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Défense : La filière munitions de petit calibre se relance en France

Par Isabelle Jaffré, le 17 mars 2017

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé la réimplantation d’une filière de fabrication de munitions de petit calibre "made in France" avec trois industriels : la PME alsacienne Manurhin pour les machines, Sofisport et sa filiale bretonne Nobelsport pour la poudre notamment, et Thales pour la technologie.
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

« C’est un acte de souveraineté », martèle Jean-Yves Le Drian. Le ministre de la Défense était en visite, le 17 mars, dans l’usine de poudre Nobelsport (filiale de Sofisport) à Pont-de-Buis (Finistère) pour annoncer la relance d’une filière industrielle de fabrication de munitions de petit calibre en France. « C’est une filière qui a été abandonnée à la fin des années 90. Ce qui n’a pas été sans poser de problèmes de qualité avec l’approvisionnement à l’étranger et, surtout, de dépendance », a rappelé le ministre. Les besoins de l’armée s’élèvent à 60 millions de munitions et cela peut monter jusqu’à 100 millions en ajoutant les besoins des services du ministère de l’Intérieur.

L’alliance de trois industriels

La relance de la filière tient au rapprochement de trois industriels qui ont travaillé sur le projet ayant pour nom de code « provinces de France ». Car l’ambition est nationale et implique des sites de production un peu partout dans l'Hexagone. Le Breton Sofisport et sa filiale Nobelsport (211 salariés ; 70,6 millions d’euros de CA) se présentent comme leader mondial sur le marché des munitions pour la chasse et le tir sportif. L’entreprise a également fourni pendant trois siècles les armées françaises, notamment avec sa poudrerie basée à Pont-de-Buis. « Nous fabriquons 2.000 à 2.200 tonnes de poudre par an. Notre usine dans le Drôme fabrique, elle, les étuis et les amorces. Notre production est de plus de 600 millions de cartouches par an », indique Gilles Roccia, président du directoire de Sofisport.

A l’Est, c’est la PME de Mulhouse, Manurhin, qui est concernée (170 personnes ; 31 millions d’euros de CA). « Nous allons fournir uniquement les machines pour fabriquer les munitions. C’est notre métier », explique le président du directoire, Rémy Thannberger. Pour la PME, c’est aussi l’occasion de renouer avec l’Etat français qui s’était désengagé. L’entreprise réalise aujourd’hui 100% de son activité à l’export dans 60 pays. Elle fournit d’ailleurs non seulement Nobelsport mais aussi Thales, le troisième partenaire. Le groupe français fabrique déjà, avec sa filiale australienne, plus d’une dizaine de millions par an de munitions pour l’armée australienne. Thales possède aussi un site français dans ce domaine à La Ferté-Saint-Aubin (Loiret). « Nous allons apporter notre procédé et notre technologie », précise Pierre Benard, vice-président de Thales. « C’est vraiment l’association de trois savoir-faire très complémentaires où il n’y a pas de redondance et donc de concurrence », ajoute Rémy Thannberger.

Un projet à moyen terme

Même si les sites industriels sont déjà prêts, la filière ne se montera pas en un jour. Le calendrier reste flou : entre 18 mois et quatre ans, annoncent les différents acteurs du dossier. C’est en Bretagne que seront assemblées les cartouches avec la restructuration du bas de l’usine finistérienne, sans qu’un montant d’investissement ne soit avancé par Gilles Roccia. Ce qui devrait entraîner des embauches. Quand Gilles Roccia vise 70 à 80 personnes d’ici trois ou quatre ans, Rémy Thannberger estime à 100 personnes les besoins à long terme pour l'ensemble du projet. Les objectifs de production restent eux aussi flous. « C’est encore trop tôt pour le dire, mais nous essaierons de répondre au mieux aux besoins de l’armée et du ministère de l’Intérieur ! », assure Gilles Roccia.

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