France

Politique économique

Déconfinement : Emmanuel Macron présente un calendrier de réouverture de l'économie en 4 étapes

Par Pierrick Lieben, le 29 avril 2021

Cette fois, on y voit plus clair. Le déconfinement se déroulera en quatre étapes, étalées sur deux mois, annonce le président de la République Emmanuel Macron dans une interview à la presse quotidienne régionale. Réouverture des activités fermées, relèvement des jauges, recul du couvre-feu… : le retour à une vie économique quasi-normale se veut progressif jusqu’au 30 juin.

Les magasins, fermés progressivement depuis la mi-mars, pourront rouvrir le 19 mai, selon le calendrier de déconfinement dévoilé par Emmanuel Macron.
Les magasins, fermés progressivement depuis la mi-mars, pourront rouvrir le 19 mai, selon le calendrier de déconfinement dévoilé par Emmanuel Macron. — Photo : Geoffroy Delobel

Le déconfinement de mai, saison 2. Dans une interview à la presse quotidienne régionale, à paraître dans la soirée, le président de la République Emmanuel Macron présente son calendrier de réouverture du pays, en quatre étapes étalées sur les deux prochains mois. Une stratégie qui n’est pas sans rappeler celle exposée il y a tout juste un an et un jour, à la sortie du tout premier confinement. La même logique sera à l’œuvre. Elle se veut à la fois progressive dans le temps, et différenciée par secteur, voire - et c’est nouveau - par territoire.

Le 3 mai : les déplacements sont libres

La première échéance était déjà largement connue. Le lundi 3 mai, les déplacements à l’intérieur du pays redeviennent libres en journée. C’est la fin des attestations dérogatoires et de la limite de 10 kilomètres. Collèges et lycées rouvrent (en demi-jauge dans certains cas), une semaine après les crèches et écoles du primaire (depuis le 26 avril).

Ce qui ne change pas : le couvre-feu de 19h à 6h, la fermeture d’une partie des commerces et la consigne du télétravail maximal sont maintenus.

Le 19 mai : la plupart des activités fermées rouvrent

Deuxième étape, majeure, sur la route de la liberté : le mercredi 19 mai, l’heure sera à la réouverture pour tous les commerces, les bars et restaurants (terrasses seulement, avec des tables de 6 personnes maximum), ainsi que les lieux culturels (cinémas, théâtres, musées, monuments et salles de spectacle avec places assises) et sportifs (stades et tout autre établissement de plein air ou couvert, mais pas les salles de sport à proprement parler). Pour les deux dernières catégories, il faudra s’en tenir à une limite de 800 personnes en milieu clos, 1 000 en extérieur. Toutes ces activités devront se plier à des protocoles sanitaires pour pouvoir reprendre du service. Mais les aides seront maintenues jusqu'à la fin du mois, promet Emmanuel Macron.

Cette bonne nouvelle de la réouverture n’en est toutefois qu’à moitié une : les salles de sport doivent passer leur tour, le commerce demandait à reprendre son activité dès le 10 mai et le tourisme espérait surfer sur le pont de l’Ascension (13-16 mai)… L’exécutif a finalement préféré laisser passer ce week-end de quatre jours avant de desserrer l’étreinte.

Autres allègements prévus à partir du 19 mai : décalage du couvre-feu de 19h à 21h et autorisation des rassemblements sur les lieux publics jusqu’à 10 personnes (au lieu de 6).

Ce qui ne change pas : le télétravail (contrairement à ce qu'avait laissé entendre la ministre Elisabeth Borne, il y a deux jours).

Le 9 juin : les jauges sont revues à la hausse

Deuxième salve d’ouvertures pour les entreprises le 9 juin. Elle reste soumise au respect de protocoles sanitaires adaptés.

Cette fois, les bars, cafés et restaurants pourront dresser des tables de 6 personnes à l’intérieur de leur établissement, et plus seulement en terrasse. Surtout, ce sera au tour des salles de sport de retrouver leurs clients.

« Le passe sanitaire ne saurait être obligatoire pour accéder aux restaurants, théâtres et cinémas. »

Les salons et foires renoueront, eux, avec leurs visiteurs, dans la limite de 5 000 personnes. La même jauge s’appliquera aux lieux de culture et de sport. Mais, dans les trois cas, l’accès sera conditionné à la présentation d’un passe sanitaire. Ce document officiel, "papier ou numérique (...) permettra de montrer qu’on est vacciné ou testé négatif dans les deux jours qui précèdent", précise le chef de l'Etat. Pas question pour autant de le systématiser : "Il ne saurait être obligatoire pour accéder aux lieux de la vie de tous les jours, comme les restaurants, théâtres et cinémas, ou pour aller chez des amis ", insiste Emmanuel Macron. De ce nouveau sésame dépendra, en revanche, l’accueil des touristes étrangers sur le sol national.

Autres allègements prévus à partir du 9 juin : le couvre-feu recule encore, de 21h à 23h, et le télétravail est "assoupli (...) en lien avec les partenaires sociaux, au niveau des entreprises". Sans que l’on sache comment, dans l’immédiat.

Le 30 juin : un quasi-retour à la normale

Dernière étape, si tout se passe bien, le 30 juin, le couvre-feu est aboli, huit mois et demi après son apparition, et les jauges sont desserrées. En l’occurrence, aucune limite nationale n’est imposée aux événements et établissements recevant du public, mais des seuils adaptés à la situation sanitaire locale peuvent subsister. Les rassemblements de plus de 1 000 personnes, dont, a priori, les festivals, sont autorisés, sous réserve de présenter un passe sanitaire.

Ce qui ne change pas : même dans cette période de liberté quasi-retrouvée, les gestes barrière et la distanciation physique devront continuer à être observés, insiste l’exécutif.

Les zones d’ombre et les bémols de ce calendrier

Le Premier ministre Jean Castex sera chargé de décliner ces quatre jalons de manière plus opérationnelle "au cours de la semaine du 10 mai", indique le président de la République. En attendant, après plusieurs semaines de flottement et de confidences, plus ou moins volontaires, Emmanuel Macron fixe enfin un calendrier de réouverture. Ce que beaucoup lui réclamaient depuis des mois, notamment dans le commerce. Mais résistera-t-il au Covid-19, après l’échec du précédent déconfinement de décembre-janvier ?

C’est le premier bémol de ces annonces. Le passage d’une phase à l’autre reste conditionné à l’évolution de la situation sanitaire. D’où l’étalement de chaque période sur environ trois semaines. Ce délai doit donner aux pouvoirs publics le temps de mesurer les effets de leurs mesures sur la circulation du coronavirus. Avec la possibilité, aussi, de ralentir localement le rythme. Un taux d’incidence trop élevé (au-dessus de 400 infections pour 100 000 habitants), son élévation trop brutale ou des services de réanimation saturés, sur un territoire donné, pourraient ainsi conduire les autorités à "[bloquer] les réouvertures", selon les termes d'Emmanuel Macron.

Enfin, certaines activités sont complètement absentes de ce calendrier. Il en va ainsi des discothèques. Elles ne devraient pas rouvrir, même au 30 juin. Quinze mois, donc, après avoir fermé.

Les magasins, fermés progressivement depuis la mi-mars, pourront rouvrir le 19 mai, selon le calendrier de déconfinement dévoilé par Emmanuel Macron.
Les magasins, fermés progressivement depuis la mi-mars, pourront rouvrir le 19 mai, selon le calendrier de déconfinement dévoilé par Emmanuel Macron. — Photo : Geoffroy Delobel

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