Quimper

BTP

Yprema veut désengorger les déchèteries communales

Par Jean-Marc Le Droff, le 21 décembre 2020

À Pluguffan, dans le Finistère, le groupe spécialisé dans la transformation de matériaux de destruction Yprema vient d'ouvrir un espace dédié aux artisans afin de désengorger les déchèteries communales. En parallèle, il lancera bientôt l'industrialisation de ses blocs modulables en béton dans une usine flambant neuve.

Claude Prigent (à droite), qui a créé Yprema en 1989, aux côtés de Pierre Tallec (à gauche), responsable d'agence, Tého Picoche, vendeur, et Pierre Prigent, responsable développement et innovations.
Claude Prigent (à droite), qui a créé Yprema en 1989, aux côtés de Pierre Tallec (à gauche), responsable d'agence, Tého Picoche, vendeur, et Pierre Prigent, responsable développement et innovations. — Photo : © Jean-Marc Le Droff

« La France compte actuellement 4 500 déchèteries gérées par les collectivités pour 500 déchèteries professionnelles. Un ratio qui ne convient pas aux artisans qui, par défaut, se délestent de leurs encombrants dans les premières, les engorgent et altèrent la qualité du tri », estime Claude Prigent, le président d’Yprema (100 salariés, 25 M€ de chiffre d'affaires), groupe francilien spécialisé dans la réception et la valorisation de matériaux de déconstruction du BTP.

Baisse des coûts de transport

Pour y remédier, le groupe a ouvert en mars 2020 son troisième « Espace artisan », adossé à son site de Pluguffan (5 salariés, 400 000 euros de chiffre d'affaires), dans le Finistère, destiné à recevoir les déchets des professionnels du second œuvre. Le premier site de ce genre en région pour ce groupe également implanté à Reims. Avantage pour les professionnels alentours : pas d’attente comme c’est généralement le cas dans les déchèteries communales, et une baisse des coûts de transport pour les artisans travaillant sur les terres quimpéroises. Des professionnels qui peuvent d’ailleurs, plutôt que de repartir à vide, en profiter pour se ravitailler en grave de béton, sables, gravillons et autres paillettes d’ardoises proposés par Yprema.

Déjà une cinquantaine de clients réguliers

« Plus leurs déchets sont bien triés, moins ils paient », précise Claude Prigent, qui affiche des tarifs allant de 0 € la tonne (pour la ferraille) à 146 € la tonne pour certains déchets non triés. Les déchets déposés sont ensuite récupérés par les entreprises finistériennes Les Recycleurs Bretons et Guyot Environnement. Montant de l’investissement pour ce site de 5 000 m², situé en bordure de voie express et permettant des doubles flux : 520 000 €. En fin d’année, l’Espace artisans d’Yprema, qui emploie un salarié à temps complet, comptait déjà une cinquantaine d’utilisateurs réguliers. « Nous n’avons pas vocation à faire des tonnages pharaoniques », confie le président.

La démarche pourrait faire tache d’huile. « Il manque un peu partout des petits équipements comme celui-ci pour recevoir les déchets des professionnels », estime celui qui demande aux pouvoirs publics de libérer du foncier pour faciliter l’implantation de ce genre de structures gérées par des entreprises privées. Avec un calcul simple. « Un tiers des déchets déposés en déchèterie proviennent de professionnels. Si le coût annuel de fonctionnement d’une déchèterie communale est d’un million d’euros, le transfert des déchets professionnels vers un espace dédié aurait pour conséquence l’économie d’un tiers de cette somme », argumente-t-il.

Nouvelle usine en gestation

En parallèle, Yprema vient d’acheter 5 000 m² de terrain à Pluguffan en lisière de son site actuel. Objectif : y construire d’ici quelques mois une usine de 1 000 m² afin d’industrialiser la fabrication de blocs de béton modulaires permettant de créer des casiers de stockage pour l’industrie ou l’agroalimentaire. « Nous les avons d'abord développés pour nos propres besoins de stockage mais il y a une demande », confie Claude Prigent, qui préfère ne pas s’avancer sur le calendrier ou le montant de ce nouveau projet de diversification.

Claude Prigent (à droite), qui a créé Yprema en 1989, aux côtés de Pierre Tallec (à gauche), responsable d'agence, Tého Picoche, vendeur, et Pierre Prigent, responsable développement et innovations.
Claude Prigent (à droite), qui a créé Yprema en 1989, aux côtés de Pierre Tallec (à gauche), responsable d'agence, Tého Picoche, vendeur, et Pierre Prigent, responsable développement et innovations. — Photo : © Jean-Marc Le Droff

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