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[FIL INFO] Les dernières actualités qui comptent pour les entreprises

Par la rédaction, le 27 juin 2022

Annonces gouvernementales, nouvelles réglementations concernant les entreprises, mesures exceptionnelles, conjoncture économique, mais aussi actualités économiques fortes dans les territoires : retrouvez dans ce fil spécial toutes les informations importantes pour les entreprises et les employeurs.

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Retrouvez les informations pour gérer au mieux votre entreprise pendant la crise du coronavirus Covid-19. — Photo : JDE

27 juin

📍 Pouvoir d'achat : les entreprises incitées à soutenir leurs salariés

Les entreprises appelées à mettre la main au porte-monnaie pour soulager celui de leurs salariés. Prime de transport, intéressement... le futur projet de loi sur le pouvoir d'achat prévoit plusieurs mesures de simplification pour donner aux employeurs les moyens d'aider leur personnel à faire face à la flambée du coût de la vie. Au programme : beaucoup d'incitations et très peu d'obligations... sauf quand il s'agit de faire appliquer le Smic aux branches professionnelles les plus récalcitrantes.
A lire : Les pistes du gouvernement pour mettre les entreprises à contribution sur le pouvoir d'achat de leurs salariés

Le transport routier débraye pour les salaires

En attendant la riposte du gouvernement, la question des salaires mobilise de plus en plus salariés et syndicats. Nouvelle démonstration ce lundi, avec une journée d'actions dans les transports routiers, à l'initiative de cinq organisations différentes (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT et FO). Elles exigent "la réouverture sans condition de véritables NAO" (négociations annuelles obligatoires), pour faire face à l'inflation galopante et, insiste Force ouvrière, "sortir l'ensemble [du secteur] du Smic". Plusieurs manifestations ont eu lieu dès ce matin, à travers toute la France. Le transport et la logistique ne sont pas les seuls à porter ce genre de revendications salariales. Ces derniers temps, les mouvements se sont multipliés, que ce soit au niveau de branches d'activité entières (comme l'énergie ou l'aérien) ou d'entreprises en particulier (Cetelem, Marionnaud, TotalEnergies, SNCF...).

Le relatif répit des prix du carburant

Enfin un semblant de bonnes nouvelles à la pompe ! D'abord, les prix de l'essence ont accéléré leur reflux, la semaine dernière : au 24 juin, le litre de sans plomb 95 valait, en moyenne hebdomadaire, 2,0867 euros (-2 % en sept jours) et le SP98 atteignait 2,1485 € (-2,3 %), selon les relevés du ministère de la Transition écologique. De son côté, le gazole a entamé un repli pour la première fois depuis un mois. Il est toutefois plus marqué pour le GNR (à 1,6173 €, -2 %) que pour le diesel (2,1302 €, -0,2 %... soit moins d'1 centime de baisse).

Energie : l'heure de la sobriété a sonné (bis)

C'est une petite musique qui monte de plus en plus : il faut économiser l'énergie sans attendre - pas tant pour sauver l'environnement sur le long terme que pour sauvegarder nos approvisionnements de l'hiver prochain. Après le gouvernement, jeudi dernier, ce message sans ambiguïté est venu, hier, des patrons d'EDF, Engie et TotalEnergies : "Nous appelons à une prise de conscience et à une action collective et individuelle pour que chacun d’entre nous - chaque consommateur, chaque entreprise - change ses comportements et limite immédiatement ses consommations énergétiques, électriques, gazières et de produits pétroliers", lancent de concert Jean-Bernard Lévy, Catherine MacGregor et Patrick Pouyanné, dans une tribune au Journal du dimanche. Cette "sobriété d’exception" doit s'accompagner d'"un grand programme d’efficacité énergétique et une chasse au gaspillage nationale. L’effort doit être immédiat, collectif et massif", insistent encore les trois dirigeants.
A lire, sur le même sujet : Face à la crise russo-ukrainienne, la centrale à charbon de Saint-Avold pourrait être relancée cet hiver

La valse hésitation du chômage

Le chômage repart en marche arrière. En mai, la France (hors Mayotte) comptait 3,15 millions de personnes inscrites à Pôle emploi sans aucune activité (-0,8 % en un mois), selon la Dares (ministère du Travail). De quoi effacer la légère remontée d'avril 2022 (+0,3 %), et faire tomber le nombre de chômeurs de catégorie A au plus bas depuis avril aussi, mais de 2012. Dans le même temps, les effectifs des demandeurs d'emploi en activité réduite (catégories B et C), eux, se stabilisent (+0,06 %), après trois mois consécutifs de baisse.

24 juin

📍 Alerte rouge sur l'inflation, feu vert pour l'emploi

L'enlisement de l'économie française se confirme de jour en jour. La croissance devrait bel et bien se limiter à +2,3 % cette année, confirme l'Insee, deux jours après une prévision similaire de la Banque de France. Un chiffre solide mais en trompe-l'oeil : au dernier trimestre 2022, le PIB ne devrait, en fait, dépasser son niveau de fin 2021 que de 0,6 %. L'inflation, elle, pourrait s'établir à +5,5 % en moyenne annuelle... mais avec des pics à +5,9 % en juin (0,5 point de plus que prévu il y a seulement un mois) et même "entre 6,5 % et 7 % en fin d’année" ! La bonne nouvelle est, encore une fois, à chercher du côté de l'emploi : 201 000 postes salariés devraient être créés en 2022 et le taux de chômage pourrait tomber à 7 % (-0,4 point sur un an).

Inflation, salaires : les patrons font les comptes

Les chefs d'entreprise ont aussi leur avis sur l'évolution de l'économie. Voilà qui tombe bien : face à l'ampleur de la hausse des prix et son impact sur les entreprises, la Banque de France a enrichi sa batterie statistique d'un nouvel indicateur, consacré aux anticipations d'inflation des patrons. Résultat, les 1 700 dirigeants interrogés du 27 mai au 8 juin s'attendent à ce que la flambée actuelle dure au moins un an, à hauteur de +5 %. Quid des salaires ? Ils augmenteront aussi, assurent les chefs d'entreprise... mais pas aussi vite. Ils pensent en effet revaloriser de 3 % la rémunération brute de leur personnel d'ici un an. Un chiffre médian, en progression de 0,6 point par rapport à fin 2021, lorsqu'ils avaient été interrogés pour la première fois à ce sujet.

Les retards de paiement sous contrôle

La catastrophe annoncée n'a (presque) pas eu lieu. En dépit de la crise du coronavirus, les délais de paiement interentreprises se sont plutôt bien tenus en 2020, selon l'observatoire qui les surveille. Mais ce résultat étonnant est surtout à mettre à l'actif des PME. Car les sociétés de plus grande taille n'ont (encore) fait aucun effort pour régler leurs factures en temps et en heure, déplore l'organisme public.
A (re)lire : Les délais de paiement des entreprises se sont améliorés en 2021

Le Covid-19 sur le retour, le passe sanitaire aussi ?

Enfin un projet de loi qui se précise ! Alors que le flou demeure sur les plans du gouvernemnt pour le pouvoir d'achat et les énergies renouvelables, le texte sur le Covid-19, également attendu pour cet été, a, lui, été éventé par le site Atlantico. Selon une capture d'écran de la version envoyée au Conseil d'Etat, le document ouvre la voie à un retour du passe sanitaire. Censé expirer au 31 juillet, il serait finalement activable à tout moment par le gouvernement jusqu'au 31 mars 2023. Cette réintroduction du QR code serait toutefois limitée aux voyageurs vers ou depuis la France, ainsi qu'"aux personnels intervenant dans les services de transport concernés". L'exécutif devait présenter ce projet de loi à la presse mercredi, mais le résultat des législatives a bousculé l'agenda gouvernemental. Pendant ce temps-là, l'épidémie, elle, progresse : au dernier relevé, en date du 20 juin, le taux d'incidence national est repassé au-dessus des 500 cas par semaine pour 100 000 habitants, une première depuis le 2 mai. Au niveau local, 26 départements ont franchi ce cap (11 de plus en 24 heures), selon Covidtracker.

Données ESG : bientôt la fin de la récré

Les entreprises priées de remettre de l'ordre dans leurs données extra-financières. L'Union européenne devrait adopter, la semaine prochaine, de nouvelles obligations pour mieux encadrer la publication de leurs performances environnementales, sociales et de gouvernance (ESG). Des contraintes qui seront par ailleurs élargies à certaines PME et ETI.

23 juin

📍 Avis de tempête sur l'industrie

Le vent serait-il en train de tourner pour l'économie française ? Après avoir résisté en mai, elle commence à montrer de sérieux signes de faiblesse en juin, à en croire S&P Global. Plus alarmiste que l'Insee (voir ci-dessous), le cabinet s'inquiète ouvertement de "risques tangibles de récession" pour le pays. Et pour cause : son indice PMI, résultat d'une enquête menée auprès des directeurs d'achat du 13 au 21 juin, a reculé de plus de 4 points en un mois. Il retombe ainsi à son niveau de janvier, soit au moment de la cinquième vague de Covid-19. En d'autres termes, "la croissance du secteur privé français a fortement marqué le pas". Pis, la production manufacturière serait en train de subir sa première contraction depuis octobre. Et pas qu'un peu : l'indicateur qui la mesure redescend à son niveau de mai 2020, à la sortie du tout premier confinement ! Les racines du marasme sont bien connues : "la très forte inflation", "l’affaiblissement de la demande", "le maintien des difficultés d’approvisionnement"... mais aussi, et c'est nouveau, "l’incertitude politique", née des élections législatives.

La fébrilité gagne les chefs d'entreprise

L'activité vacille, dit S&P Global, les patrons s'inquiètent, confirme l'Insee. Le climat des affaires est reparti à la baisse en juin (-1,5 point en un mois), alors qu'il s'était stabilisé entre avril et mai. Le record d'optimisme, enregistré il y a tout juste un an, est désormais un lointain souvenir : entre les mois de juin 2021 et 2022, la confiance affichée par les dirigeants a fondu de 9,2 points. Ce mois-ci, c'est dans le commerce de détail (hors automobile) que la chute est la plus violente (-6,2 points par rapport à mai, au plus bas depuis le dernier confinement, en avril 2021).

Apprentissage : le revers de la médaille

Oui, l'apprentissage connaît un succès prodigeux. Mais il s'avère aussi ô combien dispendieux, avertit la Cour des comptes, dans un rapport dédié, aux allures de recadrage en règle du gouvernement. L'institution y critique aussi bien sa réforme de 2018, non-financée, que ses aides aux entreprises, trop généreuses.

Energie : l'heure de la sobriété a sonné

Et si, finalement, consommer moins, c'était mieux ? Le gouvernement s'est définitivement converti à l'idée aujourd'hui - tout du moins en ce qui concerne l'énergie. Agnès Pannier-Runacher a annoncé, cet après-midi, la mise en place d'actions pour plus de sobriété en la matière, au niveau de l'Etat, mais aussi des entreprises. La ministre de la Transition énergétique entend ainsi « travailler » avec elles sur des mesures concrètes, à engager dès l'automne, avec un objectif de diminution de 10 % en deux ans de leurs besoins en énergie. Les partenaires sociaux vont également être mobilisés et sensibilisés à cet enjeu nouveau. « Réduire notre consommation de gaz, d'électricité et de carburant est l'un des leviers très important de la décarbonation, s'est justifié Agnès Pannier-Runacher. C'est également, dans le contexte de la guerre en Ukraine, une nécessité et une urgence immédiate ». A ses côtés, la Première ministre Elisabeth Borne a, pour sa part, confirmé la prolongation du bouclier tarifaire sur le gaz jusqu'à la fin de l'année et la préparation d'un projet de loi sur les énergies renouvelables.

Le feuilleton des réformes de l'été

Les grands projets de loi de l'été restent d'actualité. Dans sa première prise de parole depuis les élections législatives, le président de la République Emmanuel Macron a confirmé, hier soir, vouloir faire adopter par l'Assemblée nationale « une loi pour le pouvoir d'achat et pour que le travail paye mieux, des premières décisions pour aller vers le plein-emploi, des choix forts sur l'énergie et le climat, des mesures d'urgence pour notre santé, qu'il s'agisse de notre hôpital ou de l'épidémie ». Oui, mais comment faire avec une majorité relative dans l'hémicycle ? Sur ce point, il renvoie la balle aux groupes politiques, sommés de clarifier leur position, avec deux possibilités, soit « entrer dans une coalition de gouvernement et d'action », soit « s'engager à voter simplement certains textes [ou] notre budget ». Un travail de négociation et de coordination qui prendra du temps, a précisé, ce matin, sur France Info, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire : « On parle de plusieurs jours, peut-être même de plusieurs semaines. »

Voile : le JDE à la mer

Vous le savez, Le Journal des Entreprises n'a jamais hésité à mouiller le maillot pour les dirigeants. Eh bien, cette fois, on se jette carrément à l'eau avec l'un d'entre eux, Frédéric Duthil. Le patron de Technique Voile, également skipper, s'alignera au départ de la 53e Solitaire du Figaro sous les couleurs de notre média. Cela méritait bien une petite explication, et une présentation de "notre" navigateur !
A lire : « Je suis passé de la voile à l'entreprise de manière très naturelle »

22 juin

📍 La perte de vitesse de l'économie française s'accélère

Par les temps qui courent, les prévisions de croissance ont tendance à fondre comme neige au soleil. Dernière preuve en date, les nouvelles projections économiques de la Banque de France. L'institution y a sérieusement revu (à la baisse) ses attentes sur l'activité, et (à la hausse) ses craintes sur l'inflation, pour 2022, et au-delà. En cause : les conséquences de plus en plus profondes de la guerre en Ukraine sur l'Hexagone.

Et pourtant, les embauches restent au firmament

La forme olympique des recrutements ne se dément décidément pas. En mai, l'Urssaf a enregistré, hors intérim, quelque 843 918 déclarations d'embauche de plus d'un mois (+3,7 % par rapport à avril). Le précédent pic, établi en juin 2021, est donc largement battu. Mieux, cette performance est due à la santé étincelante des CDI : ils signent un nouveau record historique pour la quatrième fois consécutive, avec 435 717 embauches relevées (+2,8 %) ! Les CDD longs ne sont pas en reste (+4,6 %). Ils se rapprochent ainsi des sommets atteints il y a un an. A noter que, dans l'industrie, la crise du Covid-19 n'a pas (encore ?) provoqué le réveil espéré : certes, les recrutements progressent en mai (+8,7 % par rapport à février 2020), mais les effectifs restent rabougris (-1,4 % au premier trimestre, comparé au dernier de 2019).

Commerce : des soldes d'été plus transparents

C'est parti pour l'été 2022 et pour les soldes qui vont avec. La période de rabais dans les magasins s'étendra jusqu'au 19 juillet en France métropolitaine (à l'exception des Alpes-Maritimes et de la Corse, où le coup d'envoi est décalé, respectivement, au 6 et 13 juillet). La valse des étiquettes n'aura jamais aussi bien porté son nom que cette année : depuis le 28 mai, en effet, le Code de la consommation prévoit que "toute annonce d’une réduction de prix indique le prix antérieur pratiqué par le professionnel avant l’application de [ladite] réduction". Concrètement, les commerçants sont donc désormais tenus de mentionner le tarif le plus bas affiché au cours des trente jours précédents. Cette nouvelle règle ne concerne cependant pas "les produits périssables menacés d’une altération rapide".

Agriculture : "flash" sur les orages

Le gouvernement refait le coup de la "mission flash". Le concept, récemment inauguré pour désamorcer la crise des urgences hospitalières, vient d'être repris par le ministre de l'Agriculture. Devant la multiplication des intempéries, depuis fin mai, et leurs effets désastreux sur les plantations françaises, Marc Fesneau donne deux semaines à son administration pour "évaluer précisément les dégâts". Il attend également de ce travail express des propositions "pour mieux adapter les outils actuels et futurs aux besoins des agriculteurs, face à ces phénomènes climatiques intenses". Les orages ont encore violemment frappé le Sud-Ouest du pays ces derniers jours. Or, les précédents épisodes des 20-23 mai et 2-5 juin auraient débouché sur 351 000 sinistres, pour 1,26 milliard d'euros de dégâts, selon les estimations de la fédération des assurances, France Assureurs.

Environnement : l'UE enfonce le clou

L'UE élargit encore son arsenal climatique. Treize jours après avoir acté l'interdiction à la vente des véhicules thermiques neufs, le Parlement européen a validé, cet après-midi, deux autres projets-phares de Bruxelles : la création d'une taxe carbone aux frontières et la disparition des quotas gratuits d'émission de gaz à effet de serre. Ces textes doivent permettre de réduire de 55 % les rejets de l'Union européenne d’ici à 2030 (par rapport à 1990), mais ils ne seront pas sans conséquence pour les entreprises.

21 juin

📍 Le temps suspendu des réformes ?

Quel gouvernement ? pour faire quoi ? comment ? et avec quel soutien au Parlement ? Avant d'avoir la réponse à toutes ces questions, il va falloir prendre son mal en patience. Dans l'immédiat, l'heure est aux consultations tous azimuts : le président de la République Emmanuel Macron reçoit, depuis aujourd'hui et jusqu'à demain, les principales forces politiques du pays (avant de quitter la France pour une série de rendez-vous internationaux) ; la chef du gouvernement, elle, a rassemblé tous ses ministres à Matignon, dans l'après-midi. Elisabeth Borne est « au travail, cette semaine et la prochaine », a insisté la porte-parole Olivia Grégoire, à la sortie de cette réunion. Et d'énumérer les sujets que l'exécutif veut faire avancer rapidement : prolongation de l'aide à l'embauche des apprentis, « bonus écologique » et soutien à la pêche. Point. Pas un mot, donc, sur les grands projets de loi promis avant les élections législatives, que ce soit sur le pouvoir d'achat, les énergies renouvelables et la lutte contre le Covid-19. Autant de chantiers qui s'annoncent beaucoup moins consensuels, pour ne pas dire bien plus explosifs pour la majorité présidentielle.

Les mauvais comptes du fonds de solidarité

Le fonds de solidarité, véritable nid d'escrocs ? Le fisc affirme en tout cas avoir déposé, en 2021, pas moins de 2 542 plaintes pour des fraudes à ce dispositif-phare de la crise du Covid-19. A eux seuls, ces signalements représentent 61 % de l'ensemble des dossiers transmis à la justice, l'an dernier, par la direction générale des Finances publiques ! Ils sont ainsi à l'origine du boom des procédures pénales entreprises par la DGFIP (+128,3 % par rapport à 2019). Le fisc revendique, par ailleurs, avoir, en amont, "[écarté] plus de 2,5 millions de demandes infondées et [évité] le versement indu de plus de 10 milliards d’euros, complétés par 74 000 dossiers identifiés par les contrôles a posteriori". Des chiffres à comparer aux près de 4,5 millions de dossiers traités et plus de 24 Md€ versés au total par l'administration sur cette période.

Les dernières traces du "quoi qu'il en coûte"

Officiellement, le "quoi qu'il en coûte" est terminé. Mais le fisc n'en a pas moins continué à distribuer de l'argent public, l'an dernier, aux sociétés fragilisées par le Covid-19. Ainsi, l'aide sur les coûts fixes a octroyé 1,77 milliard d'euros à 4 520 entreprises (sur 18 300 dossiers traités), indique le bilan annuel de la DGFIP, paru aujourd'hui. Quant aux actions dites "de sortie de crise", elles se sont traduites par l'accompagnement direct de 3 966 entreprises, plus de 68 000 autres bénéficiant, par ailleurs, de "mesures de bienveillance" (délais de paiement, par exemple). Le tout pour un effort total de 25,7 milliards d'euro, assure Bercy.

Contre les difficultés de recrutement, l'option ukrainienne

Les réfugiés ukrainiens, solution aux difficultés de recrutement des entreprises françaises ? Et pourquoi pas, répond la Banque centrale européenne. Elle estime que, parmi ces migrants en âge de travailler, 25 à 55 % finiront, à moyen terme, par se retrouver sur le marché du travail des pays de la zone euro. D'où une augmentation de la population active de 0,2 à 0,8 %, équivalente à un renfort de 0,3 à 1,3 million de travailleurs. Cet afflux pourrait, par conséquent, contribuer "à répondre à la vive demande actuelle de travail et à l'aggravation des pénuries de compétences". Mais la BCE reconnaît aussi que l'intégration professionnelle des Ukrainiens se heurte à de nombreux obstacles, comme la barrière de la langue, la reconnaissance des diplômes, ou encore l'inadéquation entre leur profil et les besoins effectifs des pays hôtes.
A (re)lire, le témoignage de Dominique Lamballe, dirigeant de FenêtréA : « J'ai recruté trois salariées ukrainiennes »

Ces employeurs prêts à relever le défi de l'inclusion

Les entreprises françaises n'ont pas attendu la BCE pour recruter des réfugiés. Mais certaines veulent aller, aujourd'hui, encore plus loin. Une quarantaine d'entre elles ont ainsi récemment signé une charte, par laquelle elles s'engagent à lever les freins à l'inclusion de ces travailleurs étrangers - dans leur propre entreprise, et au-delà.

Football : Lyon prêt à rugir en américain

Les investisseurs étrangers retrouvent de l'appétit pour le football français. L'Olympique lyonnais, le club de l'emblématique Jean-Michel Aulas, est en passe de tomber aux mains de l'Oncle Sam.
A lire : L’Olympique lyonnais va être racheté par l’Américain John Textor

La fuite en avant de l'inflation européenne

L'inflation a repris sa marche en avant dans la zone euro. Après avoir fait une pause en avril (+7,4 %, comme en mars), son taux annuel a établi un nouveau record historique en mai (+8,1 %... 4 fois plus qu'il y a un an), selon Eurostat. Avec Malte, la France connaît la flambée la plus faible des 19 pays de la région (+5,8 %, chiffre supérieur à celui de l'Insee, en raison d'un mode de calcul différent).

L'aérien entrevoit le bout du tunnel

"Le temps est à l'optimisme" dans le ciel mondial. En 2022, la demande pour les voyages en avion devrait bondir de 97,6 % sur un an, pour revenir à près de 83 % de son niveau d'avant-coronavirus, selon l'Association internationale du transport aérien. L'Iata mise désormais sur un net rebond de tous les indicateurs du secteur cette année, du chiffre d'affaires (+54,5 % par rapport à 2021) à l'emploi (+4,3 %, mais gare aux délais de recrutement et de formation qui pourraient gêner la reprise). Pour autant, les compagnies devraient encore subir des pertes cumulées de 9,7 milliards de dollars (9,2 Md€), après quasiment -180 Md$ sur 2020-2021 (170 Md€). Mais "la rentabilité semble à portée de main pour 2023", assure l'Iata. Pas de problème, en revanche, pour le fret aérien : il pourrait transporter 68 millions de tonnes en 2022 (ce qui serait un record absolu) et enregistrer un CA de 191 Md$ (180,5 md€, soit près du double de celui de 2019).

20 juin

📍 Législatives : victoire très relative du camp présidentiel

L'Assemblée nationale façon puzzle. A l'issue du second tour des élections législatives, la coalition présidentielle Ensemble ! a obtenu 245 députés, selon le décompte final du ministère de l'Intérieur. Emmanuel Macron devra donc gouverner sans majorité absolue (il lui aurait fallu 44 élus de plus pour l'atteindre), et avec une opposition renforcée : le Rassemblement national signe une performance historique (89 sièges, 11 fois plus qu'en 2017) et la gauche son retour en force (131 députés labellisés Nupes, environ le double d'il y a cinq ans, lorsque ses composantes étaient dispersées). Les Républicains apparaissent en retrait (61 élus), mais pourraient peser politiquement dans cet hémicycle éclaté. A noter, enfin, que les 577 députés désignés hier ne représentent que la moitié du pays, puisque plus d'un électeur sur deux n'a pas pris part au vote (53,77 % d'abstenton)
Enfin, conséquence de ces résultats, le gouvernement d'Elisabeth Borne, nommé un mois jour pour jour, va déjà devoir être remanié, en raison des défaites électorales subies par Brigitte Bourguignon (Santé), Amélie de Montchalin (Transition écologique) et Justine Benin (Mer). La première a déjà confirmé son départ sur Twitter.

Les prix du carburant au plus haut

Pendant ce temps-là, pas de répit à la pompe, mais une dynamique légèrement différente entre le gazole et l'essence. Le premier poursuit sa folle ascension pour se rapprocher un peu plus de ses records historiques de début mars. Ainsi, au 17 juin, le litre de diesel coûtait 2,1345 euros, en moyenne, la semaine dernière (+6 centimes en sept jours, soit +3,1 %), selon les relevés du ministère de la Transition écologique. A 1,6512 €, le GNR, lui, a pris 4 centimes de plus (+2,8 %). Pour sa part, le sans plomb se stabilise à haut niveau : le SP95 s'affichait à 2,129 € (-0,09 %), le SP98 à 2,192 € (-0,3 %)... soit, dans les deux cas, une baisse inférieure à 1 centime - autant dire imperceptible.

L'inflation compensée dans l'agriculture

Peu importe le résultat des élections législatives, le plan de résilience, lui, continue à faire son bonhomme de chemin. Les entreprises de l'agriculture et de la pêche viennent ainsi d'obtenir 150 millions d'euros de compensation pour les surcoûts engendrés par la crise russo-ukrainienne.

Les défaillances d'entreprise sous contrôle

Une vaguelette, mais certainement pas un raz-de-marée. La remontée des défaillances d'entreprise s'est poursuivie sur un petit rythme en mai : la Banque de France en a compté 2 949, soit le volume mensuel le plus faible de l'année. Pour autant, sur les douze derniers mois, elle a dénombré 32 109 procédures (+9,2 % par rapport à la période précédente), soit, cette fois, le cumul le plus élevé depuis novembre 2020. Le secteur des "transports et entreposage" enregistre le rebond le plus marqué en un an (+29,2 %). Un mauvais résultat qui fait écho à la dégringolade des créations d'entreprise dans ce même domaine, preuve supplémentaire de ses difficultés du moment.

Le marché de la cyberassurance en pleines turbulences

C'est ce qui s'appelle se tirer une balle dans le pied. Certains grands groupes ont cessé de s'assurer contre le risque cyber en 2021, et les ETI pourraient leur emboîter le pas dès cette année, s'alarme une enquête de l'Amrae. Mais l'association du management des risques de l’entreprise ne leur jettent pas la pierre. Elle accuse plutôt les assureurs eux-mêmes d'avoir provoqué une "crise de confiance" aux dangereuses conséquences.
A lire : De plus en plus exposées au risque cyber, les entreprises s’assurent de moins en moins

Santé : la tech met la pression sur l'Etat

L'initiative sonne comme un rappel à l'ordre et aux promesses passées. France Biotech lance une "task force" pour fédérer les entreprises innovantes, dans le domaine des technologies de la rééducation et de l'autonomie des patients. Objectif assumé : obtenir "au plus vite" une meilleure prise en charge de ces équipements par les pouvoirs publics.

17 juin

📍 Gaz russe : premier avertissement pour l'hiver prochain

Cette fois, il y a (vraiment) de l'eau dans le gaz. Ou, plutôt : il n'y a plus de gaz (russe) dans les tuyaux. Depuis mercredi, le gestionnaire du réseau français a "constaté" que plus rien n'arrivait en provenance d'Allemagne, pays de transit de la précieuse ressource aux mains de Vladimir Poutine. Pas de panique, pour GRTgaz, mais l'entreprise prépare déjà les esprits à une perturbation des approvisionnements l'hiver prochain, notamment pour les entreprises. Cette rupture des livraisons n'est pas complètement surprenante : depuis plusieurs jours, Moscou a commencé à fermer les robinets à de nouveaux pays européens, Italie et Allemagne en tête. Une politique plus ou moins assumée, qui avait démarré le 27 avril.

Canicule : gare à la fournaise jusqu'à demain !

Le pic de la canicule est arrivé. Quatorze départements* sont placés en vigilance rouge, jusqu'à demain après-midi au moins, en raison des températures anormalement élevées attendus à partir de cet après-midi. Le ministère de la Santé rappelle, entre autres consignes, que ce niveau d'alerte impose des "mesures de restrictions d’activités aux heures les plus chaudes de la journée, ainsi que l’aménagement des horaires (...) hors de ces périodes", ou encore "la facilitation de l’accès aux espaces rafraîchis (...) ou à des points d’eau ou de rafraîchissement". Un numéro vert est mis en place, en cas de besoin ou de questions : le 0800 06 66 66 (ouvert de 9h à 19h). A noter que cette vague de chaleur devrait s'accentuer demain "sur l'axe Sud-Aquitaine, Poitou-Charentes, Vendée", prévient Météo France.
* Tarn, Haute-Garonne, Hautes-Pyrénées, Pyrénées-Atlantiques, Gers, Tarn-et-Garonne, Lot-et-Garonne, Landes, Gironde, Charente, Charente-Maritime, Deux-Sèvres, Vienne et Vendée.

Coup de mou pour les créations d'entreprise

La fièvre de l'entrepreneuriat est en train de retomber. Les créations d'entreprise ont lourdement chuté en mai, selon l'Insee. Et aucun secteur n'échappe à cette tendance, surtout pas le commerce et l'hébergement-restauration, en pleine dégringolade.

Coup de pouce à la prime d'activité

Vers une revalorisation des prestations sociales plus large qu'annoncé. Selon Les Echos, le gouvernement compte intégrer à son futur projet de loi sur le pouvoir d'achat une augmentation de 4 % de la prime d'activité. La hausse de cette aide, réservée aux travailleurs modestes, serait applicable à partir de juillet. Toutes les allocations et autres minima, censés être révisés au cours de l'été, le seront à ce même taux de +4 %, signale le quotidien. Idem pour les pensions de retraite, comme l'a déjà indiqué la Première ministre Elisabeth Borne, au début du mois.

Tech, énergies : Emmanuel Macron veut aller plus vite

Toujours plus. En visite au salon VivaTech, à Paris, cet après-midi, Emmanuel Macron a fixé de nouveaux objectifs aux entreprises innovantes françaises, en plus de ceux déjà établis par son ministre de l'Economie, deux jours plus tôt. Au programme : développer « 10 géants de la tech » en cinq ans (un temps plus court donc que celui accordé par Bruno Le Maire, mercredi), mais aussi « monter le nombre de nos licornes (start-up valorisées à plus d'1 milliard de dollars, NDLR) à au moins 100 à l'horizon 2030 » (contre 27 actuellement), dont un quart devront être impliquées « dans les technologies vertes et émergentes ». Le président de la République est également revenu sur sa future loi sur les projets d'énergies renouvelables, prévue cet été. Avec ce texte, il veut appliquer la même recette qu'avec les Jeux olympiques 2024 en Seine-Saint-Denis. A savoir une « loi d'urgence » qui «supprime tous les délais, les recours (...). Ca va râler, mais il faut le faire », a tranché Emmanuel Macron, car « beaucoup de choses sont trop lentes, à mes yeux, dans notre pays ».

Syndicats : Laurent Berger repart pour un tour

L'issue du scrutin était beaucoup plus prévisible que celle des législatives de dimanche. Hier soir, à l'occasion de son congrès confédéral, organisé à Lyon, la CFDT a largement réélu Laurent Berger à sa tête (avec 96,68 % des voix). Le secrétaire général sortant était le seul candidat.

Marchés publics : l'Europe prête à défendre ses entreprises

L'UE se dote d'une nouvelle arme pour rééquilibrer les règles du jeu commercial. Le Conseil européen a validé, aujourd'hui, un mécanisme de "réciprocité dans l'accès aux marchés publics internationaux". Autrement dit, Bruxelles va pouvoir enquêter sur les restrictions imposées par des pays étrangers (comme la Chine) aux entreprises européennes, intéressées par leurs appels d'offre. En cas de barrières à l'entrée injustifiées, l'UE pourra exiger leur levée, puis riposter par une "limitation d'accès" de ses propres marchés aux ressortissants de l'Etat indélicat. Cet outil de réciprocité devrait entrer en vigueur d'ici deux mois.

RH : la semaine de 4 jours à l'épreuve des faits

Vous avez trouvé cette semaine un peu longuette ? Normal, il n'y avait pas de jour férié à se mettre sous la dent pour la raccourcir un peu - eh oui, on s'habitue vite à ne travailler que 4 jours ! Cette réflexion-là n'est plus l'apanage des salariés. Certains employeurs la mènent désormais dans leur entreprise. Exemples en Bretagne, où nos quatre rédactions locales ont mené l'enquête auprès de ceux qui ont décidé de se lancer dans cette nouvelle organisation du travail.
A lire : La semaine de quatre jours stimule les entreprises

16 juin

📍 Les ETI soufflent le chaud et le froid

Même pas peur ! Malgré le contexte international, les patrons d'ETI s'attendent, en majorité, à améliorer leur chiffre d'affaires cette année, selon le dernier baromètre de Bpifrance Le Lab. Mais à y regarder de plus près, la fébrilité commence à poindre au sein de ces entreprises de taille intermédiaire. D'autant que les difficultés finissent aussi par s'accumuler chez elles.

L'entretien d'embauche, les yeux fermés

Au rang des problèmes rencontrés par les ETI figurent, en première place, les difficultés de recrutement. Et si, pour les régler, il suffisait de fermer les yeux sur ses embauches ?! Une idée loin d'être aussi saugrenue qu'il n'y paraît. Demandez à Ludovic Favray : ce patron morbihannais vient d'expérimenter les entretiens à l'aveugle !
A lire : « Mon concept The Job prouve que le recrutement à l’aveugle fonctionne »

La décarbonation made in France

Et si la montagne de la décarbonation accouchait d'un clic de souris ? C'est le pari que fait la filière de l'énergie : elle vient de lancer une plate-forme de mise en relation entre apporteurs de solutions et usines en transition. Avec la volonté de faire coup double : accélérer la réduction des émissions de CO2 et trouver des débouchés aux acteurs français de ce marché.
A lire : Les industriels incités à choisir des solutions françaises pour leur décarbonation

L'automobile broie toujours du noir

Le marché automobile européen aussi déprimé que le français. En mai, les ventes de véhicules particuliers ont enregistré un repli de 11,2 % en un an, dans l'UE, soit leur 11e baisse consécutive. Avec 791 546 voitures écoulées, les immatriculations s'affichent même en retrait de 35 % par rapport à mai 2019. Les groupes français sont parmi les principales victimes de cette contraction, mais Stellantis (-14,6 %) souffre davantage que Renault (-10,3 %, malgré une croissance de 9,4 % pour la marque Dacia).
A lire : Pour tenir la route, la filière automobile de la Grande Région veut jouer la carte européenne

Energie : l'Europe se tourne vers le Proche-Orient

Deux nouveaux alliés pour l'Europe dans sa bataille du gaz contre Moscou. Après s'être assurée un approvisionnement renforcé auprès des Etats-Unis, l'UE vient de conclure un "protocole d'accord trilatéral" pour en faire de même avec Israël et l'Egypte. L'idée est que le premier de ces deux Etats exporte davantage de gaz via le second, lequel les transformera en GNL avant de les envoyer vers le Vieux-Continent. Cette démarche s'inscrit ouvertement dans la volonté de Bruxelles de « mettre fin à notre dépendance vis-à-vis des combustibles fossiles russes et de nous (...) [doter] de fournisseurs supplémentaires dignes de confiance », a assumé la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, en visite dans la région, ces deux derniers jours. Pendant ce temps-là, la Russie continue, elle, de baisser, au coup par coup, ses livraisons de gaz à certains pays de l'UE.

15 juin

📍 L'économie encaisse les chocs sans broncher

Jusqu'ici, tout va bien. En dépit d'un contexte international lourd et volatil, l'économie française est restée plutôt bien orientée en mai, ce qui augure d'une croissance un peu plus solide que prévu, selon la Banque de France. Autrement dit, et pour utiliser une expression à la mode, volontiers reprise par l'institution : "A ce stade, l’activité fait preuve de résilience". Et pour cause : les difficultés d'approvisionnement semblent se détendre. Au contraire des problèmes de recrutement, toujours aussi aigus.

L'énergie et l'alimentaire, moteurs de l'inflation

Pas de miracle sur le front de l'inflation. Elle a bel et bien atteint +5,2 % sur un an au mois de mai, confirme l'Insee, du jamais-vu depuis septembre 1985. Et encore, ce taux aurait pu être pire, puisque l'évolution sur un mois a été légèrement revue à la hausse (+0,7 %, soit 0,1 point supplémentaire). Les prix accélèrent leur fuite en avant dans toutes les catégories de produits, de l'énergie (+1,6 % depuis avril, portée par les produits pétroliers) à l'alimentation (+1 %, avec un boom des huiles, de la viande et du café), en passant par les services et les biens manufacturés (+0,5 % chacun). Après avoir enregistré les augmentations les plus fortes d'avril, les produits frais (-1,4 %) et les transports (-0,8 %) sont les seuls à reculer, avec la santé.

Un double cap pour la tech française

Après la course aux licornes, le temps est venu de la chasse aux "décacornes". Comprendre : les entreprises valorisées à plus de 10 milliards de dollars (ou d'euros). C'est ce genre de géants que le ministre de l'Economie veut voir émerger en France avant la fin de la décennie. Bruno Le Maire a partagé cette ambition, aujourd'hui, avec les start-up tricolores, réunies au salon VivaTech de Paris. L'occasion de leur fixer deux objectifs. Et de formuler aussi quelques promesses, en pleine campagne électorale.

La révolution du métavers est en marche

Vous feriez mieux de prendre le métavers au sérieux. Le conseil provient du cabinet McKinsey, à l'origine d'une étude dédiée à ce nouvel univers hybride, mêlant monde physique et environnement numérique. Pour justifier leur enthousiasme, les auteurs avancent un chiffre : au niveau planétaire, le métavers "pourrait générer jusqu'à 5 000 milliards de dollars (4 800 Md€, NDLR) de retombées en 2030, l'équivalent de la taille de la troisième économie mondiale, le Japon". A lui seul, le commerce en ligne capterait près de la moitié de cette manne (2 000 à 2 600 Md$). Simple lubie du moment ? Non, insiste l'étude, car ce marché est déjà en train d'éclore : en cinq mois, sur 2022, McKinsey a compté 120 Md$ (115 Md€) d'investissements dans cette technologie, soit plus du double que le montant engagé l'an dernier (57 Md$).
A lire, sur le même sujet, l'interview Ridouan Abagri : « Toutes les entreprises seront dans le métavers »

La relance des émissions de gaz à effet de serre

Qui dit reprise de l'économie, dit rebond de la pollution. En 2021, année de forte croissance du PIB (+6,8 %), les émissions de gaz à effet de serre de la France sont, elles aussi, reparties de l'avant. Et quasiment dans les mêmes proportions : +6,4 % en un an, pour un total de 418,2 millions de tonnes équivalent CO2, selon le Citepa, centre chargé de ces mesures pour le compte du ministère de la Transition écologique. Mais comme la crise du Covid-19 a provoqué une contraction artificielle en 2020, "la tendance à la baisse des émissions se poursuit", juge l'organisation. Elle en veut pour preuve que les rejets ont décliné de 3,8 % par rapport à 2019, soit avant la crise du coronavirus.

La transition énergétique dans les starting-blocks

Entre la fin du mois et la fin du monde justement, le gouvernement ne choisira pas. En plus de son texte sur le pouvoir d'achat, l'exécutif présentera bien, cet été, "une loi d'urgence pour donner un nouveau coup d’accélérateur au déploiement des énergies renouvelables", a confirmé Agnès Pannier-Runacher, sur Twitter. Son contenu reste inconnu, mais cette initiative "est indispensable pour atteindre nos objectifs. Ils passeront notamment par la construction de 50 parcs éoliens en mer et la multiplication par 10 de notre puissance solaire", a simplement expliqué la ministre de la Transition énergétique à la presse. Elle ne fait que reprendre, en la matière, le cap fixé par le président de la République en février dernier.

14 juin

📍 Canicule : prenez vos précautions !

C'est désormais une certitude : cette semaine sera chaude, et pas seulement pour cause d'élections législatives serrées... Météo France met en garde contre une "vague de chaleur remarquablement précoce" entre mercredi et samedi. Un sujet brûlant, dont s'est saisi le gouvernement. Sa porte-parole Olivia Grégoire a appelé « à la vigilance nécessaire et la solidarité attendue les uns envers les autres ». A ce titre, les employeurs peuvent se référer au dossier spécial du ministère du Travail, mis à jour au début du mois, pour connaître les "précautions à prendre", en matière de protection de leurs salariés, dans ces conditions climatiques. De son côté, la Première ministre Elisabeth Borne a réuni, cet après-midi, les préfets de régions et directeurs d'ARS (agences de santé), afin d'anticiper cet épisode de chaleur. Enfin, au-delà de la situation actuelle, Olivia Grégoire a promis un « programme de renaturation des villes » de 500 millions d'euros, censé aider à financer des « îlots de fraîcheur » en milieu urbain.

Sécheresse : fermez vos robinets !

Canicule ou pas, iI va falloir apprendre à faire des économies d'eau, et vite. Face à la sécheresse en cours (36 départements sous restrictions), la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau (FP2E) "appelle tous les usagers (...) à la sobriété" dès maintenant. Un message adressé aux particuliers, comme aux industriels et agriculteurs. Et si l'autodiscipline ne suffit pas, les collectivités locales auront toujours la possibilité, "dans les services dotés de télé-relevés", de jouer sur les tarifs "pour encourager une consommation responsable, lors de périodes de crise". A plus long terme, les fournisseurs de la FP2E, qui représentent 60 % du marché français, demandent à l'Etat "une planification de la politique de l’eau volontariste, ciblée et décloisonnée". Ce qui implique, selon eux, de travailleur sur l'interconnexion des captages, la numérisation des services et la mise en oeuvre de solutions naturelles et/ou technologiques, afin de préserver la ressource.

Numérique : le virage raté des entreprises françaises

La transformation numérique ? C'est gentil, mais non merci ! Malgré l'électrochoc des confinements et de la crise du Covid-19, les entreprises françaises traînent encore trop souvent des pieds en matière de "digitalisation", déplore une nouvelle étude du Boston Consulting Group et du Medef, révélée aujourd'hui.
A lire : Seule la moitié des entreprises françaises s'est embarquée dans la transformation digitale

Innovation : les brevets en petite forme

Les demandes de brevets toujours sur la pente descendante. Sur la période de juillet 2019 à juin 2020, les dossiers déposés en France ont reculé de 2,2 % en un an, selon l'Inpi. Peu importe pour Safran : au classement des entreprises les plus actives, le groupe aéronautique vire en tête pour la première fois. Les PME d'Auvergne-Rhône-Alpes, elles, continuent de se distinguer.

Services à la personne : le crédit d'impôt instantané ouvert aux entreprises

Un nouvel argument commercial pour les entreprises de services à la personne. A partir d'aujourd'hui, les organismes habilités peuvent proposer à leurs clients le crédit d'impôt instantané. "Ce service est optionnel et gratuit", précise l'Urssaf. Baptisé "Avance immédiate", il permet aux particuliers-employeurs de ne régler que la moitié de leurs factures, correspondant à leur reste à charge. Les 50 % restants, équivalant au crédit d'impôt, sont, eux, versés directement aux prestataires par l'administration. Depuis le 1er janvier, la mesure était réservée aux personnes qui emploient directement un salarié, en dehors de toute structure. Son déploiement doit encore se poursuivre, puisque la réforme est censée s'étendre à la garde d'enfant en 2024. De même, certains bénéficiaires d'allocations sociales (APA et PCH) ne devraient intégrer le dispositif que l'an prochain.

Calendrier incertain pour la loi sur le pouvoir d'achat

La future loi sur le pouvoir d'achat aura-t-elle du retard à l'allumage ? La présentation de ce projet pourrait être encore retardée, a admis la porte-parole du gouvernement, ce midi. Plutôt que le 29 juin, ce pourrait être le 6 juillet, au plus tard. Mais, quelle que soit la date retenue, « notre objectif est toujours (...) que ces mesures soient effectivement, de façon sonnante et trébuchante, dans le porte feuille des Français au mois d'août », a insisté Olivia Grégoire. Pour cela, il faudra, au préalable, que la coalition présidentielle s'assure une majorité aux élections législatives, dimanche soir.

Les PME toujours plus endettées

Les entreprises restent friandes de crédits bancaires. L'encours des sommes mobilisées chaque mois a battu, en avril, son record historique pour la 6e fois consécutive : il flirte désormais avec les 1 251 milliards d'euros (+3,6 % en un an), selon la Banque de France. Ce montant a explosé depuis la crise du Covid-19 (+17,6 % par rapport à février 2020). Une croissance portée notamment par les PME : à 548,1 Md€, leur encours est aujourd'hui à son plus haut niveau (+4 % en un an et +26,3 % comparé à l'avant-coronavirus), quand ceux des grandes entreprises et des ETI se maintiennent, eux, sous leur pic du printemps-été 2020.

L'inflation des levées de fonds

Il n'y a pas que les crédits des PME qui augmentent en ce moment. Les levées de fonds des start-up affolent aussi les compteurs. Après deux collectes successives à 20 millions d'euros, le lillois Cooptalis vient de signer un tour de table 4 fois plus important. L'occasion pour ce spécialiste de la mobilité professionnelle à l'international de tourner la douloureuse page du Covid-19.
A lire : Cooptalis lève 80 millions d’euros et devient Anywr
Encore plus fort : le marseillais ImCheck a annoncé, hier, avoir obtenu un financement de 96 millions d'euros. Une somme que la biotech présente comme inédite sur son marché.

13 juin

📍 Carburants : records battus à la pompe (bis)...

La fièvre ne retombe décidément pas à la pompe. Le prix du sans plomb a battu des records historiques pour la deuxième fois consécutive, selon le ministère de la Transition écologique. Au 10 juin, le litre de SP95 s'affichait, en moyenne hebdomadaire, à 2,1309 euros (en hausse d'1,4 %), celui de SP98 à 2,1989 € (+1,6 %). Le gazole n'en est pas encore là, mais se rapproche de plus en plus en plus de son précédent pic de mars : le diesel culmine désormais à 2,0694 € (quasiment 11 centimes de plus en sept jours, soit +5,5 %), le GNR à 1,6068 € (+9 centimes, équivalant à +6,1 %). Dans les deux cas, il s'agit tout de même des tarifs les plus élevés depuis l'instauration de la "remise carburant" au 1er avril.

... équation impossible dans les entreprises

Un gros coup de pompe et de massue. Le (très) fort rebond des prix du carburant, depuis fin mai, va compliquer encore un peu plus l'équilibre des comptes pour de nombreuses entreprises. A commencer par les acteurs du transport routier, pris à la gorge et au dépourvu par cette flambée.
A lire : Les transporteurs des Pays de la Loire en panne de solutions face à la hausse des coûts, quand ceux des Hauts-en-France redoutent les dégâts économiques en cascade de cette hausse des prix
Et ce n'est pas le seul secteur fragilisé par la montée des prix du carburant. Les pêcheurs aussi tirent la sonnette d'alarme, à l'image d'Olivier Le Nézet, président du Comité régional des pêches de Bretagne.
A lire : « La hausse du coût des carburants menace l’équilibre des entreprises de pêche »
En quête d'alternatives, les professionnels peuvent essayer de se tourner, entre autres, vers le gaz naturel (GNV). Les Côtes-d'Armor sont ainsi en train de déployer un réseau de distribution flambant neuf sur leur territoire. Ne lui reste plus qu'à faire ses preuves.
A lire : En Côtes-d’Armor, les stations GNV doivent encore convaincre leurs futurs utilisateurs

Défense : les industriels à l'heure de la mobilisation générale...

La France est désormais en guerre. Ou, plus exactement, « en économie de guerre ». C'est ce que le président de la République a expliqué, aujourd'hui, aux industriels de la défense et la sécurité, en ouverture du salon professionnel Eurosatory. L'occasion pour Emmanuel Macron de leur promettre plus d'investissements... mais de leur demander aussi plus d'efforts. Les entreprises civiles pourraient même être mises à contribution, dans le cadre de la crise russo-ukrainienne : selon le journal Le Monde, l'exécutif planche actuellement sur "un texte législatif permettant la réquisition de [leurs] matériaux ou compétences", voire de leurs outils de production. Ce projet concernerait, en premier lieu, les sociétés aux activités dites "duales", c'est-à-dire à la fois civiles et militaires. Soit 4 000 PME potentiellement visées, estime le quotidien.

... Naval Group à celle des comptes

Pendant ce temps-là, Naval Group tourne la page de son "contrat du siècle" mort-né avec l'Australie. L'entreprise française va recevoir 555 millions d'euros de la part du pays, en guise de dédommagement après l'annulation de sa commande de 12 sous-marins conventionnels. Une somme "juste et équitable", a estimé, ce week-end, le nouveau Premier ministre australien Anthony Albanese. Elle représente pourtant moins de 2 % de la valeur initiale du contrat. Pour autant, le ministère français des Armées a "pris acte" de l'accord. Et dit espérer qu'il permette "de dépasser la crise de confiance", provoquée par cette affaire, entre Paris et Canberra.
A (re)lire : Les sous-traitants de Naval Group touchés mais pas coulés par l'annulation australienne

Le chômage partiel rabougri

Le chômage partiel touche le fond. En avril, seuls 24 030 dossiers ont été déposés (2 fois moins que le mois précédent), selon la Dares (ministère du Travail). Ces demandes concernent moins d'un million de salariés, un plancher symbolique encore jamais franchi depuis le début de la crise du Covid-19. En mars déjà, tous les chiffres de l'activité partielle étaient tombés à leur plus bas niveau en deux ans, que ce soit le nombre de bénéficiaires (227 206 personnes, -28,3 % en un mois), les heures couvertes (9,96 millions, soit 3,11 millions de moins) ou le montant des indemnisations (100,5 millions d'euros, -24,5 %). En parallèle, moins de 148 000 salariés (-15,4 %) étaient protégés au titre du régime de longue durée (l'APLD), soit le contingent le plus faible relevé depuis août dernier.

Les salariés invités à la table des PME

L'actionnariat salarié fait son trou dans les PME. Certes encore minoritaire, la part des petites et moyennes entreprises engagées dans cette démarche a néanmoins plus que doublé en six ans, affirme une récente étude d'OpinionWay pour le cabinet Eres. Les dirigeants concernés mettent surtout en avant l'intérêt RH de ce genre de dispositifs.
A lire : L'actionnariat a doublé dans les PME depuis 2015

Législatives : les coalitions au coude-à-coude

Quelle majorité à l'Assemblée nationale ? La question reste entière, au lendemain du premier tour des élections législatives. En attendant le second, dimanche prochain, léger avantage à la coalition présidentielle Ensemble ! (25,75 % des suffrages exprimés et 1 candidat déjà élu), devant l'union de la gauche Nupes (25,66 % et 4 députés assurés). Soit un écart, entre les deux, de 21 000 voix seulement, selon le ministère de l'Intérieur. Pour autant, les instituts de sondage prédisent la majorité aux partisans d'Emmanuel Macron - reste à savoir si elle sera relative ou absolue. Le Rassemblement national complète le podium des résultats en nombre de voix (avec un score historique de 18,68 %). Mais le grand gagnant du scrutin reste l'abstention : plus de la moitié des électeurs (52,49 %, équivalant à 25,7 millions de personnes) n'a pas pris part au vote. Un record.

10 juin

Automobile : l’industrie française dénonce un sabordage industriel

L’Europe est en train de se tirer une balle dans le pied. C’est ce que martèle ces dernières heures Luc Chatel, président de la Plateforme Automobile, suite au vote par les eurodéputés de l’interdiction de vendre des voitures thermiques neuves à partir de 2035. « L’interdiction du thermique, c’est un grand saut dans le vide et un sabordage industriel », assure le patron de cette organisation rassemblant les industriels français de l’automobile, un secteur qui emploie 400 000 salariés dans l’Hexagone. « Je ne sais pas si on aura les clients », étaye-t-il sur BFM Business, arguant qu’une voiture électrique vaut moitié plus cher qu’un véhicule à motorisation thermique. Aura-t-on aussi suffisamment de bornes de recharge (il en faut selon lui un million, contre 60 000 aujourd’hui en France) et d’électricité pour faire rouler la nouvelle flotte européenne ? Et les eurodéputés ont-ils bien mesuré l’impact environnemental global du tout électrique ? Luc Chatel en doute et invite les gouvernants à aller au-delà de l’émission de CO2 à la sortie des pots d’échappement, en prenant en compte l’impact environnemental lié à la fabrication des batteries électriques et à la production d’électricité. Sur le plan économique, il estime que cette décision, si elle est confirmée par le Conseil de l’UE, ouvrirait « un boulevard à l’industrie chinoise ».
A lire : 5 choses à savoir sur le vote européen en faveur de la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035

L'éolien marin français souffle le chaud et le froid 

C'est une première en France : un champ éolien marin vient de produire de l’électricité. Ce champ situé au large de Saint-Nazaire n’est pourtant pas encore terminé. EDF a posé en avril la première des 80 éoliennes offshore, qui culminent à 180 mètres de hauteur. La dernière doit être posée en octobre. En fin d’année, le champ sera en mesure de produire 480 mégawatts, soit la consommation de 700 000 habitants.
Mais la jeune vie de l'éolien marin tricolore n'est décidément pas un long fleuve tranquille. Le Comité départemental des pêches du Calvados vient de déposer une plainte contre X, visant le champ normand de Courseulles-sur-Mer. Les professionnels de la pêche contestent les conditions d’attribution du marché, remporté en 2012 par Eolien Maritime France. 
A lire : Une première éolienne en mer implantée au large du Croisic pour EDF

Le défi RH des entreprises du nucléaire 

Si l’éolien offshore est un chantier qui démarre, celui du nucléaire est un chantier qui repart. Emmanuel Macron a dessiné en février dernier les contours d’un gigantesque plan de relance du nucléaire, avec la construction d’ici à 2035 de six EPR de deuxième génération. Un défi technique, mais surtout humain pour les sous-traitants de la filière nucléaire française. Celle-ci peine à se doter des compétences nécessaires. 
A lire : Les sous-traitants du Grand Est sont-ils prêts pour la relance du nucléaire ?

Le coup de mou du bio

Le bio marque le pas en France. En 2021, ce marché qui pèse 13 milliards d’euros a reculé de 1,4%, assure l’Agence Bio. Il s’agit du premier coup d’arrêt du bio depuis huit ans. Il représente 6,6% des achats alimentaires des Français.  Les ventes sont en recul dans les grandes et moyennes surfaces (qui assurent la moitié du chiffre d’affaires du bio) ainsi que dans les magasins spécialisés. Ces baisses ne sont pas compensées par la croissance des ventes directes, de l’artisanat et de la restauration hors domicile.

Un tiers des chefs d’entreprise favorables au télétravail depuis l’étranger 

Le Covid a fait changer en profondeur les mentalités dans les entreprises. Une nouvelle étude vient le démontrer. Un tiers des chefs d’entreprise estiment qu’il est possible d’organiser le télétravail depuis l’étranger. C’est ce que révèle un sondage mené par Opinionway, auprès de 400 dirigeants d’entreprise français, pour le compte de la start-up Remoters. 14% des dirigeants interrogés assurent même avoir expérimenté un télétravail de longue distance. Pour les patrons français, il s’agit avant tout de répondre aux aspirations de leurs salariés, de les motiver et de les fidéliser. Pas de délocaliser pour faire des économies. C’est ce que pointait du doigt un autre étude publiée l’an passé, qui estime que la France peut faire l’objet d’une vague de délocalisations virtuelles, avec des recrutements de télétravailleurs dans les pays low-cost. 

Forte croissance des transactions de fonds de commerce 

Après des années de déclin, les cessions de fonds de commerce se sont subitement redressées en 2021 en France, selon une étude d’Altares. Celle-ci ressence près de 28 000 transactions, soit 9% de plus qu’en 2020. Mais la crise du coronavirus a quelque peu bouleversé les dynamiques habituelles du marché. Au niveau sectoriel, l’hôtellerie-restauration est le seul domaine d’activité en déclin avec un nombre de transaction en recul de 23 % par rapport à 2019. Au niveau des territoires, de fortes disparités persitent. Les cessions de fonds de commerce sont à la peine en Île-de-France et dans le Grand Est. Elles sont, au contraire, reparties très fort dans les Pays de la Loire.
A lire : Les transmissions de fonds de commerce sont reparties de l'avant en 2021

Le cognac sort de l’ornière 

Produit hautement courtisé aux États-Unis et en Asie, le cognac l’est un peu moins en France. En misant sur l’œnotourisme, une image dépoussiérée et une viticulture durable, nombre de maisons en Nouvelle-Aquitaine ont pour ambition de remettre cette eau-de-vie sous le feu des projecteurs.
A lire : Le renouveau du cognac passe par la conquête du marché français

9 juin

📍 Le début de la fin pour les créations d'emploi ?

Faut-il y voir une première confirmation du pressentiment de l'Unédic ? L'emploi salarié semble en tout cas en perte de vitesse. Au premier trimestre, le secteur privé a, certes, encore réussi à créer 69 500 postes (+0,3 %), selon l'Insee. C'est 3 400 de plus qu'annoncé dans son estimation initiale de mai. Sauf que cette amélioration ne concerne que les services marchands. Tout le reste de l'économie a fait moins bien que prévu. En particulier, la chute de l'intérim (sa première en deux ans) s'est avérée plus forte (-1,7 %, soit 13 800 emplois disparus au total), l'industrie est passée dans le rouge (-0,1 %) et la construction a tout juste sauvé les meubles (+0,1 %). A noter, par ailleurs, que l'institut intègre, pour la première fois, à cette série statistique les effectifs en apprentissage. Et, vu le boom récent de l'alternance, c'est loin d'être anodin : "Cette révision conduit à comptabiliser 240 000 créations d’emplois supplémentaires entre fin 2019 et fin 2021", explique l'Insee. Sur les douze derniers mois en particulier, les contrats d'apprentis représentent, à eux seuls, "près d'un tiers" des 750 500 nouveaux postes apparus sur la période !

L'investissement des entreprises, vain pour la croissance

Décidément, c'est la saison des prévisions. Après les sombres perspectives internationales et européennes, apportées, cette semaine, par la Banque mondiale et l'OCDE, c'était au tour de l'OFCE, aujourd'hui, d'y aller de ses propres prédictions, mais pour la seule économie française, cette fois. Peu importe, le constat reste le même (croissance en berne, inflation en forme). A ceci près que l'observatoire s'inquiète aussi pour l'investissement des entreprises et le pouvoir d'achat des ménages.

Les hausses de salaires plus fortes que celles des prix

Sur la baisse du pouvoir d'achat, circulez, il n'y a rien à voir ! En France, depuis le début de la crise du coronavirus, le salaire moyen a augmenté aussi vite, voire plus, que les prix à la consommation. Ce constat, dressé par l'Urssaf, a de quoi surprendre, en ces temps d'inflation galopante (voir ci-après) et de revendications sociales. Et pourtant, les chiffres sont là. Sauf qu'ils cachent une réalité très variée et une tendance plutôt récente.

L'inflation forte jusqu'en 2024

Finalement, le retour à la "normale" de l'inflation n'interviendra pas avant... 2024. C'est seulement à cette date que la hausse annuelle des prix reviendrait à 2,1 %, ce qui correspond à la cible habituelle de la Banque centrale européenne. D'ici là, la BCE anticipe une envolée de +6,8 % cette année en zone euro (soit 1,7 point de plus que prévu il y a trois mois), couplée à une croissance de +2,8 % (chiffre abaissé de 0,9 point). En 2023, l'inflation refluerait à +3,5 %. Ces perspectives sont un peu plus optimistes que celles de l'OCDE et la Banque mondiale. La BCE le justifie par, pêle-mêle, "le tassement des coûts de l’énergie, l’atténuation des perturbations de l’offre liées à la pandémie et la normalisation de la politique monétaire", ainsi que "la réouverture en cours de l’économie, la vigueur du marché du travail, le soutien budgétaire et l’épargne accumulée" pendant la crise du Covid-19.

Le Parlement européen à deux vitesses sur la neutralité carbone

Grosse journée sous le signe de l'environnement, hier, au Parlement européen, réuni en session plénière à Strasbourg. Appelés à se prononcer sur plusieurs mesures du paquet "Ajustement à l'objectif 55 pour 2030" proposé par la Commission européenne, les eurodéputés se sont exprimé en faveur de l'arrêt de la commercialisation des voitures particulières et des véhicules utilitaires légers neufs à moteur thermique en 2035. Un vote "historique" qui a fait oublier l'échec, quelques heures auparavant, de l'adoption de deux autres mesures cruciales pour atteindre l'ambition de l'UE de neutralité carbone en 2050 : la modification du marché du carbone européen et la mise en place d'une taxe carbone aux frontières de l'UE.
A lire : 5 choses à savoir sur le vote européen en faveur de la fin des ventes de voitures thermiques neuves en 2035

Industrie : l'Alsace va carburer au lithium

C'est un métal rare qui va le devenir un peu moins en France. Du lithium, utilisé dans les batteries électriques, sortira bientôt d'une raffinerie flambant neuve, localisée en Alsace. C'est du moins l'ambition, présentée cette semaine, par la jeune entreprise Viridian. Elle prévoit d'investir jusqu'à 165 millions d'euros pour mener à bien ce projet industriel.
A lire : Viridian va produire du lithium à l’échelle industrielle pour alimenter les batteries européennes

8 juin

📍 La croissance mondiale en danger

L'économie mondiale avance désormais en eaux troubles. Deux organisations internationales viennent de réviser, coup sur coup, leurs prévisions économiques pour 2022. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elles ne sont pas reluisantes, et encore moins réjouissantes : pour la Banque mondiale, comme pour l'OCDE, la "stagflation" est à nos portes. Et elle s'annonce pire que dans les années 1970.

Le vrai-faux redressement du déficit commercial

Maigre lueur d'espoir pour les échanges extérieurs de la France. En avril, et pour la première fois de l'année, le déficit a légèrement reculé pour s'établir à -12,2 milliards d'euros, selon les douanes. Un résultat dû à l'amélioration des exportations pour la deuxième fois consécutive (+0,7 milliards d'euros, soit une hausse d'1,5 % en un mois), tandis que les importations ont marqué le pas (+0,5 %, équivalent à un surplus de 0,3 Md€)... mais, elles, enregistrent une 7e augmentation de suite. Résultat, au-delà de cette éclaircie d'avril, la situation reste catastrophique : le solde tricolore atteint son plus bas niveau historique sur les trois derniers mois (-12,4 Md€ en moyenne), comme sur les douze précédents (-106,6 Md€ en cumulé).

Pour l'emploi aussi, la fête est finie

La dynamique de l'emploi bien partie pour s'essouffler, elle aussi. L'Unédic ne s'attend plus, en France, qu'à 79 000 créations nettes en 2022. C'est 20 % de moins que ce qu'elle espérait en février. Et encore, ces postes ont, pour l'essentiel, déjà vu le jour, puisque le premier trimestre affiche un solde positif de 66 000 emplois ! Pour autant, et c'est une bonne nouvelle, l'organisme persiste et signe : l'assurance chômage devrait finir l'année en excédent pour la première fois depuis 2008 (+2,5 milliards d'euros, chiffre paradoxalement revu, lui, à la hausse). Insuffisant toutefois pour éponger la dette du régime, creusée par le Covid-19 : fin 2022, elle devrait atteindre 61,1 Md€. A noter que l'Unédic table sur une progression du PIB de 2,4 % cette année. Mais "une large partie résulterait de l’acquis de croissance produit par le fort rebond de la fin 2021". Et pour cause : "l’effet de rattrapage [post-coronavirus] est déjà terminé".

RH : les codes du recrutement ont changé

Les entreprises ne sont pas restées les bras ballants face à leurs difficultés de recrutement. Bien au contraire : la conjoncture sur le marché de l'emploi cadre les a poussées à changer leurs pratiques, pour augmenter leurs chances de trouver la perle rare, selon une enquête de l'Apec. Plus "offensifs" et plus connectés, les recruteurs ont aussi dû se montrer plus flexibles... et moins regardants.
A lire : Comment les employeurs s’adaptent aux difficultés de recrutement

Le Covid-19 (et les restrictions sanitaires) en embuscade

Les restrictions sanitaires n'ont pas dit leur dernier mot. Le gouvernement souhaite prolonger, au-delà du 31 juillet, la boîte à outils contre le coronavirus, mise en place en novembre dernier. Un texte sera présenté en ce sens dès le 22 juin, après les élections législatives donc, a indiqué Olivia Grégoire, la porte-parole du gouvernement, ce midi. Il ne s'agira pas de « prolonger l'ensemble des dispositifs de crise existants, a-t-elle tenté de rassurer. On n'est pas là sur le passe vaccinal ou l'état d'urgence [sanitaire]. Ce qui nous importe, c'est de nous assurer qu'on est en mesure d'intervenir, (...) si la situation (...) était  amenée à évoluer voire dégénérer ». D'autant que l'épidémie connaît un « léger retournement de tendance », a rappelé Olivia Grégoire, avec un rebond des contaminations depuis fin mai. D'où la « vigilance » actuelle de l'exécutif, qui rappelle l'importance de la vaccination et des gestes barrières.

7 juin

📍 Carburants : les prix repartent en dérapage incontrôlé

Les prix du carburant reprennent leur course folle en avant. En particulier l'essence : en moyenne hebdomadaire, au 3 juin, le litre de sans plomb 95 valait 2,1012 euros à la pompe (+7 % en une semaine), et 2,1651 € pour le SP98, selon les relevés du ministère de la Transition écologique, parus aujourd'hui. Records historiques battus dans les deux cas : les précédents remontaient au 11 mars, avant donc la "remise carburant"... censée avoir fait baisser les prix de 18 centimes ! Le diesel, à 1,9615 €, remonte lui aussi (+7,3 %). Mais l'augmentation la plus vertigineuse revient au GNR : 15 centimes pris en seulement sept jours (soit +11,1 %), pour atteindre son plus haut niveau en deux mois (à 1,5138 €). Hasard du calendrier ? Ce boom des prix coïncide avec l'officialisation de l'embargo européen sur le pétrole russe.

Le gouvernement affûte sa riposte contre l'inflation...

Quelle parade à cette flambée interminable des prix ? En attendant le verdict des élections législatives, la Première ministre a tenté de donner un peu de grain à moudre sur les projets de son gouvernement. Au programme : des aides supplémentaires pour soulager les travailleurs de leurs frais de carburant, et alléger les ménages les plus modestes de leurs dépenses d'alimentation.

