense", autre Arlésienne du projet communautaire.

... les ventes maritimes sur pause, entre autres

Le secteur maritime dans le viseur des représailles contre la Russie. L'Union européenne a étendu ses interdictions de ventes de biens et de technologies aux équipements de navigation et de radiocommunications pour les navires (hors livraisons humanitaires ou impératifs de sécurité maritime), selon le Journal officiel de l'UE. La fourniture de services et de financement liés à ces produits est également bannie. Par ailleurs, la liste des personnalités russes sanctionnées est élargie et vise désormais "862 individus et 53 entités", a annoncé, hier, la Commission européenne.
De son côté, Moscou entame la contre-riposte. Le pays interdit, jusqu'à la fin de l'année, les exportations de technologies en lien avec les télécoms, la santé, le matériel agricole et ferroviaire, les équipements électriques, ainsi que diverses machines-outils et types de bois. Les navires européens devraient aussi être prochainement empêchés d'accoster dans les ports russes.

Emploi : la crise du Covid-19 change la donne pour 2030...

Il y aura bien un semblant de "monde d'après" sur le marché du travail. La crise sanitaire devrait quelque peu dévier de leur trajectoire les créations d'emploi, en France, sur la prochaine décennie, affirme une étude de France Stratégie et la Dares. Parmi les secteurs gagnants : la santé, l'informatique, mais aussi la construction, voire, dans une certaine mesure, l'industrie.
A lire : Informatique, BTP, industrie... : quels secteurs recruteront d'ici 2030 ?

... les entreprises changent de ton sur les seniors

Les salariés de plus de 50 ans ont encore toute leur place en entreprise. C'est en quelque sorte le message derrière l'initiative de 32 sociétés (dont Michelin, Renault, Damartex, ou encore l'Apec), signataires d'un "acte d'engagements" en faveur des seniors. Au nombre de dix, leurs promesses s'avèrent relativement générales et larges ("recruter des personnes à toutes les étapes de leur carrière" ; "favoriser la transmission des savoirs et le partage d’expérience entre les générations"...), ou, au contraire, très précises et déroutantes (comme "remercier les collaboratrices et collaborateurs [qui partent à la retraite], en célébrant et en saluant leur carrière"). Mais les entreprises assurent que ces paroles déboucheront bien sur des "dispositifs" concrets, doublés d'un partage de bonnes pratiques.

9 mars

📍 Le boom des prix à la pompe, la goutte de trop

La flambée des prix de l'essence met le feu à l'économie française. Plusieurs secteurs s'alarment désormais ouvertement d'une envolée des coûts, qui menacent directement leur activité, voire leur survie. En réponse, le gouvernement promet une "aide appropriée". Mais prévient aussi qu'il n'y en aura pas pour tout le monde.
A lire : L'explosion des prix de l'essence met les entreprises et l'État sous intense pression

Ca va vraiment bien pour l'emploi...

L'emploi salarié plus solide que prévu en 2021, l'intérim beaucoup moins. Le secteur privé a finalement créé 677 700 postes nets l'an dernier (+3,5 %), d'après l'Insee, soit quasiment 30 000 de plus qu'initialement annoncé. A l'inverse, l'institut statistique avait largement surestimé le rebond du travail temporaire : il n'a progressé "que" de 5,4 % au quatrième trimestre (au lieu de +9,1 %). Pas de quoi remettre en cause pour autant son retour à la normale (réévalué à +6,3 % par rapport à fin 2019). Dans la construction, néanmoins, les effectifs intérimaires parviennent tout juste à se rétablir (+0,1 % sur deux ans), précise la Dares (ministère du Travail) dans une publication séparée.

... beaucoup moins pour les salariés français

Le Covid-19 continue d’affecter la santé mentale des travailleurs. C’est ce que révèle le baromètre que vient de publier Empreinte Humaine, un cabinet spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux : 41 % des 2 000 salariés français interrogés en pleine vague Omicron, entre fin janvier et début février, éprouvent de la détresse psychologique. C’est 3 points de plus que lors de l’édition précédente de ce baromètre, en octobre. Pouvant déboucher sur des burn-out ou des dépressions si elle est chronique, cette détresse touche en priorité les femmes (47 %), les jeunes (54 % des moins de 29 ans) et les salariés de la fonction RH (64 %). Pour les entreprises, la gestion des risques psychosociaux continue donc d’être un sujet, deux ans après le déclenchement de l’épidémie. Et un sujet qu’elles vont devoir apprendre à mieux maîtriser : moins d’un tiers des salariés estiment que leur employeur à pris la pleine mesure de cette problématique. 

Bis repetita pour l'exonération des frais générés par le télétravail

Petit coup de pouce fiscal pour les télétravailleurs. Le gouvernement reconduit l’exonération d’impôt sur le revenu pour les remboursements de dépenses liées au distanciel. C'est-à-dire les allocations versées par l’employeur pour couvrir les frais de télétravail. Dans ce cas, il appartient à ce dernier d’indiquer à l’administration fiscale les dépenses concernés. Les salariés, qui ont opté pour la déduction des frais professionnels pour leur montant réel, peuvent aussi bénéficier de cette mesure. Dans les deux cas, les exonérations d’impôts sont limitées à 2,50 euros par jour, 55 euros par mois et 580 euros par an.

Recyclage : au tour des textiles, des composites et du papier

Après les plastiques et les métaux, le gouvernement s’attaque au recyclage des textiles, des matériaux composites et du papier et cartons. Il vient pour cela de lancer trois nouveaux volets de son appel à projets "Solutions innovantes pour l’amélioration de la recyclabilité, le recyclage et la réincorporation des matériaux". Dotés au total de 45 millions d’euros, ces trois nouveaux axes ciblent toute la chaîne du recyclage, de la conception des produits, jusqu’à leur transformation et à leur réutilisation. Les entreprises ont jusqu’au 26 juillet pour déposer leurs projets.

Hydrogène : 15 projets dans les starting-blocks

Qui veut gagner des milliards ? La France va demander à la Commission européenne d'inscrire 15 projets industriels français dans son PIIEC dédié à l'hydrogène. Ce genre de programmes, centrés sur des sujets stratégiques pour l'UE, permet d'attribuer aux entreprises retenues des aides d'Etat très généreuses. En l'occurrence, après validation de Bruxelles, "ce sont plus de 7 milliards d’euros d’investissements publics et privés qui pourront être déployés", explique le ministère français de l'Economie. Parmi les projets présélectionnés, ceux de Genvia et d'Alstom en Occitanie, Symbio en Auvergne-Rhône-Alpes, McPhy à Belfort, Hyvia dans le Grand Est, ou encore Normand'Hy, porté par Air Liquide.
A lire : Air Liquide lance le chantier de l'une des plus grandes usines d'hydrogène décarboné du monde

Numérique : 500 recrutements pour Onepoint

Onepoint s'ancre à Nantes. Après y avoir investi une vingtaine de millions d’euros dans de nouveaux locaux, l’entreprise de services du numérique parisienne projette à présent 500 embauches dans la Cité des Ducs.
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