Normandie

Cherbourg : Engie renonce à ses projets hydroliens

Par Guillaume Ducable, le 11 janvier 2017

L'énergéticien Engie (ex-GDF-Suez) a décidé de se retirer du programme Nepthyd qui prévoyait l'installation dans le Raz-Blanchard de quatre hydroliennes développée par l'Américain GE. Une annonce qui intervient alors même que l'Etat lance une consultation pour identifier de nouvelles "zones propices" sur la façade Manche Est-mer du Nord.
Le Journal des Entreprises, l'économie en régions — Photo : Le Journal des Entreprises

Alors que la préfecture maritime de la manche et de la mer du Nord annonçait mardi 10 janvier le lancement d'une consultation "en vue de l'identification de nouvelles zones propices au développement de l'hydrolien" dans la Manche, les collectivités locales confirmaient le retrait d'Engie du programme Nepthyd (Normandie Energie PiloTe HYDrolien).

GE devait fournir les turbines

Initié en 2009 par des premières études, ce dernier prévoyait l'installation de quatre hydroliennes d'une puissance unitaire de 1,4 MW dans la zone du Raz-Blanchard, à l'ouest de la péninsule du Cotentin. Des turbines initialement développées par Alstom dont les activités dans ce domaine ont depuis été reprises par l'Américain General Electric. Ce sont d'ailleurs les retards enregistrés dans le développement des turbines de GE qui seraient à l'origine du renoncement d'Engie. Le groupe Français devait construire puis exploiter ces installations sur une durée de 20 ans.

Un projet estimé à 100 millions d'euros

En juillet dernier, la Commission Européenne annonçait qu'elle autorisait l'Etat Français à "octroyer une aide en faveur" de l'installation de cette ferme pilote. Une aide sous forme "d'une subvention directe et d'avances remboursables qui seront remboursées si la technologie devait tenir ses promesses", précisait prudemment la Commission Européenne dans un communiqué en date du 27 juillet 2016. Lors de son lancement en 2014, le projet Nepthyd devait nécessiter, selon l'Ademe, un peu plus de 100 millions d'euros d'investissements.

Les collectivités veulent croire au développement de la filière hydrolienne en Normandie

Au-delà de la déception du moment, la région Normandie, le département de la Manche et la ville de Cherbourg-en-Cotentin qui ont rapidement réagit à ce retrait, disent rester confiantes "sur l'avenir de l'hydrolien puisque l'Etat a lancé des travaux préparatoires aux futures fermes commerciales pour donner de la visibilité aux industriels".

Naissance de DCNS Energies

Le 6 janvier dernier, le groupe DCNS présent à Cherbourg, annonçait à ce sujet le lancement avec le soutien du groupe BPI de sa filiale dédiée aux EMR, DCNS Energies. Une filiale détenue majoritairement par l'industriel et à 36% par le fonds SPI géré par Bpifrance, et ouverte à d'autres partenaires tels Technip et BNP Paribas Développement. Des actionnaires qui se sont engagés à apporter 100 millions d'euros dans le panier de naissance. Pour mémoire, DCNS avait racheté en 2013 la société Britannique OpenHydro qui pilotait jusque-là les projets du groupe en France comme à l'étranger, notamment au Canada.

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