... le patronat monte au créneau contre les hausses de salaires...

Il n'y a pas que le gouvernement qui planche sur la question de l'inflation en ce moment. La CPME y est aussi allée de ses idées aujourd'hui. Avec une constante, en guise d'obsession : réussir à préserver le pouvoir d'achat des travailleurs, mais sans jamais augmenter leurs salaires.
A lire : Les 6 recettes de la CPME pour améliorer le pouvoir d’achat des salariés sans pénaliser les entreprises

... et l'administration ouvre l'oeil contre les prix abusifs

Gare aux profiteurs de crise ! La Répression des fraudes va être mobilisée pour contrôler l'origine de la hausse de certains prix, a prévenu la Première ministre Elisabeth Borne, toujours sur France Bleu, ce midi. Pour «certains produits, on comprend moins bien» les augmentations actuelles, a-t-elle reconnu. L'idée du gouvernement est donc de s'assurer que des personnes, «de façon opportuniste, ne profitent pas de cet environnement général d'inflation pour aussi augmenter leurs prix». Une manière de répondre également à Jean-Luc Mélenchon. Vendredi dernier, sur France Info, le patron de la France insoumise et de la Nupes avait notamment expliqué, à partir de l'exemple des pâtes produites avec le blé de la moisson 2021, que «s'il y a de l'inflation, c'est parce qu'il y a de la spéculation».

Les PGE prolongés... pour les agriculteurs uniquement

L'Etat déjà de retour au chevet des agriculteurs. Après le gel d'avril et la sécheresse de mai, de nombreuses fermes ont été victimes, cette fois, des violents orages de ce premier week-end de juin. En réponse, leur nouveau ministre Marc Fesneau, en déplacement, hier, dans le Sud-Ouest, leur a promis allègement de charges sociales, défiscalisation de la taxe sur le foncier non-bâti et rallonge de 300 millions d'euros pour leur future assurance-récolte, en vigueur au 1er janvier prochain. Autre geste à l'étude, pourtant refusée jusqu'ici à d'autres professions : la prolongation des prêts garantis par l'Etat (PGE) « dans la durée, car on va avoir, dans ses exploitations, des pertes de recettes », a-t-il expliqué, selon des propos rapportés par France Bleu. Plus prudent, sur Twitter, le même Marc Fesneau se contente d'indiquer "travailler sur les PGE, pour accorder aux agriculteurs une trésorerie suffisante face aux charges qui leur incombent".

4 juin

📍 Pouvoir d'achat, transition énergétique... Emmanuel Macron fixe son cap

La remise carburant maintenue pour quelques semaines de plus. Ce rabais de 18 centimes par litre d'essence était censé expirer au 31 juillet. Interrogé par la presse quotidienne régionale sur son éventuelle prolongation pour les "aoûtiens", Emmanuel Macron a répondu clairement : «Oui. Il faut qu’il y ait une visibilité pour nos compatriotes. Je vous la donne. » Dans cette interview publiée vendredi soir, le chef de l'Etat décline également son agenda de l'été (loi pouvoir d'achat, « texte de simplification et d’urgence pour (...) faciliter les projets d’énergie », réforme de Pôle Emploi...), ainsi que sa nouvelle méthode. Il entend ainsi s'appuyer sur un « Conseil national de la refondation, avec les forces politiques, économiques, sociales, associatives, des élus des territoires et de citoyens tirés au sort », pour avancer sur ses « cinq objectifs » de la campagne présidentielle : « l’indépendance (industrielle, militaire, alimentaire…), le plein-emploi, la neutralité carbone, les services publics pour l’égalité des chances et la renaissance démocratique ». La réforme des retraites, elle, devrait entrer « en vigueur dès l’été 2023 », selon ce calendrier.

3 juin

📍 L'économie à deux vitesses, le retour

Services à la fête, industrie à la peine. Pour la France, la crise russo-ukrainienne est de plus en plus le miroir inversé de la pandémie de Covid-19. Libérée des contraintes sanitaires, l'activité dans le tertiaire en général, le tourisme et l'événementiel en particulier, a ainsi connu "une forte expansion" en mai, selon S&P Global. Mais, dans le même temps, "une conjoncture défavorable dans le secteur manufacturier a entravé la production des fabricants", confrontés à de "nombreux vents contraires". Le cabinet en conclut donc à "l’émergence d’une économie à deux vitesses". Mais la situation pourrait vite tourner au vinaigre, prévient l'étude : l'effet de rattrapage post-coronavirus "finira tôt ou tard par s’atténuer", tandis que "la forte inflation des prix facturés - qui a atteint, en mai, un nouveau sommet historique - [constitue] une menace considérable pour la demande de service".

Le redressement industriel à l'arrêt

Preuve des difficultés actuelles dans les usines, la production industrielle apparaît de plus en plus grippée. En avril, elle a enregistré sa troisième baisse consécutive en France (-0,1 % en un mois), un repli surtout concentré sur les activités manufacturières (-0,4 % à elles seules), selon l'Insee. La chute est particulièrement rude dans la chimie (-4,5 %), le textile-habillement (-3,9 %), les machines et équipements (-2,8 %) et l'agroalimentaire (-2 %). Si, à l'inverse, la pharmacie brille (+11,5 %), le redressement des transports (+5,1 %) est, lui, en trompe-l'oeil : la production du secteur sur les trois derniers mois recule de 3,1 % par rapport à la même période de 2021... et même -16,5 % pour l'automobile, "lourdement affectée par les difficultés d'approvisionnement en semi-conducteurs et autres intrants".

Agroalimentaire : les prix mondiaux peinent à décroître...

Les prix alimentaires restent sous pression. En mai, au niveau mondial, ils ont, certes, reculé de 0,6 % sur un mois, selon la FAO - deuxième baisse consécutive, après le pic historique enregistré en mars. Mais les céréales continuent, eux, de s'envoler (+2,2 %, d'où un bond de 29,7 % sur un an) et la viande signe un nouveau pic historique (+0,5 % depuis avril). Dans les deux cas, la guerre en Ukraine et ses conséquences (récoltes de blé compromises, approvisionnement en volailles perturbé) soutiennent cette inflation. Et il est "probable" qu'elle dure, en ce qui concerne les céréales : "Le resserrement de l’offre (production 2022 attendue en baisse de 0,6 %) et les incertitudes du marché (...), ainsi que la hausse des prix de l’énergie et des intrants, maintiendront [leurs] prix mondiaux à des niveaux élevés, au moins durant la première moitié de la campagne 2022-2023", prévient déjà l'organisme de l'ONU. 

... mais l'inflation arrive à exploser en France

La tendance est beaucoup plus claire dans l'Hexagone : en avril, les prix agricoles à la production, mesurés par l'Insee, ont tout simplement signé une progression historique de 30,8 % sur un an. Record de mars déjà battu. Pis, cette hausse atteint des proportions faramineuses invraisemblables dans la culture d'oléagineux (+96,4 %), les oeufs (+95,6 %) et même les céréales (+75,5 %) ! Sur la période, seuls les prix de production des fruits frais se contractent (-6,5 %).

Pendant ce temps-là, la grogne monte sur les salaires

Les travailleurs ne veulent pas être les seuls à payer les pots cassés de l'inflation. Déjà d'actualité avant la crise russo-ukrainienne, la question des revalorisations salariales fait un retour remarqué en ce moment. Aujourd'hui, dans un communiqué commun, cinq syndicats des transports (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT et FO) demandent ainsi "la réouverture sans condition de véritables NAO" (négociations annuelles obligatoires). En attendant, ils appellent à la grève pour le 27 juin, contre "la politique de l’autruche" des patrons, face "à une inflation galopante et exponentielle", "une forte pénurie de salariés" et un pouvoir d’achat "qui fond comme neige au soleil". Hier, ce sont les syndicats de l'énergie (électricité et gaz) qui ont lancé un mouvement similaire, mais reconductible. Avec, à la clé, des coupures de courant autour de Béthune (Pas-de-Calais) et à Angers (Maine-et-Loire). Enfin, la question des rémunérations, et de leur niveau par rapport au Smic, s'est aussi invitée, ce vendredi, à l'assemblée générale du groupe Carrefour, à l'initiative de la CFDT et la CGT.

Pétrole russe : le compte-à-rebours est lancé

Le dernier-né des paquets de sanctions contre la Russie aura accouché dans la douleur. Après un mois d'âpres négociations internes, l'Union européenne a enfin publié cet après-midi, dans son Journal officiel, les détails de ses nouvelles actions en représailles à l'agression de l'Ukraine. Mesure phare : l'embargo sur le pétrole russe. Il sera à la fois partiel (interdiction des livraisons par la mer uniquement, ce qui représente tout de même 90 % des importations de l'UE, fait valoir Bruxelles) et progressif (périodes de transition de 6 mois pour le brut, 8 pour les produits raffinés), avec des exemptions (pour la Bulgarie, la Croatie ou les pays fournis par oléoduc, comme la Hongrie). S'y ajoutent de nouvelles interdictions sur les exportations (principalement de produits chimiques) et la fourniture de services aux gouvernement et entreprises russes sous sanctions (comptabilité, audit, conseil, relations publiques...). La liste des sociétés visées est, par ailleurs, élargie à des acteurs des secteurs militaire, industriel et informatique.

Télécoms : la 5G par l'exemple

Maintenant que la 5G est branchée, il faudrait penser à s'en servir... Oui, mais comment, et pour quoi faire ? C'est bien là toute la question pour les entreprises françaises, encore peu nombreuses à s'être converties à cette technologie. D'autres ont franchi le pas depuis un moment et témoignent, aujourd'hui, de ce qu'a vraiment changé la 5G dans leur société.
A lire : Ces industriels qui cherchent à révolutionner leurs usines avec la 5G

2 juin

📍 Embargo sur le pétrole russe : le coup de la panne ?

Y aura-t-il de l’essence cet été ? A la veille de l'officialisation de l'embargo européen sur le pétrole russe, la ministre de la Transition énergétique a quelque peu louvoyé à cette question posée par les journalistes de France Info. Sans répondre franchement oui, Agnès Pannier-Runacher a mis en avant les stocks stratégiques de la France (“pas remplis entièrement”, de son propre aveu), ainsi que l'implication du groupe TotalEnergies et de l’ensemble des acteurs engagés dans la filière. “Nous remplaçons au fil de l'eau [le pétrole russe], a-t-elle fini par expliquer : on n'a pas vocation à diminuer brutalement [ces] importations, mais à diversifier leur origine.” L'embargo prévoit d'ailleurs une période transitoire de six à huit mois. Mais le patron de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) avait jeté le trouble, cette semaine : dans une interview en Allemagne, il avait mis en garde contre “des pénuries, par exemple de diesel, d'essence ou de kérosène, en particulier en Europe” pendant l’été.

La voiture électrique à 100 euros au point mort

Pas facile de tenir ses promesses. Déjà à la peine pour définir les contours de son "chèque alimentaire", évoqué depuis deux ans, le gouvernement semble, à présent, patiner aussi pour arrêter les détails de sa location de voitures électriques à 100 euros par mois. L'idée, apparue pendant la campagne présidentielle, ne verra « probablement pas » le jour avant le mois de septembre au moins, a prévenu la ministre de la Transition énergétique Agnès Pannier-Runacher, ce matin, sur France Info. Seule certitude : ce leasing subventionné s'adressera en priorité à « ceux pour qui le véhicule est un outil de travail », comme les infirmières libérales, « et ceux qui n'ont pas les moyens » d'acheter sur leurs fonds propres une voiture de ce type. Outre la question du financement, ce projet bute aussi sur un problème de disponibilité des véhicules électriques, en pleine pénurie de semi-conducteurs dans l'automobile, a reconnu la ministre.

Commerce : une reprise si fragile

Les magasins coincés entre le marteau et l'enclume de l'inflation. L'Alliance du commerce appelle l'Etat à mener "une politique volontariste de soutien du pouvoir d’achat des Français", afin de maintenir la consommation à flot. D'autant que les entreprises subissent, dans le même temps, "une pression croissante sur [leurs] marges", sous l'effet de la hausse de leurs "coûts de production, de transport, mais aussi les dépenses d’énergie dans les magasins"... qui plus est "à l’heure où les enseignes doivent rembourser leurs prêts garantis par l’Etat et investir massivement dans leur transformation". Pour autant, le mois de mai s'est plutôt bien passé dans les 50 chaînes d'habillement, suivies par l'Alliance : les ventes y ont été 11,5 % supérieures à leur niveau d'avant-coronavirus, en dépit d'une fréquentation des boutiques en repli de 3,5 %.

Le pari de la parité à la French Tech

Les champions du numérique français veulent conjuguer leurs effectifs au féminin. Dans une initiative inédite, près de 70 entreprises de la French Tech ont décidé d'agir pour plus de parité au travail. Un engagement sociétal qui répond aussi à un impératif économique : trouver de la main-d'oeuvre dans un secteur qui en a cruellement besoin.
A lire : Les start-up de la French Tech s'engagent pour plus de parité

Portrait-robot de la gouvernance en start-up...

Comment sont pilotées les plus grosses start-up françaises ? Une étude de l'Institut français des administrateurs, Roland Berger et France Digitale s'est penchée sur le fonctionnement de 37 d'entre elles. Principaux points noirs : le manque de diversité (20 % de femmes au conseil d'administration (CA) en moyenne, et à peine plus de profils internationaux), une fâcheuse tendance à rester auto-centrées (seuls 22 % des CA "échangent avec des parties prenantes externes") et un désintérêt manifeste pour les sujets RH et sociétaux. Côté positif, un modèle de gouvernance jugé, malgré tout, "mature" : les sujets stratégiques (offre, marché, internationalisation, financement) sont débattus en CA chez la plupart des répondants. Et un administrateur indépendant est présent dans 7 cas sur 10. De quoi "[renforcer] la prise en compte de l’intérêt social de l’entreprise, au-delà des intérêts particuliers des membres du conseil", se félicite l'enquête.

... et palmarès des dirigeants les plus en vue

Dans les start-up, il n'y a pas que la gouvernance, et le savoir-faire, qui comptent. La communication, et le faire-savoir, peuvent aussi contribuer au succès. A ce petit jeu-là, le roi de l'influence s'appelle Octave Klaba. Le président du groupe nordiste OVH a été désigné "fondateur le plus engageant" sur les réseaux sociaux, parmi ses homologues de la French Tech. Il devance Eric Larchevêque (Ledger) et Nicolas Julia (Sorare), selon ce classement établi par la société AmazingContent, à partir de l'analyse des comptes et publications en ligne des principaux dirigeants des licornes françaises (sociétés valorisées plus d'1 milliard de dollars).

Santé : Diabeloop en pleine forme

Un algorithme contre le diabète. C'est autour de ce concept que Diabeloop a développé des solutions innovantes pour faciliter la vie quotidienne des malades. Une idée visiblement porteuse : l'entreprise grenobloise vient de lever 70 millions d'euros.

1er juin

📍 L'inflation ne sera plus jamais comme avant

Il va falloir s'habituer à vivre avec une inflation forte. La hausse des prix a désormais atteint son « pic », à en croire le ministre de l'Economie, au lendemain de la première estimation du chiffre de mai (+5,2 % sur un an)... mais ce niveau élevé « va encore durer plusieurs mois », a prévenu Bruno Le Maire, ce matin, sur France Inter. Ensuite, « nous verrons une décrue progressive de l'inflation et, fin 2023, nous devrions revenir à des niveaux plus raisonnables », mais « structurellement plus élevés » qu'avant (autour de 2 % par an, contre 1,1 % en 2019). En cause : « la régionalisation de la production industrielle » (la fameuse relocalisation), ainsi que le coût de la transition énergétique. Egalement interrogé sur l'évolution du PIB français (-0,2 % en début d'année), Bruno Le Maire a indiqué « [ne pas croire] à un risque de récession ». Mais Bercy révisera quand même sa prévision de croissance au début de l'été. Actuellement, elle est encore fixée à +4 % en 2022.

Industrie : les prix font une pause (relative)...

Faut-il justement y voir un premier signe de plafonnement de l'inflation ? Dans l'industrie en tout cas, les prix de production n'ont pas bougé entre mars et avril, selon l'Insee. C'est tout simplement la première fois en un an qu'ils n'augmentent pas d'un mois sur l'autre, après avoir, il est vrai, enregistré un bond historique sur la période précédente. Autre bémol : "cette stabilité globale masque des hausses importantes pour certains produits, notamment dans l’alimentation (+3,2 % en un mois, NDLR), la chimie et la métallurgie" (+2,8 % pour la catégorie des "autres produits industriels", à laquelle ces deux dernières activités appartiennent). Ces augmentations découlent, en grande partie, de la répercussion "des hausses de coûts des matières premières et de l’énergie", ou encore des "tensions des marchés internationaux amplifiées par la grippe aviaire", dans le cas de l'agroalimentaire.
Sur le même sujet : L’inflation pousse Vinéa Énergie à changer de modèle économique

... la demande accuse le coup (et l'offre aussi)

Pause ou pas, l'envolée des prix pèse lourd sur les arbitrages des industriels. Selon le cabinet S&P Global, "le climat actuel [pousse] les fabricants à l’attentisme et [limite] ainsi les dépenses d’investissement". Pis, une partie des 400 dirigeants français, interrogés en mai, expliquent que "les fortes augmentations de prix appliquées par les entreprises manufacturières, afin de préserver leurs marges, ont dissuadé les clients de passer commande". Pour ne rien arranger, à ce ralentissement de la demande s'est ajouté un "fort allongement des délais de livraison d’intrants". Or, ces difficultés d'offre "ont de nouveau fait flamber les prix". Une lueur d'espoir quand même : les répondants ont entrevu, le mois dernier, des "signes de stabilisation, bien que très limités, sur les chaînes d’approvisionnement".

Nouvelle passe d'armes Etat-patronat sur les hausses de salaires

Il n'y a pas qu'à Roland-Garros qu'on se renvoie la balle en ce moment. La partie de ping-pong entre Bercy et le Medef, sur la question du pouvoir d'achat des salariés, s'est poursuivie par médias interposés aujourd'hui. Dans une interview au Figaro, cette fois, Bruno Le Maire a de nouveau invité les entreprises « qui ont les marges de manœuvre suffisantes [à] augmenter les salaires. Elles peuvent aussi faire baisser les prix », pour lutter contre l'inflation. En réponse, Geoffroy Roux de Bézieux est monté au filet, sur France Info, avec contre-attaque sur deux fronts : sur le coût du trajet domicile-travail, il propose « une prime défiscalisée spéciale carburant, adaptée au kilométrage des gens (...) et financée par les entreprises qui le peuvent » ; sur le logement, « grand oublié du gouvernement », il plaide pour en construire davantage, et ainsi faire retomber la pression sur les prix d'achat et de location. Quant aux salaires à proprement parler, « les entreprises ont joué le jeu », a assuré le président du Medef.

Apprentissage qui rit, professionnalisation qui pleure

Mais jusqu'où ira le boom de l'apprentissage ? Le nombre de personnes en poste sous ce régime a encore atteint un niveau record à la fin du premier trimestre, selon le dernier comptage du ministère du Travail. Un succès exceptionnel qui tranche toutefois avec le déclin accéléré des contrats de professionnalisation.

Un an de crise dans l'automobile

Le plongeon sans fin du marché auto franchit un cap symbolique. En mai, les ventes ont enregistré leur douzième baisse mensuelle consécutive (-10,1 % sur un an, soit 126 813 véhicules écoulés), selon la Plateforme automobile. Par rapport à 2019, la chute est encore plus impressionnante (-34,6 %). L'industrie traîne toujours comme un boulet la pénurie de matériaux électroniques, qui oblige les usines à ralentir, voire stopper, leur production.

31 mai

La barre des 5 % d'inflation franchie en mai

Après +4,8 % en avril, l'inflation a atteint +5,2 % sur un an au mois de mai en France, selon une estimation publiée par l'Insee le 31 mai. Cette barre des 5 % n'avait pas été franchie depuis septembre 1985. L'institut statistique relève une hausse des prix dans tous les postes de consommation, et notamment dans l'énergie (+28 % sur un an) et l'alimentation (+4,2 %).

Le PIB finalement en repli au premier trimestre

Contrairement à la prévision d'une croissance à 0,0 %, le produit intérieur brut français s'est contracté de 0,2 % au premier trimestre 2022, a annoncé l'Insee le 31 mai. Cette baisse est liée à la faiblesse de la consommation des ménages (–1,5 %), notamment en matériels de transport (–2,3 %), en autres biens manufacturés (–2,1 %) et dans l’hébergement-restauration (–3,9 %), analyse l'institut statistique.

La France toujours leader des investissements étrangers en Europe

La France fait cette année encore la course en tête du baromètre EY de l'attractivité en Europe. Avec 1 222 projets annoncés en 2021 (+24 % par rapport à 2020) selon les chiffres du cabinet de conseil, elle reste pour la troisième année consécutive la première destination des investissements directs étrangers sur le Vieux continent, creusant l’écart avec le Royaume-Uni (993 projets, +2 %) et l’Allemagne (841 projets, -10 %). L’Île-de-France conserve la tête des régions les plus attractives avec 291 projets d'investissements étrangers recensés en 2021, devant l’Auvergne-Rhône-Alpes (146) et le Grand Est (109).

Une aide pour les PME exposantes dans les foires et salons

Pour aider le secteur de l'événementiel à repartir suite à la crise du Covid, le gouvernement donne un coup de pouce financier aux PME qui exposent dans des salons professionnels. Un décret liste 79 foires et salons éligibles à ce dispositif.
A lire : Attractivité des salons : ces événements pour lesquels les PME exposantes peuvent bénéficier d'une aide

30 mai

Pas de "rattrapage" sur les prix de l'énergie

A l'occasion d'un point le 30 mai sur le "bouclier énergétique" mis en place par le gouvernement pour amoindrir les effets de la crise sur les marchés de l'énergie, le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a annoncé qu'il n'y aurait "aucun rattrapage" sur la facture d'éléctricité des consommateurs en 2023 même si les prix de l'électricité continuent d'augmenter. Par ailleurs, le plafonnement du prix de l'électricité "sera maintenu tout au long de l'année 2022", a-t-il répété. Ce gel s'applique également aux prix du gaz.

Contrôle fiscal en entreprise : les bonnes pratiques

Chaque année, environ une entreprise sur quinze est contrôlée par l’administration fiscale. Événement normal dans la vie d’une entreprise, le contrôle fiscal n’en demeure pas moins une épreuve redoutée par les dirigeants. Voici quelques bonnes pratiques à adopter pour l’aborder le plus sereinement possible.
A lire : Comment faire face à un contrôle fiscal ?

Groupe Pilote booste sa production de camping-cars

Le fabricant de camping-car Pilote modernise son outil de production pour être en mesure de produire jusqu’à 12 000 véhicules par an à compter de 2024. Une montée en cadence permise par l'investissement de 20 millions d'euros sur son site historique de La Limouzinière (Loire-Atlantique) et dans ses usines du Maine-et-Loire et d'Allemagne.
A lire : Porté par le marché, Groupe Pilote s'équipe pour produire plus de camping-cars en 2024

25 mai

Petite hausse du chômage de catégorie A en avril

Le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A (sans activité) accuse une légère hausse de +0,3% en France (hors Mayotte) en avril 2022, s'établissant à 3,18 millions de personnes, soit 9300 demandeurs d'emploi en plus par rapport à mars, selon les chiffres de la Dares (ministère du Travail). En ajoutant les catégories B et C (personnes ayant eu une activité réduite), le nombre de demandeurs d'emploi en France (hors Mayotte) est cette fois en baisse de 0,7% par rapport à mars (5,46 millions de personnes).

Chute de 20% des ventes de logements neufs au 1er trimestre

Les ventes totales de logements neufs au 1er trimestre 2022 sont en baisse de plus de 20 %, comparées à celles de la même période en 2021, selon l'observatoire de la Fédération des promoteurs immobiliers (FPI). "Conséquence des refus de permis toujours plus nombreux et de la hausse des coûts de construction qui impacte l’équilibre financier des opérations, le nombre de logements neufs mis en vente chute de 30,5 % par rapport au 1er trimestre 2021", écrit l'organisation professionnelle.

La confiance des ménages en légère baisse en mai

"La confiance des ménages continue de diminuer en mai" bien que "moins fortement qu'en mars et avril", rapporte l’Insee dans son enquête mensuelle de conjoncture. L’indicateur de confiance se chiffre à 86, un faible score comparé à sa moyenne de longue période (de 1987 à fin 2021), qui se situe à un niveau 100. En mai 2022, la part des ménages qui considèrent que le niveau de vie en France va s’améliorer au cours des 12 prochains mois recule notamment. En revanche, les craintes liées l’évolution du chômage s’atténuent.

Le mirage de la transformation numérique des entreprises

Une étude menée par l’école de commerce EM Normandie pointe le retard pris par les entreprises dans leur transformation numérique. Pourtant, l’utilisation d’outils d’analyse de données et de gestion de projets pourrait être très profitable au développement des entreprises. Mathilde Aubry, professeure associée en économie à l’EM Normandie, explique les enseignements de cette étude et les enjeux d’une transformation digitale réussie.

A lire, notre interview : "Il n'y a pas encore de véritable transformation numérique dans les entreprises"

Pure Salmon investit dans le saumon en Gironde

Le singapourien Pure Salmon Group a choisi le terminal du Verdon, en Gironde, pour implanter sa toute première ferme aquacole de saumons en France. Il investira 275 millions d'euros sur ce site classé "clés en main" par le gouvernement.

A lire : Pure Salmon investit 275 millions d'euros pour ses saumons "made in" Gironde

24 mai

Les aides à l’apprentissage seront prolongées

Mises en place à l’été 2020, elles devaient s’arrêter à la fin du mois de juin. Les aides à l’apprentissage seront finalement prolongées, a assuré le nouveau ministre du Travail Olivier Dussopt au micro de RTL. Au moins jusqu’à la fin de l’année. Ces aides permettent à l’entreprise de toucher 5 000 euros (si l’apprenti est mineur) ou 8 000 euros (s’il est majeur) pour la signature d’un nouveau contrat d’apprentissage. Elles ont eu un franc succès, les entreprises ayant récupéré 4 milliards d’euros grâce à ces aides qui ont contribué à fortement développer l’apprentissage. L’an passé, les entreprises françaises ont recruté 718 000 apprentis, 36% de plus qu’en 2020. Olivier Dussopt compte porter ce nombre à un million.

Record de ventes de voitures électriques 

Dans un marché automobile en berne, les ventes de véhicules électriques sont au beau fixe. 6,6 millions de véhicules électriques ont été vendus dans le monde en 2021, soit deux fois plus qu’en 2021, selon l’Agence internationale de l'énergie. Pesant 10% des ventes de voitures neuves, les voitures électriques continuent sur leur lancée cette année. Au premier trimestre, il s’en est vendu 2 millions, soit 75% de plus qu’au premier trimestre l’an passé. Attention toutefois, prévient l’Agence internationale de l'énergie : les tensions sur des matériaux comme le lithum, exacerbées par la guerre en Ukraine, pourraient créer des goulets d’étranglement sur la chaîne d’approvisionnement. 

Un prêt à taux zéro pour les TPE qui optent pour un véhicule électrique 

À partir de janvier 2023, une expérimentation de prêt à taux zéro pour l’achat d’un véhicule électrique ou hybride démarrera dans les zones à faibles émissions mobilité et pour les TPE. Sous conditions, ces entreprises pourront solliciter un prêt de 30 000 euros maximum. 
A lire : Les TPE vont pouvoir bénéficier d’un prêt à taux zéro pour l’achat d’un véhicule peu polluant

Impôt minimum sur les multinationales : Le Maire espère un accord le 17 juin

Le ministre de l’Economie Bruno Le Maire espère que l’Europe signera un accord sur la taxation minimale des entreprises le 17 juin, lors de la prochaine réunion des ministres des finances européens. Seule la Pologne empêche désormais ce projet de directive, qui nécessite d’être adoptée à l’unanimité des 27 états membres. Pour lutter contre les paradis fiscaux, le texte instaurerait une taxation de 15% minimum sur les bénéfices pour les multinationales réalisant au moins 750 millions d’euros de chiffre d’affaires. 

Le vignoble bordelais veut arracher ses vignes pour sortir de la crise 

La crise dure dans le bordelais, avec une production supérieure aux ventes. Pour sortir de l’ornière, les représentants du Conseil Interprofessionnels des Vins de Bordeaux veulent réduire la voilure en arrachant une partie du vignoble. Ils espèrent auparavant faire évoluer la législation européenne pour réussir à obtenir des aides financières. 
A lire : Le vignoble bordelais plaide pour l’arrachage de vignes
 

23 mai 

📍 Salaires : Bruno Le Maire met la pression aux entreprises 

Dossier brûlant en perspective pour le gouvernement : la préparation du projet de loi sur le pouvoir d’achat. Bruno Le Maire recevait ce lundi les représentants de plusieurs organisations patronales pour évoquer ce sujet, avec un message assez clair : « Chacun doit participer à la lutte contre l’inflation. Tout ne peut pas reposer sur les épaules de l’Etat ». Alors que le gouvernement compte prolonger son bouclier tarifaire sur le prix de l’énergie et les ristournes sur le prix des carburants, aux entreprises aussi de faire le job, tonne le patron de Bercy. Il les invite à actionner la prime Macron, qui doit prochainement tripler, et à augmenter les salaires, une question « centrale dans notre capacité à maintenir la cohésion de la nation ». 

Pas de hausse des salaires uniformes, répond le patronat

On fera ce qu’on pourra. C’est en substance ce que répondent les organisations patronales au patron Bercy. « Il n'y aura pas de hausse de salaire uniforme », prévient ainsi sur France Info François Asselin. Le président de la CPME rappelle qu’une entreprise ne pas redistribuer à ses salariés plus que ce qu’elle a gagné. Et que les temps son durs, du fait des hausses des prix des matières premières et de l’énergie. Pour davantage d’efficacité, François Asselin demande à l’Etat de baisser les charges patronales sur les heures supplémentaires et de laisser la possibilité aux entreprises d’étaler dans le temps le versement de la prime Macron. De son côté, le patron du Medef a appelé la semaine passée le gouvernement à davantage cibler son projet de loi, et en a profité pour rappeler que les entreprises jouaient déjà le jeu. Lors des négociations annuelles obligatoires, elles ont augmenté les salaires d’environ 3% en moyenne, a estimé Geoffroy Roux de Bézieux sur France Inter. Un beau geste, insuffisant toutefois face aux 5% d’inflation.

Pouvoir d'achat : le projet de loi sera adopté avant les législatives

A l’issue du premier conseil des ministres du gouvernement Borne, la porte-parole du gouvernement Olivia Grégoire a précisé le calendrier du projet de loi sur le pouvoir d’achat. Il sera adopté en conseil des ministres avant les législatives. Il sera ensuite présenté au Parlement juste après les élections.

Commande publique : les entreprises vont devoir montrer patte verte 

Précisant la loi Climat votée l'été dernier, un nouveau décret publié au début de ce mois de mai exige des acheteurs publics de mieux intégrer le développement durable lors de la passation et l’exécution de contrats. Pour décrocher des marchés publics, les entreprises fournisseuses vont devoir s’adapter à des critères environnementaux plus exigeants. 
A lire : Le verdissement de la commande publique accélère

Pimkie en quête d’un repreneur

La famille Mulliez vient d’annoncer la mise en vente de son enseigne de prêt-à-porter Pimkie. Employant 1 500 salariés, celle-ci compte 230 boutiques en France et fait face à des difficultés financières depuis plusieurs années.
A lire : L’enseigne de prêt-à-porter Pimkie mise en vente par la famille Mulliez

Lhyfe réussit son entrée en Bourse

Le producteur d’hydrogène décarboné Lhyfe annonce le succès de son introduction sur le marché boursier d’Euronext Paris. La PME de 82 salariés réalise une augmentation du capital d’un montant de 110 millions d’euros. L’entreprise nantaise projette de réaliser 200 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2026.
A lire : Lhyfe lève 110 millions d’euros en Bourse

En Auvergne-Rhône-Alpes, les entreprises du BTP bousculées par l’inflation 

« En fin d’année, on se retrouvera avec une hausse des coûts entre 5 et 10 %, peut-être plus pour les produits de la construction : quelle entreprise peut porter seule ces surcoûts, avec une rentabilité moyenne dans la filière BTP à 3 % ? ». Comme beaucoup de dirigeants d’entreprise en France, Samuel Minot, président de la Fédération du Bâtiment et des Travaux Publics (FBTP) Rhône et Métropole, s’inquiète de l’envolée des prix des matières premières et de l’énergie. Comment les entreprises du BTP font face à cette situation ? En d’Auvergne-Rhône-Alpes, Le Journal des Entreprises a mené l’enquête. 
A lire : Comment les entreprises du BTP d’Auvergne-Rhône-Alpes font face à l’envolée des prix

20 mai

📍 Nouveau gouvernement : renaissance… ou recyclage ? 

Bruno Le Maire à l’Économie, Olivier Dussopt au Travail, Marc Fesneau à l'Agriculture, Agnès Pannier-Runacher à la Transition énergétique et Amélie de Montchalin à la Transition écologique. Voici les principaux noms du nouveau gouvernement à retenir pour les entreprises. Pas de nouvelles têtes à se mettre sous la dent donc, car ces cinq ministres officiaient déjà dans le gouvernement Castex. Dans d’autres fonctions certes, mis à part pour l’indéboulonnable locataire de Bercy Bruno Le Maire. Les temps sont assurément au recyclage dans le gouvernement, comme dans l’économie. Cela tombe bien : le recyclage, c’est ni plus ni moins une forme de renaissance, nom du nouveau parti d’Emmanuel Macron…
A lire : Le Maire, Dusspot, de Montchalin… : Élisabeth Borne forme son gouvernement

Inflation : le patron de Medef ne veut plus de « quoi qu’il en coûte »

« On ne peut pas se payer collectivement un quoi qu’il en coûte en permanence ». Quelques heures avant la nomination du nouveau gouvernement, le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux met en garde, au micro de France Inter, l’exécutif sur la tentation de mettre en place des aides financières massives pour faire face à l’inflation. Dans son collimateur : le projet de loi sur le pouvoir d’achat qu’Elisabeth Borne doit présenter après les législatives. Face à l’explosion des prix, Geoffroy Roux de Bézieux en convient, il faut aider les Français, « mais le faire de façon plus ciblée ». Ainsi, plutôt que de prolonger le coup de pouce de 18 centimes sur les prix des carburants, le président du Medef défend la possibilité pour un chef d’entreprise de distribuer des « chèques essence défiscalisés » aux salariés qui doivent se déplacer en voiture pour aller travailler. 

Les créations d’entreprise reculent 

Près de 85 600 nouvelles entreprises ont vu le jour au mois d’avril, selon l’Insee. C’est 2,5% de moins qu’en mars. Les créations d’entreprises classiques (34 000 en avril) reculent de 1,2%, moins fortement que les micro-entrepreneurs (-3,4%). Sur un an la création d’entreprise demeure bien orientée en France, en croissance de 2,1%.

L’hôtellerie reprend son souffle

La levée des contraintes sanitaires fait du bien à l’hôtellerie française. En mars, le taux d’occupation des hôtels tricolores s’établit à 56%, en progression de 8 points par rapport au mois de février, selon une étude d’In Extenso. Les hôtels ayant une clientèle d’affaires et de congrès enregistrent toutefois des performances en retrait. Si les chiffres s’améliorent, les taux d’occupation demeurent inférieurs de 10% par rapport à 2019.

Bas les masques en Alsace !

La fin de l’obligation du port du masque sanitaire ne fait pas que des heureux. Le groupe allemand Dräger s’apprête à licencier l’intégralité du personnel de son usine alsacienne d’Obernai, soit 28 personnes. Cette unité de production de masques sanitaires a été lancée à l’automne 2020. Elle a nécessité 20 millions d’euros d’investissement et a employé jusqu’à 100 salariés. Mais depuis, la demande de masques s’est écroulée. 
A lire : Le fabricant de masques Dräger licencie son personnel dans son usine d’Obernai

19 mai 

📍 Le plan de l’Europe pour se passer du gaz russe

La Commission européenne vient de présenter son plan RepowerEU afin de réduire la dépendance des pays de l’union à l’égard des énergies fossiles provenant de Russie. Ce plan actionne trois leviers. Il s’agit d’abord de demander aux entreprises et ménages européens de faire des économies d’énergies, en les encourageant via des mesures fiscales. L’Europe compte ainsi réduire de 13% sa consommation d’énergie d’ici à 2030. La Commission européenne compte également diversifier ses fournisseurs énergétiques. L’Europe compte enfin mettre le paquet sur les énergies renouvelables. Solaire, hydrogène vert, pompes à chaleur, éoliennes : la commission porte de 40 à 45% son objectif d’énergies renouvelables en 2030

Santé :  Plus d’un millier de TPE et PME réunit au sein d’Enosis Santé

BioValley France (Strasbourg), Eurobiomed (Marseille) Lyonbiopôle Auvergne-Rhône-Alpes et Medicen Paris Région : quatre pôles de compétitivité spécialisés dans la santé créent Enosis Santé. Cette association a vocation à porter la voix des 1 200 membres, dont un millier de TPE et PME, des quatre pôles de compétitivité.

Ça sent bon pour Adopt’

Joli tour de table pour Adopt'. Le groupe cosmétique girondin, qui fabrique et distribue des parfums, vient de lever 26 millions d’euros pour accélérer sa croissance et augmenter sa capacité industrielle à Cestas, en Gironde.
A lire : Adopt' lève 26 millions d’euros et augmente sa production à Cestas

Sale temps pour Vallourec

Premier plan social d’envergure à gérer pour la Première ministre Elisabeth Borne. Le groupe francilien Vallourec va supprimer 2 950 de ses 17 000 postes. 320 postes concernés sont situés en France. Le fabricant de tubes ferme toutes ses usines européennes, à l’exception de son site d’Aulnoye-Aymeries (Nord).
A lire : Vallourec s’apprête à supprimer 250 postes dans le Nord

La galère, la vie sans le haut débit

Comment faire quand son entreprise n’a pas accès au haut débit ? 100% de la Bretagne devrait être reliée à la fibre en 2026. En attendant, les entreprises bretonnes, particulièrement en zone rurale, recherchent des solutions alternatives pour accéder au haut débit. Un enjeu essentiel à l’heure des logiciels de gestion en ligne et de la dématérialisation.
A lire notre enquête : Les PME bretonnes en quête de haut débit

18 mai

📍 La valorisation des PME remonte 

Le prix moyen d’acquisition d’une PME en Europe équivaut à 10,6 fois son Ebitda. C’est ce que révèle le dernier baromètre du fonds d’investissement Argos Wityu et la plateforme de gestion des opérations de M&A Epsilon Research. Cet indice mesure l’évolution de la valorisation des PME non cotées de la zone euro lors d’une prise de participation majoritaire. Sur le premier trimestre de l’année, le prix d’acquisition est remonté de 10 à 10,6 fois l’Ebitda. Cela reste en retrait par rapport aux 11,6 constatés l’an passé, mais le niveau de valorisation reste élevé, supérieur à celui qu’il était avant le déclenchement de la crise sanitaire. Si la guerre en Ukraine n’a pas d’impact pour le moment sur la valorisation des PME, elle commence à en avoir sur le nombre de transactions, qui ont baissé de 25% en mars, par rapport aux deux premiers mois de l’année. 

Des aides financières pour garder la pêche 

Pour éviter que les pêcheurs français boivent la tasse face à la hausse de leurs charges d’exploitation suite à la guerre en Ukraine, le gouvernement vient de mettre en place une aide financière. Deux décrets du 12 mai encadrent cette subvention exceptionnelle. Pour les pêcheurs, « le calcul se base sur les achats de carburant réalisés par le demandeur du 17 mars 2022 au 31 juillet 202 », précise le décret n°2022-802. De leur côté, les conchyliculteurs pourront, eux aussi, bénéficier d’un coup de pouce financier qui sera fonction des "surcoûts des dépenses d’intrants constatés entre les mois de mars et de septembre". L’instruction des demandes est confiée aux directions inter-régionales de la mer. Un arrêté ministériel doit encore préciser les conditions d’accès à ces aides, leurs montants et les conditions de versement. 

Chute des ventes de voitures neuves en Europe et en France en avril

Les ventes de voitures neuves ont chuté de 20,6 % en avril au sein de l'Union européenne, selon les chiffres de l'Association des constructeurs européens (ACEA). Avec 684 000 véhicules neufs vendus, il s'agit du plus faible mois d'avril enregistré par l'Association des constructeurs européens (ACEA) depuis 1990 (si l'on excepte l'année 2020). Le marché français s'est pour sa part effondré de 22,6 % selon l'ACEA.

La Poste veut rouler au vert 

Voilà de quoi redonner un peu de baume au cœur à l’industrie automobile : le groupe La Poste annonce qu’il va investir 600 millions d’euros pour verdir ses moyens de transport. Il va notamment faire l’acquisition de 8 000 véhicules utilitaires électriques et de 1 000 vélos cargos pour les trajets du premier et du dernier kilomètre. 

CMA CGM embarque avec Air France-KLM

Acteur mondial du transport maritime et de la logistique, CMA CGM s’associe à Air France-KLM dans un partenariat commercial de long terme dans le fret aérien. Le groupe marseillais entre au capital de la compagnie franco-néerlandaise à hauteur de 9 %.
A lire : CMA CGM fait son entrée au capital d'Air France-KLM

L'équipementier aéronautique Meggitt installe sa nouvelle usine à Avrillé

La future usine de l'équipementier aéronautique Meggitt, installé actuellement à Avrillé (Maine-et-Loire), sera construite dans le secteur de la Baratonnière, toujours à Avrillé, à horizon 2025. Le nouvel équipement de 14 500 mètres carrés nécessite un investissement d'environ 26 millions d'euros.
A lire : L'équipementier aéronautique Meggitt installe sa nouvelle usine à Avrillé

250 entreprises prêtes à vibrer au son de la musique metal 

Associer l’image de son entreprise à celle, parfois sulfureuse, du festival de metal Hellfest qui se prépare à signer son grand retour, dans le vignoble nantais, après une pause Covid. Des dizaines de PME n’ont pas hésité. Le club d’entreprises de ce festival au budget de 40 millions d’euros regroupe 250 entreprises. Partenaires, prestataires, mécènes forment un écosystème où business et créativité jouent la même partition. 
A lire : Ces entreprises dans l’antre du Hellfest

17 mai

📍 Le taux de chômage en légère baisse au 1er trimestre 2022

Le taux de chômage est quasi stable au premier trimestre 2022 à 7,3 % de la population active en France (hors Mayotte), soit 2,2 millions de personnes, contre 7,4 % au 4e trimestre 2021, selon les chiffres publiés le 17 mai par l'Insee. Cet indicateur est inférieur de 0,8 point à son niveau un an auparavant, et 0,9 point au-dessous de son niveau d'avant la crise sanitaire, soit son plus bas niveau depuis 2008, estime l'Insee.

Des jours de congés pour les règles douloureuses 

Le sujet n’est pas (encore) sur la table d’Elisabeth Borne. Mais sur celle de Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol. Le gouvernement ibérique est en effet en train d’examiner un projet de loi autorisant les congés menstruels. Les femmes souffrant de règles douloureuses ou invalidantes pourraient bénéficier, sur certificat médical, jusqu’à 5 jours de congés par mois, indiquent nos confrères de RMC. Si le projet de loi va à son terme, il s’agira d’une première en Europe. Mais pas au monde : les congés menstruels existent dans quelques pays d’Asie, à commencer par le Japon qui les a mis en place au lendemain de la Seconde guerre mondiale. Certaines entreprises françaises le proposent également à leurs salariées, comme la start-up toulousaine Louis, un fabricant de mobilier de bureau qui l'a mis en place depuis le mois de mars.

Le télétravail, c’est bon pour la productivité 

Les salariés ne profitent pas du travail à distance pour buller ou procrastiner. Au contraire, le télétravail favorise la productivité. On doit cette conclusion à un récent rapport du Conseil national de la productivité (CNP), une instance rattachée à Matignon présidée par Natacha Valla réunissant une quinzaine d’économistes. « L'accélération du recours au télétravail lié à la crise sanitaire pourrait finalement aboutir à un gain durable de productivité », assure le rapport du CNP. Un gain que les économistes ont cherché à évaluer. « L’extension du télétravail d’environ 5% à 25% de l’emploi total pourrait améliorer la productivité d’environ 9 % », estiment-ils. Attention toutefois, préviennent-ils, la productivité, ce n’est pas forcément la santé. Le travail à distance « a conduit également lors de la crise sanitaire à dégrader pour certains les conditions de travail et à aggraver les risques psycho-sociaux », même si ces derniers ont aussi être pu liés à la crise du Covid. Aux entreprises de s’adapter pour trouver la bonne formule et les bonnes pratiques managériales pour que le télétravail devienne synonyme à la fois de productivité et de santé.

La montée en puissace du recyclage

Paires de chaussures, vêtements, pots de yaourt ou fenêtres : aujourd’hui tout, ou presque, se recycle. Confortées par la hausse des prix des matières premières, de plus en plus d’entreprises, par convictions écologiques, poussées par la législation ou par calcul économique, se lancent dans le business du recyclage. Nos déchets pourraient-ils devenir le pétrole de demain ? Peut-on vraiment tout recycler et à quel prix ? Quels défis doivent relever les business du recyclage pour devenir pérennes ? 
A lire, notre enquête sur les nouveaux business du recyclage

En région : Safilin relocalise une partie de sa production de fil de lin

La production est désormais lancée au sein de la nouvelle filature que Safilin a réimplantée à Béthune (Pas-de-Calais). Une trentaine d’opérateurs a été recrutée pour produire, dès 2023, deux tonnes de fils de lin destinés à l’habillement comme aux produits pour la maison.
A lire : Safilin inaugure sa filature pour relocaliser une partie de sa production de fil de lin

Une nouvelle usine pour faire décoller Guimbal 

Sur le marché des petits hélicoptères, l’entreprise aixoise Guimbal tire son épingle du jeu. Le gain d'un marché de plus d'un million d'euros lié au ministère de la Défense amène la PME à envisager la construction d’une nouvelle usine en 2023. 
A lire : Guimbal envisage la construction d’une nouvelle usine d’hélicoptères

16 mai

Élisabeth Borne nommée Première ministre

Trois semaines après sa réélection, le président de la République Emmanuel Macron a choisi le 16 mai Élisabeth Borne comme nouvelle Première ministre et l'a chargée de former un gouvernement. L'actuelle ministre du Travail a occupé plusieurs postes au gouvernement depuis mai 2017.

La Commission européenne revoit ses prévisions de croissance à la baisse

La croissance du PIB réel devrait s’élever à 2,7 % pour 2022 dans l’Union européenne et la zone euro, contre 4,0 % prévus initialement, d’après les estimations publiées par la  Commission européenne. La croissance 2023 a, elle aussi, été revue à la baisse à 2,3 %  (-0,5% dans l’UE et - 0,4% dans la zone euro). "L'invasion de l'Ukraine par la Russie a créé de nouveaux défis, rappelle la Commission. En exerçant de nouvelles pressions à la hausse sur les cours des matières premières, pressions qui entraînent de nouvelles ruptures d'approvisionnement et accentuent l'incertitude, la guerre renforce les vents contraires (…)"

Inflation record en zone euro

"Les prix de l'énergie poussent l'inflation à des niveaux record", a indiqué la Commission européenne. Dans la zone euro, l'inflation globale a bondi à 7,5 % en avril, soit "le taux le plus élevé de l'histoire de l'union monétaire". Elle devrait atteindre 6,1 % en 2022, puis reculer à 2,7 % en 2023. Il s'agit, pour l'ensemble de l'année 2022, d'une révision à la hausse considérable comparée aux prévisions de l'hiver 2022 (3,5 %).

30 à 40 milliards d’euros pour que les entreprises se lancent dans la décarbonation

Moins d’impôts pour permettre aux entreprises de financer la décarbonation de l’économie. La transition est un enjeu pour les entreprises, y compris financier. Président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux estime qu’elle coûterait 30 à 40 milliards d’euros par an aux entreprises tricolores.
A lire : Le Medef estime à plus de 30 milliards d’euros la facture de la décarbonation pour les entreprises

Renault se désengage de Russie

Le groupe automobile français Renault a annoncé le 17 mai son désengagement de Russie, où il emploie 45 000 salariés. Le constructeur va vendre ses actifs à l'Etat russe. Dans le détail, le conseil d’administration de Renault a approuvé un accord pour céder 100 % de ses parts dans Renault Russie à la Ville de Moscou et sa participation de 67,69 % dans Avtovaz (fabricant des véhicules Lada) à Nami (l'Institut central de recherche et de développement des automobiles et des moteurs). Renault garde cependant une option de rachat de sa participation dans Avtovaz pendant 6 ans.

McDonald’s quitte aussi le marché russe

Après 30 ans de présence, McDonald’s va quitter le marché russe. La chaîne américaine de fast-food a déjà entrepris des démarches pour vendre toutes ses activités dans le pays. L’enseigne y avait déjà fermé ses restaurants début mars. Le géant américain juge sa présence intenable et contraire à ses valeurs, suite la crise humanitaire causée par la guerre en Ukraine. McDonald’s emploie 62 000 salariés en Russie. La firme s’oriente vers une vente à un acheteur local et souhaite retirer son logo, son nom et ses menus des restaurants.

L’actionnariat salarié a doublé dans les PME

L’actionnariat salarié a doublé dans les PME entre 2015 et 2021, passant de 4% à 9%. C’est le résultat de la seconde édition du "Panorama dans l’actionnariat salarié dans les PME" Eres - OpinionWay.  Par ailleurs, plus de 8 PME sur 10 considèrent qu’associer des salariés au capital de l’entreprise est une bonne chose. Et trois quarts d’entre elles soulignent son efficacité pour motiver, impliquer et fidéliser les salariés. 

La stratégie industrielle gagnante de Port-Jérôme

Orientée depuis de nombreuses années vers une industrie raisonnée, la stratégie de la zone industrielle de Port-Jérôme, en Seine-Maritime, porte ses fruits avec l’annonce de l’implantation de plusieurs projets d’envergure sur son territoire. Le dernier en date, celui de l’américain Eastman, présente l’un des plus importants projets du pays en matière d’industrie, avec à la clé un investissement de 850 millions d’euros.
A lire : [Enquête] Comment Port-Jérôme a développé une stratégie industrielle gagnante

13 mai

📍 L'inflation retourne 37 ans en arrière...

L'Insee persiste et signe. La hausse des prix sur un an a bel et bien atteint +4,8 % en avril, a confirmé, aujourd'hui, l'institut statistique. Un chiffre conforme à sa première estimation, parue il y a deux semaines. Un tel niveau n'avait plus été atteint depuis novembre 1985 ! Le mois dernier, seules deux baisses ont été enregistrées : les produits de santé (-0,1 % par rapport à mars) et l'énergie (-2,5 %), laquelle reste toutefois à des sommets sur un an (+26,5 %). Mais, désormais, l'inflation est aussi soutenue par l'alimentation (avec un bond des huiles, produits laitiers, café et viandes), ainsi que les services, propulsés notamment par les transports (+15,7 % en douze mois, soit 9,6 points de plus qu'en mars).

... la consommation risque d'en pâtir...

Et si l'inflation finissait par ruiner la consommation des ménages ? Déjà chancelantes au premier trimestre, les dépenses des Français pourraient sérieusement reculer, à en croire une enquête réalisée par l'institut CSA Research pour Cofidis. Ainsi, 81 %, des 1 510 personnes interrogées du 28 mars au 4 avril, prévoient de restreindre leurs achats dans les douze prochains mois. Elles raboteront surtout leurs sorties (à 55 %) et voyages (41 %), mais aussi l'habillement (45 %) et les loisirs (38 %). Plus inquiétant encore, un quart des répondants s'apprête à rogner sur leur budget chauffage et quasiment autant (23 %) sur leur alimentation. Et pour cause : les deux tiers des sondés assurent déjà que "la situation internationale a eu des conséquences sur leurs finances personnelles". Pas si étonnant, au vu des derniers chiffres de la Dares sur les salaires (voir ci-dessous).

... les salaires en souffrent déjà

Tout augmente, sauf les salaires. La formule est bien connue. Et elle n'a sans doute jamais été aussi vraie. Certes, au premier trimestre, l'indice du salaire mensuel de base dans le privé, tel que relevé par la Dares (ministère du Travail), a progressé d'1,1 % en trois mois, et même de 2,3 % en un an. Sauf que cet indicateur, correspondant au salaire brut pur et dur (avant déduction des charges, et sans les primes ni les heures supplémentaires), doit être "[mis] en regard de l’inflation". Et là, ça change tout, puisque la rémunération affiche alors une baisse de 2,3 % en un an. Avec même des creux à -2,6 % dans la construction et -2,7 % pour les professions intermédiaires et les cadres.

Automobile : quand le virage électrique change le visage de Renault

Renault en route vers une grande réorganisation. Le groupe français travaille à rassembler toutes ses activités électriques et logicielles, au sein d'une nouvelle "entité autonome", installée dans l'Hexagone. Quatre usines régionales rejoindraient ce futur "pôle d'excellence".

Cybersécurité : la filière incitée aux "synergies"

L'union fait la force. Ce nouveau mantra de la filière cybersécurité vient de trouver une nouvelle traduction avec la conclusion d'un partenariat entre Bpifrance et le tout nouveau Campus Cyber de La Défense. Les deux promettent un "plan d'actions commun" pour "accompagner la croissance des start-ups du secteur" et la structuration de l'écosystème national. Avec un maître-mot : "synergies" entre des acteurs (jeunes pousses, grands groupes et centres de recherche), jugés "encore trop fragmentés".

Energie : les TPE-PME poussées vers l'hydrogène

La saison est décidément propice aux mariages. Dans l'énergie cette fois, les chambres de commerce et d'industrie (CCI) font cause commune avec France Hydrogène, représentant les acteurs engagés sur cette technologie d'avenir. L'objectif est précisément de promouvoir l'hydrogène auprès des TPE-PME et d'associer ces dernières "au développement de la filière". Elles "pourront [y] trouver un relais de croissance et/ou des solutions utiles pour leurs usages propres", assurent les deux organisations. L'enjeu est aussi de trouver des débouchés pour le secteur. Ou, pour le dire plus diplomatiquement, comme le président de France Hydrogène Philippe Boucly, cité dans le communiqué : il s'agit d'"oeuvrer [à] l’ancrage territorial et [au] contenu local des projets de production et de transport d’hydrogène, et la réindustrialisation de nos territoires", alors que les entreprises de la filière multiplient les nouveaux projets actuellement (scooters de Pragma Industries ; camion de Symbio, Michelin et Faurecia ; station de recharge mobile d'Atawey...).

La logistique appelée à voler au secours de l'Ukraine

Acteurs de la logistique, Bruxelles a besoin de vous ! Pour aider l'Ukraine a faire sortir du pays ses stocks de produits agricoles, bloqués par l'invasion russe, la Commission européenne a lancé plusieurs appels aux entreprises. D'abord? "rendre disponibles d'urgence des moyens de transport" nécessaires aux opérations de fret (wagons, citernes, camions, navires, etc.). Ensuite, "produire, prêter et/ou vendre des matériels mobiles de chargement de céréales aux sites de transbordement" frontaliers qui en ont besoin. De son côté, l'UE va créer une "une plate-forme logistique de mise en relation", de manière à faciliter ces échanges. Elle envisage également d'accorder des "garanties financières complémentaires" aux transporteurs prêts à se rendre en Ukraine, de sorte de couvrir au mieux leurs éventuels pertes ou dommages dans le pays.

12 mai

📍 Prix de l'énergie : l'Etat colmate les brèches

On connaissait déjà le "bouclier tarifaire" pour les ménages et les petites entreprises. Voici venue la rustine financière pour les activités les plus gourmandes en énergie. Cette subvention, prévue dans le plan de résilience, vise à éponger une partie des surcoûts liés à la flambée des prix du gaz et d'électricité. En attendant son lancement en juin, le gouvernement en a rectifié les modalités. Sans vraiment parvenir à les simplifier, bien au contraire.
A lire : L’aide aux activités les plus consommatrices d’énergie revue et corrigée avant son lancement

Le bâtiment ne faiblit (quasiment) pas

Les difficultés s'accumulent, la croissance aussi, pour les artisans du bâtiment. En début d'année, leur activité n'a pas faibli... leur trésorerie et leurs marges, si, selon la note trimestrielle de conjoncture de la Capeb, leur principale organisation patronale.
Sur le même sujet : Dans le Maine-et-Loire, la Fédération française du bâtiment s’inquiète pour l’avenir des entreprises

L'agroalimentaire compte bien augmenter ses prix

C'est LE sujet du moment dans les entreprises : comment répercuter la hausse de leurs coûts sur leurs clients ? L'agroalimentaire n'échappe pas à la question. Et la FNSEA, principal syndicat agricole, compte bien obtenir gain de cause. « Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, a expliqué sa présidente sur RMC, il y a une augmentation de toutes les charges, encore plus qu’auparavant. » Et de citer les cours de l'énergie, du carton, de l'acier, des transports... dans un contexte de grippe aviaire et de sécheresse en France, mais aussi de confinements anti-coronavirus en Chine. « Donc produire coûte plus cher, à la fois pour les agriculteurs et les industriels, a poursuivi Christiane Lambert. Or, si on veut maintenir les entreprises et l'agriculture en France, il faut accepter ces hausses » de prix sur les produits alimentaires. C'est justement tout l'objet des négociations commerciales, rouvertes fin mars, avec la grande distribution. Laquelle « [tarde] à rendre réponse aux industriels qui s'inquiètent », a déploré la patronne de la FNSEA.
Sur le même sujet : Les industries agroalimentaires bretonnes espèrent beaucoup de la loi Egalim 2

Numérique : Sencrop poursuit sa moisson

Le lillois Sencrop élargit son horizon. Le concepteur de stations météo pour l'agriculture vient de boucler son quatrième tour de table en six ans. L'occasion pour lui de récolter l'appui de fonds internationaux. Un soutien précieux pour sa stratégie d'expansion.
A lire : Sencrop lève 18 millions de dollars pour affiner encore le modèle de ses stations météo connectées

Jeux vidéo : les business angels appelés en renfort

Les business angels prêts à prendre les manettes. Pour contribuer au financement du secteur et centraliser les besoins, le Syndicat national du jeu vidéo (SNJV) vient de lancer sa "plate-forme de mise en relation" entre porteurs de projets et investisseurs professionnels. Les premiers peuvent venir y chercher au moins 100 000 euros en capital-investissement (dossier à déposer en ligne). Les seconds s'engagent à mettre 25 000 € minimum dans le capital des entreprises qui les intéressent. Une vingtaine de ces business angels spécialisés se sont inscrits à cette initiative.

11 mai

📍 Vers une croissance sans approvisionnements ?

Pas de récession à l'horizon, disait l'Insee en début de semaine. C'est vrai, renchérit la Banque de France aujourd'hui : elle prédit, pour sa part, une croissance de +0,2 % au deuxième trimestre. Sauf que les 8 500 entreprises interrogées entre le 27 avril et le 4 mai sentent bien que le vent tourne. Leur opinion sur l'état de leur trésorerie et de leurs carnets de commandes est en train de s'inverser. Les difficultés d'approvisionnement continuent, elles, de se durcir - dans l'industrie en général (65 % des répondants touchés, +5 points en un mois et au plus haut depuis un an), dans l'aéronautique, la plasturgie et la chimie en particulier (avec des bonds de 14 à 16 points, comparés à mars). De quoi tirer irrémédiablement les prix de vente vers le haut : la moitié des industriels ont augmenté les leurs le mois dernier et 65 % des patrons du bâtiment en ont fait autant. Une mécanique implacable de l'inflation, à laquelle participent également les TPE-PME (voir ci-dessous).

Inflation : les TPE-PME dans le tourbillon...

A quoi ressemble une spirale inflationniste ? Pour le savoir, il suffit de lire la dernière édition du baromètre dédié aux PME, signé Bpifrance Le Lab et Rexecode. Face au choc économique provoqué par la guerre en Ukraine, les patrons interrogés ne s'en cachent plus : ils vont augmenter leurs tarifs en plus grand nombre et à plus grande échelle au cours de l'année. Une révision générale des prix qui n'empêchera pas l'érosion de leurs marges nettes. Ni l'assombrissement de leurs perspectives. Sans virer au catastrophisme, l'étude note ainsi, et comme la Banque de France (voir ci-dessus), un renversement de tendance dans les entreprises, désormais moins optimistes sur l'état de leur trésorerie, leurs intentions d'investissement et leur accès aux financements bancaires.
A (re)lire : Energie, carburant... les PME prises au piège de l'inflation

... la riposte de l'Etat dans l'expectative

La France n'a toujours pas de nouveau gouvernement, mais on connaît désormais sa future feuille de route contre l'inflation. Elle prendra la forme d'un budget rectificatif, présenté « dans la foulée des élections législatives » de juin, pour traduire les promesses de campagne du président de la République sur le pouvoir d'achat. Annonce du porte-parole du gouvernement Gabriel Attal, à la sortie de ce qui devait être le dernier conseil des ministres de l'ère Castex. Le texte en préparation visera notamment à tripler le plafond de la "prime Macron" ; baisser les charges des travailleurs indépendants, pour parvenir à « 550 euros de gains par an, au niveau du Smic » ; contre la flambée des prix à la pompe, introduire un outil « pérenne et mieux ciblé » que l'actuelle "remise carburant" (« qui sera poursuivie, évidemment ») ; entériner la prolongation du bouclier tarifaire sur le gaz et l'électricité jusqu'à la fin de l'année ; ou encore, lancer des « chèques alimentaires dès cet été ».

Les défaillances d'entreprise insensibles à la guerre en Ukraine

Pendant ce temps-là, la remontée attendue des défaillances d'entreprise, elle, se poursuit, mais sans s'emballer. En avril et sur douze mois, la Banque de France en a compté 30 915 au total. Soit le cumul annuel le plus élevé depuis décembre 2020. Malgré une conjoncture économique compliquée, cette sixième hausse consécutive des procédures collectives reste toutefois modérée (+7,4 % en un mois) et bien loin de son niveau d'avant-crise sanitaire (-43 % par rapport à la période de mai 2018 à avril 2019). Les défaillances ont même atteint leur total mensuel le plus bas de l'année 2022 en avril (-28,7 % par rapport à mars).

Dans les transports, les masques vont tomber

Et une contrainte sanitaire en moins. Le port du masque dans les transports publics ne sera « plus obligatoire », mais simplement « recommandé », à partir de lundi, a fait savoir le ministre de la Santé, ce midi. La levée de cette restriction s'explique par le reflux du Covid-19, même si « nous ne sommes pas encore sortis de cette cinquième vague et la pandémie n'est pas terminée », a tenu à souligner Olivier Véran. Restent toutefois en vigueur, dans les établissements de santé et maisons de retraite, le fameux masque, ainsi que le passe sanitaire et l'obligation vaccinale du personnel. Par ailleurs, la boîte à outils du gouvernement contre le coronavirus ne sera pas complètement remisée au placard : « Nous allons garder tous les leviers de sécurité nécessaires pour ne pas nous exposer à des risques de vague épidémique » future, a indiqué le ministre, alors qu'il était interrogé sur l'évolution attendue du Covid-19.

Licenciements abusifs : fini les dérogations au "barème Macron"

Il aura fallu un quinquennat entier pour trancher. La Cour de cassation a définitivement entériné, aujourd'hui, le "barème Macron" de 2017 - comprendre la refonte des règles d'indemnisation des salariés licenciés sans cause réelle ni sérieuse. Un dispositif polémique que différents conseils des prud'hommes avaient remis en cause depuis lors, au nom de plusieurs conventions internationales. Dans un communiqué, le ministère du Travail s'est réjoui de la fin de ce feuilleton. Et assure que ce barème "donne une plus grande prévisibilité dans la relation de travail et a permis de développer des alternatives au contentieux, ce qui in fine contribue à une augmentation continue des embauches en CDI".

Impôt sur le revenu : encore un couac dans la campagne

Après le bogue informatique, le couac postal. Certains contribuables ont reçu "sensiblement plus tard" que d'habitude la version papier de leur déclaration de revenus 2021, a reconnu, aujourd'hui, le ministère des Finances. Dont acte : la date limite de dépôt est repoussé du 19 au 31 mai. En revanche, le calendrier pour les démarches en ligne, lui, ne bouge pas.

10 mai

📍 La France échappera à la récession, pas à l'inflation

Le contexte international n'en finit pas de souffler le chaud et le froid sur l'économie française. Au deuxième trimestre, comme au premier, les prix devraient encore s'enflammer, et le PIB s'enrhumer, prévient l'Insee, dans son dernier point de conjoncture. L'institut écarte toutefois tout risque de récession. Sans dire pour autant jusqu'à quand, et jusqu'où, montera l'inflation.
A lire : L’inflation va continuer à peser sur l’économie française au deuxième trimestre 2022

Entreprises en difficulté : les solutions amiables ont la cote

Mieux vaut prévenir que guérir. Visiblement, les TPE-PME ont fini par le comprendre en 2021. Les procédures amiables pour les entreprises en difficulté ont explosé l'an dernier, selon un rapport de Deloitte. Une ruée à laquelle ont largement participé les plus petites structures, se félicite le cabinet.

Les aéroports plombés par leurs difficultés de recrutement

En 2020-2021, ils manquaient de voyageurs. En 2022, c'est le personnel qui leur fait défaut. Les aéroports français s'attendent à être « en sous-effectifs pour passer l'été », a prévenu, ce matin, sur France Info, Thomas Juin, le président de leur Union, l'UAF. Ce qui devrait provoquer un allongement des files d'attente. A l'origine du problème, le temps de formation des agents récemment embauchés, mais surtout « une difficulté de recrutement manifeste, en ce moment, en pleine reprise ». Elle est attribuée, comme « dans le secteur du tourisme en général (...) [à des] conditions de travail pas suffisamment attractives à notre époque » (travail le week-end, horaires décalés, etc.). De quoi enrayer la relance d'un secteur qui en a pourtant bien besoin : selon le récent bilan détaillé de l'UAF, le trafic passagers des aéroports régionaux français (hors Paris) était encore, l'an dernier, inférieure à 55 % de son niveau de 2019. Avec des chutes abyssales dans certains cas, comme à Dinard-Saint-Malo (-99,2 %), Chambéry-Savoie Mont-Blanc (-96,7 %) ou encore Grenoble-Alpes-Isère (-96,3 %) !

