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West Web Festival : Uber : « À ce jour, nous n'avons pas de projet en Bretagne.. : »

Par Jean-Marc Le Droff, le 04 septembre 2015

Web Alexandre Molla, DG d'expansion d'Uber en France, était à Carhaix lors du West Web Festival. L'occasion de revenir sur l'arrivée fracassante d'une application innovante qui bouleverse le secteur du transport, mais ne semble pas avoir de velléités d'attaquer le marché breton. Pour l'instant...
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bien situer les choses pour commencer, pouvez-vous nous donner quelques chiffres sur Uber en France et dans le monde?

Dans le monde, c'est un peu plus de 3.000 salariés, 320 villes, 60 pays, plusieurs centaines de milliers de chauffeurs dans le monde, et plusieurs millions de trajets chaque semaine. En France, c'est bientôt une centaine d'employés, neuf villes couvertes, un million d'utilisateurs réguliers et environ dix mille chauffeurs professionnels.




En quoi, selon vous, Uber est-il en train de changer la donne dans le secteur du transport?

À partir du moment où vous avez une solution fiable, sûre et abordable, vous augmentez le nombre d'utilisateurs mais vous allez aussi pouvoir développer de nouveaux usages. On a récemment estimé que 60% de nos utilisateurs déclarent avoir changé leurs habitudes de transport après avoir utilisé notre service. Ils se déplacent davantage, prennent moins leur véhicule personnel et, par là-même, consomment davantage. Toujours selon nos estimations, 27% des trajets effectués via Uber n'auraient tout simplement pas eu lieu sans cette solution : par manque d'argent, ou encore parce qu'ils concernent des zones habituellement peu desservies par des taxis. Par exemple, 10% des trajets Uber se font dans des zones dites sensibles. Derrière, cela engendre forcément des comportements de consommation, notamment dans le secteur des loisirs ou des sorties en général. On n'est donc pas dans un épiphénomène : les gens changent leurs habitudes de transport et de consommation.




Vous semblez relativement confiant sur les capacités de la France en termes d'innovation, mais c'est aussi un pays qui a des blocages en la matière : corporatismes, évolutions réglementaires, etc. Comment envisagez-vous la suite de votre développement au niveau national?

Face à toute innovation il y a des réticences, et ce n'est pas uniquement lié à la France. Ce qui est important, c'est d'arriver à convaincre de la légitimité des solutions et d'accompagner les changements par une réglementation qui prend en compte les nouveaux usages et les innovations en place. On a toujours été très ouverts pour discuter avec les autorités et être force de proposition.




Ce qui s'est passé pour Uber en France peut-il être un signal pour donner envie à d'autres start-ups de se battre pour changer les choses?

Le fait que la France soit un des marchés les plus importants pour Uber montre que la France est une terre d'accueil pour l'innovation et les nouvelles solutions numériques. Il faut, en tant que Français, qu'on ait confiance en la capacité du pays à accueillir les changements induits par l'économie digitale. Un événement tel que le Web West Festival, par exemple, est une preuve de la capacité d'innovation de la France et des régions. Car on parle souvent de Paris mais il ne faut pas oublier les régions, toutes les villes qui ont le label French tech, etc. Il y a un vrai grouillement et des événements tels que le West Web Festival en sont une belle illustration. Quand on voit des salles de conférences aussi bien remplies, on voit qu'il y a un réel intérêt pour l'avenir de l'économie digitale en France.




Justement, vous êtes encore très peu présents en Bretagne... Avez-vous des projets en cours?

Ce n'est pas à l'ordre du jour et nous n'avons aucun plan pour l'instant... Des villes comme Rennes ou Brest, par exemple, seraient des agglomérations assez denses pour nous accueillir mais à ce jour, on n'a aucun agenda précis pour la suite de notre développement.



Propos recueillis par Jean-Marc Le Droff

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