Un mois vu par Charles Cabillic

Par la rédaction, le 02 novembre 2012

Directeur général d'AC3 Distribution Parcours Diplômé de Centrale 1997 : Responsable de la banque en ligne du Crédit Mutuel Arkéa. 2004 : Il créé AC3 Distribution, éditeur de logiciels et sites internet pour les agences immobilières. 2012 : Il rejoint le mouvement des "pigeons".
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

Le mouvement des pigeons Le mouvement a démarré sur les réseaux sociaux. C'est une initiative spontanée d'entrepreneurs, issus du web principalement, qui réagissaient aux mesures fiscales annoncées par le gouvernement concernant notamment les plus-values de cession. Des amis entrepreneurs parisiens et bretons m'en ont parlé et j'ai tout de suite rejoint le mouvement, sur Facebook et Twitter. C'est la première fois que les entrepreneurs se retrouvent tous derrière une cause à défendre. Tous ces gens ont une culture du risque. Quand on monte sa boîte, on abandonne pendant trois ou quatre ans un salaire confortable dans l'espoir un jour d'avoir un retour sur investissement. J'ai monté AC3 fin 2004 et n'ai touché mon premier salaire qu'en 2007... Et encore c'était un SMIC. Si prendre des risques en entreprenant n'est pas plus intéressant financièrement que d'être salarié, qui va créer des entreprises en France et surtout, et c'est dramatique, combien vont aller le faire ailleurs

? Heureusement, après la fronde des pigeons sur Internet et ailleurs, le gouvernement est revenu sur ses décisions. Je trouve que c'est bien qu'ils nous aient écoutés, même si ça fait un peu girouette. Le problème de fond en France, c'est que la politique fiscale est complètement illisible. L'environnement fiscal n'est pas stable. Comment investir à moyen terme dans un tel contexte? Maintenant, pour que la voix des entrepreneurs de PME du web soit entendue et prise en compte, il faut qu'on capitalise sur le succès du mouvement et qu'on le structure pour qu'il devienne fédérateur.

La situation économique dans le Finistère Entre Doux, Brittany Ferries ou Brit Air, la situation est vraiment préoccupante. Et pour moi, ce n'est que le début. Dans mon entreprise, cela se traduit par une augmentation inquiétante du nombre de rejet de nos prélèvements sur les comptes de nos clients pour cause d'insolvabilité... Selon moi, la situation a empiré avec l'arrivée de la nouvelle équipe gouvernementale par les incertitudes qu'elle a suscitées sur le plan fiscal. Depuis quelques mois, on sent un attentisme qui paralyse complètement l'économie. Mais il ne faut pas sombrer dans le pessimisme. On est là pour maintenir les emplois. Une de mes plus grandes fiertés est d'avoir réussi à créer dans un contexte de crise 42 emplois, localement, à Brest.

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