L'agriculture craint la panne sèche

Nouvelle menace sur la production agricole nationale. Après le gel de début avril, et en plus de la crise russo-ukrainienne, la sécheresse de ce début mai pourrait fragiliser les rendements de céréales. Le vice-président de la FNSEA, principal organisation professionnelle du secteur, s'inquiète en particulier pour le blé et le fourrage. En la matière, Luc Smessaert a fait état, sur BFMTV, de « 30 à 40 % de récolte en moins » sur le début de la campagne 2022. De son côté, le gouvernement a décidé d'irriguer les agriculteurs en aides à l'investissement. L'enveloppe du guichet France 2030 en faveur des équipements innovants devrait être doublée, pour passer à 40 millions d'euros, selon plusieurs médias. Et en avril, déjà, les agences de l'eau avaient obtenu une rallonge de 100 millions, entre autres pour soutenir les filières "dans leur stratégie d’adaptation au changement climatique" et améliorer la gestion de la ressource en eau. Une gestion jugée « calamiteuse » aujourd'hui par la FNSEA.

Hydrogène : Lhyfe dans la cour des grands

Le nantais Lhyfe prêt à carburer à la Bourse de Paris. La start-up industrielle a lancé hier, son introduction sur Euronext. Avec l'espoir d'amasser jusqu'à 145 millions d'euros pour développer ses usines de production d'hydrogène vert en France et en Europe.
A lire : Lhyfe passe la vitesse supérieure avec son entrée en Bourse

9 mai

📍 Commerce extérieur : un trou à 100 milliards...

Le déficit commercial de la France prend des proportions historiques - et alarmantes. Au premier trimestre, il a atteint des niveaux records sur trois mois, comme sur un an. Au point d'atteindre la barre symbolique des -100 milliards d'euros entre avril 2021 et mars 2022, indiquent les douanes, dans leur dernier bilan.

... mais les services sauvent l'honneur

Pour retrouver un peu de baume au coeur, il faut regarder du côté des services. Le solde des transactions courantes de la France en la matière a, lui aussi, atteint un niveau historique, mais dans le bon sens en quelque sorte : il affiche un excédent de 16 milliards d'euros, selon la Banque de France, en hausse de quasiment 2,6 Md€ en trois mois. La situation est tout simplement l'exact inverse de celle des échanges de biens, puisque les exportations de services s'envolent depuis un an (+34 %), bien plus que les importations (+14,5 %), toujours sous leur niveau d'avant-crise sanitaire. Las, ce dynamisme du tertiaire ne suffit pas à rééquilibrer la balance des paiements. Elle reste déficitaire de 5,4 Md€, d'après les calculs de l'institution (après intégration des transactions de biens, du négoce international et des flux financiers).

Les travailleurs des plates-formes, de la rue aux urnes

Premier passage par les urnes pour les livreurs et conducteurs de VTC. Ces deux catégories de travailleurs des plates-formes numériques sont invités à élire leurs représentants syndicaux à partir d'aujourd'hui, et jusqu'au 16 mai. Quelque 120 000 personnes doivent participer à ces élections professionnelles inédites. Le vote se fait exclusivement en ligne. Seize organisations sont en lice - neuf dans le secteur de la "livraison de marchandises" et sept dans celui des voitures de transport avec chauffeur. Les élus seront ensuite amenés à discuter avec les plates-formes des quatre thématiques obligatoires de négociation annuelle, fixées par le Code du travail, à savoir : la fixation de la rémunération, les conditions de travail, la prévention des risques et la formation professionnelle.

Emploi : le grand chamboule-tout des fins de contrat

La dynamique de l'emploi est décidément étonnante, et pour le moins contre-intuitive. Au quatrième trimestre 2021, les licenciements économiques n'ont jamais été aussi faibles ni les démissions aussi fortes depuis au moins 2007, selon les chiffres de la Dares (ministère du Travail). Autant dire que ces résultats ne sont pas vraiment ceux auxquels on aurait pu s'attendre, deux ans après une crise économique aussi brutale que le Covid-19 !

Nouveau coup de massue à la pompe

L'emballement des prix des carburants repart de plus belle. Le litre de gazole (relevé à 1,9438 euro en moyenne, la semaine passée), de sans plomb 95 (à 1,8658 €), comme de SP98 (à 1,9181 €), a pris environ 6 centimes en sept jours, selon les données du ministère de la Transition écologique. Soit des hausses comprises entre 3,2 et 3,5 %. Cette troisième augmentation consécutive replace les prix au-dessus de leur niveau de début avril, c'est-à-dire au moment où la "remise carburant" du gouvernement produisait ses premiers effets. Seul le GNR (à 1,4317 €) échappe à ce retour de flammes (-1,2 %, première baisse en un mois).

Embargo sur le pétrole russe : le G7 persiste et signe

Voilà qui ne devrait pas arranger les affaires des usagers de la route. Dans une déclaration commune, les membres du G7 ont affiché, hier, leur détermination "à éliminer progressivement [leur] dépendance vis-à-vis de l’énergie russe, notamment en réduisant progressivement ou en interdisant l’importation de pétrole". Ces sept Etats, dont font partie la France et l'Allemagne, promettent toutefois de travailler à "garantir des approvisionnements énergétiques mondiaux stables et durables et des tarifs abordables aux consommateurs". A noter qu'en parallèle, les discussions se sont justement poursuivies, ce week-end, au niveau européen, pour aboutir à un tel embargo sur le pétrole russe. Aucun accord n'a toutefois encore été trouvé entre les Vingt-Sept.
A lire : Pendant ce temps-là, la Nouvelle-Aquitaine se prépare à se passer du diesel

6 mai

📍 L'emploi salarié en résistance, l'intérim en souffrance...

Les crises font vaciller l'intérim. Dans un premier trimestre marqué par la cinquième vague de Covid-19 et le début de la guerre en Ukraine, le travail temporaire s'est contracté, en France, pour la première fois en deux ans, indique l'Insee. Signe avant-coureur de l'incertitude ambiante ? Peut-être, car, dans le même temps, l'emploi salarié reste plutôt bien orienté... mais son rythme de croissance ralentit.

... et les salariés en partance

Autre tendance du moment sur le marché de l'emploi : les salariés ont la bougeotte ! En tout cas si l'on en juge par le boom des ruptures conventionnelles. En mars, l'administration en a homologué 42 324 (+20,2 % sur un an), selon la Dares (ministère du Travail). Soit le deuxième total le plus élevé depuis 2008, juste derrière le record de juillet 2020. Après avoir souffert de la crise sanitaire en 2020, ce mode de rupture du contrat de travail, négocié entre l'employeur et le salarié, est désormais bien plus utilisée qu'avant l'épidémie : au premier trimestre, plus de 123 000 accords ont ainsi été validés, 11,8 % de plus qu'à la fin 2019.

Le crowdfunding, victime de Bruxelles ?

Les acteurs du financement participatif engagés dans une course contre la montre. Ils ont jusqu'au 10 novembre pour appliquer une nouvelle réglementation européenne, sous peine de devoir cesser leur activité. Mais à six mois de l'échéance, les représentants français du secteur, alliés à leurs homologues allemands, redoutent un blocage général et réclament déjà un délai supplémentaire.

Fragile trêve des prix dans l'agroalimentaire...

L'inflation des produits agricoles fait une pause. Après avoir battu deux fois de suite son record, l'indice des prix internationaux de la FAO s'est légèrement infléchi en avril (-0,8 % en un mois). Un répit tout relatif, puisque cet indicateur affiche, sur un an, une progression de 29,8 %. Le prix des viandes, en hausse de 2,2 % sur le mois, atteint même un nouveau sommet. La guerre en Ukraine et l'épidémie de grippe aviaire, notamment en France, font tout particulièrement flamber la volaille, indique l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

... le groupe Lactalis pessimiste pour 2022

Il y a le feu au lait. Le géant Lactalis n'échappera pas à l'inflation cette année, a-t-il reconnu, en marge de la présentation de ses résultats 2021. Une bien mauvaise nouvelle, après un dernier exercice déjà mitigé pour le groupe mayennais.
A lire : Le laitier Lactalis annonce une légère baisse de résultat et une probable hausse de charges

Distribution : King Jouet voit grand

Pour étendre son royaume, King Jouet agrandit son entrepôt. En grande forme l'an dernier, l'enseigne iséroise veut se donner les moyens de poursuivre sur sa lancée, notamment dans le numérique. Pour ce faire, elle vient de lancer le doublement de l'un de ses principaux sites logistiques.
A lire : King Jouet investit 18 millions d’euros dans sa plate-forme de Rives

Ces économies régionales sinistrées par le Covid-19

Où la crise du coronavirus a-t-elle frappé le plus fort en 2020 ? Réponse : dans les Hauts-de-France. Le PIB y a reculé de 8,9 % cette année-là, selon une étude de l'Insee, parue hier soir. Suivent de près l'Ile-de-France et la Normandie, avec une récession estimée à -8,7 % dans les deux cas (contre -8 % en moyenne, au niveau national). Région la plus épargnée de métropole, la Bretagne a tout de même encaissé un recul de 4,8 % de son activité économique. Mais cet indicateur ne dit pas tout de l'ampleur du choc. Ainsi, souligne l'institut, le PIB par habitant "s’est retrouvé [en 2020] à un niveau inférieur à celui de 2000" dans le Grand Est, en Normandie, Bourgogne-Franche-Comté et Centre-Val de Loire !

5 mai

📍 Pas de répit avant l'été sur le front de l'inflation...

Le pic de l'inflation serait-il déjà atteint en France ? L'augmentation des prix ne devrait pas, en tout cas, dépasser +4,3 % cette année, selon l'assureur-crédit Allianz Trade. C'est 1 point de plus qu'annoncé initialement et, peu ou prou, le niveau déjà atteint en mars-avril. Sauf que cette flambée ne devrait se calmer réellement qu'au second semestre... et que cette prévision exclut tout embargo sur l'énergie russe (voir ci-après).
A (re)lire : Croissance à l’arrêt, inflation au sommet... l’économie française face au risque de la "stagflation"

... en attendant l'embargo sur le pétrole russe

Fin du pétrole russe, début des ennuis en Europe ? L'embargo, envisagé hier par l'UE en riposte à la guerre en Ukraine, ne sera pas sans conséquences sur la France, a admis, ce matin, la ministre de la Transition écologique. Très évasive sur le sujet, Barbara Pompili a néanmoins écarté tout risque de pénurie : « Nous avons des réserves, donc pas la peine de se précipiter vers les stations essence ! (...) On est tranquille pendant de nombreux mois », a-t-elle estimé sur France Info, avant de préciser que, « sur le diesel, il peut y avoir quelques petites questions de reroutage du stockage, qui peuvent prendre un peu de temps ». Mais cet embargo pourrait surtout se faire sentir au passage en caisse. « Dès lors qu’on s’écarte [du schéma d'approvisionnement actuel, qui est optimisé], on peut partir sur le principe que ça va coûter plus cher », a déjà indiqué à la presse Olivier Gantois le président de l'UfipEM, l'organisation professionnelle des industries pétrolières.

Le sombre présage de Bruno Le Maire

Et si, en fait, le pire était effectivement à venir ? C'est en tout cas la prédiction, brute de décoffrage celle-là, de Bruno Le Maire, aujourd'hui, en marge d'un déplacement à Evreux (Eure) : « Nous sommes face à des difficultés économiques considérables. Le plus dur est devant nous », a averti le ministre de l'Economie. A l'origine de ses inquiétudes ? « La guerre en Ukraine, la flambée du prix des matières premières et une inflation nouvelle, qui est le premier sujet de préoccupation économique », a-t-il insisté.

Le virage raté de la transition numérique

Bonnet d'âne pour les entreprises françaises. Elles font partie de celles qui ont le moins avancé en matière de transformation numérique, au cours de la crise du coronavirus, d'après une enquête de la Banque européenne d'investissement. Une occasion manquée qui pourrait leur coûter cher en termes de compétitivité, prévient la BEI.

Industrie : le redressement sur la mauvaise pente

Ca patine encore dans les usines. En mars, la production de l'industrie a globalement stagné (-0,5 % sur un mois), selon l'Insee, après un recul plus marqué qu'initialement annoncé sur février (-1,2 %). Même tendance dans les activités manufacturières (-0,3 %, après -0,9 %). La fabrication de machines et équipements souffre particulièrement (-3,9 %), tout comme les transports en général (-2,8 %), l'automobile en particulier (-7,3 %). Et pour cause : elle est "lourdement affectée par les difficultés d'approvisionnement en semi-conducteurs et autres intrants", rappelle l'institut. Bonne nouvelle quand même : si la production industrielle reste loin de son niveau d'avant-crise, le premier trimestre 2022 marque une légère amélioration sur un an (+0,3 %), surtout du côté manufacturier (+1,2 %).

Aérien : la reprise sur de bons rails

Redécollage en cours pour les compagnies aériennes. En mars, la demande a poursuivi son redressement (+76 % sur un an), au point d'atteindre son plus haut niveau en deux ans de pandémie - encore loin toutefois de son volume d'activité passé (-41,3 % par rapport à 2019), selon l'Association internationale du transport aérien (Iata). Les impacts de la guerre en Ukraine se sont finalement avérés "assez limités", tandis que la persistance du variant Omicron a surtout pénalisé les vols domestiques en Asie, explique l'organisation. Signe des temps, sa principale préoccupation réside désormais dans l'"insuffisance des ressources" mobilisées dans les aéroports pour assurer cette (re)montée en régime, et les retards qui en découlent pour les voyageurs.
A (re)lire : Malgré les incertitudes, l’horizon se dégage pour les entreprises du tourisme en 2022

4 mai

📍 Guerre en Ukraine : le pétrole et les services dans le collimateur...

Et maintenant, haro sur l'or noir de la Russie. Moins d'un mois après avoir acté un embargo sur le charbon, Bruxelles a officiellement proposé « une interdiction complète des importations de tout le pétrole russe, transporté par voie maritime ou par oléoduc », a déclaré, ce matin, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. La mesure s'appliquerait « de façon ordonnée » et progressive, avec bannissement des livraisons de brut « dans les six mois », puis sur les produits raffinés « d'ici à la fin de l'année ». Ce sixième train de sanctions européennes contre Moscou vise, par ailleurs, à prohiber la fourniture de toute prestation en expertise-comptable, communication ou consulting à des sociétés russes et à exclure de nouvelles banques, dont la première du pays Sberbank, du système international SWIFT. Les Etats membres de l'UE doivent à présent se prononcer sur toutes ces mesures. Ce qui pourrait prendre du temps : la Hongrie, par exemple, a déjà indiqué vouloir rejeter l'embargo sur le pétrole tel qu'il a été présenté par la Commission.

... de quoi enflammer encore le prix des carburants ?

Plus les sanctions contre Moscou s'accumulent, plus leur coût pour l'Europe pourrait s'accroître. Dans la foulée de l'annonce d'un futur embargo sur le pétrole russe (voir ci-dessus), le ministre allemand de l'Economie Robert Habeck a mis en garde contre les éventuelles « perturbations » d'une telle mesure pour son pays. Mais il a indiqué aussi, et plus largement, s'attendre à une hausse des prix à la pompe « de manière significative, sur une période de 180 jours », du fait de l'arrêt des importations en provenance de Russie. Des prix qui, en France, restent élevés et ont repris leur marche en avant ces dernières semaines.

Les crédits aux entreprises aussi coûtent plus cher

Pas de ruée des entreprises dans les banques. Au premier trimestre, et en dépit des difficultés nées de la guerre en Ukraine, les demandes de crédits de trésorerie sont restées faibles : environ 4 % des TPE-PME et 6 % des ETI en ont sollicité de nouveaux, au cours des trois premiers mois de l'année, selon la Banque de France (en baisse d'un demi-point par rapport à fin 2021). Le financement des investissements par l'emprunt, lui, s'est stabilisé, mais à un niveau toujours bien inférieur à l'avant-crise : près d'un quart des ETI et 18 % des PME ont déposé un dossier début 2022, soit 4 à 5 points de moins qu'au dernier trimestre 2019. Pour ne rien arranger, les 4 500 entreprises interrogées (hors TPE) n'ont jamais été aussi nombreuses en dix ans à signaler un renchérissement du coût du crédit. Un brutal renversement de tendance "à mettre en lien avec la hausse des taux d'intérêts (...) observée sur le mois de mars".

La durée de remboursement des PGE fait toujours débat

Une voix de plus en faveur de l'allongement de la durée de remboursement des prêts garantis par l'Etat. Déjà portée par les acteurs du tourisme et le réseau CCI France, cette vieille revendication est à nouveau relayée par la CPME. L'organisation patronale en fait même une "priorité économique" pour le futur gouvernement d'Emmanuel Macron.

Automobile : le marché se réduit comme peau de chagrin

Les ventes automobiles tournent désespérément en sous-régime. En avril, elles ont enregistré leur 11e baisse consécutive en France, avec seulement 108 723 voitures particulières écoulées, selon la Plateforme automobile (PFA). Cette chute de 22,6 % sur un an est le recul mensuel le plus important jusqu'ici relevé en 2022. Résultat, la contraction atteint -42,2 % par rapport à l'avant-crise (avril 2019).

Agroalimentaire : Terrena à la croisée des crises

Jamais deux sans trois. Déjà exposé aux difficultés issues de la pandémie de Covid-19 et de la guerre en Ukraine, le groupe agroalimentaire Terrena se débat, en plus, avec un troisième fléau, celui de la grippe aviaire, qui ravage les élevages français depuis plusieurs mois. Autant de circonstances exceptionnelles qui vont peser lourd dans sa balance en 2022, prévient l'entreprise basée en Loire-Atlantique.
A lire : Les résultats de Terrena ébranlés par trois crises simultanées

3 mai

📍 Gaz russe : l’UE se prépare à une rupture d’approvisionnement

Vers une aggravation de la crise énergétique qui frappe les Français et les entreprises ces dernières semaines ? La situation s’envenime encore un peu plus entre les pays de l’Union européenne et la Russie. Ce qui ne présage rien de bon pour les prochains mois. « L’Union européenne refuse de payer ses achats de gaz à la Russie en roubles et doit se préparer à une rupture dans ses approvisionnements, ont averti la Commission européenne et la présidence française du Conseil, à l'issue d'une réunion d’urgence », a indiqué aujourd’hui l’Agence France-Presse sur Twitter.
A lire : "Les entreprises doivent gérer le risque que représente l'achat de matières premières"

Carburant : la CPME demande un geste supplémentaire 

Interviewé dans l’émission « Télématin » sur France 2, le président de la CPME réclame un nouveau soutien pour aider les entreprises à encaisser la facture de carburant, citant notamment l’impact de la hausse de prix sur les acteurs du transport. Les aides du gouvernement, comme la remise de 15 à 18 centimes par litre au depuis avril « ont été utiles, mais malheureusement on voit que le prix du brent (NDLR : du pétrole) continue à évoluer dans la mauvaise direction, si bien que c'est relativement vite gommé», a déclaré François Asselin. Ces réductions de taxe « ne vont plus suffire pour équilibrer recettes et dépenses, donc il faudra certainement aller un petit peu au-delà et cibler les gros consommateurs d’énergie », a-t-il ajouté.  

L’aspect positif de la hausse des cours des matières premières

Qui l’eût cru ? L’envolée des cours des matières premières n’a pas que des aspects négatifs. Elle pourrait profiter… à la planète. En tout cas au recyclage. Car un produit recyclé, économiquement parlant, coûte parfois plus cher qu’un produit non recyclé. Enfin, ça c'était surtout avant : l’inflation exacerbée par la guerre en Ukraine change la donne et favorise le recyclage, estime Sophie Génier, directrice services recyclage chez Citeo, une entreprise à mission de 250 salariés, acteur de la responsabilité élargie des producteurs pour les papiers et emballages ménagers.
A lire : "L’envolée du prix des matières premières crée des conditions favorables au recyclage"

Le taux de chômage se réduit en zone euro

Bonne nouvelle dans ce contexte de crise énergétique : le taux de chômage de la zone euro diminue à nouveau pour atteindre 6,8% en mars 2022 (-0,1% comparé à février dernier).  Soit 76 000 chômeurs en moins. Une baisse encore plus forte comparée au taux de 8,2% enregistré en mars 2021. Ces chiffres sont publiés par Eurostat, l’office statistique de l’Union européenne. Le taux de chômage globale de l’Union européenne s’établit, lui, à 6,2% en mars.

Les GreenTech françaises génèrent 3 milliards d'euros de chiffre d’affaires

Il existe 1 800 Greentech en France, recense Bpifrance. Ces entreprises innovantes « qui améliorent l’impact environnemental » ont réalisé plus de trois milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2021, poursuit la banque publique. Le secteur surfe sur une belle dynamique. De 2020 à fin 2021, le nombre de start-up greentech a plus que doublé. Environ 50% de ces jeunes pousses « se sont emparées des enjeux autour des nouvelles énergies et du verdissement de l’industrie », précise encore Bpifrance. Autre info à noter : 70 % de ces Greentech sont basées en dehors de l’Île-de-France. Le secteur possède déjà ses « licornes », comme Back Market ou Vestiaire Collective.

Stellantis acquiert la société d’autopartage Share Now

Stellantis signe l’acquisition de Share Now, société d’autopartage fondée en Allemagne par BMW et Mercedes-Benz Mobility. Le constructeur automobile ajoute ainsi 10 000 véhicules et la couverture de 14 villes européennes dans le giron de sa filiale Free2move. Cette dernière revendique déjà « 7 hubs de mobilité aux États-Unis et en Europe » appuyés sur une flotte de 2 500 voitures disponibles. « Nous nous rapprochons de notre objectif d’étendre la présence mondiale de Free2move à 15 millions d’utilisateurs actifs d’ici 2030 », a commenté Brigitte Courtehoux, sa dirigeante. Positionnée sur la mobilité pour les clients B to B et B to C au sens large, Free2move dispose d’une flotte globale de 450 000 véhicules en location, en autopartage et abonnement. L’acquisition définitive de Share Now reste soumise à la réglementation antitrust.
 

2 mai

📍 Abus de position dominante : l’Europe épingle Apple 

La Commission européenne adresse un avertissement à Apple, en pointant un risque d’abus de position dominante. En cause, le service Apple Pay, sa solution propriétaire destinée aux iPhone et iPad permettant d'effectuer des paiements sans contact en magasin. « Nous disposons d'éléments indiquant qu'Apple a restreint l'accès de tiers à la technologie clé nécessaire pour développer des solutions de portefeuilles mobiles concurrentes sur [ses] appareils, a déclaré la vice-présidente chargée de la politique de concurrence, Margrethe Vestager. Nous avons considéré, à titre préliminaire, qu'Apple pourrait avoir restreint la concurrence, au profit d'Apple Pay (…) S'il était confirmé, un tel comportement serait illégal au regard de nos règles en matière de concurrence. »

Le prix des carburants progresse à nouveau

« Un mois après l'entrée en vigueur de la remise sur les carburants, la facture continue d’augmenter », souligne Le Figaro dans un article publié ce mardi. Selon le ministère de la Transition écologique, le prix du gazole s’élève à 1,8815 euro par litre (soit une hausse de 0,6 centime en une semaine), le super SP95-E10 à 1,7623 euro par litre (+1,5 centime). « Pour l'heure, les prix restent bien inférieurs à leur niveau observé avant l'entrée en vigueur de la remise de quinze à dix-huit centimes au litre accordée par le gouvernement. Mais le gazole a augmenté de sept centimes en deux semaines, et le SP95 de près de deux centimes sur la même période. Les différents carburants sont ainsi presque revenus à leur niveau de début avril », ajoute le journal.

La croissance se tasse dans la zone euro

Sur le premier trimestre 2022, le PIB de la zone euro affiche une légère hausse de 0,2%  (+0,4% dans l’Union européenne), par rapport au trimestre précédent, selon l'estimation d’Eurostat. Au cours du quatrième trimestre 2021, le PIB avait augmenté de 0,3% dans la zone euro (+0,5% sur l’ensemble de l’UE), toujours selon l’office statistique de l'Union européenne.
A (re) lire : l’économie française face au risque de la "stagflation"

Qantas commande 52 nouveaux Airbus pour des vols XXL

La compagnie aérienne australienne Qantas a confirmé une large commande de 52 avions Airbus, incluant douze A350-1000. Ces appareils permettront d’effectuer « les plus longs vols commerciaux au monde », indique l’avionneur européen. D’ici fin 2025, des liaisons aériennes « non-stop » pourront relier des villes australiennes comme Sydney à des destinations aussi lointaines que Londres ou New York. Un première. La commande inclut également des avions A220 et A321XLR. Elle s’ajoute à un autre contrat en cours prévoyant la livraison de plus de 100 avions A320neo Family aircraft.

Lutte anti-drones : Thales et CS Group signent un contrat avec l’armée

Un consortium mené par Thales et CS Group vient de remporter un contrat auprès de l’armée française. Celui-ci porte sur « la réalisation et le déploiement de la capacité de lutte anti-drones » baptisée Parade. Le marché s’élève à « un montant global de 350 millions d’euros » étalé sur 11 ans. Le système Parade « viendra notamment renforcer la sécurité du public et des infrastructures lors de la Coupe du Monde de Rugby 2023 et des Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024, organisés successivement en France.

Le Journal des Entreprises passe à l’heure néo-aquitaine

Le Journal des Entreprises couvre désormais toute la Nouvelle-Aquitaine. 100% girondine depuis son implantation à Bordeaux en 2007, Le Journal des Entreprises se met à la mesure de la région néo-aquitaine. Avec ses 14 magazines, ses newsletters et sa base de données recensant plus de 100 000 articles sur les entreprises régionales françaises, le Journal des Entreprises vous offre un dispositif éditorial inédit pour suivre l’actualité des entreprises qui font vibrer l’économie en régions. 

La SNCF va recruter 600 salariés sur son réseau Transilien 

La SNCF annonce vouloir recruter 600 agents sur son réseau Transilien en 2022, dont 200 conducteurs de train et de tram-train, 150 commerciaux en gare et 150 techniciens de maintenance. Ou encore 60 cadres (ingénieurs, développeurs…). Pour rappel, le Transilien désigne le transport de voyageurs de la SNCF en Île-de-France. Ce réseau régional comprend 6 200 trains qui circulent quotidiennement et 15 lignes (dont cinq lignes de RER). Plusieurs facteurs expliquent ces embauches, comme le développement du réseau (prolongement à l’ouest de la ligne du RER E), le renouvellement des matériels roulants ou encore le remplacement de départs en retraite ou vers d’autres entités de la SNCF.
 

29 avril

📍 Bienvenue en stagflation !

Stagflation. Retenez bien ce terme tout droit sorti des années 1970, car il pourrait bien finir par définir 2022. Au vu des chiffres de l'Insee pour ce début d'année, en tout cas, cette potion amère, mélange de stagnation et d'inflation, est déjà arrivée en France. Et pour cause : en début d'année, la croissance du PIB s'est arrêtée et la hausse des prix s'est emballée, montrent les derniers chiffres de l'Insee.
A lire : Croissance à l’arrêt, inflation au sommet... l’économie française face au risque de la "stagflation"

L'inflation à des niveaux historiques dans l'industrie

L'incendie inflationniste se propage aussi dans l'industrie. En mars, les prix de production ont explosé de 4,6 % en un mois et de 24,4 % en un an, signale encore l'Insee. Il s'agit ni plus ni moins que "des plus fortes hausses enregistrées dans les séries [statistiques] disponibles depuis janvier 1995". Les prix d’importation font encore plus fort : respectivement +7,9 % et +35,2 %, nouveaux records sur 17 ans. La guerre en Ukraine est clairement pointée du doigt, comme une surcouche sur un terreau d'inflation favorable, en raison de la forte reprise économique du deuxième semestre 2021. Mais, désormais, l'énergie n'est plus la seule à soutenir ces augmentations : les produits alimentaires s'emballent également (+3,3 %, un taux 4 fois supérieur à celui relevé en février), avec la palme de la hausse la plus forte pour les huiles et graisses (+26,2 %, par exemple, sur le marché français).

Nouvelle hausse du Smic en mai

Une augmentation pour la Fête du travail. A compter de ce 1er mai, le Smic est revalorisé de 2,65%. Il s’établit désormais à 1 645,58 euros bruts mensuels, soit 10,85 euros de l’heure. Cette hausse est mécanique, parce que liée à l’inflation. Il s’agit de la troisième en sept mois.

Lobbying : 220 entreprises et associations risquent gros

De Nokia à France Nature Environnement en passant par le Bombardier transport ou encore le Planning familial : 220 entreprises ou associations -sur les 2 178 qui devaient au 31 mars déclarer leur activité- ont été visées ce vendredi 29 avril par la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) pour ne pas avoir déclaré leurs activités de lobbying en 2021. Parmi ces 220 non-déclarants, on retrouve aussi de nombreuses chambres consulaires, des organisations patronales, des fédérations agricoles mais aussi des organisations professionnelles comme ECF (experts-comptables et commissaires aux comptes de France) ou des entreprises. Les récalcitrants risquent une sanction pénale pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.

L’industrie aéronautique française veut recruter 15 000 salariés 

Cela va mieux pour l’industrie aéronautique et spatiale française, durement touchée par la crise du Covid. Le rebond se matérialise par une hausse de 7% du chiffre d’affaires du secteur en 2021, qui s’établit à 55 milliards d’euros, et par une augmentation de 68% des commandes par rapport en 2020. On doit ces chiffres au Gifas, la fédération professionnelle du secteur, qui est présidée par Guillaume Faury, le président d’Airbus. Ces bons résultats incitent les industriels tricolores à vouloir recruter 15 000 salariés en CDI cette année. C’est plus qu’en 2021, exercice durant lequel la profession a procédé à 9 000 embauches. Un chiffre toutefois insuffisant pour enrayer l’érosion des effectifs, passés de 194 000 salariés en 2020 à 188 000 personnes en 2021.  

Réseau Entreprendre : un Auvergnat prend la place d’un Nantais

L’Auvergnat Rémy Bourdier (président du groupe Oviance) est le nouveau président national de Réseau Entreprendre, une association d’entrepreneurs qui aide les créateurs et repreneurs d’entreprise. Il succède à ce poste au Nantais Olivier de La Chevasnerie, dirigeant de Sygmatel, qui occupait la fonction depuis quatre ans. Avec ses 65 associations territoriales et ses 15 000 chefs d’entreprise bénévoles, Réseau Entreprendre est l’une des principales structures d’accompagnement des jeunes entrepreneurs.
A lire : Nouveau président France pour Réseau Entreprendre

28 avril

📍 Le chômage en apparente chute libre

La tendance ne se dément pas. Au premier trimestre, les chômeurs inscrits à Pôle emploi et sans activité aucune (ceux dits de catégorie A) ont poursuivi leur impressionnante baisse au premier trimestre (-5 % en trois mois, -15,7 % en un an), selon le ministère du Travail. Autrement dit, ils n'étaient plus que 3,19 millions en France (hors Mayotte), au plus bas depuis 10 ans ! Sauf que, dans le même temps, et comme d'habitude depuis le début de la crise du Covid-19, les effectifs des demandeurs d'emploi en activité réduite (les catégories B et C), eux, continuent de gonfler (+0,7 % sur le trimestre, +4,7 % sur l'année). Une hausse attribuée à un changement dans la procédure d'actualisation des jeunes chômeurs depuis janvier, relativise cette fois l'administration.

L'activité partielle en progressif déclin

Du côté du chômage partiel, l'heure est aussi à la baisse, mais la trajectoire est beaucoup plus heurtée. En mars, il devrait rester environ 285 450 personnes placées sous ce régime (-22,6 % en un mois), selon une première estimation de la Dares (ministère du Travail). Un chiffre en baisse de 95,7 % par rapport à mars 2020, au tout début de l'ouverture du dispositif pour cause de pandémie ! Le nombre de bénéficiaires atteindrait ainsi son plus bas niveau en deux ans de crise sanitaire, après être reparti légèrement à la hausse en décembre-janvier. Pour autant, les salariés visés par une demande préalable baissent beaucoup moins vite (-9,3 %). Ils étaient encore près d'1,5 million à être concernés le mois dernier. Même tendance du côté de l'APLD. L'activité partielle de longue durée, récemment prolongée, ne concernait que 184 500 personnes en janvier (-8,4 %), au plus bas depuis août.

L'organisation du travail entre deux eaux

Ni tout à fait la même, ni tout à fait différente. Avec la levée du protocole sanitaire et des restrictions associées, les employeurs ont rapidement adapté leur organisation en mars. Sans pour autant revenir au monde du travail d'avant le coronavirus, montre le dernier tableau de bord de la Dares (ministère du Travail). Les arrêts maladie et le distanciel ont, en particulier, continuer à marquer les entreprises de leur empreinte.

La facture du "quoi qu'il en coûte", côté emploi

Et maintenant, l'addition, s'il vous plaît ! Dans une autre publication, la même Dares présente la note des mesures prises en faveur de l'emploi en 2020. Montant de la facture : 185,1 milliards d'euros, soit un surplus de 28,2 Md€ en un an (+18 %). Avec la crise du Covid-19, les politiques de "soutien au revenu" prennent la tête des dépenses avec 76,1 Md€ (+62,3 % à elles seules), boostées par le chômage partiel (24,2 Md€, moins qu'attendu initialement mais en hausse de 23 892 % !). Autre grand gagnant de cette première année de pandémie : la formation (18,9 Md€, +2,1 %), bien aidée par la création des aides à l'apprentissage (0,9 Md€ qui n'existait pas en 2019) et l'élargissement du FNE-Formation (311 M€ seulement... mais 44 fois plus qu'un an auparavant). A l'inverse, les incitations à l'embauche ont reculé d'1,7 % (à 73,2 Md€ quand même, dont 3 Md€ d'allègements de charges sociales spécial Covid-19), et l'accompagnement des chômeurs de 5,2 % (5,6 Md€).

Finance : l'impact environnemental des entreprises sous surveillance

La transition écologique par la contrainte financière. C'est sans doute ce qui attend les entreprises dans les prochaines années. Dernière preuve en date : la Banque de France annonce se brancher à la base de données environnementales "la plus importante au monde". L'objectif est clair : accélérer le verdissement de ses notations et investissements.

Agroalimentaire : ouverture des dérogations sur les emballages

Pour ne pas changer ses étiquettes, il faut d'abord remplir un formulaire. L'administration a ouvert en ligne la procédure de dérogation accordée aux entreprises contraintes de remplacer l'huile de tournesol, devenue rare, par des produits de substitution. D'une durée maximale de six mois, chaque exception à la réglementation sur l'étiquetage qui sera acceptée fera "l’objet d’un réexamen au bout de 3 mois", précise la Répression des fraudes.

Distribution : innovation juridique pour justifier le rachat de Conforama

Une première dans l'histoire de l'Autorité de la concurrence. Elle a définitivement validé, aujourd'hui, et sans contrepartie, le rachat de Conforama par le groupe Mobilux (magasins But), "en dépit des risques identifiés". Pour justifier ce feu vert inconditionnel, l'administration a fait valoir un principe qu'elle n'avait encore jamais employé : "l’exception de l’entreprise défaillante". Cette disposition permet "la reprise d’une entreprise qui disparaîtrait à brève échéance si l’opération n’était pas réalisée, et ce même si [celle-ci] porte atteinte à la concurrence". Or, malgré le poids des deux entreprises sur le marché de la literie et de l'ameublement, l'Autorité a considéré que leur alliance permettait "d’assurer un maintien de la diversité de l’offre". D'autant plus que Conforama était en proie à d'"importantes difficultés financières" et qu'aucune "offre alternative (...) moins dommageable pour la concurrence" n'existait à l'été 2020.

27 avril

📍 L'élan freiné de l'emploi cadre

Ce devait être une année record pour les embauches de cadres. Finalement, 2022 devrait marquer un simple retour à la normale. L'Apec a publié aujourd'hui des prévisions de recrutement revues et corrigées à la lumière de la guerre en Ukraine. Une crise qui ne sera pas sans conséquence pour l'emploi cadre, en particulier dans l'industrie. Pour autant les employeurs disent avoir toujours plus de mal à trouver la perle rare. Mais, sur ce point, l'association n'est pas loin de leur jeter la pierre !
A lire : La dynamique de l'emploi cadre contrariée par la guerre en Ukraine et les difficultés de recrutement

L'inflation déprime les Français...

Les ménages broient du noir en 2022. En avril, et pour le quatrième mois consécutif, leur confiance se replie : l'indicateur de l'Insee qui le mesure perd 2 points en un mois (-10 depuis janvier). Résultat, il tombe plus bas qu'au plus fort de l'épidémie de Covid-19 et rejoint son niveau de fin 2018, "lors du mouvement des Gilets jaunes". Les Français ressentent tout particulièrement le poids de l'inflation. "La part des ménages qui considèrent que les prix ont augmenté au cours des douze derniers mois (...) se situe au plus haut depuis l'été 2008", note l'institut. De quoi refroidir les envies de consommation : "l'opportunité de faire des achats importants" s'effondre ainsi de 9 points en un mois.

... et s'installe dans la durée

La fin de l'inflation, c'est un peu comme l'horizon. Plus on avance, et plus ils s'éloignent. La Banque mondiale estime désormais que "les prix vont se maintenir à des niveaux historiquement élevés jusqu’à la fin de 2024". Le pic devrait, en fait, être atteint cette année, mais le reflux s'étaler sur les deux suivantes. Ainsi, l'énergie pourrait bondir, en moyenne, "de plus de 50 % en 2022", les produits agricoles et les métaux d'environ 20 %. Il ne s'agit là que de moyennes : le gaz naturel européen pourrait, lui, voir ses cours doubler et le charbon bondir de 80 %, "soit des sommets historiques dans les deux cas". Problème : ces hausses ruissellent vers les produits dérivés (comme les engrais pour le gaz) et la recherche d'approvisionnements alternatifs, souvent plus coûteux, ne fait qu'entretenir cet emballement... lequel est, en plus, alimenté par les aides publiques, des "réductions d’impôts et subventions qui aggravent souvent les insuffisances de l’offre et les pressions sur les prix", regrette la Banque mondiale.
A (re)lire : Energie, carburant... les PME prises au piège de l'inflation

Crise Russie-Ukraine : la guerre du gaz est déclarée

L'énergie est décidément le nerf de la guerre. Dans la bataille du gaz, Moscou a dégainé le premier aujourd'hui. L'entreprise russe Gazprom a cessé d'approvisionner la Pologne et la Bulgarie. En cause : leur refus de régler leurs factures en roubles, comme l'exige désormais le Kremlin. L'Union européenne crie à la "provocation" et au "chantage". "Notre réponse sera immédiate, unie et coordonnée", a promis la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Dans l'immédiat, les deux pays vont être livrés par leurs voisins de l'UE. Et Bruxelles promet de continuer son travail, à la fois, sur des leviers d'"entraide immédiate" pour "atténuer les conséquences d'éventuelles perturbations" futures, et aussi sur la mise en place d'un "approvisionnement énergétique plus fiable, plus sûr et plus durable" à moyen et long terme.

Vague de coupures Internet en France

Le trafic Internet littéralement coupé sur plusieurs points du territoire. Des câbles ont été sectionnés, la nuit dernière, en France, selon plusieurs médias, ce qui a entraîné des pannes de réseau pour les abonnés à la fibre. Le fournisseur d'accès Free a confirmé de "multiples actes de malveillance sur l'infrastructure". Des opérations "coordonnées", estime Philippe Le Grand, président d'Infranum, la fédération du secteur.

26 avril

📍 Tourisme : une lumière au bout du tunnel

Et si cette année était la bonne pour les acteurs du tourisme ? Le ministre chargé du secteur Jean-Baptiste Lemoyne veut en tout cas y croire. Et pour cause : la plupart des voyants sont au vert, que l'on regarde dans le rétro de cet hiver ou que l'on se projette vers cet été. Mais la reprise est loin d'être acquise. D'autant que les entreprises ont beau avoir retrouvé des clients, elles manquent désormais de salariés.
A lire : Malgré les incertitudes, l’horizon se dégage pour les entreprises du tourisme en 2022

Agroalimentaire : l'Etat met de l'huile dans les rouages

Aux grands maux les grands remèdes. Face à la menace de pénurie en huile de tournesol, du fait de la guerre en Ukraine, le gouvernement autorise exceptionnellement les industriels de l'agroalimentaire à déroger à la réglementation sur les emballages. Ils pourront en effet choisir un ingrédient de substitution, sans pour autant avoir à modifier tout de suite les étiquetages des produits concernés. Ils auront alors deux mois pour signaler leur changement de recette, sans obligation de rentrer dans les détails. Ces évolutions seront toutefois répertoriées et précisées sur le site de la Répression des fraudes. La mesure sera valable pour une durée totale de six mois. Elle ne s'applique pas, en revanche, en cas de remplacement du tournesol par une matière allergène ou si cette modification contredit des mentions marketing figurant sur les paquets.

Prêts participatifs : les entreprises gagnent du temps

Un an de plus pour rembourser sa dette. L'Etat a modifié les conditions d'amortissement des prêts participatifs mis en place, au début de la crise du Covid-19, pour les TPE-PME les plus fragilisées par l'épidémie. Le différé de paiement du capital peut être désormais allongé de 12 mois supplémentaires "à la demande du bénéficiaire". Ce qui porte la durée totale de ce prêt particulier à 8 ans, au lieu de 7, explique un décret paru aujourd'hui. Un assouplissement qui ne concerne pas les PGE pour l'instant, au grand dam des entreprises qui en font la demande depuis des mois.

Prix des carburants : la Sécu passe à la caisse

C'est un peu une "remise carburant" à l'envers, sous forme d'expérience sectorielle. L'Assurance maladie a instauré, depuis hier, "une revalorisation financière exceptionnelle" des indemnités kilométriques et de déplacement pour les professionnels de santé conventionnés, comme les infirmiers libéraux qui réalisent des soins à domicile. D'une durée non-précisée, cette aide, "équivalente à 0,15 € par litre", se cumule au rabais de 15 centimes (soit 18 centimes TTC), déjà accordé par le gouvernement à tous les automobilistes jusqu'au 31 juillet.

Numérique : Lengow se met à l'espagnol

Le nantais Lengow étend son terrain de jeu. L'éditeur vient de mettre la main sur une société espagnole. Manière d'élargir son offre e-commerce, en même temps que son déploiement international.
A lire : L'éditeur de logiciels Lengow rachète l'espagnol Netrivals

25 avril

📍 Présidentielle 2022 : Emmanuel Macron reste à l'Elysée...

Il rempile pour cinq ans. Emmanuel Macron repart pour un second mandat à la tête de l'Etat, après sa victoire à l'élection présidentielle : le sortant a obtenu 58,54 % des suffrages exprimés au second tour, devant Marine Le Pen (41,46 %), selon les chiffres du ministère de l'Intérieur. En nombre d'électeurs, l'abstention se classe toutefois deuxième du scrutin. Prochain rendez-vous électoral à présent : les législatives des 12 et 19 juin. D'ici là, le Premier ministre Jean Castex pourrait donner sa démission pour laisser place à un nouveau gouvernement, censé symboliser, entre autres, le virage écologique promis par Emmanuel Macron.

... le patronat lui souhaite bon courage...

Emmanuel Macron était plus ou moins officieusement leur candidat favori. Maintenant qu'il est réélu à la tête de l'Etat, les organisations patronales lui souhaitent bon courage. "Europe, emploi, croissance, transition écologique : les chantiers sont devant vous. Il y a urgence !", écrit ainsi le patron du Medef Geoffroy Roux de Bézieux, sur Twitter. Même tonalité chez son homologue à la CPME : "Le président a devant lui des travaux d'Hercule", au moment où "le monde n'a jamais été aussi instable que ce que nous connaissons", affirme François Asselin, sur le site de BFMTV. Il s'inquiète aussi de la capacité d'action du futur exécutif, notamment sur les retraites : "La question va être comment faire accepter au plus grand nombre des réformes dont le pays a besoin, sans qu'il n'y ait de blocages."

... l'ESS lui transmet ses exigences...

Pas de répit pour le nouveau chef de l'Etat. En réaction à la réélection d'Emmanuel Macron, l'Union des employeurs de l'ESS (Udes) lui transmet déjà ses doléances. A savoir "la création d’un ministère délégué à l’économie sociale et solidaire" et l'organisation d'une "grande conférence sociale et environnementale, associant l'ensemble des partenaires sociaux et des parties prenantes aux réformes à venir". L'organisation plaide également pour pérenniser les actions et le "dialogue constructif" mis en place avec l'exécutif pendant la crise du coronavirus.

... et le transport routier le met en garde

C'est l'un des dossiers brûlants qui attend le futur gouvernement : calmer la hausse des prix en général, celle du carburant en particulier (voir ci-après). Si Emmanuel Macron l'avait oublié, les transporteurs routiers le lui ont rappelé dès aujourd'hui. « Certaines [entreprises] frôlent encore la faillite par manque de trésorerie », avertit ainsi le président de l'Otre Alexis Gibergues, dans une vidéo en ligne. « Le travail n'est pas fini et [les] différentes aides [du plan de résilience] sont loin d'être suffisantes », juge le dirigeant de cette organisation professionnelle. Il appelle donc le président de la République à de nouvelles mesures sur la fiscalité et la compétitivité, la « juste répercussion des coûts auprès de nos clients », ou encore la transition énergétique et l'attractivité des métiers. C'est que les patrons du secteur broient du noir, à en croire le dernier baromètre de la FNTR : 57 % se disent insatisfaits de la situation de leur entreprise au premier trimestre (+30 points en trois mois !)... en hausse, et au plus haut, pour la première fois depuis début 2020 et l'irruption du Covid-19 en France.

La "remise carburant" ne fait plus effet

Les routiers ont de quoi rester inquiets : les prix à la pompe ne reculent plus. Il remonte même sérieusement en ce qui concerne le gazole : au 22 avril, le litre coûtait, en moyenne sur une semaine, 1,8759 euro, soit 6 centimes de plus en sept jours (+3,5 %), selon les relevés hebdomadaires du ministère de la Transition écologique. Avec cette première progression en un mois, les prix reviennent même à leur niveau de début avril, au moment de la mise en place de la "remise carburant" censée les faire baisser. L'essence frémit aussi à la hausse, mais de manière plus mesurée : le sans plomb 95 atteint 1,7902 € (+0,5 %), le SP98 1,8449 € (+0,6 %)... et les deux redeviennent donc moins chers que le diesel. Enfin, à 1,3768 €, le GNR enchaîne, lui, sur une deuxième augmentation consécutive (+0,4 %).

Prix de l'énergie : du neuf avec du vieux ?

Du changement dans la continuité. Contre la flambée des prix de l'énergie, le futur gouvernement du nouveau quinquennat Macron devrait jouer sur deux leviers. D'abord, pour l'essence, une « aide plus significative et plus ciblée » que la remise carburant actuelle, censée s'éteindre au 31 juillet. Cette « option alternative » permettrait de viser « les personnes qui n'ont pas d'autre choix que de prendre leur véhicule pour aller travailler », celles qui « font 100, 150 km par jour », a expliqué Bruno Le Maire, ministre de l'Economie pour encore quelques jours au moins. Pour le gaz et l'électricité, pas de changement à prévoir : le bouclier tarifaire « sera maintenu jusqu'à la fin de l'année 2022 », a-t-il confirmé, ce matin, sur France Info.

Emploi : du mieux pour les travailleurs handicapés

Les demandeurs d'emploi en situation de handicap ont retrouvé le sourire en 2021. Embauches, apprentissage, créations d'activité... la plupart des voyants étaient au vert pour eux, en 2021, selon l'Agefiph. Reste un point noir : le chômage de longue durée.

22 avril

📍 Guerre en Ukraine : l'alerte rouge de CCI France...

Il y a urgence à aider les entreprises françaises. Le diagnostic du président de CCI France Alain Di Crescenzo est sans appel : les patrons sont assaillis de difficultés depuis que la guerre en Ukraine a éclaté. Explosion des coûts, pression sur les salaires, manque de matières premières, problèmes logistiques et contractuels... la liste de leurs maux est longue, et les chambres de commerce et d'industrie en savent quelque chose : l'Etat les a envoyées au chevet des entreprises pour leur administrer les remèdes du plan de résilience. Des remèdes parfois imparfaits, mais peu importe : il faut s'en saisir au plus vite pour espérer se sauver, insiste Alain Di Crescenzo auprès du Journal des Entreprises.
A lire : Pour Alain Di Crescenzo, « si nous ne donnons pas de l'oxygène aux entreprises maintenant, elles vont mourir »

... les marges des entreprises en danger...

La rentabilité des entreprises attaquée par la guerre en Ukraine. En zone euro, leurs marges pourraient diminuer, en moyenne, de 2 points cette année, selon une estimation d'Allianz Trade (ex-Euler Hermes). En cause : la hausse des prix, les problèmes d'approvisionnement et l'incertitude ambiante, néfaste aux investissements. Résultat, les risques de défaut de paiement repartent nettement à la hausse. Ils pourraient se traduire par un rebond des défaillances, estimé entre +12 et +19 %. Pour autant, l'assureur-crédit se montre rassurant : "Les entreprises disposent encore d'un coussin de sécurité assez important pour absorber la volatilité de court et moyen terme de leurs revenus, sans accroître les inquiétudes sur la soutenabilité de leurs dettes."

... les recettes hétérodoxes du FMI

Rassurant, le FMI ne l'est pas vraiment justement. Pessimiste pour la croissance, le Fonds monétaire international en a rajouté une couche aujourd'hui. Il promet "de graves conséquences économiques" sur le Vieux-Continent, car la guerre "a éclaté alors que la reprise post-pandémie n’était encore que partielle". Parmi les "nouveaux risques" issus de cette crise, "le plus préoccupant est celui d’un arrêt soudain de l’approvisionnement en énergie en provenance de Russie, qui entraînerait de considérables pertes de production". D'où l'appel de l'institution à "renforcer la sécurité énergétique de l'Europe, tout particulièrement en développant les énergies renouvelables et en gagnant en efficience". En attendant, le FMI plaide pour des aides "aux ménages et aux entreprises qui peinent à acheter des produits de base devenus plus coûteux", la baisse des impôts, la hausse des allocations chômage et des mesures ciblées pour l'intégration notamment professionnelle des réfugiés ukrainiens.

Et pourtant, l'économie française est en effervescence...

On finit ce tour d'horizon de la conjoncture sur une bonne nouvelle quand même ? L'activité du secteur privé français aurait atteint un sommet en avril, selon S&P Global. Fruit d'une enquête menée auprès des directeurs d'achat, son indice PMI s'est élevé à 57,5 ce mois-ci, au plus haut depuis janvier 2018 ! Un dynamisme attribué aux services, libérés par le démantèlement des restrictions sanitaires contre le Covid-19. En revanche, dans l'industrie, "les pénuries de matières premières et composants, ainsi que la guerre en Ukraine, ont limité la hausse de la production". Autre bémol : la hausse des prix facturés a signé "un sommet historique pour le deuxième mois consécutif, les entreprises cherchant à protéger leurs marges en répercutant la hausse de leurs coûts sur les clients"... Décidément, on en revient toujours à cette histoire d''inflation.

RH : une semaine de travail sur 4 jours, chiche ?

Ce ne fut pas le sujet-phare de la campagne présidentielle, loin s'en faut. A l'heure de la "valeur travail" triomphante, la semaine de quatre jours peut faire tache. Pourtant, à bas bruit, certains employeurs se sont laissés séduire par ce mode d'organisation condensée. Et ils y trouvent même leur compte. A l'image du vosgien JC Logistique, pour qui la formule s'est avérée gagnant-gagnant.
A lire, le témoignage de Régine Crouet : « Comment j'ai fait passer ma PME à la semaine de quatre jours »

21 avril

📍 Présidentielle 2022 : le bras de fer en 10 points...

Projet contre projet. Pendant près de trois heures, hier soir, Emmanuel Macron et Marine Le Pen ont exposé deux « visions » bien différentes de la France, et de l'Europe, à l'occasion du traditionnel débat d'entre-deux tours de l'élection présidentielle. Si les entreprises ont été reléguées au second plan, les sujets économiques ont tout de même affleuré tout au long du débat. Salaires, énergie, PGE, travail détaché... retour en 10 points sur ce bras de fer présidentiel.
A lire : Ces 10 sujets économiques qui ont opposé Marine Le Pen et Emmanuel Macron lors du débat

... les petits patrons convaincus par Macron

Le débat présidentiel n'a pas déchaîné les passions du côté du patronat. Parmi les principales organisations nationales, seul l'U2P a officiellement réagi. Encore hésitant il y a une semaine, le représentant des artisans, commerçants et indépendants a, cette fois, pris clairement position pour Emmanuel Macron. Son programme "est le seul à préserver les chances de la France en matière économique et d’emploi", a tranché le Conseil national de l'Union des entreprises de proximité, "rassuré" aussi par la gestion de la crise du Covid-19. A l'inverse, l'U2P déplore, chez Marine Le Pen, "de nombreuses incertitudes et approximations budgétaires. Or, les chefs d’entreprise (...) appellent de leurs voeux un climat économique de nature à relancer l’investissement, à favoriser l’embauche et à faciliter la consommation des ménages", insiste le communiqué.

Sur le pouvoir d'achat, les employeurs ont un pouvoir d'action

Comment redonner du pouvoir d'achat aux salariés en cette période d'inflation ? La question a occupé les premières minutes du débat présidentiel d'hier, l'occasion pour Emmanuel Macron et Marine Le Pen de s'écharper sur leurs propositions respectives. Mais inutile d'attendre le verdict des urnes pour passer à l'action. Des moyens, à la main des employeurs, existent déjà pour améliorer le quotidien du personnel... sans pour autant toucher à sa rémunération.
A lire : Sept leviers pour augmenter le pouvoir d'achat de ses salariés

Le moral des dirigeants façon puzzle

L'impact de la guerre en Ukraine fait débat chez les patrons. Globalement, le contexte économique a continué de peser sur leur moral en avril : en net repli le mois dernier, le climat des affaires, mesuré par l'Insee, a encore perdu 1 point. Il est au plus bas depuis un an, juste après le dernier confinement. Mais, selon les secteurs, la situation est, en réalité, très contrastée : le commerce de détail se désespère (-6 points en un mois, et désormais à 7 unités sous sa moyenne de longue période), les services se maintiennent, l'industrie se console (+1, grâce à une confiance retrouvée sur les carnets de commandes) et le bâtiment se revigore (+2)... mais en apparence seulement. Car, dans le BTP, les chefs d'entreprise sont aux prises avec des difficultés d'approvisionnement historiques, souligne aussi l'Insee.

Industrie : une si chère inflation

Si les difficultés d'accès aux matériaux étranglent le BTP, la hausse des prix de l'énergie asphyxie, elle, l'industrie. L'inflation actuelle complique sérieusement l'équation économique des usines françaises. Un sujet sensible, au point d'être parfois tabou. Exemple en Auvergne-Rhône-Alpes, où notre rédaction locale a mené l'enquête sur les dégâts infligés par cette flambée.
A lire : Comment les industriels d'Auvergne Rhône-Alpes s’adaptent à l'envolée des prix de l'énergie

Chimie : une si faible croissance

La chimie arrêtée dans son élan. En 2022, la filière s'attend à "une croissance modeste" de son chiffre d'affaires, de 1 à 2 %. La faute notamment à l'envolée des prix de l'énergie, à des "problèmes de transport persistants" et à d'autres "difficultés opérationnelles (notamment des pénuries d’intrants)" aggravées par la guerre en Ukraine, explique l'organisation professionnelle France Chimie. De quoi entraver le retour à la normale engagé en 2021. L'an dernier, le CA du secteur avait progressé de quasiment 6 % en un an, les investissements productifs de plus de 20 % et les exportations atteint 69 milliards d’euros, "un nouveau record". Las, la production française est restée inférieure de 2,8 % à ce qu'elle était en 2019, avant la crise sanitaire (contre +3,6 % au niveau européen).

France 2030 : les investissements industriels bientôt soutenus

Peu importe le prochain locataire de l'Elysée, les entreprises devraient bientôt bénéficier d'un nouveau coup de pouce à l'investissement. La Commission européenne a autorisé, aujourd'hui, la France à mobiliser 7 milliards d'euros jusqu'au 31 décembre, au titre des aides publiques contre la crise du coronavirus. Ces fonds seront dédiés à "des investissements durables", dans le cadre du plan France 2030. A destination de l'industrie, ils iront "notamment" à la chimie, l'automobile et les fabricants de machines et équipements, à raison de 70 millions d'euros maximum par bénéficiaire. "Jusqu'à 1 000 entreprises" devraient être concernées, selon Bruxelles.

20 avril

📍 Présidentielle 2022 : les entreprises dans le débat ?

Face-à-face sous les projecteurs, cinq ans plus tard. Le traditionnel débat d'entre-deux tours de l'élection présidentielle se tiendra ce soir, à 21h. Comme en 2017, il opposera Marine Le Pen à Emmanuel Macron. Huit thèmes seront abordés au cours de la soirée, selon France Info. Le pouvoir d'achat ouvrira le bal, avant un détour par l'international, puis un enchaînement de sujets liés, de près ou de loin, aux entreprises, à travers les questions de modèle social, d'environnement et de compétitivité-attractivité de la France. La jeunesse, la sécurité et les institutions clôtureront les échanges. Pour ceux d'entre vous qui auraient autre chose à faire, pas de panique : Le Journal des Entreprises vous résumera la partie économique de ces discussions, à l'issue du débat.

Les embauches font de la résistance

La conjonction des crises n'a pas refroidi les employeurs. Entre janvier et mars, malgré la cinquième vague de Covid-19 et le début de la guerre en Ukraine, les embauches se sont, certes, infléchies, mais elles sont restées à un niveau très élevé pour le troisième trimestre consécutif, selon l'Urssaf. Les CDI résistent toutefois bien mieux à la conjoncture que les contrats les plus courts.

Carburants : le prix du GNR repart de l'avant

L'effet de la "remise carburant" s'essouffle déjà. Le prix du litre de GNR est reparti à la hausse la semaine dernière : à 1,3715 euro en moyenne au 15 avril, il a rebondi de 6 centimes, soit +4,7 % en sept jours, selon le relevé hebdomadaire du ministère de la Transition écologique. Autrement dit, les deux baisses successives enregistrées en début de mois sont d'ores et déjà effacées. Les autres carburants, eux, poursuivent leur déclin, mais à un rythme beaucoup plus lent, autour de -1 centime à peine, que ce soit pour le gazole (1,8116 €, -0,5 %), le sans plomb 95 (1,7805 €) ou le SP98 (1,834 €). Malgré leur recul modeste (-0,7 %), les deux derniers sont désormais retombés à leur niveau de début février.

Automobile : mars, et ça ne repart pas... du tout

Le marché automobile de l'UE touche (encore) le fond. En mars, les ventes ont enregistré leur 9e baisse consécutive et plongé de 20,5 % sur un an, selon l'Association des constructeurs européens (Acea). Avec 844 187 véhicules écoulés, elles ont atteint leur plus bas niveau, à cette période de l'année, depuis mars 2020, quand l'irruption du Covid-19 avait complètement paralysé les immatriculations. Cette fois, le blocage vient de l'offre, et, en l'occurrence, de la poursuite des "perturbations des chaînes d'approvisionnement, exacerbées encore davantage par l'invasion russe de l'Ukraine". Une situation qui a notamment conduit à l'arrêt d'usines Renault en Meurthe-et-Moselle ou, encore cette semaine, dans le Nord. Evolution contrastée pour les groupes français justement : le mois dernier, Stellantis a signé l'une des pires performances du marché (-32,9 % en un an), quand Renault a limité la casse (-14,1 %). Sur l'ensemble du premier trimestre, les ventes européennes restent déprimées (-12,3 %). Rapportées à 2019, c'est-à-dire avant la pandémie, elles s'effondrent même de 44,3 %.

La double peine de l'économie mondiale

La guerre en Ukraine ajoute de l'huile sur une croissance mondiale déjà consumée par les braises du Covid-19. Le diagnostic du FMI est sans appel : le PIB de la planète ne devrait progresser que de 3,6 % en 2022, soit 0,8 point de moins que prévu en janvier. La correction est encore plus forte pour la zone euro (+2,8 % de croissance attendus, soit 1,1 point de perdu), tandis que la France résisterait un peu mieux avec +2,9 % (en baisse de 0,6 point quand même). Ce "net ralentissement" s'accompagnera d'une inflation plus forte (+5,7 % dans les pays développés) et pendant "plus longtemps" qu'envisagé. La raison en est simple : "L'invasion [russe] (...) aggrave les difficultés économiques engendrées par la pandémie" de Covid-19, déplore le Fonds monétaire international. Or, la suite de l'année dépendra de l'évolution de chacune de ces deux crises. D'où "un degré d’incertitude exceptionnellement élevé" qui n'inspire guère à l'optimisme. Un constat que partageait, déjà, la Banque de France, il y a une semaine.

L'entreprise à mission, pour quoi faire ?

Petit-à-petit, la société à mission fait son nid. Fin 2021, la France comptait 505 structures converties à cette démarche, selon l'observatoire de la Communauté des entreprises à mission. Autrement dit, leur nombre a plus que doublé en un an. Et après ? A quoi peut bien leur servir de se doter d'une raison d'être et, surtout, qu'est-ce que ça change vraiment pour elles et leur environnement ? Pour le savoir, notre rédaction de Loire-Atlantique - Vendée est allée à la rencontre d'entreprises pionnières, dans une région, les Pays de Loire, parmi les plus en pointe dans le domaine.
A lire : Les sociétés à mission partent à la conquête d'un nouveau modèle d'entreprise

19 avril

📍 Les aides exceptionnelles au transport entrent en vigueur

Le gouvernement l'avait annoncé, le décret vient de paraître. Suite à la hausse du prix des produits pétroliers résultant du conflit en Ukraine, l’État met en place des aides exceptionnelles à destination du secteur des transports, avec entrée en vigueur immédiate. Plus précisément, il s'agit d'aides au véhicule (entre 300 euros pour une ambulance et 1 300 euros pour un véhicule tracteur de transport routier de marchandises), au bénéfice des entreprises dont l'activité principale est le transport public de marchandises ou de voyageurs par autocar, mais aussi des entreprises de transport sanitaire. Les sociétés de négoce d'animaux vivants sont également concernées. Pour connaître les conditions d'éligibilité et les montants alloués : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000045536740

Hydrogène vert : un marché de 10 milliards d’euros en France

Produit à partir de l’électrolyse de l’eau, l’hydrogène vert a le vent en poupe. "La puissance cumulée des électrolyseurs à fabriquer et à raccorder au réseau électrique avoisinera 6,5 gigawatts en 2030", indique le syndicat professionnel Gimelec. Une nouvelle infrastructure qui engendrera des retombées pour les fabricants de matériel électrique et d’automatismes. Le marché est "estimé à 10 milliards d’euros d’ici 2030" en France, selon le Gimelec.

Stellantis suspend sa production en Russie

Le groupe automobile Stellantis (282 000 salariés) interrompt sa production en Russie. "Suite au renforcement jour après jour des sanctions croisées et aux difficultés logistiques rencontrées quotidiennement, Stellantis a décidé de suspendre son activité industrielle à Kaluga afin de garantir le respect total de l’ensemble des sanctions croisées et protéger ses employés", indique, dans un communiqu, le groupe issu de la fusion de PSA et Fiat Chrysler.

French Tech : les levées de fonds battent encore des records

Les start-up de la French Tech surfent sur une belle dynamique. D’après le baromètre du capital-risque publié par EY, plus de 230 levées de fonds ont permis de récolter 5 milliards d’euros en France, au premier trimestre 2022. Soit une hausse d’environ 150 % par rapport au premier trimestre 2021. Une étude qui inclut à la fois les chiffres du capital-risque et du capital-développement. Il s’agit du "meilleur trimestre jamais enregistré", ajoute le cabinet d’audit. Un essor notamment tirée par les levées de fonds de Qonto (486 millions d'euros), Back Market (450 millions d'euros) et Doctolib (400 millions d'euros). A noter aussi que la France a attiré presque deux fois plus de fonds que l’Allemagne au premier trimestre.

Deliveroo condamnée pour travail dissimulé

Le tribunal judiciaire de Paris a infligé une amende de 375 000 euros à Deliveroo France, jugée pour "travail dissimulé", a indiqué l’Agence France Presse sur son compte Twitter. "Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet qui demandait la peine maximale" à l'encontre de la plateforme de livraison de repas. Il s’agit du premier procès pénal de "l’ubérisation" en France, "avec comme un enjeu le véritable statut de ses livreurs", poursuit l’AFP sur le réseau social.

L’embargo sur le pétrole russe "plus que jamais nécessaire" pour Bruno Le Maire

"Avec Emmanuel Macron, nous avons toujours dit que nous voulions un embargo sur le charbon - c’est fait - et un embargo sur le pétrole russe", a précisé Bruno Le Maire au micro d’Europe 1, le 19 avril. "Plus que jamais, il est nécessaire d’arrêter les importations de pétrole venu de Russie", pour porter un coup "au financement de la guerre en Ukraine", a ajouté le Ministre de l’Économie et des Finances, interrogé sur le conflit et la situation dans la province du Donbass. "Nous essayons de convaincre nos partenaires européens d’arrêter les importations", a-t-il également déclaré.

15 avril

📍 Présidentielle : la rémunération des patrons s’invite dans le débat 

66 millions d’euros : 19 millions d’euros de salaires et de primes auxquels s’ajoutent des actions gratuites et une rémunération exceptionnelle pour la transformation du groupe estimée à 47 millions d'euros d’ici 2026. Retoquée par une majorité d’actionnaires du constructeur automobile Stellantis (ex-PSA), la rémunération record de son PDG Carlos Tavares s’invite dans le débat de l’élection présidentielle. Ce vendredi matin sur France Info, Emmanuel Macron a dénoncé des montants « astronomiques, excessifs et choquants » et en appelle à une approche européenne pour lutter contre les rémunérations abusives des grands patrons. De son côté, Marine Le Pen estime que « le meilleur moyen d’atténuer ces rémunérations qui sont hors de proportion », est de « faire entrer les salariés » au capital en tant qu’actionnaires. Pendant ce temps, aux Pays-Bas, c’est la rémunération record du PDG d’Universal Music qui fait débat : près de 274 millions d’euros en 2021.

