International

Bpifrance inaugure son accélérateur international

Par Philippe Flamand, le 25 avril 2019

Dix-huit dirigeants de PME et ETI vont être accompagnés durant 18 mois par Bpifrance pour définir leur stratégie de développement international et faire de cette ambition un nouveau relais de croissance.

Guillaume Mortelier, directeur exécutif de l'accompagnement chez Bpifrance.
Guillaume Mortelier, directeur exécutif en charge de l’accompagnement chez Bpifrance. — Photo : Xavier Debontride

Bpifrance persiste et signe. La banque publique étoffe son dispositif d’accompagnement des dirigeants de PME et ETI dans leur stratégie de croissance et de développement avec ses accélérateurs. Elle a dévoilé, mercredi 24 avril, la première promotion de son nouvel « Accélérateur International », en partenariat avec Business France, l'agence publique pour l’internationalisation de l’économie.

Objectif : permettre à 18 entreprises sélectionnées pour leur fort potentiel de développement à l’international de peaufiner leur stratégie avant de se lancer. « Cette démarche s’inscrit dans le droit fil du déploiement de nos accélérateurs, d’abord nationaux, puis régionaux et désormais filières, explique Guillaume Mortelier, directeur exécutif en charge de l’accompagnement chez Bpifrance. Les entreprises que nous avons accompagnées durant 18 à 24 mois ont vu leur chiffre d’affaires et leurs effectifs croître en moyenne de 25 %. Elles nous demandaient souvent : et après ? Après, il y a l’enjeu de l’internationalisation pour lequel nous avons voulu créer un accélérateur spécifique. »

Identifier les enjeux de croissance à l'international

Les chefs d’entreprises de cette première promotion vont donc être accompagnés durant 18 mois de façon individuelle et collective. Au programme : la réalisation d’un diagnostic export avec un focus pays, la mise en relation avec des experts pays et produits pour définir leur feuille de route, l’échange de retour d’expériences avec d’autres entrepreneurs, et la participation à un ou plusieurs voyages d’étude sur les zones ciblées.

L’ambition : identifier les enjeux de croissance à l’international pour orienter chaque entreprise vers les marchés les plus pertinents avec un plan d’actions solide et concret. « L’entreprise pourra ainsi prioriser les pays et formaliser ses plans de prospection adaptés à chacun d’entre eux », note Guillaume Mortelier.

Ayor et Technisem veulent viser de nouveaux marchés

Parmi les 18 entreprises, pour moitié industrielles, de cette première promotion figure le groupe Ayor (ex-groupe Hammel), entreprise familiale originaire du Périgord, passée en 60 ans de l’univers de la plomberie, du sanitaire et du chauffage à la gestion des fluides. « Nous réalisons 150 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel avec 300 personnes, explique David Hammel, président du conseil de surveillance, incarnation de la troisième génération à la tête d’un groupe qui fédère désormais 15 sociétés. Nous sommes déjà présents à l’international, essentiellement en Europe sur des marchés limitrophes, et l’accélérateur de Bpifrance va nous permettre de construire un plan stratégique, en ciblant notamment les pays de l’Est et la Scandinavie. Ensuite, nous nous développerons en fonction des opportunités, en créant des filiales, en réalisant des acquisitions ou en privilégiant l’export. »

Autre participant à l’accélérateur international, Ronan Gorin, PDG du semencier Technisem, dans le Maine-et-Loire. Ce membre du réseau Bpi Excellence a été « accéléré » dans l’une des premières promotions nationales du dispositif « Accélérateur » de Bpifrance en 2015.

Aujourd’hui, ce chef d’entreprise, déjà complètement orienté à l’international (80 % des ventes réalisés en Afrique subsaharienne, 20 % au Moyen-Orient, en Amérique latine et aux Caraïbes, 37 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel en croissance de 10 % avec 550 collaborateurs), veut se positionner sur de nouveaux marchés. « Nous allons créer des filiales commerciales à Dubaï, en Inde et en ThaïIande, avec des ambitions fortes sur ces nouveaux marchés et en nous confrontant à de nouveaux concurrents. L'accélérateur va nous apporter les compétences qui nous font défaut notamment en matière de sécurisation des paiements. »

Compte tenu de la demande, une seconde promotion de l’accélérateur international sera mise en route en septembre. « Nous voulons lancer une promotion a minima tous les six mois, voire plus si nécessaire », confie Guillaume Mortelier.