Agroalimentaire

Took Took investit et prend le virage du végétal

Par Isabelle Jaffré, le 12 mai 2022

Spécialisée dans les nems à sa création en 1993 dans le Finistère, Took Took s’est diversifiée dans les produits frits asiatiques et ethniques. Aujourd’hui, l’entreprise végétalise sa gamme avec des falafels ou des samoussas de légumes et investit dans une troisième ligne de production pour s’attaquer à de nouveaux marchés porteurs, notamment à l’international.

Took Took à Saint-Martin-des-Champs (Finistère) produit des spécialités asiatiques et ethniques frites.
Took Took à Saint-Martin-des-Champs (Finistère) produit des spécialités asiatiques et ethniques frites. — Photo : Isabelle Jaffré

Connue pour ses nems, l’entreprise agroalimentaire Took Took (52 salariés, 10 M€ de CA), née en 1993 à Henvic (Finistère) s’est aujourd’hui diversifiée. "Le fondateur Jean-Pierre Le Roux est celui qui a introduit les nems dans la grande distribution, notamment via l'enseigne Rallye, raconte Vinciane Roumier, la directrice de l’usine. Aujourd'hui, nous allons plus loin, avec des samoussas, des falafels, des acras, etc."

3 millions d'euros d’investissement

Implantée à Saint-Martin-des-Champs (Finistère) depuis 2002, rachetée en 2003 par le groupe Norac (5 700 salariés, 886 M€ de CA en 2018) basé à Rennes, l’usine a une capacité de 1 800 tonnes et produit six tonnes par semaine. "L’outil est déjà saturé", indique Frédéric Garnier, directeur général de Premium Foods Solutions (PFS), la filiale de Norac à laquelle appartient Took Took. Après une période difficile au milieu des années 2000, la société est en pleine croissance, passant de 3,6 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2009 à 10 millions d’euros environ en 2021.

Le groupe a donc décidé d’investir 3 millions d’euros dans une extension du bâtiment de 600 m² pour atteindre 3 100 m². Un million d’euros finance l’extension, construit fin 2021, les deux millions restant sont consacrés à une nouvelle ligne de production qui sera, elle, opérationnelle fin 2022. "Le délai nous sert à réagencer un peu l’intérieur de l’usine", explique la directrice.

Vinciane Roumier, directrice de l’usine Took Took.
Vinciane Roumier, directrice de l’usine Took Took. - Photo : Isabelle Jaffré

La nouvelle ligne servira à répondre à la demande toujours grandissante pour les produits de Took Took. Tout en continuant à proposer des nems de porcs ou de poulets, l’entreprise veut végétaliser sa gamme de produit en proposant des samoussas de légumes ou encore des falafels. "C’est un marché porteur, qui se vend beaucoup à l’international", souligne Frédéric Garnier. Took Took n’est pour l’instant pas à l’export mais regarde du côté du Royaume-Uni, notamment. "L’investissement prévoit l’arrivée d’un surgélateur, qui pourrait nous permettre d’aller vers ces marchés, se réjouit Vinciane Roumier Jusqu’à présent, c’était impossible avec des produits frais."

20 recrutements à venir

Pour l’heure, Took Took continue de travailler avec la GMS en marque de distributeur (30 % environ) mais la part diminue au fil des ans. "Avec les augmentations du coût des matières premières, cela devient très compliqué avec les exigences de prix de certaines enseignes", note le directeur général de Premium Foods Solutions. L’entreprise se focalise donc sur la restauration hors foyer et les collectivités. Elle s’appuie aussi sur les marques des autres usines de PFS : Sud’n’Sol à Agen (Lot-et-Garonne) et au Maroc et Dessaint à Arras (Pas-de-Calais). "Ce sont des marques reconnues dans les magasins comme Metro : Sud’n’Sol pour les légumes, Dessaint pour le traiteur", indique le DG.

Mais pour grandir, il faudra recruter. Pour cela Took Took bénéficie d’une subvention de 80 000 euros de la Région Bretagne. "La ligne va permettre de créer 20 emplois en CDI dont 7 postes pour des personnes éloignées de l’emploi", précise la directrice. La société peine cependant à trouver des candidats motivés et passe par l’intérim. "Nous comprenons aussi certaines exigences des candidats. Nous tournons actuellement en 3x7 et la nuit. S’il faut arrêter la production de nuit, nous limiterons notre tonnage", conclut Frédéric Garnier.

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