Les créations d’entreprises rebondissent en mars

Après un net repli de 4,7% en février, le nombre de créations d’entreprises s’est redressé en mars, avec un rebond de 1,9%, selon la dernière étude de l’Insee publiée ce vendredi. Une hausse qui concerne tous les types d’entreprises, avec cependant des disparités. Les créations de micro-entreprises augmentent ainsi de 2,3% après une chute de 7,3%, tandis que les créations d’entreprises classiques se redressent de 1,6%, après une chute de 0,4%. Sur les douze derniers mois, le nombre de créations d’entreprises augmente fortement en mars (+8,5%), sans atteindre toutefois le rythme du mois précédent (+13,5%). Des chiffres en hausse, donc, mais à mettre en perspective avec la lourde chute des créations d’entreprises durant le premier confinement de 2020. 

Les prix à la consommation continuent de grimper 

Toujours selon les chiffres de l’Insee publiés ce vendredi, l’indice des prix à la consommation poursuit son ascension. En mars, il a augmenté de 1,4%, après une hausse de 0,8% en février. Après avoir augmenté de 3,6% en février, la flambée des prix de l’énergie se poursuit (+ 9%), dans le sillage de celle des prix des produits pétroliers (+17% après +5,6%). Dans une moindre mesure, les prix des produits manufacturés augmentent quant à eux de 1,4%, tout comme ceux de l’alimentation (+0,9%). En revanche, les prix des services ralentissent légèrement (+0,2%), en raison notamment du repli des prix des services de transports (-0,9%). Sur un an, l’inflation sous-jacente augmente ainsi de 2,5 %.

Pour suivre l’inflation, le Smic revalorisé de 2,65% en mai 

Conformément à la loi et pour la troisième fois en sept mois, le Smic augmentera automatiquement de 2,65% le 1er mai, afin d’augmenter dans les mêmes proportions que l’inflation. De quoi passer au-dessus de la barre des 1 300 euros net mensuel (1 302,64 euros très exactement), soit une hausse de 34 euros. En brut, le Smic mensuel s’établira ainsi à 1 645,58 euros, soit 10,85 euros de l’heure contre 10,57 euros à l’heure actuelle. Selon le ministère du Travail, cette hausse devrait bénéficier directement à plus de deux millions de salariés. Depuis mai 2021, le Smic aura ainsi augmenté de 5,9%, soit 72 euros net. Pour mémoire, aucun des deux candidats à la présidentielle ne souhaite, à l’heure actuelle, aller au-delà de cette augmentation automatique. 

Energie : la France veut être championne d'Europe 

En déplacement à Nantes, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée en charge de l’Industrie, a accordé un entretien exclusif au Journal des Entreprises. Dans le contexte de crise en Ukraine et de crise de l’énergie, elle fait part des inquiétudes des industriels, évoque le développement des filières énergétiques et parle des projets industriels conduits à l’échelle de l’Europe. Pour elle, la France doit devenir le champion européen de l’énergie. Cocorico, la France vient d’installer sa première éolienne offshore, au large du Croisic. Sauf que la ministre l’avoue elle-même, la France est très en retard par rapport à ses voisins en matière d’éolien marin. Notamment à cause des nombreux recours contentieux qui s’élèvent contre les champs marins et, plus largement, contre un certain nombre de grands projets en France. Pour gagner du temps, la ministre de l’Industrie a une solution. « Nous travaillons sur des mesures juridiques, une ordonnance, pour accélérer les procédures administratives de validation des installations classées », confie-t-elle.
A lire : "Dans le domaine de l’énergie, notre ambition est de prendre le leadership en Europe"

L’euro à la peine face à un dollar en pleine forme 

Pour la première fois depuis mai 2020, l’euro a atteint le seuil de 1,08 dollar ce vendredi. Tandis que la Banque centrale européenne (BCE) campe sur sa politique monétaire en maintenant des taux à un niveau historiquement bas malgré une inflation record, la Banque centrale américaine (Fed) est plus offensive et a d'ores et déjà amorcé un relèvement des taux, tout comme d’autres grandes économies telles que le Canada, le Royaume-Uni ou encore la Corée du Sud. Une politique attentiste de la BCE, certes liée aux incertitudes des conséquences de la guerre en Ukraine, mais qui n’est pas sans interroger de nombreux observateurs internationaux face à un dollar en pleine forme.

14 avril

📍 Le réaménagement des PGE boudé par les entreprises

Encore un dispositif qui fait pschitt ? Le rééchelonnement des prêts garantis par l'Etat (PGE), tel que proposé par le gouvernement en début d'année, n'a en tout cas pas entraîné de ruée sur la Médiation du crédit. Mais ce service de la Banque de France reste toujours autant mobilisé, pour tenter de dénouer les différends entre les entreprises et leurs banques. Avec de moins en moins de succès.

Présidentielle 2022 : les indépendants dans l'expectative

Après la CPME et le Medef, au tour de l'U2P de se positionner pour le second tour de la présidentielle. Sans vouloir donner de consigne de vote, l'Union des entreprises de proximité distribue les bons et les mauvais points aux candidats. Elle salue le bilan d'Emmanuel Macron (gestion de la crise sanitaire, plan pour les travailleurs indépendants, soutien à l'apprentissage) et souligne "la place accordée par Marine Le Pen aux plus petites entreprises dans son programme". Mais l'organisation exige aussi du premier "sa reconnaissance du rôle des partenaires sociaux et de la démocratie sociale". Et s’inquiète du "sérieux budgétaire" de la seconde "et des risques encourus par l’économie française" si elle est élue. Aux deux finalistes, l'U2P demande, par ailleurs, de se prononcer sur une réforme de la représentativité patronale et la lutte contre les difficultés de recrutement.

L'économie européenne mise au pas par la guerre

Plus les jours passent, plus le constat s'impose : « La guerre en Ukraine a de sérieuses répercussions sur l’économie de la zone euro. » Au point de nettement obscurcir ses perspectives de croissance. Le diagnostic provient, cette fois, de la présidente de la Banque centrale européenne. Sans donner de chiffres précis, Christine Lagarde a estimé que la croissance, « faible au premier trimestre 2022 », allait rester dans « l'atonie » ensuite. C'est que la crise russo-ukrainienne « [pèse] lourdement sur la confiance » des acteurs économiques, alourdit le budget des ménages et les coûts des entreprises, « entraîne de nouveaux goulets d’étranglement » pour les approvisionnements... Bref, le sort de l'économie européenne est désormais lié « à la suite du conflit, [aux] retombées des sanctions en vigueur et [aux] éventuelles mesures supplémentaires ». Mais, déjà, la patronne de la BCE estime que « les prix de l’énergie demeureront élevés à court terme ». Or, le danger est que leur persistance à de tels niveaux, associée à « une perte de confiance pourraient ralentir la demande et freiner la consommation et l’investissement plus fortement que prévu ».
A (re)lire : L'économie française entravée par les crises internationales en début d'année

Relocaliser, la fausse bonne idée ?

Il faut sauver la mondialisation ! Ebranlé par la crise du coronavirus, et maintenant la guerre en Ukraine, le mouvement d'ouverture et d'interconnexion globales des économies semble avoir du plomb dans l'aile. A tel point qu'après l'OMC, c'est le Fonds monétaire international qui monte au créneau avec un credo : contre les difficultés d'approvisionnement, la relocalisation n'est pas la solution, mais plutôt un problème. Car la clé, explique le FMI, c'est la diversification, et donc plus, plutôt que moins, d'échanges internationaux.

Energie : du biogaz multi-usages en Mayenne

Les Pays de la Loire à la pointe de la transition énergétique. Après la première éolienne en mer de France, implantée cette semaine au large de la Loire-Atlantique, c'est au tour du site mayennais d'Evergaz d'annoncer un positionnement inédit dans le pays, en tant que producteur de biogaz.
A lire : Evergaz devient le premier site de méthanisation de France à valoriser son gaz sous quatre formes

13 avril

📍 La croissance tout près du point mort

L'économie française refroidie par le climat international. La croissance devrait être deux fois plus faible que prévu au premier trimestre, estime désormais la Banque de France. La faute à la guerre en Ukraine, mais pas seulement. L'autre coupable est bien connu et tout trouvé : le Covid-19.
A lire : L'économie française entravée par les crises internationales en début d'année

Vers un retour à la normale des défaillances en 2023

Les défaillances d'entreprise n'ont pas fini de remonter. La tendance à la hausse, déjà constatée au premier trimestre, devrait se confirmer, selon une étude conjointe du courtier AU Group et du cabinet EY : ils attendent près de 40 000 procédures collectives cette année (contre un peu plus de 28 000 en 2021), avant un retour, en 2023, au niveau d'avant-coronavirus (c'est-à-dire au-dessus de 50 000 dossiers annuels). Parmi les principales victimes attendues de cette forme de normalisation de l'économie : les PME, mais aussi le BTP et l'industrie (agroalimentaire, automobile, aéronautique). D'autant que ces secteurs sont les premières victimes de la crise russo-ukrainienne.
A (re)lire : Les défaillances d'entreprise signent leur retour en force au premier trimestre 2022

Présidentielle 2022 : passe d'armes sur la santé des entreprises

La remontée des défaillances d'entreprise s'invite justement dans la campagne d'entre-deux tours de la présidentielle. Après Altares hier, c'est la Banque de France qui a confirmé aujourd'hui, avec ses propres chiffres, la hausse des procédures collectives (+31,5 % en mars sur un an et +6,3 % si l'on cumule les douze derniers mois). L'institution en arrive à la même conclusion : "Il n'y a pas, à ce stade, de signe d'une vague de faillites à venir", car les dossiers restent bien moins nombreux qu'en 2019, avant l'épidémie de coronavirus (respectivement -26,2 % et -44,8 %). Pour autant, en visite dans une cimenterie des Hauts-de-Seine, Marine Le Pen a fustigé « la France de Macron, c'est une France qui s'arrête. Au moment où nous nous parlons, des entreprises ferment leurs portes. » La candidate RN a donc proposé, « notamment pour les PGE », un allongement ou un report du délai de remboursement « sans sanctions bancaires ». Ce à quoi Bercy a répondu, dans la journée, par un rappel des chiffres, jugés rassurants, sur l'amortissement de ces prêts garantis par l'Etat et sur les mesures d'aménagement annoncées en début d'année. Quant au redressement des défaillances, le gouvernement y voit surtout un « retour à la normale économique ».

Le "quoi qu'il en coûte" bouge encore

L'Etat repaye sa tournée d'aides d'urgence. Plusieurs dispositifs ont été rallongés ces derniers jours, au bénéfice des discothèques, restaurants et associations. Objectif de cette résurgence tardive du "quoi qu'il en coûte" : compenser, encore et toujours, les pertes subies l'an dernier par ces entreprises, du fait des restrictions sanitaires contre le Covid-19.

Le "traitement de sortie de crise" fait un flop

Le moins que l'on puisse dire, c'est qu'elle n'a pas attiré les foules. La procédure de "traitement de sortie de crise" n'a été utilisée que 32 fois depuis son lancement en octobre, selon le cabinet Altares. Imaginée en juin, cette procédure simplifiée s'adresse aux entreprises de moins de 20 salariés, jugées saines avant le Covid-19, mais en cessation de paiement depuis. Son succès est tout aussi mitigé que sa popularité : 2 dossiers ont quand même débouché sur un redressement ou une liquidation, seulement 10 autres ont abouti un plan d'apurement des dettes sur une durée de cinq à dix ans. Pour le cabinet d'études, la principale limite de ce dispositif, ouvert jusqu'au 2 juin 2023, tiendrait à l'obligation faite au bénéficiaire de continuer à payer le personnel, sans recours possible au régime de garantie des salaires.

Eolien : première à Saint-Nazaire

C'est un peu l'arbre qui cache la forêt au milieu de l'océan. La première éolienne en mer de France vient d'être installée en Loire-Atlantique. Quelque 79 autres devraient suivre au sein du parc de Saint-Nazaire. Insuffisant toutefois pour rattraper le retard du pays dans ce domaine par rapport à ses voisins européens.
A lire : Une première éolienne en mer implantée au large du Croisic pour EDF

12 avril

📍 Défaillances d'entreprise, le retour

Une marée montante, plutôt qu'un raz-de-marée. Au premier trimestre 2022, les procédures collectives ont rebondi de plus d'un tiers en un an, selon les chiffres du cabinet Altares. Une explosion de défaillances à relativiser, vu leur nombre extrêmement bas depuis le début de la crise du coronavirus. Mais dans certains segments de l'économie, et notamment pour les plus petites PME, ce retour progressif à la normale se fait déjà à vitesse grand V.
A lire : Les défaillances d'entreprise signent leur retour en force au premier trimestre 2022

Saison gagnante pour les montagnes

Après le trou noir, le paradis blanc. Victimes de la fermeture des remontées mécaniques la saison dernière, les stations de ski finissent cet hiver avec le sourire. Et pour cause : le bilan s'annonce très positif, malgré la cinquième vague de Covid-19 et l'absence de certaines clientèles étrangères.
A lire : En 2021-2022, les stations de ski retrouvent des couleurs

Présidentielle 2022 : pour qui votera le patronat ?

Unanimité au Medef, neutralité à la CPME. Pour le second tour de l'élection présidentielle, les organisations patronales adoptent chacune leur propre posture. Hier soir, le conseil exécutif du Mouvement des entreprises de France s'est clairement prononcé en faveur d'Emmanuel Macron. Son programme "est le plus favorable pour assurer la croissance de l’économie et de l’emploi dans notre pays" et pour "préparer la France aux défis de l’avenir"... "même s’il comporte des lacunes", nuance le communiqué de presse, sans dire lesquelles. A l'inverse, les mesures économiques de Marine Le Pen "[conduiraient] le pays à décrocher par rapport à ses voisins et à le mettre en marge de l’Union européenne", juge le Medef. Côté CPME, officiellement, on s'en tient à une « position de neutralité », comme à chaque élection, assure son président. Les deux candidats portent un « regard bienveillant sur les entreprises », s'est-il félicité sur BFM Business, ce matin. Mais après avoir appelé « chacun [à] se faire son opinion » à la lumière des 76 propositions de son organisation, François Asselin a fini par lâcher que « Marine Le Pen, bien évidemment, c'est un petit peu l'aventure ».
A (re)lire : notre article sur les attentes du patronat pour le prochain quinquennat et notre dossier sur ce que veulent les jeunes entrepreneurs en particulier

La déprime des échanges extérieurs...

L'éclaircie aura été de courte durée. Après son redressement de janvier, le déficit commercial de la France s'est de nouveau creusé en février (-10,3 milliards d'euros), selon les douanes. Ce qui le porte à des profondeurs abyssales sur douze mois (-93 Md€). La faute au plongeon des exportations, en baisse de quasiment 2 Md€ (soit -4 % en un mois), alors que les importations se sont, elles, maintenues (+0,7 %). Bonne nouvelle quand même : "La France retrouve sa position traditionnelle d’exportatrice nette d’électricité, ce qui n’était plus le cas depuis trois mois." A noter que les douanes insistent, pour leur part, sur un redressement du solde commercial et des exportations françaises, mais elles se basent, pour cela, sur la moyenne des trois derniers mois, effectivement plus favorable.

... la foule des exportateurs français

Le déficit commercial se creuse... et pourtant, la France n'a jamais compté autant d'exportateurs de biens depuis le début du siècle ! En 2021, 136 400 "opérateurs" ont été recensés, toujours par les douanes, mais dans une publication séparée. Soit une hausse de 5,2 % en un an, et même +6,2 % du côté des PME et micro-entreprises. Les sociétés engagées à l'international l'an dernier ont surtout fait le choix de la proximité : seule destination en croissance, l'Union européenne a attiré 7,2 % d'exportateurs français en plus. Précision importante : ce bilan 2021 est à prendre avec des pincettes, car artificiellement gonflé par "des évolutions techniques, sans lien avec la conjoncture économique", précise l'administration.

L'économie mondiale au rythme de la guerre en Ukraine

La guerre en Ukraine ne fera pas que des dégâts dans ce pays. D'un point de vue économique, elle sera également "coûteuse et dangereuse pour le monde", avertit l'OMC dans une note d'analyse. Au passage, l'organisation révise à la baisse ses prévisions pour la croissance et le commerce internationaux en 2022. Mais cette crise russo-ukrainienne pourrait aussi avoir des conséquences plus durables et structurelles, alerte l'étude.

11 avril

📍 Plan de résilience : l'APLD prolongée

Il n'est pas trop tard pour bénéficier de l'activité partielle de longue durée (APLD). Comme promis dans le "plan de résilience", le dispositif, né pendant la crise sanitaire, ne disparaîtra pas au 30 juin, confirme un décret paru au Journal officiel. Et pour cause : sa durée d'activation est allongée d'un an. Autrement dit, ce régime particulier de chômage partiel pourra désormais être accordé "dans la limite de 36 mois (au lieu de 24 jusqu'ici, NDLR), consécutifs ou non, sur une période de référence de 48 mois consécutifs" (au lieu de 36 auparavant).

Gaz : le spectre du délestage forcé

L'Etat pourra fermer le robinet du gaz à certaines entreprises. Les plus grandes consommatrices de cette source d'énergie sont dorénavant soumises à un dispositif de "délestage", créé par décret en fin de semaine dernière. Un mécanisme institué par précaution, alors que l'Union européenne réfléchit toujours à limiter ses achats de gaz russe, en représailles à la guerre en Ukraine.

Essence : la décrue des prix se confirme

L'accalmie se confirme à la pompe. Les prix du carburant ont enregistré, la semaine passée, leur deuxième baisse consécutive, selon les relevés hebdomadaires du ministère de la Transition écologique. C'est le gazole qui recule le plus : à 1,8205 euro le litre, en moyenne, au 8 avril, il diminue de 7 centimes en sept jours (-3,7 %) et repasse ainsi sous le sans plomb 98. Lui perd 4 centimes (à 1,8462 €, au plus bas depuis la mi-février), tout comme le SP95 (à 1,7928 €). En revanche, le GNR peine à redescendre : à 1,31 € (-0,8 %), il reste au-dessus de son niveau de la fin février. Cette réduction générale des prix depuis deux semaines coïncide avec l'entrée en vigueur de la "remise carburant" au 1er avril.

Les difficultés du BTP se renforcent

Les conséquences de la guerre en Ukraine font vaciller le bâtiment en France. A la problématique des prix de l'énergie et des matières premières s'ajoutent des difficultés d'approvisionnement accrues , voire des pénuries pures et dures. Une situation de plus en plus intenable, prévient Patrick Moulard, le président de la Fédération du BTP 06.
A lire : « Des entreprises du secteur travaillent aujourd’hui à perte »

Impôt sur le revenu : la déclaration en ligne rouverte

C'est reparti pour la campagne de déclaration des revenus 2021 ! Le service en ligne a repris aujourd'hui. Il avait été suspendu vendredi, en raison d'erreurs dans le pré-remplissage de certaines cases. Le problème ne concerne, en fait, que les fonctionnaires ayant effectué des heures supplémentaires l'an dernier. Le fisc les informera spécifiquement du problème. "Les autres contribuables peuvent donc poursuivre leurs opérations déclaratives normalement", indique le ministère des Finances dans un communiqué. Et rappelle, par précaution, "qu’il est indispensable de vérifier [les informations pré-remplies] avant de les valider".

Présidentielle 2022 : comme un air de déjà-vu

On prend les deux mêmes et on recommence. Comme en 2017, le second tour de l'élection présidentielle, prévu le 24 avril, verra s'affronter Emmanuel Macron (27,84 % des voix collectés hier) et Marine Le Pen (23,15 %). Jean-Luc Mélenchon échoue aux portes de la qualification avec 21,95 % des suffrages exprimés. Viennent ensuite Eric Zemmour (7,07 %), Valérie Pécresse (4,78 %), Yannick Jadot (4,63 %), Jean Lassalle (3,13 %), Fabien Roussel (2,28 %), Nicolas Dupont-Aignan (2,06 %), Anne Hidalgo (1,75 %), Philippe Poutou (0,77 %) et Nathalie Arthaud (0,56 %), selon les résultats définitifs du ministère de l'Intérieur, publiés à la mi-journée.
A (re)lire : notre article sur les attentes du patronat pour le prochain quinquennat et notre dossier sur ce que veulent les jeunes entrepreneurs en particulier

Sanctions contre la Russie : l'aérien dans le viseur

Après les navires et les camions, les avions russes sont désormais dans le collimateur de l'Europe. L'UE a interdit, aujourd'hui, son ciel à 21 compagnies aériennes certifiées dans ce pays. Un bannissement prononcé au nom de la sécurité, et non de la guerre en Ukraine. La mesure est toutefois bien une conséquence indirecte du conflit. Afin de contourner les sanctions occidentales à son encontre dans le secteur aéronautique, Moscou avait en effet autorisé "la réimmatriculation forcée" d'appareils étrangers en Russie. Une manière de permettre à ses entreprises de continuer à les exploiter. Ce qui signifie aussi que ces avions volent désormais "sans certificat de navigabilité en cours de validité", dénonce la Commission européenne.

8 avril

📍 La parenthèse enchantée de l'industrie

Et si la crise du coronavirus était une chance pour l'industrie française ? L'année 2021 a en tout cas sonné le réveil du secteur secondaire, à en croire le cabinet Trendeo. Emplois, relocalisations et ouvertures d'usines ont atteint des niveaux records. Mais le soufflé pourrait retomber aussi vite qu'il est monté, prévient l'étude, inquiète pour la suite.
A lire : L’industrie a retrouvé des couleurs en 2021, mais le plus dur reste à venir

La spirale infernale de l'agroalimentaire

La guerre en Ukraine met le feu aux poudres dans l'alimentaire. Au niveau mondial, l'indice des prix de la FAO a atteint, en mars, son plus haut niveau depuis sa création en 1990 : il a bondi de 12,6 % en un mois et de 33,6 % en un an. C'est que la crise russo-ukrainienne "provoque des chocs dans les marchés des céréales de base (+17,1 % en un mois, NDLR) et des huiles végétales" (+23,2 %), explique cet organisme des Nations unies. Or, cette flambée aura des conséquences en France, prévenait, hier soir, le président de l'Ania, l'organisation des industries agroalimentaires, sur France Info. En raison de ces « tensions objectives sur des matières premières », Jean-Philippe André prédit des hausses de prix « variables, entre 1-2 % et jusqu'à 30 % selon les produits ». Un message qu'a porté aussi, aujourd'hui, le patron de la coopérative agricole bretonne Even, en marge de la présentation de ses résultats 2021.
A lire : Pour Guy Le Bars (Even), « il faudra faire passer d’autres hausses de prix »

Un "PGE résilience" à 155 milliards d'euros

Tout est en place pour le nouveau prêt garanti par l'Etat du plan de résilience. L'arrêté qui l'institue a été publié aujourd'hui au Journal officiel. Il apporte notamment des précisions sur le chiffre d'affaires de référence utilisé pour déterminer le montant maximal empruntable par les entreprises de moins de trois ans. En parallèle, la Commission européenne a révélé qu'avec ce PGE adapté à la crise russo-ukrainienne, la France pourrait distribuer "jusqu'à 155 milliards d'euros". Soit plus que la somme jusqu'ici mobilisée au titre du dispositif mis en place pendant la crise sanitaire (plus de 143 Md€, selon un décompte officiel).
A (re)lire : Comment fonctionne le nouveau prêt garanti par l’État adapté à la crise russo-ukrainienne ?

Impôt sur le revenu : et là, c'est le bogue

A peine lancée, déjà refermée. Le service en ligne pour la déclaration des revenus 2021 a été momentanément suspendu aujourd'hui, soit au lendemain de son ouverture. Le fisc s'est rendu compte de l'existence d'écarts anormaux dans le pré-remplissage du formulaire "pour certains contribuables". L'accès sera rétabli dès que le souci sera résolu. Il sera alors possible de vérifier et corriger sa déclaration, y compris si vous l'aviez déjà validée. En revanche, ce bogue ne changera rien au calendrier prévu. Et il n'aura "aucun impact sur le montant de l'impôt", rassure le ministère des Finances. Qui présente, au passage, ses "excuses pour la gêne occasionnée".

Guerre en Ukraine : les nouvelles sanctions validées...

Le feu vert aura été plus long que prévu à venir. Les Etats membres de l'UE ont fini par approuver, hier soir, un cinquième paquet de sanctions contre la Russie pour son invasion de l'Ukraine. Il reprend largement les propositions avancées mardi par la Commission européenne. A savoir : embargo total sur le charbon, bannissement des transporteurs routiers (y compris biélorusses) sur les routes et des navires dans les ports (sauf pour certains produits, dont l'énergie et l'alimentaire), interdictions d'exportations élargies dans les technologies à hauteur de 10 Md€ (substances chimiques, équipements de transport, informatique quantique, semi-conducteurs...) et d'importations pour 5,5 Md€ (ciment, produits en caoutchouc, bois, alcools, caviar), exclusion des marchés publics dans l'UE. Enfin, Bruxelles demande aux Etats de "mettre en place d'urgence des mécanismes globaux de filtrage des investissements" directs étrangers, réalisés par la Russie et la Biélorussie en Europe.

... une aubaine pour le français CMA-CGM

Les sanctions contre la Russie font les affaires de CMA-CGM. Le groupe marseillais vient de mettre la main sur Gefco. L'un des principaux actionnaires de l'entreprise de logistique était, jusqu'à ces derniers jours, une entreprise russe visée par les mesures de représailles américaines et européennes.

7 avril

📍 Plan de résilience : le PGE nouveau est arrivé...

A moins de trois mois de sa disparition programmée, le prêt garanti par l'Etat fait peau neuve. Les banques commercialiseront cette nouvelle variante à partir de demain. Son nom : le "PGE résilience", un outil de financement qui se veut plus généreux, mais aussi très ciblé.
A lire : Comment fonctionne le nouveau prêt garanti par l’État adapté à la crise russo-ukrainienne ?

... et la quête aux approvisionnements alternatifs est lancée

Il faut sauver les approvisionnements de l'économie française. Pour se défaire de leur dépendance à la Russie, la Biélorussie ou l'Ukraine sur certaines matières premières stratégiques, l'Etat va aider les entreprises à investir dans la diversification de leurs fournisseurs, l'amélioration de leurs procédés... voire dans la production même de ces intrants.

Impôt sur le revenu : l'heure de la déclaration a sonné

Top départ à la campagne de déclaration des revenus 2021 ! Les Français peuvent remplir cette formalité annuelle à compter d'aujourd'hui et jusqu'au 19 mai (pour la version papier), ou jusqu'au 24 mai, 31 mai ou 8 juin (en ligne, et en fonction de son département). Parmi les mesures exceptionnelles intégrées à l'impôt sur le revenu, cette année, du fait de la crise sanitaire et de la guerre en Ukraine : la revalorisation du barème kilométrique ; l'exonération des frais de télétravail, de la "prime Macron" version 2021 et de l'indemnité inflation ; ou encore de nouvelles niches fiscales sur l'installation de borne de recharge pour véhicule électrique dans son logement ou sur le premier abonnement à la presse. Par ailleurs, la souscription au capital de PME ou d'entreprises solidaires d'utilité sociale (dispositif dit Madelin ou IR-PME) bénéficie d'un taux de réduction d'impôt rehaussé de 18 à 25 % pour les investissements réalisés entre le 9 mai et le 31 décembre derniers. Enfin, deux crédits d'impôt pour les exploitations agricoles (celles certifiées HVE et celles qui ont renoncé au glyphosate) font leur apparition.

Spatial : Arianespace paré à décoller avec Amazon

C'est LE contrat de la semaine. Celui qui envoie Arianespace au septième ciel. Habitué à semer ses entrepôts logistiques sur le territoire, le géant américain Amazon entend, cette fois, disséminer ses satellites au-dessus de nos têtes. Et pour mettre en orbite sa constellation, il a jeté son dévolu sur la nouvelle fusée française Ariane 6.
A lire : Le lanceur de satellites français Arianespace décroche un contrat historique avec Amazon

Le rêve viticole des Hauts-de-France

Et si l'Hexagone mettait du vin dans ses Hauts...-de-France ? Depuis 2016, des vignes ont commencé à pousser sur les terres de cette région, plus habituées à la bière, aux betteraves et aux patates ! Simple lubie ou vrai potentiel ? Notre rédaction locale a sillonné le territoire pour mener l'enquête.
A lire : Y a-t-il un avenir pour une filière vin dans les Hauts-de-France ?

6 avril

📍 Quand le "quoi qu'il en coûte" fait de la résistance

Quand il n'y en a plus, il y en a encore. L'Etat a décidé de prolonger plusieurs des outils d'aide au financement des entreprises, actionnés pendant la crise du Covid-19. Il s'agit, en l'occurrence, des prêts participatifs et obligations de la relance, au succès jusqu'ici très mitigé. Le soutien à l'assurance-crédit à l'export est, lui aussi, maintenu, mais son périmètre est nettement resserré.

L'euphorie de l'emploi, saison 2 ?

Vers une débauche d'embauches en 2022 ? Après un millésime 2021 déjà excellent, la dernière enquête de Pôle Emploi sur les "besoins en main-d'oeuvre" laisse entrevoir une nouvelle année exceptionnelle. Et pour cause : les entreprises n'y ont jamais été aussi nombreuses à se dire prêtes à recruter autant. Revers de la médaille, cette ruée sur l'emploi devrait propulser aussi les difficultés d'embauche vers des sommets encore rarement vus.

Innovation : la France à contre-courant

L'innovation tricolore accuse le coup avec retard. Après avoir bien résisté à la crise du coronavirus en 2020, les acteurs nationaux ont déposé moins de brevets au niveau européen l'an dernier. Et ce n'est pas la seule exception française, relevée par l'OEB dans son baromètre annuel : l'Hexagone est en perte de vitesse dans les domaines technologiques parmi les plus dynamiques du continent, comme le numérique et la santé.

Environnement : Paprec remporte la mise chez Cnim

Nouvelle étape dans la vente à la découpe de l'industriel Cnim. L'activité déchets et énergie du groupe varois va tomber dans l'escarcelle du francilien Paprec, ainsi qu'en a décidé le tribunal de commerce de Paris.
A lire : Le groupe Paprec reprend l'activité EPC de Cnim

Agroalimentaire : Buitoni interdit de produire

Les carottes sont cuites pour l'usine Buitoni de Caudry (Nord). Pointée du doigt pour la probable contamination de ses pizzas à la bactérie E.Coli, le site a été momentanément fermé sur décision de la préfecture du département, à la suite de contrôles sanitaires défavorables.

Agriculture : du liquide pour les victimes du gel

On prend les mêmes recettes et on recommence. Face aux conséquences du récent épisode de gel sur l'arboriculture et la viticulture, le gouvernement réactive les mesures déjà mises en place l'an dernier, dans une situation similaire. En l'occurrence, un « fonds d'aide d'urgence à la main des préfets » va bel et bien être mis en place, a confirmé, hier soir, le Premier ministre. Il sera doté de 20 millions d'euros. Egalement au programme : « la prise en charge exceptionnelle des cotisations sociales » des producteurs touchés, ainsi que des « dégrèvements d'office (...) au titre de la taxe sur le foncier non-bâti ». Par ailleurs, les aides du plan de relance resteront disponibles aux agriculteurs six mois de plus, pour leur permettre de « finir leurs investissements de protection », a complété, ce midi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal.

Aérien : prudent espoir de sortie de crise

Une bulle d'air dans l'aérien. En février, le trafic a connu "un solide rebond", s'est réjouie l'Association internationale du transport aérien (Iata) : la demande a progressé de quasiment 116 % sur un an, sans que la guerre en Ukraine, démarrée à la fin de ce mois, "n'ait eu un impact majeur" dans l'immédiat. Pour autant, le chemin reste long vers un retour complet à la normale : l'activité des compagnies aériennes reste en retrait de 45,5 % par rapport à ce qu'il était deux ans plus tôt, à la veille de la crise pandémique.

5 avril

📍 Les PME en proie à l'inflation...

Les petites et moyennes entreprises rattrapées par la hausse des prix. L'inflation est devenue leur principale préoccupation en mars, selon une enquête menée par la CPME. Or, une large majorité des dirigeants interrogés se disent d'ores et déjà plombés par l'augmentation des coûts de l'énergie, en particulier. Un contexte pesant, avec des conséquences très concrètes à la clé.
A lire : Energie, carburant... les PME prises au piège de l'inflation

... l'agroalimentaire en première ligne

Au-delà des chiffres, il y a les exemples. L'inflation compromet très directement le développement de certaines entreprises en région. Illustration avec Kirn Production : le charcutier-traiteur alsacien vient de geler l'extension de son usine d’Illkirch-Graffenstaden, à cause du contexte économique actuel.
A lire : Kirn Production repousse ses investissements à cause de la guerre en Ukraine
Chez Agrial, la donne est un peu différente, car une crise peut en cacher plein d'autres. Après le Brexit et le Covid-19, le groupe normand s'attend à vivre une année 2022 encore plus compliquée, sous l'effet de l'inflation et de la grippe aviaire.
A lire : Les crises bousculent le fonctionnement d'Agrial

Les usines françaises en sous-régime

Inflation ou pas, l'industrie attend toujours son retour à la normale, deux ans après le début de la crise du Covid-19. En février, la production est repartie à la baisse dans l'ensemble du secteur secondaire (-0,9 % en un mois), comme dans sa partie manufacturière (-0,5 %), selon l'Insee. Résultat, dans les deux cas, elle reste éloignée de son niveau d'avant-pandémie (à environ -4,5 % par rapport à février 2020). La fabrication des matériels de transports demeure, et de loin, l'activité la plus affaiblie sur la période (-27,6 %), mais de nombreuses autres n'ont pas non plus retrouvé leur production d'antan, à l'image des énergies (-5,3 %), l'eau-assainissement (-5,1 %), la chimie (-4,5 %), la pharmacie (-3,8 %), la métallurgie (-3,7 %) ou le bois-papier (-3,6 %).

Présidentielle : les entrepreneurs ont fait leur choix

A six jours du premier tour, l'élection présidentielle ne fait pas débat chez les entrepreneurs. Ils sont 52 % à plébisciter Emmanuel Macron, selon un sondage OpinionWay pour LegalStart, réalisé auprès de 715 personnes, du 9 au 17 mars. Le chef de l'Etat sortant s'est largement renforcé depuis octobre dernier (+9 points). Derrière, Eric Zemmour (10 %, -6 points), Valérie Pécresse et Jean-Luc Mélenchon (9 % chacun) sont dans un mouchoir, mais, au sein de ce trio, seul le chef de file de la France insoumise décolle par rapport à l'automne dernier (+6 points). A noter que près de 3 dirigeants sur 10 n'expriment toutefois encore aucune intention de vote. Sur le fond, la fiscalité des entreprises reste le sujet économique prioritaire du prochain quinquennat, cité à 36 % par les dirigeants interrogés. Et pourtant, parmi la jeune génération, d'autres préoccupations s'imposent désormais, plus sociétales et environnementales. Illustrations avec une dizaine de ces patrons de moins de 35 ans que Le Journal des Entreprises est parti interroger dans toute la France.
A lire, notre dossier spécial : Ce qu'attendent les jeunes entrepreneurs du prochain président de la République

Export : la transition énergétique subventionnée

Faire de la crise énergétique une chance à l'export. En pleine réflexion sur ses approvisionnements dans le contexte de la guerre en Ukraine, l'Etat veut pousser les entreprises françaises à tester leurs solutions d'autonomie, d'efficacité et de sobriété à l'étranger. Et mobilise 5 millions d'euros pour les aider à financer des démonstrateurs dans les pays en développement.

Guerre en Ukraine : vers une cinquième ronde de sanctions

L'Union européenne dégaine à nouveau l'arme des sanctions contre la Russie. Face aux massacres présumés de civils commis par l'armée de Vladimir Poutine à Boutcha notamment, la Commission a proposé, aujourd'hui, un cinquième paquet de mesures contre Moscou. Il prévoit, entre autres, des "interdictions d'importation" sur le charbon (pour 4 milliards d'euros par an) et sur des matériaux de construction (bois, ciment) ou des produits alimentaires haut-de-gamme (pour 5,5 Md€). Les restrictions à l'exportation de certaines technologies (ordinateurs quantiques, semi-conducteurs, équipements de transport...) seraient renforcées à hauteur de 10 Md€. Les entreprises du pays seraient exclues des marchés publics dans l'UE, les navires et camions bannis d'Europe, sauf pour le transport de certaines marchandises (dont l'agroalimentaire et l'énergie). Les Etats membres doivent à présent valider ces mesures, voire les durcir : la question d'un gel des achats de pétrole russe reste en effet ouverte, prévient Bruxelles.

4 avril

📍 Reprise ambiguë pour l'emploi cadre

Les cadres ont (presque) retrouvé le sourire en 2021. Déprimé par la crise du Covid-19, le nombre des recrutements a nettement rebondi l'an dernier - et même bien plus que ne s'y attendait l'Apec. Mais comme l'association le redoutait, cette reprise des embauches s'est faite en ordre (très) dispersé. Et à des niveaux de salaires quasiment inchangés.

Retour mesuré des rachats d'entreprises...

Les entreprises n'ont pas manqué d'appétit l'an dernier. Les cessions-acquisitions de PME sont reparties de l'avant en 2021, selon un panorama dressé par In Extenso Finance et Transmission. Un dynamisme qui tient autant à la reprise de l'économie qu'à un effet de rattrapage mécanique, dû à la reprise post-coronavirus... mais qui semble déjà s'essouffler.
A lire : Après un fort rebond en 2021, les cessions et acquisitions de PME ralentissent en France

... les groupes Altrad et Cetih à la manoeuvre

Les cessions-acquisitions, justement, elles font aussi l'actualité en ce début de semaine. Deux opérations d'ampleur ont été annoncées aujourd'hui par des entreprises régionales. Le montpelliérain Altrad a ainsi conclu le rachat d'Endel, filiale du groupe Engie dans la maintenance industrielle. De son côté, Cetih, en Loire-Atlantique, étend son horizon avec l'intégration des établissements Bignon.
A lire : L'ETI Cetih met la main sur le constructeur de fenêtres Bignon

Agriculture : le gel a encore frappé

Bis repetita pour les agriculteurs. Comme l'an dernier, à pareille époque, le gel nocturne fait des ravages dans les plantations depuis ce week-end. La nuit dernière a même été la plus froide d'avril sur les 75 dernières années, affirme Météo France (-1,5° en moyenne nationale). Cet épisode glacial pourrait durer encore jusqu'à mercredi. Les arboriculteurs et viticulteurs sont en première ligne. Selon la présidente de la FNSEA Christiane Lambert, interrogée sur Europe 1 et France Info, les pertes pourraient atteindre 70 à 100 % des cultures dans les zones les plus touchées (Centre-Val de Loire, Beaujolais, Champagne, Lot-et-Garonne, Dordogne, Indre-et-Loire et Aisne). En réponse à cette nouvelle catastrophe, le chef du gouvernement Jean Castex avait promis, hier, "de mobiliser, dès le début de semaine, le dispositif des calamités agricoles", voire, si nécessaire, un "fonds d'urgence" pour aider les exploitations des départements les plus sinistrés.

Automobile : le marché français reste embourbé

Et de dix. Les ventes automobiles ont enchaîné sur une dixième baisse consécutive en mars. Avec 147 079 voitures particulières écoulées, le marché français se contracte de 19,5 % en un an, selon la Plateforme automobile, et même de 34,9 % comparativement à la même période avant la crise du coronavirus (mars 2019). La tendance est similaire sur l'ensemble du premier trimestre avec des baisses de 17,3 % et de 34 %, par rapport, respectivement, à 2021 et 2019.

Inflation : ça va beaucoup mieux à la pompe...

Grand bol d'air dans les stations essence. Les prix des carburants ont enregistré, la semaine dernière, leur deuxième baisse de l'année, selon les relevés du ministère de la Transition écologique. Et pas qu'un peu : au 1er avril, le litre de GNR coûtait, en moyenne, 1,3207 euros, soit 30 centimes de moins que sept jours plus tôt (-18,6 %) ! Le gazole, à 1,891 €, a reculé, lui, de 22,5 centimes, quand le sans plomb en a perdu 17 d'un coup (à 1,8324 €, pour le SP95, et 1,888 €, pour le SP98). Aussi spectaculaires soient-elles, ces chutes sont néanmoins juste suffisantes pour ramener les prix à leur niveau de fin février, début mars. Reste à savoir si ce coup d'arrêt va être accéléré par la fameuse "remise carburant" du gouvernement, entrée en vigueur depuis vendredi... ou si c'est précisément cette aide qui est déjà à l'origine de l'accalmie. Auquel cas ce répit pourrait être de courte durée.

... mais de mal en pis en Europe

Il n'y a pas qu'en France que les prix s'affolent. Dans la zone euro, le taux d'inflation a bondi à 7,5 % sur un an, en mars, soit +1,6 point en un seul mois, selon Eurostat. C'est la plus forte hausse jamais enregistrée depuis le début des relevés en 1997. L'indicateur bat, au passage et pour la 5fois consécutive, son record historique. Une fois de plus, l'énergie fait figure de locomotive (+44,7 %, en hausse de 12,7 points !), mais les prix accélèrent, en réalité, dans toutes les catégories de produits (de +5 % pour l'alimentation à +2,7 % pour les services). Pour autant, la France s'en tire bien, avec l'inflation la plus faible des 19 pays de la zone euro (+5,1 % quand même, chiffre supérieur à celui de l'Insee, en raison d'un mode de calcul différent).
A lire : Face à l'inflation, les entrepreneurs du bâtiment d'Ille-et-Vilaine en appellent à la solidarité de la filière

1er avril

📍 Gaz russe : la France n’anticipe pas de rupture de livraison

À ce stade, il n’y a "a priori" pas de risque de rupture des importations de gaz russe, a indiqué Barbara Pompili. La ministre de la Transition écologique s’est exprimée suite à la demande de Moscou de payer ses livraisons en roubles. "Les informations reçues de Moscou (…) nous laissent penser que les entreprises pourront finalement continuer à payer en euros auprès des banques, qui elles-mêmes devront convertir leurs euros en roubles", a-t-elle indiqué lors d’une audition à l'Assemblée nationale. Un système qui, selon la ministre, ne change pas grand-chose pour les entreprises françaises. Pour Barbara Pompili, l’exigence de payer en roubles vise avant tout à soutenir la monnaie et ne constitue pas vraiment une mesure de rétorsion vis-à-vis des entreprises européennes.

Une majorité d’artisans subit les répercussions de la guerre en Ukraine

62 % des patrons d’entreprises artisanales disent être "directement impactés par le conflit russo-ukrainien", selon un sondage réalisé fin mars par le réseau des chambres des métiers et de l’artisanat (CMA France). Parmi eux, un sur dix estime être déjà fortement touché par les conséquences de la guerre. CMA France relève des difficultés liées à la hausse du coût de l’énergie, à l’approvisionnement et à la baisse du chiffre d’affaires. "Les artisans attendent des aides prioritaires et ciblées", plaide le réseau. Également questionnés sur les soutiens à mettre en place, 30 % des artisans interrogés demandent "une aide pour maintenir leur chiffre d’affaires" et 26 % "une aide pour le carburant".

Mode : un manque à gagner de "600 millions d'euros" pour les distributeurs

Allianz Trade a évalué l’impact des perturbations liées au contexte géopolitique en Europe de l'Est pour les distributeurs de mode. Résultat : un manque à gagner "de 4,9 milliards d’euros pour les distributeurs de mode européens" prévu en 2022, "dont 600 millions d’euros en France", calcule l’expert de l’assurance-crédit. "La confiance des ménages européens est désormais frappée de plein fouet par l’invasion de l’Ukraine. De quoi affecter leur consommation (…)", indique l'étude d’Allianz Trade. Conséquence, la dépense des ménages en matière de mode ne devrait croître "que de 4,4 % en 2022", soit 2 points de moins que ce qui était prévu avant la crise ukrainienne.

L’Europe veut interdire le "greenwashing" et favoriser l’économie circulaire

La Commission européenne annonce un bouquet de mesures visant à renforcer l’économie circulaire. Parmi les projets phares : interdire le "greenwashing" (ou écoblanchiment) ou encore informer le consommateur sur la durée d'utilisation pour laquelle un produit a été conçu. L’Europe compte allonger sa "liste noire" des pratiques commerciales déloyales. En ajoutant par exemple "le fait de ne pas informer le consommateur qu'un bien est conçu pour fonctionner de manière limitée si l'on utilise des consommables, des pièces de rechange ou accessoires non fournis par le producteur d’origine". Des propositions qui doivent encore être validées par le Conseil et le Parlement européens.
A lire : L'Union européenne veut renforcer l'économie circulaire et "interdire le greenwashing"

Le déficit budgétaire de la France atteint 37,6 milliards en février

Le déficit budgétaire de la France s’élève à 37,6 milliards d'euros en février contre 47,5 milliards un mois plus tôt, rapportent Les Échos. Pour rappel, le déficit budgétaire est la situation dans laquelle les recettes de l’État sont inférieures à ses dépenses (hors emprunts). Il se différencie du déficit public, car il n’englobe pas le solde des recettes et des dépenses des autres administrations publiques (collectivités territoriales, organismes de sécurité sociale…).

Le groupe Bolloré cède ses activités logistiques en Afrique

Le groupe français Bolloré cède l’ensemble de ses activités de transport et logistique en Afrique à l’armateur italo-suisse MSC. Le montant de l’opération s’élève à 5,7 milliards d’euros. Conditionnée à l’obtention d’autorisations réglementaires et à l’aval des autorités de la concurrence, la cession effective pourrait intervenir d’ici la fin du premier trimestre 2023. Bolloré conserve encore une présence en Afrique, notamment via Canal+. Le groupe français annonce par ailleurs poursuivre "ses développements sur ce continent dans de nombreux secteurs comme la communication, le divertissement, les télécoms et l’édition".

Un fabricant d'aiguilles normand dans le métavers

La PME Bohin, dernier fabricant d’aiguilles à coudre en France basé dans l’Orne, a investi dans l'achat de parcelles de terrains virtuelles dans le métavers, cet écosystème virtuel immersif. L'occasion pour elle d'endosser un rôle de pionnier et de toucher les jeunes générations.
A lire : Le fabricant d'aiguilles Bohin investit dans l'univers virtuel du métavers

31 mars

📍 Présidentielle : moins d’impôts de production et plus de transition écologique  

Livres blancs, manifestes, feuilles de route, etc. : cette année, les organisations patronales ont été studieuses pour élaborer leurs cahiers de doléances aux candidats à l’élection présidentielle. Dans cette foison de souhaits et d’attentes en tout genre, se distinguent assez nettement plusieurs lignes de force. Certaines restent traditionnelles, comme la baisse des impôts de production, qui est devenu est l’un des principaux enjeux économiques de la campagne. D’autres revendications sont plus nouvelles, ou du moins ont été exacerbées par la crise sanitaire, l’urgence climatique ou la guerre en Ukraine. Un contexte qui pousse par exemple le patronat à défendre des mesures pour réindustrialiser le pays en prenant à bras le cors la question de la transition écologique. 
A lire : Ce qu'attendent les patrons du futur Président de la République 

Vers une hausse du Smic en mai prochain 

Le Smic augmentera de 2,4 à 2,6% au 1er mai. C’est ce qu’a indiqué le ministère du Travail à l’Agence France Presse (AFP). Une info relayée par l’agence sur son compte Twitter ce jeudi. Cette hausse représente une progression de plus de 30 euros, comparée au Smic actuel (qui est de 1 269,03 euros net). Il s’agit d’une revalorisation automatique, dont « la hausse exacte sera connue le 15 avril quand l'Insee publiera son estimation définitive de la hausse des prix en mars », ajoute l’AFP. L’annonce intervient alors que l’inflation a encore augmenté en mars. 

L’inflation augmente en mars et s’élève à 4,5% sur un an

Les prix à la consommation auraient augmenté de 1,4 % en mars 2022, après une progression de 0,8% en février, selon l’Insee. Des données provisoires, avant les résultats définitifs attendus mi-avril. Sur les 12 derniers mois, les prix affichent une hausse de 4,5 %. Une inflation tirée en particulier par les tarifs de l’énergie et de l’alimentation sur cette période. Mais aussi, dans une moindre mesure, des services. Quant aux produits manufacturés, leurs prix ralentissent légèrement sur un an, mais progressent nettement sur le mois écoulé.

Semi-conducteurs : Stellantis planche sur un approvisionnement plus local

Le constructeur automobile Stellantis prévoit d’assurer un approvisionnement en puces électroniques depuis l’Europe et les Etats-Unis d’ici trois à quatre ans, selon son DG, Carlos Tavares, dont les propos ont été rapportés par l’agence Reuters. « Nous avons mis en place de nombreuses initiatives pour créer un approvisionnement local en semi-conducteurs », a-t-il indiqué. Né de la fusion de PSA et Fiat Chrysler Automobiles, Stellantis subit de plein fouet la pénurie de composants électroniques fabriqués en Asie. Un phénomène qui ralentit depuis plus d’un an la production de l’ensemble du secteur automobile.

Fin de la prime Macron 

Mise en place en 2019 après le mouvement des gilets jaunes, puis reconduite, la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat s’achève ce jeudi 31 mars. Cette « prime Macron », exonérée d’impôts et de cotisations sociales, peut s’élever jusqu’à 1 000 voire 2 000 euros sous certaines conditions. Et cible les salaires allant jusqu'à 3 Smic.

Contrats d’assurances : le démarchage téléphonique davantage encadré 

La réglementation du démarchage et de la vente par téléphone de contrats d’assurance sera renforcée, à partir de ce 1er avril. Avec plusieurs mesures issues de la loi du 8 avril 2021. Désormais, il faudra demander et obtenir l'accord explicite du client potentiel en début de discussion. Et mettre fin à l'appel dans le cas contraire. Le courtier ne devra alors plus le rappeler. La législation ajoute en outre un délai de 24 heures avant la signature, obligatoirement manuscrite ou électronique, du contrat (un accord oral ne suffira plus). Autre obligation, celle de conserver pendant 2 ans l'enregistrement téléphonique ayant conduit à la transaction, en cas de contestation. 
 

30 mars

📍 La plus grande usine au monde de recyclage du plastique sera normande 

Le groupe américain Eastman (14 000 salariés) annonce son intention de construire, d’ici à 2025 en Seine-Maritime, la plus grande usine au monde de recyclage du plastique. Un investissement colossal, de 850 millions d’euros, doit permettre de recycler 160 000 tonnes par an de polyester, comme le PET ou les textiles colorés ou dégradés. A la clé 350 emplois directs et 1 500 indirects. 
A lire : L'américain Eastman implante son usine de recyclage de plastique en Normandie

Mauvais payeurs : les entreprises parisiennes tardent à passer à la caisse

Pour être payé sans encombre, mieux vaut s’adresser à une TPE bretonne du BTP qu’à une grande entreprise parisienne de la restauration. C’est l’un des enseignements d’une étude sur les comportements de paiements des entreprises françaises réalisée par Altares. Plus l’entreprise est grande, moins elle paye rapidement ses fournisseurs.  Existe ensuite de vraies différences dans les comportements de paiement, en fonction du secteur d’activité et de la région. 
A lire : Les délais de paiement des entreprises s’améliorent en France

La production d'énergie renouvelable gagne du terrain

Selon un rapport du centre de réflexion britannique à but non lucratif Ember, la production d'électricité à partir d'énergies éolienne et solaire a dépassé pour la première fois les 10 % dans le monde en 2021 (10,3 % de la production totale d'électricité). 50 pays ont atteint ce niveau de 10 % l'an dernier, le Japon et la Chine pour la première fois par exemple. Point de vigilance du rapport : l'augmentation de 9 % de la production des centrales électriques à charbon en 2021, impliquant une forte hausse des émissions de CO2 au niveau mondial.

Le bâtiment veut un ministère de la construction 

Dans une déclaration commune, trente-huit organisations professionnelles du bâtiment et de la construction (FFB, Capeb, FNTP, Unicem, etc.) réclament au futur Président de la République un ministère dédié à la construction durable et à l’aménagement du territoire. Derrière cette demande, une ambition : faire de la politique du logement une priorité pour les années à venir. Et ce, au moment où la profession subit une nouvelle « onde de choc », liée à la guerre en Ukraine, avec l’explosion des prix des matériaux et de l’énergie. Alors que les carnets de commandes restent bien orientés, la fédération française du bâtiment anticipe un fléchissement de l’activité dans les prochains mois.

Carrefour va déployer 5 000 bornes de recharge pour véhicules électriques en France

Carrefour accélère le déploiement de bornes de recharge pour véhicules électriques. Le groupe, qui avait déjà annoncé la création de 2 000 bornes dans les parkings de ses hypermarchés d’ici à 2023, va aussi équiper l’ensemble de ses supermarchés Carrefour Market de 3 000 nouvelles bornes. Cela constituerait le premier réseau de recharges électriques en France avec plus de 700 stations dotées de 5 000 places en 2025.
 

29 mars

📍 Nouveau coup de pouce pour les entreprises du BTP

Le gouvernement vient de dévoiler une série d’aides pour les entreprises du BTP, touchées par de nouvelles fortes hausses des prix suite au conflit ukrainien. Au programme : une (petite) aide financière pour les PME des travaux publics, mais surtout la possibilité de prendre en compte les hausses des prix dans les contrats signés dans le cadre de marchés publics. 
A lire : Guerre en Ukraine : de nouvelles mesures pour aider les entreprises du BTP

Le capital-développement en pleine forme…

Année faste pour les fonds d’investissements. L’an passé, selon l’association France Invest, les sociétés de capital-investissement françaises ont injecté 27 milliards d’euros au capital de 2 342 entreprises, principalement de la santé et du numérique. Il s’agit d’un niveau encore jamais atteint par les fonds français, supérieur de 53% à celui de 2020 et de 41% à celui de 2019. 

… les business angels aussi 

Tout comme les fonds d’investissement, les business angels tricolores battent des records. L’an passé, ces investisseurs ont apporté 69,5 millions d’euros à 424 entreprises, pour un premier tour de table ou une opération de refinancement. Leurs secteurs de prédilection ? Le digital, la santé et les biens de consommation. 
A lire : Record d'investissement pour les business angels

Les Français perdent le moral

Malgré l’afflux de capitaux dans l’économie française, les ménages n’ont plus trop le moral. C’est l’Insee qui l’assure. En chute libre (-6 points) en mars, la confiance des ménages est de 9 points inférieure à la moyenne de long terme (c’est-à-dire depuis le début des années 2000). En cause, la hausse générale des prix qui fait craindre aux Français une détérioration de leur situation financière future. 

Des industriels sur le fil 

L'industrie des fils et câbles électriques, elle aussi, a connu des jours meilleurs. Via son organisation professionnelle, le Sycabel, ce secteur qui pèse 8 000 emplois en France, s’inquiète de la hausse des matières premières et des coûts de l’énergie. Entre le coût de l’aluminium, très prisé dans la fabrication des conducteurs de câbles et le prix du gaz qui a été multiplié par dix en deux ans, les industriels du secteur se disent très durement affectés. 

Déficit public : le verre à moitié plein ou à moitié vide ? 

2 813 milliards d’euros. Ce chiffre astronomique, c’est la dette publique de la France. Cette dette s’est encore alourdie en 2021, de près de 165 milliards d’euros, dit l’Insee.  Mais la dette française, c’est un peu comme l’histoire du verre à moitié vide ou à moitié plein : tout dépend du point de vue. Car, rapportée en pourcentage du PIB, la dette publique diminue. Elle est en effet passée de 114,6% du PIB en 2020 à 112,9% à 2021. Une légère amélioration que les finances publiques doivent au fort rebond économique et donc aux entreprises. 

28 mars

📍 Les entreprises appelées à réduire leur consommation énergétique 

Entreprises et particuliers sont priés de réduire leur consommation d’électricité et de gaz. Et ce, dès à présent. Sinon la France pourrait faire face à des pénuries en fin d’année. On doit ce message d’alerte à la Commission de régulation de l'énergie, une autorité administrative indépendante chargée de veiller au bon fonctionnement des marchés de l'électricité et du gaz en France. En cause, les conséquences de la guerre en Ukraine mais aussi la faiblesse de la production nucléaire française, suite à l’arrêt momentané de plusieurs réacteurs.
A relire : Six conseils pour réduire sa consommation d'électricité au bureau

Prix des carburants : une ristourne plus généreuse que prévue

Bonne nouvelle pour les entreprises comme pour les particuliers. La ristourne de l’Etat pour l'achat de carburants sera plus généreuse que prévue. Le 12 mars, lors de la présentation du plan de résilience, Jean Castex avait annoncé une remise de 15 centimes d’euros par litre. La remise se chiffrera finalement à 18 centimes, selon un décret publié ce samedi. Ce qui explique la différence ? Le chiffre avancé par le  Premier ministre était hors taxe... Cette aide, évaluée par le gouvernement à 3 milliards d’euros, sera versée à partir du 1er avril et ce, durant quatre mois, aux distributeurs de carburants. Elle sera ensuite répercutée par les stations-services aux consommateurs, qui font face à une inflation impressionnante des prix du carburant. Depuis le début de l’année, le gasoil a ainsi bondi de 40%.

Le prix de l’immobilier flambe aussi 

Il n’y a pas que le prix de l’essence qui augmente. Celui du logement continue, lui aussi, d’enfler, de 1,9% au quatrième trimestre 2021 en France, selon l’Insee. La hausse concerne aussi bien le neuf (+1,4%) que l’ancien (+1,7%). L’augmentation des prix de l'immobilier est certes moins spectaculaire que l'envolée du carburant. Il n’empêche, le prix des logements a progressé de 7% sur un an et de près de 28% depuis 2015.

Auchan explique pourquoi il ne quitte pas la Russie

Alors qu’une multitude d’enseignes internationales, dont ce lundi les brasseurs Heineken et Carlsberg, ont annoncé leur décision de se retirer de Russie, Auchan persiste et signe. Dans un communiqué publié dimanche, le groupe nordiste explique pourquoi il poursuit ses activités en Russie, pays dans lequel il emploie pas moins de 30 000 salariés. Considérant que la France n’est pas en guerre contre le peuple russe, la direction d’Auchan assure qu’elle n’abandonnera pas ses collaborateurs, leurs familles et ses clients. Le groupe indique toutefois qu’il stoppe ses investissements en Russie et, pour couper court aux polémiques, qu’il prévoit des pertes dans ce pays en 2022.
A lire : Mis en cause, Auchan Retail justifie le maintien de ses activités en Russie

Les entreprises de cosmétiques aident les réfugiés ukrainiens

Belle mobilisation des entreprises de cosmétiques tricolores. L’appel de la Fédération des entreprises de beauté devrait au moins permettre de collecter 800 000 produits d’hygiène et de soins. Gels douche, savons, dentifrices et déodorants vont être donnés, via des associations, à des réfugiés ukrainiens venant en France. 

L’industrie cinématographique retrouve le sourire

Après une forte baisse de son activité en 2020 du fait du Covid, la production cinématographique française a compensé son retard l’an passé. Le nombre de films agréés par le Centre national de la cinématographie et de l'image animée se monte à 340 en 2021. C’est 13% de plus qu’avant la crise sanitaire et cela permet presque de rattraper l’activité perdue à cause du Covid. 

25 mars

Session de rattrapage pour l'"indemnité inflation"

Une seconde chance pour les oubliés de l'indemnité inflation. Les personnes éligibles à cette aide de 100 euros, mais qui ne l'auraient pas encore reçue, peuvent se signaler, depuis aujourd'hui, sur une plate-forme en ligne. Si leur demande est valide, l'administration procédera au paiement dans les dix jours après réception du dossier, indique un décret publié au Journal officiel. Le texte élargit, au passage, la liste des bénéficiaires (par exemple aux personnes indemnisées pour accidents du travail, maladies professionnelles ou congé parental) et permet aux travailleurs indépendants de déroger aux conditions de chiffres d'affaires et de recettes jusqu'ici en vigueur. A l'origine, 38 millions de personnes devaient recevoir ces 100 euros. Mais, début mars, à l'issue de la période de versement, elles étaient 1,3 million à ne toujours avoir rien touché, selon Bercy.

Le nautisme limite la casse

La filière nautique a tangué, mais n'a pas coulé, dans la tempête du Covid-19. Sur la période 2020-2021, et donc en pleine pandémie, elle a enregistré un chiffre d'affaires de 4,7 milliards d'euros (-11,3 % par rapport à 2018-2019), selon le dernier rapport annuel de la FIN, la fédération du secteur. L'emploi a également souffert, avec la perte d'environ 2 350 postes (-5,4 %). Mais, au niveau purement industriel, les chantiers ont plutôt bien résisté, avec 44 005 bateaux construits (-2,2 %), pour un CA de 1,2 Md€ (-0,1 %) et une part à l'export stable (76 %).

Energie : l'alternative américaine

Moins de gaz russe, plus de GNL américain. Au deuxième jour d'un Conseil européen largement dédié à la guerre en Ukraine, Washington et Bruxelles ont annoncé la mise en place d'une "task force conjointe sur la sécurité énergétique". Son premier objectif : faire venir des Etats-Unis 15 milliards de m3 supplémentaires de gaz naturel liquéfié dès cette année. L'UE s'engage également à "garantir, jusqu'en 2030 au moins, une demande stable de GNL américain additionnel à hauteur d'environ 50 milliards de m³ par an". Par ailleurs, le secteur privé sera mobilisé pour "formuler des recommandations immédiates", en vue de réduire les besoins en gaz, à travers l'efficacité énergétique, le déploiement des renouvelables et l'hydrogène. Les deux partenaires réitèrent, au passage, leur "détermination commune" à sortir l'UE de sa dépendance aux hydrocarbures russes d'ici à 2027.

L’épargne salariale a la cote… 

Alors que s’ouvre lundi la semaine de l’épargne salariale, pourquoi ne pas opter pour la mise en place au sein de l’entreprise d’un mécanisme comme l’intéressement ou la participation ? Ces mécanismes ont actuellement le vent en poupe. Selon les chiffres que vient de publier l’Association Française de Gestion, l’épargne salariale et l’épargne retraite d’entreprise pèsent 167,6 milliards d’euros d’encours. Des chiffres en progression de 14% sur un an. Si la législation est devenue plus favorable, les petites et moyennes entreprises ont encore du mal à mettre en œuvre de tels mécanismes. Moins de 15% des entreprises de moins de 10 salariés proposent ainsi un dispositif d’intéressement ou de participation.
A lire : Au Fondact, les entreprises convaincues par les vertus du partage de la création de richesses

… mais les Français s’inquiètent de leur pouvoir d’achat 

La hausse des prix inquiète les consommateurs français. 82% d’entre eux se disent préoccupés par la recrudescence de l’inflation. Et 48% estiment que leur pouvoir d’achat s’est étiolé depuis un an. C’est ce révèle un sondage que vient de publier l’Observatoire Cetelem cité par nos confrères des Echos. Cette inquiétude pourrait générer un changement des comportements. Pour faire des économies, les Français assurent qu’ils vont réduire leurs consommations énergétiques, réduire leurs déplacements et même adapter leurs habitudes alimentaires, en préférant les enseignes discount et la cuisine aux plats préparés.

Chômage des dirigeants : un plus bas historique en 2021

Le nombre de chefs d'entreprise ayant perdu leur emploi en 2021 est en baisse de 13,1 % par rapport à 2020, selon le dernier Observatoire de l'emploi des entrepreneurs publié par l'association GSC et la société Altares. 28 835 dirigeantes et dirigeants ont ainsi perdu leur activité professionnelle, un chiffre qui n'avait pas été atteint depuis 1987.
A lire : Le nombre de chefs d'entreprise ayant perdu leur emploi atteint un plus bas historique en 2021

24 mars

📍 Gros coup de mou chez les patrons

La guerre en Ukraine jette un froid sur le moral des chefs d'entreprise. Le climat des affaires, mesuré par l'Insee, a fortement reculé en mars (-6,1 points en un mois). Même s'il reste, malgré tout, à un niveau élevé, l'indicateur atteint son plus bas niveau depuis avril 2021 et le troisième confinement. Dans le détail, la confiance des patrons s'est surtout évanouie dans le commerce de gros (-10 points depuis janvier), comme celui de détail (-8 points par rapport à février), et dans l'industrie (-6, et même -16 pour l'automobile). Dans ces trois secteurs, les dirigeants interrogés n'ont, en plus, jamais été aussi nombreux à prévoir une augmentation de leurs prix de vente depuis que l'Insee les interroge à ce sujet (soit depuis 1980 pour les grossistes, 1990-91 pour les autres) ! De son côté, le bâtiment fait face à un sursaut des "obstacles limitant" la production, qu'ils viennent d'un manque de personnel (46 % des entreprises touchées, +4 points) ou de difficultés d'approvisionnement (31 %, +4 également).

Petit mieux chez les salariés

Les entreprises un peu moins perturbées par les arrêts de travail en 2021. Leur taux d'absentéisme est revenu tout près de son niveau d'avant-crise, à 4,94 % (soit 0,16 point au-dessus de 2019), selon un observatoire du courtier en assurance Diot-Siaci, établi à partir des données de 750 entreprises. A lui seul, le Covid-19 a pourtant encore représenté 44 % des arrêts, indique un sondage complémentaire de l'Ifop auprès de 3 130 personnes.

Distribution : les renégociations commerciales sont lancées

Jusqu'ici tout va bien. Depuis vendredi, industriels et distributeurs ont relancé leurs négociations commerciales, afin de prendre en compte les effets de la crise russo-ukrainienne sur leurs contrats annuels. A l'issue d'une première réunion de suivi, le gouvernement a salué « l'esprit constructif » de chacun dans cette démarche, ainsi qu'une « vraie prise de conscience de la gravité de la situation ». Pour autant, les parties n'ont pas encore validé la « charte d'engagements » voulue par l'Etat. Elle prévoit notamment un moratoire sur les pénalités logistiques, lorsque les retards d'un fournisseur sont attribuables au contexte géopolitique. Ces échanges ont toutefois fait émerger une nouvelle problématique, celle de l'étiquetage des produits, au moment où les industriels peuvent être contraints de revoir leur circuit d'approvisionnement, et donc leurs recettes. Le ministère de l'Economie réfléchit à leur accorder un « certain nombre de souplesses » en la matière pour les aider à s'adapter.

