France

Conjoncture

Dans quels secteurs la crise impacte-t-elle les conditions de travail ?

Par Valérie Dahm, le 05 juillet 2021

La crise sanitaire a induit une intensification du travail et une hausse de l’insécurité de l’emploi pour près d’un salarié sur deux, mais aussi un sentiment d’utilité accru.

Pour un actif sur deux, la crise sanitaire a finalement eu peu d’impact sur les conditions de travail.
Pour un actif sur deux, la crise sanitaire a finalement eu peu d’impact sur les conditions de travail. — Photo : phpetrunina14

Oui, le monde du travail a été impacté par la crise, mais avec quelle ampleur ? Pour scruter les changements, la Dares, un service du ministère du Travail, a réalisé une enquête au premier trimestre 2021 auprès de 20 000 personnes ayant travaillé pendant la crise. Elle compare la situation avec l’avant Covid.

La situation est très contrastée selon les secteurs. Pour un actif sur deux, la crise sanitaire a finalement eu peu d’impact sur les conditions de travail. Il s’agit principalement d’hommes de plus de 45 ans, ouvriers et employés dans l’agriculture, l’industrie et la construction. Par rapport aux autres travailleurs, ils sont davantage présents sur site, et dans des entreprises dont l’activité s’est maintenue ou a baissé.

Pour un second groupe, la crise sanitaire a provoqué une accalmie du travail : un travailleur sur 20 est concerné. Il s’agit principalement des métiers de l’hébergement, de la restauration ou de la culture, avec des profils ouvriers et employés hommes, de moins de 34 ans.

Les secteurs de forte intensification du travail

Au contraire, les secteurs de la santé, de l’action sociale et de l’enseignement, ainsi qu’une partie des cadres et professions intermédiaires en télétravail, ont vécu une intensification et une dégradation de leurs conditions de travail : augmentation de la durée du travail, horaires décalés (le soir, la nuit, très tôt le matin) et intensité accrue du travail. L’intensité émotionnelle a bondi : un travailleur sur trois se dit plus souvent "secoué dans son travail" qu’auparavant.

Pour un quatrième groupe, les conditions de travail se sont très fortement dégradées, du fait d’une intensification du travail combinée à un manque de moyens pour réaliser correctement son travail, des difficultés à utiliser les outils permettant de travailler à distance, un affaiblissement du collectif et de l’appui des supérieurs hiérarchiques. Une personne sur dix est concernée. Il s’agit principalement de femmes en télétravail, cadres ou professions intermédiaires, œuvrant dans la banque, l’assurance ou l’enseignement.

Moins de sécurité, mais plus de sens !

La crise sanitaire a renforcé un sentiment d’insécurité de l’emploi pour un travailleur sur quatre. Toutefois, des aspects positifs ont aussi émergé : plus d’autonomie, de coopération, de soutien social au travail ou d’adaptation des objectifs. Ils sont presque aussi nombreux à s’en réjouir que ceux qui disent l’inverse. Autre évolution : le "sens du travail", c’est-à-dire le sentiment d’utilité sociale ou "fierté du travail bien fait", s’est renforcé pour un travailleur sur cinq.

Pour un actif sur deux, la crise sanitaire a finalement eu peu d’impact sur les conditions de travail.
Pour un actif sur deux, la crise sanitaire a finalement eu peu d’impact sur les conditions de travail. — Photo : phpetrunina14

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