Bretagne

Ressources humaines

Up’Intérim accélère sur l’emploi des travailleurs en situation de handicap

Par Jean-Marc Le Droff, le 09 juin 2022

Créée il y a deux ans sous l’impulsion de la Région et d’une douzaine d’entreprises adaptées bretonnes, la SCIC Up’Intérim recrute des salariés dont le handicap fait bien souvent leur force lors de leurs missions en entreprise. Présente dans chaque département breton où elle dispose d’un vivier de deux mille salariés, elle s’emploie à renforcer son maillage du territoire.

Patricia Lino est la responsable de l’agence brestoise de Up’Intérim, créée en 2020.
Patricia Lino est la responsable de l’agence brestoise de Up’Intérim, créée en 2020. — Photo : Jean-Marc Le Droff

Présente à Brest, Saint-Brieuc, Rennes et Lorient, la SCIC Up’Intérim, créée il y a deux ans sous l’impulsion de la Région et d’une douzaine d’entreprises d’entreprises adaptées bretonnes, est l’une des dix-huit expérimentations françaises en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap. Une expérimentation qui fait mouche. Deux ans après sa création et malgré la crise sanitaire qui a suivi, Up’Intérim emploie en effet dix collaborateurs, affiche un chiffre d’affaires d’un million d’euros et compte plus de 480 clients qui se partagent un vivier de deux mille salariés intérimaires. Médico-social, espaces verts, tertiaire, restauration, commerce, entretien, énergie, RH, transport… "Nous ne nous interdisons aucun secteur d’activité, car la reconnaissance de qualité de travailleur handicapé (RQTH) peut toucher tous les métiers, toutes les CSP et à différents moments de la vie", explique Patricia Lino, la responsable de l’agence de Brest (3 salariés, 50 K€ de CA), qui dispose d’un vivier de 450 intérimaires.

Recrutements sur-mesure

"Ce n’est pas parce qu’on porte une prothèse de genou qu’on ne peut pas travailler dans de nombreux domaines !", illustre celle pour qui le plus difficile n’est pas de recruter des travailleurs compétents et opérationnels, mais bien de faire comprendre aux entreprises qu’elles ont beaucoup à gagner à les employer. "Il faut bien souvent casser certains clichés, car le handicap peut revêtir bien des formes. Certains de nos salariés ont en effet survécu à des maladies graves ou se remettent de TMS, d’autres ont surmonté un burn-out, d’autres encore sont porteurs de troubles dys… Certains ont juste besoin d’un poste ou d’un temps de travail aménagés, d’autres ne peuvent pas porter de charges ou ont simplement besoin de pauses plus fréquentes… On fait vraiment du sur-mesure à la fois pour le salarié et l’entreprise, on rencontre gratuitement les équipes pour préparer le terrain, etc.", détaille la responsable, qui ne manque pas d’arguments pour séduire les entreprises.

Des arguments de poids

"À la différence de l’intérim "classique", nous nous sommes engagés à 30 % d’embauche en emploi durable. C’est la raison pour laquelle nous proposons uniquement des missions courtes dont nous suivons de près le démarrage, que nous pouvons prendre en charge des formations avant la prise de poste et qu’au bout de deux mois, nous laissons facilement partir les bons éléments que nos clients veulent embaucher", détaille la responsable, qui vient tout juste de laisser partir son quinzième salarié depuis janvier.

Autre argument : "nos clients n’ont pas à justifier leur recours à l’intérim, car la RQTH est un motif en soi. Nos salariés comptent également parmi les effectifs de l’entreprise dès la première heure, ce qui contribue à son obligation d’emploi de travailleurs handicapés (OETH), mais aussi à sa politique RSE et à sa marque employeur. De par leur expérience de vie, nos salariés amènent aussi bien souvent un esprit de bienveillance et d’émulation dans les équipes car ils ont fait une force de leur différence. Dans bien des cas, ils contribuent aussi à la prévention des risques en entreprise, notamment en matière de gestes et postures", conclut celle qui, comme ses homologues des autres départements, veut renforcer son maillage du territoire et envisage d’ouvrir des agences à Brest et Quimper d’ici deux ans.

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