Guerre en Ukraine : Renault et Leroy Merlin contraints de se positionner...

L'appel du président ukrainien devant le Parlement français, hier, ne sera pas passé inaperçu. Accusées d'être des « sponsors de la machine de guerre de la Russie », Renault et Leroy Merlin ont chacun réagi à leur manière, dans la soirée. Le groupe automobile a décidé la suspension des activités de son usine de Moscou, ainsi qu'une évaluation des "options possibles concernant sa participation dans Avtovaz", le constructeur derrière la marque Lada. Renault en détient 68 % du capital. Du côté de Leroy Merlin, en revanche, pas de changement. La chaîne de magasins de bricolage reste sur place par "responsabilité" envers ses 45 000 salariés, mais pas seulement : "Fermer l’entreprise du jour au lendemain, (...) serait tout simplement un abandon considéré comme une faillite préméditée, donc illégale, ouvrant la voie à une expropriation, qui renforcerait les moyens financiers de la Russie", explique l'enseigne dans un texte relayé par le site LSA. Elle rappelle, par ailleurs, que sa maison-mère, Adeo, a décidé de cesser tout nouvel investissement dans le pays dès le début de la guerre.

... les autres entreprises « libres » de choisir...

Rester ou partir de Russie ? La France ne donnera pas de consigne officielle aux entreprises encore présentes dans ce pays. Hormis dans les secteurs visés par les sanctions européennes, le président de la République a dit, cet après-midi, préférer les « laisser libres de décider par elles-mêmes ».

... des usines mises en difficulté en France...

La mise au ban du régime de Vladimir Poutine rejaillit aussi très directement sur l'activité de plusieurs entreprises françaises. Déjà en délicatesse, l'usine vosgienne de Nestlé Waters va ainsi faire les frais du choix de sa maison-mère de retirer davantage de produits à la vente en Russie. L'industriel stéphanois PCI-Scemm voit, lui, l'un de ses contrats s'arrêter brutalement. Avec une lourde perte financière à la clé pour la PME. Enfin, le groupe lyonnais Thermador redoute, lui, davantage les effets indirects de cette crise. Et prévient que ses prix vont bientôt augmenter en conséquence.
A lire : Le groupe Thermador cesse d'honorer ses commandes vers la Russie

... l'Europe cherche à renforcer sa parade

Nouvelle mobilisation générale de l'UE autour de la guerre en Ukraine. Un Conseil européen s'est ouvert cet après-midi à Bruxelles pour aborder les différentes facettes, y compris économiques, de cette crise, débutée il y a un mois exactement. Les sanctions contre la Russie pourraient être encore amplifiées à cette occasion. En amont de cette réunion, à laquelle participe leur président Joe Biden, les Etats-Unis ont d'ores et déjà prévu d'accentuer leurs propres mesures de rétorsion contre l'industrie de la défense russe.

Les PGE, deux ans après

Les entreprises sont loin de s'être défaites de leur PGE. Dans la récente étude du Conseil d'analyse économique, basée sur l'examen des comptes bancaires de TPE-PME, il apparaît que 45 % n'avaient pas remboursé leur prêt garanti par l'Etat le mois dernier. Elles sont même 14 % à en avoir, au contraire, soit augmenté le montant, soit contracté un pour la première fois, entre janvier 2021 et février 2022. Au final, seules 11 % ont intégralement payé leur dette, et 30 % ont commencé à le faire. Deux ans après leur lancement, les PGE ont apporté plus de 143 milliards d'euros à près de 700 000 bénéficiaires, selon un décompte du ministère de l'Economie. Cet instrument-phare de la crise du coronavirus reste toujours d'actualité : il peut encore être demandé jusqu'au 30 juin et son plafond va même être relevé, en réponse à la crise russo-ukrainienne.

23 mars

📍 Guerre en Ukraine : ces secteurs qui pourraient y perdre gros...

Une crise à multiples détentes. La guerre russo-ukrainienne aura un impact direct limité sur l'économie mondiale, mais ses conséquences indirectes seront "globales, massives et immédiates", prévient l'assureur-crédit Euler Hermes, dans une nouvelle étude. La faute à l'envolée des prix et aux perturbations des chaînes d'approvisionnement. A ce titre, "l'Europe est la plus exposée au risque d'arrêt soudain de production", particulièrement dans les secteurs de l'énergie, la métallurgie et la chimie. L'agroalimentaire et le transport maritime figurent également parmi les possibles perdants, tout comme l'électronique et l'automobile. Cela dit, d'un point de vue purement financier et en l'état actuel, cette crise pourrait surtout se traduire par un "choc de rentabilité" pour les fournisseurs d'électricité et de métaux (-20 points de marge attendus). Et si les cours mondiaux de matières premières venaient à s'envoler encore, les profits pourraient fondre aussi dans les secteurs de l’énergie en général, les équipements ménagers, le transport routier, la chimie et les machines et outils. A moins que les entreprises ne parviennent à répercuter la hausse de leurs coûts sur leurs prix de vente.
A (re)lire : Inflation, approvisionnement... la guerre en Ukraine risque de faire dérailler la reprise de l'économie française
Dans son étude, Euler Hermes ne dit mot sur le BTP. Et pourtant, ce secteur subit de plein fouet la poussée inflationniste actuelle. Une situation "brutale et anxiogène" que dénoncent les professionnels des Pays de la Loire, sous la forme d'une lettre ouverte signée de la Capeb et la Cnatp.
A lire : Le cri d'alarme des artisans du bâtiment des Pays de la Loire face à la hausse des coûts
Autre région, inquiétudes similaires concernant la guerre en Ukraine. En Gironde, 31 % des entreprises disent anticiper un impact à court terme sur leur activité, selon la CCI.
A lire : La CCI Bordeaux Gironde réactive sa cellule de crise

... l'appel de Volodymyr Zelensky aux entreprises...

Le président ukrainien a un message pour les entreprises françaises. « Elles doivent quitter le marché russe. Renault, Auchan, Leroy Merlin et autres, ils doivent cesser d'être les sponsors de la machine de guerre de la Russie, arrêter de financer le meurtre d'enfants et de femmes, le viol. Tout le monde doit se rappeler que les valeurs valent plus que les bénéfices », a lancé Volodymyr Zelensky, selon la traduction de ses propos tenus, cet après-midi, devant l'Assemblée nationale et le Sénat.

... l'embargo pétrolier de TotalEnergies

Le président de l'Ukraine n'en a pas fait mention dans son discours, mais TotalEnergies est sans doute l'entreprise française la plus critiquée pour le maintien de ses activités en Russie. Elle vient toutefois de lâcher du lest. Hier soir, elle a annoncé "arrêter tout achat de pétrole ou produits pétroliers russes, dans les meilleurs délais et au plus tard à la fin de l’année 2022". Idem pour le diesel, "sauf instructions contraires des gouvernements européens". Jusqu'ici, le groupe s'était contenté de cesser tout investissement dans de nouveaux projets en Russie. En revanche, il n'est toujours pas question de toucher au gaz. Et pour cause, il n'est pas soumis aux sanctions occidentales et il sera de toute façon "difficile de [s'en] passer à horizon de deux à trois ans sans conséquences sur l’approvisionnement énergétique du continent", se justifie TotalEnergies.

Non, le masque en entreprise n'appartient pas au passé...

Chacun fait ce qui lui plaît. Le porte-parole du gouvernement a défendu la récente levée des restrictions sanitaires et du protocole en entreprise, au moment même où l'épidémie de Covid-19 redémarre fortement (plus de 180 000 cas positifs recensés hier). Interrogé en particulier sur le cas d'employeurs qui choisissent de réimposer le masque, Gabriel Attal a rétorqué que « la fin de la contrainte pour tous va de pair avec la vigilance de tous. Nous n'appelons pas à la fin du masque, nous considérons que les Français savent (...) comment se protéger [du virus] et nous leur recommandons de le faire. » Une consigne adressée, en premier lieu, aux personnes à la santé fragile.

... mais les RH comptent bien tourner la page du Covid-19

D'une urgence à l'autre. Les responsables des ressources humaines revoient leurs priorités pour 2022 : moins occupés par le Covid-19 et le télétravail, ils s'attendent à l'être davantage par les difficultés de recrutement et les enjeux de fidélisation des salariés.

Les embauches repartent à plein régime

Les recrutements reprennent de la vitesse. En baisse depuis septembre, les déclarations d'embauche de plus d'un mois (hors intérim) ont nettement rebondi, en février (+2,8 % par rapport à janvier), selon l'Urssaf. Une croissance portée par les CDD longs (+3,7 %), comme par les CDI (+2 %). Mais, sur un an, ce sont les contrats à durée indéterminée qui sont en plein boom : ils s'envolent de 42 % sur la période !

Végétal : Roquette creuse son sillon

Roquette met la gomme sur les polyols. Le groupe nordiste va moderniser son usine de Lestrem pour renforcer encore la production de ces molécules naturelles, utiles à l'agroalimentaire et la pharmaceutique.
A lire : Roquette investit 25 millions d'euros dans la production d'édulcorants végétaux

Industrie : Caddie se sauve encore

Cette fois, c'est officiel. L'alsacien Caddie tombera dans le giron du groupe nordiste Cochez à partir du 4 avril. Placé en redressement judiciaire pour la troisième fois en dix ans, le fabricant de chariots de courses s'en tire aussi avec l'aide substantielle des pouvoirs publics.
A lire : Le groupe nordiste Cochez reprend 66 % du capital de l'alsacien Caddie

22 mars

📍 Coronavirus : une crise au goût doux-amer

Les gagnants de la crise du Covid-19 ne sont pas forcément ceux que l'on croit. C'est l'étonnante conclusion d'une étude basée sur les comptes bancaires de 115 000 TPE, PME et entrepreneurs, entre novembre 2019 et février 2022. Leur analyse montre aussi que le fossé se creuse entre les entreprises les plus en forme et celles les plus en difficulté. Et que le "quoi qu'il en coûte" en général, les prêts garantis par l'Etat en particulier, n'ont pas toujours aidé les patrons, bien au contraire.
A lire : Les entreprises de la restauration sortent renforcées de la crise du Covid-19, celles du BTP fragilisées

Guerre en Ukraine : des aides européennes pour l'agriculture...

La politique agricole européenne s'adapte à la crise russo-ukrainienne. Au-delà du "plan de résilience" français, plusieurs dispositifs communautaires vont être activés, a annoncé Bruxelles, hier soir. L'objectif est de contrebalancer à la fois les pertes de production, dans les deux pays belligérants, et l'envolée des cours mondiaux qui en découlent. La Commission doit, en particulier, mobiliser la "réserve de crise" (un fonds spécial de près d'un demi-milliard d'euros pour lutter contre les variations de prix) ; débloquer une aide au stockage pour la filière porcine ; ou encore autoriser la mise en culture des jachères.

... les entreprises présentes en Russie sous pression...

Plus la guerre en Ukraine s'éternise, moins leur position semble tenable. De plus en plus de groupes français sont critiqués pour le maintien de leurs opérations en Russie. Après TotalEnergies, c'est au tour d'EDF et Orano (ciblés aujourd'hui par Greenpeace), mais aussi de Leroy Merlin, d'être visés. Après la destruction de l'un de ses centres, à Kiev, l'enseigne du groupe nordiste Mulliez s'est attiré les foudres du ministère de la Défense ukrainien. Sur Twitter, il l'a accusée d'être "devenue la première entreprise au monde à financer le bombardement de ses propres magasins et la mise à mort de ses employés". Référence à l'implantation de Leroy Merlin en Russie. Sans appeler à quitter le pays, comme l'ont fait ses collègues ukrainiens, le syndicaliste CFTC Jean-Marc Cicuto, interrogé, ce matin, sur France Info, a, en revanche, fustigé le « silence profond » de l'entreprise sur cette situation.

... la Soka, présente en Ukraine, solidaire

Situation inverse à la Société kaolinière armoricaine (Soka). Très tôt confrontée à la guerre dans son usine ukrainienne, l'entreprise costarmoricaine s'est mobilisée pour faire venir plusieurs familles de salariés.
A lire : La Soka cherche un travail pour les femmes de ses salariés ukrainiens réfugiées en France

Evénementiel : coup d'envoi de l'aide aux exposants

Les PME vont pouvoir investir foires et salons professionnels. Annoncée dès novembre, détaillée début février, l'aide de 12 500 euros pour aller exposer sur certains événements, organisés en France, est désormais lancée, et la plate-forme d'inscription ouverte. La démarche se déroule en deux temps : création de son dossier avant le 31 décembre (étant précisé que les premiers arrivés seront les premiers servis), puis finalisation de la demande d'aide, avec envoi des pièces justificatives, dans les deux mois suivant le salon. La liste des 74 rassemblements éligibles (la moitié hors Ile-de-France) a été publiée au Journal officiel. Avec ce coup de pouce, une entreprise peut se faire rembourser 50 % de ses dépenses d'exposition (location de surfaces et frais d'inscription). Au total, 96,2 millions d'euros seront mobilisés pour ce dispositif, valable jusqu'en juin 2023.

Relance : le bilan en demi-teinte de la décarbonation

Fin de parcours pour les aides à la décarbonation de l'industrie, version plan de relance. L'Etat a récemment dévoilé le nom des 47 derniers lauréats de ses appels à projets pour l'efficacité énergétique et la chaleur biomasse. La moitié des usines subventionnées se situe dans le Grand Est, les Hauts-de-France et l'Auvergne-Rhône-Alpes. Au total, le gouvernement affirme avoir soutenu, depuis septembre 2020, 185 projets (3 de moins que prévu, par rapport au précédent décompte), à hauteur d'1 milliard d'euros (contre 1,2 Md€ initialement provisionnés), pour une économie espérée de 3,6 millions de tonnes de CO2eq par an (5 % des émissions annuelles de l’industrie en 2019). Ces deux programmes n'ont toutefois pas attiré les foules, avec 372 candidatures finalement enregistrées, soit 6 fois moins que les fonds de modernisation des industries automobile et aéronautique. Pour autant, un nouvel appel sera lancé en avril, dans le cadre du "plan de résilience". Et, en attendant, deux aides restent ouvertes : le fonds chaleur et le "tremplin" pour les PME.

21 mars

📍 Prix des carburants : semaine de répit à la pompe...

Un coup de frein aussi brutal que l'accélération fut violente. Le prix de l'essence a subitement fondu, la semaine dernière, selon les relevés hebdomadaires du ministère de la Transition écologique. L'inversion de tendance est spectaculaire pour le GNR : à 1,5803 euros, en moyenne, au 18 mars, le litre perd 15 centimes en sept jours (-8,6 %) et efface ainsi son envolée de la semaine précédente. On ne peut pas en dire autant pour les autres carburants, même s'ils ont, eux aussi, reculé - et ce, pour la première fois de l'année, et après 11 hausses consécutives. Le gazole perd 16,5 centimes d'un coup pour repasser sous les 2 euros (à 1,9755 €), le sans plomb 95 lâche près de 11 centimes (1,9737 €), le SP98 8,5 centimes (2,0352 €). 

... journée de mobilisation dans les rues

Reflux des prix de l'essence ou pas, "plan de résilience" ou non, pas question de relâcher la pression. Plusieurs secteurs sont restés mobilisés, aujourd'hui, pour protester contre le niveau des tarifs à la pompe et réclamer davantage d'aides de l'Etat. Parmi les professionnels en action : des agriculteurs, des taxis, mais aussi des transporteurs routiers. Vendredi, le gouvernement avait pourtant débloqué 400 millions d'euros supplémentaires à leur attention, et à la grande satisfaction des principales organisations patronales.

Guerre en Ukraine : l'économie française n'en sortira pas indemne...

La guerre en Ukraine risque de rouvrir les plaies de la crise du coronavirus. Après plus de trois semaines de conflit armé et de sanctions financières, plusieurs études commencent à évaluer les dégâts causés par l'attaque russe sur l'économie mondiale en général, française en particulier. A leur lecture, une conclusion s'impose : ces tensions géopolitiques viennent exacerber des difficultés héritées de la pandémie de Covid-19, et qui étaient encore loin d'être résorbées.
A lire : Inflation, approvisionnement... la guerre en Ukraine risque de faire dérailler la reprise de l'économie française

... l'accompagnement des entreprises se renforce

Aucune entreprise ne semble désormais à l'abri des conséquences de la crise russo-ukrainienne. Fort de ce constat, le gouvernement relance un dispositif d'information expérimenté pendant l'épidémie de Covid-19 : un "portail unique de contact" doit ouvrir aujourd'hui sur le site de CCI France pour orienter les dirigeants vers les dispositifs, aides et interlocuteurs adaptés à leur situation. Cette page nécessite toutefois de créer un compte. Elle s'ajoute à d'autres ressources du même genre, mises en place au niveau local. En parallèle, certaines chambres de commerce et d'industrie se mobilisent aussi pour venir en aide aux Ukrainiens, à l'image de la CCI du Mans (Sarthe).

18 mars

📍 "Plan de résilience" : fructueuse session de rattrapage pour les transports...

Le coup de pression a porté ses fruits. Fâchés par le "plan de résilience", les transporteurs ont obtenu 400,4 millions d'euros, au titre du "complément d'aide" que le gouvernement leur avait promis mercredi soir. Les discussions menées depuis ont abouti à cette enveloppe supplémentaire, selon les organisations professionnelles. Elle sera distribuée aux entreprises "en fonction de leur nombre de véhicules et du tonnage de ces derniers", indique la FNTR. Au total, près de 520 000 engins seront couverts. Les "tracteurs routiers" récupèreront la plus grosse part (214,5 M€ promis, à raison de 1 300 euros par véhicule), devant les autocars et le transport sanitaire (plus de 55 M€ chacun). En conséquence, l'OTRE lève son appel à la mobilisation, prévue initialement pour la semaine prochaine.

... poursuite des manifestations pour le BTP et l'agriculture...

L'exemple des transporteurs va-t-il les galvaniser ? Toujours est-il que les agriculteurs et les professionnels des travaux publics ont poursuivi leurs protestations, aujourd'hui, contre la hausse des prix du gazole non-routier et la faiblesse, à leur goût, des aides du gouvernement pour la compenser. Le mouvement s'est traduit par des opérations escargot en Bretagne, mais aussi un défilé de viticulteurs dans l'Aude.

... reprise des négociations commerciales dans l'agroalimentaire

A peine achevées, déjà rouvertes. Les négociations entre distributeurs, industriels et producteurs ont repris, aujourd'hui, à peine plus de deux semaines après leur date d'échéance annuelle. Comme indiqué lors de la présentation du "plan de résilience", l'idée est d'intégrer aux contrats tout juste conclus les conséquences de la guerre en Ukraine, en particulier en termes de flambée des coûts. La réunion du jour consistait essentiellement à un cadrage des prochains échanges. Selon le site spécialisé LSA, les ministères de l'Agriculture et de l'Industrie ont appelé la grande distribution "à l'ouverture et au dialogue", les industriels à la transparence sur leurs surcoûts. L'idée est que chaque maillon de la chaîne puisse poursuivre son activité dans des conditions équilibrées. Pour s'en assurer, le gouvernement effectuera un suivi de ces négociations bis tous les jeudis.

La course à la (re)localisation est (re)lancée

Le gouvernement rouvre le chantier de la simplification administrative pour les porteurs de projets industriels ou logistiques. Dans la foulée du "plan de résilience" et dans l'urgence économique née de la guerre en Ukraine, l'exécutif a décidé d'enfoncer le clou sur le sujet, et de jouer sur deux leviers : les délais administratifs, encore trop longs, et les sites prêts à l'emploi, trop peu nombreux.
A lire : Comment l'État compte accélérer l'implantation de sites industriels et logistiques en France

Automobile : Renault doit encore lever le pied

La production automobile cale encore sur les pénuries. Renault est contraint au chômage partiel dans au moins deux de ses usines françaises, celles de Batilly (Meurthe-et-Moselle) et de Cléon (Seine-Maritime). Dans ce dernier cas, le site ne serait pas seulement victime du manque chronique et mondial de semi-conducteurs, mais aussi de problèmes d'approvisionnement, dû à la guerre en Ukraine, affirme la radio France Bleu.
A lire également : Le site historique de Renault Cléon roule pour l'électrique

Guerre en Ukraine : les entreprises aidées à aider

L'assistance aux Ukrainiens réfugiés en France s'organise peu à peu, et les entreprises ont un rôle à y jouer. Pour les guider sur cette voie, le gouvernement a ouvert une page spéciale pour recenser les possibilités d'action. Cinq sont présentées : les dons financiers ou matériels, les propositions d'hébergement, la mobilisation des salariés sur des missions de bénévolat, ou encore le recrutement. Dans ce cas, l'employeur n'a qu'à indiquer les postes ouverts à des Ukrainiens et il sera recontacté par Pôle emploi pour être accompagné. A noter, en parallèle, que la plate-forme grand public en faveur de l'aide à l'Ukraine contient désormais un onglet pour les entreprises, avec des ressources complémentaires. Sans attendre, certains réseaux économiques locaux s'organisent déjà, à l'image de la Fédération des Travaux Publics des Hauts-de-France.

Commerce, restaurants : les entrepreneurs aux abonnés absents

Coup de frein sur les créations d'entreprise. Après leur pic de janvier, elles ont nettement diminué en février, signale l'Insee. Sur un an, la tendance reste largement favorable, sauf dans deux secteurs : le commerce et l'hôtellerie-restauration.

Le protocole sanitaire a trouvé son successeur

Cette fois, c'est officiel. Le protocole sanitaire en entreprise est désormais caduc, et remplacé par un "guide repère des mesures de prévention des risques de contamination au Covid-19". Le document a été discrètement mis en ligne mercredi sur le site du ministère du Travail. Par rapport à la version soumise aux partenaires sociaux, plusieurs évolutions notables : le "référent Covid-19" disparaît complètement ; le principe du retour au travail des personnes à la santé vulnérable, sauf "dans certains cas spécifiques", est expressément affirmé ; la fin des "mesures générales d’obligation de port du masque en espace intérieur partagé" est également ajoutée noir sur blanc ; la santé et le médico-social rejoignent les transports comme secteurs soumis à des "dispositions spécifiques" ; enfin, il est indiqué que "les employeurs veillent à l’information de leurs salariés quant aux recommandations de santé publique".

17 mars

📍 "Plan de résilience" : le patronat relativement satisfait...

Bien, mais peut mieux faire. Le "plan de résilience" du gouvernement, présenté hier, a suscité un mélange de soulagement et de déception chez les organisations patronales. La nouvelle aide pour les entreprises très gourmandes en gaz ou électricité soulève le plus d'interrogations dans le patronat. La CPME y voit "une mesure intéressante, sous réserve que la perte d’exploitation exigée (...) puisse être attestée en cours d’exercice". Or, « on ne connaîtra ces résultats qu'au premier trimestre 2023 », souligne Patrick Martin. Sur France Info, le président délégué du Medef demande donc des « éclaircissements » sur ce point. Mais salue, par ailleurs, les mesures « ciblées et pertinentes », bien que parfois « un petit peu complexes », du plan gouvernemental. D'autant que, face à l'inflation, « il ne faut pas céder à la panique », selon lui. La CPME s'avère un peu plus critique, notamment sur l'activité partielle de longue durée ("utile" mais compliqué à mettre en place) ou le relèvement du plafond des PGE. Pour la confédération, cet assouplissement paraît vain, car il "risque de se heurter à une réticence à la fois des banques et des entrepreneurs eux-mêmes, craignant de ne pouvoir rembourser par la suite".
A (re)lire : A qui va profiter le "plan de résilience" contre l'impact de la guerre en Ukraine ?

... le bâtiment et le transport pas vraiment convaincus

Les principales cibles du "plan de résilience" en sont aussi les premiers déçus. Côté transport routier, l'OTRE déplore "des avancées insuffisantes" qui ne prennent "pas [assez] en compte la gravité de la situation. Ceci n’est pas acceptable", tonne l'organisation. En conséquence, et faute d'avancées d'ici à vendredi, elle appelle à la mobilisation dès la semaine prochaine. Sans aller jusque là, la FNTR partage avec l'OTRE la même exigence d'un « soutien financier immédiat » et direct. « Nous serons tres fermes » sur ce point, lors des discussions sur l'aide complémentaire rétroactive promise par le gouvernement, a indiqué la déléguée générale de la fédération Florence Berthelot, sur France Info.
Même frustration dans le BTP. La Capeb a très vite exigé du gouvernement "des mesures complémentaires" et en a listé pas moins de huit, comme le remboursement anticipé de la TICPE, déjà accordé aux agriculteurs, ou une TVA à 5,5 % sur les travaux de rénovation. Idem à la FFB, qui considère le plan comme "un premier signal pour le BTP à amplifier rapidement". La fédération fustige, au passage, "la suppression quasi-immédiate de MaPrimeRénov’ à toutes les chaudières gaz" : la disparition de cette subvention aux ménages "fragilise tout un secteur", met-elle en garde.
Plus modéré, l'agroalimentaire, par la voix de l'Ania, se montre plutôt satisfait, bien qu'inquiet de la faisabilité de l'aide aux gros consommateurs d'énergie. Pour sa part, le syndicat agricole, la FNSEA, déplore l'absence d'une "compensation des augmentations du coût du carburant", au-delà de la remise générale de 15 centimes par litre.
Enfin, les annonces du gouvernement n'ont pas suffi à complètement éteindre la colère sur le terrain. Des dépôts de carburant continuent d'être bloqués, en particulier à Brest, où des professionnels et artisans des travaux publics et du paysage poursuivent leur mouvement. Les pêcheurs bretons, en revanche, ont arrêté le leur, satisfaits de la remise immédiate et élargie dont ils bénéficient depuis aujourd'hui.

Les prix augmentent, les salaires aussi... mais moins

Les salariés se rappellent au bon souvenir du gouvernement et du patronat. Hasard du calendrier, au lendemain de la présentation d'un "plan de résilience" qui fait la part belle aux entreprises, plusieurs syndicats, CGT et Unsa en tête, ont défilé aujourd'hui, pour "une augmentation générale des salaires". Or, les rémunérations devraient bel et bien progresser cette année, à en croire l'Insee. L'institut s'attend à une hausse du salaire mensuel de base de +2,3 % sur un an, rien qu'au premier trimestre. A l'origine de ces gains, "la prise en compte, dans les négociations salariales de nombreuses branches, des hausses de prix à la consommation et des difficultés de recrutement", mais aussi "un chômage relativement bas" et la revalorisation du Smic au 1er janvier. Celle-ci pourrait être rapidement suivie d'une autre, "d’au moins 2 %", afin de tenir compte de l'inflation. Laquelle, malgré tout, "érode le pouvoir d’achat (...), qui continuerait ainsi de baisser en termes réels début 2022"... comme c'est déjà le cas depuis mi-2021, souligne l'Insee.

Et si l'inflation haute s'éternisait ?

Après le coronavirus, il faudra sans doute aussi apprendre à vivre avec l'inflation. C'est l'hypothèse sérieusement envisagée désormais par la Banque centrale européenne. Sous l'effet de la guerre en Ukraine, « les prix de l'énergie devraient rester plus élevés plus longtemps (...), la pression sur ceux de l'alimentation va vraisemblablement augmenter (...), les difficultés d'approvisionnement de l'industrie mondiale (...) devraient aussi persister dans certains secteurs », a estimé la présidente de la BCE Christine Lagarde, aujourd'hui, lors d'un déplacement à Francfort, en Allemagne. Résultat, « la dynamique de l'inflation à moyen terme ne retournera pas à son niveau d'avant la pandémie ». Un changement de paradigme complet : jusqu'à présent, la hausse des prix était présentée comme "transitoire", car attribuée à une reprise économique post-coronavirus plus vigoureuse et rapide qu'attendu.

Le travail sous le règne du Covid-19

Le premier confinement a deux ans ! Le 17 mars 2020, en proie à un mal encore méconnu, appelé Covid-19, la France s'arrêtait presque totalement pour vivre au rythme des attestations de déplacement et des motifs impérieux. Deux ans plus tard, la crise sanitaire n'est pas encore tout à fait passée. Mais elle n'en a pas moins déjà profondément bousculé l'organisation du travail dans les entreprises.
A lire : Comment le Covid-19 a changé le fonctionnement des entreprises

Naval : les Chantiers de l'Atlantique voient double

Excellente nouvelle pour les Chantiers de l'Atlantique. La société The Ritz-Carlton Yacht Collection a confirmé leur commander deux paquebots de luxe, avec une option pour deux supplémentaires. Ces navires de 200 mètres de long et pourvus de 230 cabines seront construits à Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), à 400 millions d'euros l'unité. Livraison pour 2024 et 2025.

Industrie : ArcelorMittal se sent bien chez les Ch'tis

ArcelorMittal passe à la vitesse supérieure dans le Nord, grâce à la voiture électrique. Le géant mondial de l'acier prévoit d'ouvrir une nouvelle unité de production sur son site de Mardyck, près de Dunkerque. C'est la deuxième fois depuis le début de l'année qu'il investit massivement dans la région.
A lire : ArcelorMittal investit 300 millions d'euros dans le Nord pour fournir les fabricants de véhicules électriques

De mal en pis sur le marché automobile européen

L'automobile poursuit sa course dans le fossé. En février, les ventes de voitures particulières dans l'UE ont enregistré leur 8e baisse consécutive (-6,7 % en un an), selon l'ACEA. Du fait, encore et toujours, des "perturbations sur la chaîne d'approvisionnement", l'année part sur de très mauvaises bases. Avec moins de 719 500 véhicules écoulés, c'est tout simplement le pire mois de février jamais constaté par l'Association des constructeurs européens. Comme janvier l'avait déjà été. Dans ce contexte, le mois dernier, les marques françaises se sont encore embourbées plus que la moyenne : -25,1 % pour Peugeot et -21,7 % pour Citroën (contre -19,5 % pour Stellantis dans son ensemble) ; -13,6 % pour Renault, qui plombe tout le groupe automobile (-4 %).

16 mars

📍 Guerre en Ukraine : le "plan de résilience" se dévoile...

Le gouvernement contre-attaque. Face aux multiples répercussions de la guerre en Ukraine sur l'économie française, le Premier ministre Jean Castex a présenté l'intégralité de son "plan de résilience" cet après-midi. Au menu : une nouvelle aide pour les entreprises affectées par la flambée des prix du gaz et de l'électricité, la réactivation de trois outils mobilisés pendant la crise du Covid-19, et une volée d'aides sectorielles plus ou moins généreuses et précises.
A lire : A qui va profiter le "plan de résilience" contre l'impact de la guerre en Ukraine ?

... les régions et les réseaux locaux se mobilisent...

En plus du "plan de résilience" national dévoilé aujourd'hui, la protection des entreprises s'organise aussi sur le plan local. Plusieurs initiatives émergent ainsi sur le territoire pour amortir l'impact de la crise russo-ukrainienne sur l'économie. Après la Région Sud, c'est le Grand Est et la Normandie qui se mobilisent avec la création de cellules de crise dédiées. Pour sa part, CCI France recense, sur son site, les actions, y compris humanitaires, des chambres de commerce et d'industrie, ainsi que des contacts utiles pour s'informer et se prémunir des conséquences économiques du conflit. Des conséquences loin d'être minimes : dans les Alpes-Maritimes, pas moins de 8 entreprises sur 10 se disent touchées.

... les sanctions contre la Russie s'étendent

La liste des secteurs interdits de commerce avec la Russie s'allonge de plus en plus. Elle est parue hier au Journal officiel de l'Union européenne. Sont concernés la vente d'un large éventail de produits de luxe (cosmétiques, champagne, maroquinerie, habillement, équipements de la maison, articles de sport, bijouterie, cristallerie, voitures, bateaux, etc.), ainsi que l'import ou le transport de produits sidérurgiques (tôles, aciers, tubes, conduites de gaz, éléments de voies ferrées...). L'énergie n'échappe plus totalement aux sanctions : l'export de biens et technologies utiles au secteur est banni, sauf exceptions (nucléaire civil, équipements pour l'acheminement du charbon, pétrole et gaz), de même que tout nouvel investissement (coentreprise, participation, prêts). Enfin, les transactions, directes ou indirectes, avec certaines sociétés d'Etat sont prohibées. Mais là encore, des dérogations existent pour les combustibles fossiles et certaines matières premières critiques pour l'UE (titane, aluminium, cuivre, nickel palladium et minerai de fer).

Numérique : les start-up imperméables à la crise

Les pépites françaises du numérique n'ont pas besoin de plan pour être résilientes. Deux d'entre elles viennent de signer des levées de fonds majuscules. La plate-forme de santé Doctolib a collecté 500 millions d'euros et prévoit de recruter 3 500 personnes en Europe sur cinq ans. Une vague d'embauches qui devrait profiter, entre autres, à son site de Nantes. Au passage, l'entreprise détrône BackMarket comme "première licorne de France", avec une valorisation à 5,8 milliards d'euros. Dans la foulée, Akeneo, spécialiste de l'information produit, a également annoncé se renforcer avec une opération un peu plus modeste, néanmoins conséquent.
A lire : Le nantais Akeneo lève 122 millions d'euros

Commerce : du changement pour les loyers

Les Assises du commerce n'auront pas servi à rien. Si le gouvernement n'a jamais publié la synthèse de ces travaux, menés en décembre, il en a au moins tiré une mesure : la refonte de l'indice de référence pour le calcul des loyers des magasins. Le décret est entré en vigueur aujourd'hui et les principaux intéressés en sont ravis.

La taxe carbone sur le retour

L'Union européenne se convertit prudemment au protectionnisme vert. Les ministres des Finances de l'UE ont validé, hier, le cadre général de la future taxe carbone aux frontières. A savoir que ce "mécanisme d'ajustement" ciblera les importations dans 5 secteurs : le ciment, l'aluminium, les engrais, la production d’énergie électrique, ainsi que les métaux (fer et acier). Mais, par souci de simplification administrative, "les envois d'une valeur inférieure à 150 euros", soit un tiers du volume annuel de ces achats, seront exemptés, affirme le communiqué de la présidence française de l'UE. De nombreux points de discussion restent toutefois en suspens, dont la "suppression progressive" des quotas gratuits d'émission jusqu'ici accordés aux industriels européens. A terme, avec cette taxe, les Vingt-Sept espèrent "prévenir la délocalisation et (...) les fuites de carbone", dues aux importations en provenance de pays tiers moins respectueux de l'environnement.

15 mars

📍 Les entreprises ne se font (toujours) pas de cadeaux

La crise du coronavirus passe, mais les tensions entre entreprises restent. Pire, elles se démultiplient. Retards de paiement, disputes sur les loyers, difficultés d'approvisionnement : les sujets de discorde ne manquent pas, s'inquiètent plusieurs organisations patronales. Et la guerre en Ukraine ne devrait rien arranger. D'où la nécessité, plus que jamais, d'être solidaires, a répondu le Médiateur des entreprises aujourd'hui, à l'occasion de la présentation de son bilan 2021.
A lire : Les relations entre entreprises resteront tendues en 2022

Prix du carburant : les transporteurs haussent le ton...

Face à la flambée des prix de l'essence, les professionnels perdent patience. A la veille de la présentation du "plan de résilience" de l'Etat, la Fédération nationale du transport routier remet la pression sur le gouvernement. Pas question pour elle de se contenter de la "remise carburant" annoncée ce week-end, car elle "ne répond pas aux besoins urgents des entreprises". La FNTR attend plutôt "une aide sérieuse du gouvernement, limitée dans le temps, pour faire face aux pertes enregistrées par notre secteur d’activité"... et pour lui donner "le temps nécessaire [de] répercuter l’inflation subie" sur ses clients. En attendant, les camionneurs, accompagnés d'agriculteurs et de pêcheurs, ont bloqué, aujourd'hui, des dépôts pétroliers à Brest et Lorient. Samedi, ils s'étaient déjà mobilisés lors d'opérations escargot dans le Nord.
A (re)lire : Dans le Maine-et-Loire, les entreprises du BTP et du paysage alertent sur la hausse des prix du carburant

... le bâtiment cherche la parade

Autre organisation professionnelle, autre ambiance. Pas de revendications du côté de la Fédération française du bâtiment, mais des solutions inspirées du système D. La FFB propose, sur son site web, un "tour d'horizon" de trucs et astuces "pour réduire les effets de la hausse du coût du carburant inhérent aux déplacements professionnels". Par exemple, favoriser le covoiturage pour aller sur les chantiers, revoir les horaires de travail pour éviter les bouchons.

Large rebond des investissements étrangers

Les investisseurs étrangers sont revenus en nombre dans l'Hexagone. Après un coup d'arrêt en 2020, Business France a compté 1 607 projets en 2021 (+32,3 % en un an), représentant "la création ou le maintien" de plus de 45 000 emplois (+30,2 %). Des chiffres qui dépassent même leur niveau d'avant-crise sanitaire (respectivement +9,5 % et +13,8 % sur deux ans). "La France n'a jamais été aussi attractive qu'en 2021", se félicite donc l'agence publique. Elle y voit même le signe d'une réindustrialisation en cours du pays, puisque 460 de ces investissements sont allés dans le secteur secondaire (+21 % en deux ans). Mais dans 83 % des cas, il s'agissait d'extensions, plutôt que de créations d'usines à proprement parler.

Léger mieux des échanges extérieurs

La France a presque stoppé l'hémorragie. En janvier, les exportations ont vivement rebondi pour atteindre 47,3 milliards d'euros (+7 % sur un mois), alors que les importations plafonnent à 55,3 milliards (-0,5 %), selon les douanes. Le déficit commercial recule donc pour la première fois depuis l'été dernier, à -8 Md€. Mais, sur les douze derniers mois cumulés, il continue de se creuser (-88,4 Md€). La hausse des prix en général, celle de l'énergie en particulier, gonflent toutefois artificiellement ce bilan. Et pour ne rien arranger, l'Hexagone reste importatrice nette d'électricité depuis novembre, souligne l'étude.

14 mars

📍 Prix du carburant : folie inflationniste à la pompe...

C'est un pic, c'est un cap, que dis-je ? C'est une péninsule ! Oui, les mots et les superlatifs viennent à manquer pour décrire l'explosion vertigineuse et sensationnelle des prix à la pompe. La flambée du gazole a été particulièrement violente : au 11 mars, le litre a atteint 2,1407 euros en moyenne, sur la semaine, soit une hausse de plus de 25 centimes en sept jours (+13,7 %)... ce qui place le tarif du diesel au-dessus du sans-plomb, selon les relevés hebdomadaires du ministère de la Transition écologique ! C'est sans doute un effet direct de la guerre en Ukraine, puisque la France dépend plus de la Russie pour le gazole (un quart de ses achats en provenait en 2020) que pour le pétrole brut (10 à 15 % avant la crise sanitaire), indiquait l'Union française des industries pétrolières (Ufip), la semaine passée. Cela dit, aucun carburant n'est épargné par cette brutale poussée de fièvre, avec des hausses comprises entre 14 et 19 centimes par litre pour le GNR (à 1,73 €, +9 %), le SP 95 (à 2,0825 €, +10,2 %) et le 98 (à 2,1206 €, +8,4 %). Il va sans dire que ces prix ont donc battu leur record historique, et ce pour la 10e semaine consécutive.
A (re)lire : L'explosion des prix de l'essence met les entreprises et l'État sous intense pression

... tentatives désespérées de modération de l'Etat

Face à cette explosion impressionnante des prix de l'essence, le dernier geste du gouvernement paraît bien dérisoire, si ce n'est déjà dépassé. Le Premier ministre a annoncé, samedi, au Parisien, une « remise carburant à la pompe de 15 centimes par litre », valable du 1er avril au 31 juillet. Il en coûtera « un peu plus de 2 milliards d'euros » à l'Etat. Il ne s'agit pas d'une baisse des taxes, mais bien d'un rabais, effectué au moment du paiement. Le distributeur se verra compenser la différence dans un second temps. Avec cette méthode, les entreprises, dont celles du BTP, du transport routier ou de la pêche, pourront bénéficier de cette aide d'urgence comme « tout le monde », s'est justifié Jean Castex. Le gouvernement travaille, en parallèle, à un autre dispositif « plus ciblé et plus pérenne », pour en prendre le relais après juillet (donc après les élections présidentielle et législatives), a complété la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, ce matin, sur RTL. Il s'agira, cette fois, de soutenir « ceux qui sont les plus dépendants, les "gros rouleurs", obligés d'utiliser leur véhicule pour travailler ou aller travailler ».
A lire : Dans le Maine-et-Loire, les entreprises du BTP et du paysage alertent sur la hausse des prix du carburant

Guerre en Ukraine : le PIB français touché...

L'économie française ballottée d'une crise à l'autre. La Banque de France a encore revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2022. Mais, cette fois, le variant Omicron et les restrictions sanitaires n'y sont pour rien. C'est bien la guerre en Ukraine qui devrait freiner le rebond du PIB. Et propulser l'inflation vers des sommets.

... les entreprises contraintes de s'adapter...

L'économie tricolore devrait surtout subir les effets de la guerre en Ukraine à partir du deuxième trimestre, selon la Banque de France. Mais, sans attendre, certaines sont déjà dans la tourmente. A l'image d'Alliance des énergies. Le courtier lyonnais le reconnaît : « C'est la panique ! »
A lire : Comment le courtier Alliance des énergies encaisse le choc de la guerre en Ukraine
Du côté de FM Logistic, la problématique est tout autre. Le groupe mosellan est focalisé sur le sort de ses 900 salariés, basés en Ukraine. Mais exclut, en parallèle, de se retirer de Russie.
A lire : « La priorité de FM Logistic, c'est la sécurité de nos salariés en Ukraine »

... la Russie encore visée

L'Europe n'en a pas fini avec les sanctions contre la Russie. Une nouvelle salve devrait être confirmée dans la journée. Annoncée dès vendredi soir, elle consiste, entre autres, à élargir les interdictions d'exportation aux produits de luxe (après l'aérospatiale, du maritime et des technologies), mais aussi à bannir les "nouveaux investissements européens dans le secteur énergétique russe" et "l'importation de biens essentiels dans le secteur du fer et de l'acier" en provenance de ce pays, a expliqué la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. Enfin, l'UE et le G7 veulent retirer à Moscou son statut dit de "nation la plus favorisée", un principe de non-discrimination et de réciprocité, consacré par l'OMC. Cette mesure empêcherait les sociétés russes de bénéficier de certains avantages commerciaux, notamment des droits de douanes réduits au minimum.

Appels à la solidarité pour les Ukrainiens

Peu à peu, l'aide à l'Ukraine s'organise et les entreprises peuvent y mettre la main. Au-delà des dons d'argent, elles peuvent également fournir du matériel informatique. Un besoin exprimé par Kiev et relayé par le secrétaire d'Etat français à la Transition numérique Cédric O. Une adresse courriel a ainsi été ouverte centraliser les propositions : @email. En parallèle, le gouvernement réfléchit à mobiliser les employeurs, autour de l'insertion professionnelle des réfugiés ukrainiens, puisque leur statut de protection temporaire les autorise à travailler dès leur arrivée dans l'UE. Différents dispositifs pourraient être utilisés (contrat d'engagement jeune, formation en situation de travail...) et la nouvelle plateforme d'offre d'assistance, pour l'instant axée vers les particuliers, pourrait être élargie aux acteurs économiques.

Très large démantèlement des restrictions sanitaires...

Les contraintes sanitaires se réduisent comme peau de chagrin. Depuis aujourd'hui, le port du masque n'est plus imposé dans les lieux publics (sauf en intérieur dans les transports) et le passe vaccinal disparaît partout où il s'appliquait. Le décret qui décline ces principes généraux n'a été publié qu'hier au Journal officiel. Il abroge, en réalité, de nombreuses autres contraintes, telles que la distanciation physique (supprimée de la liste des gestes barrière) ; la mise à disposition de savon ou gel hydroalcoolique dans les transports ; la mise en oeuvre de règles sanitaires dans les événements et leur déclaration en préfecture ; les aménagements contre le Covid-19 dans les salles de spectacles, de conférences ou de cinéma ; la limitation des contacts lors des livraisons de marchandises, etc. Dans certains cas (rassemblements, certains hébergements touristiques), le préfet peut toutefois réactiver des mesures de restriction, "lorque les circonstances locales l'exigent". Enfin, comme prévu, les établissements de santé conservent le passe sanitaire (sauf visites pour une urgence ou un dépistage au coronavirus) et ont désormais la possibilité de contrôler l'identité des personnes qui présentent leur QR code. Le masque reste également requis dans ces lieux, et peut être imposé, en plus, dans les pharmacies, laboratoires ou cabinets médicaux.

... mais très flou abandon du protocole en entreprise

Quid des entreprises ? Mystère... En principe, le protocole sanitaire devait être abandonné aujourd'hui, pour être remplacé par un guide pratique très allégé. Mais, dans les faits, ce midi, le premier était toujours en ligne, comme si de rien n'était, et le second pas encore officiellement disponible. Sur le site gouvernemental dédié au Covid-19, il était simplement indiqué la fin du port du masque en entreprise à partir de ce lundi, mais pas celle du fameux protocole. Seule certitude : le décret d'allègement des restrictions sanitaires, paru hier, fixe la date d'échéance de la nouvelle amende administrative, créée en début d'année, contre le non-respect des règles anti-coronavirus par les employeurs. Cette sanction ne peut s'appliquer qu'à des manquements constatés par l'inspection du travail avant le 13 mars. Jusqu'ici, elle était censée expirer, au plus tard, le 31 juillet.

11 mars

📍 Guerre en Ukraine : l'Europe en ordre de bataille pour sa souveraineté...

Sus à la dépendance, place à la souveraineté ! En réponse à la crise russo-ukrainienne, les chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE, réunis à Versailles, se sont accordés pour accélérer sur deux fronts. En matière d'énergie, des mesures d'urgence seront présentées dans deux semaines pour préserver entreprises et ménages de la flambée des prix actuelle, mais aussi garantir les approvisionnements de l'hiver prochain. Suivra, en mai, un plan censé permettre de « sortir, d'ici à 2027, de notre dépendance aux gaz, pétrole et charbon russes », a expliqué Emmanuel Macron, ce qui supposera « investissements et équipements nouveaux ». Il s'agira, par exemple, de développer le GNL, le biogaz, l'hydrogène et les renouvelables. Second axe : la défense. Le président français assure vouloir « consolider et bâtir des filières industrielles » européennes, pour limiter le recours à l'import. La déclaration finale du sommet insiste sur l'investissement, l'innovation et le renforcement "de notre industrie de défense, y compris ses PME". Une analyse des besoins et des propositions complémentaires sont attendues pour la mi-mai. Enfin, les Vingt-Sept réaffirment leur engagement pour réduire leurs "dépendances stratégiques", y compris dans l'alimentaire. Sur ce plan, « l'Europe et l'Afrique seront très profondément déstabilisées » par la guerre en Ukraine, a prévenu Emmanuel Macron. Il appelle donc l'UE à « préparer et réévaluer notre stratégie de production » dans ce domaine aussi.

... l'économie de la zone euro en zone de turbulences

La guerre en Ukraine va bel et bien faire tanguer l'économie européenne. La croissance de la zone euro va fondre, mais devrait résister quand même, pour atteindre +3,7 % cette année, selon la BCE. C'est malgré tout 0,5 point de moins qu'espéré il y a trois mois. L'impact du conflit en cours devrait surtout se faire sentir sur l'inflation : elle pourrait culminer à +5,1 %, c'est-à-dire quasiment 2 points au-dessus de ce qui était initialement prévu. Mais tout dépendra de la suite des événements en Ukraine, de l'impact des sanctions actuelles, et des éventuelles mesures supplémentaires, prises contre la Russie, reconnaît la Banque centrale européenne. Elle a d'ailleurs déjà prévu deux scénarios encore plus dégradée : dans le pire des cas, le PIB ne progresserait alors que de 2,3 %, mais les prix s'envoleraient de 7,1 %.

Cybersécurité : les entreprises trop négligentes

Les entreprises doivent se réveiller au plus vite. De plus en plus visées par les attaques informatiques, elles doivent "plus que jamais" investir dans leur cybersécurité, prévient l'agence nationale chargée de ces questions (Anssi). Un impératif renforcé par le contexte géopolitique actuel. A ce propos, l'Anssi publie un bulletin d'information sur les menaces liées à la crise russo-ukrainienne. Elle met particulièrement en alerte les sociétés comptant des filiales dans les pays belligérants, les tentatives d'hameçonnage mobilisant cette actualité, ou encore l'utilisation de produits informatiques d'origine russe, comme les logiciels Kaspersky.

Le Covid-19 n'a pas dit son dernier mot...

Un grain de sable dans la levée des restrictions sanitaires. L'épidémie de Covid-19 est bel et bien en train de repartir. A trois jours de la suspension du passe vaccinal, de la fin du port obligatoire du masque et de la disparition du protocole en entreprise, le ministre de la Santé a reconnu « un rebond » de la maladie. Pour autant, « nous serons, lundi, dans les objectifs que nous nous étions fixés. Il n'y a donc pas de difficulté à aller au bout de la démarche », a tenté de rassurer Olivier Véran, en déplacement en Isère. Sauf que les chiffres lui donnent en grande partie tort, au regard des seuils qu'il avait lui-même fixés : hier soir, le taux d'incidence se stabilisait toujours au-dessus de la barre des 500, quand le nombre de patients en soins critiques restait plus proche de 2 000 que des 1 500 espérés.

... l'aérien veut enterrer toutes les contraintes

Reprise épidémique ou pas, le secteur aérien fait front contre les restrictions sanitaires. L'Iata et ACI Europe, représentants des compagnies internationales et des aéroports continentaux, exigent, en vue de la saison estivale, la levée de toutes les contraintes imposées aux voyageurs, à l'intérieur comme aux frontières de l'espace Schengen et de l'UE. Dans leur collimateur : les tests de dépistage, les preuves de vaccination, et même les masques, dès lors qu'ils ne sont plus exigés, par ailleurs, dans les autres lieux publics. Les deux organisations réitèrent toutefois leur soutien au passe sanitaire européen. En janvier, le transport aérien a enregistré une demande encore inférieure de près de 50 % par rapport à la même période de 2019 (mais +82,3 % sur un an), indique l'Iata, dans une publication séparée.

Innovation : 17 universités en pôle position

L'Etat complète, et conclut, sa carte des universités à la pointe de la recherche. Elles sont 8 à rejoindre soit l'initiative d'excellence (IdEx), soit celle dite "Science, innovation, territoires, économie" (I-SITE). Lancés en 2010, ces labels visent à fédérer les acteurs locaux pour "accélérer la recherche et la formation sur les secteurs prioritaires" de la France, dans le cadre des programmes d'investissements d'avenir. Concrètement, les 17 pôles désormais constitués se partageront 300 millions d'euros par an, leur promet le gouvernement. Parmi les dernières universités retenues figurent celles de Lille, Clermont-Ferrand, Montpellier, ou encore Nantes.
A lire : Nantes Université obtient le label I-site Next pour accélérer sur l'industrie et la santé du futur

Industrie : le groupe Cochez au chevet de Caddie

La direction de Caddie gagne du temps et un investisseur. En redressement judiciaire depuis janvier, le fabricant alsacien de chariots vient d'obtenir un renfort de poids dans sa tentative de sauvetage, celui du groupe nordiste Cochez.

10 mars

📍 Guerre en Ukraine : main tendue aux entreprises en difficulté...

Pas besoin d'attendre le "plan de résilience" du gouvernement pour se faire aider par l'Etat (voir ci-après). La ministre de l'Industrie conseille aux entreprise fragilisées par la crise russo-ukrainienne de se signaler sans attendre, « avant d'être dans de trop grosses difficultés de trésorerie : plus tôt on prend la situation, plus facile sont les solutions que l'on trouve avec les banquiers, les actionnaires, les différentes parties prenantes», a fait valoir Agnès Pannier-Runacher, en marge d'une visite dans le Pas-de-Calais. Selon elle, Bercy dispose déjà de moyens pour soutenir ces sociétés. En particulier, les commissaires aux restructurations et prévention des difficultés des entreprises (CRP), déjà mobilisés sur les problématiques de coûts de l'énergie, ont élargi leur travail aux conséquences de la guerre en Ukraine. « Systématiquement, nous proposons un accompagnement» aux entreprises concernées, assure la ministre.

... premières initiatives au niveau régional...

Pour les entreprises en mesure de patienter, la réponse du gouvernement à la guerre en Ukraine passera par son fameux "plan de résilience". Il sera présenté la semaine prochaine et « sera très sectorisé », a indiqué le Premier ministre Jean Castex. Autre précision du jour : « Plus les entreprises seront exposées [à la situation en Russie], plus les compensations seront élevées ». En attendant d'en savoir plus, certaines collectivités prennent les devants, à l'image de la Région Sud, qui dégaine ses propres mesures ou la préfecture de Gironde, qui anticipe sur l'emploi des réfugiés.

... Technature dans le flou...

Difficile d'y voir encore clair sur toutes les conséquences de la guerre en Ukraine. Même pour les entreprises impliquées dans les pays belligérants, la situation reste confuse, comme en témoigne Technature. Le breton réalise 8 % de ses exportations de produits cosmétiques dans cette zone.
A lire : Technature veut aider ses clients ukrainiens

... l'indépendance européenne en débat...

Réunion au sommet au Château de Versailles. Les chefs d'Etat et de gouvernement de l'Union européenne se retrouvent pendant deux jours pour imaginer les suites à donner à la crise russo-ukrainienne. Après un tir groupé de sanctions immédiates et en rafales contre la Russie, les Vingt-Sept se pencheront notamment sur deux priorités de moyen terme : construire « l'indépendance énergétique totale de la France et de l'UE dans les dix années qui viennent », dixit le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, et mettre enfin sur les rails l'"Europe de la défense", autre Arlésienne du projet communautaire.

... les ventes maritimes sur pause, entre autres

Le secteur maritime dans le viseur des représailles contre la Russie. L'Union européenne a étendu ses interdictions de ventes de biens et de technologies aux équipements de navigation et de radiocommunications pour les navires (hors livraisons humanitaires ou impératifs de sécurité maritime), selon le Journal officiel de l'UE. La fourniture de services et de financement liés à ces produits est également bannie. Par ailleurs, la liste des personnalités russes sanctionnées est élargie et vise désormais "862 individus et 53 entités", a annoncé, hier, la Commission européenne.
De son côté, Moscou entame la contre-riposte. Le pays interdit, jusqu'à la fin de l'année, les exportations de technologies en lien avec les télécoms, la santé, le matériel agricole et ferroviaire, les équipements électriques, ainsi que diverses machines-outils et types de bois. Les navires européens devraient aussi être prochainement empêchés d'accoster dans les ports russes.

Emploi : la crise du Covid-19 change la donne pour 2030...

Il y aura bien un semblant de "monde d'après" sur le marché du travail. La crise sanitaire devrait quelque peu dévier de leur trajectoire les créations d'emploi, en France, sur la prochaine décennie, affirme une étude de France Stratégie et la Dares. Parmi les secteurs gagnants : la santé, l'informatique, mais aussi la construction, voire, dans une certaine mesure, l'industrie.
A lire : Informatique, BTP, industrie... : quels secteurs recruteront d'ici 2030 ?

... les entreprises changent de ton sur les seniors

Les salariés de plus de 50 ans ont encore toute leur place en entreprise. C'est en quelque sorte le message derrière l'initiative de 32 sociétés (dont Michelin, Renault, Damartex, ou encore l'Apec), signataires d'un "acte d'engagements" en faveur des seniors. Au nombre de dix, leurs promesses s'avèrent relativement générales et larges ("recruter des personnes à toutes les étapes de leur carrière" ; "favoriser la transmission des savoirs et le partage d’expérience entre les générations"...), ou, au contraire, très précises et déroutantes (comme "remercier les collaboratrices et collaborateurs [qui partent à la retraite], en célébrant et en saluant leur carrière"). Mais les entreprises assurent que ces paroles déboucheront bien sur des "dispositifs" concrets, doublés d'un partage de bonnes pratiques.

9 mars

📍 Le boom des prix à la pompe, la goutte de trop

La flambée des prix de l'essence met le feu à l'économie française. Plusieurs secteurs s'alarment désormais ouvertement d'une envolée des coûts, qui menacent directement leur activité, voire leur survie. En réponse, le gouvernement promet une "aide appropriée". Mais prévient aussi qu'il n'y en aura pas pour tout le monde.
A lire : L'explosion des prix de l'essence met les entreprises et l'État sous intense pression

Ca va vraiment bien pour l'emploi...

L'emploi salarié plus solide que prévu en 2021, l'intérim beaucoup moins. Le secteur privé a finalement créé 677 700 postes nets l'an dernier (+3,5 %), d'après l'Insee, soit quasiment 30 000 de plus qu'initialement annoncé. A l'inverse, l'institut statistique avait largement surestimé le rebond du travail temporaire : il n'a progressé "que" de 5,4 % au quatrième trimestre (au lieu de +9,1 %). Pas de quoi remettre en cause pour autant son retour à la normale (réévalué à +6,3 % par rapport à fin 2019). Dans la construction, néanmoins, les effectifs intérimaires parviennent tout juste à se rétablir (+0,1 % sur deux ans), précise la Dares (ministère du Travail) dans une publication séparée.

... beaucoup moins pour les salariés français

Le Covid-19 continue d’affecter la santé mentale des travailleurs. C’est ce que révèle le baromètre que vient de publier Empreinte Humaine, un cabinet spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux : 41 % des 2 000 salariés français interrogés en pleine vague Omicron, entre fin janvier et début février, éprouvent de la détresse psychologique. C’est 3 points de plus que lors de l’édition précédente de ce baromètre, en octobre. Pouvant déboucher sur des burn-out ou des dépressions si elle est chronique, cette détresse touche en priorité les femmes (47 %), les jeunes (54 % des moins de 29 ans) et les salariés de la fonction RH (64 %). Pour les entreprises, la gestion des risques psychosociaux continue donc d’être un sujet, deux ans après le déclenchement de l’épidémie. Et un sujet qu’elles vont devoir apprendre à mieux maîtriser : moins d’un tiers des salariés estiment que leur employeur à pris la pleine mesure de cette problématique. 

Bis repetita pour l'exonération des frais générés par le télétravail

Petit coup de pouce fiscal pour les télétravailleurs. Le gouvernement reconduit l’exonération d’impôt sur le revenu pour les remboursements de dépenses liées au distanciel. C'est-à-dire les allocations versées par l’employeur pour couvrir les frais de télétravail. Dans ce cas, il appartient à ce dernier d’indiquer à l’administration fiscale les dépenses concernés. Les salariés, qui ont opté pour la déduction des frais professionnels pour leur montant réel, peuvent aussi bénéficier de cette mesure. Dans les deux cas, les exonérations d’impôts sont limitées à 2,50 euros par jour, 55 euros par mois et 580 euros par an.

Recyclage : au tour des textiles, des composites et du papier

Après les plastiques et les métaux, le gouvernement s’attaque au recyclage des textiles, des matériaux composites et du papier et cartons. Il vient pour cela de lancer trois nouveaux volets de son appel à projets "Solutions innovantes pour l’amélioration de la recyclabilité, le recyclage et la réincorporation des matériaux". Dotés au total de 45 millions d’euros, ces trois nouveaux axes ciblent toute la chaîne du recyclage, de la conception des produits, jusqu’à leur transformation et à leur réutilisation. Les entreprises ont jusqu’au 26 juillet pour déposer leurs projets.

Hydrogène : 15 projets dans les starting-blocks

Qui veut gagner des milliards ? La France va demander à la Commission européenne d'inscrire 15 projets industriels français dans son PIIEC dédié à l'hydrogène. Ce genre de programmes, centrés sur des sujets stratégiques pour l'UE, permet d'attribuer aux entreprises retenues des aides d'Etat très généreuses. En l'occurrence, après validation de Bruxelles, "ce sont plus de 7 milliards d’euros d’investissements publics et privés qui pourront être déployés", explique le ministère français de l'Economie. Parmi les projets présélectionnés, ceux de Genvia et d'Alstom en Occitanie, Symbio en Auvergne-Rhône-Alpes, McPhy à Belfort, Hyvia dans le Grand Est, ou encore Normand'Hy, porté par Air Liquide.
A lire : Air Liquide lance le chantier de l'une des plus grandes usines d'hydrogène décarboné du monde

Numérique : 500 recrutements pour Onepoint

Onepoint s'ancre à Nantes. Après y avoir investi une vingtaine de millions d’euros dans de nouveaux locaux, l’entreprise de services du numérique parisienne projette à présent 500 embauches dans la Cité des Ducs.
A lire : Onepoint projette 500 recrutements à Nantes d'ici 2025

Guerre en Ukraine : la Russie boudée par les entreprises

A chaque jour ses annonces d'entreprises qui tournent le dos à la Russie, dans la foulée de son assaut sur l'Ukraine. Parmi elles, deux françaises ont sauté le pas aujourd'hui. Alstom indique "suspendre toute livraison" et "tout investissement futur" vers ce pays. Le groupe va également réévaluer la valeur comptable de sa participation de 20 % dans une entreprise ferroviaire russe. Dans le même temps, la guerre en Ukraine interrompt aussi les discussions en cours entre Alstom et Kiev sur une commande de locomotives, estimée à 880 millions d'euros par la presse. De son côté, Dassault Systèmes a "décidé de suspendre toute nouvelle activité en Russie et en Biélorussie". Mais l'entreprise informatique "continuera à apporter un support minimal à [ses] clients existants non soumis aux sanctions" prononcées par la communauté internationale à l'encontre de ces deux Etats.

8 mars

📍 La fin du protocole sanitaire en entreprise

Il sera bientôt bon à ranger au fond de votre placard à archives. Le protocole sanitaire en entreprise disparaîtra dès lundi prochain, a annoncé la ministre du Travail, ce matin, sur LCI. La fin d'une longue parenthèse de près de deux ans, au cours de laquelle ce document, et ses multiples moutures successives, ont dicté l'organisation du travail en période de Covid-19. Son abandon s'ajoute à la suspension du passe vaccinal et la levée du port du masque obligatoire, également programmées pour lundi. L'épidémie n'est pourtant pas finie (le reflux des contaminations semble même s'enrayer depuis quelques jours), mais les élections arrivent vite...
A lire : Le protocole sanitaire en entreprise bientôt remplacé par un "guide pratique" moins contraignant

Guerre en Ukraine : 2 000 PME dans la tourmente...

Les PME françaises ne sont pas à l'abri de la crise russo-ukrainienne. Environ 2 000 d'entre elles sont affectées par le conflit, selon le secrétaire général de la CPME Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, interrogé par France Info. Soit parce qu'elles sont directement implantées dans l'un des deux pays en guerre, soit parce qu'elles commercent avec eux. S'y ajoutent les conséquences de l'envolée des prix de l'énergie pour les industriels et les transporteurs. De son côté, le patron du Medef reconnaît un « impact évident », sans toutefois pouvoir le chiffrer. « Il est aussi possible qu’il y ait un effet psychologique fort, prévient Geoffroy Roux de Bézieux : on voit déjà des annulations de voyages », selon lui.

... le patronat avance ses idées pour la "résilience"...

Face aux tensions économiques nées de cette crise russo-ukrainienne, l'Etat promet un "plan de résilience". Cette riposte était au coeur de nouvelles consultations menées, cet après-midi, par le Premier ministre. Jean Castex a reçu les filières industrielles, puis les partenaires sociaux, à Matignon. La CPME prévoyait de réclamer, à cette occasion, des garanties sur les approvisionnements en métaux et minerais, ainsi que le rétablissement du chômage partiel sans reste à charge et « des moratoires sur le paiement des charges sociales et fiscales », a indiqué son secrétaire général à la radio. Pour sa part, le Syndicat des indépendants en profite pour plaider en faveur de "l'allongement de droit" du calendrier de remboursement des PGE pour toutes les TPE et l'étalement du paiement des cotisations 2021 sur plusieurs années.

... Tryba Energy se retrouve en première ligne

Sa centrale solaire est plongée dans le noir. L'entreprise alsacienne Tryba Energy exploite un site de production photovoltaïque en Ukraine. Débranché aux premières heures de l'invasion russe, il est désormais placé sous étroite surveillance.
A lire : La centrale photovoltaïque ukrainienne de Tryba Energy à l'arrêt

5G : l'industrie n'est pas branchée

La 5G ? Mouais, bof. Visiblement, les usines françaises ne sont pas pressées de passer à la connexion rapide. Un rapport, commandé par Bercy, met en lumière le peu d'empressement des industriels à adopter cette nouvelle technologie, pourtant bien souvent présentée comme une révolution. Mais la frilosité des dirigeants n'explique pas tout. Certains choix techniques et/ou politiques posent aussi problème.
A lire : L'industrie française a encore du mal à apprivoiser la 5G

France 2030 : un plan pour mieux gérer les futures crises sanitaires

L'Etat tire les leçons de la crise du Covid-19. Pour "prévenir et lutter contre les maladies infectieuses émergentes et les menaces nucléaire, radiologique, biologique et chimique" (NRBC), le gouvernement a dévoilé, hier soir, une stratégie à 750 millions d'euros. Sur cette enveloppe, 315 M€ iront à l'innovation, dont 100 M€ dédiés au déploiement de "plateformes technologiques", ouvertes aux PME, pour "la démonstration ou la validation" de réponses à ces risques. En parallèle, 300 M€ seront consacrés au "développement de capacités de production, aussi flexibles et modulables que possible, dans les filières stratégiques", de manière à donner à la France les moyens de réagir vite en cas de menace. Et le gouvernement de promettre de "mobiliser le levier de l’achat public pour pérenniser" les activités soutenues - la polémique sur la gestion des masques tout au long de l'épidémie de Covid-19 est passée par là... Ce soutien à l'industrialisation passe par un premier appel à projets, ouvert jusqu'au 9 janvier 2024. Il englobe les trois priorités sanitaires retenues par l'éxécutif dans le cadre de son plan France 2030, à savoir, outre les maladies infectieuses et risques NRBC, la biothérapie/bioproduction et les dispositifs médicaux/diagnostic in vitro.

