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Témoignage Sill : « On s'est financé avec des obligations »

Par Isabelle Jaffré, le 01 mai 2015

Fin 2014, Sill Entreprises levait 127 millions d'euros. À côté des financements bancaires et de Bpifrance, l'ETI de Plouvien, dans le Finistère, a fait appel au marché en émettant des obligations sur 7 ans. Sill est la première en Bretagne à avoir réalisé cette opération « Euro PP ».

Le Journal des Entreprises
Le Journal des Entreprises — Photo : Le Journal des Entreprises

« En décembre dernier, nous avons levé 127 millions d'euros. Nous avions besoin d'investissements lourds pour nos sept sociétés (Sill, Primel, Laiterie Malo, etc.), après les acquisitions du Petit Basque et de Saveurs Cristal. Nous avons notamment prévu la construction d'une nouvelle usine, une tour de séchage de lait, à Plouvien (lire ci-dessous). Nous avons emprunté aux banques et Bpifrance aussi nous a suivis. Mais cela ne suffisait pas. »

Financement sur le marché pour les ETI

« J'avais déjà entendu parler des financements par Euro PP (placement privé euro). Il s'agit d'émission d'obligations ou d'un prêt auprès d'investisseurs institutionnels (des sociétés d'assurances par exemple). Ce genre de financements auprès du marché est accessible aux ETI (entreprise de taille intermédiaire) comme la nôtre. La banque joue un rôle d'arrangeur dans la transaction. L'avantage de ce genre de financements, c'est qu'il se fait à court ou moyen terme. » « L'opération s'est faite en plusieurs étapes. Il a d'abord fallu, au début de l'été, construire un business plan et structurer nos fonds propres pour convaincre les investisseurs potentiels. Ces derniers ont beaucoup de questions ! Quand on est patron de PME ou ETI non cotée, on n'a pas forcément l'habitude... C'est un travail long et fastidieux mais très utile, au final, pour l'entreprise. »

Des investisseurs disponibles

« En tout, ce sont 14 investisseurs qui étaient intéressés. Nous sommes alors entrés dans une phase de négociations. Notre objectif était de 40 millions d'euros, en obligations non cotées à 7 ans, payables à terme. Une durée qui nous permet de voir venir mais qui n'est pas possible avec d'autres moyens de financement ! » « Nous avons sélectionné une poignée d'investisseurs, notamment des assurances, dont les taux nous convenaient. Ils étaient au niveau du marché. On a signé le 19 décembre et les 40 millions d'euros ont été débloqués immédiatement. Les fonds ne sont pas fléchés, ce qui nous permet de les utiliser pour les filiales de Sill également. » « C'est une expérience assez lourde. Il faut s'organiser en interne, d'où la venue de Jean-Jacques Pierre, notre nouveau directeur administratif et financier. Il ne faut pas négliger le coût de mise en place mais les investisseurs sont là. Nous n'avons eu aucun mal à trouver ; nous avons même pu choisir ! Et le financement a été bouclé en trois mois et demi seulement. »

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