Santé : Sanofi court après l'ARN messager

Séance de rattrapage pour Sanofi. Le groupe pharmaceutique va investir 1,5 milliard d'euros en France pour y développer et produire des vaccins à ARN messager (ARNm), a indiqué le Premier ministre Jean Castex, hier soir, en visite dans le Rhône. De son côté, l'entreprise communique parle plutôt de 935 millions d'euros. Objectif : se repositionner sur une  technologie utilisée avec succès par ses concurrents Pfizer-BioNTech et Moderna dans la lutte contre le Covid-19, quand, dans le même temps, Sanofi n'a pas été en mesure de sortir son propre sérum.

7 mars

📍 Le "plan de résilience" n'empêchera pas de se serrer la ceinture

Les entreprises fragilisées par l'envolée du prix du gaz seront la première priorité du futur "plan de résilience". Avec ce programme de mesures censées limiter les conséquences de la guerre en Ukraine, l'Etat entend protéger « plusieurs centaines » de sociétés - en l'occurrence celles pour qui cette énergie « représente 20, 30 ou 40 % de leurs coûts de production », a indiqué le ministre de l'Economie sur BFMTV. Un deuxième volet visera les ménages, confrontés à l'inflation de l'énergie et l'alimentation. Le dernier axe portera sur la nécessaire « adaptation » à la crise russo-ukrainienne. « Nous devons tous faire un effort », par exemple « consommer moins » d'énergie, a prévenu Bruno Le Maire. L'ensemble de ces mesures formeront « un plan stratégique », conçu pour répondre à « un tournant géopolitique majeur ». Mais, reconnaît le patron de Bercy, « il y a aujourd'hui énormément d'incertitudes (...) liées aux contre-sanctions de Vladimir Poutine, que nous ne connaissons pas, à la détérioriation de la situation militaire sur le terrain [en Ukraine], au comportement de la Chine ». Le ministère travaille donc sur différents scénarios, incluant « une coupure totale du gaz » envoyée par la Russie en Europe.

Inflation : violente explosion des prix à la pompe...

Coup de massue dans les stations essence. La hausse des prix du carburant a atteint des proportions vertigineuses la semaine dernière. La palme revient au GNR : au 4 mars, le litre coûtait, en moyenne, 1,586 euro, soit un bond de 32 centimes en seulement sept jours (+25,6 %), selon les relevés du ministère de la Transition écologique ! Bien que moins spectaculaire, l'accélération reste de mise pour le gazole (1,8831 €, +8,1 %, équivalent à un surplus de 14 centimes), le sans plomb 95 (1,8889 €, +4,2 %) et le SP98 (1,9558 €, +3,9 %). C'est la 9e semaine consécutive que ces prix battent leur record historique, mais la guerre en Ukraine est venue ajouter de l'huile sur le feu, et sur les cours du pétrole, mettaient déjà en garde plusieurs dirigeants, la semaine dernière.

... la flambée s'étend aux produits alimentaires

A l'aube de la guerre en Ukraine, les prix alimentaires mondiaux étaient déjà au sommet. En février, l'indice FAO, qui mesure l'inflation des produits les plus échangés à travers la planète, a grimpé de 3,9 % en un mois (+20,7 % en un an). Résultat, il atteint un niveau historique, 3,1 points au-dessus de son précédent record d'il y a onze ans. Et ce n'est qu'un début : l'organe des Nations unies à l'origine de ces données précise que sa statistique "ne prend que partiellement en compte les effets du conflit en Ukraine sur les marchés". Or, les tensions devraient s'aggraver encore, du fait de la poursuite des combats et des dernières décisions des autorités. Aujourd'hui, Kiev a limité les exportations de plusieurs de ses produits agricoles. Vendredi, Moscou a préconisé la suspension temporaire de ses livraisons d'engrais à l'étranger.

Guerre en Ukraine : les entreprises françaises payées en roubles...

Tel est pris qui croyait prendre ? Moscou a ajouté la France, et toute l'Union européenne, à une liste d'Etats "hostiles", selon plusieurs médias. Ce qui autorise les Russes à régler les entreprises de ces pays en roubles, à partir d'un certain montant. Et ce, alors même que la monnaie nationale s'effondre, sous l'effet des représailles internationales à l'invasion de l'Ukraine. Cette mesure temporaire est précisément présentée comme une riposte à ces sanctions.

... le ligérien DBB touché par ricochets

Il y a les conséquences directes de la guerre en Ukraine. Et aussi des ramifications plus inattendues. L'entreprise textile DBB, basée dans la Loire, vient ainsi d'être rattrapée, bien malgré elle, par la crise, à travers l'un de ses sous-traitants.
A lire : « Nous sommes sans nouvelles de notre production lancée en Ukraine »

Egalité femmes-hommes : gare aux sanctions de l'administration...

Après la publication du relevé de notes, l'heure est à la punition pour les mauvais élèves de la parité salariale. La ministre du Travail Elisabeth Borne a dressé le bilan 2021 de l'index de l'égalité professionnelle. Résultat : 16 entreprises s'exposent désormais à des sanctions, pour ne pas avoir suffisamment amélioré leur score ces quatre dernières années. Une centaine d'autres pourraient suivre. A moins qu'elles ne redressent la barre dans les douze prochains mois.
A lire : Les premières sanctions vont tomber contre les mauvais élèves de l'index de l'égalité professionnelle

... et aux discriminations autour de la maternité

Principal point noir des employeurs en matière d'égalité femmes-hommes : leur gestion de la maternité. C'est ce qui ressort à la fois de l'index de l'égalité professionnelle, mais aussi des dossiers reçus par la Défenseure des droits. En 2021, "plus de 3,2 % des saisines enregistrées (...) en matière de discriminations avaient pour motif la grossesse". Pour recadrer les entreprises et leur rappeler la loi, l'institution publie donc un "guide juridique" exclusivement dédié à ce sujet.

Présidentielle : la liste des candidats officialisée

Ils seront 12 sur la ligne de départ. Les noms des candidats à l'élection présidentielle 2022 ont été officiellement comuniqués, ce midi, par le Conseil constitutionnel. Il s'agit, par ordre alphabétique, de : Nathalie Arthaud, Nicolas Dupont-Aignan, Anne Hidalgo, Yannick Jadot, Jean Lassalle, Marine Le Pen, Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Valérie Pécresse, Philippe Poutou, Fabien Roussel et Eric Zemmour. Six d'entre eux ont déjà eu l'occasion de faire part de leurs propositions économiques, lors d'un événement organisé fin février. Inversement, plusieurs réseaux et organisations professionnelles ont fait connaître leurs propres revendications aux candidats, ces dernières semaines, comme le Medef, la CPME ou les entreprises du médicament. En région aussi, les chefs d'entreprise font entendre leurs voix.
A lire : Ce qu'attendent les chefs d'entreprise normands du prochain président de la République

4 mars

📍 La philosophie du "plan de résilience" se précise...

A quoi va ressembler le futur plan de l'Etat contre les impacts du conflit russo-ukrainien sur l'économie française ? Ce ne sera pas du "quoi qu'il en coûte", a d'ores et déjà prévenu Bruno Le Maire, car cette logique ne ferait qu'« alimenter l'inflation ». A la place, le patron de Bercy préconise plutôt « un soutien ciblé et massif aux secteurs qui en ont besoin, et quelle que soit la situation sur les prix du gaz ou du pétrole ». L'accent sera mis sur les entreprises les plus gourmandes en énergie, ainsi que  sur « les PME qui exportent massivement vers la Russie ». En visite au Salon de l'agriculture, le ministre de l'Economie a particulièrement insisté sur ce secteur, « probablement celui qui est touché le plus directement et le plus lourdement » par la crise actuelle. Enfin, le "plan de résilience" apportera des réponses de plus long terme sur « l'indépendance énergétique de la France », avec des moyens promis pour le biogaz, la biomasse ou le renouvellement des flottes de pêche.

... les alertes sur les prix du carburant se multiplient

Autre détail sur ce fameux "plan de résilience" : la question des carburants y sera bien traitée. Il est notamment prévu « un dispositif pour protéger » les automobilistes et « certaines entreprises » de la flambée des prix à la pompe, a révélé la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, sur France Info. Et il y a urgence : le transport routier et la pêche réclament des aides au plus vite, sans quoi, disent-ils, les fermetures d'entreprises pourraient se multiplier. Concernant le gaz, le "bouclier tarifaire" sera bien prolongé « jusqu'à la fin de l'année ».

Guerre en Ukraine : les entreprises peuvent aider...

Depuis maintenant neuf jours, la Russie enfonce l'Ukraine dans la guerre. Pour apporter leur aide aux populations touchées, les entreprises françaises peuvent désormais verser des dons à un fonds spécialement constitué par le ministère des Affaires étrangères.

... Carré et Lactalis au rythme du conflit

Activité en pointillés pour les entreprises françaises impliquées en Ukraine. Le groupe mayennais Lactalis est contraint de s'adapter au jour le jour aux soubresauts de la guerre - sans toutefois remettre en cause son activité en Russie. Le conflit laisse, en revanche, un grand vide du côté du vendéen Carré. Le machiniste agricole venait de conclure le plus gros contrat de son histoire avec un distributeur situé dans la même ville que la centrale nucléaire attaquée, la nuit dernière, par l'armée russe.
A lire : La plus grosse commande de l'histoire de Carré est gelée

... des pistes pour sortir du piège gazier russe

On l'a bien compris, le gaz est le talon d'Achille de l'Europe dans son bras de fer avec la Russie sur la guerre en Ukraine. Or, deux études préviennent que s'en passer ne sera "pas facile". Pour réduire d'un tiers cette dépendance, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) avance toutefois 10 propositions de court terme. Parmi elles : un déploiement accéléré des projets solaires et éoliens (par réduction des délais et subventions), l'optimisation de la production nucléaire (par report des fermetures programmées pour maintenance), la taxation temporaire des surprofits actuels des compagnies d'énergie pour financer des aides aux consommateurs d'électricité, un effort accru sur l'efficacité énergétique du bâtiment et de l'industrie, incluant un accompagnement spécifique pour les PME. Pour aller plus loin, des mesures plus polluantes s'imposeraient (recours au charbon et aux combustibles liquides, comme le fuel). Dans une publication séparée, Euler Hermes insiste, pour sa part, sur le développement des énergies renouvelables, "de loin l'option la moins chère" à moyen terme. Mais, pour faire la différence, l'Europe devrait augmenter sa production de 278 Térawatts-heure par an pendant six années (soit un effort, pour la France, de +33 TWh environ), le tout pour un coût annuel estimé à 170 milliards d'euros par an.

Le laborieux redressement de l'industrie

L'industrie commence un peu mieux l'année qu'elle n'avait fini la précédente. Stable en décembre, la production a nettement accéléré, en janvier, dans tout le secteur (+1,8 % en un mois), comme dans sa partie manufacturière (+1,6 %), selon l'Insee. La pharmaceutique signe un impressionnant bond en avant (+21,5 %). Les transports, en revanche, rechutent (-5,1 %), en particulier l'automobile (-5,4 %) "qui demeure lourdement affectée par la pénurie de semi-conducteurs". Plus globalement, après deux ans de pandémie, la production industrielle dans son ensemble reste toujours bloquée sous son niveau de février 2020 (-3,9 %).

Avec le coronavirus, les codes de l'entreprise ont changé

Revenir à la vie d'avant au travail est impossible. Même si un nouveau cap sera franchi le 14 mars, avec l'abandon (confirmé) du masque en entreprise et la suspension des passes vaccinal et sanitaire, l'épidémie de coronavirus a définitivement changé la face des ressources humaines, à en croire Audrey Richard, la présidente de l'Association des DRH.
A lire : « Le rôle du manager a changé avec le Covid-19 »

3 mars

📍 Coronavirus : bientôt (presque) la fin pour le masque et les passes

Le Covid-19 refait parler de lui, et c'est plutôt une bonne nouvelle. Face à la décrue de la cinquième vague depuis plusieurs semaines, le gouvernement a validé une quatrième étape de levée des restrictions sanitaires. Le 14 mars, on pourra (presque) dire adieu au port du masque obligatoire et aux passes vaccinal et sanitaire, a indiqué le Premier ministre Jean Castex, au journal télévisé de 13h, sur TF1.
A lire : C'est le début de la fin pour le passe vaccinal et le masque obligatoire

Guerre en Ukraine : la surchauffe dans les stations essence....

Alerte sur le prix des carburants. L'envolée continue des cours du pétrole, depuis le début de la guerre en Ukraine, devrait très vite se faire sentir en France. C'est l'avertissement du président de Système U, ce matin, sur BFMTV. Dominique Schelcher prédit une « hausse brutale, dans les jours qui viennent », des prix à la pompe. Et d'expliquer que, ce matin, son groupe achetait le carburant « au moins une dizaine de centimes plus cher le litre », sous l'effet conjugué de la flambée des tarifs du baril et de l'affaiblissement de l'euro face au dollar. Même son de cloche, hier, de la part du président de l'Union française des industries pétrolières. Olivier Gantois évaluait la hausse, hier, sur BFM Business, à « quelques centimes » dès cette semaine. Et ce, alors même que les carburants battent déjà record sur record depuis le début de l'année.

... les balbutiements du "plan de résilience"...

Le "plan de résilience" promis par l'Etat reste dans le flou. Au lendemain de la promesse d'Emmanuel Macron de « protéger » la France de l'impact de la crise russo-ukrainienne, le Premier ministre n'a pas apporté de détails sur le fond, lors de son interview, à la mi-journée, par TF1, mais plutôt sur sa méthode. Et pour cause : le gouvernement n'en est encore qu'au stade du diagnostic. Jean Castex recevra donc les filières concernées (aérospatiale, aérien, agriculture, automobile, etc.) en début de semaine prochaine... alors même que ses ministres de Bercy les ont déjà été consultées par deux fois en sept jours. Les partenaires sociaux seront associés à la démarche, du fait de l'impact attendu sur le pouvoir d'achat, à travers les hausses des prix de l'énergie (pétrole, gaz et électricité).
A lire : Pour l'instant, les 500 entreprises d'Auvergne-Rhône-Alpes exportant en Russie ne sont pas encore impactées

... des pistes européennes pour l'agriculture

Pas de décisions européennes, dans l'immédiat, pour contrer les effets du conflit russo-ukrainien sur l'agriculture. Malgré des « conséquences graves » attendues par Bruxelles sur l'élevage en général, et la filière porcine en particulier, l'UE poursuit sa réflexion sur les réponses à apporter. Les pistes explorées portent sur un recours à l'aide sur le stockage privé, un renforcement des réserves de crise, ou encore la mise en culture exceptionnelle de jachères pour assurer un approvisionnement en protéines, utiles à l'alimentation animale. La question de coût et de l'accès aux engrais est également examinée, mais elle dépend aussi de la problématique énergétique, liée au gaz, a prévenu le ministre de l'Agriculture Julien Denormandie, à la sortie d'une réunion avec ses homologues de l'Union européenne, hier soir. A plus long terme, les Vingt-Sept entendent, par ailleurs, intégrer « la souveraineté alimentaire comme l'un des objectifs politiques » de leurs actions futures en matière agricole.

Les Français de Russie invités à plier bagage

Changement de ton au Quai d'Orsay. Le ministère des Affaires étrangères recommande "fortement" à tous les Français actuellement en Russie de quitter le territoire, dès lors que leur présence ou celle de leur famille "n'est pas essentielle" dans ce pays. Jusqu'à présent, la consigne ne valait qu'aux ressortissants de passage. Pour celles et ceux qui resteraient, "il convient de faire preuve d’une vigilance renforcée", insiste Paris dans ses conseils aux voyageurs.

Relance : deuxième vague de soutien aux tiers-lieux industriels

Les "manufactures de proximité" voient double. L'Etat apporte son soutien à 19 "tiers-lieux productifs" supplémentaires, dans le cadre du plan de relance. Ils s'ajoutent aux 20 ateliers accompagnés depuis décembre. Les nouveaux lauréats sont principalement basés en Auvergne-Rhône-Alpes (5 sites concernés), ainsi qu'en Bourgogne-Franche-Comté, Hauts-de-France et Normandie (3 chacun). D'autres suivront, puisque cet appel à projets se termine aujourd'hui.

2 mars

📍 Guerre en Ukraine : la France et l'UE sur tous les fronts économiques...

Consultations tous azimuts, aujourd'hui, autour des implications de la guerre en Ukraine. Le président de la République Emmanuel Macron prendra la parole à 20h. Il s'exprimera « pour expliquer quelle est l'action menée (...) et quelles sont les perspectives à attendre, au sujet du conflit lui-même et de ses conséquences en Europe et en France », a précisé le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. En attendant, les filières aéronautique, automobile, mines-métallurgie et agroalimentaire sont reçues cet après-midi par Bercy, tandis que les ministres européens de l'Agriculture se retrouvent, au même moment, pour un état des lieux et une coordination de leurs actions de soutien. En parallèle, leurs collègues des Finances avancent sur les sanctions contre la Russie et les mesures de protection des entreprises et des ménages de l'UE. A 18h, l'issue de ces différentes réunions n'étaient pas encore connue.

... les sanctions encore élargies...

A chaque jour qui passe s'étend la casse. Face à l'intensification des frappes russes sur l'Ukraine, l'Europe riposte par l'amplification des sanctions économiques. L'UE a officialisé, aujourd'hui, le nom des 7 banques qui seront débranchées de SWIFT, le système international pour les transactions financières. Mesure valable à compter du 12 mars. Cette liste préliminaire pourra être étendue à d'autres établissements, "en fonction du comportement" de Moscou, précise la Commission européenne. Le Journal officiel de l'UE entérine également l'interdiction (hors obligations contractuelles) d’investir, participer ou contribuer à "des projets cofinancés par le Russian Direct Investment Fund" (RDIF, fonds d'investissement direct du pays). Enfin, "certains secteurs de l'économie biélorusse, en particulier le bois, l'acier et la potasse" vont être pénalisés, a ajouté, de son côté, la présidence française de l'UE sur Twitter. A noter que le secteur de l'énergie reste globalement à l'écart de ces représailles. Enfin, conséquence des sanctions, le russe Severstal a annoncé l'arrêt de ses livraisons d'acier en Union européenne, indiquent les agences de presse du pays.

... les PME solidaires de l'Ukraine...

Pendant ce temps-là, la mobilisation pour le peuple ukrainien s'étend aux entreprises françaises. Plusieurs d'entre elles ont décidé de passer à l'action pour apporter une aide au pays attaqué par la Russie. Exemples en Pays de la Loire et Auvergne-Rhône-Alpes.
A lire : Ces entreprises de la Loire qui lancent des initiatives solidaires et Le patron de Ma Compagnie Immobilière souhaite aider les Ukrainiens, « même à notre petite échelle »

... le CAC40 invité à rompre avec la Russie ?

Continuer à travailler avec la Russie, c'est niet. Selon une information du Parisien, l'Etat a discrètement convoqué, hier matin, les 35 entreprises du CAC40 présentes au pays de Vladimir Poutine. D'après le journal, les autorités auraient clairement "[découragé] toutes velléités de poursuivre une activité sur le territoire russe", au nom de la sécurité, des risques encourus et des valeurs françaises. La crise actuelle durera plusieurs années, aurait encore mis en garde le ministère des Affaires étrangères aux dirigeants présents.

Avant la guerre, l'inflation gagnait encore du terrain

L'inflation bat des records dans la zone euro. En février, son taux annuel s'est établi à +5,8 %, selon une première estimation d'Eurostat. C'est 0,7 point supplémentaire en un mois, record battu pour la 4fois consécutive dans l'histoire de cet indicateur, mesuré depuis 1997. La hausse des prix s'accélère dans tous les pans de l'économie, en particulier l'énergie (+31,7 %, en progression de 2,9 points depuis janvier), mais aussi les biens industriels (+3 %), l'alimentation (+4,1 %) et les services (+2,5 %). Maigre consolation, la France enregistre l'inflation la plus faible des 19 pays depuis le début de l'année (+4,1 % en février, chiffre supérieur à celui de l'Insee, en raison d'un mode de calcul différent). Mais la situation devrait se dégrader, sous l'effet de la guerre en Ukraine. Aujourd'hui encore, les cours de plusieurs matières premières (gaz, pétrole, aluminium, céréales) ont atteint des sommets.

Distribution : les négociations finalement fructueuses

Retour au calme... et à l'inflation dans les négociations commerciales. Encore très en retard à cinq jours de leur échéance, fixée au 1er mars, les discussions entre producteurs, industriels et distributeurs se sont finalement débloquées, a assuré le gouvernement, aujourd'hui. « Pratiquement » toutes les PME ont pu signer des contrats, mais des « difficultés résiduelles » persistent entre des grands groupes et quelques enseignes. Preuve en est, le médiateur désigné pour ces négociations comptait, ce matin, une soixantaine de dossiers sur son bureau, soit 10 de plus qu'il y a un an. Pour autant, le ministère de l'Agriculture se félicite de la hausse des prix des produits alimentaires, sur laquelle se sont entendues les différentes parties. C'est la première fois en 8 ans que ces tarifs vont être revalorisés. Une augmentation de l'ordre de +3 % en moyenne, selon une première estimation des industriels, confirmée par le gouvernement.

Electronique : du renfort pour STMicroelectronics

La pénurie des semi-conducteurs ne se réglera pas du jour au lendemain. Mais pour éviter qu'elle ne se répète et ne s'étende aux futures générations de puces électroniques, l'Europe sort les grands moyens : la Banque d'investissement (BEI) vient d'octroyer un prêt XXL à STMicroelectronics. Les fonds devraient notamment profiter au site isérois du groupe franco-italien.

Dernière chance pour la "prime Macron"

Dans un mois, il sera trop tard. Les entreprises ont jusqu'au 31 mars pour verser la prime exceptionnelle de pouvoir d'achat (dite "prime Macron") version 2021. En ces temps de hausses des prix et de pression sur les salaires, la mesure permet de verser, sous conditions, jusqu'à 2 000 euros par personne sans charges sociales. Cette mesure, née de la crise des Gilets jaunes, puis reconduite pour cause de Covid-19, est censée s'éteindre définitivement cette année. Pour autant, certains, comme la CPME, réclament déjà sa pérennisation

1er mars

📍 Guerre Russie-Ukraine : les entreprises françaises seront (en partie) aidées...

Après la pluie de sanctions contre la Russie, le gouvernement sort le parapluie contre leurs conséquences. Un "plan de résilience" est en préparation pour préparer la France aux contrecoups des représailles contre le pays de Vladimir Poutine, a confirmé Jean Castex, cet après-midi. Mais « nous ne pourrons pas protéger toutes les entreprises », a prévenu son ministre de l'Economie, un peu plus tôt, sur France Info. En attendant, Paris tente d'y voir plus clair sur toutes les ramifications économiques de cette situation géopolitique, tant en termes d'exportations que d'approvisionnements et de coût de l'énergie. Ce matin, les entreprises et secteurs impliqués en Russie et/ou Ukraine ont été reçus par le ministre délégué au Commerce extérieur Franck Riester. Demain après-midi, sa collègue à l'Industrie, Agnès Pannier-Runacher, prendra le relais en échangeant, elle, avec les filières aéronautique, automobile, mines-métallurgie et agroalimentaire.
A lire : La CCI des Hauts-de-France liste les conséquences du conflit sur l'économie de la région

... gare aux liens d'affaires, en cette période de "guerre économique totale"

Il ne fait plus bon entretenir des relations professionnelles avec des Russes. « Il y a désormais un problème de principe à travailler avec toute personnalité, politique ou économique, proche du pouvoir » au Kremlin, a jugé Bruno Le Maire, ce matin, à la radio. Le patron de Bercy était interrogé, en particulier, sur les cas de TotalEnergies et Engie. En réaction, le premier a publié un communiqué pour indiquer qu'il "[n’apporterait] plus de capital à de nouveaux projets en Russie". Plus globalement, la journée a été marquée par la décision de plusieurs groupes internationaux de suspendre leur activité dans le pays (comme les transporteurs maritimes Maersk et MSC Mediterranean Shipping Company, les opérateurs de cartes bancaires Visa et Mastercard, le constructeur Jaguar Land Rover, etc.), voire se retirer carrément de projets en cours (les énergéticiens BP et Shell), ce en application des représailles occidentales contre l'attaque de l'Ukraine. Au total, près de 500 ressortissants russes sont visés par les sanctions personnelles prises au niveau européen.
Avec ces mesures, « nous allons livrer une guerre économique et financière totale à la Russie, a encore asséné Bruno Le Maire. Nous allons provoquer l'effondrement de l'économie » du pays. Un ton martial qui lui a valu un recadrage, sur Twitter et en français, de l'ancien président russe Dmitry Medvedev, aujourd'hui en poste au conseil de sécurité nationale : "N'oubliez pas que les guerres économiques dans l'histoire de l'humanité se sont souvent transformées en guerres réelles."

Lactalis et Lener Cordier touchés par la guerre

Pendant ce temps-là, la guerre en Ukraine s'invite très concrètement dans le quotidien de certaines entreprises françaises. C'est le cas du groupe mayennais Lactalis, qui compte trois usines dans le pays. Ou encore du nordiste Lener Cordier. Le dirigeant de cette entreprise textile suit littéralement au jour le jour l’évolution de la situation sur place. Il compte un bureau et un atelier dans deux régions différentes d'Ukraine.
A lire : « Nous sommes prêts à accueillir nos 250 salariés ukrainiens et leurs familles à Hazebrouck »

Le second tour de l'index de l'égalité professionnelle

Ne rangez pas trop vite votre index 2021 de l'égalité professionnelle, vous pourriez en avoir encore besoin... Les entreprises de plus de 50 salariés avaient jusqu'à aujourd'hui pour publier leur score. C'était sans compter sur le gouvernement qui a rajouté, à quelques jours de cette date butoir, de nouvelles obligations pour les employeurs les moins avancés. Prochaine échéance pour eux : le 1er septembre.
A lire : De nouvelles obligations pour les entreprises mal notées à l'index de l'égalité professionnelle

Le coup d'envoi du "contrat d'engagement jeune"

C'est la dernière arme du quinquennat dans la bataille contre le chômage des jeunes. A partir d'aujourd'hui est lancé le "contrat d'engagement" à destination des personnes sans emploi, ni formation, âgées de 16 à 25 ans (ou moins de 30 ans, si elles sont en situation de handicap). "Les entreprises joueront un rôle central" dans le dispositif, a assuré le ministère du Travail, il y a quelques jours, puisque le parcours prévoit "des périodes d’immersion, de stage et de formation (...) qui leur permettront de découvrir des métiers et de s’habituer au fonctionnement d’un collectif de travail". A ce titre, plusieurs réseaux (CPME, Medef, CJD, CMA...) et organisations professionnelles (dont l'Ania pour l'agroalimentaire, la FCD pour le commerce ou l'Umih pour la restauration) se sont engagés à se mobiliser pour l'accueil et l'encadrement des bénéficiaires de ce contrat. L'objectif du gouvernement est d'aider, par ce biais, 400 000 jeunes, sur 6 à 18 mois. Leur accompagnement par Pôle Emploi ou une Mission locale se doublera d'une allocation mensuelle de 500 euros maximum.

Le marché auto toujours en perte de vitesse

La glissade sans fin des ventes automobiles poursuit sa course. En février, il ne s'est immatriculé que 115 386 voitures particulières en France, en baisse de 13 % sur un an (9e recul consécutif), selon le représentant de la filière, la Plateforme automobile. Comparée au volume atteint en février 2019, avant la crise du coronavirus, la chute est encore plus impressionnante : -33,1 %. Soit un effondrement similaire à celui constaté déjà en janvier.

28 février

📍 Guerre en Ukraine : l'Europe coupe les ponts avec la Russie...

Avis de grand froid sur les relations économiques avec la Russie. Les vagues successives de sanctions prises, ce week-end, par l'Union européenne, contre l'invasion de l'Ukraine, rendent désormais très difficiles les échanges bilatéraux. Deux exemples, pris parmi les récentes annonces de la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. « D'importantes banques russes » vont être débranchées du système bancaire international SWIFT, lequel permet des transactions financières quasi-instantanées. Bruxelles fera une proposition "dans les prochaines heures" sur ce sujet, indique Bercy, avant un G7 Finances programmé demain.
Par ailleurs, « notre espace aérien sera fermé à tout avion russe », qu'il soit « détenu, affrété ou contrôlé, de quelque manière que ce soit, par une personne physique ou morale russe », a indiqué, hier, Ursula von der Leyen. En riposte, Moscou a annoncé, aujourd'hui, une "restriction des vols" opérés par les compagnies de 36 Etats, dont la France. En parallèle, l'Hexagone appelle ses ressortissants à "quitter sans délai" la Russie (pour ceux qui n'y sont que de passage) et la Biélorussie (pour toute personne). Les voyages dans ces deux pays sous sanctions des Occidentaux sont déconseillés. Evidemment, tout déplacement en Ukraine est également à éviter, en raison des combats en cours.

... la France alerte ses entreprises...

La guerre en Ukraine ne sera pas sans conséquences pour toutes les entreprises. Activité pénalisée par les sanctions économiques et financières contre la Russie, tensions d'approvisionnement, prix de l'énergie, risque de cyberattaques : sur tous ces points, vous pouvez trouver une première liste d'informations et de contacts mis à votre disposition sur une page spéciale du ministère français de l'Economie.

... et évalue les dégâts, tout en avançant sur les sanctions personnelles

Quelle sera l'ampleur de la secousse, pour l'économie française, du conflit avec la Russie ? Pour le savoir, et après une première ronde de consultations en urgence, jeudi dernier, les représentants de « toutes les filières économiques » vont être reçus, tout au long de la semaine, par les ministres de Bercy Bruno Le Maire et Agnès Pannier-Runacher. Il s'agira, a précisé le premier, d'« identifier précisément l'impact de cette crise sur le commerce et l'approvisionnement en composants et en métaux critiques ». Dans l'immédiat, priorité est toutefois donnée au recensement et au gel des avoirs financiers et des biens des personnalités russes déjà sanctionnées par l'UE, et de celles qui pourraient l'être à la demande de Paris. A ce sujet, Bercy rappelle que ces mesures de rétorsion "doivent être appliquées par toutes les institutions financières (...) mais aussi toutes les personnes morales concernées", dont les entreprises qui exportent vers la Russie. Une personne visée est censée, par exemple, ne plus pouvoir "payer [ni] recevoir de paiement".

L'agroalimentaire en première ligne du conflit

Turbulences en vue et soutien en cours pour l'agroalimentaire. Le secteur va être l'un des plus exposés aux répercussions de la guerre en Ukraine et des sanctions contre la Russie, a prévenu Emmanuel Macron, samedi, à l'ouverture du Salon de l'agriculture à Paris. Un « plan de résilience » est donc en préparation. Il visera à « sécuriser (...) nos intrants, essayer au maximum de bâtir des boucliers, en termes de coûts, (...) et apporter des réponses dans la durée, car (...) l'ensemble des crises qu'il y aura derrière [la guerre] auront des conséquences durables », a expliqué le président de la République. Les difficultés anticipées par l'Elysée concernent la capacité à exporter (vins, céréales...), le coût de l'énergie et l'alimentation du bétail (prix et approvisionnement). La réponse sera également européenne : les ministres de l'Agriculture de l'UE se retrouveront mercredi pour dresser un état des lieux et "coordonner nos actions", précise, aujourd'hui, le Français Julien Denormandie.

L'agriculture en proie à une inflation déjà galopante

Pour ne rien arranger, la guerre en Ukraine arrive sur un terreau d'inflation déjà très défavorable à l'agriculture. En janvier, les prix à la production ont, certes, marqué le pas (+15,8 % en un an, en baisse d'1,9 point par rapport à décembre), montrait l'Insee vendredi. Mais les coûts supportés par les exploitations ont poursuivi leur folle ascension : les prix d'achat des moyens de production, en hausse ininterrompue depuis septembre 2020, ont bondi de 17,7 % en un an, ceux des consommations intermédiaires de 20,6 % (dont +87,7 % pour les seuls engrais, +34,2 % pour l'énergie).

Les prix de l'essence s'affolent encore plus

La flambée des prix à la pompe, elle, n'a pas tardé à repartir de plus belle. En sept jours, les carburants ont pris 2 à 5 centimes de plus, selon les relevés du ministère de la Transition écologique. La palme revient au GNR : le litre coûtait en moyenne, la semaine dernière, 1,2627 euros (+4,2 %). L'emballement est général, pour le gazole (1,7415 €, +2,1 %), comme pour le sans plomb 98 (1,8816 €, +1,7 %) et le SP95 (1,8133 €, +1,2 %). C'est la 8e semaine consécutive que ces carburants battent leur record historique respectif.

Soka, Atlantic... ces sociétés françaises face à la guerre

A la veille de l'invasion russe, Le Journal des Entreprises vous parlait de ces entreprises qui retenaient leur souffle face aux tensions géopolitiques. Maintenant que la guerre est ouverte, elles en subissent les conséquences de plein fouet.
A lire : L'usine de la Soka en Ukraine fermée, ses salariés au combat et Le groupe Atlantic ferme temporairement son usine en Ukraine

La trêve sanitaire, acte III

Pendant ce temps-là, sur le front sanitaire, la levée des restrictions suit son cours. Deux nouveautés sont introduites à partir d'aujourd'hui. Le port du masque devient facultatif dans les lieux soumis à QR code, sauf dans les transports publics et les remontées mécaniques, où il reste de rigueur. Mais, dans cette dernière catégorie, il n'est pas obligatoire de le porter quand on emprunte un téléski ou - et c'est nouveau - n'importe quel télésiège. Le décret, publié samedi, précise également que le masque peut être de nouveau imposé "par le préfet de département, lorsque les circonstances locales le justifient". A noter qu'en entreprise, le protocole sanitaire ne change pas et le masque reste donc exigé. Seconde évolution du jour : la doctrine pour les cas contact vaccinés évolue, avec un test unique à J+2, ce qui s'accompagne d'une distribution plus restreinte des autotests, selon un arrêté également paru ce week-end.

25 février

📍 Guerre Russie-Ukraine : l'UE affûte ses sanctions

A frappes militaires russes, ripostes économiques européennes. Les ministres des Finances de l'UE ont discuté, ce matin, à Paris, de la mise en oeuvre de "sanctions financières et économiques de façon immédiate (...) aussi longtemps que nécessaire", explique leur communiqué conjoint avec la Commission et la Banque centrale (BCE) européennes. Les représailles en question ont été décidées par les chefs de gouvernement et d'Etat la veille. Il s'agit, notamment, d'interdire les exportations dans le secteur pétrolier et aéronautique (ventes prohibées de « tous aéronefs, pièces de rechange et équipements aux compagnies aériennes russes ») et de limiter l'accès du pays « à des technologies cruciales » (dont les semi-conducteurs), détaillait, hier soir, la présidente de la Commission Ursula von der Leyen. En sus, l'UE a décidé, aujourd'hui, d'y ajouter un train supplémentaire de mesures, en cours de préparation. Ce matin, Bruno Le Maire ne cachait pas vouloir « couper tous les liens entre la Russie et le système financier mondial ». Le patron de Bercy a également reconnu qu'« il y [aurait] un impact sur quelques entreprises françaises » et sur les prix du gaz. Mais « la défense de nos valeurs (...) a un prix et nous amène à prendre des décisions politiques, économiques, qui sont difficiles », a conclu Bruno Le Maire. L'UE a toutefois promis de prendre "les mesures adaptées pour circonscrire les conséquences sur les citoyens et les entreprises". Ce soir, la BCE assure également être prête à prendre "toute action nécessaire (...) pour assurer la stabilité des prix et la stabilité financière de la zone euro", alors que l'inflation y était déjà galopante, avant même cette guerre (voir les informations suivantes).

Cette fois, les prix explosent vraiment...

Gros coup de chaud sur les étiquettes. En février, les prix à la consommation ont brutalement bondi de 0,7 % en un mois (plus forte hausse mensuelle depuis mars 2019), ce qui propulse l'inflation, sur un an, à +3,6 %, d'après l'Insee. Le boom est général (hors tabac), et particulièrement fort dans l'énergie (+21 % en un an), l'alimentation (+5,6 % pour les produits frais) et les biens manufacturés (+2,2 %, en partie dû à la fin des soldes d'hiver). Faut-il y voir un lien ? Dans une publication séparée, l'institut signale en tout cas une nette contraction de la consommation des ménages en janvier (-1,5 % sur un mois et -1,6 % sur deux ans). Leurs dépenses en biens retombent ainsi sous les 47 000 milliards d'euros pour la première fois depuis le dernier confinement d'avril 2021.

... y compris pour les industriels

Même flambée dans l'industrie : en janvier, les prix de production ont grimpé pour la 9e fois consécutive (+3,7 % en un mois), soit +20,1 % en un an. Du jamais-vu pour l'Insee, qui suit pourtant cet indicateur depuis janvier 1995. Le pic de novembre 2021 est déjà battu. "Hausses inédites" également pour les produits industriels importés. Leurs prix s'envolent continûment depuis 16 mois et se sont, cette fois, enchéris de 4,3 % par rapport à décembre et de 26,9 % en un an. Dans tous les cas, c'est invariablement l'énergie qui tire le plus les tarifs vers le haut.

RH : les entreprises déréglées par Omicron

L'organisation du travail infectée par variant Omicron. En janvier, le nombre de salariés en arrêt, télétravail ou chômage partiel est vivement reparti à la hausse, montre les derniers chiffres de la Dares (ministère du Travail). Le taux d'absentéisme pour cause de maladie a notamment renoué avec des sommets quasiment jamais vus depuis le début de la pandémie.

PGE : l'étalement tient la corde

Le remboursement, c'est maintenant. Les TPE-PME sont 57 % à penser amortir leur prêt garanti par l'Etat (PGE) sur plusieurs années à partir de 2022, selon le baromètre trimestriel de Bpifrance Le Lab et Rexecode. En comparaison, 24 % préfèrent aussi l'étaler dans le temps, mais ont déjà commencé à reverser l'argent l'an dernier. En revanche, 9 % des dirigeants interrogés craignent de ne pouvoir faire face à leurs échéances, une proportion en nette hausse par rapport à l'été dernier (+4 points).

L'assurance chômage retrouve des couleurs

Retour au calme sur le marché du travail. L'Unédic a révisé à la baisse ses prévisions de créations d'emplois pour 2022-2023. L'organisme en attend 98 000, un tiers de moins qu'annoncé en octobre. Mais ce recul est tout relatif, car largement compensé par la performance exceptionnelle de l'an dernier, avec 648 000 postes supplémentaires (soit 150 000 de plus qu'anticipé). Résultat, entre la fin des mesures d'urgence, le rebond de la croissance et la réforme de l'assurance chômage, les comptes de cette dernière devraient solidement repasser dans le vert en 2022 (+2,2 Md€). Ce serait une première depuis 2008, après deux années noires dues au Covid-19 (-9,3 Md€ en 2021, -17,4 Md€ en 2020). La dette de ce régime devrait toutefois rester nettement dégradée, évaluée à -61,7 Md€ en 2022 (contre -36,8 Md€ en 2019).

24 février

📍 La Russie ouvre les hostilités en Ukraine

Cette fois, Moscou est passé à l'acte. A l'aube, le président russe Vladimir Poutine a annoncé le déclenchement d'une « opération militaire » en Ukraine, en vue « d'arriver à une démilitarisation et une dénazification (sic) » de son voisin. Dans la foulée de cette attaque, les cours de plusieurs matières premières (blé, colza, maïs, gaz, pétrole, aluminium...) se sont envolés aujourd'hui, au point de battre des records dans certains cas. Inversement, les Bourses mondiales ont accusé le coup et fortement reculé (-3,83 % pour le CAC40 à Paris). "Profondément préoccupée", la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva, juge, sur Twitter, que la situation "ajoute un risque économique significatif pour la région et pour le monde".
En France, l'heure est désormais aux consultations tous azimuts. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire a rencontré, toute la journée, plusieurs organisations professionnelles (métallurgie, aérospatiale, automobile, agroalimentaire, nucléaire, bancaire), ainsi que le PDG de TotalEnergies. L'impact de cette guerre sera également à l'ordre du jour, chamboulé pour l'occasion, du Conseil européen informel des ministres des Finances, prévu demain. Il y sera question "notamment [des] prix de l'énergie". Enfin, face à la vague de sanctions qui devrait continuer de s'abattre sur la Russie, Moscou a déjà prévenu, non sans cynisme, que "nous prendrons des mesures de rétorsion sévères", au nom du "principe de réciprocité, qui est la base du droit international"... celui-là même sur lequel Vladimir Poutine s'est assis, en lançant ses troupes à l'assaut de l'Ukraine.
A (re)lire : Ces entreprises et secteurs français qui retiennent leur souffle face à la crise russo-ukrainienne

Le trafic maritime international, victime collatérale ?

Toutes les implications économiques du conflit ouvert par la Russie en Ukraine sont encore difficiles à mesurer. Un exemple : les chaînes logistiques internationales, déjà éprouvées par la crise du Covid-19, pourraient se tendre encore davantage, s'alarme la Chambre internationale de la marine marchande. La raison en est simple : 14,5 % des marins embarqués sur les navires de commerce sont soit Russes, soit Ukrainiens. Or, des restrictions à leur libre circulation (à travers l'interdiction des vols civils dans leur pays, par exemple) ou des difficultés à les rémunérer (en cas d'exclusion de la Russie du sytème financier international) pourraient faire dérailler le trafic maritime, estime l'organisation.

Salaires, prix : les TPE-PME prêtes à céder à l'inflation

C'est l'autre engrenage du moment. Après avoir ralenti l'activité des entreprises, les difficultés de recrutement et d'approvisionnement menacent désormais de tirer les coûts vers le haut. Plus de la moitié des TPE-PME envisagent ainsi d'augmenter à la fois les salaires de leurs collaborateurs et les prix de leurs produits en 2022, selon une étude de Bpifrance Le Lab et Rexecode. Quand bien même elles se plaignent elles-mêmes, et de plus en plus, des conséquences de l'inflation sur leurs affaires.

Les tensions d'approvisionnement sous surveillance accrue

Les difficultés d'approvisionnement ne justifient pas tout. Afin d'identifier et désamorcer les "comportements anormaux" et pressions abusives des grands donneurs d'ordre, les médiateurs du crédit et des entreprises appellent les victimes de telles pratiques à se faire connaître. L'idée est de dénouer les situations les plus tendues par le dialogue, voire des sanctions.

La "sortie de crise" sanitaire un peu plus longue que prévu

L'économie va devoir réapprendre à marcher seule à partir de l'été prochain. Comme la plupart des aides encore en place, le "plan de sortie de crise" du gouvernement, lancé en juin dernier, s'éteindra au 30 juin 2022. Ces mesures s'articulent autour d'un numéro d'assistance (0806 000 245) et d'un réseau de conseillers départementaux, appelés à orienter les entreprises fragilisées par la crise du Covid-19 vers les dispositifs les plus adaptés (dont une procédure collective simplifiée, le "traitement de sortie de crise", et un fonds de transition ouvert aux ETI). L'exécutif justifie cet accompagnement prolongé par la reprise tardive de certains secteurs, les "besoins en fonds de roulement très importants" d'autres et la fin du "quoi qu’il coûte".

Automobile : Ineos passe la seconde à Hambach

La renaissance est en route pour l'ancienne usine Smart de Moselle. Un peu plus d'un an après en avoir pris possession, le groupe britannique Ineos a fini d'en reconfigurer la chaîne de production, afin d'en sortir les futurs 4x4 de la marque. La première phase de tests vient même d'être bouclée.
A lire : L'usine de Hambach est prête à produire le Grenadier d'Ineos

23 février

📍 Crise Russie-Ukraine : quel impact sur les entreprises françaises ?

Après la crise sanitaire, les tensions géopolitiques. Dans une période qui ne manquait déjà pas d'incertitudes, l'onde de choc d'un conflit entre la Russie et l'Ukraine peut-elle atteindre les entreprises françaises ? A peine, assure le ministère de l'Economie. Mais certaines filières tirent déjà le signal d'alarme face aux risques de répercussions en cascade.
A lire : Ces entreprises françaises qui retiennent leur souffle face à la crise russo-ukrainienne
Pendant ce temps-là, pour les PME situées, presque littéralement, en première ligne, la situation reste, pour l'instant, sous contrôle... ce qui n'empêche pas d'anticiper, au cas où.
A lire : La Société Kaolinière Armoricaine veut poursuivre l'activité de sa filiale ukrainienne

Retour fulgurant à la confiance

En attendant, et avant que la situation géopolitique ne se dégrade, les patrons reprenaient du poil de la bête. Après deux mois de baisse, sous la pression de la cinquième vague épidémique, le climat des affaires, mesuré par l'Insee, a rebondi fortement en février (+5,1 points en un mois). Résultat, cet indicateur du moral des dirigeants n'est plus qu'à une longueur de ses précédents pics historiques, atteints en juin 2007, puis en juin et novembre 2021. Le regain de confiance est particulièrement fort dans les services (+6 points), tandis que l'industrie se montre un peu plus prudente (-1).

Redressement solide des créations

Les dirigeants sont confiants, les entrepreneurs aussi visiblement. Après un coup de mou à l'automne, les créations d'entreprise se sont vivement redressées en janvier, indique l'Insee. Au point de frôler leur précédent record mensuel.

Tassement progressif des embauches

Dynamique inverse du côté des recrutements. Entamé depuis septembre, le reflux des déclarations d'embauche de plus d'un mois (hors intérim) s'est poursuivi en janvier, selon l'Urssaf, avec une baisse mensuelle de 2,4 % (après déjà -1,5 % en décembre), en France (hors Mayotte). Les CDD longs encaissent une chute plus importante (-3 %) que les CDI (-1,7 %). Pour autant, tous ces chiffres restent bien au-dessus de leur niveau d'avant-crise.

Titres-restaurant : ultime coup de pouce de Bercy

Mis en place en juin 2020 pour soutenir les restaurateurs, le doublement du plafond quotidien des titres-restaurant devait se terminer à la fin du mois. Finalement, le dispositif est de nouveau prolongé jusqu’au 30 juin. Les détenteurs de ces titres pourront donc continuer à dépenser jusqu’à 38 euros par jour, plutôt que les 19 € autorisés en temps normal. La possibilité d’utiliser ces titres le week-end et durant les jours fériés est également prolongée. Seuls les restaurants pourront bénéficier de l’extension de cette mesure et ce, "pour une dernière fois", prévient Bercy.

Distribution : le torchon brûle, l'Etat menace

Il y a le feu dans les négociations commerciales entre distributeurs, industriels et producteurs. A cinq jours de leur date d'échéance, ces discussions annuelles se déroulent encore plus mal qu'à l'accoutumée, à en croire le gouvernement. Il déplore « un certain nombre de comportements complètement inadmissibles, et même déraisonnables ». La Répression des fraudes va être saisie, mais les victimes d'abus peuvent aussi se tourner vers le Médiateur des entreprises. En attendant, l'exécutif affiche sa fermeté : au 1er mars, les négociations devront être bouclées, sans quoi des sanctions seront prononcées « avec une extrême sévérité, mais avec discernement ». A l'heure actuelle, le taux de signatures serait de 20 points inférieurs à son niveau des années précédentes, à la même époque. Ces blocages se concentrent moins sur les PME que sur les grandes marques nationales, et s'étendent désormais aux produits non-alimentaires, relève le gouvernement.

Automobile : Stellantis roule sur l'or, le partage des bénéfices en question

Les ventes fondent, le bénéfice explose. C'est le paradoxe vécu, en 2021, par Stellantis. A l'issue de sa première année d'existence, la fusion de PSA et Fiat-Chrysler a encaissé un chiffre d'affaires de 152 milliards d'euros (+14 % en un an, sur un périmètre comparable) pour un résultat net exceptionnel de 13,4 milliards, "presque multiplié par trois par rapport à l'exercice précédent", se réjouit le groupe. Il compte en redistribuer 1,9 milliard aux salariés (et 3,3 Md€ de dividendes prévus pour les actionnaires). Ce qui devrait se traduire, pour le personnel français, par une prime d'intéressement et de participation de 4 400 euros en moyenne, selon le directeur général Carlos Tavares, sur France Info. Insuffisant pour la CGT. Sur Twitter, le syndicat parle de "vol manifeste" et réclame des hausses de salaire. Il estime également que la performance du groupe est due à un "gavage d'aides publiques" et aux "milliers de licenciements d'intérimaires et de suppression d'emplois de CDI". Quelque 2 600 départs supplémentaires sont encore envisagés sur les deux prochaines années, rappelle la CGT.

22 février

📍 Un horizon pour la fin des restrictions

A quand la fin du passe vaccinal et du masque en intérieur ? A chaque jour qui passe, la réponse du gouvernement se fait un peu plus précise. Et encore plus aujourd'hui. Après plusieurs jours de vagues échéances (début avril, puis mi-mars) et de critères plus ou moins changeants, Olivier Véran a abattu ses cartes devant le Sénat. L'abandon du QR code sera ainsi lié au nombre de patients encore en réanimation (« autour de 1 500 ») et à « la dynamique de l'épidémie » (« facteur R de reproduction du virus durablement inférieur à 1 » et taux d'incidence « assez faible, entre 300 et 500 au maximum »), a détaillé le ministre de la Santé. Autant de cibles qui, dans un cas comme dans l'autre, pourraient être atteintes « d'ici 2 à 3 semaines ». Ce qui n'empêchera pas une éventuelle levée du passe par étapes. Même progressivité envisagée pour le port du masque. Il pourrait être maintenu plus longtemps dans les discothèques (alors qu'il est actuellement facultatif !), bars dansants, « grands événements intérieurs », transports en commun, voire dans les écoles.

Des aides en plus pour la santé made in France

Nouvelle distribution d'enveloppe, au titre de France 2030. Cette fois, c'est la filière des dispositifs médicaux et du diagnostic in vitro qui va récupérer une part du plan d'investissement. Objectif du gouvernement : inciter les start-up, PME et ETI du secteur à innover, tester et produire leurs solutions dans l'Hexagone, plutôt de les laisser aller voir ailleurs.
A lire : France 2030 réserve 400 millions d'euros à la fabrication de dispositifs médicaux

La reprise des défaillances d'entreprise

Si la dernière vague de l'épidémie se retire, celle des défaillances d'entreprise serait-elle en train d'arriver ? Après deux années au plus bas, les procédures collectives viennent d'enchaîner trois mois consécutifs de hausse, signale l'assureur-crédit Euler Hermes, avec une envolée de 18,3 % sur un an en janvier, après +9,8 % en décembre et +0,1 % en novembre. "Près de la moitié des secteurs sont frappés par cette résurgence", à commencer par les concessions et commerces automobiles. Euler Hermes relativise toutefois cette "tendance au rebond", dans la mesure où, fin janvier, les 28 659 défaillances relevées sur les douze mois écoulés demeuraient à un niveau "loin de celui de 2020 et 2019".
A (re)lire : Vers une hausse des procédures collectives en 2022 ?

Les prix du carburant encore au sommet

Pas de trêve sur le front des carburants. Les records ont continué à tomber la semaine dernière. Y compris pour le GNR : le prix au litre a fortement rebondi, après une courte pause au début du mois. Au 18 février, il a ainsi atteint, en moyenne, un nouveau pic historique à 1,2122 euros (+2,3 % en sept jours), selon les relevés du ministère de la Transition écologique. Les autres prix à la pompe augmentent, eux, à un rythme moins soutenu, mais restent à un niveau encore jamais vu : 1,8505 € pour le sans plomb 98 (+0,8 %), 1,7924 € pour le SP95 (+0,6 %) et 1,7051 € (+0,3 %).

Egalité salariale : J-7 avant l'index

Le compte-à-rebours est lancé. Il ne reste plus qu'une semaine aux entreprises de plus de 50 salariés pour publier leur index de l'égalité professionnelle. Attention : cet exercice annuel connaît, cette année, quelques évolutions... et mieux vaut y être attentif. "En cas de non-publication de [leurs] résultats de manière visible et lisible, de non-mise en œuvre de mesures correctives ou d’inefficience de celles-ci", les entreprises risquent "une pénalité financière jusqu’à 1 % de [leur] masse salariale annuelle", rappelle le ministère du Travail.
A (re)lire : Les nouvelles obligations de l'index de l'égalité professionnelle à remplir avant le 1er mars

Métallurgie : Aubert & Duval en passe de changer de main

Décollage imminent vers d'autres cieux pour Aubert & Duval. Ce spécialiste des alliages métalliques devrait tomber dans l'escarcelle d'un consortium français tourné vers l'aéronautique, et composé, entre autres, d'Airbus et Safran.

Crise en Ukraine : plus de peur que de mal ?

La crise ouverte avec Moscou ne devrait pas impacter l'économie française. La situation géopolitique, autour des frontières de l'Ukraine, ne devrait avoir que des conséquences "contenues" sur l'Hexagone, en raison de nos relations bilatérales limitées avec la Russie (7 milliards d'euros d'exportations par an), estime en effet Bruno Le Maire, dans un message à la presse. Pour autant, Bercy va dresser "la liste des PME et TPE qui pourraient être indirectement touchées (...) pour apporter le soutien dont elles pourraient avoir besoin", assure le ministre de l'Economie, sans plus de précision.

21 février

📍 Impôts de production : les entreprises françaises trinquent…

Malgré la baisse de 10 milliards d’euros de 2021, il reste du chemin à parcourir pour que les impôts de production des entreprises françaises s’alignent sur la moyenne européenne. Ces impôts décriés par le patronat et taxés de « fiscalité punitive » par le Premier ministre Jean Castex pèsent 4,4 % du PIB selon une étude publiée aujourd’hui par l’Institut Montaigne. Hormis la Suède, personne ne fait pire en Europe. Les Allemands avec qui on aime tant se comparer sont à 0,7 % du PIB… En France, ce ne sont pas moins de 100 milliards d’euros qui rentrent dans les caisses de l’Etat  - l'équivalent d'un plan de relance - avec cet ensemble de taxes hétérogènes qui sont fonction de la masse salariale, du chiffre d’affaires ou du bâti de l'entreprise. Ces impôts de production pèsent presque trois fois plus que l’impôt sur les sociétés.
A lire : Les entreprises françaises restent parmi les plus taxées en Europe au niveau des impôts de production

… mais peuvent espérer des jours meilleurs 

Les impôts de production deviennent l’un des thèmes économiques de la campagne présidentielle. Invités à présenter leur programme pour les entreprises à l’invitation du Medef, quatre des principaux candidats se sont aujourd’hui déclarés favorables à l’allègement de ces taxes. La droite et l’extrême-droite y sont favorables, l’écologiste Yannick Jadot la conditionne à la transition climatique. Seule la gauche n’en parle pas ou n’en veut pas. Et si Emmanuel Macron n’a pas encore présenté sa candidature, il a déjà promis il y a quelques semaines de nouvelles baisses par la voix de son ministre de l’Economie Bruno Le Maire. 
A lire : Ce que les candidats à l'élection présidentielle  proposent pour les entreprises

Les pénuries bel et bien parties pour durer

Ce que les chefs d'entreprise pressentaient, le FMI l'entrevoit. Les difficultés d'approvisionnement pourraient s'éterniser "possiblement jusqu'en 2023", du fait des restrictions supplémentaires, prises ces derniers mois en Chine et en Europe, contre le variant Omicron. Une bien mauvaise nouvelle pour l'économie : sans ces tensions, à l'automne 2021, la production industrielle aurait été 6 % plus élevée dans la zone euro, et le PIB 2 % supérieur, selon les calculs du Fonds monétaire international. La perte est donc "équivalente à environ une année de croissance, au rythme pré-pandémique", pour de nombreux pays. Sans compter l'impact sur l'inflation des biens manufacturés, avec des prix à la production en hausse de 12,5 % au troisième trimestre 2021 (contre +1,8 % de moyenne en 2017-2019). Or, la moitié de ce bond spectaculaire proviendrait directement des problèmes d'approvisionnement.

Le bois se serre les coudes contre les tensions

Et si l'action collective aidait à désamorcer les difficultés d'approvisionnement ? C'est en tout cas la carte abattue par la filière bois. Elle vient de conclure un accord pour tenter d'enrayer les exportations de grumes de chêne vers l'Asie, dont la proportion est devenu "inhabituelle par son ampleur" en 2021. Ce qui renforce d'autant les difficultés d'accès à la ressource des entreprises françaises. L'ensemble de la chaîne s'engage donc, entre autres, à développer "énergiquement" la contractualisation et, à court terme, à favoriser le recours au "Label UE", lequel prévoit "la première transformation des bois au sein de l’Union européenne", avant leur éventuel envoi à l'étranger. De son côté, l'Etat orientera ses aides, au titre des plans de relance et d'investissement, vers ces objectifs de préservation des approvisionnements.

La défense à l'avant-poste de la réindustrialisation

La réindustrialisation par le réarmement militaire. Les entreprises de la défense ont engrangé les commandes de l'Etat, ce week-end. A commencer par Nexter. L'entreprise a décroché un contrat de 600 millions d'euros pour fournir à l'Armée de terre 33 camions à canon Caesar de nouvelle génération, ainsi que "la modernisation ou le remplacement" de 76 autres. Le tout devrait se traduire par la création de près de 300 emplois. En visite dans l'usine Nexter de Roanne (Loire) samedi, Jean Castex a également promis d'engager, "dans les prochaines semaines, la 4tranche du programme [technologique] Scorpion", pour 1,2 milliard d'euros. Il portera sur 302 véhicules Griffon, 88 Jaguar et 54 Mepac. Ces dépenses étaient, pour l'essentiel, déjà prévues. Mais le Premier ministre en a fait une illustration, et les a érigées en « contribution déterminante », de sa politique de réindustrialisation. Au sujet du retour des usines en France, « le chemin est encore long, a-t-il toutefois admis, mais le cap est clair, il est indispensable. »

18 février

📍 Le chômage recule vraiment

Une baisse sans bémol. Au quatrième trimestre, le chômage a nettement régressé en France, selon l'Insee, pour atteindre son niveau le plus bas depuis 2008 (hors période Covid). Ce repli de 0,6 point en trois mois met fin à une période de stabilité qui durait depuis un an. Il réconcilie aussi les observations de l'institut statistique avec celles de la Dares. Ce service du ministère du Travail n'a cessé de signaler, tout au long de l'année dernière, une baisse continue du nombre de personnes inscrites à Pôle Emploi, mais, jusqu'ici, elle ne s'était pas encore traduite dans les chiffres de l'Insee (fondés sur une définition différente du chômage).

L'intérim se remet doucement

Constat plus nuancé du côté de l'intérim. En décembre, le travail temporaire représentait 709 320 postes en équivalent temps plein (+5,1 % par rapport au même mois de 2019), selon Prism'emploi. Mais ce rétablissement des effectifs est à prendre "avec prudence", tempère l'organisation professionnelle du secteur, du fait d'un effet de calendrier favorable (jours fériés le samedi) et des besoins de main-d'oeuvre artificiellement dopés par l'explosion des contaminations au Covid-19. Malgré ces effets a priori favorables, l'intérim reste affaibli sur plusieurs plans : dans le BTP (-10,4 %), chez les cadres et professions intermédiaires (-3,4 %) et en Bourgogne-Franche-Comté (-1,7 %). A l'inverse, les emplois ont décollé en Bretagne (+14,9 %) et dans les transports et la logistique (+15,9 %).

Tensions de recrutement : le plan de l'Etat se déploie localement

Revers de la médaille, la bonne santé de l'emploi risque de compliquer la tâche des entreprises en proie à des difficultés pour embaucher. Leur salut passera-t-il par les sous-préfets ? Ces représentants de l'Etat ont en tout cas été incités, hier, par le ministère du Travail, à déployer "des feuilles de route locales" en faveur de l'emploi et la formation. Cette action s'inscrit dans le cadre du "plan de réduction des tensions de recrutement", présenté à la rentrée de septembre. Un programme d'1,4 milliard d'euros, dont les PME sont censées être parmi les principales bénéficiaires.
A lire, notre dossier spécial sur le sujet : Mobilisation générale pour la formation des salariés

Un premier prix pour le programme nucléaire

Relancer le nucléaire, combien ça coûte ? Une première réponse est apportée aujourd'hui à cette question, totalement occultée par Emmanuel Macron, lors de son récent discours sur sa stratégie énergétique. Dans un rapport publié par le gouvernement, la construction de 6 EPR de deuxième génération est évaluée à 51,7 milliards d'euros (hors coûts de financement) sur près de 25 ans. Ce montant inclut 8,6 Md€ de provisions pour démantèlement des installations, gestion des déchets nucléaires, ainsi qu'"incertitudes, risques, aléas et opportunités". Mais un scénario plus pessimiste envisage un surcoût de 4,6 Md€. Le premier réacteur serait mis en service "à l’horizon 2037" et la durée d'exploitation de ce nouveau parc fixée à 60 ans. Etant précisé que "le chiffrage du programme, comme son calendrier, ne peuvent être totalement stabilisés". Des "incertitudes (...) normales à ce stade du projet".

Usines françaises cherchent compétitivité désespérément

Les beaux jours de l'industrie française ne sont pas encore pour demain. Pas assez compétitives, les usines tricolores ne cessent de perdre du terrain sur leurs concurrents européens, s'alarme un rapport de l'institut Rexecode. Plus inquiétant encore, ce recul tiendrait moins à des raisons conjoncturelles, dues la crise du Covid-19, qu'à un affaiblissement structurel de l'économie nationale.
A lire : L'industrie française toujours loin du compte, en matière de compétitivité, pour espérer briller à l'international

Renault remet la marche avant

Le groupe Renault repasse au vert. En 2021, le français a renoué avec les bénéficies : son résultat net s'est établi à +967 millions d'euros (après -8 milliards en 2020). Et pourtant, le redressement du chiffre d'affaires est resté tout relatif (+6,3 % en un an, mais -16,8 % par rapport à 2019). Le constructeur affirme, par ailleurs, avoir bouclé avec un an d'avance son plan d'économies de 2 milliards d'euros. Au niveau industriel, la pénurie de semi-conducteurs devrait encore freiner ses usines, avec une "perte perte totale estimée à 300 000 véhicules sur la production 2022".

17 février

📍 PGE : la question des remboursements bloque toujours

Si le ministère de l'Economie pensait les avoir calmés, c'est raté. Les acteurs du tourisme reviennent à la charge sur les modalités de remboursement des prêts garantis par l'Etat (PGE). Et pour cause : les aménagements, accordés par Bercy en janvier, sont loin de les satisfaire et, encore plus, de les rassurer pour leur avenir.

Relance : rideau sur la relocalisation

Elles s'éteignent les unes après les autres. Les aides du plan de relance arrivent toutes à échéance en 2022. Après les fonds de modernisation de l'automobile et de l'aéronautique, c'est donc au tour du soutien à la relocalisation des secteurs jugés critiques de fermer boutique, non sans un ultime tour de table.

Nouvel appel (surprenant) à la hausse des salaires...

C'est une petite musique qui monte de plus en plus. Il va falloir se résoudre à augmenter les salaires. Et les syndicats ne sont pas les seuls à le dire (voir ci-après). Hier soir, le directeur général de la Caisse des dépôts a déploré une « répartition des richesses (...) trop divergente », avec une rentabilité du capital aujourd'hui « trop élevée ». Or, « dans la période qui s'ouvre, a expliqué Eric Lombard sur BFM Business, on aura deux raisons de distribuer plus de pouvoir d'achat : d'abord, l'inflation (...) et la transformation écologique, qui coûte cher ». Le dirigeant du groupe public fait même de ce « rééquilibrage » une condition « indispensable » de succès pour cette transition.
A (re)lire : Pourquoi la pression monte sur les entreprises pour augmenter les salaires en 2022

... et alerte claire à la crise sociale

Moins surprenant, néanmoins manifeste : pour "améliorer leur vie", les Français réclament en priorité l'augmentation des salaires (à 27 %) et l'amélioration de la qualité de vie au travail (à 18 %). Résultat d'une consultation organisée par le syndicat Unsa auprès de 40 282 personnes. La question de la revalorisation des rémunérations y revient de manière insistante, citée comme l'une des solutions durables au pouvoir d'achat (41 %) ou comme principale réponse aux pénuries de main-d'oeuvre (60 %). D'où cette « alerte », lancée, cette semaine, par Laurent Escure, le secrétaire général de l’Unsa : les salaires et le pouvoir d'achat ne sont « pas un sujet conjoncturel, mais profond, et vécu comme une injustice qui n'a que trop duré ». « Je crains qu'il puisse amener à une crise sociale difficile à maîtriser », a encore mis en garde le syndicaliste, évoquant une « exigence qui peut devenir une colère sourde, froide et explosive ».

Quand le capital récompense le travail en Vendée

Partager les fruits du capital ? C'est précisément ce qu'a décidé de faire le président du groupe vendéen TIV. Jean-Yves Glumineau a redistribué à ses salariés une partie de la vente de son entreprise. L'occasion aussi, pour lui, de reprendre son combat sur la fiscalité appliquée à ce genre de dons.
A lire, l'interview de Jean-Yves Glumineau : « J'ai décidé de reverser plus de 2,6 millions d'euros aux 150 salariés de TIV »

Les ventes automobiles toujours en panne

L'année démarre encore mal pour le marché automobile européen. Les ventes de voitures particulières ont enregistré leur 7e baisse consécutive le mois dernier, avec 682 596 véhicules écoulés (-6 % en un an, mais -42,9 % par rapport à 2019), selon l'Association des constructeurs européens. C'est ni plus ni moins que le pire mois de janvier jamais relevé par l'ACEA. La faute est attribuée, une fois de plus, à la pénurie de semi-conducteurs. Le redressement espéré pour cette année n'est donc pas pour tout de suite. Du côté des français, les chiffres sont encore plus mauvais pour Stellantis (-15,1 % sur un an) et pour la marque Renault (-15,7 %), même si le groupe dans son ensemble résiste, lui, un peu mieux (-3,5 %).

Airbus rit déjà, Air France grimace encore

Et si l'aéronautique redécollait plus vite que prévu ? Le constructeur Airbus a signé, en 2021, le plus haut bénéfice net de son histoire. La compagnie Air France-KLM ne peut pas en dire autant, mais sa perte nette annuelle de 3,3 Md€ a tout de même été divisée par plus de deux par rapport à 2020.

Assurance : SantéVet sort de sa tanière

Une levée de fonds qui a du chien. L'assureur lyonnais de soins vétérinaires SantéVet annonce avoir conclu un tour de table à 150 millions d'euros pour se développer à l'international.

16 février

📍 Au tour du protocole sanitaire d'évoluer

Le grand chamboule-tout des contraintes sanitaires atteint le protocole en entreprise. En ce jour de levée partielle des restrictions, une nouvelle version du document, la quatrième de l'année, a été mise en ligne aujourd'hui par le ministère du Travail. Entre ajouts, suppressions et retouches, le document tente de desserrer un peu l'étau, avec un semblant de retour aux règles en vigueur l'automne dernier. Sans toutefois remettre en cause ni le télétravail ni le masque, bien au contraire.

Tout le monde debout...

... et que la fête (re)commence ! Après quasiment dix semaines d'interruption, la danse reprend ses droits dans les bars, restaurants et discothèques à partir d'aujourd'hui. A cette occasion, les boîtes de nuit inaugurent, par avance, un principe qui sera généralisé à partir du 28 février, à savoir que le passe vaccinal requis à l'entrée autorise un port du masque facultatif à l'intérieur (même s'il reste en théorie "recommandé"). En revanche, ces établissements de nuit devront "obligatoirement" vérifier "la correspondance entre les informations du passe (...) et celles du justificatif d’identité" présentés par leurs clients, précise leur propre protocole sanitaire. Cette réouverture des discothèques est l'une des principales mesures de la deuxième étape de levée des restrictions sanitaires prévue ce mercredi, avec le retour à la consommation debout dans les bars et la fin des concerts tous assis.

L'espace, terre de conquête économique

La tête toujours dans les étoiles. En déplacement à Toulouse, le président de la République Emmanuel Macron a continué à décliner sa stratégie spatiale, dans le cadre de son plan d'investissement France 2030. Une initiative qui s'ajoute aux récentes garanties apportées à ArianeGroup, ainsi qu'à l'intégration des start-up au sein de la filière.
A lire : A Toulouse, Emmanuel Macron annonce des appels à projets dans le spatial

Le capital des PME et ETI s'entrouvre aux particuliers

Le financement participatif à la sauce Bpifrance revient pour une deuxième saison. La banque publique a ouvert, aujourd'hui, un nouveau fonds de placement dédié aux particuliers, afin de leur permettre d'investir leurs économies dans 1 500 PME et ETI. L'occasion aussi, pour le directeur général de l'institution, de lancer un plaidoyer en faveur de la démocratisation du capital-investissement... non sans une pointe de nostalgie pour l'impôt de solidarité sur la fortune !
A lire : Bpifrance relance son fonds d'investissement dans les PME à destination des particuliers

La riche année des biotech françaises

Trouver des fonds ? Ce n'est (quasiment) plus un problème, en revanche, pour les entreprises innovantes de la santé. C'est en tout cas ce qui ressort du bilan 2021 de France Biotech. L'association se félicite d'une conjoncture porteuse pour les start-up de la filière. Mais regrette quand même le manque d'implication des autorités sanitaires.

15 février

📍 Passe vaccinal (1) : combien d'expirations ?

Le contrôle des passes vaccinaux risque de réserver de mauvaises surprises à partir d'aujourd'hui. C'est ce mardi en effet que les durées de validité du rappel contre le Covid-19 et du certificat de rétablissement sont raccourcies. Ce qui signifie que de nombreux QR codes pourraient être désactivés dans les prochaines heures.

Passe vaccinal (2) : le durcissement moins ferme qu'annoncé

Deux autres évolutions des règles sanitaires étaient attendues en ce 15 février. Or, dans le décret qui les instaure (paru seulement ce matin même), elles ont été légèrement amendées par rapport aux annonces initiales. Ainsi, la durée de validité du certificat de rétablissement du Covid-19 est maintenue à 6 mois pour ce qui relève des conditions de déplacement à destination ou en provenance de la France (au lieu de 4 mois, pour les règles sanitaires intérieures). Autre changement : la dérogation, accordée aux primo-vaccinés pour accéder aux lieux soumis à la présentation d'un QR code, devient, elle, permanente. Elle était censée prendre fin aujourd'hui.

Retour à la danse et au debout confirmé

Après le tour de vis du jour sur le passe vaccinal, place au desserrement de l'étau, demain, dans les lieux de loisirs. La réouverture des discothèques et la réautorisation des places debout et de la danse dans les concerts, bars et restaurants, auront bien lieu demain, a confirmé le porte-parole du gouvernement, ce midi. Mais « la fin des ultimes mesures ne signifie pas la fin de la prudence », a nuancé Gabriel Attal. D'ailleurs, le passe vaccinal est bien parti pour durer encore plusieurs semaines.

Alerte générale à l'ankylose (y compris en entreprise) !

Il va falloir se bouger, et vite... Dans un avis publié aujourd'hui, l'Anses assure que 95 % des adultes, en France, s'exposent "à un risque de détérioration de [leur] santé par manque d’activité physique ou un temps trop long passé assis". Si les raisons avancées sont multiples, l'organisation du travail, depuis la crise du Covid-19, n'est pas étrangère à la situation. L'étude pointe ainsi du doigt une "évolution des habitudes dans tous les compartiments (éducation, travail, loisir) associée aux effets du confinement", ainsi que les conséquences "très probables de cumul des temps d’écran dédiés aux activités professionnelles - notamment dans le secteur tertiaire - avec les temps d’écran de loisirs". L'Agence de sécurité sanitaire appelle donc les autorités à passer à l'action "sans délai et dans la durée". Ce qui impliquerait, en entreprise, de "[favoriser] la pratique sportive et [limiter] les temps de sédentarité".

Cybersécurité : un "Campus" national pour affûter ses armes

Les acteurs français de la cybersécurité ont désormais leur point de chute. Le "Campus Cyber" est inauguré en fin d'après-midi à La Défense - le quartier d'affaires de Paris qui porte, pour le coup, plutôt bien son nom. La création de ce site, prévue dans la stratégie nationale dédiée à la filière, entend réunir, en un "lieu d’expérimentation et de partage", des entreprises de sécurité informatique, services de l'Etat, organismes de formation et de recherche, etc. Son ouverture officielle représente « une nouvelle étape qui va permettre de favoriser un écosystème d'innovation et de faire travailler ensemble des partenaires publics et privés, au service de la défense de notre pays », a salué le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal. Le Campus compte déjà "plus de 160 acteurs nationaux et internationaux", selon Bercy. A noter, par ailleurs, que cette démarche de mise en réseau est aussi censée se décliner prochainement en région.

Les indépendants mieux protégés, vraiment ?

Le statut des indépendants fait peau neuve. La loi, promise par le chef de l'Etat en septembre pour rénover le régime de ces travailleurs, a été publiée au Journal officiel aujourd'hui. Elle balaie de nombreux sujets (formation, transmission, allocation chômage, etc.), mais la nouveauté la plus attendue porte sur la protection du patrimoine personnel des entrepreneurs. Une avancée saluée, certes, mais avec méfiance par les organisations patronales : elles craignent que les créanciers, et notamment les banques, ne respectent pas l'esprit de cette mesure.

Transition écologique : les entreprises invitées à trouver leur voie

Les acteurs économiques appelés à la mobilisation en faveur de l'environnement. A partir d'aujourd'hui est lancé le "Grand défi des entreprises pour la planète". Cette opération participative vise à faire émerger "100 propositions d’actions concrètes et prioritaires" pour transformer toutes les sociétés, de la TPE aux grands groupes. L'idée est aussi d'impliquer dans la réflexion l'ensemble des parties prenantes (patrons, salariés, investisseurs), comme nous l'a expliqué Virginie Raisson-Victor, à l'origine de cette initiative.
A lire : « Le seul moyen de ne pas déprimer, c'est d'agir pour la planète »

14 février

📍 Les exonérations et aide au paiement sont arrivées

Des paroles aux actes. Les exonérations et aide au paiement de cotisations sociales, annoncées le 18 janvier, pour les activités interdites ou ralenties à cause du Covid-19 cet hiver, sont désormais réalité. Un décret, paru hier au Journal officiel, valide ces mesures pour décembre et janvier. Sont concernées les entreprises de moins de 250 salariés du tourisme, de l'hôtellerie-restauration, du sport, de la culture, du transport aérien et de l'évènementiel, ainsi que toutes celles qui en dépendent. Deux limites à ce coup de pouce sont toutefois introduites : il ne s'applique pas aux charges couvertes par l'aide dite "renfort" et il ne porte que sur "la part de la rémunération inférieure à 4,5 [Smic]". Enfin, pour les travailleurs indépendants, il est prévu une simple réduction de cotisations sociales, de 300 ou 600 euros (en fonction de l'ampleur de leurs pertes de chiffre d'affaires).

Le nouveau barème kilométrique est sorti...

Autre annonce du mois de janvier transformée en acte à partir d'aujourd'hui : la revalorisation du barème des frais kilométriques, applicable aux revenus 2021, est officiellement entré en vigueur. Après l'indemnité inflation, ce geste est le deuxième promis par le gouvernement pour tenter de contenir l'impact de la hausse des prix du carburant.

... la percée des prix du carburant se poursuit

Et justement, les prix à la pompe ont encore fait boom. Pour la 6e fois consécutive, quasiment tous les records sont tombés la semaine dernière. Le litre de sans plomb 98 atteignait, en moyenne, au 11 février, 1,8366 euros, et le SP95 1,781 €, soit, dans les deux cas, une augmentation de 0,9 % en sept jours, selon les relevés du ministère de la Transition écologique. Le gazole gagne, lui, 0,8 % pour s'établir à 1,6995 €. Seul le GNR fait une pause, à 1,185 € (-1,4 %). Première baisse de l'année, après 7 semaines de hausse. Pas de quoi alléger la note pour autant : en deux mois, son prix a bondi de près de 14 %.

Deux adresses à retenir pour les dirigeants d'entreprise

La simplification administrative voit double. Pour améliorer l'information et les démarches des entreprises, le gouvernement lance deux nouvelles plates-formes en ligne. La première, entreprendre.service-public.fr, se présente comme le site de "l'information administrative". Il accueille des contenus pratiques, des simulateurs, des annuaires, etc. et centralise toutes les démarches réalisables en ligne. Le tout s'articule autour de six grandes thématiques : la création, la reprise, la gestion, le développement, la fermeture et la transmission d'activité. Le second portail est, lui, en phase de test tout au long de l'année : formalites.entreprises.gouv.fr doit devenir, à terme, le guichet unique "pour immatriculer, modifier, cesser son activité ou encore déposer ses comptes, quel que soit son secteur", ambitionne le ministère de l'Economie.

ID Logistics s'ancre chez l'Oncle Sam

La conquête de l'Amérique est bel et bien lancée pour ID Logistics. Récemment arrivé aux Etats-Unis, le groupe des Bouches-du-Rhône met la main sur Kane, l'un de ses concurrents américains.
A lire : ID Logistics réalise l'une des acquisitions les plus importantes de son histoire aux Etats-Unis

Les frontières entre assouplissement et durcissement

Vers un retour en force des touristes étrangers ? C'est en tout cas ce que pourrait permettre l'évolution des règles aux frontières de la métropole, mise en place ce week-end. L'obligation de tests négatifs au Covid-19 pour les personnes vaccinées en provenance de l'étranger (y compris de l'Union européenne et du Royaume-Uni) est ainsi globalement levée. Elle avait été instaurée dans la foulée de l'apparition du variant Omicron. Les voyageurs non-immunisés restent, eux, soumis à des contraintes spécifiques, selon le décret paru samedi. Ce texte prévoit, en revanche, un durcissement des conditions d'entrée en France à partir d'un pays classé "rouge" (ce qui n'est le cas d'aucun actuellement). Dans cette hypothèse, le dépistage obligatoire, les motifs impérieux et la déclaration sur l'honneur, précisant un lieu de quarantaine, seront étendus aux voyageurs vaccinés.

11 février

📍 Troisième phase-surprise d'allègement des contraintes sanitaires

Une date de plus à cocher dans l'agenda du retour à la vie normale. Sans attendre la deuxième étape, programmée pour mercredi, le gouvernement a annoncé, aujourd'hui et par surprise, une troisième échéance pour le 28 février, en plus d'une évolution du protocole sanitaire dans les écoles (rien, en revanche, pour celui dans les entreprises). « Il n'y a pas de raison de laisser l'étau serré, si la pandémie diminue », s'est justifié le Premier ministre sur France 2, ce midi. Interrogé sur le passe vaccinal, Jean Castex a estimé qu'il était « à notre portée de l'abroger quelque part » entre la fin mars et le début avril, comme évoqué, mercredi, par le porte-parole Gabriel Attal. Mais la fin définitive des contraintes sanitaires sera progressive et possible, « comme toujours, si l'immense majorité de nos concitoyens se comportent de manière responsable », a prévenu le chef du gouvernement.

Les pénuries dans le sillage de l'épidémie

L'économie fait du surplace depuis novembre. Ralentie par la cinquième vague de Covid-19, l'activité est restée à 1 % au-dessus de son niveau d'avant-crise entre novembre et janvier, selon le dernier point de conjoncture de la Banque de France. Elle devrait toutefois repartir de l'avant dès février. L'institution se montre d'ailleurs plus optimiste que l'Insee, puisqu'elle s'attend à une croissance de +0,5 % au premier trimestre. Et ce, malgré des difficultés d'approvisionnement persistantes : la majorité des entreprises interrogées dans cette enquête ne s'en voient pas débarrassées avant trois à douze mois.

Le succès fou du financement participatif

Décidément, l'argent a coulé à flots en 2021. Après le capital-risque et les levées de fonds des start-up, c'est le financement participatif qui a signé une année record dans sa jeune histoire. Les montants collectés par ce biais ont bondi de 84 % en un an, rien que ça !
A lire : Le crowdfunding poursuit sa folle ascension

Transition énergétique : l'industrie plutôt ravie

L'avantage du "en même temps", c'est que tout le monde y trouve son compte. L'équilibre entre nucléaire et renouvelables, tel que le président de la République l'a dessiné hier, n'a donc fait que des heureux, au sein des filières industrielles concernées. Enfin, presque : dans l'éolien, on grince des dents.
A (re)lire : Emmanuel Macron relance la filière nucléaire "et en même temps" finance les renouvelables

Vers la fin des décharges littorales et des navires polluants ?

La France veut fermer ses décharges littorales au cours de la prochaine décennie. C'est l'un des engagements pris aujourd'hui par le président de la République Emmanuel Macron, au sommet international One Ocean de Brest. Une enveloppe de 290 millions d'euros sera débloquée pour restaurer la cinquantaine de sites identifiés. Dans l'immédiat, et dès cette année, l'action se concentrera sur trois d'entre eux : Dollemard (Seine-Maritime), Fouras (Charente-Maritime) et l'Anse Charpentier (Martinique). Autre thème du jour au "One Ocean Summit" : la décarbonation du transport maritime. L'occasion, pour Emmanuel Macron, de saluer les efforts en la matière de la compagnie bretonne Brittany Ferries, qui vient de prendre le virage du GNL.
A lire : L'horizon se dégage enfin pour la Brittany Ferries

La question des salaires mobilise toujours

Elles sont prêtes à remettre le couvert. Huit organisations syndicales, dont la CGT, Solidaires et l'Unsa, appellent à une deuxième journée d'action, après celle du 27 janvier, sur le thème des salaires. Elles appellent, entre autres, à leur "revalorisation immédiate" et générale, ainsi qu'à l'indexation des minimas de branche sur le Smic.
A (re)lire : Pourquoi la pression monte sur les entreprises pour augmenter les salaires en 2022

10 février

📍 La France se réarme pour relancer le nucléaire

Quel avenir pour l'énergie nucléaire en France ? Le président de la République a exposé sa stratégie, aujourd'hui, à Belfort. Le 9 novembre, lors d'une allocution télévisée, il avait promis vouloir, « pour la première fois depuis des décennies, relancer la construction de réacteurs dans notre pays ». Dont acte : Emmanuel Macron en a fixé le nombre et le calendrier, cet après-midi. Mais cette « renaissance » ambitieuse de l'atome, menée au nom de la transition énergétique, doit aussi passer par une nécessaire accélération de l'éolien et du solaire.
A lire : Emmanuel Macron relance la filière nucléaire "et en même temps" finance les renouvelables
Première pierre de cette nouvelle stratégie, EDF a confirmé, ce matin, un "accord d'exclusivité" avec l'américain General Electric (GE), en vue de lui racheter les activités nucléaires de sa filiale Steam Power. Il s'agirait de récupérer "les équipements d’îlots conventionnels (...) pour les nouvelles centrales nucléaires, (...) ainsi que la maintenance et les mises à niveau" des sites existants. Dans le lot figurent les turbines [à vapeur] Arabelle, cédées en 2015 par Alstom à GE. Elles sont présentes dans toutes les centrales françaises et potentiellement nécessaires aux futurs EPR et SMR (petits réacteurs modulaires). L'opération pourrait être conclue au premier semestre 2023. Son montant n'a pas été communiqué.

Défense : des Rafale aux portes du Pacifique

Le Rafale étend son territoire de chasse. Dassault Aviation annonce avoir décroché un contrat avec l'Indonésie, portant sur la vente de 42 exemplaires de son avion de combat de dernière génération. Ce pays devient le 7e Etat étranger à équiper son armée de l'air de cet appareil. "Une nouvelle preuve de l’excellence industrielle française et de l’efficacité opérationnelle" du Rafale, s'est félicitée la ministre des Armées Florence Parly, sur Twitter... même si les retombées de cette commande pour les usines et sous-traitants basés dans l'Hexagone restent incertaines.
A lire : L'Indonésie signe l'acquisition de 42 Rafale à Dassault
A noter qu'en parallèle de ce contrat aéronautique, "une coopération [de l'Indonésie] avec notre industrie dans le domaine des sous-marins" a également été actée, indique Florence Parly. Elle se traduit, pour l'instant, par une intention d'achat pour deux appareils Scorpène, construits par Naval Group.

Présidentielle 2022 : l'inventaire de la CPME

Les organisations patronales ne manquent pas d'idées pour la France. Après le Medef, c'était au tour de la CPME, aujourd'hui, de faire connaître ses propositions pour l'élection présidentielle 2022. Au nombre de 76, elles font la part belle aux mesures fiscales et prônent une meilleure prise en compte des spécificités des PME dans le travail législatif et réglementaire.
A lire : La CPME milite pour une nouvelle baisse des impôts de production et la pérennisation de la prime Macron

Numérique : cette claque à Google qui change tout pour votre site

Vent de panique sur le web. La Cnil vient de considérer comme potentiellement illégal l'outil Google Analytics, ultra-populaire pour suivre les données de navigation des sites sur Internet. Une gifle pour le groupe américain, mais pas seulement : elle pourrait avoir des conséquences pour des milliers d'entreprises françaises.
A lire : La Cnil reproche à un site web français d'avoir utilisé Google Analytics pour mesurer son audience

Commerce : tristes soldes dans l'habillement

Pas de miracle pour les magasins. Dans la foulée d'un mois de janvier compliqué, le bilan des soldes d'hiver 2022 s'avère "très décevant", à en croire l'Alliance du commerce : le chiffre d'affaires des 50 enseignes d'habillement, suivies par l'organisation professionnelle, a reculé de 17,3 % par rapport à la même période de 2019. La fréquentation de leurs points de vente s'est, elle, effondrée de 28,2 %. Une situation attribuée aux contraintes sanitaires (télétravail) et au variant Omicron très contagieux (d'où quarantaines, classes fermées, etc.).

L'inflation progresse, la croissance encaisse (bis)

Comme la France, l'économie de la zone euro pâtit aussi d'Omicron et de l'inflation. La Commission européenne revoit à la baisse sa prévision de croissance pour 2022 (+4 %, soit 0,3 point de moins qu'espéré il y a trois mois) et à la hausse celle de l'inflation. Elle devrait atteindre, en moyenne +3,5 % sur l'année (1,3 point de plus que prévu !), avec un pic à +4,8 % au premier trimestre. Et pour cause : les tensions sur les approvisionnements et la logistique vont "peser sur la production, au moins tout au long du premier semestre", tandis que "les prix de l'énergie se maintiennent à un niveau élevé plus longtemps" que prévu, prévient Bruxelles. Pour la France, l'augmentation du PIB est attendue à +3,6 % (-0,2 point), celle des prix à +2,8 %.

9 février

📍 La croissance sous le règne de l'inflation

La croissance résiste, mais l'inflation persiste. Dans son dernier point de conjoncture, l'Insee souffle le chaud et le froid sur la situation économique de la France. Non, le variant Omicron ne va pas faire capoter la reprise. Mais, oui, la hausse des prix est bien partie pour durer, et même s'amplifier, tout au long du premier semestre.

La fin des restrictions continue à petits pas...

Le feu reste au vert pour la prochaine étape de démantèlement des contraintes sanitaires. La réouverture des discothèques et la réautorisation de la consommation debout dans les bars et en toutes circonstances dans les transports, stades ou cinémas, restent programmées au 16 février, donc dans une semaine, a confirmé le porte-parole du gouvernement, ce midi. Quid des autres mesures ? « Dès que nous le pourrons, nous [les] lèverons », a d'abord indiqué Gabriel Attal, ce midi, avant de préciser que le sort des passes sanitaire et vaccinal était lié à la « normalisation de la situation à l'hôpital ». Or, d'après les projections scientifiques et « ce qu'on constate aujourd'hui [en France] ou à l'international, il y a des raisons d'espérer que (...) l'on soit en position de lever ces ultimes mesures » d'ici fin mars, début avril.

... et arrive tout juste aux stations de ski

En attendant la suite du programme, les mesures levées il y a une semaine arrivent seulement en montagne. Un nouveau protocole sanitaire vient d'être publié pour les stations de ski. Il acte la fin du port du masque  dans "les télésièges et téléskis, sur les tapis qui ne sont empruntés que par une personne à la fois", ainsi que "lors de la pratique du ski alpin, du ski de randonnée et du ski nordique". La protection reste toutefois obligatoire dans les remontées mécaniques fermées et au niveau de leurs accès, dès lors qu'ils sont, eux aussi, clos.

Innovation : l'Europe mise (plus) gros sur les pépites de la tech...

Le soutien de l'Europe à ses "scale-up" se comptera finalement en milliards. Cette nouvelle initiative, annoncée lundi par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, vise en fait à réunir un montant global de 10 milliards d'euros "pour financer les dernières étapes de développement" des start-up les plus matures et soutenir les levées de fonds supérieures à 100 millions d'euros. A l'issue d'une journée de travail sur le sujet, hier, quatre pays, ainsi que la Banque européenne d'investissement, ont déjà promis d'apporter 3,5 Md€ (dont 1,5 Md€ en provenance de l'Hexagone), a indiqué la présidence française de l'UE. Ce dispositif s'articulera autour d'un fonds de fonds, baptisé "European tech champions initiative" (ETCI) et confié à la BEI. Cet outil ne devrait toutefois pas être opérationnel avant la fin de cette année.

... et se met en chasse de ses futures licornes

Autre initiative de l'UE en faveur de ses jeunes pousses : le "CEI Scale-up 100". Ce nouveau programme du Conseil européen de l'innovation (CEI) vise à identifier et accompagner "100 entreprises prometteuses de la deep tech (innovation de rupture, NDLR), qui ont le potentiel de devenir des licornes (avec une valorisation supérieure à 1 milliard d'euros)". L'accélérateur du CEI prévoit également, cette année, d'investir plus de 15 millions d'euros (son plafond habituel) dans des projets de technologies considérées comme stratégiques pour l'Europe.

Export : les services sauvent l'honneur

Verre à moitié plein ou à moitié vide ? Si le déficit commercial, publié par les douanes, affiche un bilan 2021 catastrophique, la balance des paiements, calculée par la Banque de France, offre, elle, un panorama bien plus nuancé. Et pour cause : cet indicateur intègre les transactions dans les services. Or, elles ont connu une évolution exactement inverse aux échanges de biens, avec un excédent de +35,7 milliards d'euros. Du jamais-vu depuis le début du siècle. Autre motif de consolation : la balance des revenus est repassée dans le vert, l'an dernier, à +10,9 milliards d'euros. Un niveau « inédit, grâce à la bonne santé des filiales françaises à l'international », s'est réjoui, aujourd'hui, le ministre en charge du Commerce extérieur Franck Riester.

Brest, capitale mondiale de l'océan

Trois jours pour relancer le chantier titanesque de la préservation des océans. Brest accueille depuis aujourd'hui, et jusqu'à vendredi, la première édition du sommet mondial "One Ocean". Ce nouveau rendez-vous vise à mobiliser la communauté internationale autour, entre autres, de la décarbonation du transport maritime, la protection de la biodiversité marine, ou encore la lutte contre la pollution et la surexploitation des ressources. L'occasion aussi, pour des entreprises locales, de faire entendre leur voix et leurs revendications.
A lire : Au One Ocean Summit, Navaleo milite pour renforcer la filière de déconstruction navale

8 février

📍 Les échanges extérieurs plongent en eaux troubles

C'est une ombre au tableau économique de l'année 2021. Le déficit commercial de la France a atteint une profondeur abyssale de -84,7 milliards d'euros, selon les douanes. Du jamais-vu. Certes, la flambée des prix de l'énergie a joué contre l'Hexagone, mais le mal est plus profond, montre ce bilan annuel. Le ministre de l'Economie l'a d'ailleurs reconnu, sur France Inter : « l'affaiblissement industriel, au cours des trente dernières années » pèse aussi dans la balance. Conclusion de Bruno Le Maire : pour inverser la tendance, « il n'y a pas d'autres solutions que de réindustrialiser massivement, rapidement notre pays ».

"Retour à la normale" : cette fois, c'est la bonne !?

Feu vert à la sortie de crise pour les TPE-PME. L'année 2022 devrait vraiment être celle du retour à la normale de leur activité, à en croire une étude menée par Cercle Perspectives. Mais cette association de cabinets d'expertise-comptable prévient : les défis restent nombreux à relever pour ces entreprises, du fait de la conjoncture actuelle et de l'héritage de l'épidémie de Covid-19.
A lire : Trois TPE et PME sur quatre vont retrouver leur niveau d'activité d'avant-crise en 2022

Le rendez-vous de la remobilisation pour les patrons

Le rebond de l'économie est donc en cours, mais qu'en est-il de celui des entrepreneurs ? Période d'incertitudes extrêmes et de difficultés maximales pour eux, la crise du coronavirus n'aura pas manqué de les ébranler. C'est justement pour les aider à repartir de l'avant que six associations tiennent, dans une semaine, les "Assises du rebond", en direct du ministère de l'Economie.

Automobile : deux obstacles sur la voie du redressement...

Le bout du tunnel, l'industrie automobile aussi en parle et pense même l'entrevoir pour 2022. Les ventes de véhicules particuliers devraient repartir de l'avant, cette année, de +7,9 %, soit 10,5 millions de voitures écoulées, selon l'Association des constructeurs européens. Cette prévision se fonde sur l'hypothèse d'une "stabilisation de l'approvisionnement en semi-conducteurs", qui a fait tant défaut aux usines l'an dernier. L'ACEA presse d'ailleurs l'Union européenne "à réduire sa dépendance aux fournisseurs étrangers". Elle y ajoute un autre avertissement : les pays de l'UE doivent de toute urgence "construire un réseau suffisamment dense d'infrastructures de recharge" pour voitures électriques, afin de suivre le rythme d'adoption rapide de ces véhicules. Selon l'organisation, leurs ventes ont été multipliées par 10 depuis 2017, quand les bornes publiques installées dans l'UE l'ont été par moins de 2,5.

... et un vague espoir contre le manque de semi-conducteurs

La crise des puces, justement, elle a fini par faire tiquer l'Union européenne. La Commission a dégainé, aujourd'hui, son plan à 43 milliards d'euros pour reconquérir une (petite) part de souveraineté industrielle et technologique sur le sujet. Surtout, en attendant que ce texte soit adopté, Bruxelles instaure un comité de crise pour placer la filière des semi-conducteurs sous surveillance. Et tenter d'enrayer, tant bien que mal, toute nouvelle pénurie qui interviendrait d'ici là.

La bulle des prix à la pompe

Pendant ce temps-là, le prix des carburants poursuit son bonhomme de chemin. Même si la hausse a ralenti, les records sont tombés pour la 5e fois consécutive, la semaine dernière. Au 4 février, le litre de GNR s'est ainsi renchéri de 1,4 % en sept jours, pour atteindre, en moyenne, 1,2019 euros, selon les relevés du ministère de la Transition écologique. La progression est un peu moins forte pour le sans plomb 95 (+1,2 %, à 1,7654 €), le gazole (+0,9 %, à 1,6854 €) et le SP98 (+0,8 %, à 1,821 €).

7 février

📍 Travail au volant, danger au tournant

Attention danger. Bien qu'en recul en 2020, les accidents de la route dans le cadre professionnel ont généré davantage d'arrêts de travail cette année-là et leur poids dans la sinistralité en entreprise s'est nettement accentué. Ils représentent d'ailleurs "la première cause de mortalité" au travail, s'alarme le gouvernement.

Les aides d'urgence version 2022 sont arrivées

C'est reparti pour un tour. Le dispositif de prise en charge des coûts fixes, adapté et élargi, pour prendre en compte l'impact de la cinquième vague de Covid-19, est désormais ouvert pour la période de décembre ET janvier. Idem pour le fonds de solidarité, prolongé, lui, sur novembre et décembre, mais sur un périmètre beaucoup plus restreint.

JO 2024 : les entreprises dans les starting-blocks

Ne vous fiez pas aux apparences : si les JO d'hiver se tiennent en ce moment à Pékin, les Jeux olympiques de Paris 2024, eux aussi, ont déjà commencé... au moins pour les entreprises. Le comité d'organisation français s'apprête à lancer la moitié de ses appels d'offres dès cette année. Et il invite les TPE-PME, ainsi que les acteurs de l'ESS, à prendre toute leur place sur la ligne de départ. A la clé : une (grosse) médaille d'1 milliard d'euros à se partager.

Financement : les "scale-up" gâtées par l'Europe

L'Union européenne prête à miser gros sur ses champions du numérique et de la tech. Un outil d'investissement spécial va voir le jour pour financer les "scale-up" et faciliter leurs levées de capitaux XXL. Ce nouveau dispositif doit «rassembler 10 à 20 fonds pour un montant total minimal d'1 milliard d'euros», a révélé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. Plus de détails seront apportés demain par le couple franco-allemand, mais le locataire de Bercy a déjà dévoilé, aussi, l'objectif ultime de cette initiative: faire émerger, en Europe, «10 entreprises technologiques de plus de 100 milliards d'euros chacune, d'ici à 2030.»

Spatial : l'Etat met les start-up en orbite

Les jeunes pousses invitées à la table des vieux briscards de l'industrie spatiale. Le comité de filière, qui réunit représentants du secteur et de l'Etat, va s'ouvrir aux start-up, a annoncé le ministère de l'Economie. En parallèle, Bercy demande à sept d'entre elles de se mobiliser pour "structurer [cette] représentation des acteurs émergents français". Cette initiative s'inscrit dans la volonté du gouvernement de donner plus de place aux entreprises innovantes du secteur. A ce titre, elles sont censées récupérer les deux tiers de l'enveloppe d'1,5 milliard d'euros réservée à l'espace dans le plan France 2030.

L'étau se desserre aux frontières

Parfum de relâchement à travers le monde. Les Etats desserrent peu à peu leurs restrictions de déplacements, imposées en novembre, dans la foulée de l'apparition du variant Omicron. Ainsi, la France a fait sortir de sa liste "rouge" (indicatrice d'une forte circulation du Covid-19) tous les pays qui s'y trouvaient encore, dont la Turquie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Depuis ce week-end, les voyageurs en provenance d'outre-Manche peuvent également présenter un test négatif de moins de 48 heures (au lieu de 24 heures auparavant), sauf s'ils ne sont pas vaccinés (durée inchangée, motifs impérieux toujours exigés, mais enregistrement préalable levé), indique un décret paru vendredi. Par ailleurs, le Maroc a rouvert ses frontières aujourd'hui, l'Australie le fera le 21 février. Mais, dans les deux cas, des conditions sanitaires continueront à s'appliquer.

4 février

📍 Transition écologique : les grands moyens pour l'industrie

Il en va de la transition écologique comme du plan d'investissement France 2030. La première avance à petits pas, le second se dévoile au compte-gouttes. Aujourd'hui, c'était au tour de l'industrie d'être servie. Le gouvernement compte lui réserver 5,6 milliards d'euros pour accélérer encore sa "décarbonation".
A lire : L'industrie reçoit 5,6 milliards d'euros pour décarboner ses usines les plus polluantes
Le Premier ministre Jean Castex est venue annoncer cette enveloppe dans les locaux d'ArcelorMittal à Dunkerque (Nord). Le groupe sidérurgique en a profité pour afficher ses propres ambitions (toujours avec le soutien de l'Etat), en matière de baisse de ses émissions de CO2.
A lire : ArcelorMittal investit 1,7 milliard d'euros à Dunkerque et Fos pour verdir sa production

La production industrielle reste affaiblie

L'année 2021 n'aura pas vraiment été celle du rebond pour la production industrielle. En décembre, elle est restée relativement stable dans l'ensemble du secteur secondaire (-0,2 % en un mois), selon l'Insee, comme dans sa partie manufacturière (+0,1 %). Mais cette dernière subit une légère érosion sur un an (-0,4 %), à l'issue d'un dernier trimestre lui-même déclinant (-0,5 %). Résultat, la production reste bloquée à 94,1 % de son niveau d'avant-crise (94,7 % pour l'industrie dans son ensemble). Certaines activités en sont encore plus loin, comme les transports (-19,2 % par rapport à février 2020), mais aussi la construction (-11,8 %), la métallurgie (-9,3 %) ou même la pharmacie (-8,3 %). Seuls le textile (+1,4 %), la chimie (+1,2 %) et l'agroalimentaire (+0,1 %) se maintiennent en hausse.

L'emploi salarié au beau fixe...

L'emploi se joue du coronavirus. En 2021, l'Insee a compté près de 650 000 créations nettes de postes salariés en France, dans le secteur privé. Résultat, tous les secteurs, et même l'intérim, sont de "retour à la normale", c'est-à-dire à leur niveau d'avant-crise. Tous, sauf un : l'industrie.

... les démissions aussi !

En 2021, les créations de postes ont donc explosé, les embauches aussi... mais qu'en est-il des ruptures de contrats ? Eh bien tout dépend de leur nature, montre une étude de la Dares (ministère du Travail). Ainsi, au troisième trimestre, les fins de CDD étaient toujours en repli par rapport à l'avant-crise (-4,1 %), contrairement aux CDI. Là, les ruptures sont en hausse de 7,3 %, "un plus haut depuis 2007". Cette percée s'explique notamment par les pics historiques des fins de période d'essai (198 500, +4,4 %) et, plus encore, des démissions : 445 000 au total (+14,1 %), un record depuis au moins 15 ans ! Dans le même temps, les licenciements économiques dépassent, eux aussi, leur niveau de fin 2019 (+9,6 %), mais sans atteindre les sommets enregistrés sur la période 2008-2010.

Commande publique : TPE-PME, suivez le (nouveau) guide

Les TPE-PME poussées à se saisir de la commande publique. Alors, bien sûr, l'invitation n'est pas nouvelle, mais le gouvernement vient de la compléter d'un guide pratique actualisé, à destination de ces entreprises. Derrière ce document, intitulé "Se développer grâce aux marchés publics", l'idée est aussi de les préparer au futur verdissement de ces appels d'offres.

Bpifrance n'a pas rangé le chéquier

Contre la crise du coronavirus, Bpifrance reste en première ligne. La banque publique a encore injecté 50 milliards d'euros dans l'économie l'an dernier (contre 45 Md€ en 2020). Un millésime particulièrement faste pour les prêts sans garantie et le financement de l'innovation.
A lire : Résultats records en 2021 pour Bpifrance

3 février

📍 L'e-commerce surfe sur les vagues du Covid-19

Ce qui est pris n'est plus à prendre. Le commerce en ligne a considérablement renforcé ses positions en 2021, pour s'approcher de la barre des 130 milliards d'euros de chiffre d'affaires, selon la Fevad, la fédération du secteur. Un bilan qui confirme que les habitudes prises pendant la première année de pandémie, en 2020, se sont perpétuées et semblent définitivement acquises pour l'e-commerce.
A lire : Porté par la crise sanitaire, l'e-commerce pèse désormais 14 % des ventes en France

Les magasins, eux, ne s'en sortent pas...

C'est l'une des fiertés du gouvernement : ne pas avoir refermé l'économie, dont les magasins, malgré la cinquième vague fulgurante de Covid-19. Mais, laissées ouvertes, les boutiques n'en ont pas moins souffert en janvier. Et bien plus qu'elles ne le pensaient, s'alarment deux organisations du secteur, Procos et l'Alliance du commerce. La dernière réclame, au passage, d'être considérée comme le tourisme et l'événementiel, à savoir un secteur sinistré par le coronavirus et, à ce titre, aidé par l'Etat.

... l'artisanat se redresse un peu mieux

Bilan un peu plus nuancé du côté des entreprises de proximité. Et pour cause : au quatrième trimestre, elles ont gardé la forme, avec un chiffre d'affaires en croissance de 11 % sur trois mois, selon l'U2P. Insuffisant toutefois pour renouer avec leur niveau d'avant-crise : l'activité de l'année 2021 reste en retrait de 3,2 % par rapport à 2019. Avec même un plongeon de -42 % pour l'hôtellerie-restauration, restée fermée une bonne partie du premier semestre. Seuls le bâtiment et l'alimentaire dépassent leur CA d'il y a deux ans.

Protocole sanitaire : les entreprises restent sous surveillance

Le télétravail n'est plus obligatoire depuis hier. Mais les vérifications de l'inspection du travail, elles, restent à l'ordre du jour. Rappel d'Elisabeth Borne, ce matin, sur BFMTV. « On va continuer les contrôles sur le respect du protocole sanitaire en entreprise », a prévenu la ministre du Travail. Il s'agit, par exemple, de s'assurer de l'application du port du masque, la distanciation physique ou la désinfection. Jusqu'à présent, aucune entreprise n'a toutefois écopé de la nouvelle amende de 500 euros en cas de manquement, mais « il y a des mises en demeure en cours ». Ce n'est que dans un second temps, si l'employeur ne corrige pas la situation, qu'il pourra alors être effectivement frappé au porte-monnaie.

Les travailleurs essentiels se rebellent

Les confinements, ils ne les ont pas connus. Les applaudissements non plus. Les travailleurs dits de la deuxième ligne, car présents à leur poste au plus fort du Covid-19, se rappellent au bon souvenir du patronat. Ces salariés ou indépendants du transport routier, commerce alimentaire, etc. ont défilé, aujourd'hui, à Paris, à l'appel de la CFDT. Le syndicat a voulu ainsi interpeller les entreprises et les branches pour qu'elles mènent "des travaux sérieux" et prennent "des mesures pérennes", sur la "revalorisation des salaires", "l’amélioration des conditions de travail" et la structuration des "plans de carrière", au sein de ces secteurs. Le gouvernement s'était saisi, début 2021, de cet enjeu de reconnaissance des métiers essentiels à la vie de la nation. Mais, après les avoir intégrés à la "prime Macron", l'exécutif a renvoyé le sujet aux partenaires sociaux et à la négociation collective.

Informatique : Atos sort sa calculette

Un super-investissement dans les supercalculateurs. Le français Atos confirme son ancrage dans le Maine-et-Loire : le groupe a annoncé aujourd'hui la construction d'une usine 4.0 sur son site actuel d'Angers.
A lire : Atos investit 60 millions d'euros dans une usine du futur

Numérique : BackMarket s'ancre à Bordeaux

La "première licorne" de France va-t-elle devenir bordelaise ? A demi-mots, la start-up parisienne BackMarket, valorisée 5,1 milliards d'euros, confirme en tout cas au Journal des Entreprises qu'elle va prendre de plus en plus ses aises dans la capitale girondine.

Industrie : l'ex-site vendéen de Michelin regonflé à bloc

La roue tourne sur l'ancien site Michelin de La Roche-sur-Yon, en Vendée. Le vide, laissé par le départ de Bibendum, au printemps 2020, est en train d'être progressivement comblé, avec l'installation sur place de nouvelles activités. Une reconversion saluée, aujourd'hui, par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, en visite dans le département.
A lire : L'ex-site Michelin de La Roche-sur-Yon poursuit sa mue en pôle dédié aux nouvelles énergies

2 février

📍 La levée des restrictions sanitaires, première étape

Le début de la fin pour les contraintes anti-coronavirus ? Malgré une cinquième vague toujours aussi vigoureuse, plusieurs mesures sanitaires sont en tout cas levées dès aujourd'hui, conformément au calendrier présenté par le gouvernement le 20 janvier. Cette première étape permet d'alléger les règles sur le télétravail et le port du masque, tout en supprimant les jauges dans le sport et la culture. La seconde, fixée au 16 février, sera bel et bien « tenue », a assuré, ce midi, le porte-parole du gouvernement. « Nous avançons en confiance vers [cette date] », a indiqué Gabriel Attal, avant de louer la « responsabilité très forte » des discothèques. Elles attendent cette échéance pour pouvoir rouvrir, après quasiment 10 semaines de fermeture administrative.

Record encore battu pour l'apprentissage

L'apprentissage au sommet. En 2021, 718 000 personnes se sont engagées dans cette voie, dévoile la ministre du Travail au Parisien. Cette progression de 36 % en un an permet de battre largement le record établi en 2020. Dans les deux tiers des cas, l'employeur était une TPE ou PME de moins de 50 salariés. Mais Elisabeth Borne le reconnaît, cette performance tient aussi aux aides à l'embauche de l'Etat, qui arriveront à expiration en juin : jusqu'à présent, « près de 4 milliards d'euros ont été versés aux entreprises » à ce titre.

Evénementiel : les TPE-PME subventionnées pour s'exposer

Faire salon aux frais du contribuable. Ce sera possible à partir de mars prochain pour les entreprises. L'Etat va en effet débourser 96 millions d'euros pour subventionner leurs stands d'exposition sur une sélection d'événements professionnels. L'aide, promise en novembre, doit être encore confirmée dans les prochains jours par décret.

Délocalisations : les PME-ETI plaident non-coupables

Pourquoi une entreprise délocalise-t-elle ? Et qu'est-ce qui la pousserait à relocaliser ? Pour le savoir, Le Lab de Bpifrance est allé poser directement ces questions aux principaux intéressés, des patrons de PME et d'ETI industrielles. De quoi éclairer d'un nouveau jour leurs stratégies d'implantation... quitte à rejeter, parfois, la faute de leur expatriation sur leurs clients, à commencer par les grands donneurs d'ordres.
A lire : Ce qui pousse les PME et ETI industrielles à revenir en France (ou à en partir)

Dunkerque, nouvelle ville branchée du véhicule électrique

L'ancien Nord-Pas-de-Calais aimante les usines de batteries électriques. Une troisième "gigafactory" va en effet s'implanter sur le territoire, du côté de Dunkerque. Le grenoblois Verkor a décidé d'y investir près de 2,5 milliards d'euros. Il rejoindra, dans les Hauts-de-France, le français ACC et le chinois Envision.

Agroalimentaire : Sodiaal boit la tasse

Le lait ne fait plus recette, et ça commence à se faire sentir. La coopérative Sodiaal envisage la suppression de 316 postes en France. Mais pour faire avaler la pilule, le groupe promet d'investir 600 millions d'euros en cinq ans sur des marchés plus porteurs.
A lire : Sodiaal ferme un site en Loire-Atlantique, mais se renforce en Isère et dans le Nord

La France relativement préservée par l'inflation

Quand on se regarde, on se désole, mais quand on se compare, on se console. Prenez l'inflation : en janvier, dans la zone euro, elle a atteint +5,1 % sur un an (nouveau record historique), selon Eurostat. Or, avec +3,3 %, la France enregistre la hausse la plus faible des 18 pays pour lesquels le taux est déjà connu (un chiffre supérieur à celui de l'Insee, en raison d'un mode de calcul différent).

1er février

📍 FT120 : les start-up françaises prennent du galon

Les chanteurs avaient le Top 50, les start-up ont le French Tech 120. La promotion 2022 de ce programme d'accompagnement de l'Etat, réservé aux 120 pépites les plus prometteuses de l'Hexagone, a été dévoilée aujourd'hui. Une première précision s'impose : elles sont en fait 119, dont 36 nouvelles arrivées. Et ces start-up ont, dans l'ensemble, bien grandi, preuve de l'arrivée à maturité de l'écosystème national.
A lire : Qui sont les start-up lauréates de l'édition 2022 du French Tech 120 ?

Le protocole sanitaire en rattrapage

Vous trouvez les règles sanitaires difficiles à suivre ? Vous n'êtes pas les seuls : l'administration aussi a du mal à s'y retrouver. Preuve en est, la dernière version du protocole sanitaire en entreprise (la troisième en un mois). Elle intrègre deux changements récents, mais jusqu'ici oubliés : le passe vaccinal et la gestion des cas contact au travail. Sur ce dernier point, les règles se compliquent un peu plus, mais au moins elles sont à jour... contrairement à la "fiche conseil" dédiée au sujet sur le site du ministère du Travail. Elle n'a pas bougé depuis 11 mois.

Un index de l'égalité plus transparent

C'est devenu une habitude : depuis 2020 (et même 2019 pour les plus grandes), les entreprises de plus de 50 salariés doivent calculer et publier leur index de l'égalité professionnelle avant le 1er mars. Il ne vous reste donc plus qu'un mois pour vous y mettre. Mais attention, cette année, le dispositif est renforcé au nom de la transparence.
A lire : Les nouvelles obligations intégrées à l'index de l'égalité professionnelle 2022

L'inflation repart de l'avant

La pause aura été de courte durée. L'inflation est repartie à la hausse en janvier, selon une première estimation de l'Insee. Les prix à la consommation ont progressé de 0,3 % en un mois, pour atteindre désormais +2,9 % sur un an (0,1 point de plus qu'en novembre et décembre). La faute au rebond de l'énergie (+19,7 %, soit +1,2 point en un mois), mais aussi aux services (+2 %) et à l'alimentation (+1,5 %, mais +3,6 % rien que pour les produits frais). Et comme les hausses n'arrivent jamais seules en ce moment, plusieurs tarifs augmentent à partir d'aujourd'hui : ceux réglementés de l'électricité (plafonnés à +4 %), ainsi que ceux des péages (+2 % en moyenne).

La filière porcine prise en étau

Le porc français en souffrance. Face aux difficultés des producteurs, l'Etat a débloqué, hier, un "plan de sauvetage immédiat" de 270 millions d'euros, dont 75 M€ sous forme de chèque à l'ordre des exploitations "en fortes difficultés de trésorerie" (15 000 € par bénéficiaire). Le ministère de l'Agriculture justifie ces aides par la "crise historique" traversée par la filière et le "plus fort ciseau de prix jamais subi depuis 30 ans". Autrement dit, "le prix payé au producteur a diminué de 14 % sur un an" en moyenne, "alors que les charges ont, elles, augmenté de 27 %".

Relance : l'adieu aux fonds de modernisation auto et aéro

Dernière tournée de subventions pour l'automobile et l'aéronautique. Le fonds de modernisation de ces deux secteurs, créé au titre du plan de relance, a livré les noms de ses 74 derniers lauréats. L'occasion de tirer un premier bilan de cette action. Au total, la filière auto aura ainsi bénéficié, en un an et demi, de 395 millions d'euros d'aides pour 443 projets, portés par des PME dans la moitié des cas. Ces entreprises ont capté, au final, 43 % de l'enveloppe. L'Auvergne-Rhône-Alpes a concentré, à elle seule, 27 % des lauréats (94,2 M€), devant la Bourgogne-Franche-Comté (14 %, pour 49,9 M€), les Hauts-de-France et le Grand Est (12 % chacun, mais 42,8 M€ et 53,9 M€ respectivement).
Côté aéronautique, l'Etat a financé 418 projets, à hauteur de 317 millions d’euros. Les PME représentent, ici, 70 % des lauréats et 65 % des montants distribués. Cette fois, l'Occitanie (17 % des dossiers et 66,4 M€) devance l'Auvergne-Rhône-Alpes (16 % et 40,3 M€).

L'automobile n'y arrive plus

Subvention ou pas, l'année redémarre très mal pour le marché automobile français. Les ventes ont encore périclité en janvier : avec 102 901 immatriculations au total, elles chutent de 18,6 % en un an (et -33,6 % par rapport à la même période de 2019), selon la Plateforme automobile. C'est la 8baisse consécutive enregistrée sur ce segment des voitures particulières.

31 janvier

📍 Première pierre contre l'envolée de l'électricité

Chose promise, chose due. La baisse de taxe, prévue par le gouvernement pour contenir la flambée des prix de l'électricité, a été actée par un décret, paru hier au Journal officiel. Elle s'ajoute à une révision des barèmes des tarifs réglementés... en attendant la mise à contribution d'EDF, appelée à vendre à ses concurrents une partie de sa production à prix cassés. Cette mesure, bien plus polémique, fait déjà des étincelles au sein du groupe. Quatre syndicats (CGT, CFDT, FO et CFE-CGC) ont réitéré, aujourd'hui, leur volonté de "faire retirer cette décision délétère", notamment par le biais d'"actions juridiques". Ils considèrent en effet que "d'autres solutions sont possibles pour limiter les augmentations des tarifs de l'électricité, comme pour éviter le saccage d'EDF et du service public de l'énergie".

Quatrième semaine consécutive de flambée des carburants

Jusqu'où iront les prix à la pompe en 2022 ? Ils ont encore augmenté la semaine passée, selon les relevés du ministère de la Transition écologique. C'est leur 5e hausse hebdomadaire consécutive et la 4e fois de suite que tombent tous les records historiques. La palme revient de nouveau au GNR, le litre coûtant en moyenne, au 28 janvier, 1,1848 euro (+3 % en une semaine). Les autres carburants progressent d'1 à 1,2 %, que ce soit le gazole (1,6704 €), le sans plomb 95 (1,7464 €) ou le SP98 (1,8069 €).

Les succès relatifs de la Médiation du crédit

La Médiation du crédit n'a pas chômé en 2021. Après le boom observé au début de la crise du Covid-19, le nombre de saisines a, certes, reflué sur un an, mais les entreprises en conflit avec leurs banques restent plus nombreuses qu'avant à solliciter ce service de la Banque de France. Un service qui peine pourtant de plus en plus à trouver des solutions à ces différends.

Les PME et ETI françaises chouchoutées par l'Europe

Plus d'argent pour les entreprises dans les caisses de Bpifrance. L'institution a conclu de nouveaux accords avec la Banque européenne d'investissement (BEI) pour accroître ses moyens au service de la relance. Principaux bénéficiaires de ces garanties supplémentaires, les dispositifs "Avances+ Préfinancement" (à hauteur d'1,4 milliard d'euros, pour soutenir la trésorerie des PME, en amont de leurs lancements de marchés), les prêts "Amorçage", "Amorçage investissement" et "Innovation" (1,2 Md€ pour les PME et petites ETI), ainsi que ceux baptisés "Industrie PME" (200 millions d'euros pour 200 sociétés) et "Touch" (100 M€ pour les filières créatives et culturelles). S'y ajouteront 575 M€ pour "l’industrie et la transition écologique et énergétique des entreprises" et une rallonge de 375 M€ d’ici à 2024, sous forme de prêts, pour les ETI engagées sur des enjeux environnementaux. A noter qu'en 2021, et pour la première dans l'histoire de la BEI, la France a été le pays le plus gâté par cette institution de l'Union européenne, avec 13,9 Md€ de financement octroyés au total (contre 10,1 Md€ en 2020).

La croissance européenne en pleine forme (aussi)

L'économie de la zone euro a retrouvé des couleurs en 2021. Le PIB y a progressé de 5,2 % en un an, selon une première estimation d'Eurostat. Un niveau historique, après une récession qui l'était tout autant (-6,4 % en 2020). La France a toutefois fait mieux (+7 %, après -8 %), comme l'indiquait l'Insee vendredi.

Santé : Xenothera ne rend pas les armes

Touché, mais pas coulé. Dans sa bataille contre le Covid-19, le nantais Xenothera vient de perdre une manche. La biotech s'est vu refuser la mise sur le marché de son traitement contre la maladie. Mais elle n'a pas dit son dernier mot et compte bien revenir à la charge.
A lire : Malgré un avis négatif, Xenothera poursuit le développement de son traitement anti-Covid

28 janvier

📍 Le boom de la croissance française

De bas en haut. Après avoir atteint le fond en 2020 (-8 %), la croissance française a complètement renversé la vapeur en 2021 : elle s'est élevée à +7 %, selon l'Insee, bien au-delà de ce qui était attendu il y a encore quelques semaines. Une performance inédite depuis 1969, mais surtout liée à un effet de rattrapage. Car, dans le détail, l'économie n'est pas encore tout à fait remise de la pandémie de Covid-19.

La fuite en avant des prix dans l'industrie

Ils n'en finissent plus d'augmenter. En décembre, les prix de production de l'industrie française ont à nouveau progressé (+1,1 % par rapport à novembre), selon l'Insee, et ce pour le huitième mois consécutif. Sur un an, la hausse atteint désormais +16,9 % (0,2 point de plus qu'il y a un mois). Elle est toujours tirée par les coûts de l'énergie, malgré le gel des tarifs du gaz et une baisse des prix des produits pétroliers.

Le surplace du chômage partiel

Pas de baisse en vue pour le chômage partiel. La cinquième vague de Covid-19 devrait faire repartir à la hausse le recours au dispositif, selon la Dares (ministère du Travail). Même si, pour l'instant, le nombre de dossiers reçus en décembre est resté stable.

Tourisme : les indépendants soutenus à leur tour

Une couche d'aides en plus pour le tourisme et l'événementiel. Cette fois, ce sont les indépendants et autoentrepreneurs des secteurs protégés qui sont servis, à travers un coup de pouce exceptionnel et des exonérations de charges additionnelles.

27 janvier

📍 Le bâtiment en forme, les patrons en stress

En économie, "quand le bâtiment va, tout va", a-t-on pour habitude de dire. Mais les patrons du BTP, eux, comment vont-ils ? Eh bien, pas fort justement, à en croire la Capeb. Si l'activité du secteur paraît complètement remise de la crise du Covid-19, les chefs d'entreprise abordent 2022 en position de faiblesse, s'alarme l'organisation patronale. En cause : un contexte d'incertitudes exacerbées, entre pénuries de matériaux, envolée des coûts et contraintes du coronavirus.
A lire : Le bâtiment a retrouvé la forme en 2021, mais les patrons y perdent la santé

Télétravail : les entreprises se sont ressaisies

Changement de ton pour la ministre du Travail. Après un coup de pression il y a 15 jours, Elisabeth Borne estime, aujourd'hui, avoir été entendue par les employeurs sur le distanciel obligatoire. La semaine passée, 65 % des Français qui pouvaient télétravailler étaient effectivement hors des murs de leur entreprise, selon le dernier sondage hebdomadaire, commandé par son administration. Soit « une augmentation de 5 à 6 points » par rapport à début janvier, s'est réjouie la ministre sur CNews. Ce qui signifie aussi, a contrario, qu'un tiers a superbement ignoré la consigne gouvernementale. Qu'importe : cette contrainte prendra bel et bien fin mercredi prochain, a-t-elle confirmé.

La question des salaires descend dans la rue

Jour de grève interprofessionnelle pour le pouvoir d'achat. Environ 170 manifestations étaient organisées un peu partout en France aujourd'hui, à l'initiative de plusieurs syndicats (CGT, FO, Solidaires... mais pas la CFDT). Principal mot d'ordre : obtenir "l’augmentation immédiate de tous les salaires", sur fond de hausse galopante des prix et du coût de la vie. "Trop souvent encore, les négociations sont au point mort ou les propositions des employeurs loin du compte", expliquaient ces organisations, dans leur appel à la mobilisation, lancé en décembre.
A (re)lire : Pourquoi la pression monte sur les entreprises pour augmenter les salaires en 2022

Présidentielle 2022 : le triptyque du Medef

Le Medef entre en campagne. L'organisation patronale a présenté, cette semaine, ses propositions aux candidats à l'élection présidentielle. Un programme articulé autour de trois priorités : pouvoir d'achat, transition écologique et protection sociale. Sans oublier de militer aussi pour de nouvelles baisses de la fiscalité.
A lire : Entre baisse d'impôts et nouveau pacte Dutreil, le Medef se lance dans la campagne

Automobile : Renault affiche ses ambitions

L'union sacrée pour accélérer dans le virage de l'électrique. L'alliance formée par Renault, Nissan et Mitsubishi va consacrer 23 milliards d'euros sur cinq ans à leur transition vers cette énergie. Ils en avaient déjà investi 10 milliards jusqu'à présent. L'objectif est de produire "35 nouveaux modèles de véhicules électriques d’ici à 2030". Parmi eux, la remplaçante de la Nissan Micra, qui sera fabriquée au sein du pôle ElectriCity, dans les Hauts-de-France. La feuille de route, présentée aujourd'hui, entend également doter les trois constructeurs "d'une capacité de production totale de batteries de 220 GWh à travers le monde" d'ici la fin de la décennie.

Télécoms : Sigfox se déconnecte

La French Tech, ce ne sont pas que des histoires de licornes et de levées de fonds mirobolantes. Les accidents arrivent aussi pour ces start-up : pourtant pensionnaire du FT120, le club des 120 pépites françaises les plus prometteuses, le toulousain Sigfox vient d'être placé en redressement judiciaire.

 26 janvier

📍 Le reflux du chômage se généralise

Le chômage continue de battre en retraite. Au quatrième trimestre, la France (hors Mayotte) comptait 3,33 millions de demandeurs d'emploi sans aucune activité, en baisse de 5,9 % en trois mois (et de 12,6 % en un an), selon la Dares (ministère du Travail). Un niveau aussi faible n'avait plus été atteint depuis l'été 2012 ! Pour une fois, même les catégories B et C semblent profiter de cette conjoncture favorable : le nombre de ces chômeurs en activité réduite parvient ainsi à se stabiliser à 2,3 millions de personnes (-0,15 % sur le trimestre). Pour autant, c'est toujours nettement plus qu'avant la pandémie de Covid-19 (+5,7 % par rapport à fin 2019).

Les oubliés des aides d'urgence (1) : les commerces en panne

L'Etat vole-t-il trop et/ou toujours au secours des mêmes secteurs ? Depuis plusieurs semaines, les mesures d'urgences contre le Covid-19 refont leur apparition et la liste des bénéficiaires tournent souvent autour des mêmes activités, au goût de certains. Après le transport des voyageurs, c'est ainsi au tour du SDI de hausser le ton, au nom des commerces de proximité : "Un grand nombre rencontre des difficultés similaires" aux bars, restaurants et acteurs de l’évènementiel, note le Syndicat des indépendants et TPE, mais ils "restent à ce stade invisibles, sans soutien, sans protection, oubliés". "Il n’existe aucune raison pour que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes conséquences", en conclut l'organisation. Elle plaide donc pour la réactivation de l'aide aux surstocks, alors que les soldes d'hiver peinent à attirer les foules. Ainsi, 79 % des 572 professionnels, interrogés par le SDI du 17 au 24 janvier, disent, en effet, enregistrer un chiffre d'affaires inférieur à celui de la même période de 2021.

Les oubliés des aides d'urgence (2) : le cas Pulsion Design

Il doit être « plus intéressant d'aller travailler plutôt que de ne pas [le faire] et de vivre des allocations », disait le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, ce lundi. Un principe qu'a suivi au pied de la lettre le patron des Ateliers Pulsion Design (Maine-et-Loire) : au début de la crise du coronavirus, il a préféré produire des masques sanitaires, plutôt que d'attendre, les bras croisés, les aides de l'Etat. Exclue du fonds de solidarité pour ne pas avoir perdu assez d'argent, son entreprise d'événementiel est désormais menacée.
A lire : Le témoignage de Vincent Bernard, l'oublié du "quoi qu'il en coûte"

Transport routier cherche rentabilité désespérément

Les entreprises du transport routier rient jaune. Au quatrième trimestre 2021, et pour la première fois depuis le début de la crise du Covid-19, elles ont retrouvé un niveau d'activité satisfaisant, selon la FNTR, leur fédération... sauf que cette reprise intervient au moment même où leurs coûts de production explosent. Une inflation "insupportable" qui s'ajoute à une accumulation d'obstacles divers et variés sur le chemin de leur rentabilité.
A (re)lire : Comment les transporteurs routiers de Lorraine font face à l'explosion des coûts de production

Agroalimentaire : Herta muscle ses usines en région

Le groupe Herta Foods ne manque pas d'appétit. Il va porter ses efforts d'investissement à plus de 100 millions d'euros sur ses sites de production situés dans le Pas-de-Calais et le Bas-Rhin.
A lire : Herta accélère ses investissements dans les Hauts-de-France et en Alsace

Spatial : les start-up décrochent les étoiles de l'UE

La Commission européenne veut mettre les start-up spatiales en orbite. Un fonds d'investissement "d'au moins 1 milliard d'euros" vient d'être lancé par Bruxelles pour les aider à changer d'échelle, et leur éviter ainsi d'avoir à se tourner vers des fonds étrangers. Cet outil, baptisé Cassini, sera complété par une offre de prêts dédiée, mise en place par la Banque européenne d'investissement.

Aérien : la reprise plombée par Omicron

Le secteur aérien reste englué dans les turbulences. En 2021, les aéroports du Vieux Continent ont vu leur trafic fléchir encore de 59 % par rapport à 2019, selon ACI Europe. Soit 1,4 milliard de passagers en moins, qui s'ajoutent aux 1,72 milliard déjà perdus en 2020. L'organisation, qui représente 500 plates-formes, s'attend désormais à un premier trimestre "décevant", après avoir déjà souffert, en décembre, de l'irruption du variant Omicron et des restrictions de déplacements, réintroduites à cette occasion. Une politique que fustigent également les compagnies aériennes. Même si elles ont relativement peu souffert du nouveau variant en fin d'année, leur bilan 2021 reste peu reluisant : la demande a baissé de 58,4 % (après -65,8 % en 2020), selon l'association internationale Iata. Seule bonne nouvelle : le fret s'envole (+7,7 % du côté d'ACI Europe, par rapport à 2019, et +6,9 % pour Iata).

Les conflits au travail coûtent (très) cher aux entreprises

Deux salariés français sur trois se disent affectés par des conflits au travail. Ces différends entre collègues ou entre les employés et leur hiérarchie font perdre un temps fou aux entreprises tricolores : 3 heures par semaine et par personne, a récemment calculé le premier Observatoire du coût des conflits au travail. L’équivalent de 20 jours par an. Pour un coût total estimé à 152 milliards d’euros par an !
A lire : Les conflits au travail font perdre trois heures par semaine aux salariés

A Bercy, le bal des nominations

Le plan France 2030 a désormais un visage : Bruno Bonnell sera chargé de le piloter, en tant que nouveau secrétaire général à l'investissement. Le député et entrepreneur croisera peut-être, dans les couloirs du ministère de l'Economie, un certain Pierre Pelouzet. Lui a été reconduit pour trois ans en tant que Médiateur des entreprises, poste qu'il occupe depuis 2016.

25 janvier

📍 Inflation (1) : et maintenant, le barème kilométrique

La flambée des prix du carburant contraint le gouvernement à (re)jouer les pompiers. Après l'"indemnité inflation", imaginée en octobre, Jean Castex sort, cette fois, de sa boîte à outils le relèvement du barème kilométrique. Il sera augmenté de 10 %, dès cette semaine, a annoncé le Premier ministre à l'Assemblée nationale. Cette mesure « cible précisément ceux qui roulent dans le cadre de leur activité professionnelle », a-t-il justifié, puisqu'elle « leur permet de déduire leurs frais de véhicule de leur impôt sur le revenu ou de leur bénéfice imposable ». Pour en bénéficier, il faudra toutefois attendre la campagne de déclaration des revenus 2021. Le chef du gouvernement espère, par ailleurs, un effet d'entraînement sur les indemnités kilométriques versées par les entreprises à leurs salariés : « Cette revalorisation a vocation a servir de référence et donc, potentiellement, à se répercuter » sur ces défraiements, a souhaité Jean Castex.

Inflation (2) : la proposition alternative du Medef

Augmenter le barème kilométrique ? Bof, a répondu, dès ce matin, le président du Medef. Interrogé sur France 2 à propos de ce qui n'était encore qu'une piste de réflexion, Geoffroy Roux de Bézieux disait déjà préférer une solution au « plus près des entreprises ». En l'occurrence, il plaide pour transformer en "indemnité essence", et à la demande du salarié, le versement mobilités, dont s'acquittent certaines entreprises pour financer les transports en commun. Une telle manoeuvre permettrait à chaque travailleur concerné de récupérer 300 euros par an, selon ses calculs.

Levées de fonds : un record et des questions

Les levées de fonds totalement vaccinées contre le Covid-19. Malgré la pandémie, elles ont atteint un sommet en France, l'an dernier - 11 milliards d'euros, selon le baromètre d’In Extenso Innovation Croissance et de l’Essec. Mais derrière ce résultat exceptionnel se cachent aussi des réalités parfois moins glorieuses.
A (re)lire : Le record 2021 des levées de fonds masque les déséquilibres persistants de l'écosystème français

Du neuf (avec du vieux) pour le financement de l'innovation

Et de neuf ! Les start-up et PME innovantes peuvent à nouveau postuler au concours i-Nov, neuvième du nom. Cet appel à candidatures vise à financer des projets d'innovation et de R&D tournés vers le numérique, la santé et l'environnement.

CCI France : un Toulousain aux manettes

La présidence de CCI France reste ancrée dans le Sud-Ouest. La tête de pont du réseau des chambres de commerce et d'industrie vient de se doter d'un nouveau patron, en la personne d'Alain Di Crescenzo. Le Toulousain remplace le Bordelais Pierre Goguet, en poste depuis 2017.

La croissance mondiale plus fébrile que prévu

L'année 2022 ne s'annonce pas sous les meilleurs auspices, à en croire le FMI. Echaudée par le variant Omicron et l'inflation persistante, l'institution internationale revoit à la baisse toutes ses prévisions de croissance. Elle devrait finalement être de +4,4 %, en 2022, au niveau mondial (soit 0,5 point de moins qu'espéré il y a trois mois). La zone euro ferait moins bien (+3,9 %), la France serait encore un ton en dessous (+3,5 %). Dans les deux cas, ces chiffres sont 0,4 point inférieurs à ceux parus en octobre. Par ailleurs, le FMI admet, que la flambée actuelle des prix "devrait persister plus longtemps" qu'annoncé. A tel point qu'elle ne s'aventure même plus à fixer une date de retour au calme pour l'inflation.

24 janvier

📍 Jour inaugural pour le passe vaccinal...

Entrée interdite aux personnes non-immunisées contre le Covid-19. Le passe vaccinal entre en vigueur à partir d'aujourd'hui, et pour une durée inconnue. La loi est parue hier au Journal officiel, en même temps que son décret d'application. Lequel introduit quelques exceptions à ce QR code renforcé. Le texte entérine également le calendrier de levée des restrictions, présenté la semaine dernière. Il y ajoute une mesure : l'extension du port du masque aux enfants de plus de 6 ans (contre 11 ans auparavant) dans les salles de spectacles, de cinéma ou de réunions.
A (re)lire : Définitivement validée, la loi sur le passe vaccinal met (aussi) la pression sur les entreprises (actualisé)

... grand absent du nouveau protocole sanitaire

Pour une fois, ça n'aura pas traîné. Le protocole sanitaire en entreprise a été modifié fissa, dès vendredi, pour intégrer la fin du télétravail obligatoire, annoncée, la veille, par le Premier ministre Jean Castex. Un effort d'anticipation bienvenu... sauf qu'à vouloir aller trop vite, le ministère du Travail en a oublié l'essentiel : le passe vaccinal, et les nouvelles contraintes imposées aux entreprises par la loi, sont complètement absents de son document de référence. Voilà qui fait un peu tache, le jour de l'entrée en vigueur de l'amende contre les employeurs qui ne respecteraient pas ledit protocole...

Emploi : l'horizon se dégage pour les cadres

Bonne année, bonne santé en vue pour l'emploi cadre en 2022. Selon l'Apec, les embauches pourraient exploser dans les douze prochains mois. Même si la conjoncture ne manque pas de défis.
A (re)lire : Vers une année record en matière de recrutement de cadres

Salaires : la pression se maintient sur les branches

La balle est dans le camp des branches professionnelles pour augmenter les salaires. C'est en tout cas l'avis de Bruno Le Maire et Laurent Berger. Le premier a jugé, ce matin, sur France Info, que « l'Etat [avait] fait sa part du chemin » durant le quinquennat, notamment « pour qu'il soit plus intéressant d'aller travailler plutôt que de ne pas [le faire] et de vivre des allocations ». « Maintenant, des négociations de branche doivent s'ouvrir », a insisté le ministre de l'Economie, prenant en exemple l'hôtellerie-restauration. De son côté, le secrétaire général de la CFDT a plaidé, sur France Inter, pour « obliger chaque branche à augmenter leurs minima, dans les trois mois qui suivent une revalorisation du Smic, pour qu'ils soient au moins au niveau de [celui-ci]». Ce qui ne serait pas le cas dans 63 % des cas, aujourd'hui. Au passage, Laurent Berger n'a pas épargné : « La répartition de la richesse produite (...) est injuste dans nombre d'entre elles », a jugé le responsable syndical.
A (re)lire : Pourquoi la pression monte sur les entreprises pour augmenter les salaires en 2022

Tensions d'approvisionnement : Bercy ressort la carte du comité de crise

Les appels à la solidarité n'y suffisaient plus. Face aux problèmes persistants d'approvisionnement, Bercy envoie à la rescousse le comité de crise sur les délais de paiement. Cette instance, apparue lors du premier confinement de mars 2020, voit ses attributions s'élargir aux problématiques d'accès aux matières premières et composants industriels. A ce titre, il sera chargé de "détecter les comportements anormaux d’acteurs économiques structurants, privés ou publics", de jouer les intermédiaires dans les "situations critiques" identifiées et de valoriser les bonnes pratiques. Rebaptisé pour l'occasion "comité d’action sur les approvisionnements et les conditions de paiement", cet organe reste animé par le Médiateur des entreprises et celui du crédit. Il s'ajoute à un comité similaire, monté l'été dernier, pour la seule filière du BTP.

Le (recyclage du) plastique reste fantastique

L'Etat en remet une couche sur le recyclage du plastique. Déjà soutenue par la relance, la filière sera également subventionnée au titre du plan d'investissement France 2030. Au total, 300 millions d'euros seront mobilisés, notamment pour développer les capacités de production nationales, à partir de différentes technologies.

Les prix du carburant s'enflamment encore

Toujours plus haut. Les prix du carburant ont encore battu leurs records historiques, et ce pour la troisième semaine consécutive. Au 21 janvier, le litre de gazole non-routier coûtait, en moyenne sur la semaine, 1,1503 euros, soit une poussée de 3,1 % en une semaine et 10,4 % en un mois, selon les relevés du ministère de la Transition écologique. La flambée est moins un peu moins forte, mais tout aussi constante, pour le gazole (1,654 €, soit quasiment +14 centimes en quatre semaines !), le sans plomb 95 (1,7249 €) et le SP98 (1,7854 €).

21 janvier

📍 Feu vert au passe vaccinal

Le passe sanitaire deviendra bel et bien vaccinal à compter de lundi. Le Conseil constitutionnel a globalement validé la loi qui instaure cette évolution. Seule mesure censurée : la présentation d'un passe sanitaire à l'entrée des réunions politiques. S'y ajoutent deux réserves, dont une sur le contrôle d'identité des clients à l'entrée des lieux recevant du public.
A lire : Définitivement validée, la loi sur le passe vaccinal met (aussi) la pression sur les entreprises

Les restrictions sanitaires maintenues jusqu'en février...

Un durcissement avant un assouplissement en deux temps. Le Premier ministre Jean Castex a présenté, hier, un nouveau calendrier d'échéances pour les mesures contre le Covid-19. Trois dates à retenir : le 24 janvier, pour l'entrée en vigueur de la nouvelle loi sur le passe vaccinal, puis les 2 et 16 février, pour la levée des autres contraintes anti-coronavirus.
A lire : Les restrictions sanitaires prendront fin en février pour les entreprises

... les aides d'urgence aussi

Le soutien aux entreprises reste calé sur les contraintes anti-coronavirus. « Je maintiendrai toutes les aides sectorielles, tant que les mesures sanitaires seront maintenues », a confirmé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, ce matin, sur Public Sénat. Sans dire toutefois si ce débranchement commencerait dès l'étape intermédiaire de levée des restrictions, prévue pour le 2 février. Seule certitude, « jusqu'au 16 février, les boîtes de nuit (...) continueront de bénéficier de l'intégralité des aides - les coûts fixes, l'activité partielle, les mesures qui ont été annoncées sur la masse salariale », sans oublier le réaménagement des prêts garantis par l'Etat.

Emploi : les géants de l'industrie recrutent à tour de bras

Les groupes industriels français abordent 2022 avec enthousiasme. Preuve de cette confiance, leurs promesses d'embauches en masse. Alstom prévoit ainsi de recruter 7 500 personnes, cette année, à travers le monde, dont « près de 1 000 » en France, croit savoir le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, interrogé sur Public Sénat. Le groupe ferroviaire enchaîne les contrats depuis plusieurs mois, au point de revendiquer aujourd'hui "un carnet de commandes de 77,8 milliards d’euros". Plus surprenant, au vu des difficultés de l'aéronautique depuis le début de la crise du coronavirus, Airbus a annoncé, pour sa part, mercredi, envisager 6 000 embauches en 2022.

20 janvier

📍 Le calendrier de l'après-vague arrive

Et maintenant, on fait quoi ? A trois jours de l'expiration des contraintes sanitaires annoncées pendant les Fêtes, le gouvernement dévoilera la suite du programme, ce soir, à 19h. Pour cette première conférence de presse de l'année dédiée au Covid-19, le chef du gouvernement Jean Castex et son ministre de la Santé Olivier Véran « présenteront un calendrier précis et détaillé de levée progressive des dernières mesures dans notre pays », a promis Gabriel Attal, à la mi-journée. Il sera question notamment du télétravail obligatoire (prolongé de 2 semaines, selon les premières indications), de l'avenir des jauges dans l'événementiel, la culture et le sport, de la réouverture des discothèques, ou encore du passe vaccinal (sa date d'entrée en vigueur, mais aussi les « conditions dans lesquelles il pourrait être retiré », a précisé le porte-parole du gouvernement).

Les start-up à la rescousse de la réindustrialisation

La réindustrialisation passera aussi par les start-up. Dans la nouvelle course aux usines qui s'engage, le gouvernement a décidé de mettre les moyens pour convaincre les jeunes pousses de produire (et plus seulement innover) en France. Il lance, aujourd'hui, un appel à projets de 550 millions d'euros sur cette thématique - première pierre d'une stratégie nationale plus large, en faveur des "start-up industrielles et deep tech", inscrite dans le cadre du plan d'investissement France 2030.
A lire : Les start-up obtiennent 2,3 milliards d'euros pour créer des usines dans l'Hexagone

Aides d'urgence : le transport de voyageurs crie à l'injustice

D'un côté, l'Etat arrête les frais du "quoi qu'il en coûte". De l'autre, certains secteurs continuent à engranger les aides. Entre les deux, il y a Thierry Schidler, et tous ces confrères et consoeurs voyagistes, laissés au bord de la route, selon lui. C'est en tout cas ce que dénonce ce représentant des transporteurs de Moselle, dans une lettre ouverte aux élus nationaux et locaux. Une prise de parole qui sonne comme un avertissement : « Des dépôts de bilans sont à prévoir », prévient-il, dans une interview à l'édition de Lorraine du Journal des Entreprises.
A lire : Pour Thierry Schidler, « le secteur du transport par autocars est abandonné par les pouvoirs publics »

L'assouplissement des PGE ouvert à l'ESS

Le rééchelonnement des prêts garantis par l'Etat concerne tout le monde, économie sociale et solidaire incluse. Entreprises de l'ESS et associations employeuses pourront bel et bien solliciter un aménagement de leur PGE selon les modalités présentées hier, a tenu à préciser Bercy, ce matin, par un communiqué de presse dédié.

Financement : les entreprises mieux notées

Adaptée hier, affinée aujourd'hui. La cotation des entreprises par la Banque de France n'en finit plus d'évoluer. Après avoir cherché à prendre en compte l'impact de la crise du coronavirus dans ses évaluations, l'institution modifie encore, cette année, cet outil d'analyse. Objectif : coller au plus près de la réalité financière des sociétés.
A lire : Ce que change la nouvelle cotation de la Banque de France pour les entreprises

Les embauches toujours au beau fixe

L'emploi n'est pas redescendu de son petit nuage. Après un été euphorique, les embauches ont poursuivi leur croissance fin 2021, en dépit du contexte sanitaire. Mieux, le nombre de recrutements (toutes durées de contrat confondues, mais hors intérim) est revenu à son niveau d'avant-crise, porté par un nouveau record de CDD longs et de CDI au quatrième trimestre.

L'optimisme vacillant des patrons

La cinquième vague épidémique a mis un coup au moral des chefs d'entreprise. En janvier, le climat des affaires, calculé par l'Insee, subit sa deuxième baisse consécutive (-2,4 points) et retombe à son plus bas niveau depuis le dernier déconfinement de mai 2021. Dans tous les secteurs, l'indicateur perd 2 points, à une exception près : l'industrie (+2, voir ci-après).

Les usines sous extrême tension

Les industriels restent confiants, certes, mais la période a rarement été aussi compliquée pour eux, du fait d'un niveau inédit de contraintes à gérer. Ainsi, en janvier, 61 % déclarent à l'Insee subir des difficultés de recrutement (+4 points en trois mois) - ils n'ont jamais été aussi nombreux depuis le début de cette statistique en 1991. En parallèle, les usines sont jugées "à la limite de leurs moyens de production courants" par 45 % des patrons - une proportion record, là encore, jamais atteinte depuis les origines de cette donnée en... 1976 ! Pic exceptionnel aussi sur l'évolution attendue des prix de vente : leur hausse est estimée à +1,7 % sur les trois prochains mois. Bonne nouvelle quand même, les tensions d'approvisionnement se relâchent (35 % en rencontrent, -10 points en un trimestre), tout comme les difficultés liées à l'offre (40 %, -9 points, première baisse depuis octobre 2020).

19 janvier

📍 L'aménagement des PGE, de la théorie à la pratique

Les nouvelles conditions de remboursement des PGE officiellement avalisées. Deux semaines après avoir été annoncées, ces mesures font l'objet d'un accord, signé aujourd'hui, entre le gouvernement et les banques notamment. Le texte place la Médiation du crédit au coeur du dispositif, mais attention : les heureux élus risquent d'être très peu nombreux.
A lire : Pourquoi l'assouplissement des prêts garantis par l'État ne concernera qu'une poignée d'entreprises

Et une aide de plus pour le tourisme

Les aides d'urgence rebranchées les unes après les autres dans le secteur du tourisme. Aide au paiement et dispense de cotisations sociales vont faire leur retour pour les entreprises de moins de 250 salariés de l'hébergement-restauration, de l'événementiel et les agences de voyages. La première mesure, fixée à 20 % de la masse salariale brute, concernera les structures « affectées par les mesures » sanitaires et qui subissent une baisse d'au moins « 30 % de leur chiffre d'affaires sur les mois de décembre et janvier », a annoncé le Premier ministre Jean Castex, hier soir. S'y ajouteront, pour celles dont la perte dépasse 65 %, des exonérations de charges patronales. Ce troisième round d'aides pour le tourisme, après leur réactivation en décembre et un premier élargissement à la rentrée de janvier, tombe plutôt bien : depuis plusieurs jours, les restaurateurs ne cachaient pas leur agacement contre le contrôle d'identité des clients, voulu par le gouvernement dans la future loi sur le passe vaccinal.

Commerce : l'habillement broie du noir

Les magasins d'habillement ne sont décidément plus à la mode, en ces temps de coronavirus. En 2021, les 50 enseignes, suivies par l'Alliance du commerce, ont vu leurs chiffres d'affaires rester bloqués sous leur niveau d'avant-crise (-16 % par rapport à 2019, après -26 % en 2020). La faute à un premier semestre marqué par les fermetures administratives et le confinement d'avril. Ventes par Internet incluses, la chute est à peine plus réduite (-11 %). Et l'année 2022 ne démarre pas sous les meilleurs auspices : l'activité était en repli de 29 % sur les cinq premiers jours des soldes, affirme l'organisation. Une contre-performance attribuée à la cinquième vague épidémique. En conséquence, l'Alliance du commerce réclame une prise en charge intégrale du chômage partiel et un report du remboursement des PGE, ouverts à toutes les entreprises.

Au nom de la dette, stop au "quoi qu'il en coûte" !

Des aides, encore des aides, toujours des aides... Maintenant, ça suffit ! Le gouverneur de la Banque de France aimerait passer à autre chose, car « le "quoi qu'il en coûte" n'est plus justifié », a tranché François Villeroy de Galhau, sur France Info. « La croissance tient bon, a-t-il expliqué, (...) elle n'est pas affectée par [le variant] Omicron, à part dans quelques secteurs ». Rassuré pour les entreprises, rassurant sur l'inflation (baisse attendue sous les 2 % « d'ici la fin de l'année »), son regard se tourne désormais vers les comptes publics : « La situation de la dette doit nous inquiéter (...), [son] niveau à 115 % [du PIB] est trop élevé », estime le gouverneur.

Les prix de l'énergie sous surveillance

Comme le lait sur le feu. Bercy assurer surveiller de près les prix du carburant. Après les records de la semaine dernière, Bruno Le Maire s'est dit prêt, sur BFMTV, à « voir s'il y a des mesures complémentaires qui sont nécessaires » pour contenir cette inflation. « Je ne ferme aucune porte », à de nouvelles mesures de soutien, a ajouté le ministre de l'Economie, même s'il reste réticent à une baisse de la TVA sur l'essence. Et rappelle aussi que « 15 milliards d'euros [ont été] déjà dépensés, engagés pour protéger les Français sur le gaz, l'électricité et l'essence ».

18 janvier

📍 Les défaillances d'entreprise au creux de la vague

Du jamais-vu en 35 ans. Après la Banque de France, c'est au tour d'Altares de tirer le bilan 2021 de la sinistralité des entreprises. Le constat est le même (les procédures collectives sont au plus bas), mais la conclusion diverge quelque peu. Là où l'institution financière ne voyait arriver aucune vague de faillites à l'horizon, le cabinet d'études s'inquiète, lui, d'une "remontée notable" des dossiers en toute fin d'année. Un rebond qui s'avère même spectaculaire dans certaines régions.
A lire : Vers une hausse des procédures collectives en 2022 ?

Les prix de l'essence au sommet de la flambée

Les prix du carburant remettent de l'huile sur le feu de l'inflation. Les records historiques, établis dans la première semaine de janvier, n'auront en effet pas tenu longtemps : ils ont déjà tous été battus, selon les derniers relevés du ministère de la Transition écologique. En date de vendredi, le GNR était ainsi passé à 1,1154 euro le litre, en moyenne, sur la semaine ; le gazole à 1,6214 € ; le sans plomb 95 à 1,7069 € et le SP98 à 1,7674 €. Soit des hausses de 2 à 3 centimes en une semaine. Et ce n'est peut-être pas fini : ce matin, les cours du pétrole ont atteint leur plus haut depuis 2014 sur les marchés.

Le tourisme accro aux aides publiques

"Laissez-nous travailler"... mais sans nous laisser tomber. C'est en quelque sorte le voeu formulé par la Confédération des acteurs du tourisme pour 2022. Les 14 organisations professionnelles, réunies sous cette bannière, réclament de nouvelles aides à l'Etat. Et elles ne sont pas les seules à faire entendre leurs voix. L'hôtellerie et la restauration reviennent aussi à la charge. Ce soir, elles ont d'ailleurs obtenu gain de cause avec l'obtention d'une nouvelle aide au paiement des cotisations et des exonérations de charges.

Emploi : le VTE vert revalorisé

Dans la famille des aides à l'embauche, je demande le VTE vert. Vous ne voyez pas de quoi il s'agit ? Et pourtant, ce "volontariat territorial en entreprise", version écolo, ne manque pas d'intérêt pour les PME et ETI. Il leur permet d'engager un jeune apprenti ou diplômé, sur des missions à impact environnemental... et à moindre frais : la prime remise à l'entreprise vient même d'être portée à 12 000 euros (au lieu de 8 000). Explications et témoignage avec le patron d'AP Composites, heureux employeur d'une VTE vert depuis plusieurs mois.
A lire : Comment le VTE vert peut aider les PME et ETI à lancer (vraiment) leur transition écologique

Passe vaccinal : l'attente se prolonge

Finalement, le passe vaccinal ne devrait pas voir le jour cette semaine non plus. Le Conseil constitutionnel ne se prononcera que vendredi sur la loi qui l'institue. Adopté dimanche, le texte a été, depuis, contesté par un groupe de députés, mais aussi par un autre de sénateurs. A l'origine, le gouvernement espérait une entrée en vigueur dès le 15 janvier, mais la longueur des débats parlementaires, plus laborieux qu'espéré, avait déjà compromis cet objectif. Outre la transformation du passe sanitaire en vaccinal, la loi autorise le contrôle d'identité des clients par les établissements soumis au QR code, ainsi qu'une amende administrative pour non-respect du protocole sanitaire en entreprise.

Automobile : le marché européen vire dans le rouge aussi

Les chiffres se suivent et se ressemblent pour le marché automobile. Comme en France, après un millésime 2020 catastrophique, les ventes européennes ont réussi à tomber encore plus bas en 2021 : 9,7 millions de véhicules particuliers ont été écoulés, en baisse de 2,4 % en un an et de 25,5 % par rapport à 2019, selon l'Association des constructeurs européens. Et record battu du plus faible volume relevé par l'organisation, depuis sa création il y a trente ans. Au total, ce sont ainsi plus de 3 millions de voitures qui sont immatriculées en moins à chaque année de pandémie. Mais, pour 2021, l'ACEA attribue le choc à la pénurie de semi-conducteurs, qui a paralysé de nombreuses usines en cours d'année. Les groupes tricolores n'ont pas échappé au marasme ambiant, Renault (-10,2 % en un an, et même -16,3 % pour la seule marque au losange), bien plus que Stellantis (-2,1 %).

17 janvier

📍 Les entreprises étrangères sortent le chéquier

C'est le chiffre du jour : plus de 4 milliards d'euros. Voilà ce que promettent d'investir en France 21 entreprises étrangères, dans le cadre de l'événement annuel "Choose France", chapeauté par l'Elysée. Parmi les enveloppes les plus importantes, celles des américains Eastman et Pfizer, ou encore de l'allemand BASF. Autant de belles promesses, parfois déjà connues, floues ou étalées dans le temps, mais qui permettent à l'exécutif de mettre en avant l'attractivité de la France... toujours utile à trois mois d'une élection présidentielle.

Le club des licornes accueille un nouvel entrant

Pendant ce temps-là, les start-up françaises continuent, elles, d'affoler les compteurs. Moins d'une semaine après la folle journée du 11 janvier (4 levées de fonds pour un montant cumulé d'1 Md€), c'est au tour du lillois Exotec de boucler un tour de table XXL, quasiment 4 fois plus important que le dernier, en 2020. L'entreprise de robotique devient ainsi la 25e "licorne" française (sa valorisation dépassant le milliard de dollars), et la première dans le secteur industriel.
A lire : Exotec lève 335 millions de dollars et s'impose parmi les licornes françaises
Cette nouvelle n'aura pas échappé, là encore, à Emmanuel Macron. Il l'a largement commentée dans une vidéo sur Twitter. Et pour cause : en 2019, le président de la République avait fixé, à l'écosystème national, cet objectif de compter au moins 25 licornes d'ici à... 2025.

Automobile : le groupe Renault s'enfonce

Le bout du tunnel est encore loin pour Renault. Après une année noire en 2020 (-21,3 %), les ventes mondiales du groupe automobile français se sont encore enfoncées l'an dernier : elles finissent sous la barre des 2,7 millions de voitures, soit -4,5 % en un an, et -28,5 % par rapport à 2019 (véhicules utilitaires et particuliers confondus). A la crise de la demande, provoquée par les confinements il y a deux ans, s'est ajoutée, en 2021, la paralysie de l'offre et des usines, due aux pénuries de composants électroniques.

Retard à l'allumage pour la loi sur le passe vaccinal...

Un dernier obstacle à franchir pour la loi sur le passe vaccinal. Définitivement adoptée par le Parlement, hier, elle va encore devoir être examinée par le Conseil constitutionnel, saisi par un groupe de députés. A l'origine, le gouvernement espérait une application du texte dès le 15 janvier.

... son application déjà contestée dans la restauration

La loi sur le passe vaccinal ? Les restaurateurs ne l'appliqueront pas à la lettre. Ils s'opposent en effet à la nouvelle exigence des autorités de contrôler l'identité des clients, en cas de doute sur le QR code qui leur est présenté. Plus précisément, ils devront demander un "document officiel" avec photographie, afin d'en vérifier la "concordance" avec le nom figurant sur le passe. La mesure « ne sera pas appliquée », a décrété Jean Terlon, sur France Info. Parmi ses arguments : l'absence d'obligation formelle, la crainte de « discussions stériles, voire des conflits » à l'entrée des établissements, ou encore le manque de temps et de formation du personnel. « La fraude sur les passes, c'est le problème de l'Etat (...) Il ne faut pas reporter sur les professionnels le fait que ce [document] soit falsifiable », balaye le vice-président de la branche restauration de l'Umih.

14 janvier

📍 L'Etat débranche les prix de l'électricité

Le "bouclier tarifaire" va finir par coûter cher. Décidé à contenir la hausse des tarifs réglementés de l'électricité sous les 4 % cette année, le gouvernement se retrouve pris au piège de sa promesse. C'est qu'entretemps, les cours ont continué à grimper. L'exécutif a donc dû revoir sa copie, quitte à faire des choix qu'il excluait encore il y a trois mois. Résultat des courses : pour alléger la facture des ménages et des entreprises, il va alourdir la note pour l'Etat et le groupe EDF.
A lire : Comment l'État compte faire baisser la facture d'électricité des entreprises en 2022

Le plein d'énergie de l'inflation

Le taux d'inflation a bel et bien signé son retour en force en 2021. Les prix à la consommation ont progressé, en moyenne, sur l'année, d'1,6 %, selon l'Insee. C'est 1,1 point de plus qu'en 2020, et un plus haut depuis le dernier pic de 2018. Cette hausse provient, en particulier, de l'énergie (+10,5 %, et même +13,5 % pour les produits pétroliers), mais aussi des services (+1,2 %, avec une poussée à +3,8 % pour les transports et +2,9 % pour les communications) et des produits manufacturés (+0,3 %). A noter qu'en décembre, l'inflation, sur un an, était plus élevée que cette moyenne 2021, puisqu'elle atteignait +2,8 %, a confirmé l'institut statistique, dans une publication séparée.

La fièvre entrepreneuriale de la France

Moins de mortalité, plus de naissances. La démographie des entreprises n'en finit plus de surprendre. Non seulement les défaillances sont tombées au plus bas l'an dernier, mais, en plus, les créations ont atteint leur plus haut niveau historique, assure l'Insee : près d'un million de structures ont vu le jour en 2021.

Protocole sanitaire : l'amende revue à la baisse

La note sera (un peu) moins salée. Les employeurs qui ne respecteraient pas le protocole sanitaire devront, finalement, s'acquitter d'une sanction administrative de 500 euros maximum par salarié, au lieu des 1 000 € initialement prévus, a annoncé la ministre du Travail, ce matin, sur France 2. Le plafond maximal (50 000 € par société), lui, est maintenu. Cette mesure sera réintroduite dans le projet de loi sur le passe vaccinal, après en avoir été supprimée par le Sénat. Elisabeth Borne justifie cette baisse par une volonté de « rassurer les petites entreprises ».

Pharmaceutique : les entreprises tirent les leçons de la crise

Les entreprises du médicament veulent pousser leur avantage. Dans le sillage de la crise du coronavirus et en vue de l'élection présidentielle, leur syndicat professionnel, le Leem, entend bien se faire entendre. Et livre d'ores et déjà ses prescriptions pour remettre en forme l'industrie pharmaceutique française.
A lire : Ce qu'attendent les entreprises du médicament du futur président de la République

13 janvier

📍 La vague des arrêts maladie est bien là

Une épidémie d'absentéisme. Redoutée depuis l'apparition du variant Omicron ultra-contagieux, l'envolée des arrêts de travail est dorénavant confirmée dans les chiffres. Sur les cinq dernières semaines de 2021, l'Assurance maladie en a compté 1 million de plus qu'à la même époque en 2020, selon son directeur général Thomas Fatôme, cité par Libération. Sur les 3,4 millions d'arrêts recensés au total (un niveau proche de celui atteint lors du premier confinement), la moitié est attribuée au Covid-19. Pis, « la tendance se confirme en ce début d’année », alors même que les règles d'isolement ont été assouplies depuis. Jusqu'à présent, le gouvernement et plusieurs organisations professionnelles ont assuré que ces absences en série n'entraînaient quasiment aucune perturbation de l'activité économique.

Restrictions assouplies sur les voyages transmanche

Le gouvernement relâche un peu la bride sur les déplacements entre la France et le Royaume-Uni. A partir de demain, les voyageurs vaccinés seront dispensés de plusieurs des obligations instauréées en décembre (motifs impérieux, quarantaine obligatoire et enregistrement préalable sur une plate-forme numérique). Ceux qui ne sont pas immunisés y restent, en revanche, soumis : leur trajet doit notamment être dûment justifié, dans un sens comme dans l'autre.

L'an 2 de la catastrophe aérienne

Le secteur aérien peine toujours autant à redécoller. En 2021, les avions ont encore accueilli 2 fois moins de personnes qu'en 2019, selon l'Organisation de l'aviation civile internationale (OACI), après en avoir déjà perdu 60 % en 2020. Résultat, pour les compagnies : un trou, dans leur chiffre d'affaires, de 324 milliards de dollars (282,6 Md€), qui s'ajoute aux 372 milliards (324,5 Md€) volatilisés l'année précédente. En 2022, cette perte devrait encore osciller entre 186 et 217 milliards (162 à 189 Md€), en raison d'une contraction persistante de la demande, en repli d'un quart à un tiers de son niveau d'avant-crise.

Cybersécurité : la riposte s'organise

Face aux attaques informatiques, vous ne serez bientôt plus seuls. L'Anssi, l'agence nationale de la cybersécurité, est en train de constituer un réseau de "centres régionaux", capables d'épauler les organisations victimes de ces opérations. Pour le moment, sept collectivités ont répondu présent.

Agroalimentaire : coup de pouce aux projets durables

Du beurre dans les épinards pour les projets dédiés à la nourriture durable. La Banque des Territoires lance la deuxième vague de son appel à manifestation d'intérêt en faveur de la "transition alimentaire", doté de 23 millions d'euros. Clôture des candidatures le 25 mars. Les neuf premiers lauréats viennent d'être désignés (dont 3 dans le Grand Est et 2 en Occitanie). A la clé pour eux, un soutien en ingénierie et une enveloppe d'au moins 200 000 euros en fonds propres ou quasi-fonds propres.

Emploi (1) : le casse-tête des recrutements

Avec la reprise économique, elles sont revenues hanter les entreprises. Les difficultés de recrutement concernaient encore 52 % d'entre elles en décembre, selon la Banque de France, dans sa dernière note de conjoncture. Ces tensions ne sont pas nouvelles dans l'Hexagone, mais sont-elles pour autant une fatalité ? Nous avons voulu en avoir le coeur net.
A lire : Difficultés de recrutement des entreprises : comment s'en sortir ?

Emploi (2) : une pénurie peut en cacher une autre

Une double pénurie synonyme de double peine pour les employeurs vendéens. Dans un département qui flirte avec le plein-emploi, non seulement ils manquent de bras pour leurs entreprises. Mais, en plus, quand ils en trouvent, il manque de toits pour les loger. De quoi rendre les recrutements encore plus complexes qu'ils ne le sont déjà, d'autant que la parade n'est pas simple à trouver, comme le montre l'enquête de notre rédaction de Loire-Atlantique - Vendée.
A lire : Face à la pénurie de logements, les chefs d'entreprise vendéens passent à l'action

Ode à l'"autonomie stratégique" de l'Europe

Paris fixe le cap de la présidence française de l'UE en matière économique. Sa priorité sera de développer l'« autonomie stratégique » des Vingt-Sept, a assuré Bruno Le Maire, à l'ouverture d'une conférence européenne sur l'industrie. L'occasion pour lui de fustiger les délocalisations et cette idée, « désormais dépassée », « révoltante » et « à jeter aux oubliettes », que « tout ce qui peut se produire moins cher doit se produire ailleurs. Nous avons compris que la souveraineté avait un prix et qu’il était bon de le payer », a assuré le ministre de l'Economie. Il entend à présent faire avancer l'Europe sur trois chantiers : renforcement des mesures de protection (contre les investissements étrangers «de prédation» et pour la réciprocité dans l'accès aux marchés publics) ; taxe carbone aux frontières ; et "projets importants d’intérêt européen commun" (les PIIEC). Paris espère faire aboutir 4 de ces programmes d'investissement, à savoir ceux sur l'hydrogène (3 Md€ promis par la France), les semi-conducteurs (1,5 Md€), le cloud (300 M€) et la santé (1,5 Md€). Ils s'ajouteraient aux deux existants, sur la nanoélectronique et les batteries électriques. Ce dernier doit soutenir 70 projets européens, à hauteur de 60 Md€ (dont 1,1 Md€ français), selon Bruno Le Maire.

12 janvier

📍 Télétravail : le gouvernement montre les dents

Le ministère du Travail pique une colère contre les employeurs. Sur la foi d'un sondage réalisé la semaine dernière, il accuse les entreprises de ne pas avoir intensifié le passage au distanciel de leurs salariés, comme le leur impose pourtant le nouveau protocole sanitaire. De quoi justifier la création d'une amende, selon l'entourage d'Elisabeth Borne. Voire de ressusciter feu le passe sanitaire au travail ?

L'économie résiste mais s'inquiète

Pour l'instant, l'activité économique tient le choc épidémique. C'est la conclusion que tire en tout cas la Banque de France, dans son dernier point de conjoncture. Un constat général, ponctué quand même de bémols, car l'incertitude s'envole, les services rechutent et les tensions persistent.

Défaillances : le trou d'air continue

On s'attendait à une vague de faillites. On assiste à une traversée du désert. En 2021, la Banque de France a recensé 27 285 défaillances d'entreprises, encore moins qu'en 2020 (-12,7 %) et très loin de 2019, avant la crise du coronavirus (-46,6 %) ! Plus surprenant encore, c'est dans l'hébergement-restauration, l'un des secteurs les plus touchés par les restrictions sanitaires, que le repli est le plus marqué (-38 % sur un an, -61,7 % sur deux). A l'inverse, deux secteurs ont souffert en 2021 : l'agriculture et la pêche (+6 % par rapport à 2020), ainsi que les activités immobilières (+5,3 %). Enfin, toujours au rang des perdants de la crise, les ETI et grandes entreprises ont moins bien résisté à la pandémie : le nombre de leurs défaillances progresse de 12,5 % sur deux ans.

Sport : les aides d'urgence, sans plus

Pas de régime de faveur pour le sport. Comme il l'avait fait avec la culture, vendredi, le gouvernement a reçu les représentants du secteur hier. Sauf que, pour eux, les ministres n'avaient aucune annonce à faire sur une quelconque aide spécifique. Les entreprises concernées sont simplement invitées à utiliser les dispositifs déjà annoncés (chômage partiel, coûts fixes, ainsi que prêts garantis par l'Etat). La réflexion se poursuit toutefois sur d'éventuelles exonérations de cotisations sociales et sur "la réactivation d’un dispositif d’avoirs".

Soldes moroses dans le commerce

C'est parti pour les soldes d'hiver 2022 ! La saison des promotions durera quatre semaines, jusqu'au 8 février, dans la plupart des départements. Une période traditionnellement de forte affluence, ternie, cette année, encore par le contexte sanitaire, auquel s'ajoute le poids des charges sur fond d'inflation. Résultat, selon une enquête de la Fédération nationale de l'habillement auprès de 900 de ses adhérents, 8 commerçants indépendants sur 10 s'inquiètent pour leur pérennité de leur activité en 2022.

Jeudi noir en vue dans les écoles... et les entreprises ?

Les problématiques de garde d'enfants risquent, demain et plus que jamais, de s'inviter en entreprise. Un mouvement de grève contre le protocole sanitaire dans les écoles, lancé par les syndicats d'enseignants, s'annonce très suivi (plus de la moitié des écoles primaires fermées, prédit le SNUipp-FSU). Et ce n'est pas tout : la FCPE, organisation de parents, appelle également, en solidarité, à ne pas envoyer les enfants en classe.

Santé : les ambitions de Virbac

Carros, future capitale mondiale de la santé animale ? Le groupe Virbac veut en tout faire de son usine, située dans cette ville des Alpes-Maritimes, une vitrine internationale pour les produits vétérinaires.
A lire : Virbac veut transformer son site de Carros en un "centre mondial d'excellence"

Se relever d'une attaque informatique, toute une aventure

C'est l'autre épidémie qui frappe les entreprises : les attaques informatiques. Rien qu'en 2020, l'Anssi, agence nationale de cybersécurité, affirmait, par exemple, avoir traité 3,5 fois plus d'affaires de rançongiciel en un an. Si certains piratages défraient parfois la chronique, ils effraient aussi souvent leurs victimes, rares à vouloir prendre la parole après coup. Ce qui rend d'autant plus précieux le témoignage de David Ducourneau, le PDG de Sports Aventure, ciblé l'été dernier.
A lire : Comment Sports Aventure a rebondi après un piratage informatique

11 janvier

📍 Levées de fonds : la journée qui valait 1 milliard

Début d'année en fanfare pour les start-up. Après le gestionnaire de paye et de RH Payfit (254 millions d'euros amassés, il y a cinq jours), la fintech Qonto a bouclé une levée de fonds de 486 M€ aujourd'hui. De quoi revendiquer le titre de "scale-up française avec la plus importante valorisation" (4,4 milliards d'euros)... mais c'était sans compter sur BackMarket : le spécialiste des produits reconditionnés a annoncé, quelques heures plus tard, atteindre 5,1 milliards, à la faveur d'une nouvelle collecte de 450 millions d'euros ! Plus modeste, le rochelais Sellsy, éditeur de logiciels CRM, a bouclé un tour de table de 55 M€. Enfin, le groupe Oryx (derrière la marque Proprietes-privees.com) vient, lui, de signer l'une des levées les plus importantes de l'écosystème nantais.
A lire : Le réseau de mandataires immobiliers Proprietes-privees.com boucle une levée de fonds de 100 millions d'euros

Inflation : les carburants s'enflamment

Les compteurs s'affolent aussi à la pompe - et comme jamais dans l'histoire récente. Tous les records sont tombés la semaine dernière, selon les relevés effectués par le ministère de la Transition écologique. Au palmarès du 7 janvier, le prix au litre a ainsi atteint un sommet pour le GNR (1,0834 euro sur la semaine), le gazole (1,5883 €, du jamais-vu depuis 1985, date la plus ancienne de ces statistiques), le sans plomb 95 (1,6823 €, +1,5 centime par rapport au précédent pic d'avril 2012) et le SP98 (1,7451 €). Tous ces chiffres sont supérieurs à ceux de l'automne dernier. La flambée des carburants avait alors poussé le gouvernement à créer une "indemnité inflation", laquelle commence à peine à être versée depuis fin décembre.

Début d'année à hauts risques pour le commerce...

Les restrictions sanitaires commencent à faire des victimes collatérales. Premier exemple avec les chaînes de magasins. Restées ouvertes en fin d'année dernière, contrairement à 2020, elles disent à présent souffrir du télétravail obligatoire. Il a vidé les magasins, selon l'organisation professionnelle Procos. De quoi compliquer un peu plus le redressement de l'activité du commerce, d'autant qu'il est resté mitigé, en 2021, et pourrait être menacé, en 2022, par la hausse programmée des loyers.

... et double peine pour l'hébergement-restauration

Deuxième illustration de ces activités, laissées ouvertes, mais quand même freinées par les mesures sanitaires : l'hôtellerie-restauration. Quatre organisations professionnelles ont rendu publiques deux enquêtes, visant à mettre en lumière l'impact négatif des annonces gouvernementales sur leur activité. L'occasion pour elles, en amont d'un nouveau rendez-vous, ce matin, à Bercy, de réitérer leur appel à un renforcement des aides d'urgence, pourtant écarté, hier, par le ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

Le dernier budget du quinquennat en pratique

A l'époque de sa présentation, elle était pleine de trous. Désormais dûment adoptée par le Parlement et promulguée in extremis avant la nouvelle année, la loi de finances 2022 intègre bel et bien le plan d'investissement France 2030, réévalué, au passage, à 34 milliards d'euros. Mais elle prévoit aussi une ribambelle de mesures plus modestes à destination des entreprises. Ca valait bien un petit récapitulatif !
A lire : Ce que change la loi de finances 2022 pour les entreprises

La croissance mondiale sous la menace

L'économie menace de s'enrhumer en 2022. Le PIB de la planète devrait s'accroître de 4,1 % cette année, selon la Banque mondiale, soit 0,2 point de moins qu'espéré en juin dernier. La zone euro parviendrait à faire à peine mieux (+4,2 %), là encore un chiffre revu à la baisse de 0,2 point, après une année 2021 toutefois plus solide que prévu (+5,2 %, +1 point). Mais pour 2022, l'institution ne cache pas ses inquiétudes, et incertitudes, entre "propagation de variants de la Covid-19", "goulets d’étranglement persistants dans les chaînes d’approvisionnement et pressions inflationnistes", endettement et inégalités.

10 janvier

📍 Aides d'urgence : de la patience avant toute chose...

Les patrons de l'hôtellerie-restauration et de l'événementiel priés de patienter avant de se plaindre. Le ministre de l'Economie ne s'est pas montré pressé de répondre à leur récente alerte sur le ralentissement de leur activité, dû aux dernières restrictions : « Je suis comptable de l'argent des Français, donc j'apporte les protections nécessaires (...) mais ma responsabilité est de le faire sur la base de chiffres précis, pour distribuer l'argent à ceux qui en ont réellement besoin », a tranché Bruno Le Maire, ce matin, sur LCI. Il renvoie donc à la fin du mois de janvier pour juger sur pièces de la situation économique de ces professionnels. Mais le ministre reconnaît aussi se tenir prêt à « déclencher, le moment venu », un dispositif d'exonérations de charges.

... et des rustines en attendant

Officiellement, il n'est donc pas question de rouvrir le robinet des aides trop vite. Dans les faits, pourtant, plusieurs mécanismes nouveaux sont apparus récemment au Journal officiel. Des dispositifs appelés, pour l'un, à colmater les brèches du "quoi qu'il en coûte", pour l'autre, à pallier son débranchement au moment où les restrictions sanitaires font leur retour.

Omicron : jusqu'ici tout va bien ?

La désorganisation ? Quelle désorganisation ? Pour l'instant, personne ne semble entrevoir les fameuses perturbations de la vie économique, redoutées, fin décembre, par le Conseil scientifique sur le Covid-19, du fait de l'extrême contagiosité du variant Omicron. « Il n'y a pas de risque de paralysie », a balayé le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, ce matin, sur LCI, même s'il reconnaît « des difficultés dans un certain nombre de secteurs », dont la restauration. Même tonalité pour son collègue de l'Agriculture. « Pas d’inquiétude à avoir : notre chaîne alimentaire tient », a assuré Julien Denormandie, sur Twitter, à l'issue d'une réunion avec tous ses acteurs. Ce soir, sur BFM Business, il reconnaît toutefois un « absentéisme supérieur à ce qu'il était il y a quelques mois ». Malgré tout, les organisations professionnelles, comme la Fédération du commerce et de la distribution ou celle des transporteurs routiers, ont affiché la même sérénité que le ministre et que le Medef, jeudi. Situation plus compliquée, en revanche, à la SNCF, où 10 % des TGV et 20 % des Intercités vont être supprimés, à partir d'aujourd'hui.

Une semaine pour faire adopter le passe vaccinal

Deuxième étape pour le projet de loi sur le passe vaccinal. Le texte arrive aujourd'hui au Sénat. Malgré le retard pris, la semaine dernière, à l'Assemblée nationale, le gouvernement vise toujours une mise en oeuvre de ses mesures dès samedi ou, « au plus tard, dans les premiers jours de la semaine du 17 janvier », a nuancé son porte-parole, Gabriel Attal, hier, sur BFMTV. Avec ce passe, l'accès des bars, restaurants, enceintes sportives, lieux culturels, etc. sera limité aux seules personnes vaccinées contre le Covid-19.

Pharmaceutique : 16 pionniers sur les biothérapies

Ils sont en pole position pour profiter de la nouvelle politique de soutien aux biomédicaments. Seize projets innovants vont bénéficier d'un premier appui de l'Etat, dans le cadre d'un appel à manifestation d'intérêt lancé, l'an dernier. Cet AMI a servi justement à préparer la stratégie nationale à 800 millions d'euros sur les biothérapies, dévoilée vendredi. Près de la moitié des lauréats sont en Ile-de-France, mais l'Auvergne Rhône-Alpes en compte tout de même trois (dont un porté par la biotech Maat Pharma, l'autre par le groupe BioMérieux), les Pays de la Loire et l'Occitanie deux chacun.

Industrie : le phénix de Luxfer

L'usine Luxfer, à l'arrêt depuis 2019, va-t-elle renaître de ses cendres dans le Puy-de-Dôme ? Tout près de là, un nouveau projet industriel, porté par le landais Europlasma, avec le soutien de l'Etat et la Région, vient en tout cas de voir le jour. De quoi rallumer l'espoir de pouvoir préserver les compétences des 136 ex-salariés Luxfer, derniers à avoir produit des bouteilles de gaz haute pression sur le sol européen (hors Royaume-Uni). Un contenant précieux, en période de crise sanitaire, pour stocker l'oxygène utilisé dans les hôpitaux.
A lire : Europlasma reprend l'activité stratégique de Luxfer

7 janvier

📍 Pharmaceutique : la France veut jouer les premiers rôles

Une ordonnance à 800 millions d'euros pour remettre sur pied l'innovation pharmaceutique, dans le domaine des biothérapies. Si le montant de l'enveloppe était connue depuis juin, le gouvernement n'en a livré le contenu précis qu'aujourd'hui. Objectif affiché : "faire de la France un leader mondial" en matière de biomédicaments.
A lire : Comment l'État compte remettre l'industrie pharmaceutique dans la course aux biothérapies

Culture : des aides d'urgence réactivées

Coucou, les revoiloù ! Plusieurs dispositifs propres au secteur culturel vont être rouverts, du fait de la cinquième vague de Covid-19, a annoncé hier soir le gouvernement. Il en va ainsi de l'"accès dérogatoire" au chômage partiel pour les intermittents du spectacle et leurs employeurs. Déclenché pour la troisième fois depuis le début de la crise sanitaire, ce mécanisme permet d'indemniser les contrats prévus ou promis sur la période du 27 décembre au 31 janvier, en cas de représentations annulées. Des aides sectorielles pour le cinéma, la musique et le théâtre vont également être remises au goût du jour, respectivement par le CNC, le CNM et l'ASTP. Enfin, les entreprises culturelles peuvent bénéficier des mesures plus générales annoncées ces derniers jours, sur l'aide aux coûts fixes, l'activité partielle et l'aménagement des prêts garantis par l'Etat.

Quand les ZFE étouffent la logistique urbaine

Les ZFE, nouveau cauchemar des acteurs du transport ? Sous cet acronyme un peu barbare se cachent les "zones à faibles émissions", périmètres où la circulation est strictement encadrée et limitée aux véhicules les moins polluants. Ces ZFE existent aujourd'hui dans 11 agglomérations françaises. Strasbourg est l'une d'entre elles. Et cette innovation environnementale ne va pas sans causer quelques soucis aux entreprises locales. Notre rédaction alsacienne vous explique pourquoi.
A lire : La Zone à faibles émissions de Strasbourg inquiète industriels et transporteurs

La production industrielle à la peine

L'industrie fait le yoyo. Après son rebond d'octobre, la production y est encore repartie à la baisse en novembre, que ce soit dans l'ensemble du secteur (-0,4 %) ou dans sa partie manufacturière (-0,6 %), indique l'Insee. Fait notable, l'automobile a nettement accéléré (+10,5 %), au contraire des autres matériels de transport, qui ont lourdement rechuté (-13,1 %). Par rapport à l'avant-crise du coronavirus, l'industrie stagne à 95 % de son niveau de février 2020. Seules quatre activités font mieux qu'à l'époque : les équipements électriques (+3,5 %), l'agroalimentaire (+2,2 %), le textile-habillement (+1,2 %) et les énergies (+0,7 %).

Le déficit commercial à la dérive

Catastrophe en vue pour le solde commercial de la France en 2021. En novembre, le déficit a battu des records historiques, selon les douanes, et ce, quelle que soit la période considérée. Il atteint ainsi -9,7 milliards d'euros sur le mois, -9 Md€ sur un trimestre et -77,6 Md€ sur un an. En cause un pic encore jamais vu des importations (53,7 Md€, +5,3 % en un mois), dopées "en très grande partie par la hausse des prix des matières premières, notamment énergétiques, et des produits industriels". Mais cette envolée est aussi aggravée par une situation "inhabituelle" : l'achat d'électricité à l'étranger, faute de production nationale suffisante, au moment même où les tarifs s'envolaient... Comme souvent l'an dernier, les exportations, elles, ont progressé moins vite (44 Md€, +1,6 %), même si elles retrouvent désormais un niveau similaire à ceux de 2019.

L'inflation européenne au sommet

Toujours plus haut. En décembre, l'inflation de la zone euro a atteint 5 % sur un an, selon une première estimation d'Eurostat. Une première en un quart de siècle, c'est-à-dire, en fait, depuis que cet indicateur existe ! Le précédent record datait seulement de novembre. Dans le détail, la flambée des prix de l'énergie se calme un peu (+26 %, en baisse d'1,5 point en un mois), quand ceux de l'alimentation s'excitent nettement (+3,2 %, +1 point). La France enregistre toutefois le 4e taux le plus faible des 19 pays recensés (3,4 %, plus élevé que le chiffre de l'Insee, en raison d'un mode de calcul différent).

6 janvier

📍 L'Etat veut plus d'ETI

Le gouvernement reprend son bâton de pèlerin au sujet des ETI. Pour faire grandir ces entreprises de taille intermédiaire et faire grossir leurs rangs, il vient de réactiver son plan "ETI nation". Une stratégie lancée en janvier 2020, juste avant que la pandémie de Covid-19 ne vienne bousculer l'agenda de l'exécutif et rebattre les cartes de sa politique économique.
A lire : Le gouvernement poursuit sa stratégie d'"ETI Nation"

Triple menace sur les TPE-PME en 2022

Les TPE-PME ne sont pas encore tout à fait tirées d'affaire. Malgré une activité plus solide que prévu et une trésorerie plutôt rassurante, l'horizon du retour à la normale ne cesse de s'éloigner pour elles, selon une enquête semestrielle de Bpifrance Le Lab. C'est que de nouveaux défis ont surgi, ces derniers mois, comme autant d'obstacles sur la route de leur redressement. L'étude en identifie trois en particulier. A commencer par les difficultés d'approvisionnement.

L'industrie aérospatiale parée à redécoller

Pour l'aéronautique en revanche, la crise du coronavirus appartient au passé. C'est en tout cas le discours résolument optimiste porté par le Gifas aujourd'hui. Les 410 entreprises du Groupement des industriels de l'aérospatiale envisagent de réembaucher 10 000 à 15 000 personnes en 2022, après en avoir perdu quasiment autant sur les 18 premiers mois de la pandémie de Covid-19. De l'histoire ancienne, assure Guillaume Faury. Le président du Gifas et PDG d'Airbus s'attend dorénavant à vivre une « année de conquête ». L'enjeu désormais, pour cette filière très éprouvée par la crise : « réussir les montées en cadences » et accélérer sur sur ses nouveaux programmes industriels, autour de l'avion bas carbone notamment.

L'hôtellerie-restauration asphyxiée par les restrictions

Changement d'ambiance et soupe à la grimace dans l'hébergement-restauration. Si le gouvernement met un point d'honneur à ne pas refermer ces établissements à cause du Covid-19, l'accumulation des restrictions sanitaires n'en finit pas de peser sur leur activité. Selon le GNI, 8 sur 10 subissent une baisse d'au moins 30 % de leur chiffre d'affaires depuis lundi ! La situation serait pire encore dans les hôtels et chez les traiteurs (perte d'activité supérieure à 80 % pour les trois quarts d'entre eux). Pour Didier Chenet, le président de cette organisation patronale, interrogé sur RTL, cette situation est due, pêle-mêle, à l'interdiction de consommer debout, aux jauges dans l'événementiel et au télétravail obligatoire, qui prive les restaurants de leur clientèle professionnelle. Sans oublier les annulations en cascade, depuis décembre, du fait de l'interdiction des moments festifs et conviviaux en entreprise ou dans les collectivités.

Loisirs : les protocoles sanitaires s'adaptent

Remise à jour générale pour les protocoles sanitaires sectoriels. Après celui des hôtels, bars et restaurants, le gouvernement vient de publier ceux des parcs de loisirs et des fêtes foraines. L'occasion de revenir sur l'application des nouvelles jauges : elles doivent bien s'apprécier bien "au niveau des équipements", et non du site dans son ensemble.

RH : les entreprises tiennent bon face à la vague Omicron

Pas de perturbations en vue dans les entreprises. Le patron du Medef a minimisé l'alerte, lancée avant les Fêtes par le Conseil scientifique sur le Covid-19, à propos des risques que ferait courir le nouveau variant Omicron, plus contagieux, sur l'organisation socio-économique du pays. « Pour le moment, il n'y a pas d'augmentation massive de l'absentéisme, donc il n'y pas de désorganisation », a jugé Geoffroy Roux de Bézieux, sur France Inter. Il reconnaît toutefois « quelques frémissements dans les transports ». En début de semaine, le ministre Jean-Baptiste Djebbari avait évoqué 7 à 15 % d'absences dans le secteur. Ce risque de vacance des postes, dû à la maladie, aux quarantaines ou à la garde d'enfants, est surveillé de près par le gouvernement. Une réunion de suivi s'est tenue, ce matin, à Matignon, sur le sujet, la deuxième en trois jours.

Logement : toujours plus d'argent pour la rénovation

Les chantiers de rénovation thermique devraient continuer à se multiplier pour les entreprises du bâtiment. Déjà choyés par le plan de relance, ces travaux vont profiter, en sus, de l'enveloppe débloquée aujourd'hui par la Banque européenne d'investissement. La BEI injecte 1 milliard d'euros pour financer la rénovation de 70 000 logements sociaux en France. Cette somme sera distribuée par la Banque des territoires, sous forme de prêts à taux fixe à tous les opérateurs du parc "sans distinction".

5 janvier

📍 Etat d'urgence sanitaire et question de vocabulaire

Pas de nouvelles restrictions anti-coronavirus en France... sauf pour l'Outre-mer. A l'issue du premier Conseil de défense de l'année dédié au Covid-19, le gouvernement a décidé de décréter à nouveau l'état d'urgence sanitaire dans 5 territoires supplémentaires (Guadeloupe, Guyane, Mayotte, Saint-Martin et Saint-Barthelemy). Ils rejoignent ainsi La Réunion et la Martinique, où ce régime d'exception avait été réinstauré, pour l'une, le 28 décembre, et prolongé, pour l'autre, au-delà du 31. Partout ailleurs, « le danger est encore loin d'être écarté », a prévenu le porte-parole du gouvernement. Et Gabriel Attal a enrichi son lexique de nouvelles images pour décrire la situation sanitaire : il a évoqué les « niveaux stratosphériques » atteints par l'épidémie dans certaines régions (Ile-de-France et Corse) et la « hausse supersonique des contaminations ». Pour autant, une règle va être assouplie : de nouveaux "motifs impérieux", notamment d'ordre professionnel, vont être ajoutés à la liste de ceux exigés aux voyageurs en provenance du Royaume-Uni. Mais Gabriel Attal a surtout dû s'expliquer sur les mots peu amènes d'Emmanuel Macron dans Le Parisien : « Les non-vaccinés, j'ai très envie de les emmerder (sic) », a lancé le chef de l'Etat, interviewé par des lecteurs du quotidien.

La confiance exubérante des ménages et des investisseurs

Il en va du moral des Français, comme des cours de Bourse en ce moment. Malgré la crise épidémique en cours, ils se portent comme des charmes. En décembre, la confiance des ménages a rebondit de 2 points, selon l'Insee, pour revenir quasiment au même niveau qu'en septembre... à une époque où il n'était question ni de cinquième vague, ni de variant Omicron. De son côté, le CAC40 enchaîne les records depuis lundi, avec, aujourd'hui encore, un nouveau pic historique en séance (7 384 points), comme à la clôture (7 376).

PGE : la sérénité tranquille des banques

Pas de panique, tout va bien se passer. C'est, en somme, le message de Nicolas Théry, le président de la Fédération bancaire française, au sujet des PGE. Pour lui, le remboursement des prêts garantis par l'Etat ne devrait pas causer de souci dans 8 entreprises sur 10. A l'heure actuelle, seules « 3 à 4 % d'entre elles, soit 25 000 à 30 000 sociétés, ont, compte tenu des circonstances, des difficultés particulières », a-t-il estimé, hier soir, sur France Info, à la suite des annonces du ministère de l'Economie sur la possibilité d'aménager le calendrier du dispositif. Secteurs les plus à même de recourir à ces facilités, selon lui : l'événementiel, le tourisme, les voyages scolaires ou les salles de sport. Et pour relativiser encore un peu plus les craintes de défaillances, Nicolas Théry rappelle que « l'échéancier du PGE, c'est un peu plus d'un jour et demi de chiffre d'affaires par mois à partir d'avril prochain, donc au maximum trois mois de CA », sur toute la durée de l'emprunt.

Le chômage partiel en pause

Reflux suspendu pour l'activité partielle. En novembre, soit au moment où la cinquième vague épidémique de Covid-19 commençait à se lever, le recours à ce dispositif est resté plutôt stable, d'après la Dares (ministère du Travail). Le nombre d'heures indemnisées pourrait même repartir à la hausse, selon ces premières estimations.

Défense : les exportations en plein boom

L'industrie française de l'armement peut se frotter les mains. Elle vient de signer une année 2021 historique, avec 28 milliards d'euros d'exportations françaises, selon un décompte de La Tribune. Soit un bond vertigineux de 471 % en un an et 1,6 fois plus que le précédent pic, réalisé en 2015 (16,9 Md€). Ce chiffre est le résultat, entre autres, des nombreuses ventes enregistrées par Dassault Aviation pour son Rafale l'année dernière, dont une commande XXL des Emirats arabes unis, après l'Egypte, ou encore par Airbus Helicopters, auprès de l'Arabie saoudite et l'Espagne. De quoi faire (un peu) oublier le revers monumental subi par Naval Group en septembre, après la rupture par l'Australie du "contrat du siècle".

Technologies : retrouvailles en comité restreint à Las Vegas

Le Consumer Electronic Show (CES) envers et contre tout. Malgré le contexte pandémique, la grand-messe de l'électronique et de la tech ouvre ses portes au public à partir d'aujourd'hui et jusqu'à vendredi, à Las Vegas (Etats-Unis). Une édition raccourcie et hybride, après la version 100 % numérique de 2020. Seuls 2 200 exposants sont attendus sur place, deux fois moins qu'il y a deux ans. Côté français, la délégation devait être constituée de plus de 140 entreprises, selon Business France (dont 30 d'Auvergne Rhône-Alpes, 19 de la Région Sud, mais aussi 7 lorrains et 2 alsaciens). Mais certaines ont fait défection, en raison du contexte sanitaire, à commencer par le groupe La Poste. Il n'est pas le seul : plusieurs géants ont préféré annuler leur voyage, à l'image de Google, Amazon, Microsoft, Intel ou encore Panasonic.
A lire : Zoom sur 10 pépites d'Auvergne Rhône-Alpes parties s'exposer à Las Vegas

4 janvier

📍 Prêts garantis par l'Etat : Bercy lâche du lest

Une fois de plus, le Covid-19 a fait céder l'exécutif. Totalement exclu jusqu'ici, l'allongement de la durée de remboursement des PGE et la prolongation du différé d'amortissement deviendront réalité dans les prochaines semaines. Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire s'est résolu, aujourd'hui, à exaucer ce voeu du patronat. Mais que les entreprises qui ont contracté un prêt garanti par l'Etat ne se réjouissent pas trop vite : ce double geste devrait se limiter à une infime minorité d'entre elles.
A lire : Les prêts garantis par l'État pourront être remboursés plus tard ou sur une plus longue période

Télétravail : l'esprit plutôt que la lettre

Dans cette crise sanitaire, la vérité d'un jour n'est décidément pas celle du lendemain. Deuxième exemple avec le télétravail. On pensait que l'obligation de passer au distanciel s'appliquait à tous "les postes qui le permettent", selon la formule consacrée dans le dernier protocole sanitaire. On avait mal compris. Sur France Info, ce matin, Elisabeth Borne a livré sa propre interprétation de la règle : « Je dirai à l'inspection du travail de faire preuve de pragmatisme [dans ses contrôles] et d'entendre que, dans certaines entreprises, des salariés [fassent] moins (de 3 jours par semaine, NDLR) et d'autres plus. L'objectif, à la fin, c'est de faire baisser la présence sur site », a expliqué la ministre du Travail. Cette logique de calcul d'une moyenne sur l'ensemble de l'effectif, évoquée pendant les Fêtes, avait pourtant été abandonnée dans le protocole publié le 30 décembre.

Et un protocole de plus à digérer

Vous aimez les protocoles sanitaires ? Ca tombe bien : celui des hôtels, bars, restaurants et services de traiteurs vient, lui aussi, de faire peau neuve. Cette nouvelle version intègre notamment l'interdiction de la consommation debout dans ces établissements.

L'inflation sur un plateau haut...

En forte hausse depuis juillet, les prix à la consommation marquent enfin le pas. En décembre, ils progressent, certes, de 0,2 % sur un mois. Mais, sur un an, ils se stabilisent à +2,8 %, au même niveau qu'en novembre, selon une première estimation de l'Insee. Dans le détail, l'inflation reste vive dans l'énergie, même si elle tend à se calmer (+18,6 %, en baisse de 3 points par rapport au mois précédent). Elle progresse, en revanche, dans l'alimentation (+1,4 %, soit un gain de 0,9 point) et les produits manufacturés (+1,2 %, en augmentation de 0,4 point).

... les salaires dans son sillage ?

L'envolée actuelle des prix peut-elle se répercuter sur les salaires ? En ce début d'année, marqué par une nouvelle hausse du Smic (la deuxième en trois mois), la pression risque en tout cas de monter sur les entreprises, pour qu'elles adaptent les rémunérations à l'inflation.
A lire : Pourquoi les entreprises pourraient être contraintes d'augmenter les salaires en 2022

L'automobile n'avance plus

Le marché automobile français reste coincé dans l'ornière du Covid-19. Pour la deuxième année consécutive, les ventes de voitures neuves ont perdu un quart de leur volume par rapport à l'avant-crise, selon les derniers chiffres de la filière. Et décembre n'aura pas permis de redresser la barre, avec un recul des immatriculations de 15,1 % sur un an, mais -21,1 % par rapport à 2019.

Industrie : Caddie dans une course contre la montre

Cette fois, les jours de Caddie sont officiellement comptés. Après la cessation de paiement, c'est le redressement judiciaire de l'industriel alsacien qui a été prononcé aujourd'hui. Le tribunal de commerce donne moins de deux mois à l'entreprise pour se trouver un repreneur.
A lire : Le fabricant de chariots Caddie placé en redressement judiciaire

3 janvier 2022

📍 Nouvelle année, nouvelles règles : le télétravail obligatoire...

On prend la même pandémie, et on recommence... mais avec de nouvelles règles. Dès aujourd'hui entrent en vigueur les mesures anti-coronavirus, annoncées en plein milieu des Fêtes par le gouvernement. Les entreprises sont ainsi censées suivre, dès à présent, le protocole sanitaire actualisé, publié jeudi. Il transforme notamment en obligation ce qui n'était jusqu'ici qu'une recommandation : le passage au télétravail, à raison de 3 ou 4 jours par semaine. Mesure applicable au moins jusqu'au 23 janvier. Comme en décembre, l'inspection du travail sera mobilisée pour vérifier le respect de la consigne, avec un objectif maintenu de 5 000 contrôles par mois dans les entreprises. Et gare aux réfractaires : le futur projet de loi sur le passe vaccinal, examiné à partir d'aujourd'hui au Parlement, prévoit de frapper les entreprises au porte-monnaie, si elles se soustraient à cette mesure, entre autres.
A lire : Les employeurs bientôt sanctionnés pour non-respect du protocole sanitaire

... les contraintes démultipliées dans les ERP...

Les restrictions sanitaires version 2022 ne s'arrêtent pas au télétravail. Des contraintes particulières visent aussi les établissements recevant du public (ERP), et ce jusqu'au 23 janvier inclus. Premières concernées, les discothèques : leur date de réouverture est repoussée du 7 au 24 janvier. Sur les trois prochaines semaines, la danse reste également bannie dans les bars et restaurants. Ces derniers ne sont, par ailleurs, autorisés à recevoir leurs clients qu'en places assises. Même exigence dans les enceintes sportives, salles de spectacles ou de réunions, chapiteaux, établissements de plein air, etc. Eux se voient imposer, en sus, des jauges, fixées à 2 000 personnes (en intérieur) ou 5 000 (en extérieur). La vente et la consommation de boissons ou d'aliments dans ces lieux, comme dans les transports publics, est également prohibée (sauf dans les espaces clairement dédiés à une activité de restauration). Les parcs zoologiques et d'attractions ne sont concernés par ces limitations que pour leurs spectacles ou projections, quand le public est "non-circulant", précise encore le décret du 1er janvier qui reprend toutes les annonces, formulées le 27 décembre, par le Premier ministre Jean Castex.

... et une doctrine sanitaire adaptée à Omicron

Des règles sanitaires, vous en voulez encore ? Face à la contagiosité élevée du variant Omicron, le gouvernement a complété ses annonces du 27 décembre par d'autres modifications de sa doctrine de lutte contre l'épidémie. Le masque devient ainsi obligatoire dès l'âge de 6 ans (au lieu de 11) dans les lieux publics (transports, salles de sport, marchés couverts, restaurants hors repas, etc.). Mise à jour également des conditions de quarantaine, dévoilée hier et applicable dès aujourd'hui. Ainsi, les malades du Covid-19 complètement vaccinés doivent désormais s'isoler 7 jours (voire 5, sous conditions). Une durée étendue à 10 jours (voire 7) pour les autres personnes. Quant aux cas contact, la quarantaine disparaît, s'ils sont immunisés. Sinon, elle passe à 7 jours. Ces derniers ajustements sont justifiés moins pour des raisons médicales qu'économiques : l'explosion des contaminations au Covid-19 risque de provoquer une "désorganisation de la société", avait mis en garde le Conseil scientifique dédié à l'épidémie, le 23 décembre dernier.

Nouvelle année, anciennes aides

C'est désormais une habitude : qui dit restrictions, dit compensations. A l'issue d'une réunion avec les secteurs fragilisés par la cinquième vague épidémique, le ministère de l'Economie a annoncé, aujourd'hui, une nouvelle adaptation de ses aides d'urgence aux entreprises. Il s'agit, pour l'essentiel, d'élargir celles qui avaient été rouvertes, en décembre, aux discothèques et à quelques activités ciblées, dont l'événementiel et le tourisme.
A lire : Les aides aux entreprises les plus touchées par le Covid-19 vont être renforcées

Pendant ce temps-là, la  Bourse reste de marbre

Les restrictions sanitaires pleuvent, le variant Omicron pullule mais la Bourse s'en moque. Pour sa première journée de l'année, le CAC40 a signé un double record historique, l'un en séance (au-dessus des 7 245 points), l'autre à la clôture (7 217).

Industrie : Caddie déraille

Le Covid-19 va-t-il avoir raison du fabricant de chariots Caddie ? Déjà fragile, l'entreprise alsacienne vient en tout cas de se déclarer en cessation de paiement.

 

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